Le Christ est la lumière et la vie

Un moine de Triors commente l’homélie du pape du 2 avril, pour L’Homme Nouveau.

Lors de son récent voyage en Romagne, le Pape lors de la messe à Carpi le 2 avril a commenté l’évangile du jour, celui de la résurrection de Lazare. Ce passage émouvant annonce avant même la résurrection du Christ qui sera d’un tout autre ordre, la victoire du Rédempteur sur la mort. C’est le dernier miracle accompli par Jésus avant sa Pâque. Tout semblait définitivement terminé pour Lazare au tombeau depuis quatre jours. Le récit extraordinairement vivant et détaillé se déroule avec une parfaite harmonie, qui en fait l’un des joyaux de l’Évangile. Lazare, l’ami intime de Jésus, est malade. Jésus voit dans cette maladie une occasion providentielle pour glorifier son Père. C’est pourquoi il ne se rend pas tout de suite auprès de son ami, mais attend, pour passer aux actes, non seulement que Lazare soit mort, mais qu’il soit enterré. Jésus se décide alors à partir, mais ses disciples veulent l’en empêcher, craignant sa lapidation s’il revenait dans les environs de Jérusalem. Jésus leur rappelle qu’il est la lumière et qu’ils n’ont pas de crainte à avoir : marchant dans la lumière qui guide leurs pas, ils ne sauraient tomber dans les ténèbres. La nuit véritable viendra lorsqu’il leur sera enlevé. Alors, il ne leur sera plus possible de marcher, car ils auront perdu la lumière. Peu à peu, Jésus révèle son dessein, en annonçant finalement clairement que Lazare est mort. Alors, tout est en place pour que s’accomplisse le miracle et Jésus part pour Béthanie.

Une douleur partagée

Sur le point d’arriver, il rencontre Marthe qui, dans sa douleur, lui reproche doucement de ne pas avoir été là. Mais sa plainte se transforme en prière. Jésus comprend le désir et le souhait profond de Marthe, mais n’acquiesce pas tout de suite, pour la faire grandir dans la foi, car c’est bien lui, Jésus, qui est la « Résurrection et la vie. Quiconque vit en lui ne mourra pas ». Jésus, comme pour tous les autres miracles, demande avant tout la foi. Et, c’est devant la foi de Marthe qu’il interviendra. Jésus a donc entraîné Marthe, par la foi, au cœur même du mystère de Dieu, qui est un mystère de vie. Marthe pose un acte de foi remarquable dans la messianité et la divinité du Christ, comme l’avait fait Pierre sur le chemin de Césarée de Philippe. Marthe, comme la Samaritaine, se fait alors témoin, auprès de sa sœur Marie, en des termes très délicats : « Le Maître est là qui t’appelle ». Puis, Jésus se fait conduire au lieu de la sépulture de Lazare. Marthe, malgré la foi qu’elle venait de professer, semble reculer soudain. Jésus est ému jusqu’aux larmes, mais il n’hésite pas. Il sait que le miracle qu’il doit accomplir est pour la gloire de son Père. La résurrection s’accomplit alors.

Le Pape tire de ce magnifique épisode évangélique de profondes leçons spirituelles. Jésus, même aux heures les plus ténébreuses, pense aux autres, cherchant toujours à les consoler. Il ne fuit pas la souffrance, mais lui donne son sens véritable, l’homme n’étant pas fait pour la mort mais la vie. Or, c’est Jésus qui est la Vie. Telle est l’espérance du chrétien qui peut toujours prendre un nouveau départ et reconstruire ce qui aurait été détruit. Il faut quitter l’atmosphère du sépulcre pour le rencontrer en criant le Sursum Corda libérateur. On a tous un petit sépulcre dans notre cœur, une zone d’ombres qui doit être ressuscitée par le médecin céleste. Pour cela, il ne faut pas avoir peur de sortir de son égoïsme pour aller jusqu’aux périphéries existentielles. Laissons donc Jésus par Marie ouvrir la tombe de notre mort spirituelle pour regarder la lumière de Dieu.

 

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