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Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ? Point de vue d’un catholique

 

A l’automne dernier nous vous signalions la parution d’un livre pour comprendre l’Islam.

En voici un résumé, avant d’aller plus loi et de le commander 

Par Pascal Raines – Préface du Père Henri Boulad, s.j.

L’islam nous est présenté comme une religion d’amour, de tolérance et de paix par d’éminents responsables musulmans. Pourquoi donc les proclamations belliqueuses, les menaces et les attentats perpétrés au nom d’Allah ? Comment comprendre des comportements, des discours et des actes aussi opposés de la part des musulmans ?

Le monde islamique est complexe. Pour autant, le Coran est et restera la source première et ultime de toute pensée musulmane. Le Coran, c’est la parole même d’Allah ; elle n’est pas sujette à interprétation ou modification.

Tout découle du Coran. Le connaître, c’est connaître l’islam dans ses fondements. Et seulement sur cette connaissance préalable, un possible dialogue dans la vérité pourrait alors être envisagé et s’engager.

Connaître le Coran dans ses principes

Le Coran n’est pas si compliqué à comprendre à condition de connaître les clefs de compréhensions que la plupart des Occidentaux ignorent malheureusement.

Il y a deux périodes fondamentales dans le Coran et elles coïncident avec l’histoire de Mahomet et de la révélation.

Il y a l’époque où Mahomet se trouve à la Mecque (610-622), c’est la première période ; il prêche alors un islam relativement modéré et tolérant.

La deuxième est celle où Mahomet est à Médine (622-632) ; il est alors en position de force et l’islam annoncé est conquérant, violent, voire haineux contre tout non-musulman.

Inévitablement, les versets des deux périodes se contredisent.

Le conflit est résolu par la règle fondamentale de l’abrogeant-abrogé avalisée par al-Azhar. Elle repose sur deux versets essentiels (sourate 2, verset 106 et S. 16, v. 101) dans lesquels Allah annule l’autorité des versets de la première période de la Mecque au profit de ceux de la deuxième de Médine.

En d’autres termes, seules les sourates violentes et belliqueuses de Médine sont à appliquer véritablement.

Parmi ces versets belliqueux, on peut citer tout particulièrement le 9:5 « le verset de l’épée » et le 9:29 « le verset du combat » qui abrogent à eux seuls plus d’une centaine de versets plus ou moins conciliants.

 

La dissimulation recommandée par Allah

La taqiya (la dissimulation) est un autre aspect capital du Coran que les Occidentaux méconnaissent. Elle régit les relations que les musulmans doivent avoir avec les non-musulmans.

Le principe de la taqiya se retrouve en particulier dans le verset 3:28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion de Dieu, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. » Le musulman pour protéger sa foi ou induire en erreur l’infidèle peut et doit mentir, dissimuler ses intentions s’il n’est pas en position de force : c’est une injonction d’Allah et du Prophète.

Un exemple précis est cette phrase qui revient fréquemment dans la bouche des dignitaires religieux musulmans : « Tuer un homme revient à tuer l’humanité ». Il est sans doute important de s’y arrêter.

Cette phrase a notamment été prononcée lors de la rencontre de centaines de responsables musulmans réunis à Paris à l’appel du CRCM (Conseil Régional du Culte Musulman) Rhône-Alpes le 29 nov. 2015 suite aux attentats du 13 nov. 2015 à Paris.

« Tuer un homme revient à tuer l’humanité » se fonde sur le verset 5:32 : «  Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël [aux Juifs] que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. (…) ».

On constate que les propagandistes ont omis « pour les Enfants d’Israël » qui restreint la portée humaniste et pacifique voulues.

Mais cette omission est capitale et se précise avec le verset suivant (5:33) : «  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. » En d’autres termes, ceux qui touchent aux valeurs essentielles de l’islam doivent s’attendre au pire.

Il est donc clair que le Coran ne dit nullement que « tuer un homme revient à tuer l’humanité » puisqu’on peut l’exécuter pour défendre la suprématie de l’islam !

Ces dignitaires religieux musulmans – qui connaissent le Coran – détournent sciemment le sens véritable d’un verset pour induire en erreur et tromper ; ils usent indéniablement de la taqiya, de la dissimulation et de la diversion. C’est ce que Allah leur demande.

Les appels à la violence dans le Coran sont réels et abusivement minimisés

Face aux appels à la violence, à l’épuration religieuse exigée par Allah dans le Coran, il est courant d’entendre qu’il y a un problème de traduction, qu’il faudrait considérer le contexte et que la Bible elle-même n’est pas exempte de violence.

La langue originelle du Coran est l’arabe littéraire. Les traductions présentent souvent de minimes différences entre elles, mais pas au point de faire des contresens. En d’autres termes, le consensus des multiples traductions ne peut trahir le sens véritable du Coran. Dans Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ?, l’auteur utilise simultanément pas moins de cinq traductions et notamment celle d’Hamidullah qui fait autorité.

Le lecteur de la Bible sait très bien qu’il ne faut jamais interpréter un verset seul, mais le comprendre dans le contexte, notamment historique du passage, du livre lui-même. Avec ses soixante-treize livres de styles très différents et un temps de rédaction de presque quinze siècles, la Bible nécessite de bien connaître le contexte pour l’appréhender correctement.

Ce principe d’interprétation est tout aussi valable pour le Coran. Il est toutefois beaucoup plus facile à mettre en application, car le Coran – selon la tradition islamique – n’a que Mahomet pour auteur qui n’a écrit que sur une vingtaine d’années (« a été sous la dictée » disent les musulmans).

Dès lors, étudier le contexte d’un verset coranique se résume finalement à examiner les versets voisins pour avoir la signification de ce que dit réellement le Coran. Les hadiths (les paroles et les actes de Mahomet et ses compagnons transmis par la tradition musulmane) viennent appuyer le Coran mais ne peuvent jamais le contredire.

Le Coran s’achève avec les sourates médinoises par de multiples appels à la violence et au meurtre, des appels qui n’ont pas de limites dans le temps et l’espace et dont la valeur reste pleinement actuelle. L’exemple du verset « Ô Prophète, incite les croyants au combat. (…) » (8:65) est significatif à cet égard. Il a été donné à un moment précis, celui de la bataille d’Ohod. Mais ce moment donné n’est pas précisé dans le Coran afin de souligner que c’est un ordre hors du temps venant d’Allah, toujours valable et pas seulement lié à un événement particulier, d’autant plus que le Coran est considéré par les musulmans comme incréé, éternel, préexistant.

Le Coran est clair ; Mahomet a été dicté par Allah (97:1) à travers l’ange Jibrīl (Gabriel), par des révélations (42:51), à la différence des prophètes inspirés de la Bible. Le Coran n’est donc sujet à aucune erreur et ne peut être contesté. Du coup, la tutelle d’Allah est immédiate sur le texte coranique et lui donne une force (supposée) divine qui cautionne la violence et empêche toute réforme. Les réformateurs de l’islam n’ont jamais pu influer sur la tradition musulmane et rassurent en vain sur une hypothétique et chimérique modernisation du Coran et une réforme de l’islam.

Bien distinguer les musulmans du Coran lui-même

L’immense majorité des musulmans sont pacifiques et veulent vivre en paix avec tous. Mais ce n’est pas ce qu’ordonne Allah qui leur demande de combattre. «  Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. (…) » (2:216). Allah dédouane même les jihadistes de leurs méfaits : «  Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Allah qui les a tués. » (8:17).

Et même si comparativement, il y a peu de gens prêts à suivre Allah dans ses injonctions guerrières, ces personnes sont perçues par les pieux musulmans eux-mêmes comme des héros puisque Allah en personne les bénit  : «  (…) Dieu a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense ; des grades de supériorité de Sa part ainsi qu’un pardon et une miséricorde. Dieu est pardonneur et miséricordieux » (4:95-96).

Vous l’avez compris : il y aura toujours des « extrémistes » et des « fondamentalistes » musulmans dès lors que le Coran existe.

La oumma (la communauté des musulmans) peut tenter de pondérer et raisonner les croyants en son sein, mais ne peut freiner le zèle obscurantiste des individus les plus conservateurs et réactionnaires seuls face au Coran.

La dangerosité du Coran est un fait largement occulté dans les médias (tabou pour tout dire). Nous n’avons donc malheureusement pas fini avec la violence et les attentats en lien direct avec le Coran qui pousse à de tels actes.

Aimer les musulmans en tant que frères en humanité, mais dénoncer le Coran qui la déchire par ses versets violents et dont le sens et la valeur demeurent d’actualité. Il n’y a pas, semble-t-il, d’autre solution au redoutable problème des « extrémistes » islamiques pour le chrétien que je suis. À l’image du Christ qui a aimé tout être humain pour ce qu’il est, tout en dénonçant parfois ses actes ou ses comportements.

Pour résumer…

Au détour d’une discussion avec un ami prêtre sont évoqués mes travaux sur l’islam ; je finis par dire que le Coran est malheureusement dangereux par bien des côtés.

On me rétorque qu’« il faut être idiot pour faire une lecture wahhabite [fondamentaliste] ». Je réponds que je lis simplement le Coran tel qu’il se donne à comprendre. Je demande alors comment doit-on lire les versets jihadistes et ceux qui invitent à l’épuration religieuse ; je n’ai évidemment aucune réponse. Quand je rétorque qu’il n’y a dans la partie médinoise du Coran aucun verset favorable aux non-musulmans, on me répond : « Mais pourquoi veux-tu absolument voir cette partie ? » Visiblement l’ami prêtre voulait éluder l’islam violent de Mahomet et ignorait tout du système des versets abrogeants-abrogés donné par Allah.

J’ai parlé de tout cela à un autre prêtre, spécialiste renommé de l’islam. J’ai eu cette réponse : « ton curé n’y connaît [de l’islam] que ce que lui dicte un amour immédiat des personnes. »

Est-il donc si difficile de concilier l’amour entre frères d’une même humanité et la vérité ?  L’un ne va pas sans l’autre. Le psaume 85,11 de la Bible est clair : « Amour et vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent  ».

« Cet ouvrage, fruit d’un travail considérable, est une excellente introduction à l’islam et au Coran. L’auteur ne craint pas d’aborder, avec honnêteté et lucidité, la plupart des points controversés. Il le fait en toute objectivité, dans un souci de vérité et un langage qui n’est ni offensant ni blessant. » Henri BOULAD, jésuite

« Quel travail ! Cela devrait aider les gens à ouvrir les yeux et voir enfin clair en toute responsabilité citoyenne et pour la vraie paix. » François JOURDAN, eudiste

« Tu as fait un excellent travail, laissons les lecteurs potentiels en tirer les conséquences. » Pierre LAMBERT

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Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise – Liberté et loi morale – Valeurs- Principes

Suite à notre article « la doctrine sociale simple opinion ?  », un lecteur nous suggère cette lecture

C) LA LIBERTÉ DE LA PERSONNE

a) Valeur et limites de la liberté

135 L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image : 251 « Dieu a voulu le laisser à son propre conseil (cf. Si 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure ».252

À juste titre, l’homme apprécie la liberté et la cherche passionnément : à juste titre, il veut et doit former et conduire, de sa libre initiative, sa vie personnelle et sociale, en en assumant personnellement la responsabilité.253 De fait, non seulement la liberté permet à l’homme de modifier convenablement l’état de choses qui lui est extérieur, mais elle détermine la croissance de son être en tant que personne, par des choix conformes au vrai bien : 254 de la sorte, l’homme s’engendre lui-même, il est le père de son propre être,255 il construit l’ordre social.256

136 La liberté n’est pas en opposition avec la dépendance de l’homme, en tant que créature, par rapport à Dieu.257 La Révélation enseigne que le pouvoir de déterminer le bien et le mal n’appartient pas à l’homme, mais à Dieu seul (cf. Gn 2, 16-17) : « Assurément, l’homme est libre du fait qu’il peut comprendre et recevoir les commandements de Dieu. Et il jouit d’une liberté très considérable, puisqu’il peut manger “de tous les arbres du jardin”. Mais cette liberté n’est pas illimitée : elle doit s’arrêter devant “l’arbre de la connaissance du bien et du mal”, car elle est appelée à accepter la loi morale que Dieu donne à l’homme. En réalité, c’est dans cette acceptation que la liberté humaine trouve sa réalisation plénière et véritable ».258

137 Le juste exercice de la liberté personnelle exige des conditions précises d’ordre économique, social, juridique, politique et culturel qui « sont trop souvent méconnues et violées. Ces situations d’aveuglement et d’injustice grèvent la vie morale et placent aussi bien les forts que les faibles en tentation de pécher contre la charité. En s’écartant de la loi morale, l’homme porte atteinte à sa propre liberté, il s’enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine ».259 La libération des injustices promeut la liberté et la dignité de l’homme : toutefois, « il faut d’abord faire appel aux capacités spirituelles et morales de la personne et à l’exigence permanente de conversion intérieure si l’on veut obtenir des changements économiques et sociaux qui soient vraiment au service de l’homme ».260

b) Le lien de la liberté avec la vérité et la loi naturelle

138 Dans l’exercice de la liberté, l’homme accomplit des actes moralement bons, constructifs de sa personne et de la société, quand il obéit à la vérité, c’est-à-dire quand il ne prétend pas être le créateur et le maître absolu de cette dernière, ainsi que des normes éthiques.261 En effet, la liberté « n’a pas sa source absolue et inconditionnée en elle-même, mais dans l’existence dans laquelle elle se situe et qui, pour elle, constitue à la fois des limites et des possibilités. C’est la liberté d’une créature, c’est-à-dire un don, qu’il faut accueillir comme un germe et qu’il faut faire mûrir de manière responsable ».262 Dans le cas contraire, elle meurt comme liberté et détruit l’homme et la société.263

139 La vérité à propos du bien et du mal est pratiquement et concrètement reconnue par le jugement de la conscience, qui conduit à assumer la responsabilité du bien accompli et du mal commis : « Ainsi, dans le jugement pratique de la conscience, qui impose à la personne l’obligation d’accomplir un acte déterminé, se révèle le lien entre la liberté et la vérité. C’est précisément pourquoi la conscience se manifeste par des actes de “jugement” qui reflètent la vérité sur le bien, et non comme des “décisions” arbitraires. Le degré de maturité et de responsabilité de ces jugements — et, en définitive, de l’homme, qui en est le sujet — se mesure non par la libération de la conscience par rapport à la vérité objective, en vue d’une prétendue autonomie des décisions personnelles, mais, au contraire, par une pressante recherche de la vérité et, dans l’action, par la remise de soi à la conduite de cette conscience ».264

140 L’exercice de la liberté implique la référence à une loi morale naturelle, à caractère universel, qui précède et unit tous les droits et les devoirs.265 La loi naturelle « n’est autre que la lumière de l’intelligence insufflée en nous par Dieu. Grâce à elle nous connaissons ce qu’il faut accomplir et ce qu’il faut éviter. Cette lumière ou cette loi, Dieu l’a donnée à la création » 266 et consiste en la participation à sa loi éternelle, qui s’identifie à Dieu lui- même.267 Cette loi est appelée naturelle parce que la raison qui la promulgue appartient en propre à la nature humaine. Elle est universelle, s’étend à tous les hommes dans la mesure où elle est établie par la raison. Dans ses préceptes principaux, la loi divine et naturelle est exposée dans le Décalogue et désigne les normes primordiales et essentielles qui règlent la vie morale.268 Elle a pour pivot l’aspiration et la soumission à Dieu, source et juge de tout bien, ainsi que le sens de l’autre comme égal à soi-même. La loi naturelle exprime la dignité de la personne et jette les bases de ses droits et de ses devoirs fondamentaux.269

141 Dans la diversité des cultures, la loi naturelle lie les hommes entre eux, imposant des principes communs. Même si son application requiert des adaptations à la multiplicité des conditions de vie, selon les lieux, les époques et les circonstances,270 elle est immuable, « subsiste sous le flux des idées et des mœurs et en soutient le progrès. (…) Même si l’on renie jusqu’à ses principes, on ne peut pas la détruire ni l’enlever du cœur de l’homme. Toujours elle resurgit dans la vie des individus et des sociétés ».271

Toutefois, ses préceptes ne sont pas perçus clairement et immédiatement par tous. Les vérités religieuses et morales ne peuvent être connues « de tous sans difficultés, avec une ferme certitude et sans mélange d’erreur » 272 qu’avec l’aide de la grâce et de la Révélation. La loi naturelle offre un fondement préparé par Dieu à la loi révélée et à la grâce, en pleine harmonie avec l’œuvre de l’Esprit.273

142 La loi naturelle, qui est loi de Dieu, ne peut pas être abolie par l’iniquité humaine.274 Elle pose le fondement moral indispensable pour édifier la communauté des hommes et pour élaborer la loi civile, qui tire les conséquences de nature concrète et contingente des principes de la loi naturelle.275 Si l’on voile la perception de l’universalité de la loi morale naturelle, il est impossible d’édifier une communion réelle et durable avec l’autre car quand une convergence vers la vérité et le bien fait défaut, « de manière responsable ou non, nos actes blessent la communion des personnes, au préjudice de tous ».276 Seule une liberté enracinée dans la nature commune peut, en effet, rendre tous les hommes responsables et est en mesure de justifier la morale publique. Celui qui s’autoproclame mesure unique des choses et de la vérité ne peut pas vivre pacifiquement avec ses semblables et collaborer avec eux.277

143 La liberté tend mystérieusement à trahir l’ouverture à la vérité et au bien humain et préfère trop souvent le mal et l’enfermement égoïste, s’élevant au rang de divinité créatrice du bien et du mal : « Établi par Dieu dans un état de justice, l’homme, séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, a abusé de sa liberté, en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu. (…) Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son principe, l’homme a, par le fait même, brisé l’ordre qui l’orientait à sa fin dernière, et, en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création ».278 Par conséquent, la liberté de l’homme a besoin d’être libérée. Le Christ, par la force de son mystère pascal, libère l’homme de l’amour désordonné de soi,279 qui est source du mépris du prochain et des rapports basés sur la domination de l’autre ; il révèle que la liberté se réalise dans le don de soi.280 Par son sacrifice sur la Croix, Jésus réintroduit chaque homme dans la communion avec Dieu et avec ses semblables. « 

(…)

 » VII. LES VALEURS FONDAMENTALES DE LA VIE SOCIALE

a) Rapport entre principes et valeurs

197 La doctrine sociale de l’Église, au-delà des principes qui doivent présider à l’édification d’une société digne de l’homme, indique aussi des valeurs fondamentales. Le rapport entre principes et valeurs est indéniablement un rapport de réciprocité, dans la mesure où les valeurs sociales expriment l’appréciation à attribuer aux aspects déterminés du bien moral que les principes entendent réaliser, en s’offrant comme points de référence pour une structuration opportune et pour conduire la vie sociale de manière ordonnée. Les valeurs requièrent donc à la fois la pratique des principes fondamentaux de la vie sociale et l’exercice personnel des vertus, donc des attitudes morales correspondant aux valeurs elles-mêmes.426

Toutes les valeurs sociales sont inhérentes à la dignité de la personne humaine, dont elles favorisent le développement authentique, et sont essentiellement : la vérité, la liberté, la justice et l’amour.427 Leur pratique est une voie sûre et nécessaire pour atteindre le perfectionnement personnel et une vie sociale en commun plus humaine ; elles constituent la référence incontournable pour les responsables de la chose publique, appelés à mettre en œuvre « les réformes substantielles des structures économiques, politiques, culturelles et technologiques et les nécessaires changements dans les institutions ».428 Le respect de la légitime autonomie des réalités terrestres conduit l’Église à ne pas se réserver des compétences spécifiques d’ordre technique et temporel,429 mais elle ne l’empêche pas d’intervenir pour montrer comment, dans les différents choix de l’homme, ces valeurs sont affirmées ou, vice-versa, niées.430

b) La vérité

198 Les hommes sont tenus de façon particulière à tendre continuellement vers la vérité, à la respecter et à l’attester de manière responsable.431 Vivre dans la vérité revêt une signification spéciale dans les rapports sociaux : la vie en commun entre les êtres humains au sein d’une communauté est, en effet, ordonnée, féconde et correspond à leur dignité de personnes lorsqu’elle se fonde sur la vérité.432 Plus les personnes et les groupes sociaux s’efforcent de résoudre les problèmes sociaux selon la vérité, plus ils s’éloignent de l’arbitraire et se conforment aux exigences objectives de la moralité.

Notre époque requiert une intense activité éducative 433 et un engagement de la part de tous, afin que la recherche de la vérité, qui ne se réduit pas à l’ensemble ou à une seule des diverses opinions, soit promue dans chaque milieu et prévale sur toute tentative d’en relativiser les exigences ou de lui porter atteinte.434 C’est une question qui touche en particulier le monde de la communication publique et celui de l’économie, dans lesquels l’usage sans scrupules de l’argent fait naître des interrogations toujours plus pressantes, qui renvoient nécessairement à un besoin de transparence et d’honnêteté dans l’action personnelle et sociale.

c) La liberté

199 La liberté est dans l’homme un signe très élevé de l’image divine et, en conséquence, un signe de la dignité sublime de chaque personne humaine : 435 « La liberté s’exerce dans les rapports entre les êtres humains. Chaque personne humaine, créée à l’image de Dieu, a le droit naturel d’être reconnue comme un être libre et responsable. Tous doivent à chacun ce devoir du respect. Le droit à l’exercice de la liberté est une exigence inséparable de la dignité de la personne humaine ».436 Il ne faut pas restreindre le sens de la liberté, en la considérant dans une perspective purement individualiste et en la réduisant à un exercice arbitraire et incontrôlé de l’autonomie personnelle : « Loin de s’accomplir dans une totale autarcie du moi et dans l’absence de relations, la liberté n’existe vraiment que là où des liens réciproques, réglés par la vérité et la justice, unissent les personnes ».437 La compréhension de la liberté devient profonde et vaste quand elle est protégée, même au niveau social, dans la totalité de ses dimensions.

200 La valeur de la liberté, en tant qu’expression de la singularité de chaque personne humaine, est respectée quand il est permis à chaque membre de la société de réaliser sa vocation personnelle ; de chercher la vérité et de professer ses idées religieuses, culturelles et politiques ; d’exprimer ses opinions ; de décider de son état de vie et, dans la mesure du possible, de son travail ; de prendre des initiatives à caractère économique, social et politique. Ceci doit advenir au sein d’un « contexte juridique ferme »,438 dans les limites du bien commun et de l’ordre public et, en tous les cas, à l’enseigne de la responsabilité.

Par ailleurs, la liberté doit aussi se manifester comme capacité de refus de ce qui est moralement négatif, sous quelque forme que ce soit,439 comme capacité de détachement effectif de tout ce qui peut entraver la croissance personnelle, familiale et sociale. La plénitude de la liberté consiste dans la capacité de disposer de soi en vue du bien authentique, dans la perspective du bien commun universel.440

d) La justice

201 La justice est une valeur qui s’accompagne de l’exercice de la vertu morale cardinale qui lui correspond.441 Selon sa formulation la plus classique, elle « consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû ».442 Du point de vue subjectif, la justice se traduit dans l’attitude déterminée par la volonté de reconnaître l’autre comme personne, tandis que, du point de vue objectif, elle constitue le critère déterminant de la moralité dans le domaine inter-subjectif et social.443

Le Magistère social rappelle au respect des formes classiques de la justice : la justice commutative, la justice distributive et la justice légale.444 La justice sociale 445 y a acquis un relief toujours plus important ; elle représente un véritable développement de la justice générale, régulatrice des rapports sociaux sur la base du critère de l’observance de la loi. La justice sociale, exigence liée à la question sociale, qui se manifeste aujourd’hui sous une dimension mondiale, concerne les aspects sociaux, politiques et économiques et, surtout, la dimension structurelle des problèmes et des solutions qui s’y rattachent.446

202 La justice apparaît comme particulièrement importante dans le contexte actuel, où la valeur de la personne, de sa dignité et de ses droits, au-delà des proclamations d’intentions, est sérieusement menacée par la tendance diffuse de recourir exclusivement aux critères de l’utilité et de l’avoir. La justice aussi, sur la base de ces critères, est considérée de façon réductrice, alors qu’elle acquiert une signification plus pleine et plus authentique dans l’anthropologie chrétienne. De fait, la justice n’est pas une simple convention humaine, car ce qui est « juste » n’est pas originellement déterminé par la loi, mais par l’identité profonde de l’être humain.447

203 La pleine vérité sur l’homme permet de dépasser la vision contractualiste de la justice, qui est une vision limitée, et d’ouvrir aussi à la justice l’horizon de la solidarité et de l’amour : « Seule, la justice ne suffit pas. Elle peut même en arriver à se nier elle-même, si elle ne s’ouvre pas à cette force plus profonde qu’est l’amour ».448 À la valeur de la justice, la doctrine sociale associe en effet celle de la solidarité, comme voie privilégiée de la paix. Si la paix est le fruit de la justice, « aujourd’hui on pourrait dire, avec la même justesse et la même force d’inspiration biblique (cf. Is 32, 17 ; Jc 3, 18) : Opus solidaritatis pax, la paix est le fruit de la solidarité ».449 De fait, l’objectif de la paix « sera certainement atteint grâce à la mise en œuvre de la justice sociale et internationale, mais aussi grâce à la pratique des vertus qui favorisent la convivialité et qui nous apprennent à vivre unis afin de construire dans l’unité, en donnant et en recevant, une société nouvelle et un monde meilleur ».450 « 

Source Compendium de Doctrine Sociale

 

Tribunes et entretiens

Les faux gentils et la liberté

Dans une nouvelle vidéo, Gilles se trouve confronté aux faux gentils, ceux qui parlent de liberté et de tolérance, comme d’un chacun pour soi bien pensant.

En quelques minutes, le facebooker tente de décrypter le cheminement intellectuel de Monsieur gentil et Monsieur tolérant.

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Brèves

5 membres de l’Avant garde appellent à voter Marine Le Pen – Pour ceux qui croient qu’il y a encore quelque chose à conserver

Thibaud Collin, Jacques de Guillebon, Laurent Meeschaert, France Andrieux, Frédérick Bigrat membres de l’Avant-Garde (mouvement d’inspiration chrétienne issues de la vague Manif pour tous) ont écrit une Tribune pour expliquer pourquoi ils voteront Marine Le Pen.

Extraits

La France est un bien trop précieux pour qu’on la sacrifie sur l’autel de nos intérêts immédiats, ou des raisonnements idéologiques préfabriqués. La France réclame aujourd’hui que nous fassions un choix, pour son avenir. Aujourd’hui, nous votons pour la France, non pour l’assemblée générale d’une start-up, ni pour l’illusoire gouvernement du monde.

Emmanuel Macron est le candidat de la disparition de toutes les frontières : frontières géographiques, frontières nationales, frontières économiques, frontières syndicales, frontières historiques, et bientôt frontières humaines. Le candidat du projet enfantin de toute-puissance, où le souci  du réel et de la protection a disparu.

Marine Le Pen est le dernier choix de tous ceux qui croient qu’il y a de ce pays encore quelque chose à conserver

Le monde d’après dans lequel Emmanuel Macron et ses mentors souhaitent nous projeter n’est pas le monde de l’avenir. Car il n’a pas de passé. Car il n’a pas de tradition. Car il n’est pas français. Si la tradition est la démocratie des morts, selon le mot de Chesterton, c’est la démocratie française tout entière qu’il faut convoquer aujourd’hui : choisir la poursuite de ce qu’il y a eu de meilleur parmi nous, ou choisir le rêve séducteur d’une technocratie qui nous administrera seule.

Conserver enfin le propre de l’humain, la vie même, contre les attaques du transhumanisme, du posthumanisme, du « genre », contre les artifices des petits alchimistes du couple, de la famille, contre ceux qui décident des bornes de l’existence.

 

 Nous ne donnons quitus à personne. Mais nous appelons toutes les forces, toutes les personnes qui souhaitent que la France continue, dans son génie, sa grandeur et sa vocation universelle, à soutenir la candidate la plus consciente de ces défis pour que se constitue enfin le rassemblement politique, culturel, intellectuel nécessaire à ce redressement.

Culture #Doctrine / Formation

On ne peut nier que Fatima est en connexion avec les grands évènements mondiaux de ces cent dernières années.

Nous fêtons cette année le centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima au Portugal. Les différents faits de l’histoire de cette apparition, sans doute la plus grande de ces derniers temps, nous font présumer de l’importance de ce 100e anniversaire. Ce qui s’est passé au Portugal en 1917 est le gage et le signe prophétique de ce que le Cœur immaculé de Marie prépare pour le monde. Personne ne peut plus nier que le fait de Fatima est en connexion avec les grands évènements mondiaux de ces cent dernières années. Faut-il rappeler que la première apparition eut lieu quelques semaines après l’explosion du bolchevisme en Russie, et juste huit jours après que le pape Benoît XV, ajoutant aux litanies mariales l’invocation : « Reine de la Paix, priez pour nous », eût demandé la prière des enfants pour la paix ! Fatima est donc un évènement historique de la plus haute importance pour les destins du monde.

Histoire et dogme : pas de phénoménologie

Nous retracerons, dans cette rubrique qui vous accompagnera tout au long du centenaire, l’histoire des apparitions de Fatima. Nous tirerons les leçons de ces évènements historiques et du message de paix dont ils sont porteurs. Et plus encore, nous essaierons de nous encourager à répondre aux demandes du Cœur immaculé de la Sainte Vierge.

Nous éviterons donc une histoire purement évènementielle. Il sera encore moins question ici de faire de la phénoménologie. Cette fausse science qui prétend tout expliquer sans Dieu. Non ! Fatima au contraire nous rappelle que Dieu est le Maître de l’Histoire. L’homme n’en est que l’acteur principal. Il serait fou pour lui de composer son avenir en oubliant qui en est la Providence, de marcher vers sa destinée sans tenir compte que Dieu en est le Maître.

L’histoire de Fatima rappelle, avec force, la suprématie du spirituel sur le temporel, et sa très grande influence dans l’ordre temporel. Le rappel de cette vérité est nécessaire à la guérison de nos esprits blessés par ce vent de laïcisme qui a fini par glacer notre bon sens et le sens de la foi. Fatima nous rappelle que nos pays doivent être régis dans l’unité du temporel et du spirituel. Pas de division, pas de séparation mais bien distinction et sujétion du temporel au spirituel, car Dieu est aussi le Maître des nations ! Notre Dame dit tout cela en ces quelques mots : « Si l’on fait ce que je vais vous dire, on aura la paix ! ». La Reine de la Paix vient rappeler aux hommes ce qu’ils doivent faire dans le domaine spirituel – c’est son rôle – pour obtenir en conséquence une paix temporelle. Cela, notre siècle est-il encore en mesure de le comprendre et de l’admettre ? Il faudra bien qu’il le comprenne un jour puisque la Sainte Vierge annonce qu’à la fin, son Cœur immaculé triomphera.

Le catéchisme de l’histoire

Nous parcourrons aussi, grâce à l’histoire de Fatima, tout l’exposé des vérités dogmatiques que nous avons trop tendance à oublier. Car Fatima, c’est aussi un rappel de ces vérités de foi qui ont fait la chrétienté et qui la referont. Ce sont des vérités éternelles !

Nous étudierons donc l’histoire de Fatima avec ce regard qui perce jusqu’aux profondeurs de l’au-delà, regard de foi qui unit parfaitement notre vie présente et notre éternité. Regard qui ne se scandalise pas que Notre Dame demande de réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre, l’offrande de sacrifices pour épargner l’enfer aux pécheurs, la consécration de la Russie à son Cœur immaculé pour y régner et assurer ainsi une paix mondiale ! Fatima nous réapprend à prier, à adorer, à nous mettre à genoux devant Dieu, car c’est Lui qui est la Paix des âmes et la Paix du monde. La paix est un don de Dieu que nous ne pourrons recevoir que lorsque notre orgueil aura courbé le front devant Lui, quand nous nous serons mis à genoux au pied du Cœur immaculé de Marie, duquel dépend cette grâce de la Paix.

Le Ciel, encore une fois, vient au secours de la terre. L’empereur Constantin reçut du Ciel le signe du salut : « Par ce signe tu vaincras. » Aujourd’hui, c’est la Vierge de Fatima qui vient nous dire par quel signe nous vaincrons le mal, mal spirituel et mal temporel, car, encore une fois, dans le cours de l’Histoire, ces deux réalités sont plus liées qu’on ne veut bien le croire. Le Ciel vient donc à notre secours, mais serons-nous assez attentifs à son appel ? Saurons-nous même simplement comprendre ce qu’il attend de nous personnellement et socialement ? En tout cas le remède est donné et il est souverainement efficace, comme nous le verrons.

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L’embryon humain est-il une personne au regard de la loi ?

En voulant essayer de définir la nature de l’embryon, le droit ne peut qu’apporter sa propre conception des choses et mépriser le réel. Analyse de Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’European Centre for Law and Justice (ECLJ).

« D’un point de vue juridique, l’embryon est-il une personne humaine ? » À quoi bon une telle question ? Se demande-t-on si, d’un point de vue juridique, le têtard est un batracien ? Cette question révèle une confusion très répandue entre la réalité et le droit, entre le fait et la norme. Cette confusion résulte de notre appréhension de la réalité, dont la représentation sociale ou normative tend à être perçue immédiatement au détriment de sa réalité première, factuelle.

Le droit n’est pas la réalité

Le droit porte sur des objets, des faits objectifs qui lui sont extérieurs, mais lorsque le fait est mystérieux, lorsque notre intelligence peine à appréhender une réalité – comme un embryon ou un fœtus – que l’on peut difficilement voir ou toucher, nous nous en faisons une idée. Cette idée, personnelle, représente la réalité, mais lui fait perdre son unicité et la fragmente car il faut admettre la possibilité d’une multiplicité de telles idées. Le droit, comme représentation de la réalité, vient alors imposer une conception commune, réunifiant cette diversité de points de vue, et ainsi il restaure l’apparence d’une réalité accessible, unie et partagée, il remplace la réalité. Mais en fait le droit ne fait que s’interposer entre nous et la réalité, il est la projection de notre représentation de la réalité. Ainsi sommes-nous amenés à penser que le droit aurait le pouvoir de dire ce qu’est l’embryon, car in fine, le droit, la norme sociale, serait la seule réalité humaine. C’est pure illusion ! Plus faible sera l’appréhension de la réalité objet du droit, plus grande sera l’indépendance du droit à l’égard des contraintes du réel.

Pourtant, il est vrai que le droit doit se prononcer sur ce que l’on peut faire avec un fœtus ou un embryon. Car telle est normalement sa fonction : non pas dire ce qui est, mais déterminer le juste rapport entre les personnes et avec les choses. Or, pour qualifier juridiquement un embryon et se prononcer sur ce que l’on peut en faire, il faut au préalable savoir ce qu’il est en lui-même. Cette question est pré-juridique, et comme telle, elle est normalement tranchée non par des juristes, mais par une autorité compétente qui ne tire pas son savoir du droit. Mais si aucune science supérieure au droit dans l’ordre de la connaissance (théologie, philosophie, science) ne lui fournit de définition de l’embryon, le droit doit alors se prononcer seul.

Le droit ne devrait pas être juge et partie : il ne devrait pas pouvoir définir à la fois la norme et son objet. Pourtant, la loi ne prétend pas seulement régler la bonne conduite des hommes, elle prétend aussi être, à côté ou à la place de la science, de la théologie et de la philosophie, une modalité de la connaissance : une « connaissance démocratique » qui résulte non pas de l’observation de la réalité mais de l’expression de la volonté. La loi a ainsi la faculté de contredire le réel et parfois la prétention de s’y substituer. Elle s’y substituera d’autant plus facilement que la réalité est mystérieuse ou qu’elle aura été rendue confuse et inintelligible. Cette réalité nouvelle, légale mais néanmoins fausse, n’existe que par la volonté institutionnalisée de la société, cette volonté générale étant elle aussi largement une fiction démocratique.

Humanité sans frontières

Le doute sur la question de la nature de l’embryon n’est pas tant sur l’aspect factuel de la question (le développement prénatal de la vie est bien connu), il porte surtout sur la définition de l’humanité. Ce n’est pas la première fois que cette question se pose : en divers lieux et époques, la société a hésité sur la délimitation de la frontière de l’humanité ; faut-il exclure les sauvages, certains handicapés ; faut-il inclure certains animaux : l’ours, le singe ? Certains êtres ne sont-ils humains qu’en partie ? De fait, la société ne partage plus de critère objectif d’humanité. La référence aux notions de dignité ou de liberté n’est qu’un pis-aller consensuel, suffisamment large et flou pour tirer le rideau sur l’horizon de nos interrogations. Elles sont une description morale de l’homme, mais ne disent pas qui est homme. Tout critère moral (dignité, capacité, autonomie), parce que l’humanité se le donne nécessairement à elle-même, est arbitraire et permet d’exclure certaines catégories d’êtres de cette humanité.

Ainsi, à défaut de critère biologique, seul un caractère surnaturel distinguant l’homme du reste de la nature peut donner un critère d’humanité extérieur à notre propre pouvoir. Un tel critère existe, c’est celui de l’animation : le moment de l’union de l’âme et du corps. Un critère difficile à manier et qui n’est plus beaucoup accepté en Occident. Mais sans Révélation et théologie, l’homme ne peut pas porter un regard extérieur sur lui-même.

Le fait que la question de l’humanité de l’embryon se pose à notre époque n’est pas en soi l’expression d’une régression morale (mise à part la question de l’avortement), mais une conséquence du progrès de nos connaissances scientifiques qui nous confronte nouvellement à cette réalité humaine comme autrefois aux sauvages. Or, il faut le reconnaître, un embryon ressemble visiblement moins à un être humain qu’un sauvage amazonien. Il semble que cette voie de la biologie soit la seule encore empruntable actuellement dans notre société pour déterminer les frontières de l’humanité. Elle conduit à devoir reconnaître que toute vie individuelle est un continuum de la conception à la mort, quelle que soit la définition juridique du début de la vie et de la mort. Cela suppose d’abandonner l’idée morale d’humanité comme définissant a priori et conditionnant qui est homme pour ne conserver d’elle que la description des qualités humaines dont tout individu n’est pas pourvu à égalité. Cela suppose de partir du réel. Le sujet de l’humanité peut alors exister indépendamment de la possession des qualités morales qui distinguent l’homme du reste de la nature. Si l’humanité obéit à un critère biologique, alors elle ne fait pas mystère et nous oblige. Prétendre ne pas savoir qui est humain – par désaccord sur le concept d’humanité – permet de ne pas être obligé à respecter un être que l’on peut vouloir rejeter par l’avortement, ou exploiter par les biotechnologies.

Alors, « d’un point de vue juridique, l’embryon est-il une personne humaine ? ». Cela dépend si la « connaissance démocratique » qui informe le droit est fidèle à la connaissance scientifique, philosophique ou théologique, ou si elle préfère s’en éloigner pour des motifs politiques, par exemple pour permettre l’avortement.

Pour aller plus loin :

Source genethique.org

Tribunes et entretiens

Tribune – Dans un monde qui change, la doctrine sociale changerait-elle également ?

Dans le contexte électoral actuel il nous a semblé opportun de redonner cette tribune.

 

La lettre des évêques de France adressée aux habitants de France n’a décidément pas convaincu. Très peu d’échos positifs pour une lettre qui se voulait contribution au débat et aide à la réflexion. Les missiles envoyés contre la déclaration (dont tous les évêques n’avaient pas connaissance) sont une rafale ininterrompue de griefs du même calibre : l’analyse est pauvre, sans prise sur la réalité et parfois loin de l’enseignement de l’Eglise.

 

Avec un peu de recul, Joël Hautebert revient sur cette lettre dans les colonnes de L’Homme nouveau en posant cette question : la doctrine sociale de l’Eglise aurait-elle changé ?

Il n’y a plus de charité politique (expression absente), destinée au bien spirituel des âmes (jamais évoqué) assuré par de bonnes lois (jamais citées). L’objectif est autre : « Certains ont du mal à considérer que le religieux ait quelque chose de positif à apporter à la vie en société » [p. 61]. Quel serait donc cet apport ? Aider psychologiquement les caractères faibles, faire du social ? Une phrase a particulièrement retenu notre attention. À propos de la perte de repères résultant des évolutions économiques et sociales, il est question de « la disparition dans les villages des services de proximité, épicerie, bureau de poste, médecin, curé… » [p. 32] ! ! ! L’Église assure un service de proximité identique à celui de l’épicier et des services postaux au cœur du pacte républicain. Voilà l’objectif.

Le registre essentiellement sociologique n’a donc rien d’innocent. C’est celui de la modernité idéologique et du relativisme.

L’auteur pointe le manque d’analyse, les écarts avec la doctrine et la doctrine du compromis.

Le lecteur est d’abord frappé par la tonalité de l’exercice. Il se situe dans le registre sociologique du simple constat d’un certain nombre de maux qui affligent notre pays ou encore des formes de réaction des citoyens ; du désintérêt pour la politique aux modalités contemporaines d’expression « citoyenne ». Les courts chapitres comprennent souvent une grande quantité de questions, posées les unes après les autres, autant d’interrogations pour lesquelles on attend des réponses, a minima des pistes pour la réflexion. Par exemple, lorsque les évêques posent l’excellente question « Pour quoi suis-je prêt à donner ma vie aujourd’hui ? » [p. 52], on aimerait lire quelque chose de plus consistant et politique (et de moins relativiste) que : « la réponse est sans doute très personnelle et intime ». Ce registre sociologique est quelque peu gênant lorsqu’il est question des diverses initiatives citoyennes, le phénomène « Nuit debout » étant placé sur le même plan que les « Veilleurs », sans aucune appréciation de fond.

 

Les causes des fragilités, des difficultés ou impasses de notre société ne font jamais l’objet d’une analyse en profondeur. Or, sans diagnostic, comment proposer un remède ? Pourtant, il est écrit que « plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui » [p. 42]. Voilà qui est bien dit. Mais alors pourquoi n’y a-t-il aucune allusion à la loi morale naturelle, dont la violation par les lois constitue l’une des causes majeures de nos maux contemporains ? Pourquoi n’y a-t-il aucune mention de l’ordre naturel sur lequel doit nécessairement s’appuyer l’ordre politique ? La Nation et la Patrie ne font l’objet d’aucune définition. Il est simplement dit que « les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous » [p.15]. Pourquoi ne pas rappeler leur sens exact ? Nous ne trouvons également aucune définition substantielle du politique, en dehors du sacro-saint débat. Pour les auteurs, le politique suppose « la recherche du bien commun et de l’intérêt général qui doit trouver son fondement dans un véritable débat sur des valeurs et des orientations partagées » [p. 21]. Rien non plus sur les conditions du bien commun que sont la justice, l’unité, l’amitié politique… Aucune information n’est donnée sur ce qu’est une communauté politique, en quoi elle s’inscrit dans notre nature d’animal politique, prend corps au cours de l’Histoire dans une culture, des traditions, une langue, un patrimoine hérité, pour nous Français immense, riche de siècles d’efforts, de dons et de sacrifices. Cela n’apparaît qu’incidemment sous forme de questions. Dès lors, les justes remarques ou constats disséminés ici ou là, sur le respect de la vie et la famille par exemple, perdent l’essentiel de leur force, parce que leur fondement naturel a disparu

 

Tribunes et entretiens

La mise en garde d’un jésuite égyptien face à l’Islam, « religion de l’épée »

Dans dix jour, le vendredi 28 avril, le pape François atterrira dans une Egypte encore marquée par les massacres du dimanche des rameaux perpétré par des musulmans dans deux églises chrétiennes bondées de fidèles.

Pourtant, le mantra des autorités vaticanes, à commencer par le pape, continue à être que « l’islam est une religion de paix ».  Il est formellement interdit de parler de « guerre de religion » ou de « terrorisme islamique ».

« Civiltà Cattolica » avait bien tenté à une occasion d’affronter la réalité en face dans un éditorial de 2014 signé par le père Luciano Larivera qui écrivait ceci à propos de l’aile la plus belliqueuse du monde musulman :

« Il s’agit d’une guerre est une guerre de religion et d’anéantissement.  Elle instrumentalise le pouvoir pour la religion et non l’inverse. »

Mais le père Antonio Spadaro était immédiatement intervenu pour démentir cette vérité simple inopinément parue dans la revue qu’il dirige.

A la veille d’un voyage de François au Caire, voici pourtant que cette vérité refait surface, bien argumentée, cette fois dans les pages de l’Osservatore Romano, et à nouveau sous la plume d’un jésuite.

Le nom de ce dernier est Henri Boulad.  Il a 86 ans et est né à Alexandrie en Egypte.  Il est issu d’une famille syrienne de rite melkite qui a fui les massacres antichrétiens de 1860.  Il vit au Caire et ce qui va suivre est une partie de l’interview qu’il a accordée au quotidien du Saint-Siège en date du 13 avril, le jour du Jeudi Saint.

*

Q. – Père Boulad, vous avez été recteur du Collège des jésuites au Caire où de nombreux musulmans et chrétiens ont étudié dans un exemple concret de vivre-ensemble. Et pourtant aujourd’hui le monde semble subir les assauts de ce même islam.

R. – Mais de quel islam parlons-nous ? Voilà toute la question. On trouve dans le Coran les versets de la Mecque et ceux de Médine. Dans ceux écrits à La Mecque, Mahomet tient un discours très ouvert qui parle d’amour et dans lesquels les juifs et les chrétiens sont nos amis, il n’y a pas d’obligation en matière de religion et Dieu est plus proche de nous. La première partie de la vie de Mahomet transmet donc un message spirituel, de réconciliation et d’ouverture.

Mais quand Mahomet quitte La Mecque pour fonder Médine, il y a un changement. De chef spirituel, il devient un chef d’Etat, militaire et politique. Aujourd’hui, ces versets de Médine forment les trois quarts du Coran et sont un appel à la guerre, à la violence et à la lutte contre les chrétiens.

Les musulmans des IXe et Xe siècles ont pris acte de cette contradiction et se sont mis ensemble pour tenter de la résoudre, le résultat fut qu’ils prirent cette décision désormais célèbre d’abrogeant et d’abrogé : les versets de Médine abrogent ceux de La Mecque. Mais ce n’est pas tout. Le soufisme fut mis à l’index et des bibliothèques entières furent incendiées en Egypte et en Afrique du Nord.

Il faudrait donc reprendre les versets originaux qui sont à la source, c’est-à-dire précisément les versets de La Mecque, mais ceux-ci sont abrogés, ce qui fait de l’islam une religion de l’épée.

Q. – De nombreux observateurs et analystes parlent pourtant d’un islam modéré.

R. – L’islam modéré est une hérésie mais nous devons faire la distinction entre l’idéologie et les personnes, la majeure partie des musulmans sont des gens très ouverts, gentils et modérés. Mais l’idéologie présentée dans les manuels scolaires est quant à elle radicale. Chaque vendredi, les enfants entendent la prédication de la mosquée qui est une incitation permanente : celui qui quitte la religion musulmane doit être puni de mort, il ne faut saluer ni une femme ni un infidèle. Heureusement cela n’est pas mis en pratique mais les frères musulmans et les salafistes souhaitent en revanche appliquer cette doctrine, les musulmans modérés n’ont pas voix au chapitre et le pouvoir se trouve dans les mains de ceux qui prétendent interpréter l’orthodoxie et la vérité.

Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui, ce ne sont pas les musulmans qui ont pris dans l’islam ce qui était compatible avec la modernité et avec la vie commune avec d’autres populations mais bien les musulmans radicaux, ceux qui appliquent une interprétation littérale et parfois instrumentale du Coran et qui refusent tout dialogue.

Q. – Mais en agissant de la sorte, ils nient l’œuvre de tous les grands penseurs musulmans comme Avicenne ou Al-Ghazali.

R. – Oui, et c’est là le point sensible. La réforme qui s’est produite dans l’histoire de l’islam a été réfutée. par exemple, le calife abbasside El Maamoun né à Bagdad en 786 et mort à Tarse en 833, disciple des mutazilites, les rationalistes de l’islam, a bien tenté une réforme mais qui se souvient de lui aujourd’hui ? Ce qui a prévalu, c’est l’islam fermé et rigoriste de Mohammed ibn Abd al Wahhab. La dernière réforme en date fut celle tentée par le cheikh Mahmoud Taha au Soudan, qui a été cependant pendu sur la place de Karthoum parce qu’il affirmait que les versets de La Mecque devaient abroger ceux de Médine.

Il s’agit d’un problème interne à l’islam qui ne propose pas de réponses aux questions de la vie moderne et se trouve face au besoin de se réformer. L’islam aurait besoin d’un Vatican II.

Q. – Quels défis attendent aujourd’hui l’Egypte ?

R. – Un phénomène dont on parle assez peu, c’est l’athéisme. En Egypte, il y a plus de deux millions d’athées. Ils le sont devenus parce qu’ils ne supportent plus que la religion incite à la violence ou aux exécutions capitales. Dans cela, il n’y a rien de divin. Ils ne veulent plus du fanatisme ou de la liturgie comme répétition mécanique de gestes et de prières. Et abandonner la religion est quelque chose d’inédit en Egypte et dans le monde arabe.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

 

 Source

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Catholiques et électeurs – Des repères pour voter

Depuis des années les choix électoraux qui se présentent aux catholiques relèvent davantage du mieux possible que de l’adhésion franche et massive. Exceptés quelques partis ou candidats marginaux, le plus souvent, il faut se perdre dans un labyrinthe parfois savamment conçu pour nous conduire en eaux de plus en plus troubles.

Le chevalier blanc n’existe pas sur notre échiquier de présidentiables. Nous pouvons donc être dans l’objection de conscience et refuser de voter, nous pouvons aussi être dans le moindre mal ou le mieux possible. Une nuance de taille plus qu’il n’y parait. Le moindre mal vise à limiter la casse, là où le mieux possible envisage le choix comme une étape en vue du Bien à atteindre.

InfoCatho n’entend nullement se prononcer sur tel ou tel candidat. Nous vous proposons, une série (non exhaustive) de réflexions, de positions, tant du magistère, que de penseurs ou d’acteurs de la vie publique et politique. Ces articles sont parus, au fil du temps sur notre site et leur but est donner matière au discernement, en conscience, avec la grâce de l’Esprit-Saint.

Notre édito – Un long dimanche, de Pâques à l’isoloir. 

Magistère – Eglise – Déclaration du Saint-Siège ou des évêques

Benoît XVI et les principes non négociables

Benoît XVI – Fondamentalisme religieux et laïcité

Benoit XVI- L’avenir de l’Europe et la conscience

Benoît XVI – Que signifie la liberté humaine ?

Benoît XVI – La justice

Benoît XVI – On ne peut séparer l’éthique de l’économie

Pie XI– Divini redemptoris – Le communisme athée

Paul VI – Le partage se fait en fonction des besoins

Pape François – Migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

Pape François – Mettre un terme aux causes de la migration forcée

Pape François – Recentrer les entreprises sur la dignité humaine

Pape François  invite à la prudence dans l’accueil des réfugiés

Peut-on être chrétien et Franc-maçon ?

Note doctrinale de la congrégation pour la foi – La laïcité n’est pas indépendance de la morale.

ONU – Saint-Siège – Le « respect de la vie » doit « guider » les politiques

Populorum Progressio en quelques mots – Sur la dignité de tout homme

Conseils de Mgr Lebrun avant le vote

Mgr Rey – Conseils pour discerner avant de voter

Elections présidentielles, pour Mgr Scherrer il y a des critères décisifs que les catholiques ne peuvent ignorer

Mgr. Giampaolo Crepaldi, quatre critères pour orienter les politiques migratoires

Card. Turkson – Sans liberté religieuse, il ne peut y avoir de développement humain

Cardinal Turkson – « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Cardinal Tauran sur l’Islam

Tribunes libres

Principes fondamentaux

Bertrand Vergely – L’euthanasie

Gregor Puppinck – La question primordiale ne porte pas sur la liberté individuelle mais sur la valeur de chaque vie humaine

Gregor Puppinck – Trois clés pour comprendre l’objection de conscience

ECLJ- La charia est-elle compatible avec les droits de l’Homme ?

Guillaume de Prémare – Voter en conscience est-ce possible ?

Père Simon Noël – Miséricorde, mollesse et avortement

Cyril Brun – Le respect de la vie est-il un droit  ?

Cyril Brun – Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse

Cyril Brun – La dignité de l’homme couvre tout l’homme

Cyril Brun – Solidarité ou charité ?

Cyril Brun – Liberté-égalité-fraternité, jamais l’un sans l’autre ?

Cyril Brun – Catho en politique gagner des âmes et non des voix

Cyril Brun – Catholiques et politique – les raisons de nos impasses

Cyril Brun – Les cocus du Trocadéro

Cyril Brun – La vie n’est pas un débat

Samuel Laffont – Le revenu universel

François-Xabier Bellamy – Le problème de l’école, une question de sens

Guillaume de Thieulloy – Catholique identitaire donc illégitime ?

Jean Guitton – NI progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

 Euthanasie et athéisme, une régression sans précédent

Economie –

Considérer l’homme comme une personne dans l’entreprise est-ce possible ?

La destination Universelle des biens

Pierre de Lauzun – Un bon marché cela peut-il exister ?

Pierre de Lauzun – Nous avons les moyens de réformer l’économie

Cyril Brun – Le faux problème du travail dominical

Le revenu universel une utopie ?

Migrants –

Le statut de l’étranger dans la Bible

Immigration et charité chrétienne – En accueillir moins, pour accueillir mieux

Cyril Brun – Immigration versus identité

Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité des migrants

Des chrétiens opposés à l’installation des migrants s’expliquent

Droit à demeurer dans son propre pays

Brèves et points de vue politiques

Sens Commun au gouvernement Fillon ?

François-Xavier Bellamy – Fillon et la culture

Famille-jeunesse- éducation les grands absents de la présidentielle.

15 ans d’euthanasie en Belgique – Bilan et dommages collatéraux

Guillaume de Thieulloy – le populisme chrétien, clef de la victoire de Fillon ?

Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Denis Sureau – Anti-libéral, donc contre la sécu

Fillon, Chrétien décomplexé ?

Ludovine de la Rochère – Le programme de Fillon sur la famille n’est pas à a hauteur

Cyril Brun – Chrétiens de gauche, paresseux ?

Pour une nouvelle politique familiale

François Fillon publie douze mesures en faveur des chrétiens d’Orient

François Fillon favorable à la recherche sur l’embryon – Schizophrénie ou électoralisme ?

Georgina Dufoix « Prier pour François Fillon c’est lutter conte l’esprit du monde »

Délit d’entrave IVG – François Fillon confirme l’abrogation du délit d’entrave numérique s’il est élu

François Fillon est-il si clair sur les droits de l’enfant ?

Catholiques pour Fillon, juifs pour Sarkozy, musulmans pour Juppé

Quand le FN juge Fillon à l’opposé de la doctrine sociale de l’Eglise

Délit d’entrave numérique, l’absence remarquée de François Fillon

Que pensent Fillon et Juppé sur l’éducation ?

PMA-GPA-Adoption que pensent Fillon et Juppé exactement ?

Entre Juppé et Fillon il y aurait la Famille

Les autres réseaux cathos de Fillon

Fillon, Sens Commun et la théorie du genre

La primaire pour tous – Analyse des positions d’un candidat : François Fillon et l’Europe

Pour François Fillon, il n’y a pas de communautarisme catholique qui menace la république.

La France doit prendre la tête d’un combat européen contre la GPA pour François Fillon

Catho, l’indésirable de la campagne 2017

Emmanuel Macron et l’éducation, une synthèse difficile

Xavier Lemoine, un indice du poids catholique ?

Infographie religieuse du vote de la Primaire

Primaire, la Fondation de service politique note les candidats

2017, lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance Vita

Pour Marine Le Pen , l’IVG est secondaire et la loi Taubira doit devenir une union civile

 Que répondre aux jeunes soutiens de Mélanchon et Hamon qui se revendiquent catholiques ?

 Fondation Abbé Pierre – Zéro SDF en deux quinquennats c’est possible

 

 

 

Brèves

Chrétiens d’Orient – Lettre ouverte à François Fillon

Lettre ouverte à François Fillon,

Monsieur le premier Ministre,

A la veille des élections présidentielles, nous tenions à rappeler publiquement votre engagement de longue date auprès des chrétiens et des minorités d’Orient, votre soutien sans failles et votre implication personnelle et politique indéfectible.

Lors même que beaucoup se désintéressait de la situation, qui pourtant, et cela était inévitable, finirait par nous toucher sur nos territoires, vous avez dès l’été 2014 alerté, sur le sort des minorités victimes de la barbarie islamiste.

Vous êtes le premier à avoir tenté de mobiliser les décideurs politiques et l’opinion publique sur la situation de ces enfants, de ces femmes et de ces familles qui mouraient dans la quasi-indifférence générale, notamment médiatique.

Vous saviez qu’il ne s’agissait pas d’un conflit de plus, mais comme vous le rappelez souvent, d’une idéologie totalitaire en marche, dont le déploiement s’illustre cruellement, aujourd’hui, sur le territoire français et européen.

Les 12 mesures que vous envisagez en faveur de ces minorités démontrent l’acuité de votre vision sur la question, votre maîtrise du contexte historique et géopolitique des zones concernées.

Votre présence samedi soir, auprès de la communauté copte, durement éprouvée le jour des Rameaux, témoigne de cette amitié fraternelle.

Pour toutes ces raisons, pour la solidité de votre analyse et de votre expérience, pour la justesse de votre discernement, nous vous réaffirmons notre soutien et notre confiance.

Bien sincèrement,

Signataires

Jean MAHER, président des coptes d’Europe et secrétaire général de la CHREDO

Saïd OUGIBOU, président de l’UNACF et membre fondateur de la CHREDO

Caroline KOSO et Julie FAURE, fondatrices du Collectif des femmes chrétiennes contre la barbarie

Namrod KOSO, Communauté Chaldéenne de France et Responsable de l’initiative « Tous chrétiens d’orient »

 

 Une manifestation est par ailleurs organisée ce 21 avril