En France #NLQ

La Marche pour la Vie a encore besoin de vous !

Vous vous êtes rendus nombreux le 22 janvier dans les rues de Paris pour défendre la Vie, MERCI ! 

Plus de 50 000 marcheurs pour la vie, jeunes, décomplexés et motivés ! Retrouvez ICI les photos de la Marche Pour La Vie 2017 !

Les équipes n’ont pas ménagé leurs efforts et les organisateurs se réjouissent d’une belle manifestation qui s’est déroulée sans aucun incident. Mais vous le savez l’organisation d’un tel événement a un coût important. Et les dispositifs de contrôle, de sécurité, de secours, … qu’il est indispensable de mettre en place pour assurer le bon déroulement de la manifestation ont un coût de plus en plus élevé.

A ce jour, il manque encore plus de 10.000 € pour payer les frais engagés. La Marche pour la Vie en appelle donc à nouveau à votre générosité pour l’aider à combler ce déficit et, peut-être, pouvoir préparer ses futures actions. Pour les aider, c’est ici.

Livres #NLQ

Pour permettre à vos enfants de vivre le centenaire des apparitions à Fatima

«  Je souhaite donc que ce beau livre soit lu dans les familles pour que le soleil de Fatima brille toujours plus dans les cœurs des enfants et de leurs parents.” (Cardinal Sarah)

 

En cette année où nous fêtons le centenaire des apparitions à Fatima, nous sommes heureux de vous présenter ce très beau livre, qui présente le message de Fatima de manière éminemment pédagogique. Il s’adresse particulièrement aux enfants et jeunes adolescents (9 à 12 ans).

En effet, préfacé par le cardinal Sarah, ce livre raconte les neuf apparitions de Fatima, en reprenant les neuf étapes de la pédagogie céleste adaptée à tous les enfants. Chaque apparition est ainsi présentée en trois volets :

• « J’écoute » : l’enseignement de l’Ange ou de Marie à travers le récit des apparitions.
• « Je comprends » : explications sur le sens de ce qui est révélé.
• « Moi aussi » : invitation à mettre en pratique les demandes du Ciel et à prendre des résolutions.

Le but de ces pages est d’introduire les enfants dans la dévotion au Coeur Immaculé de Marie, « ultime moyen », selon les paroles de Lucie, donné par Dieu pour obtenir de Lui le salut des âmes et la paix dans le monde.

 

Un très beau livre à offrir, à s’offrir : pour simplement faire grandir nos enfants, pour les éducateurs, les enseignants, les prêtres … Un cadeau de Profession de Foi, de première Communion, un prix de fin d’année pour les écoles, un cadeau de mariage…

 

Élisabeth Tollet et Jeanne-Marie Storez, Fatima : Marie te confie les secrets de son cœur, Ed. Traditions Monastiques, 2016 (préf. du Cal Sarah)

 

 

Le site de l’Evangile de la Vie publie une interview de Stanislas Muel, à l’origine du livre :

 

– Comment est venue cette idée de publier ce livre sur Marie comme éducatrice, à travers les apparitions de Fatima ?

L’idée est venue lors d’un pèlerinage en famille à Fatima. Le message marial a touché le cœur de nos jeunes enfants de 4 et 5 ans à tel point que je me suis demandé pourquoi. Pourquoi ? La réponse est simple. Marie est venue enseigner à trois enfants : Jacinthe, Lucie et François. A Fatima, Marie est donc éducatrice. Ce postulat a excité ma curiosité et je n’avais plus qu’une idée en tête : mettre en lumière cette pédagogie.


– Personne n’y avait pensé avant, pourquoi ?

Il y a eu de nombreux ouvrages sur Fatima ; beaucoup portent sur l’histoire des apparitions et des trois enfants mais aussi sur l’aspect prophétique des apparitions, sur Fatima face à l’histoire du XXème siècle, sur le 3ème secret… Mon idée a été de redécouvrir le cœur même du message. Le texte des apparitions est un véritable diamant ; il faut le désencombrer de tout ce qui l’entoure et le faire briller à la lumière. C’est objet de ce livre.


– Que nous confie Marie à Fatima ?

Marie est venue nous confier un secret : elle nous révèle comment obtenir de Dieu le salut des âmes et la paix dans le monde. La mission confiée est enthousiasmante, et tous les membres de l’Eglise sont sollicités ; en échange de notre dévouement, Marie promet une place extraordinaire au Ciel : sur le trône de Dieu Lui-même.


– Comment ce livre a-t-il été réalisé ?

J’ai souhaité un livre pédagogique et accessible aux enfants. Il a donc été rédigé avec la participation très active de deux mamans Mmes TOLLET et STOREZ. Chaque page est illustrée avec grande finesse, des couleurs chaudes et lumineuses, car Fatima c’est la lumière, la lumière de Dieu.


– Permettez-moi cette question plus personnelle. Dans votre vie de couple, vie de famille, qu’est-ce que cela a changé ?

Fatima a donné du sens à notre vie et défini notre place dans l’Eglise. Oui Marie donne une mission à chaque foyer chrétien et les moyens pour y parvenir ! Quelle sécurité et sérénité pour nous, parents ! La générosité des enfants est émouvante. En imitant Jacinthe, Lucie et François, tous les enfants peuvent suivre avec confiance le chemin tracé par la Vierge Marie et balisé dans ce livre.

 

Asie #NLQ

Philippines – L’Eglise s’oppose à un abaissement de la majorité pénale à 9 ans

« Voulons-nous d’une nation qui confinera nos enfants en besoin d’accompagnement parental avec les criminels les plus endurcis de notre société ? », dénonce le Philippine Misereor Partnership Inc (PMPI) face au projet de loi qui vise à abaisser la majorité pénale de 15 à 9 ans. Dans son communiqué, le PMPI se dit « très consterné » face à la volonté de certains législateurs philippins qui sont « prêts à tuer et sacrifier nos propres enfants » en cherchant à faire voter «  la plus outrageuse loi de l’histoire ». « A défaut d’avoir de meilleures idées pour infléchir les taux de criminalité, nos législateurs veulent à présent qu’un enfant âgé de 9 ans puisse être considéré comme un criminel aux yeux de la loi philippine », s’insurge le PMPI. Pour les auteurs du projet de loi, l’abaissement de la majorité pénale permettra notamment de contrer et d’affaiblir les gangs « qui utilisent des mineurs dans leurs activités criminelles ».

Les responsables catholiques sont également montés au créneau pour exprimer leur opposition à un tel projet de loi. « Au lieu d’abaisser l’âge de la majorité pénale, les législateurs devraient durcir les sanctions à l’encontre des trafiquants qui utilisent et exploitent les enfants dans leur activités criminelles », a estimé Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP). Souhaitant que la loi actuelle ne soit pas modifiée, Mgr Villegas a invité les législateurs à orienter leurs priorités sur les racines de la criminalité infantile, à savoir « les criminels qui se servent des enfants pour commettre leurs propres crimes ». « Nous pensons également qu’une des pistes de réflexion pourrait être de faire preuve d’une certaine vigilance vis-à-vis des parents des enfants », a-t-il précisé au nom de l’Eglise catholique.

Chercher à ramener au bercail la brebis égarée plutôt qu’à la punir

Le Juvenile Justice and Welfare Act, la loi en vigueur en matière de maturité pénale, stipule que tout enfant âgé de 15 ans ou moins, au moment des crimes commis, ne peut voir sa responsabilité pénale reconnue, compte tenu de son jeune âge, et c’est sur ce point précis que les ONG et l’Eglise catholique se battent afin que la loi soit maintenue en l’état. « J’accueille avec reconnaissance la position de l’Eglise catholique », a déclaré pour sa part, le sénateur Francis Pangilinan, auteur de la loi en vigueur et opposé au nouveau projet de loi présenté par le gouvernement.

Pour le PMPI, cette mesure visant à abaisser l’âge de la majorité pénale des enfants à 9 ans est « en elle-même un crime, car elle viole l’esprit des lois visant à protéger les enfants ». « Ne devrions-nous pas plutôt chercher à ramener la brebis perdue vers le troupeau, même lorsqu’il ne s’agit que d’une seule brebis, comme notre Seigneur Jésus-Christ l’a lui-même fait et nous y invite ? », interroge le réseau d’ONG chrétiennes.

Une étude réalisée en 2002 par le Philippine Action for Youth and Offenders, un réseau de soutien aux droits des enfants en conflit avec la loi, affirmait que l’âge de discernement des enfants philippins non scolarisés se situait à 18 ans. Pour les enfants philippins scolarisés, une étude de l’université Ateneo de Manila a estimé que l’âge moyen de discernement se situait à 15 ans. Selon le Juvenile Justice and Welfare Council, 11.000 enfants philippins sont actuellement en situation de « conflit avec la loi philippine » et sont susceptibles d’être concernés par ce nouveau projet de loi, s’il venait à être voté.

Source : Eglises d’Asie

Dans le Monde #NLQ

Entretien – Enfants soldats : le travail de réintégration des Salésiens en Colombie

Dimanche dernier, c’était la journée internationale des enfants soldats. Selon des ONG, près de 250.000 jeunes, âgés de 6 à 18 ans, sont concernés, dans une trentaine de conflits dans le monde. C’est le cas de la Colombie, où la guérilla des FARC s’est achevée à la fin de l’année 2016, et où les pourparlers de paix débutent avec l’autre guérilla du pays, l’ELN. Les plaies du conflit sont encore douloureuses pour de nombreux enfants, touchés de diverses manières. Il est souvent très difficile de réintégrer dans la société les enfants soldats, recrutés souvent de force et ayant subi de graves dommages physiques et psychologiques. Ce travail est notamment réalisé par les salésiens de Don Bosco qui disposent de deux centres en Colombie. Ce processus de réadaptation et de réintégration personnelle et sociale des enfants soldats par les Salésiens est raconté dans un documentaire intitulé Alto el Fuego (« Cessez le feu »).

Angel Gudiña Canicoba, le secrétaire exécutif de Don Bosco International, revient sur l’action des Salésiens et le quotidien des enfants soldats. Interrogé sur Radio Vatican par Sarah Bakaloglou, nous retranscrivons pour vous l’essentiel de son témoignage.

Angel Gudiña Canicoba : Il y a plusieurs cas, très différents. Certains vont volontairement à la guérilla, dans des circonstances très diverses, à cause de situations familiales difficiles, par admiration de quelques personnes, mais il y a aussi des personnes qui sont forcées. Il n’y a pas de règle générale.

Sarah Bakaloglou : Alors ce sont des enfants qui ont subi des dommages physiques et psychologiques, quels sont-ils ?

A.G.C : Ils étaient considérés comme soldats, ils devaient faire tout ce que fait un adulte : des gardes, cuisiner, marcher de nombreux jours sans aucune nourriture, etc

S.B : Qu’est-ce que ces enfants ont trouvé le plus dur, le plus traumatisant ?

A.G.C : Le manque d’humanité. C’est, par exemple, le cas de Manuel, le protagoniste du documentaire : ils ont tué son frère, après un conseil de guerre. Alors il n ‘avait plus de motivation pour continuer la guérilla et il a voulu partit.

S.B : Comment aider ces enfants-soldats à réintégrer la société, quel est le travail que vous faites avec eux ?

A.G.C : On nous envoie ces enfants pour les accompagner dans le processus de réintégration. Le processus comporte une première phase de confiance : pendant 2, 3, 4 mois selon les enfants (chacun a un parcours individualisé). Puis vient la phase on donne des formations (techniques, scolaires…) et ensuite vient la phase la plus longue, la phase que nous appelons « de l’alliance », au cours de laquelle on commence à les engager au niveau civique. Nous les rétablissons dans leurs droits de citoyens. C’est très difficile de les convaincre qu’ils ont été victimes et pas coupables de toute leur histoire. On doit essayer de rétablir tout le mécanisme citoyen habituel.

S.B : Combien y a-t-il d’anciens enfants soldats dans vos centres dans le pays ?

A.G.C : Nous avons deux centres, l’un de 75 places et l’autre de 40. Cela fait maintenant 15 ans que nous faisons ce travail et au cours de ces années nous avons vu passer 2300 enfants soldats avec un succès de 90 % d’enfants établis dans la vie. Parmi les 10 % restant, certains enfants ne se trouvaient pas bien dans nos centres et l’Etat les a envoyé dans d’autres lieux.

S.B : Le gouvernement colombien a signé un accord de paix avec les FARC, il a ouvert des discussions avec la 2° guérilla du pays, l’ELN, est-ce que c’est rassurant pour vous sur le sort des enfants-soldats ?

A.G.C : C’est beaucoup d’espérance pour notre travail. Il faut avoir la volonté de traiter ces enfants comme enfants et pas comme soldats, leurs droits n’ont pas été respectés lorsqu’ils étaient enfants.

Il y a une autre question très importante : ces enfants ont toujours peur que quelqu’un les reconnaisse et vienne les tuer : ils sont déserteurs, ils ont déserté la guérilla, c’est une situation complexe.

Source

 

Asie

Chine – Des chrétiens arrêtés injustement

L’organisation ChinaAid rend régulièrement compte des arrestations et des détentions de chrétiens afin d’exposer les abus concernant la liberté religieuse en Chine et les ingérences illégales du gouvernement.

Dernièrement, elle a rapporté le communiqué de l’avocat d’une jeune femme, Tu Yan, injustement arrêtée à la fin de l’année dernière, par les autorités de la province du Yunnan, dans le sud de la Chine. Tu Yan effectuait un travail ministériel à Dali le 22 octobre 2016, lorsque des agents du bureau de la sécurité publique l’ont arrêtée ainsi que quatre autres chrétiens, dont son patron et une chrétienne de 24 ans, nommée Su Min. Tu et Su sont accusées d’avoir « utilisé une organisation cultuelle allant à l’encontre de l’application de la loi ». Les cas de Tu et Su ont été transférés au parquet pour une enquête plus approfondie, tandis que les trois autres détenus ont été libérés sous caution. En dépit de l’insistance de Tu affirmant qu’elle est chrétienne, le bureau de la sécurité publique affirme qu’elle était membre de l’organisation sectaire « Trois classes de serviteurs ». Pour prouver cette hypothèse, le parquet aurait rassemblé 12 dossiers contenant 2.400 pages de preuves falsifiées, selon l’organisation ChinaAid.

Source

Asie

Pakistan – Le gouvernement dans le déni de réalité

La British Pakistani Christian Association (BPCA), ONG britannique de soutien aux chrétiens persécutés au Pakistan, signale un nouveau déni de réalité du gouvernement pakistanais. Le ministre de l’Intérieur de ce pays a l’art de manipuler les chiffres. Pour s’en convaincre il suffit de donner des chiffres et de les mettre en rapport. Depuis 1986, 1 194 personnes ont été jetées en prison pour blasphème : 564 musulmans, 459 ahmadis (groupe réformiste minoritaire dissident considéré comme non musulman au Pakistan), 150 chrétiens et 21 hindous. Autrement dit les membres de ces religions minoritaires qui ne pèsent que pour 5 % dans la population pakistanaise, ont été inculpés dans 50 % des cas de blasphème…

Le gouvernement du Pakistan est dans le déni quant à la réalité des persécutions contre les minorités dans le pays. Dans une déclaration récente, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Chaudhry Nisar Aki Khan, a soutenu que croire que les minorités religieuses souffrent du fait des abus de l’application des lois sur le blasphème, est infondé. Répondant à une question de la députée Belum Hasnain, membre du Parti du peuple pakistanais, M. Khan a déclaré : « Les faits et les chiffres révèlent que dans la plupart des cas de blasphème, les accusés étaient des musulmans ». Il a expliqué à la tribune du Sénat que les renseignements en provenance de la province du Sindh, prouvaient que sur les 129 cas enregistrés de blasphème, 99 l’avaient été contre des musulmans, ce qui veut dire que 76 % des inculpés étaient des musulmans. « Ces faits montrent que les minorités religieuses ne sont pas plus impliquées dans les cas de blasphème que les musulmans. Fondamentalement, les minorités religieuses ne sont pas ciblées par les lois sur le blasphème ».

Source : BPCP, 31 janvier – © Christianophobie Hebdo pour la traduction.

Livres

Justo Ukon : « le samouraï du Christ »

La Croix et l’épée du Japonais Otohiko Kaga, proche de Shûsaki Endô, a pour héros Justo Ukon Takayama (1552-1615), seigneur féodal japonais, qui a été béatifié le 7 février dernier. Entretien avec Roger Mennesson, traducteur de ce roman d’Otohiko Kaga.

Qui est Justo Ukon Takayama, le héros du roman d’Otohiko Kaga, La Croix et l’épée que vous avez traduit ?

Roger Menesson : Justo Ukon Takayama est un daimyô, un seigneur féodal japonais, né en 1552, à Haibara.

Le père de Justo Ukon, Dario Hida no Kami Takayama, bouddhiste à l’origine, avait rencontré des missionnaires jésuites portugais et espagnols venus à la suite de François-Xavier évangéliser le Japon. Il invita le frère japonais non-voyant Lorenzo à venir l’entretenir lui et les siens de la foi chrétienne. C’est ce dernier qui le baptisa avec sa famille, et, comme c’était le cas à l’époque, un certain nombre de feudataires. Son fils Ukon reçut comme nom de baptême Justo, le juste.

Il convient de rappeler que l’histoire de cette famille se déroule à la fin de la période dite des Royaumes combattants (1477-1568), où le pouvoir central devenu inexistant, les princes féodaux se faisaient la guerre pour agrandir leur fief. Le prince Nobunaga Oda (1534-1582) entreprit la réunification du pays dès 1560.

Pour se consacrer entièrement à la mission, Dario, le père de Ukon confia le fief de Takatsuki en 1573 à son fils Justo âgé seulement de 21 ans. Marié très jeune à Justa, une chrétienne, il lui resta fidèle. Il vécut la vie d’un seigneur féodal et prenait soin des gens de son fief en vivant les œuvres concrètes de miséricorde jusqu’à enterrer aussi les morts avec son père. À son contact nombre de samouraïs et d’intellectuels se convertirent. Justo Ukon suivit Nobunaga en participant comme samouraï à toutes les batailles de cette époque.

Il fut confronté à trois grandes épreuves durant sa vie qui lui ont fait approfondir sa foi. Durant la première en 1578, Justo Ukon se trouva devoir choisir entre Murashige Araki son suzerain qui avait pris en otage son fils aîné et sa sœur et lui demandait de résister à Nobunaga en défendant le château de Takatsuki que ce dernier lui demandait de lui rendre.

Laisser entrer Nobunaga c’était trahir Murashige et donc risquer la vie des deux otages, mais garder le château c’était la mort assurée de nombreux chrétiens, que Nobunaga avait promis de massacrer. À l’époque, un chef réduit à toute extrémité, n’avait que deux moyens de sauver son honneur : faire seppuku en s’ouvrant le ventre, ou bien quitter le monde et devenir bonze. Justo Ukon, sur les conseils du Père Organtino, choisit de se livrer à Nobunaga.

En 1587, la seconde épreuve eut lieu lorsque Hideyoshi Toyotomi (1537-1598) publia un édit bannissant les missionnaires car l’emprise que le christianisme commençait à avoir dans le pays l’inquiétait fortement. Il envoya un émissaire à Justo Ukon en lui demandant d’abjurer la foi. Il ne renia pas sa foi, mais abandonna honneur, château et terres pour partir sur les routes avec ce qu’il portait sur le dos. Sa femme et ses enfants le suivirent dans ce qui est devenu une vie errante, parsemée d’épreuves. Il fut accueilli par Toshiie Maeda (1539-1599) le daimyô suzerain du pays de Kaga (Kanazawa). Durant quelque vingt années, il vécut sous la protection du clan Maeda. Mais quand en 1614, Iesayu Tokugawa interdit le christianisme, Justo Ukon vécut la troisième épreuve en étant banni aux Philippines le 8 novembre 1614 en compagnie de 300 missionnaires et chrétiens japonais. Parvenu à Manille pour Noël il mourut le 5 février 1615.

Justo Ukon était par ailleurs un homme de culture, maître de thé, pratiquant la calligraphie, très attaché à la culture de son pays en cherchant à la valoriser. Parlant les langues étrangères (portugais et latin), il avait également travaillé à la construction de châteaux grâce à ses connaissances en architecture.

Le parcours de Justo dans l’évolution de sa foi l’a conduit à renoncer à tout pour l’amour de Dieu et c’est cela que les évêques japonais ont retenu comme exemplaire pour les croyants du Japon en demandant sa béatification comme martyr.

Justement, Justo Ukon a été béatifié comme martyr alors qu’il est mort de maladie et en exil. Comment expliquer ce fait ?

En partant en exil, Justo Ukon a choisi délibérément de tout laisser. Il s’est dépouillé de son honneur, de ses titres, de ses terres, de tous ses biens pour le Christ. En fait, c’est l’Église japonaise qui a demandé qu’il soit déclaré martyr. Selon Mgr Kikuchi, évêque de Niigata, « Ukon n’a pas été mis à mort comme ont pu l’être les autres martyrs du Japon. Nombreux sont les catholiques japonais aujourd’hui à penser que le martyre n’a rien à voir avec leur vie dans le Japon contemporain car ils ne risquent pas d’être mis à mort au nom de leur foi en Christ. Mais ce que nous dit la vie d’Ukon, c’est que la mort par haine de la foi “in odium fidei” n’est pas la seule voie vers le martyre : une vie de martyr, c’est aussi une vie par laquelle on donne tout à Dieu, on renonce à tout pour l’amour de Dieu. »

Ce roman historique qu’est La Croix et l’épée, constitue-t-il une exception dans l’œuvre d’Otohiko Kaga, romancier catholique japonais ?

Plus qu’une exception dans son œuvre, les ouvrages littéraires de Otohiko Kaga de ces dernières années sont plutôt dans le prolongement de sa conversion au christianisme. Il dit lui-même que c’est grâce à son ami Shûsaku Endô (cf. p. 15), autre romancier catholique, qu’il s’est fait baptiser avec son épouse en 1987, à l’âge de 58 ans. Kaga avait déjà écrit la plus grande partie d’une œuvre littéraire très engagée, notamment avec La condamnation, également traduite en français. Comme médecin psychiatre, il a étudié auprès des condamnés à mort l’influence qu’avait sur eux cette condamnation. En devenant catholique (moins de 1 % des 127 millions de Japonais) il a choisi la situation de la minorité.

Quelles sont selon vous les ressemblances et les dissemblances entre Kaga et Endô ?

Shûsaku Endô a écrit une œuvre où il s’interroge pour savoir si le Japon peut faire une place au christianisme. Ainsi dans Silence, il cherche jusqu’où la foi exige que s’engage le croyant, en se demandant si le christianisme ne s’ajuste pas au Japon comme une veste mal taillée et si les « lapsi », les chrétiens qui ont foulé une image pieuse et ainsi renié leur foi, peuvent être sauvés, etc.

Otohiko Kaga souhaite offrir, à travers la vie de Justo Ukon, un exemple pour les gens d’aujourd’hui en retraçant la vie de ce personnage à son époque et dans son milieu. Il n’a pas vis-à-vis de la foi chrétienne la même approche qu’Endô. Kaga considère la foi chrétienne telle qu’elle est, telle que l’a vécue Justo Ukon, telle que les catholiques japonais essayent de la vivre aujourd’hui et telle que le Japon ferait bien, selon lui, de la découvrir. Malgré ces différences, la filiation existe réellement entre les deux écrivains.

Source : L’Homme nouveau

Asie

Vietnam – Des prêtres empêchés d’assister à la messe

Trois prêtres vietnamiens, les Pères Phan Van Loi, Nguyen Van Ly et Nguyen Huu Giai, ont été empêchés d’assister à la messe par des policiers en civil le dimanche 2 février dernier. Tous trois sont des critiques connus du régime com­ muniste et sont, en permanence, surveillés par la police politique ; le deuxième a même passé 20 ans en prison.

Source : Christianophobie Hebdo

Asie

Pakistan – La loi peut-elle suffire à protéger les minorités religieuses ?

Le 6 février dernier, l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, a voté une loi visant à interdire les discours de haine, les attaques sectaires et les mariages forcés de jeunes filles issues des minorités religieuses. Des responsables chrétiens, s’ils saluent le vote de la loi, s’interrogent cependant sur la portée et l’efficacité réelle que pourra avoir un tel texte dans un contexte de violences au quotidien qui va crescendo.

Selon les « motifs » exposés dans le projet de loi, « le terrorisme, le sectarisme et l’extrémisme sont répandus dans le pays tout entier et motivent quotidiennement des actes de violence ; le pays traverse une phase de son existence extraordinaire qui appelle des mesures fortes à même de contenir la menace qui a infiltré la société ».

« Lutter contre des maux sociaux profondément enracinés »

Désormais, aux termes de la loi baptisée « Criminal Laws (Amendment) Act 2016 », le crime qui consiste « à user de manière délibérée de mots visant à heurter les sentiments religieux d’une personne » sera puni de un à trois ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 500.000 roupies (4.500 euros). Le texte de loi détaille les peines encourues pour avoir recours « à des haut-parleurs ou à tout autre équipement d’amplification du son » pour inciter à la haine sur une base religieuse ou ethnique. Le texte donne également des pouvoirs supplémentaires à la police pour prévenir la diffusion de discours de haine ou de supports écrits par une personne physique ou une organisation. Les fonctionnaires qui se rendront coupables de « négligence dans l’application de la loi » se verront exposés à des peines allant de la suspension de traitement durant trois mois à trois ans de prison ferme et 100.000 roupies d’amende. Concernant le mariage forcé de jeunes filles issues des minorités religieuses, les peines déjà existantes sont fortement durcies et passent à un maximum de dix ans de prison ferme et un million de roupies d’amende.

Selon Zahid Hamid, ministre fédéral de la Loi et des Droits de l’homme, « les peines désormais inscrites dans la loi ont été durcies afin de débarrasser définitivement le pays des maux sociaux qui n’ont fait que grandir faute d’être suffisamment sanctionnés ». La loi, votée par l’Assemblée nationale, doit toutefois passer par l’ensemble du processus législatif et être signée par le président de la République islamique du Pakistan, avant de pouvoir être appliquée.

Des responsables chrétiens dubitatifs

Depuis le Royaume-Uni, Wilson Chowdhry préside la British Pakistani Christian Association, qui regroupe des chrétiens pakistanais émigrés en Angleterre. Selon lui, cette nouvelle loi n’apportera pas de « réels changements » à la situation des minorités religieuses du Pakistan. «  Il existe déjà tout un arsenal juridique pour lutter contre les violences, notamment les violences mises en œuvre par des foules dans la rue, mais le problème est que ces lois sont rarement mises en œuvre, et lorsqu’elles le sont, les témoins sont intimidés et ne se présentent pas devant les juges », explique Wilson Chowdhry au Christian Post.

A l’appui de son propos, le président de la British Pakistani Christian Association cite le verdict d’acquittement en faveur des 115 suspects mis en examen après les violences commises, en mars 2013, à l’encontre du quartier chrétien de la Joseph Colony de Lahore, prononcé ce 28 janvier par un tribunal anti-terroriste de Lahore. On se souvient que, le 8 mars 2013, une foule de plusieurs milliers de musulmans avait attaqué ce quartier chrétien aux allures de bidonville après qu’une rumeur avait fait état d’un supposé blasphème proféré par un chrétien du lieu ; 150 maisons, des commerces et une église avaient été incendiés. « Le cœur du problème réside dans l’application de la loi, ainsi que dans l’inaction fréquente d’une police où la corruption est largement répandue et qui perçoit avec animosité les chrétiens comme une communauté ‘rituellement impure’ », dénonce encore Wilson Chowdhry.

Pour d’autres chrétiens, la nouvelle loi, pour autant qu’elle entre en application, constitue toutefois « un changement positif ». C’est l’avis de Samuel Pyara, président de Bright Future Society, une association chrétienne de Lahore, pour qui « ces mesures sont cruciales pour sauver notre pays ». « Le lynchage comme manière de se faire justice soi-même est devenu un mode ‘normal’ de fonctionnement de notre société. Il était donc grandement nécessaire de punir de tels agissements et nous apprécions l’action du gouvernement pour cela », souligne-t-il.

Une activité législative intéressée

Concernant le volet de la nouvelle loi relatif aux mariages forcés de jeunes filles, le texte va plus loin que la loi votée en novembre dernier par l’Assemblée législative de la province du Sind. Cette loi prévoyait cinq ans d’emprisonnement pour toute personne reconnue coupable d’avoir contraint un mineur à changer de religion. Désormais, la peine encourue est de dix ans. Selon les rapports de différentes ONG pakistanaises, le rapt de jeunes filles, voire de fillettes chrétiennes ou hindoues pour les marier de force à des hommes musulmans et déclarer par le fait même qu’elles sont devenues musulmanes est un fléau. Chaque année, un millier de cas en moyenne sont rapportés (700 chrétiennes et 300 hindoues environ en 2014, selon l’ONG Movement for Solidarity and Peace in Pakistan) et ces chiffres seraient en réalité inférieurs à la réalité. Selon la Fondation Aurat, qui défend la condition féminine au Pakistan, les mariages forcées ne visent pas que les jeunes filles ; cette pratique est aussi utilisée par des groupes de musulmans pour exercer une contrainte permanente sur des familles ou des communautés non musulmanes. Les médias pakistanais se font d’ailleurs souvent l’écho de telles histoires dramatique. En août dernier, au Pendjab, un père de famille chrétien a ainsi été grièvement blessé par balles alors qu’il cherchait à récupérer sa fille, handicapée, enlevée pour être contrainte à un mariage forcé et à une conversion à l’islam.

Pour Sohail Ahmad Raza, directeur de l’ONG Interfaith Relations Minhaj ul Quran International (MQI), une association islamique promouvant un renouveau des études islamiques, « les enlèvements et les mariages forcés sont moralement, légalement, socialement des abominations. Le mariage forcé n’est pas permis par la charia et n’est que le fruit de l’analphabétisme ».

Selon certains observateurs locaux, le vote de cette loi le 6 février s’inscrit dans un contexte politique qui voit l’actuel Premier ministre, Nawaz Sharif, faire le pari de la mobilisation autour de lui et de son parti, la Ligue musulmane du Pakistan (N) – « N » pour Nawaz –, de l’électorat urbain et jeune. A un an des élections générales, le Premier ministre estime qu’il a toutes ses chances de conserver le pouvoir si les électeurs jeunes, libéraux et issus des minorités votent pour lui.

Source : Eglises d’Asie

Asie #NLQ

Bangladesh – Des manuels scolaires modifiés pour les rendre plus conformes à un contenu « islamiquement correct »

Au mois de janvier dernier, les manuels scolaires fraîchement imprimés par le ministère de l’Education ont été distribués dans les 20.000 écoles et madrasas du Bangladesh. Si les élèves n’ont rien remarqué à première vue, les enseignants ont néanmoins été prompts à découvrir des modifications inattendues. Sans concertation, le ministère de l’Education avait en effet procédé à des innovations arbitraires, notamment dans les manuels de littérature bengalie, en gommant certains aspects profanes au profit d’un référentiel islamique.

Depuis, et face aux protestations soulevées par ce changement mené en catimini, le gouvernement dirigé par le parti de la Ligue Awami a nommé une commission pour enquêter sur l’incident, mais il a refusé de confirmer que les manuels ont été modifiés sous la pression des milieux islamistes. Pourtant, en avril dernier, l’organisation Hefazat-e-Islam (‘Protecteurs de l’islam’) avait explicitement demandé aux autorités que les manuels scolaires présentent davantage l’image d’une identité islamique. Ses représentants ont exigé en particulier le retrait de 17 poèmes et récits écrits par des auteurs non musulmans et jugés « athées ». Le Hefazat-e-Islam a demandé par ailleurs l’application de la loi coranique de la charia et exigé une réforme du système éducatif, autant de demandes portées par d’importantes manifestations de rues à Dacca en 2013.

L’école, terrain d’affrontement entre « laïcs » et « religieux »

Dans le système éducatif du Bangladesh, pays de 163 millions d’habitants en grande majorité de confession musulmane, la religion est cantonnée à une discipline et à ses manuels, selon la confession des élèves ou l’affiliation religieuse des établissements. Bouddhistes, chrétiens et hindous ont donc leurs manuels religieux, tout comme leurs camarades musulmans. Mais dans les autres disciplines, les ouvrages scolaires se doivent d’être laïques. En 2014, pour contrer l’influence grandissante des musulmans radicaux au Bangladesh, le gouvernement avait même imposé ces principes éducatifs aux 10.000 madrasas (ou écoles coraniques) du pays, les obligeant à utiliser les manuels standards jusqu’à l’équivalent de la classe de quatrième, au collège.

Aujourd’hui, cependant, dix-sept textes écrits pas des non-musulmans ont disparu des pages des manuels de littérature destinés aux classes équivalentes à fin du primaire et aux classes du premier cycle du secondaire. « Les prochaines élections auront lieu en 2019, et de nombreux experts pensent que la Ligue Awami tente ainsi d’apaiser les islamistes pour gagner leurs votes », a commenté dans la presse locale Rasheda K. Choudhury, défenseure des droits de l’homme et experte dans le domaine éducatif. « Les activistes estiment qu’il s’agit d’un endoctrinement religieux, a-t-elle poursuivi. Je pense qu’il s’agit d’une forme d’empoisonnement. Je n’utiliserai pas le terme d’« islamisation » mais c’est indéniablement une mesure contre la laïcité. »

Les 17 textes supprimés ne sont pas les seuls changements apportés aux manuels scolaires. De petits détails ont été revus et corrigés. Par exemple, un récit de voyage a remplacé une visite dans le nord de l’Inde, dominé par les hindous, par un voyage sur le Nil, en Egypte. Les vêtements traditionnels d’une fillette ont été redessinés dans une version incarnant le code islamique.

Vive protestation des milieux intellectuels et de l’Eglise catholique

Les intellectuels ont immédiatement réagi et protesté, dans un climat qui reste sensible et meurtri par une vague d’attaques terroristes. En trois ans, une quarantaine de personnalités a été assassinée par des groupes islamistes. Intellectuels, blogueurs et membres de minorités étrangères et religieuses ont été ciblés. Les atrocités ont culminé le 1er juillet 2016, lors de l’attaque d’un café-restaurant de Dacca qui a fait 22 victimes, dont 18 étrangers.

Malgré un islam traditionnellement perçu comme modéré au Bangladesh, des changements radicaux s’opèrent peu à peu dans la société. L’influence des radicaux se propage. Par ailleurs, les minorités restent très vulnérables et le gouvernement de Sheikh Hasina est régulièrement accusé de ne pas les protéger suffisamment. D’après un rapport publié en janvier par le Bangladesh Hindu Buddhist Christian Unity Council, l’année 2016 comptabilise 1.471 incidents violents à l’encontre des minorités, contre 262 répertoriés en 2015.

Les représentants des minorités religieuses et des militants politiques ont exprimé leur désaccord face à la modification des manuels scolaires en organisant deux manifestations à Dacca à la fin du mois de janvier. Dans un pays où les chrétiens ne constituent guère plus de 0,5 % de la population, l’Eglise catholique du Bangladesh se sent particulièrement concernée puisqu’elle occupe une place importante dans le système éducatif. A la tête de plus de 300 établissements, elle prend en charge quelque 100 000 élèves, des non-chrétiens pour la plupart.

Cité par l’agence d’information Ucanews, Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi et président de la Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence épiscopale, a déclaré : « Cette façon d’apaiser l’idéologie radicale porte atteinte à l’engagement de la nation envers les valeurs laïques et démocratiques. » Pius Nanuar, un responsable éducatif au sein de la Caritas locale, a lui aussi réagi dans des propos rapporté par Ucanews : « Si le gouvernement soutient les demandes du Hefazat-e-Islam, il pourrait alors introduire dans le futur le port obligatoire du voile pour les filles et cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre pays. »

L’organisation Hefazat-e-Islam a déjà exprimé ses prochaines exigences éducatives ; elles visent à limiter la représentation picturale des êtres vivants et les exercices physiques pour les filles et les jeunes filles.

Fondé en 2010 comme un groupe de pression, le Hefazat-e-Islam s’était fait notamment connaître en 2013 par une demande en 13 points formulée au gouvernement ; au nombre des mesures revendiquées figurait la mise en place d’une législation contre le blasphème, semblable à celle en vigueur au Pakistan. Hérité du Code pénal mis en place par le colonisateur britannique en 1860, le droit local ne reconnaît qu’un délit relatif au fait de « blesser les sentiments religieux » ; mais depuis une loi sur les technologies de l’information, votée en 2013, il est interdit de publier sur Internet tout élément qui pourrait « nuire à l’ordre public et à la loi » et la diffamation envers les religions est nommément citée.

Source : Eglises d’Asie