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Quand les chrétiens de gauche appellent à refonder la gauche sur la justice sociale

L’engagement et les prises de paroles politiques des catholiques de droite ressemble à un raz de marée comparé au filet d’eau des chrétiens qui tentent de s’exprimer dans la débâcle actuelle de la gauche. Pourtant et depuis des décennies les cathos de gauche ont eu le vent en poupe par la corde sociale qu’ils faisaient vibrer, au point de les rendre omniprésents et de cantonner les cathos de droite aux affaires économiques voire aux extrêmes. Cette époque est révolue et il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre une voix plus posée et pas seulement partisane venant de la gauche chrétienne.

Nés à l’occasion des élections européennes, les Poissons roses se revendiquent comme l’aile gauche issue des Manifs de 2013. Leur alliance électorale avec Nous citoyens, très libéral, a surpris à l’époque. Leur président Philippe de Roux fait parti de cet appel lancé à reconstruire la gauche sur la justice sociale. Une bonne idée qui dépend ben entendu de ce que nous mettons derrière ces mots. C’est ce qu’ils tentent d’expliquer et que nous relayons sur ce lien sans commentaire, sinon celui de regretter que les chrétiens soient toujours obligés d’être de gauche ou de droite. Quant ils ne se tapent pas dessus dans des guerres fratricides, stigmatisés entre identitaires et progressistes.

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Comme chaque année la famille est plébiscitée

Le dernier sondage Ifop sur la famille est sans surprise. Les Français continuent de plébisciter la famille, malgré tout ce que les différents gouvernements tentent pour la détruire.

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Pourtant, construire un programme politique avec comme pivot la famille et donc la personne humaine ne semble pas la priorité des priorités. Des mesures, des petites mesures, parfois effets d’annonces viennent certes saupoudrer les programmes essentiellement techniques des candidats à la magistrature suprême. Mais ces mesures ne coïncident pas avec une vision claire pour la famille et pour la France. Or seule une vision de la Famille et de la nation, une vision croisée peut nouirrir un programme politique et donc donner corps à des mesures efficaces pour le bien des familles, des personnes, mais inévitablement pour la nation toute entière.

Le véritable problème de la famille aujourd’hui n’est pas dans les difficultés ou les multiples visages qu’elle revêt, mais dans le divorce auquel l’idéologie a conduit entre personne humaine, famille et nation, c’est à dire ici le bien commun.

 

Voici les conclusions de ce sondage

La famille, valeur cardinale de nos sociétés ? A choisir entre leur famille et leurs amis, 72 % des Français se disent aujourd’hui plus proches de leur famille. On observe également l’importance qu’elle revêt au travers des représentations qui lui sont associées : ainsi, près de 9 sur 10jugent que la famille constitue le premier lieu de solidarité (91 %), qu’elle est une valeur partagée par tous et qui n’est ni de droite ni de gauche (90 %), qu’elle le principal amortisseur social (89 %) et favoriser le vivre ensemble (88 %). C’est aussi une institution qu’il ne faut pas saper : 71 % des Français estiment que la politique fiscale de ces dernières années pénalise fortement les familles, et seuls 34 % considèrent que réduire le budget de la politique familiale est une bonne chose. Dans cette logique de cohésion de la cellule familiale, 70 % des Français sont favorables à ce que l’Etat garantisse à chaque enfant orphelin le droit d’être adopté. Parallèlement, 72 % des parents estiment qu’ils vivront toute leur vie avec le père ou la mère de leurs enfants.

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Les tradismatiques à la conquête du pouvoir ?

Les tradismatiques à l’assaut du pouvoir tel est le titre de l’analyse de Gaël Brustié pour…. l’observatoire des radicalités.

Dans une étude plutôt bien menée et assez sobre, Gaël Brustié tente d’eclairer ce qui, il est vrai, parait paradoxal : l’union du tradi et du chacha ayant enfanté le tradismatique.

Une génération ancrée dans la foi, très Benoît XVI, décomplexée et ouverte sur le monde. Des jeunes (et moins jeunes) engagés dans la société non par goût de la poltique mais par une exigence de foi.

Pour bien comprendre la tectonique des plaques idéologiques qui se déroule, il faut comprendre la crise. Elle défait des certitudes anciennes, réarticule des éléments présents dans la société. Entre quête de sens – au sens spirituel – et quête d’un débouché politique, ce qui semble être une impasse du pouvoir séculier ouvre la voie à des utopies théologico-politiques. À l’heure du 2.0, empruntant à cette forme très individualisée de foi qu’est le néo-pentecôtisme et à cette forme théologico-politique qu’est le traditionalisme catholique, le « tradismatisme » est merveilleusement adapté à la situation politique et sociale de la France d’aujourd’hui.

 

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Antoine, Satan et les animaux du désert d’Egypte (partie 2)

 

Nous publiions hier, à l’occasion de sa fête la première partie de cette présentation de saint Antoine et des animaux du désert. Aujourd’hui Françoise Thelamon nous invite à entrer dans le combat du moine.

 

    Le combat sans peur du moine

« Seul en tel désert, il n’avait pas peur quand les démons l’attaquaient, ni ne redoutait la férocité de tant de bêtes sauvages, quadrupèdes et reptiles (cf Ac, 10, 12) qui se trouvaient là […] Mais comme il est écrit il avait vraiment confiance dans le Seigneur. »

Et pourtant le combat est effrayant et dangereux, notamment quand Antoine doit affronter les bêtes réputées les plus féroces : les hyènes : « Comme il veillait la nuit, le diable lança contre lui des bêtes sauvages (thèria), et presque toutes les hyènes de ce désert sorties de leurs tanières l’entourèrent : il se trouvait au milieu d’elles. Chaque bête ouvrait la gueule et menaçait de le mordre. Lui comprenant l’artifice de l’Ennemi, leur dit à toutes : ‘Si vous avez reçu pouvoir contre moi (cf Mt 10, 1) je suis prêt à me laisser dévorer par vous ; mais si vous avez été subornées par des démons, ne vous attardez pas, retirez-vous, car je suis serviteur du Christ (cf Rm 1, 1 ; Gal 1, 10 ; Phil 1, 1)’. A ces mots d’Antoine, elles prirent la fuite, chassées par sa parole comme par un fouet (Jb 5, 21) ». L’efficacité de la parole de celui qui proclame son appartenance au Christ est sans appel.

         Tentations et métamorphoses plus douces existent aussi. Il arrive que le démon use de phantasmes d’autant plus pernicieux qu’ils sont moins effrayants ou moins agressifs ainsi une bête hybride.

Ayant épuisé en vain contre Antoine toutes les formes d’animaux les plus féroces possibles, le Diable lui-même se manifeste sous une forme hybride, mi-homme mi-bête : « Il vit une bête (thérion) d’apparence humaine jusqu’aux cuisses mais ayant des jambes et des pieds comme ceux d’un âne. Antoine se contenta de se signer et dit :  ‘Je suis serviteur du Christ (Rm 1,1). Si tu as été envoyé contre moi, me voici’. La bête (thérion) avec ses démons s’enfuit, si rapidement qu’elle tomba et mourut. La mort de la bête était la chute des démons. Ils s’efforçaient par tous les moyens possibles de lui faire quitter le désert, mais ils n’y réussirent pas » commente alors Athanase. De même que, au désert, le Diable avait épuisé différentes tentations face à Jésus avant de reconnaître sa défaite, face à Antoine il a eu recours à tout le bestiaire du désert pour tenter de le faire renoncer à sa vocation : sévices corporels, apparitions terrifiantes n’ont pas eu raison du serviteur du Christ qui en finissant par chasser les hyènes furieuses puis l’onocentaure immonde manifeste un triomphe continu sur le diable par le nécessaire discernement des esprits auquel il accède par l’oraison et l’ascèse. Il acquiert ainsi le pouvoir que Dieu avait donné à Adam avant la faute.

« Les bêtes sauvages seront en paix avec toi » (Jb 5, 23) : avec les bêtes du désert une sociabilité réconciliée peut s’établir

 Jésus lui-même en est le modèle : vainqueur de Satan « il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient » (Mc 1,13). Et cette bonne entente peut prendre diverses formes.

Les animaux peuvent être subjugués par la prière. C’est ainsi qu’Antoine échappe indemne à des crocodiles : « Il dut un jour franchir le canal d’Arsinoé – c’était pour aller visiter des frères. Ce canal était rempli de crocodiles. Il se contenta de dire une prière, entra dans l’eau, lui et tous ceux qui l’accompagnaient, et ils traversèrent indemnes ». Mais la convivialité avec les animaux sauvages et dangereux n’est pas possible pour tous. Seul le moine qui a atteint un haut degré de sainteté peut communiquer avec l’animal Même les serpents peuvent alors être obéissants et serviables.

Certains animaux dotés de discernement peuvent être les agents de la justice divine et un animal peut aussi discerner la doctrine. Ce que fit le cheval d’un officier de haut grade, le dux Balacios qui, acquis aux ariens, persécute les chrétiens nicéens en particuliers les moines et les vierges consacrées. Antoine lui écrit : « Cesse de persécuter les chrétiens si tu ne veux pas que la colère divine te saisisse ». Balacios s’en moque et menace Antoine : « C’est à toi maintenant que je m’en prendrai » et il se met en route avec le préfet d’Égypte Nestorios ; tous deux montaient des chevaux de Balacios « les plus doux de ses écuries. Pourtant avant d’arriver à l’étape, les chevaux se mirent à jouer entre eux, comme à l’habitude. Soudain, le plus doux, celui que montait Nestorios, mordit Balacios, le désarçonna et se jeta sur lui. De ses dents, il lui déchira si bien la cuisse, qu’il fallut le transporter à la ville où, en trois jours, il mourut. Tous admiraient que la prédiction d’Antoine se fut réalisée ». Pour qu’il n’y ait pas de doute sur le sens surnaturel de l’événement, Athanase insiste sur la douceur de ce cheval justicier.

Des bêtes apprivoisées : une sociabilité réussie

Au début de son séjour dans la montagne intérieure, les bêtes sauvages endommageaient les cultures d’Antoine. « Il captura alors tout doucement une de ces bêtes et dit à toutes : « Pourquoi me faites-vous du tort, puisque moi je ne vous en fais pas ? Allez-vous-en et au nom du Seigneur n’approchez plus d’ici. » Dès lors, comme par crainte de la défense, elles n’approchèrent plus de l’endroit. » Le pouvoir sur les animaux est toujours exercé au nom de Seigneur et ceux-ci font preuve d’obéissance et de crainte de Dieu.

 

 Attaques, hostilité, comportements féroces poussés à l’extrême sont toujours présentés comme manifestations des démons ; mais le Démon n’a pas le dernier mot. Il manipule les animaux sur lesquels il a prise ou simplement suscite des phantasmes, mais il est vaincu. Par une ascèse toujours plus poussée, Antoine obtient dès cette terre la réalisation de la promesse : « Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité dans le désert » (Ez 34, 25), restauration du Paradis perdu, avant-goût du Royaume à venir.   

         

 

 

 

 

 

 

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Immigration et charité chrétienne en accueillir moins pour les accueillir mieux

En janvier 2011, l’observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon organisait un journée d’étude intitulée Immigration et charité chrétienne.

Au cours de cette journée, le frère Romaric Morin a exposé la doctrine de l’Eglise sur la question de l’immigration. Cyril Brun pour sa part a brossé un tableau de la situation à l’époque. C’est au professeur Jacques Bichot qu’est revenu de prendre la question à bras le corps.

L’économiste catholique, expert en doctrine sociale de l’Eglise a ainsi argumenté son exposé : en accueillir moins pour les accueillir mieux.

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Angelus – Journée des migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

 

Le journée mondiale du migrant a bénéficié cette année d’une attention particulière du pape François. Par une série de tweets, @Pontifex a souhaité attirer l’attention pendant trois jours sur les migrants mineurs, vulnérables et sans voix, thème de la 103ème journée du migrant.

Lâchant le discours écrit, comme souvent, il a improvisé :

« Combien de fois, dans la Bible, le Seigneur nous a demandé d’accueillir les migrants et les étrangers, en nous rappelant que nous sommes nous-mêmes des étrangers »

Le pape, à la suite de nombreuses interventions du Saint-Siège auprès des instances internationales à voulu mettre en lumière la gravité de la situation des jeunes mineurs lancés sur les routes, exploités et maltraités.

« Nos petits frères, surtout s’ils ne sont pas accompagnés, sont exposés à de nombreux périls. Et je vous dis qu’il y en a beaucoup ! »

Bien entendu l’accueil de l’immigré, thème transversal dans la Bible (voir notre étude) ne va pas de soi dans le quotidien de nos vies. Outre les peurs, liées à la différence de l’autre, mais d’abord liée à la perte de notre propre identité, nous trouvons un principe de réalité confinant, comme le pape nous le rappelait, à la prudence dans l’accueil.

La place des enfants est bien entendue particulière, faibles parmi les faibles. Si les évêques français et allemands souhaitent s’appuyer sur leur réseau d’écoles et les mouvements de jeunesse, la question se pose de l’intégration en même temps que de la protection de jeunes accueillants eux-même fragiles dans leur construction.

Il faut dire que l’accueil de l’immigré n’est pas à sens unique et c’est un point bien souvent oublié dans les discours officiels, y compris ecclésiaux. Si nous sommes tenus d’accueillir l’immigré, selon certaines conditions de prudences, l’immigré, lui, est aussi tenu d’accueillir celui qui le reçoit, c’est à dire son identité, sa culture, comme l’a rappelé le pape lors de l’Angelus. C’est la règle première de l’hospitalité en c’est le principe même de la charité faite de ce double mouvement que nous retrouvons dans le mariage : je me donne et te reçois.

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Les électeurs du FN ne sont pas pratiquants, les électeurs « de droite » sont des fans de Benoît XVI et Bellamy

Si vous êtes catholique revendiqué et votez FN vous n’êtes pas très pratiquant, sans figure spirituelle de référence. Si vous aimez Benoît XVI et François-Xavier Bellamy vous êtes au contraire la fine pointe du catholicisme de droite, pratiquant, mais néanmoins vous n’êtes pas considéré comme conciliaire.

Pour obtenir ce qualificatif de la part du sondage IFOP sur la sociologie des catholiques, il faut que vous soyez plutôt Abbé Pierre et Joseph Moingt avec une vive opposition avec vos frères plus tentés par le FN et, bien entendu, vous votez à gauche.

Telle est donc la nouvelle grille de lecture qui veut dépasser le clivage traditionnel pratiquant / non pratiquant mise en place par IFOP pour le sondage effectué pour le groupe Bayard.

Une évidente caricature, comme tout ce qui cherche à parquer étiquette par étiquette, qui a pourtant le mérite de mettre en lumière, si l’on en doutait, que catholique ne recouvre pas la même définition pour tout le monde. Étonnamment, toute la frange dite « tradi », pour ne pas aller jusqu’à « intégriste » est absente de ce sondage. On en sent par contre tout le souffre dans l’héritage des amis de Benoît XVI et Bellamy (qui doit être honoré d’un tel pied d’égalité). Ce groupe serait donc parmi les moins nombreux et reviendrait de loin, malgré son opposition à l’Eglise des années post conciliaires. Et bien entendu ce sont des « bourgeois » (sic).

Donc en deux mots les conciliaires sont de gauche et La Manif pour tous, pro Benoît XVI, est anti conciliaire. Une caricature qui doit faire se retourner le pape émérite dans son monastère.

Les cases dans lesquelles ces cathos sont enfermés portent des noms eux-mêmes caricaturaux.

Les festifs culturels, les plus nombreux, ne sont pas pratiquants et Jésus est amour. Les observants sont des pratiquants hebdomadaires (au minimum) et considèrent que l’ascèse est le chemin pour aller vers Jésus. Nous évitons de peu le qualificatif « doloriste », tout comme les « inspirés » de la communauté de l’Emmanuel sont épargnés par « illuminés ». Vous remarquerez du reste que ces inspirés ont pour modèles Jean Vanier et Daniel Ange, mais votent FN.

Bon, cessons là notre revue d’un sondage dont l’intention ne nous semble pas très claire et qui tend à caricaturer tout un pan des catholiques, ajoutant la division à la caricature. Il faut avoir bien peu déambulé dans les chapelles du monde catholique pour émettre tant de poncifs caricaturaux.

Décidément, entre les stigmatisations identitaires du journal La Vie et les sondages diviseurs du groupe Bayard, il semble que les catholiques rangés dans des petites cases de droites dérangent. Comme Benoît XVI les a dérangé.

Il me semble pourtant me rappeler que celui qui divise a un nom et qu’il n’est pas l’ami de Jésus. Quand donc ce pugilat venu de groupes se réclamant de la tolérance finira-t-il de nous diviser ? Peut-être quand on comprendra que tolérer ne signifie rien moins que ce méprisant « supporter » et non respecter. Peut-être quand on s’apercevra que le Christ n’est pas une idéologie, mais une personne. Peut-être quand on comprendra que le bonheur de l’Homme n’est nulle part ailleurs que dans un cœur à cœur amoureux avec ce Jésus Dieu d’amour, et que c’est ce cœur à cœur qui nous fait être des frères respectueux des autres et tournés vers eux.

Il est curieux de voir combien les « festifs culturels » ou autres cases réductrices dans lesquels nous venons tous d’être cloisonnés, ne voient (selon le sondage) dans ce Dieu d’amour qu’un Dieu qui prêche l’amour horizontal entre les hommes, alors que le premier amour qu’Il demande est l’amour vertical. Qu’on se rappelle la première parole (maladroitement traduite par « commandement ») de Yahvé.  Finalement, Jésus, brandi comme  Dieu d’amour, est le grand laissé pour compte de ce monde des bisounours.

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Mgr Aillet explique l’esprit de la liturgie selon Benoît XVI

Dans les derniers jours du pontificat de Benoît XVI, KTO programmait une série d’émission ssur le pape.

 

Nos liturgiques de la terre ne pourront jamais être qu’un pâle reflet de la liturgie céleste. Benoît XVI, Paris 2008

Monseigneur Aillet explicite pour les auditeurs de KTO l’esprit de la liturgie de Benoît XVI.

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Du tu ne tueras pas à la défense de l’innocent – Catholiques : défendez-vous !

Les hommes adorateurs nous proposent aujourd’hui une mise en perspective intéressante qui nous conduit du « tu ne tueras pas » à la légitime défense, en passant par la protection de l’innocent. Sous le titre « homme catholique défends-toi », cet article propose une véritable relecture de la controverse actuelle sur l’usage des armes et de la violence dite légitime.

Hommes catholiques,vous n’avez jamais douté de la valeur de la vie, et de l’interdiction qui en découle, ce que Dieu nous enseigne depuis la Genèse : 

Je demanderai compte du sang de chacun de vous … Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait (Gn 9, 5-6).

Nous savons ce que cela veut dire, de l’interdiction qui en découle de tuer, de la vie naissante (avortement) jusqu’à la mort naturelle (euthanasie).

Mais pouvons-nous, devons-nous nous défendre, défendre nos familles, nos proches ? Devons-nous être des pleutres, des couards ? Devons-nous simplement tendre l’autre joue, quoi qu’il arrive ? 

En effet le Christ nous dit :

Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. (Mat. 5 38-39)

Écoutons Saint Augustin à ce sujet :

Or de même que le soufflet reçu sur la joue exprime tous les outrages qui ne peuvent être réparés que par le châtiment, ainsi ce que le Seigneur dit ici du vêtement comprend toutes les injures qui peuvent être réparées sans recourir à la vengeance ; et ce précepte doit s’entendre de la disposition du cœur, et non de ce qu’il faut faire en réalité.

Le Christ nous enseigne en effet à supporter les humiliations, mais pas à accepter les injustices, d’ailleurs il l’a montré lui-même lorsque un garde du grand prêtre l’a frappé, il n’a pas tendu l’autre joue mais a dit :

 Si J’ai mal parlé, montre ce que J’ai dit de mal ; mais, si J’ai bien parlé, pourquoi Me frappes-tu ? (Jean, 18, 23)

Il est donc clair que Jésus ne veut pas que nous nous vengions, que nous ripostions, abolissant ainsi la loi du talion. C’est donc l’opposé d’être couard, car il faut beaucoup de force et de courage pour refréner son désir de vengeance. Qu’en est-il donc de la défense de notre vie, de celle du plus faible ?

Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous enseigne :

L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel . Il est donc légitime d’insister sur le respect de son propre droit à la vie . (2264)

defenseIl cite Saint Thomas d’Aquin :

Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7)

Aimer  son prochain comme soi-même implique de s’aimer soi-même, donc de se défendre. Mais nous n’avons pas simplement la possibilité de défendre l’innocent, nous en avons l’obligation !

En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir gravepour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité. (2265)

Il n’est pas question d’objection de conscience si la vie de ceux qui sont sous notre responsabilité, notre famille, est en jeu. L’idéologie doit alors céder la place au réel : sauver des innocents. Nous donc avons le droit et le devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour rendre l’agresseur inoffensif, même si cela signifie le tuer .

Tuer un agresseur ?

Le sujet est grave, et la réponse suivante n’est pas celle du rédacteur, ni des « hommes-adorateurs », mais celle de l’Eglise.

Pour conserver sa propre vie, l’Eglise nous dit « Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel« . De même que la défense de ceux qui sont sous notre responsabilité « La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire« .

La loi française est en adéquation avec l’enseignement de l’Eglise (à ce sujet) puisqu’elle dit :

N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, effectue dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte (art 122-5 CP)

Mais l’action des disciples du Christ que nous sommes n’est pas limitée à un cadre légal, elle est toujours en rapport avec la charité : c’est celle-ci qui doit nous presser à défendre notre prochain, non pas à la vengeance ni au désir d’en « découdre ».

Quelle que soit votre réaction, elle doit toujours être héroïque :

  • Soit parce que vous surmontez une hargne qui crie vengeance dans votre cœur afin de rester calme et surtout de demander la grâce de pardonner (quelque soit la souffrance qui a été infligée).
  • Soit parce que vous surmontez une haine naissante pour vous limiter à une réponse appropriée et non excessive.
  • Soit parce que vous surmontez une peur qui vous empêche de défendre le plus faible.
  • Soit parce que vous sortez d’une votre vie confortable et tranquille pour défendre la vie d’autrui.

N’oubliez jamais, suivre le Christ, c’est emprunter la porte étroite, celle de l’amour de nos frères et surtout… celle de l’amour de nos ennemis.

Même lorsque notre poing percute le visage de l’agresseur, nous ne devons jamais oublier cela. 

Et n’oublions jamais que les Sacrements sont là pour vous donner la force nécessaire pour suivre les préceptes d’amour.

Addendum : Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées, répond à Il est vivant à une question sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes (entretien publié par Il est vivant ! n°315, mai 2014) :

L.R. Dans certaines circonstances, oui. Soit au nom de la nation (s’il est mobilisé), soit à l’intérieur de là nation, en cas de remise en cause du politique dans ses fondements (si l’État devient totalitaire par exemple).
IEV Mais dans l’Évangile, Jésus prône la non-violence… 
L.R. Je n’ai jamais lu cela dans l’Évangile. Au contraire, Jésus dit que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ! La violence, c’est l’incarnation d’un mouvement de vie qui déborde dans un monde traversé par le péché. C’est une démesure. Certains chrétiens, confondant christianisme et sagesse stoïcienne, pensent qu’il ne faut jamais de démesure. Les saints pensent autrement. Il y a une démesure de l’amour : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » (saint Augustin). La croix est une démesure de l’amour. C’est une violence extrême. Si on est dans la vie, une vie bien incarnée, il y a de la violence. Dans l’Évangile, il y a des moments où Jésus se met en colère. Ce n’est pas une colère pulsionnelle bien sûr mais réfléchie. Par exemple, dans l’épisode des vendeurs chassés du Temple : Jésus constate l’objet du scandale et ce n’est que le lendemain qu’il chasse les vendeurs du Temple avec colère.
Jésus est venu pour la vie, et pour que nous l’ayons en plénitude. Il est obligé de mettre une force démesurée, la violence, au service de l’amour. Mais une violence maîtrisée, évangélisée.

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Entretien avec Benoît Sevilla – Marche pour la vie : faire comprendre la gravité de l’avortement

Benoît Sévilla, porte parole de la Marche pour la vie, est interrogé par L’Homme Nouveau à quelques jours de l’événement qui cette année à vu s’adjoindre de nombreuses associations ayant appelé à soutenir le mouvement.

 

Cette année, nous avons voulu lancer une nouvelle dynamique en associant aux acteurs historiques qui sont engagés depuis plus de vingt ans dans le combat pour la défense de la vie comme « Renaissance Catholique », « Choisir la vie » ou encore la « Fondation Jérôme Lejeune » de nouvelles organisations plus jeunes, nées dans le sillage de « La Manif pour tous » comme les « Éveilleurs d’Espérance » ou encore l’« Avant-Garde ». Un autre collectif comme les « Survivants » est venu apporter une pierre essentielle à l’édifice.

Pour Benoît Sévilla, malgré un contexte législatif difficile, il s’agit toujours et encore de faire prendre conscience de la gravité de l’acte d’avortement.

Si la Marche pour la Vie arrive à faire prendre conscience à l’opinion de la gravité de l’acte d’avortement, alors nous aurons réussi à remettre en cause une des racines les plus emblématiques du dérèglement bioéthique.

 

Le tabou politique persiste mais le retour du sujet sur le devant de la scène est un bon motif d’espoir car plusieurs personnalités politiques n’hésitent plus à revendiquer une autre vision sur l’avortement. C’est justement cette vision que veut promouvoir la Marche pour la Vie : les 220 000 avortements annuels ne sont pas une fatalité. Il faut faire prendre conscience au plus grand nombre que l’avortement concerne les mères, mais aussi les pères, puis l’entourage familial et amical, jusqu’au cercle professionnel proche.

 

Toutefois le thème de cette année est élargi, tout en restant dans l’orbite de préoccupation historique du mouvement. Avec « les dérèglements bioéthiques », il s’agit de sensibiliser également à la PMA ou à la GPA.

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