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Quand Henri Tinq voudrait des évêques engagés (derrière lui)

Le journaliste, Henri Tinq,  considéré par ses pairs comme spécialiste du catholicisme n’en décolère pas, les évêques sont des lâches, des gestionnaires qui se discréditent.

Où sont donc les prophètes de 2002 qui faisaient rempart contre le FN ? Mais aussi aussi où sont les La Croix, La Vie qui n’osent parler de peur de perdre leur électorat. Comment ces évêques ne crossent-ils pas leurs troupes « au mieux Fillonnistes » au pire pro le Pen ?

Cette dernière petite phrase en dit long sur l’objectivité de Monsieur Tinq dans un article qui titre sa honte d’être catholique. Il n’aura pas pourtant échappé aux lecteurs assidus du spécialiste qu’il connait bien mal la foi catholique et que son dernier papier semble bien éloigné du combat même du pape François.

La vérité est que les évêques sont plus divisés qu’en 2002 avec une forte perte de vitesse d’une ancienne garde plus sociale face à une génération montante plus Benoit XVI et pape François. Une génération issue de la vague Jean-Paul II qui correspond aussi à la réalité sociologique des catholiques aujourd’hui.

La vérité c’est que les catholiques ne se laissent plus intimider par les fulminations et ostracismes de la gauche médiatique. Aujourd’hui les catholiques sont avant tout catholiques et cela est difficilement compréhensible par des générations et des idéologies opportunistes. Les catholiques se sont tellement fait taper dessus qu’ils ont maintenant le cuir tanné.

Dieu premier servi est leur mot d’ordre. Il n’est pas idéologique, il n’est pas militant, il n’est pas extrémiste, il est fidélité et amour au Christ, chemin, vérité et vie.

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L’homme intégral dans sa souveraineté fondamentale – Jean-Paul II

Extraits DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION,
LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO)*

Paris, Lundi 2 juin 1980

  1. Genus humanum arte et ratione vivit (Saint Thomas, commentaire des Posteriora Analytica d’Aristote, n.1). Ces paroles d’un des plus grands génies du christianisme, qui fut en même temps un continuateur fécond de la pensée antique, portent au-delà du cercle et de la signification contemporaine de la culture occidentale, qu’elle soit méditerranéenne ou atlantique. Elles ont une signification qui s’applique à l’ensemble de l’humanité où se rencontrent les diverses traditions qui constituent son héritage spirituel et les diverses époques de sa culture. La signification essentielle de la culture consiste, selon ces paroles de saint Thomas d’Aquin, dans le fait qu’elle est une caractéristique de la vie humaine comme telle. L’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture. La vie humaine est culture en ce sens aussi que l’homme se distingue et se différencie à travers elle de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible : l’homme ne peut pas se passer de culture.

La culture est un mode spécifique de l’« exister » et de l’« être » de l’homme. L’homme vit toujours selon une culture qui lui est propre, et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui leur est propre lui aussi, en déterminant le caractère interhumain et social de l’existence humaine. Dans l’unité de la culture comme mode propre de l’existence humaine, s’enracine en même temps la pluralité des cultures au sein de laquelle l’homme vit. Dans cette pluralité, l’homme se développe sans perdre cependant le contact essentiel avec l’unité de la culture en tant que dimension fondamentale et essentielle de son existence et de son être.

  1. L’homme qui, dans le monde visible, est l’unique sujet de la culture, est aussi son unique objet et son terme. La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’« être ». C’est là aussi que se fonde la distinction capitale entre ce que l’homme est et ce qu’il a, entre l’être et l’avoir. La culture se situe toujours en relation essentielle et nécessaire à ce qu’est l’homme, tandis que sa relation à ce qu’il a, à son « avoir », est non seulement secondaire, mais entièrement relative. (…)

L’homme intégral, sujet de la culture

  1. (…) On ne peut penser une culture sans subjectivité humaine et sans causalité humaine ; mais dans le domaine culturel, l’homme est toujours le fait premier : l’homme est le fait primordial et fondamental de la culture. (…)

Voici donc, en guise de conclusion théorique, une base suffisante pour comprendre la culture à travers l’homme intégral, à travers toute la réalité de sa subjectivité. Voici aussi ― dans le domaine de l’agir ― la base suffisante pour chercher toujours dans la culture l’homme intégral, l’homme tout entier, dans toute la vérité de sa subjectivité spirituelle et corporelle ; la base qui est suffisante pour ne pas superposer à la culture ― système authentiquement humain, synthèse splendide de l’esprit et du corps ― des divisions et des oppositions préconçues. En effet, qu’il s’agisse d’une absolutisation de la matière dans la structure du sujet humain, ou, inversement, d’une absolutisation de l’esprit dans cette même structure, ni l’une ni l’autre n’expriment la vérité de l’homme et ne servent sa culture.

  1. (…) Il ne sera certainement pas exagéré d’affirmer en particulier que, à travers une multitude de faits, l’Europe tout entière ― de l’Atlantique à l’Oural ― témoigne, dans l’histoire de chaque nation comme dans celle de la communauté entière, du lien entre la culture et le christianisme.

En rappelant cela, je ne veux en aucune manière diminuer l’héritage des autres continents, ni la spécificité et la valeur de ce même héritage qui dérive des autres sources de l’inspiration religieuse, humaniste et éthique. Bien plus, à toutes les cultures de l’ensemble de la famille humaine, des plus anciennes à celles qui nous sont contemporaines, je désire rendre l’hommage le plus profond et sincère. C’est en pensant à toutes les cultures que je veux dire à haute voix ici, à Paris, au siège de l’UNESCO, avec respect et admiration : « Voici l’homme ! ». Je veux proclamer mon admiration devant la richesse créatrice de l’esprit humain, devant ses efforts incessants pour connaître et pour affermir l’identité de l’homme : de cet homme qui est présent toujours dans toutes les formes particulières de culture.

  1. (…) Je pense surtout, Mesdames et Messieurs, au lien fondamental de l’Évangile, c’est-à-dire du message du Christ et de l’Église, avec l’homme dans son humanité même. Ce lien est en effet créateur de culture dans son fondement même. Pour créer la culture, il faut considérer, jusqu’en ses dernières conséquences et intégralement, l’homme comme une valeur particulière et autonome, comme le sujet porteur de la transcendance de la personne. Il faut affirmer l’homme pour lui-même, et non pour quelque autre motif ou raison : uniquement pour lui-même ! Bien plus, il faut aimer l’homme parce qu’il est homme, il faut revendiquer l’amour pour l’homme en raison de la dignité particulière qu’il possède. L’ensemble des affirmations concernant l’homme appartient à la substance même du message du Christ et de la mission de l’Église, malgré tout ce que les esprits critiques ont pu déclarer en la matière, et tout ce qu’ont pu faire les divers courants opposés à la religion en général et au christianisme en particulier.

Au cours de l’histoire, nous avons déjà été plus d’une fois, et nous sommes encore, les témoins d’un processus, d’un phénomène très significatif. Là où ont été supprimées les institutions religieuses, là où les idées et les œuvres nées de l’inspiration religieuse, et en particulier de l’inspiration chrétienne, ont été privées de leur droit de cité, les hommes retrouvent à nouveau ces mêmes données hors des chemins institutionnels, par la confrontation qui s’opère, dans la vérité et l’effort intérieur, entre ce qui constitue leur humanité et ce qui est contenu dans le message chrétien. (…)

  1. De tout cela se dégage un certain nombre de conclusions capitales. En effet, les considérations que je viens de faire montrent à l’évidence que la tâche première et essentielle de la culture en général, et aussi de toute culture, est l’éducation. L’éducation consiste en effet à ce que l’homme devienne toujours plus homme, qu’il puisse « être » davantage et pas seulement qu’il puisse « avoir » davantage, et que par conséquent, à travers tout ce qu’il « a », tout ce qu’il « possède », il sache de plus en plus pleinement « être » homme. Pour cela il faut que l’homme sache « être plus » non seulement « avec les autres », mais aussi « pour les autres ».

L’éducation a une importance fondamentale pour la formation des rapports interhumains et sociaux. Ici aussi, j’aborde un ensemble d’axiomes sur le terrain duquel les traditions du christianisme issues de l’Évangile rencontrent l’expérience éducative de tant d’hommes bien disposés et profondément sages, si nombreux dans tous les siècles de l’histoire. Ils ne manquent pas non plus à notre époque, ces hommes qui se révèlent grands, simplement par leur humanité qu’ils savent partager avec les autres, en particulier avec les jeunes.

En même temps, les symptômes des crises de tous genres auxquelles succombent les milieux et les sociétés par ailleurs les mieux pourvus ― crises qui affectent avant tout les jeunes générations ― témoignent à l’envi que l’œuvre d’éducation de l’homme ne s’accomplit pas seulement à l’aide des institutions, à l’aide des moyens organisés et matériels, fussent-ils excellents. Ils manifestent aussi que le plus important est toujours l’homme, l’homme et son autorité morale qui provient de la vérité de ses principes et de la conformité de ses actions avec ces principes.

  1. En tant que l’Organisation mondiale la plus compétente dans tous les problèmes de la culture, l’UNESCO ne peut pas négliger cette autre question absolument primordiale : que faire pour que l’éducation de l’homme se réalise surtout dans la famille ?

Quelle moralité publique assurera à la famille, et surtout aux parents, l’autorité morale nécessaire à cette fin ? Quel type d’instruction ? Quelles formes de législation soutiennent cette autorité ou, au contraire, l’affaiblissent ou la détruisent ? Les causes de succès et d’insuccès dans la formation de l’homme par sa famille se situent toujours à la fois à l’intérieur même du milieu créateur fondamental de la culture qu’est la famille, et aussi à un niveau supérieur, celui de la compétence de l’État et de ses organes, dont elles demeurent dépendantes. (…)

  1. Certes, on trouve dans ce domaine de nombreuses questions particulières, mais l’expérience montre que tout se tient, et que ces questions se situent dans des systèmes évidents de dépendance réciproque. Par exemple, dans l’ensemble du processus de l’éducation, de l’éducation scolaire en particulier, un déplacement unilatéral vers l’instruction au sens étroit du mot n’est-il pas intervenu ?

Si l’on considère les proportions prises par ce phénomène, ainsi que l’accroissement systématique de l’instruction qui se réfère uniquement à ce que possède l’homme, n’est-ce pas l’homme lui-même qui se trouve de plus en plus obscurci ? Cela entraîne alors une véritable aliénation de l’éducation : au lieu d’œuvrer en faveur de ce que l’homme doit « être », elle travaille uniquement en faveur de ce dont l’homme peut se prévaloir dans le domaine de l’« avoir », de la « possession ».

L’étape ultérieure de cette aliénation est d’habituer l’homme, en le privant de sa propre subjectivité, à être objet de manipulations multiples : les manipulations idéologiques ou politiques qui se font à travers l’opinion publique ; celles qui s’opèrent à travers le monopole ou le contrôle, par les forces économiques ou par les puissances politiques, des moyens de communication sociale ; la manipulation, enfin, qui consiste à enseigner la vie en tant que manipulation spécifique de soi-même.

Les impératifs apparents de notre société

Il semble que de tels dangers en matière d’éducation menacent surtout les sociétés à civilisation technique plus développée. Ces sociétés se trouvent devant la crise spécifique de l’homme qui consiste en un manque croissant de confiance à l’égard de sa propre humanité, de la signification du fait d’être homme, et de l’affirmation et de la joie qui en dérivent et qui sont source de création.

La civilisation contemporaine tente d’imposer à l’homme une série d’impératifs apparents, que ses porte-parole justifient par le recours au principe du développement et du progrès. Ainsi, par exemple, à la place du respect de la vie, « l’impératif » de se débarrasser de la vie et de la détruire ; à la place de l’amour qui est communion responsable des personnes, « l’impératif » du maximum de jouissance sexuelle en dehors de tout sens de la responsabilité ; à la place du primat de la vérité dans les actions, le « primat » du comportement en vogue, du subjectif, et du succès immédiat.

En tout cela s’exprime indirectement une grande renonciation systématique à la saine ambition qu’est l’ambition d’être homme. N’ayons pas d’illusions : le système formé sur la base de ces faux impératifs, de ces renoncements fondamentaux, peut déterminer l’avenir de l’homme et l’avenir de la culture.

  1. Si, au nom de l’avenir de la culture, il faut proclamer que l’homme a le droit d’« être » plus, et si pour la même raison il faut exiger un sain primat de la famille dans l’ensemble de l’œuvre de l’éducation de l’homme à une véritable humanité, il faut aussi situer dans la même ligne le droit de la Nation ; il faut le placer lui aussi à la base de la culture et de l’éducation.

La Nation est en effet la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe « par » la culture et « pour » la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent « être davantage » dans la communauté.

Elle est cette communauté qui possède une histoire dépassant l’histoire de l’individu et de la famille.

C’est aussi dans cette communauté, en fonction de laquelle toute famille éduque, que la famille commence son œuvre d’éducation par ce qui est le plus simple, la langue, permettant ainsi à l’homme qui en est à ses débuts d’apprendre à parler pour devenir membre de la communauté qu’est sa famille et sa Nation. En tout ce que je proclame maintenant et que je développerai encore davantage, mes mots traduisent une expérience particulière, un témoignage particulier en son genre.

Je suis fils d’une Nation qui a vécu les plus grandes expériences de l’histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité, et elle a conservé, malgré les partitions et les occupations étrangères, sa souveraineté nationale, non en s’appuyant sur les ressources de la force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. Cette culture s’est révélée en l’occurrence d’une puissance plus grande que toutes les autres forces.

Ce que je dis ici concernant le droit de la Nation au fondement de sa culture et de son avenir n’est donc l’écho d’aucun « nationalisme », mais il s’agit toujours d’un élément stable de l’expérience humaine et des perspectives humanistes du développement de l’homme. Il existe une souveraineté fondamentale de la société qui se manifeste dans la culture de la Nation. Il s’agit de la souveraineté par laquelle, en même temps, l’homme est suprêmement souverain. Et quand je m’exprime ainsi, je pense également, avec une émotion intérieure profonde, aux cultures de tant de peuples antiques qui n’ont pas cédé lorsqu’ils se sont trouvés confrontés aux civilisations des envahisseurs : et elles restent encore pour l’homme la source de son « être » d’homme dans la vérité intérieure de son humanité.

Je pense aussi avec admiration aux cultures des nouvelles sociétés, de celles qui s’éveillent à la vie dans la communauté de la propre Nation, ― tout comme ma Nation s’est éveillée à la vie il y a dix siècles ― et qui luttent pour maintenir leur propre identité et leurs propres valeurs contre les influences et les pressions de modèles proposés de l’extérieur.

  1. En m’adressant à vous, Mesdames et Messieurs, vous qui vous réunissez en ce lieu depuis plus de trente ans maintenant au nom de la primauté des réalités culturelles de l’homme, des communautés humaines, des peuples et des Nations, je vous dis : veillez, par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture. (…)
  2. Cette souveraineté qui existe et qui tire son origine de la culture propre de la Nation et de la société, du primat de la famille dans l’œuvre de l’éducation, et enfin de la dignité personnelle de tout homme, doit rester le critère fondamental dans la manière de traiter ce problème important pour l’humanité d’aujourd’hui qu’est le problème des moyens de communication sociale, de l’information qui leur est liée, et aussi de ce qu’on appelle la « culture de masse ».

Vu que ces moyens sont les moyens « sociaux » de la communication, ils ne peuvent être des moyens de domination sur les autres, de la part des agents du pouvoir politique comme de celle des puissances financières qui imposent leur programme et leur modèle.

Ils doivent devenir le moyen ― et quel important moyen ! ― d’expression de cette société qui se sert d’eux, et qui en assure aussi l’existence. Ils doivent tenir compte des vrais besoins de cette société. Ils doivent tenir compte de la culture de la Nation et de son histoire. Ils doivent respecter la responsabilité de la famille dans le domaine de l’éducation. Ils doivent tenir compte du bien de l’homme, de sa dignité. Ils ne peuvent pas être soumis au critère de l’intérêt, du sensationnel et du succès immédiat, mais, en tenant compte des exigences de l’éthique, ils doivent servir à la construction d’une vie « plus humaine ».

  1. Genus humanum arte et ratione vivit. On affirme au fond que l’homme est lui-même par la vérité, et devient davantage lui-même par la connaissance toujours plus parfaite de la vérité. Je voudrais ici rendre hommage, Mesdames et Messieurs, à tous les mérites de votre Organisation, et en même temps à l’engagement et à tous les efforts des États et des Institutions que vous représentez, sur la voie de la popularisation de l’instruction à tous les degrés et à tous les niveaux, sur la voie de l’élimination de l’analphabétisme qui signifie le manque de toute instruction même la plus élémentaire, manque douloureux non seulement du point de vue de la culture élémentaire des individus et des milieux, mais aussi du point de vue du progrès socio-économique. »

Source Institut Montalembert

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Les évêques sommés d’obéir à la république laïque, une et divisée

Il n’aura échappé à personne que la France se revendique laïque et tout le monde aura remarqué que les évêques sont priés de se mêler de leurs affaires et pas des affaires des autres, entendons des intérêts de la république laïque.

Oui mais, la cohérence du laïcardat a ses limites : son intérêt propre. Les catholiques en ont marre d’être les éternels rabroués de la bien-pensance. Ils ont joué leur dernière carte avec l’instable François Fillon qui s’apprêtait à les cocufier. Mais là trop c’est trop et les digues craquent de toutes part.

Les médias et les censeurs de la pensée unique n’ont donc plus qu’un recours : leur auto contradiction  et sommer les évêques de parler. Oui mais de parler comme eux, certainement pas de libérer leur parole. Pour faire bonne mesure, on leur rappelle Vichy, 2002 pour les inviter à se racheter une bonne conduite.

Système désespéré qui ne sait plus à quel saint se vouer. Pourtant s’ils avaient lu la déclaration des évêques dès le lendemain des élections, ils se rendraient compte que le positionnement de l’épiscopat, s’il n’appelle pas aussi franchement qu’en 2002 à faire barrage au Front National, reste tout de même très incliné vers le dauphin de François Hollande, le pourfendeur des principes chrétiens les plus élémentaires.

Pour le catholique entre la peste et le choléra il sera bien difficile de choisir. Pourtant, à la lumière des principes non négociables et du mieux possible, il n’y a pas beaucoup d’alternatives possibles, si on omet l’abstention.

Il suffit pour cela de relire la déclaration du Vatican sur les politiques et le respect de la vie, les appels de certains évêques français sur tout ce qui touche à la vie et les appels du pape François lui-même à défendre la Vie.

 

Dans le Monde #NLQ

OMS, l’ennemi numéro un de vos enfants et des familles

En 2000, Mgr Schooyans brisait un tabou et dévoilait la face cachée de l’ONU dans son livre du même titre.

En matière de droits de l’homme, l’ONU inquiète. Elle est en train d’enterrer la conception réaliste des droits de l’homme : celle des déclarations de 1789 et de 1948, selon lesquelles tous les hommes naissent avec les mêmes droits – droit à la vie, à la liberté, à l’association, etc.

Un livre à lire même si les chiffres et exemples ont un peu vieilli. La réalité, elle, est bien présente aujourd’hui et les combats de l’OMS en font le fer de lance de la déstructuration de la personne humaine et de l’infiltration insidieuse du gender à l’école et ailleurs.

Les textes émanant de cet organisme de l’ONU font office de « lois cadres » pour tout ce qui concerne la santé et donc la dignité humaine. Ils sont tous pervertis à la base sur deux points fondateurs. La notion de dignité n’est pas conforme à la vérité anthropologique et la notion de droit est biaisée par la dissociation entre le droit universel découlant de la dignité et la multiplication des droits particuliers souvent contradictoires entre eux.

Ainsi, l’éducation nationale française se cache-t-elle derrière ces « lois cadres » pour déstructurer l’éducation sexuelle des enfants, tandis qu’une nouvelle revendication se fait jour avec le droit de reproduction, qui deviendrait une sorte de loi constitutionnelle supra-nationale rendant obligatoires PMA et GPA.

Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec la mission de promouvoir ces droits et de les faire respecter, l’ONU s’éloigne de plus en plus de sa référence fondatrice, qui l’appelait à édifier de nouvelles relations internationales. Fortement influencée par la pensée anglo-saxonne, l’ONU tend désormais à considérer les droits de l’homme comme le produit de conventions qui, une fois ratifiées, acquièrent force de loi. Ici, la recherche de la vérité n’a pas sa place. Le mot consensus est le nouveau talisman, la source du droit ; c’est lui qui définit le « politiquement correct ».

Ainsi, en utilisant le droit international positif, l’ONU procède à une concentration pyramidale du pouvoir. Rognant la juste souveraineté des nations, elle se pose de plus en plus en super-État mondial. Elle exerce un contrôle de plus en plus centralisé sur l’information, la santé et les populations, les ressources du sol et du sous-sol, le commerce mondial et les organisations syndicales, enfin – et surtout – sur le droit et la politique. Exaltant le culte néo-païen de la Terre-mère, elle prive l’homme de la place centrale que lui reconnaissent les grandes traditions philosophiques, juridiques et religieuses.

Peut-on lire sur la présentation de La face cachée de l’ONU

Si nombre d’organismes et associations se battent au niveau national ou européen, les véritables fondements de la société de demain s’écrivent dans ces organisations onusiennes gangrenées par le New-age et la Franc-Maçonnerie. Il n’est pas besoin d’être complotiste pour le constater, les tenants du New-age l’affirment eux-même comme une évidence.

 

A la une #Doctrine / Formation

Saint Jean XXIII « Aucun catholique ne peut adhérer au socialisme même modéré »

Citant son prédécesseur Pie XI, Saint Jean XXIII rappelait dans Mater et Magistra 

Entre le communisme et le christianisme, le Pape rappelle que l’opposition est radicale. Il ajoute qu’on ne peut admettre en aucune manière que les catholiques donnent leur adhésion au socialisme modéré, soit parce qu’il est une conception de vie close sur le temporel, dans laquelle le bien-être est considéré comme objectif suprême de la société ; soit parce qu’il poursuit une organisation sociale de la vie commune au seul niveau de la production, au grand préjudice de la liberté humaine ; soit parce qu’en lui fait défaut tout principe de véritable autorité sociale.

Voir aussi la condamnation du communisme par Pie XI dans Divini Redemptoris

Synthèse Hebdo

Edito #25 : Faire du bien n’est pas forcément faire le Bien

L’homme n’est pas fait pour souffrir. Non seulement Dieu ne l’a pas créé pour cela, mais il l’a fait pour le bonheur. C’est du reste le moteur même de sa vie. La quête du bonheur est ce qui met les hommes en mouvement, les fait sortir d’eux-mêmes pour trouver hors d’eux ce qu’ils n’ont pas en eux. Ce désir est tellement viscéral, tellement existentiel que la quête du bonheur se prend souvent les pieds dans la fuite de la douleur. Quand le bonheur n’est pas identifié, quand il semble inaccessible ou lorsque la douleur est trop vive, l’horizon du bonheur se réduit bien souvent à limiter, éviter ou fuir la douleur.

C’est à cet endroit que se déchire l’unité si fragile et pourtant essentielle (au sens philosophique) entre vérité et charité. En voulant soulager la peine, il arrive alors qu’on renonce au bonheur. Entendons par là que pour faire du bien, nous renonçons à faire le Bien. Benoît XVI le rappelait dans son encyclique Caritas in veritate, au sujet de certaines organisations humanitaires catholiques devenues des coquilles vides, à partir du moment où pour soulager une blessure immédiate, elles renonçaient à ouvrir au bonheur absolu qu’est la vie en Dieu.

Avec la plus pure et la plus belle intention du monde nous voyons des cœurs généreux se donner sans compter pour éradiquer la douleur, soulager les peines les plus lourdes de la vie. Mais ce faisant, parce qu’elles sont accaparées par le désir de faire du bien, elles ne voient plus où est le bien.

Telle est la logique de l’avortement, de l’euthanasie, du mariage dit pour tous, mais aussi de l’assistanat, de la contraception, bref de tout ce qui relativise le bien absolu. Faire du bien ne peut être contraire à faire le bien. Une action transitoire qui n’a pas pour finalité le bien n’est pas davantage un moindre mal. C’est tout simplement un mal.
Tous les élans du cœur sont justes, parce qu’ils tiennent quelque chose de la compassion divine. Mais pour s’inscrire dans la miséricorde divine encore faut-il que la réponse à l’élan du cœur ne ferme pas la maison du Père. Là est la grande difficulté que souligne Benoît XVI, la charité ne se trouve que dans la vérité. Or la vérité est également un chemin qui conduit à la vie, c’est-à-dire au bien réel qu’est l’union à Dieu. Le Christ nous le dit lui-même. Mieux vaut entrer borgne au royaume des cieux que de conserver la vue dans la géhenne.

Si les chrétiens, en toutes leurs actions, caritatives ou autres, gardaient sans cesse à l’esprit l’ordre des priorités et maintenaient leur regard sur ce bien ultime qu’est la vie intime avec Dieu, le bien qu’ils feraient serait non une illusion de bien mais le bien lui-même. Pour faire le bien, il nous faut projeter notre regard au loin et illuminer notre quotidien, et donc notre agir, de cette contemplation.

Ainsi peut-être se réduirait cette tension entre les intégristes de la charité et les intégristes de la vérité, car Benoit XVI nous rappelle qu’en fait, pour être disciple de l’un il faut être fils de l’autre.

Retrouver notre lettre d’actualité complète à partir de ce lien :
Edito #25 : « Faire du bien n’est pas forcément faire le Bien »

Voir les archives de nos synthèses hebdomadaire :

A la une #En France #NLQ

Elections – La conférence épiscopale appelle à ne pas renoncer

A l’issue du résultat du premier tour des élections présidentielles, la Conférence des évêques de France rappelle différents points évoqués à de nombreuses reprises au cours des derniers mois.

SUR LE RÔLE DE L’EGLISE CATHOLIQUE

A la lumière de l’Evangile qui inspire son Enseignement social, l’Eglise catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement.

Ainsi, n’appelle-t-elle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat mais, en rappelant les enjeux de l’élection, elle souhaite donner à chacun des éléments pour son discernement propre.

Elle redit l’importance du vote : acte citoyen, acte responsable dans une démocratie.

Elle replace ce scrutin présidentiel dans un processus démocratique qui ne s’y limite pas mais qui se prolongera dans les législatives (juin) et les sénatoriales (septembre) ; qui se traduit aussi dans d’autres formes de participation à la démocratie (démocratie participative locale, fonctionnement associatif) ; et qui s’accompagne enfin de l’engagement des citoyens dans la vie sociale.

LES FONDAMENTAUX POUR AIDER AU DISCERNEMENT

Dépositaire du message de l’Evangile qui inspire l’Enseignement Social, l’Eglise catholique en rappelle certains principes fondateurs comme la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, la mise en œuvre de la fraternité, l’attention aux plus fragiles, la dignité de la personne humaine et la subsidiarité.

Un an avant le scrutin présidentiel, en juin 2016, dans une déclaration, le Conseil permanentavait souligné 7 points, autant de critères, dans le cadre de cette élection, pour exercer un discernement.

Pour que notre démocratie ne se transforme pas en société de violence, il faut favoriser un véritable débat national sans posture, petite phrase, ni ambition personnelle ; un débat favorisé par un rôle ajusté des médias, qui n’amène pas à l’hystérisation ; un débat dans lequel le fait religieux a une place et les religions ont un rôle.

Quelle société voulons-nous construire ? A quel projet de société pouvons-nous aspirer ? Nous croyons en une société où l’être humain est plus qu’un élément du processus économique ou technologique. La dignité de notre société se reconnait au respect des plus faibles de ses membres depuis le début de leur vie jusqu’à leur fin naturelle.

C’est par un véritable pacte éducatif que les familles et l’école se rapprocheront alors qu’un climat de concurrence ou de méfiance ne peut que les éloigner. Et c’est en soutenant la famille, tissu nourricier de la société, en respectant les liens de filiation, que l’on fera progresser la cohésion sociale.

Une société vivante repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en œuvre de moyens de solidarité efficaces. L’État doit intégrer la solidarité dans la construction du projet de société et mettre en œuvre concrètement sa préoccupation des plus pauvres, des personnes âgées, des personnes handicapées, des chômeurs. Négliger les plus fragiles revient à diviser la société. L’Etat doit donc gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde des mécanismes de protection sociale.

Concernant les migrants, l’accroissement du phénomène migratoire, du à de nombreux facteurs, est un constat, pas un combat. Quand certains pays accueillent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ? Notre volonté de solidarité ne peut pas se réduire au cadre restreint de notre pays.

La solidarité doit aussi s’exercer au niveau européen : l’Europe doit s’engager courageusement dans des politiques d’accueil. Elle doit, parallèlement, mettre en œuvre de véritables programmes de soutien dans les pays d’origine des migrations.

C’est une véritable adhésion des peuples d’Europe au projet européen qu’il faut favoriser. Et cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Enfin, il faut définir et entrer dans une véritable pratique de la subsidiarité où chaque niveau (Etats, Europe) exerce les responsabilités qui lui incombent.

Enfin, ainsi que l’a rappelé le Pape François dans son encyclique Laudato Si (mai 2015) ainsi que les états participants à la Cop 21 à Paris (décembre 2015), nous avons une responsabilité commune envers l’humanité et les générations à venir sur le plan écologique.
La sagesse nous invite à revoir urgemment nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste.

Aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme.

Notre foi chrétienne nous appelle à l’Espérance : les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous invitent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste, plus fraternelle dans ses diversités et plus respectueuse de chacun.

Mgr Olivier RIBADEAU DUMAS
Secrétaire général et Porte-parole

 

Source CEF

 

 

 

A la une #Doctrine / Formation

Saint Jean-Paul II, France qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ?

En ce 22 Octobre , fête de saint Jean-Paul II, la rédaction vous propose de redécouvrir l’homélie désormais célèbre du pape au Bourget le 1er juin 1980.

A relire à la lumière des mouvements sociaux impulsés par des chrétiens, du renouveau de prière et de vie spirituelle qui couvre la France, ce texte revêt un caractère prophétique.

Je commencerai par remercier du fond du cœur tous ceux qui ont tenu à se rassembler ici ce matin, en venant même des lointaines provinces de la France. A tous, mes souhaits les plus fervents, et en particulier aux mères de famille, en ce jour de la fête des mères. Je vous convie maintenant à vous recueillir avec moi.

1. Les paroles que nous venons d’entendre ont une double signification : elles terminent l’Evangile comme temps de la révélation du Christ, et en même temps elles l’ouvrent vers l’avenir comme temps de l’Eglise, celui d’un devoir incessant et d’une mission.

Le Christ dit : Allez !

Il indique la direction de la route : toutes les nations.

Il précise la tâche : Enseignez-les, baptisez-les.

L’Eglise se remémore ces paroles en ce jour solennel, où elle veut tout spécialement adorer Dieu dans le mystère intérieur de la Vie de la Divinité : Dieu comme Père, Fils et Saint-Esprit.

Que ces paroles constituent le fondement essentiel de notre méditation, alors que nous nous trouvons tous, par une disposition admirable de la Providence, tout près de Paris, qui est la capitale de la France, l’une des capitales de l’Europe, une parmi bien d’autres, certes, mais unique en son genre, et l’une des capitales du monde.

Dans la dernière phrase que rapporte l’Evangile, le Christ a dit : « Allez dans le monde entier » [1].

Je suis aujourd’hui avec vous, chers Frères et Sœurs, en un de ces lieux depuis lesquels, d’une manière particulière, on voit « le monde », on voit l’histoire de notre « monde » et on voit le « monde » contemporain, le lieu d’où ce monde se connaît et se juge lui-même, connaît et juge ses victoires et ses défaites, ses souffrances et ses espérances.

Permettez que je me laisse prendre, avec vous, à l’éloquence inouïe des paroles que le Christ a adressées à ses disciples. Permettez qu’à travers elles nous fixions les yeux, au moins un instant, sur le mystère insondable de Dieu, et que nous touchions ce qui, dans l’homme, est durable et par conséquent le plus humain.

Permettez que nous nous préparions de cette façon à la célébration de l’Eucharistie, en la solennité de la Sainte Trinité.

2. Le Christ a dit aux Apôtres : « Allez…, enseigne toutes les nations… ». De même qu’aujourd’hui je me trouve pratiquement dans la capitale de la France, de même, il y a un an, en ce même jour du premier dimanche après la Pentecôte, je me trouvais dans une grande prairie de l’ancienne capitale de la Pologne, à Cracovie, dans la ville où j’ai vécu et d’où le Christ m’a appelé au Siège romain de l’Apôtre Pierre. J’ai eu là-bas devant les yeux les visages connus de mes compatriotes, et j’ai eu devant les yeux toute l’histoire de ma nation, depuis son baptême. Cette histoire riche et difficile avait commencé, d’une manière admirable, presque exactement au moment où a été réalisée la dernière parole du Christ adressée aux Apôtres : « Enseignez toutes les nations, baptisez-les… ». Avec le baptême la nation est née et son histoire a commencé.

Cette nation  la nation dont je suis le fils  ne vous est pas étrangère. Dans les périodes les plus difficiles, surtout, de son histoire, elle a trouvé chez vous l’appui dont elle avait besoin, les principaux formateurs de sa culture, les porte-parole de son indépendance. Je ne peux pas ne pas m’en souvenir en ce moment. J’en parle avec gratitude…

Bien plus tard qu’ici, les voies missionnaires des successeurs des Apôtres ont atteint la Vistule, les Carpates, la Mer Baltique… Ici, la mission donnée par le Christ aux Apôtres après la Résurrection a trouvé très vite un commencement de réalisation, sinon de manière certaine dès l’époque apostolique, du moins dès le second siècle, avec Irénée, ce grand martyr et père apostolique, qui fut évêque de Lyon. Par ailleurs, dans le Martyrologe romain, on fait très souvent mention de Lutetia Parisiorum

D’abord la Gaule, et ensuite la France : la Fille aînée de l’Eglise !

Aujourd’hui, dans la capitale de l’histoire de votre nation, je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté : Fille aînée de l’Eglise.

Et j’aimerais, en reprenant ce titre, adorer avec vous le mystère admirable de la Providence. Je voudrais rendre hommage au Dieu vivant qui, agissant à travers les peuples, écrit l’histoire du salut dans le cœur de l’homme.

Cette histoire est aussi vieille que l’homme. Elle remonte même à sa « préhistoire », elle remonte au commencement. Quand le Christ a dit aux Apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations… », il a déjà confirmé la durée de l’histoire du salut, et en même temps il a annoncé cette étape particulière, la dernière étape.

3. Cette histoire particulière est caché au plus intime de l’homme, elle est mystérieuse et pourtant réelle aussi dans sa réalité historique, elle est revêtue, d’une manière visible, des faits, des événements, des existences humaines, des individualités. Un très grand chapitre de cette histoire a été inscrit dans l’histoire de votre patrie, par les fils et les filles de votre nation. Il serait difficile de les nommer tous, mais j’évoquerai au moins ceux qui ont exercé la plus grande influence dans ma vie : Jeanne d’Arc, François de Sales, Vincent de Paul, Louis-Marie Grignion de Montfort, Jean-Marie Vianney, Bernadette de Lourdes, Thérèse de Lisieux, Sœur Elisabeth de la Trinité, le Père de Foucauld, et tous les autres. Ils sont tellement présents dans la vie de toute l’Eglise, tellement influents par la lumière et la puissance de l’Esprit Saint !

Ils vous diraient tous mieux que moi que l’histoire du salut a commencé avec l’histoire de l’homme, que l’histoire du salut connaît toujours un nouveau commencement, qu’elle commence en tout homme venant en ce monde. De cette façon, l’histoire du salut entre dans l’histoire des peuples, des nations, des patries, des continents.

L’histoire du salut commence en Dieu. C’est précisément ce que le Christ a révélé et a déclaré jusqu’à la fin lorsqu’il a dit : « Allez…. enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ».

« Baptiser » veut dire « plonger », et le « nom » signifie la réalité même qu’il exprime. Baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit veut dire plonger l’homme dans cette Réalité même que nous exprimons par le nom de Père, Fils et Saint-Esprit, la Réalité qu’est Dieu dans sa Divinité : la Réalité tout à fait insondable, qui n’est complètement reconnaissable et compréhensible qu’à elle-même. Et en même temps, le baptême plonge l’homme dans cette Réalité qui, comme Père, Fils et Saint-Esprit, s’est ouverte à l’homme. Elle s’est ouverte réellement. Rien n’est plus réel que cette ouverture, cette communication, ce don à l’homme du Dieu ineffable. Quand nous entendons les noms du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ils nous parlent justement de ce don, de cette « communication » inouïe de Dieu qui, en lui-même, est impénétrable à l’homme… Cette communication, ce don est du Père, il a atteint son sommet historique et sa plénitude dans le Fils crucifié et ressuscité, il demeure encore dans l’Esprit, qui « intercède pour nous en des gémissements ineffables » [2].

Les paroles que le Christ, à la fin de sa mission historique, a adressées aux Apôtres, sont une synthèse absolue de tout ce qui avait constitué cette mission, étape par étape, de l’Annonciation jusqu’à la Crucifixion… et finalement à la Résurrection.

4. Au cœur de cette mission, au cœur de la mission du Christ, il y a l’homme, tout homme. A travers l’homme, il y a les nations, toutes les nations.

La liturgie d’aujourd’hui est théocentrique, et pourtant c’est l’homme qu’elle proclame. Elle le proclame, parce que l’homme est au cœur même du mystère du Christ, l’homme est dans le cœur du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Et cela depuis le début. N’a-t-il pas été crée à l’image et à la ressemblance de Dieu ? Hors de cela, l’homme n’a pas de sens. L’homme n’a un sens dans le monde que comme image et ressemblance de Dieu. Autrement il n’a pas de sens, et on en viendrait à dire, comme l’ont affirmé certains, que l’homme n’est qu’une « passion inutile ».

Oui. C’est l’homme qui est proclamé lui aussi par la liturgie d’aujourd’hui.

« A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, / la lune et les étoiles, que tu fixas, / qu’est donc l’homme, que tu en gardes mémoire, / le fils d’Adam, que tu en prennes souci ? / A peine le fis-tu moindre qu’un dieu, / le couronnant de gloire et de splendeur ; / tu lui as donné pouvoir sur les œuvres de tes mains, / tout fut mis par toi sous ses pieds » [3].

5. L’homme… l’éloge de l’homme… l’affirmation de l’homme.

Oui, l’affirmation de l’homme tout entier, dans sa constitution spirituelle et corporelle, dans ce qui le manifeste comme sujet extérieurement et intérieurement. L’homme adapté, dans sa structure visible, à toutes les créatures du monde visible, et en même temps intérieurement allié à la sagesse éternelle. Et cette sagesse, elle aussi, est annoncée par la liturgie d’aujourd’hui, qui chante son origine divine, sa présence perceptible dans toute l’œuvre de la création pour dire à la fin qu’elle « trouve ses délices avec les fils des hommes » [4].

Que n’ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l’homme, pour exprimer l’homme par la formulation de ses droits inaliénables ! On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, ce sont-là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme.

Pour nous, l’alliance intérieure avec la sagesse se trouve à la base de toute culture et du véritable progrès de l’homme.

Le développement contemporain et le progrès auxquels nous participons sont-ils le fruit de l’alliance avec la sagesse ? Ne sont-ils pas seulement une science toujours plus exacte des objets et des choses, sur laquelle se construit le progrès vertigineux de la technique ? L’homme, artisan de ce progrès, ne devient-il pas toujours plus l’objet de ce processus ? Et voilà que s’effondre toujours plus en lui et autour de lui cette alliance avec la sagesse, l’éternelle alliance avec la sagesse qui est elle-même la source de la culture, c’est-à-dire de la vrai croissance de l’homme.

6. Le Christ est venu au monde au nom de l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Au nom de cette alliance, il est né de la Vierge Marie et il a annoncé l’Evangile. Au nom de cette alliance, « crucifié… sous Ponce Pilate » il est allé sur la croix et il est ressuscité. Au nom de cette alliance, renouvelée dans sa mort et dans sa résurrection, il nous donne son Esprit…

L’alliance avec la sagesse éternelle continue en Lui. Elle continue au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Elle continue comme le fait d’enseigner les nations et de baptiser, comme l’Evangile et l’Eucharistie. Elle continue comme l’Eglise, c’est-à-dire le Corps du Christ, le peuple de Dieu.

Dans cette alliance, l’homme doit croître et se développer comme homme. Il doit croître et se développer à partir du fondement divin de son humanité, c’est-à-dire comme image et ressemblance de Dieu lui-même. Il doit croître et se développer comme fils de l’adoption divine.

Comme fils de l’adoption divine, l’homme doit croître et se développer à travers tout ce qui concourt au développement et au progrès du monde où il vit. A travers toutes les œuvres de ses mains et de son génie. A travers les succès de la science contemporaine et l’application de la technique moderne. A travers tout ce qu’il connaît au sujet du macrocosme et du microcosme, grâce à un équipement toujours plus perfectionné.

Comment se fait-il que, depuis un certain temps, l’homme ait découvert dans tout ce gigantesque progrès une source de menace pour lui-même ? De quelle façon et par quelles voies en est-on arrivé à ce que, au cœur même de la science et de la technique modernes, soit apparue la possibilité de la gigantesque autodestruction de l’homme ; à ce que la vie quotidienne offre tant de preuves de l’emploi, contre l’homme, de ce qui devait être pour l’homme et devait servir l’homme ?
Comment en est-on arrivé la ? L’homme en marche vers le progrès n’a-t-il pas pris un seul chemin, le plus facile, et n’a-t-il pas négligé l’alliance avec la sagesse éternelle ? N’a-t-il pas pris la voie « spacieuse », en négligeant la voie « étroite » [5] ?

7. Le Christ dit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » [6]. Il le dit alors que le pouvoir terrestre  le Sanhédrin, le pouvoir de Pilate  a montré sa suprématie sur Lui, en décrétant sa mort sur la croix. Il le dit aussi après sa résurrection.

« Le pouvoir au ciel et sur la terre » n’est pas un pouvoir contre l’homme. Ce n’est même pas un pouvoir de l’homme sur l’homme. C’est le pouvoir qui permet à l’homme de se révéler à lui-même dans sa royauté, dans toute la plénitude de sa dignité. C’est le pouvoir dont l’homme doit découvrir dans son cœur la puissance spécifique, par lequel il doit se révéler à lui-même dans les dimensions de sa conscience dans la perspective de la vie éternelle. Alors se révélera en lui toute la force de baptême, il saura qu’il est « plongé » dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il se retrouvera complètement lui-même dans le Verbe éternel, dans l’Amour infini.

C’est à cela que l’homme est appelé dans l’alliance avec la sagesse éternelle.

Tel est aussi ce « pouvoir » qu’a le Christ « au ciel et sur la terre ».

L’homme d’aujourd’hui a beaucoup augmenté son pouvoir sur la terre, il pense même à son expansion au-delà de notre planète.

On peut dire en même temps que le pouvoir de l’homme sur l’autre homme devient toujours plus lourd. En abandonnant l’alliance avec la sagesse éternelle, il sait de moins en moins se gouverner lui-même, il ne sait pas non plus gouverner les autres. Combien pressante est devenue la question des droits fondamentaux de l’homme !

Quel visage menaçant révèlent le totalitarisme et l’impérialisme, dans lesquels l’homme cesse d’être le sujet, ce qui équivaut à dire qu’il cesse de compter comme homme. Il compte seulement comme une unité et un objet !

Ecoutons encore une fois ce que dit le Christ par ces mots : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre », et méditons toute la vérité de ces paroles.

8. Le Christ, à la fin, dit encore ceci : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » [7] ; cela signifie donc aussi : aujourd’hui, en 1980, pour toute époque.

Le problème de l’absence du Christ n’existe pas. Le problème de son éloignement de l’histoire de l’homme n’existe pas. Le silence de Dieu à l’égard des inquiétudes du cœur et du sort de l’homme n’existe pas.

Il n’y a qu’un seul problème qui existe toujours et partout : le problème de notre présence auprès du Christ. De notre permanence dans le Christ. De notre intimité avec la vérité authentique de ses paroles et avec la puissance de son amour. Il n’existe qu’un problème, celui de notre fidélité à l’alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d’une vrai culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit !

Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger :
France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?

Permettez-moi de vous demander :
France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ?

Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit.

 

A la une #Points non négociables PNN #Théologie

Principes non négociables, des points fermes et clairs

En 2012, le site Benoît et moi, faisait, à la veille des élections « pestilentielles », une mise point toujours d’actualité sur les principes non négociables. 

A la veille des élections présidentielles, les catholiques français vont-ils s’étriper autour des « principes non négociables » – l’expression est de Benoît XVI – certains allant jusqu’à suggérer que ces principes sont à relativiser, surtout quand ceux qui en sont le plus proches sont étiquetés à l’extrême-droite de l’échiquier politique – et donc réputés opposés sur tous les autres sujets à la doctrine sociale de l’Eglise.
Il me semble en réalité que pour le Pape, s’engager en politique, cela ne veut pas dire voter pour tel ou tel candidat (en France,cela va être difficile), mais participer à la vie de la cité, contribuant au bien commun, et, qui sait, susciter à long terme (inutile de rêver que c’est pour demain) une nouvelle classe d’hommes politiques. En repartant de zéro (le rôle de former ces futurs politiques revenant en particulier aux pasteurs).
Et ce bien commun, le Saint-Père en donnait (une fois de plus) un aperçu dans son discours aux autorités de Rome et de la Région.

J’ai donc rassemblé ici plusieurs articles de ce site consacrés à ce sujet. Pour aider à se faire, le plus honnêtement possible, son opinion.

Dans la droite ligne de l’enseignement constant de l’Église, Jean-Paul II a maintes fois répété que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont « une obligation précise de s’opposer » à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, il est impossible de participer à des campagnes d’opinion en faveur de telles lois, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote…I- Et d’abord, la parole au Saint-Père (les discours sont bien entendu à lire en entier) :

1.
 En premier, évidemment, la fameuse Note Doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique (novembre 2002)
Je crois que ce texte fondamental doit être lu, relu, et médité, et c’est pourquoi je l’ai reproduit dans ces pages (car il n’est pas si facile à trouver, bien que beaucoup s’en réclament !).

Je lis bel et bien ces propos très clairs :


(…) la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique.

L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun.

Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités.
Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce : aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains.


il est arrivé que, même au sein de certaines associations ou organisations d’inspiration catholique, sont apparues des orientations en faveur de forces et de mouvements politiques qui, sur des questions éthiques fondamentales, ont exprimé des positions contraires à l’enseignement moral et social de l’Église. De tels choix et de telles connivences, parce qu’ils sont en contradiction avec des principes fondamentaux de la conscience chrétienne, ne sont pas compatibles avec l’appartenance à des associations ou à des organisations qui se définissent comme catholiques. De manière analogue, il faut noter que, dans certains pays, certaines revues et certains périodiques catholiques ont donné à leurs lecteurs, à l’occasion de choix politiques, une orientation ambiguë et incohérente, interprétant de manière équivoque le sens de l’autonomie des catholiques en politique, sans prendre en considération les principes auxquels on devrait se référer.

2. Discours aux Participants au Congrès promu par le Parti Populaire Européen 
Jeudi 30 mars 2006
(Ici)
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En ce qui concerne l’Eglise catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire :
– la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;
– la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
– la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi ; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Eglise en vue de leur promotion n’est donc pas à caractère confessionnel, mais elle vise toutes les personnes, sans distinction religieuse. Inversement, une telle action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, parce cela constitue une offense contre la vérité de la personne humaine, une blessure grave infligée à la justice elle-même.

* * *


3. Mgr Luigi Negri fait un commentaire ici :

(Ici)

Nous devons la définition des « principes non négociables » à Benoît XVI, dans un de ses premiers discours en tant que Pape. Pour être précis, l’occasion lui a été offerte par la rencontre avec les parlementaires du Parti populaire européen, reçus en audience le 30 Mars 2006 . C’est une circonstance à ne pas négliger, parce que le Pape n’a pas apporté d’innovations doctrinales, mais a rendu explicite et détaillée la position traditionnelle de l’Eglise, la replaçant dans le contexte de la situation en Europe, où le relativisme attaque les droits fondamentaux étroitement liés à la nature de l’homme et à sa dignité.

A cette occasion, Benoît XVI a évoqué les trois principes non négociables qui jaillissent de la tradition de la doctrine sociale de l’Eglise,vérifiés dans l’histoire des nations :
– Protection de la vie dans toutes ses phases, depuis le premier moment de la conception jusqu’à la mort naturelle ;
– Reconnaissance et promotion de la structure naturelle de la famille en tant qu’union entre un homme et une femme fondée sur le mariage, et sa défense contre les tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui en réalité lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en occultant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable ;
– Protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
« Ces principes ne sont pas des vérités de la foi , même s’ils reçoivent un éclairage supplémentaire, et une confirmation, de la foi. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et sont donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Eglise dans leur promotion n’est donc pas à caractère confessionnel, mais elle est adressée à toutes les personnes, indépendamment de leur appartenance religieuse.  »

La formulation des principes non-négociables était en fait déjà présente dans la Note doctrinale sur certaines questions regardant l’engagement des catholiques dans la vie politique, que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (présidée alors par le Cardinal Joseph Ratzinger) a publiée le 24 novembre 2002 dans le but de rappeler et de préciser certains points de la doctrine sociale de l’Eglise pour ceux qui oeuvrent et vivent dans les sociétés démocratiques.

En particulier, le document fait la distinction entre les décisions politiques contingentes dans lesquelles sont souvent « moralement possibles des stratégies différentes pour réaliser ou garantir en substance une même valeur de fond » (n° 3) et « les principes moraux qui n’admettent aucune dérogation, exception ou compromis » ( n° 4), où « alors, l’engagement des catholiques devient plus évident et chargé de la responsabilité ».
La note parle dans ce cas d’ »exigences éthiques fondamentales inaliénables », devant lesquelles « les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce : aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains »(n° 4).

Dans cette approche, il y a une question fondamentale qui doit être soulignée, à savoir que la doctrine sociale de l’Eglise est le contenu qui lie (ndt : au sens de contrainte) les interventions faites par des individus et des groupes. Elle les lie, dans le sens où elle constitue l’hypothèse de travail, une hypothèse à la lumière de laquelle peuvent ensuite être conduites toutes les analyses de caractère culturel et toutes les mesures de nature opérationnelle.

Ce qui est essentiel dans l’engagement des catholiques ne réside donc pas dans l’analyse des individus et des groupes, où on court le risque inévitable d’utiliser les principes de la doctrine sociale en fonction d’évaluations ou d’interventions de caractère culturel, social et politique. Si on ne garde pas à l’esprit les principes fondamentaux que seule l’Église enseigne et qui ne peuvent être rejetés, alors les valeurs fondamentales deviennent le contenu des analyses, et ce sont les choix contingents – sociaux, culturels et politiques – qui assumeront le rôle des valeurs fondamentales. Avec pour résultat une désagrégation, qui non seulement rend équivoque la présence des catholiques en politique, mais fait en sorte que les contenus de leurs intervention finiront par être irréformables comme la foi.

Il arrive ainsi que dans la communauté ecclésiale, ceux qui font des choix opérationnels, culturels et sociaux différents, se combattent avec une violence acharnée comme s’il n’y avait pas une base commune qui précède ces différences, et qui à la limite pourrait valoriser ces différences. Alors, le « catho-communiste » (ndt : nous dirions catholique de gauche) considére celui de droite comme un non-chrétien, le catholique de droite considère le catho-communisme comme une trahison fondamentale de la foi, et la communauté est divisée dans sa nature profonde, elle risque d’être mise en situation de crise, ou déchirée, pour des considérations de nature contingente. Et cette division se retrouve jusqu’au sommet de la hiérarchie.

La grande leçon du pape est justement de rappeler ce qui vient en premier, ce qui fonde l’unité des catholiques.


II.
 Le Saint-Père a repris le thème du chrétien en politique en mai 2011, lors de sa visite à l’Aquilée et Venise.
A l’Aquilée, s’adressant aux évêques et aus prêtres (cf. Ici), il a dit :

Enfin, je vous recommande, à vous comme aux autres Eglises en Italie, l’engagement à susciter une nouvelle génération d’hommes et de femmes capables d’assumer des responsabilités dans des domaines divers de la société, particulièrement en politique. Ce domaine a plus que jamais besoin de voir des personnes, surtout des jeunes, capables de construire une « vie bonne » en faveur et pour le bénéfice de tous. En effet,les chrétiens, qui sont des pèlerins vers le ciel, mais qui vivent déjà ici-bas une anticipation de l’éternité, ne peuvent se soustraire à cet engagement.

Ce paragraphe a été commenté par Andrea Tornielli (qui a l’honnêteté de ne pas se présenter comme détenteur de l’unique vérité), qui titrait, (lui aussi !) : il n’y a pas que les principes non négociables » (benoit-et-moi.fr/2011-II/) :

Le thème des principes « non négociables » a été repris à plusieurs reprises par le pape et les évêques italiens. Et il est devenu, souvent, champ de bataille politique et dans certains cas, de débats houleux, même parmi les catholiques.

L’invitation pressante de Benoît XVI à l’engagement politique, cependant, semble aller plus loin. Le Pape, en effet invite les jeunes à construire « une ‘vie bonne’ pour le bien de tous ». Si les principes non négociables sont le point de départ, il serait de courte vue de réduire l’engagement des catholiques exclusivement à la défense et la promotion de ces principes. Les catholiques sont en effet porteurs d’une culture, d’une vision de l’homme et des relations sociales, qui ne peut facilement être réduite ou aplatie à certains modèles aujourd’hui à la mode dans certains groupes politiques.


III. 
Parmi les réflexions les plus intéressantes que j’ai lues sur le thème, il y a un article du Père Scalese datant de l’année dernière (http://benoit-et-moi.fr/2011-II).
Ce qu’il dit (cela s’appliquait à l’Italie, mais aussi à nous) me paraît très important. On ne peut pas faire tout tout de suite et résoudre les problèmes comme par un coup de baguette magique. En France, aujourd’hui, le personnel politique catholique est inexistant. Il faut tout recommencer du début :

(…) dans la situation où nous sommes, nous ne pouvons pas nous faire d’illusions sur une reconstruction immédiate, comme on dit aujourd’hui du « tissu social » au sens chrétien. Après des siècles de démantèlement du « christianisme » (c’est de cela qu’il s’agit : la crise que nous traversons n’est pas, comme beaucoup le croient, le résultat de décisions hâtives dans les dernières décennies, mais la conséquence de prémisses qui plongent leurs racines loin dans le temps) on ne peut prétendre le reconstruire en un tournemain.Au point où nous en sommes, je suis convaincu que nous ne pouvons plus penser résoudre la situation avec des interventions limitées, uniquement destinées à sauver ce qui peut l’être. …. Je pense qu’il n’y a rien d’autre à faire que de tout recommencer du début, revenir à l’époque des apôtres et continuer à proclamer le kérygme du Christ crucifié et ressuscité. Dans l’intervalle, tout ce qui nous entoure se sera complètement effondré, et on pourra ensuite commencer à reconstruire à partir de zéro.

Et le Père Scalese citait une conférence qu’il avait tenue en juin 1998 :

ll faut absolument éviter l’erreur de penser que le seul problème est « de quel côté se placer », à gauche ou à droite, ou s’il ne faut pas plutôt reconstituer un « grand centre », qui rassemble tous les catholiques.
Le problème est en réalité beaucoup plus profond.
Actuellement nous sommes confrontés non seulement à une gauche, mais aussi hélas à une droite entièrement sécularisée. Donc le vrai problème est de ré-évangéliser la politique. Il faut commencer du début, comme il y a deux mille années : le chrétien, de quelque côté qu’il se range, est appelé à « imprégner l’ordre temporel de l’esprit évangélique ». A ce niveau, au niveau de la foi et des valeurs morales, tous les catholiques sont – doivent être – unis au-delà des camps. Ils doivent être non pas des catholiques de droite, de gauche ou du centre, non pas des « catholiques libéraux » ou des « démocrates catholiques », des « cathocomunistes » ou des « cléricofascistes », mais simplement catholiques – comme nous l’a rappelé la semaine dernière L’Osservatore Romano (15 Juin 1998) – des « catholiques sans adjectifs ».

IV.
 Il y a des quantités d’autres pages que l’on peut ramener à ces « points non négociables » et au rôle du chrétien en politique.
Parmi elles, ces deux lettres de Mgr Démetrio Fernandez, évêque de Cordou, traduites par Carlota :

-> Changement d’époque : http://benoit-et-moi.fr/2011-II/ ..1
-> Ce qu’un chrétien demande à un homme politique : http://benoit-et-moi.fr/2011-II/..2

* * *

Ce « dossier » (qui ne parvient pas vraiment à réaliser une synthèse, certes à cause des limites de son auteur, mais aussi à la complexité des problèmes en jeu) ne serait pas complet si je ne reproduisais quelque chose qui me tient à coeur, et qui est une réponse à ceux qui, d’un bord comme de l’autre, entendent tirer le saint-Père par la soutane (comme disent les italiens) pour lui faire dire ce qu’ils ont envie d’entendre.

Cette interviewe du cardinal Ratzinger (video ici) par TSR en 1998 a déjà été citée à propos de la piède de Castellucci (http://benoit-et-moi.fr/2011-III) :

Le journaliste l’interroge (je ne sais plus le contexte, mais on voit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil :

Q : J’aurais aimé que le Saint-Père manifeste nettement sa compréhension de ce qui pousse les gens à la violence.

 

R : Je dirais… le Pape donne donne les grandes lignes de l’engagement des chrétiens dans la politique. Il annonce l’Evangile et purifie ainsi les consciences, mais ce n’est pas le rôle du Pape de rentrer dans tous les détails, puisque finalement, il ne remplace pas l’épiscopat. Il y a la réalité très concrète et très précise de l’épiscopat qui connaît la réalité sur le lieu, et donc il y a un rôle différent du Pape et des évêques dans ce lieu.

A la une #Doctrine / Formation #Morale #NLQ

Engagement et comportement des catholiques dans la vie politique – La laïcité n’est pas indépendance de la morale

 

Extraits de la note doctrinale de la congrégation de la foi du 24 novembre 2002

L’institut éthique et politique Montalembert souhaite proposer chaque mois une réflexion sur un texte de la doctrine sociale de l’Eglise. Le premier texte est extrait d’une note de la congrégation de la foi préparée par le cardinal Ratzinger en 2002. Il porte sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique.

Ce texte est proposé alors que la conférence des évêques de France publie une réflexion importante sur l’engagement chrétien en politique, mais aussi à l’occasion du 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin de Tours. Premier patron choisi par les Francs, fêté le 11 novembre, Martin est aussi le fondateur du premier monastère occidental et l’inventeur de la paroisse rurale.

Les extraits proposés à la réflexion pour ce mois de novembre traitent plus particulièrement de la conception de la laïcité promue par l’Eglise.

Le geste célèbre de Martin consistant à donner la moitié de son manteau d’officier de l’armée impériale à un pauvre grelottant est un exemple simple mais très clair de l’articulation entre l’affirmation de la foi chrétienne et les obligations du monde correspondant à cette conception de la laïcité :

          les obligations du monde sont autonomes par rapport à l’église : Martin ne donne que la moitié de son manteau d’officier car l’autre moitié appartient à César. Martin ne prétend pas remplacer la loi de César par la loi du Christ ;

          l’action du chrétien dans le monde se doit d’aller bien au-delà de ses obligations : le geste de Martin indique que la solidarité du cœur fondée dans la foi ne se limite pas à l’observation des lois du monde mais a vocation à transformer le monde lui-même.

 

 

« Les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles dans la Lettre à Diognète, « participent à la vie publique comme citoyens ».

Les sociétés démocratiques actuelles réclament des formes plus larges et nouvelles de participation à la vie publique des citoyens, qu’ils soient chrétiens ou non. Dans un système politique démocratique, la vie ne pourrait se dérouler de manière profitable sans un engagement actif, responsable et généreux de tous. Cela implique une « grande diversité et complémentarité de formes, de niveaux, de tâches et de responsabilités » (Jean Paul II, exhortation Christifideles laici, 30 décembre 1988).

En accomplissant leurs devoirs civils normaux, « guidés par leur conscience chrétienne », les chrétiens réalisent la tâche qui leur est propre d’animer chrétiennement l’ordre temporel tout en respectant sa nature et sa légitime autonomie, et en coopérant avec les autres citoyens, selon leur compétence spécifique et sous leur responsabilité comme le recommande en plusieurs passages l’encyclique Gaudium et spes adoptée par le concile de Vatican II.

Ces derniers temps, souvent par suite du cours rapide des événements, sont apparues des orientations ambiguës et des positions contestables, qui rendent utile la clarification de dimensions et d’aspects importants de l’engagement politique. […]

S’il est permis d’admettre une pluralité de méthodologies qui reflètent des sensibilités et des cultures différentes, aucun fidèle chrétien ne peut cependant en appeler au principe du pluralisme et de l’autonomie des laïcs en politique pour favoriser des solutions qui compromettent ou qui atténuent la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société.

En soi, il ne s’agit pas de « valeurs confessionnelles » car de telles exigences éthiques sont enracinées dans l’être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n’exigent pas de ceux qui les défendent la profession de la foi chrétienne même si la doctrine de l’Eglise les confirme et les protège toujours et partout comme un service désintéressé de la vérité sur l’homme et sur le bien commun de la société civile.

D’autre part, on ne peut nier que la politique doit aussi se référer à des principes qui possèdent une valeur absolue précisément parce qu’ils sont au service de la dignité de la personne et du vrai progrès humain. La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le « confessionnalisme » ou l’intolérance religieuse.

Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique, mais pas par rapport à la sphère morale, est une valeur acquise et reconnue par l’Eglise, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint. Jean Paul II a maintes fois mis en garde contre les périls qu’entraîne toute confusion entre la sphère politique et la sphère religieuse.

« On arrive à des situations très délicates lorsqu’une norme spécifiquement religieuse devient, ou tend à devenir loi de l’Etat sans que l’on tienne compte comme on le devrait de la distinction entre les compétences de la religion et celles de la société politique. Identifier loi civile et loi religieuse peut effectivement étouffer la liberté religieuse et aller jusqu’à limiter ou nier d’autres droits inaliénables de l’homme » (Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix 1991 : « Si tu veux la paix, respecte la conscience de tout homme », 8 décembre 1990).

Tous les fidèles sont bien conscients que les actes spécifiquement religieux (profession de la foi, accomplissement des actes de culte ou des sacrements, doctrine théologique, communication réciproque entre les autorités religieuses et les fidèles, etc.) restent hors de la compétence de l’Etat, qui ne doit pas s’en mêler, et qui ne peut en aucune manière y obliger ou les empêcher, sauf en cas de nécessité fondée sur l’ordre public.

La reconnaissance des droits civils et politiques, ainsi que la mise à disposition des services publics, ne peuvent être conditionnées par des convictions ou des prestations religieuses de la part des citoyens.

Il en va tout autrement du droit et des devoirs des citoyens catholiques, comme de tous les autres citoyens, de rechercher sincèrement la vérité, de promouvoir et de défendre par des moyens licites les vérités morales concernant la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie et des autres droits de la personne.

Le fait que certaines de ces vérités soient aussi enseignées par l’Eglise ne réduit en rien la légitimité civile ni la « laïcité » de l’engagement de ceux qui se reconnaissent en elles, indépendamment du rôle que la recherche rationnelle et la certitude provenant de la foi ont joué dans leur reconnaissance par chaque citoyen.

En effet, la « laïcité » désigne en premier lieu l’attitude de qui respecte les vérités procédant de la connaissance naturelle sur l’homme qui vit en société, même si ces vérités sont enseignées aussi par une religion particulière, car la vérité est une. Ce serait une erreur de confondre la juste autonomie que les catholiques doivent avoir en politique, avec la revendication d’un principe qui fait fi de l’enseignement moral et social de l’Eglise.

L’enseignement social de l’Eglise n’est pas une ingérence dans le gouvernement des pays. Il établit assurément un devoir moral de cohérence pour les fidèles laïcs, intérieur à leur conscience qui est unique et une.

« Dans leur existence, il ne peut y avoir deux vies parallèles, d’un côté la vie qu’on nomme « spirituelle » avec ses valeurs et ses exigences, et de l’autre la vie dite « séculière », c’est-à-dire la vie de famille, de travail, de rapports sociaux, d’engagement politique, d’activités culturelles. Le sarment greffé sur la vigne qui est le Christ donne ses fruits en tout secteur de l’activité et de l’existence. Tous les secteurs de la vie laïque, en effet, rentrent dans le dessein de Dieu, qui les veut comme le « lieu historique » de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus Christ à la gloire du Père et au service des autres. Toute activité, toute situation, tout engagement concret, comme par exemple la compétence et la solidarité dans le travail, l’amour et le dévouement dans la famille et dans l’éducation des enfants, le service social et politique, la présentation de la vérité dans le monde de la culture, tout cela est occasion providentielle pour un exercice continuel de la foi, de l’espérance et de la charité. » (Jean Paul II, exhortation Christifideles Laici, 30 décembre 1988)

Vivre et agir en politique conformément à sa conscience ne revient pas à se plier à des positions étrangères à l’engagement politique ou à une forme de confessionnalisme ; mais c’est l’expression par laquelle les chrétiens apportent une contribution cohérente pour que, à travers la politique, s’instaure un ordre social plus juste et conforme à la dignité de la personne humaine.

Dans les sociétés démocratiques, toutes les propositions sont soumises à discussion et évaluées librement. Les personnes qui, au nom du respect de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu’ont les chrétiens d’être en harmonie avec leur conscience un élément pour les disqualifier politiquement, leur refusant le droit d’agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun, tomberaient dans une forme de laïcisme intolérant.

Dans une telle perspective en effet, on entend refuser à la foi chrétienne non seulement toute importance politique et culturelle mais jusqu’à la possibilité même d’une éthique naturelle. S’il en était ainsi, la voie serait ouverte à une anarchie morale qui ne pourrait jamais être identifiée à une forme quelconque de pluralisme légitime.

 

La domination du plus fort sur le faible serait la conséquence évidente d’une telle position. D’autre part, la marginalisation du christianisme l’empêcherait de servir à l’avenir de la société, et à la concorde des peuples. De plus, elle minerait les fondements culturels et spirituels de la civilisation (Jean Paul II, Discours au corps diplomatique accrédité près le Saint Siège, 10 janvier 2002). »