A la une #Doctrine / Formation #Philosophie

Soyez parfaits ! Ne nous trompons pas de perfection

A quelques jours d’intervalles, le pape François utilise un même mot de façon apparemment contradictoire. D’un côté, prenant la défense des handicapés, il affirme « Le monde ne devient pas meilleur uniquement avec des personnes “parfaites” » et de l’autre, commentant le célèbre Évangile selon saint Matthieu, 5.48, « soyez parfaits comme le père céleste est parfait », il invite à prendre ce chemin de guérison pour ressembler au Père qui est parfait. En fait, c’est une seule et même dynamique, pour peu que nous donnions aux mots leur véritable sens.

La question de la perfection n’est pas sans poser de nombreux problèmes de vocabulaire, surtout si nous la mettons en perspective, comme le fait le Christ, avec la perfection divine. Notons cependant d’emblée que si Jésus nous invite à être parfait comme l’est son Père céleste, c’est que cela nous est accessible. Le Christ ne nous demanderait pas l’impossible. Notons également qu’il ne dit pas que nous serons parfait par la vision béatifique lorsque nous serons ad Patrem. C’est une injonction pour maintenant. Nous avons l’ordre d’être parfaits. Ce qui semble en soit inaccessible, même au juste dont la Bible nous apprend qu’il pêche sept fois par jour. Mais cette perfection est d’emblée qualifiée. La perfection qui nous est demandée n’est pas une perfection humaine, non, ce n’est rien moins que la perfection divine. Toutefois, rappelons-nous que ce « comme » votre Père est parfait, nous renvoie à l’image divine. Nous sommes image de Dieu et non Dieu. C’est bien comme image que nous devons être parfaits et non comme un dieu, ce qui est un miroir déformant de la tentation originelle.

Sur quoi porte donc cette injonction ? Si nous lisons cette phrase célèbre avec attention, l’appel à la perfection est compris entre la ressemblance divine (comme) et la suite d’exemples qui précède (vous donc). Cette invitation appuyée à la perfection vient en effet conclure un appel à aller plus loin dans l’amour, à un dépassement qui conduit à la miséricorde débordante. La perfection de l’homme, image et ressemblance de Dieu, se trouve dans cette vocation à l’amour.

Nous avons en général tendance à comprendre « parfait » comme immaculé, sans tâche. Le parfait serait une sorte de surhomme, doté de toutes les qualités, qu’elles soient morales, intellectuelles, spirituelles ou physiques. Et c’est ce sens, du reste que reprend le pape François lorsqu’il dit que « le monde ne devient pas meilleur uniquement avec des personnes “parfaites” ». Nous pourrions dire ni uniquement, ni même tout simplement. Cette vision de la perfection, partagée par l’inconscient collectif, est erronée. Le pape emploie ici un vocabulaire entendu avec son substrat inexact pour être compris, et selon son style, pour « choquer » et provoquer les réactions des consciences. Il n’en demeure pas moins qu’une personne handicapée ou moins ceci ou cela qu’une autre n’en est pas plus ou moins imparfaite.

La perfection ne signifie en aucun cas demi-dieu. Perfection tire son étymologie de perfectum qui caractérise, en latin, les temps qui désignent une action accomplie. Est parfait ce qui est accompli. La perfection n’est rien d’autre qu’accomplir ce pour quoi nous sommes faits, nous personnellement et non notre voisin. Nous bien entendu avec ce que nous avons en commun avec toute l’humanité, mais spécifiquement avec ce que nous sommes, nos dons, nos talents, mais aussi nos limites. Une personne handicapée sera parfaite en accomplissant ce qu’elle est, y compris dans son handicap. Une personne bien portante pourra manquer tout à fait son accomplissement.

Aussi, le monde sera meilleur à mesure que chacun accomplira sa propre perfection, celle qui fait que nous apportons au monde notre propre part. Cette part qui précisément fait défaut à l’harmonie du monde si nous ne la lui donnons pas.

C’est ainsi que nous comprenons cette injonction du Christ, cet appel à la perfection. Nous devons accomplir ce que nous sommes, comme le Père accomplit ce qu’il est. Or, en la matière, qu’est le Père sinon l’amour accompli et surabondant ? Quelle est la vocation de l’Homme sinon de tendre toujours plus vers cet amour, d’en vivre et de le donner au monde ?

 

Alors la perfection n’est pas de ce monde ? Bien sûr que si ! Elle l’est à chaque fois que nous nous accomplissons dans l’amour surabondant et miséricordieux. Parler de perfection ne signifie pas un regard nombriliste ou misérabiliste sur soi. Au contraire, la perfection est l’appel au dépassement dans le don et l’amour, pour un accomplissement de soi et, comme tout est bien pensé par Dieu, des autres qui trouvent dans la perfection que j’apporte (progressivement certes) au monde ce qui leur manque pour avancer eux-mêmes sur ce chemin, et réciproquement.

Voir aussi des limites de la perfection aux perfections des limites

Brèves

La Croix-Rouge a besoin de 400 millions de dollars pour faire face à la famine en Ethiopie, Soudan, Nigéria et au Yemen

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé mercredi un appel à 400 millions de dollars pour faire face aux crises liées à la faim en Somalie, au Soudan du Sud, dans le nord-est du Nigeria et au Yémen.

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A la une #Doctrine / Formation

Homélie de saint Pierre Chrysologue – Jeûne partage et prière ne portent de fruits durables qu’ensemble

Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut j’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à autrui.

Sois la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu’on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme.

Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas. 

Offre à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse, parce qu’on a toujours soi-même à offrir.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

 

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas.

Saint Pierre Chrysologue, Homélie

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NLQ #Points non négociables PNN

Trisomie 21 à l’ONU – Interpeller sur les dérives eugénistes du dépistage prénatal

A l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21, une réunion s’est tenue le 20 mars aux Nations Unies à Genève pour promouvoir l’égalité des droits pour les personnes atteintes de trisomie 21. Cet évènement était organisé lors de la 34ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, par Stop Discriminating Down, label international qui lutte contre la discrimination prénatale.

Plusieurs intervenants ont pris la parole pour sensibiliser au ciblage systématique des enfants à naître atteints de trisomie 21 via le dépistage prénatal, une sélection qui constitue une violation du droit international.

« Demain, nous célébrerons la Journée mondiale de la trisomie 21. Cela devrait nous rappeler que les droits de l’Homme appartiennent à juste titre à tous les membres de la famille humaine, quelle que soit leur condition physique ou mentale. Malheureusement, en 2017, le diagnostic de la trisomie 21 devient une condamnation à mort. Le ciblage et même l’homicide de personnes parce qu’elles “diffèrent” n’est rien d’autre que de l’eugénisme. Comme société, nous interdisons la discrimination fondée sur le handicap et la maladie, alors pourquoi l’autoriser dans l’utérus ? », a déclaré Rubén Navarro, Conseiller de l’ONU pour ADF International, qui a animé l’événement à Genève.

Cette sélection des enfants à naître s’intensifie avec le « dépistage non invasif » (DPNI), « promu dans le monde entier » et déjà proposé par certains gouvernements dans leur politique de santé. Une promotion qui est en contradiction avec les critères éthiques définis par l’OMS[1] en 1968. Selon ces critères, « le dépistage à l’échelle de toute une population est seulement ’acceptable’ si un ‘traitement pour les patients atteints de la maladie’ est disponible. Or le test ne guérit pas et aucun traitement satisfaisant n’est encore mis sur le marché pour la trisomie 21 ».

Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, a pour sa part déclaré : « Cette focalisation sur le dépistage se produit alors même que les personnes souffrant de la trisomie 21 s’intègrent mieux que jamais dans le corps social. Nous devons passer de l’exclusion à l’inclusion. Les enfants atteints de trisomie 21 sont les premières victimes du transhumanisme. Le ventre de chaque mère qui devrait être un espace de sécurité devient un lieu de danger. Une terre sans trisomie 21 signifie l’élimination de l’empathie et de l’humanité. Ce serait notre perte, et non la leur. En vérité, nous ne protégeons pas leur monde. Ils protègent le nôtre ».

Enfin, une jeune femme atteinte de trisomie 21, Kathleen Humberstone, a rappelé à l’auditoire qu’elle aussi a des libertés fondamentales. Sa maman a expliqué combien Kathleen a enrichi la vie de leur famille : « Elle est unique, tout comme nos deux autres enfants sont aussi uniques. Elle a toujours été une merveilleuse partie de notre famille. Je défie quiconque faisant actuellement la promotion de ce dépistage de rencontrer des adultes atteints de trisomie 21, comme ma fille Kathleen. Qu’ils osent regarder dans ses yeux et lui dire en face que sa vie est moins précieuse que la leur ».

[1] Organisation Mondiale de la Santé.

 

Source Généthique.org

A la une #Tribunes et entretiens

15 ans d’euthanasie en Belgique – Bilan sur les victimes collatérales

En Belgique, l’euthanasie a été dépénalisée le 28 mai 2002. 15 ans après, la pratique s’est développée et la loi a été étendue. Mais les conséquences sont lourdes pour l’ensemble de la société.

Votées à l’origine pour accompagner la fin de vie de personnes confrontées à des souffrances physiques ou psychiques insupportables, les lois dépénalisant l’euthanasie ou le suicide assisté ont engagé les pays sur une pente glissante. En Belgique, l’euthanasie peut désormais être demandée par des mineurs, des personnes en détresse psychique, ou des personnes atteintes de polypathologies dues à l’âge… Aux Pays-Bas, alors qu’un médecin vient d’administrer contre son gré un cocktail létal à une personne démente, la ministre de la santé parle d’élargir l’accès de ce « service » aux personnes de plus de 75 ans qui estiment avoir eu une « vie complète ». Il y a un an, la France a ouvert la boîte de Pandore en autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès avec arrêt des traitements. Une euthanasie qui ne dit pas son nom. A l’autre bout du monde, la Nouvelle Zélande s’interroge à son tour sur l’opportunité d’une telle législation. Mais à mesure que se multiplient les lois permissives, les conséquences délétères de l’euthanasie se disent.

15 ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) en analyse pour Gènéthique les dommages collatéraux.

Gènéthique : Quel est votre premier constat ?

Carine Brochier : Les promoteurs de l’euthanasie affirment que « tout est maîtrisé ». Je ne le crois vraiment pas. L’application de la loi sur l’euthanasie est difficile à contrôler principalement parce qu’elle est soutenue par deux concepts : celui de l’autonomie du patient et celui de la souffrance physique ou psychique insupportable qu’il est difficile d’appréhender. Ce concept n’est ni mesurable, ni quantifiable. Il est donc forcément tributaire d’une évaluation ou d’un ressenti purement subjectif qui, de ce fait, échappe à tout contrôle. L’individu autonome en est le seul maître, car il peut même refuser que le médecin allège sa souffrance. La justification de l’acte a par ailleurs évolué. Actuellement, l’argument de la souffrance inapaisable est difficilement recevable parce que la prise en charge en soins palliatifs, lorsqu’ils sont performants et disponibles, permet de la soulager dans 96 % des cas. Le diktat aujourd’hui est celui de l’autonomie du patient tout puissant qui s’impose aux médecins : « Faites ce que je vous ai demandé ! Faites ce que je veux ». Et ce, quelles que soient les alternatives possibles comme, par exemple, les soins palliatifs. C’est tellement fort que l’euthanasie est en passe d’être banalisée, de devenir un « acte de soin » comme un autre, accessible plus ou moins facilement, et même intégré dans la dénominatif des « Soins palliatifs intégraux ». L’euthanasie est présentée par les médias comme étant la meilleure façon de mourir sans souffrance, sans souci, en toute liberté pour ne pas se sentir « passer ».

C’est ainsi qu’au fil des années, on est passé de l’euthanasie de personnes en toute fin de vie pour des souffrances irréductibles, à l’euthanasie des personnes atteintes de problèmes psychologiques ou psychiatriques, et surtout à l’euthanasie des mineurs…  N’est-ce pas là un glissement réel et évident ?

Aux Pays-Bas, la ministre de la santé, Edith Schippers, parle de permettre l’accès à l’euthanasie aux personnes âgées qui ne sont pas malades et qui ont plus de 75 ans. Elles pourront demander à un « assistant de fin de vie » de provoquer leur mort. Avec toute la contradiction que revêt cette ouverture : ces personnes se veulent autonomes mais demandent que quelqu’un d’autre provoque leur mort.

G : Avec le recul de ces 15 années, quelles sont les conséquences de ces lois sur le tissu social ?

CB : C’est véritablement là le nœud du problème, car la pratique de l’euthanasie commence à montrer ses effets délétères. En attestent les échanges téléphoniques et les courriels de soignants et de proches qui livrent leurs vécus dans la confidentialité, en ayant cherché le contact de l’IEB. Ils sont assez nombreux pour nous interpeller.

La personne qui, au nom de l’autonomie, revendique aujourd’hui la maîtrise de sa propre mort, impose son choix à la société toute entière. La personne, même malade, qui demande à ce qu’on provoque sa mort n’est pas la seule concernée par cet acte qui est loin d’être neutre socialement. Les conséquences vont se répercuter en cercles concentriques sur tous ceux qui de près ou de loin sont témoins ou acteurs de cet acte de mort provoquée. Affirmer cela, n’est pas manquer de compassion. C’est tout simplement quitter le seul intérêt de la personne, certes en souffrance, pour ouvrir l’horizon vers l’ensemble des personnes qui l’entourent et la soignent.

G : Qui pourrait pâtir de ces dommages collatéraux ? 

CB : Un des premiers cercles, est le cercle familial. Je reçois des témoignages  d’adultes qui racontent les disputes entre frères et sœurs lorsqu’il s’agit d’accompagner un papa qui a demandé à être euthanasié. Le frère soutient la demande du papa ; la sœur s’y refuse et pourtant, c’est bien elle qui le veille depuis plusieurs jours. Imaginez le malaise et la position de l’équipe soignante. Ce type de situation a déjà conduit à des impasses insupportables : atteinte d’un cancer en phase terminale, une femme hésitait. Elle n’arrivait pas à prendre une décision, bien que son médecin l’assure que c’était ce qu’il y avait « de mieux pour elle ». Les tensions entre les enfants, la maman et le médecin ont été très loin. Dans d’autres cas, les enfants invitent leur mère malade à écrire sa demande d’euthanasie « au cas où… ».

G : Est-ce qu’il existe des alternatives à ce qui apparaît comme une espèce d’inexorable fuite en avant ?

CB : Avant de parler des alternatives, il faut tout d’abord, se réveiller et comprendre ce qui est en train de se mettre en place sans que nous nous en apercevions. La vraie solution est celle d’un accompagnement, d’un accompagnement jusqu’au bout qui prenne en compte la souffrance et l’isolement des personnes. Je pense à cette femme de 80 ans qui a de la visite, qui voit ses petits-enfants et qui pourtant exprime le poids de sa solitude. Pourquoi ? Elle ne se sent plus connectée aux autres. Par exemple, elle ne sait pas par quel bout prendre un Ipad. Elle ne croit plus pouvoir entrer en relation avec ceux qui l’entourent. Autour d’elle tout le monde court, tout le monde est surchargé entre les parents âgés, les enfants, les petits enfants, est-il encore possible de prendre correctement soin de tout le monde ? Elle développe une forme d’autisme qui l’isole ; elle ne veut plus vivre.

G : Les médecins, les soignants sont-ils épargnés ?

CB : Non ! Evidemment pas ! Ils sont même en première ligne : il y a des hôpitaux ou des maisons de repos et de soins pour personnes âgées (MRS) où les équipes médicales sont prises en otage. Parmi les médecins, ceux qui refusent de pratiquer l’euthanasie sont accusés d’être sans cœur et de laisser « le sale boulot » aux autres. Cette simple réflexion montre bien que l’acte est difficile pour tous, et que le personnel soignant sait très bien qu’il s’agit d’un acte nuisible, qui peut « abîmer » ceux qui le pratiquent.

D’ailleurs, après une euthanasie, ne voit-on pas des psychologues accompagner l’équipe médicale pour les aider à évacuer le stress, les sentiments et les émotions ? Là encore, la nécessité d’une prise en charge manifeste bien que l’euthanasie est loin d’être un acte neutre.

Un médecin racontait qu’un psychologue avait invité les médecins qui pratiquent l’euthanasie à prendre des distances par rapport à la situation, à se déshumaniser et à mettre de côté leurs réactions humaines. Est-ce vraiment ce qu’on est en droit d’attendre des équipes médicales ? Est-ce qu’on n’est pas en train ici de provoquer une souffrance sous prétexte de soulager la souffrance du patient ? Cet acte qui provoque la mort met à mal la nature et la vocation du médecin et de son équipe. Un médecin qui vient d’euthanasier un « malade » ne sera pas le même pour le patient suivant. Comment le pourrait-il quand le précédent lui a imposé de se distancier, de se déshumaniser, de laisser mourir une part de lui-même pour accéder à son désir de mort ? L’euthanasie touche à l’alliance thérapeutique qui existe entre le médecin et ses patients. Si le praticien se déshumanise pour se protéger, il ne sera plus en mesure de contribuer au bien-être du malade.

Un oncologue racontait que, quand un patient en fin de vie est admis à l’hôpital et demande l’euthanasie, c’est une énorme vague de stress à gérer pour le médecin qui sait que son équipe n’est pas prête à poser ce geste létal.

Que dire de ce médecin, qui a pratiqué l’euthanasie au cours de sa carrière et qui se plaint de se réveiller la nuit avec à l’esprit les visages des patients qu’il a euthanasiés ? Un autre témoigne « Je ne peux plus accepter cette année de patient en demande d’euthanasie, sinon je vais craquer ».

Et ceci n’est pas seulement le propre des médecins belges. En Ontario, des médecins initialement inscrits comme candidats pour pratiquer l’euthanasie se retirent et le font savoir publiquement. Leur nombre est suffisamment important pour interroger. Certains avouent éprouver un profond mal être. Qui que nous soyons, nous ne sommes pas faits pour mettre fin à la vie de l’un des nôtres.

C’est pourquoi, on ne peut que saluer le courage du soignant qui ose le dire et se fait ainsi respecter dans sa véritable vocation, celle de soigner. C’est un acte de résistance face à la dictature de la toute-puissance de l’« individu qui a le droit de mourir ». Penser que l’euthanasie est la meilleure façon de quitter ce monde est un mensonge total ! A moyen ou long terme, l’euthanasie constitue, me semble-t-il, une déflagration sociétale dont on ne mesure pas encore les effets.

G : Comment les choses se passent-elles au niveau de l’hôpital ?

CB : Là encore rien n’est simple. Les hôpitaux et MRS sont soumis à des pressions du gouvernement ou de certains organismes qui leur imposent d’inclure l’euthanasie comme un acte médical normal, comme l’acte médical ultime, sous peine de se voir entrainés dans des procès en justice ou médiatiques, ou encore d’être privés de subventions. Ce qui se joue, c’est l’indépendance des institutions dans la prise de leurs propres décisions, c’est leur liberté d’action. C’est un véritable totalitarisme qui s’insinue à travers ce chantage. Pourtant, même d’un point de vue légal, il n’existe aucun droit à l’euthanasie, la loi n’a fait que dépénaliser l’acte. Le médecin bénéficie de la clause de conscience et n’a aucun devoir de provoquer la mort de son patient. Mais pour éviter les problèmes avec leur hiérarchie et préserver leur carrière, certains infirmiers ou certains docteurs se plient à la pratique de l’euthanasie. La clause de conscience est alors réellement menacée.

Un médecin généraliste nous racontait la semaine dernière que la majorité des patients à qui il annonçait les résultats d’une biopsie, avant de s’effondrer, avaient un seul réflexe : « Docteur, je veux l’euthanasie. Vous le marquez dans mon dossier ! ». En 15 ans, l’euthanasie s’est imposée comme la meilleure façon de mourir, un peu comme une assurance « mort » pour être sûr d’échapper à ce qu’on ne maîtrisera peut-être plus. Dans ces situations, les médecins prennent un temps considérable à expliquer ce que sont les soins palliatifs qui, en Belgique, sont performants. C’est ainsi aussi que la pratique médicale se trouve modifiée.

Et quand les personnes malades ou âgées pensent qu’elles vont devenir un fardeau pour leurs familles, qu’elles comparent le coût d’une euthanasie à celui des soins palliatifs, elles imaginent que demander la mort est la solution la plus altruiste. Elles ne comprennent pas que même dépendantes et fragiles, elles apportent un autre sens aux relations avec leurs proches.

Je pense à ce repas de famille, un dimanche à midi. La grand-mère reçoit enfants et petits-enfants. Et voilà que l’un d’eux raconte, entre la poire et le fromage, que sa voisine a enfin demandé l’euthanasie et qu’elle est décédée la semaine passée, ajoutant que « c’est un soulagement » pour ses enfants. Que pourra conclure cette grand-mère pour elle-même ? Faudra-t-il qu’elle aussi demande l’euthanasie pour soulager sa famille ? Ces situations sont réelles et elles commencent à être connues.

G : Les dérives de la loi étaient prévisibles, ses conséquences concrètes l’étaient peut-être moins, mais aujourd’hui vous tirez le signal d’alarme…

CB : En autorisant les médecins à provoquer la mort de leurs patients, l’Etat menace le vivre ensemble, les liens patients-médecins, les liens entre soignants et la solidarité citoyenne. L’euthanasie ne tue pas seulement la personne qui la réclame, elle tue le système de santé. Elle tue aussi les relations et les liens sans cesse à tisser qui font la grandeur d’une société humaine civilisée digne de ce nom.

 

 Source Généthique.org

Dans le Monde #NLQ

Guatemala – L’évêque d’Huehuetenango prend position sur la situation économique et la politique de Donald Trump

L’évêque d’Huehuetenango, au Guatemala, S.Exc. Mgr Alvaro Ramazzini Imeri, a participé ces jours derniers à une table ronde au Parlement européen, à Bruxelles, qui a lancé une étude sur le commerce et les droits fondamentaux en Amérique latine, étude promue par la CIDSE, un réseau de 17 Agences de développement catholiques d’Europe et d’Amérique du Nord. Hier, Mgr Ramazzini Imeri s’est rendu à Berne, en Confédération helvétique, où il a visité le siège d’un groupe d’ONG aidant le Guatemala.

A cette occasion, l’évêque a déclaré que la situation du pays est toujours plus difficile. S’agissant de la politique du nouveau Président des Etats-Unis, Mgr Ramazzini Imeri a déclaré : « Si M. Trump fait ce qu’il a promis en matière d’émigration, cela peut être dramatique pour le Guatemala. Il faut considérer qu’en 2016, les fonds provenant des émigrés guatémaltèques qui travaillent aux Etats-Unis ont atteint plus de 6.400 millions d’USD. Si le pays ne s’est pas écroulé, c’est en grande partie grâce à ces entrées. Si elles devaient être réduites, coupées ou être taxées, les conséquences seraient désastreuses. Notre situation sociale actuelle, unie à celle du Salvador, du Honduras et du Mexique, pourrait déboucher sur de nouveaux foyers de guerre civile. J’ai peut-être une vision très pessimiste mais les signaux actuels ne sont pas bons et la fermeture vis-à-vis de la migration aura des conséquences inimaginables ».

Dans son entretien avec swissinfo, un portail d’information suisse, l’évêque a également mis en évidence des signes d’espérance : « En tant que Conférence épiscopale, nous conservons une attitude de dénonciation et d’invitation au dialogue dans tous les secteurs. Nous nous proposons d’être des ponts de communication visant à encourager des rencontres. Nous sommes toujours présents pour accompagner le peuple, en cherchant à réorienter ceux qui parlent de violence et nous nous sentons renforcés et en syntonie avec le Pape François »

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NLQ #Orient

Liban – Deux évêques suspendus a divinis

 La crise interne au sein de l’Eglise orthodoxe déclenchée par les accusations de « trahison de la foi » adressées par six métropolites au Patriarche Ignace Ephrem II, a provoqué pour l’heure la suspens a divinis de deux des évêques alors que les quatre autres se sont vus proposer de signer, d’ici le 30 avril, une lettre d’excuse et de repentir pour les choix qu’ils ont fait par le passé, considérés comme lacérant pour la communion ecclésiale. Les mesures ont été disposées dans le cadre de l’Assemblée extraordinaire du Synode, qui a eu lieu en la résidence patriarcale d’Atchaneh, au Liban, du 14 au 16 mars dernier, et ont été lues dans les églises syro-orthodoxes du monde entier au cours des Divines liturgies célébrées le Dimanche 19 mars. Les deux métropolites suspendus sont Sewerios Ishak Zaka et Eustatius Matta Roham. Ce dernier, un temps à la tête de l’Archi éparchie syrienne de Jézirah et de l’Euphrate, s’était expatrié en Europe dès la fin de 2012, et n’était pas revenu dans son pays bouleversé par la guerre. Avant Noël 2013, un commando d’hommes masqués avait fait irruption au siège métropolitain de Qamishli et mis en scène une action ostentatoire de récusation du prélat, dûment filmée et diffusée sur Youtube. Les membres du groupe lurent alors un communiqué dans lequel ils se présentaient comme porte-parole du « peuple chrétien » et accusaient l’Archevêque d’avoir fui alors que son peuple était soumis à des souffrances et à des menaces.

 

Les six métropolites entrés en conflit avec le Patriarche avaient diffusé le 8 février une déclaration dans laquelle ils affirmaient que le Patriarche de l’Eglise syro-orthodoxe ne méritait plus le titre de defensor fidei, vu que son jugement avait semé des doutes et des soupçons dans le cœur des croyants, au travers de déclarations et de gestes « contraires aux enseignements de Jésus Christ, selon Son Saint Evangile ». Parmi les gestes imputés au Patriarche comme « trahison de la foi » se trouve notamment le fait qu’il ait soulevé le coran. Les accusations des six métropolites contre le Patriarche avaient provoqué la réponse compacte des 30 autres Métropolites et Vicaires patriarcaux syro-orthodoxes. Dans un communiqué diffusé le 10 février, les 30 Evêques avaient qualifié de « rébellion contre l’Eglise » les accusations faites au Patriarche de s’être éloigne du « dogme chrétien orthodoxe »

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Asie #NLQ

Sri Lanka – Les religieux en aide à la politique de réconciliation nationale

Face à un gouvernement qui affiche sa volonté de renforcer l’harmonie religieuse mais qui peine à concrètement parvenir à la réconciliation nationale, des responsables religieux, bouddhistes et chrétiens, proposent de mettre sur pied des « conseils religieux », placés sous leur égide et dont le rôle serait de « promouvoir l’unité nationale et la réconciliation ».

Le 10 mars dernier, à Colombo, la Maha Bodhi Society recevait plusieurs hauts responsables religieux bouddhistes et chrétiens. Société dédiée à la propagation du bouddhisme en Asie du Sud, l’instance se veut un lieu de dialogue entre les grandes religions du monde. Le Vénérable Bellanwila Wimalarathana Nayaka Thero, moine engagé depuis de longues années dans la recherche de l’harmonie entre les communautés religieuses présentes au Sri Lanka, y a fait part d’une proposition singulière. « Ce ne sont pas les hommes politiques mais nous [responsables religieux] qui sommes proches du peuple. Il revient donc à nous, hommes de religion, d’assumer une place plus importante dans le processus de réconciliation [nationale]  », a expliqué le moine, par ailleurs docteur en philosophie et chancelier de l’Université de Sri Jayawardhanapur (USJP), université réputée du pays. « Je propose de mettre en place des Conseils religieux dans les divisions [unité administrative au Sri Lanka], les districts ainsi qu’au plan national, dont la mission sera de promouvoir l’unité nationale et la réconciliation », a précisé le moine, ajoutant que s’il revenait bien à la Constitution d’organiser les conditions de l’unité politique de la nation, l’harmonie religieuse était un domaine où les responsables religieux se devaient d’agir.

Aider les populations des provinces du Nord et de l’Est

Présent autour de la table, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, représentait l’Eglise catholique. Au Sri Lanka, la population de 22 millions d’habitants est composée de bouddhistes cinghalais (70 % des Sri Lankais), d’hindous tamouls (13 %), de musulmans (10 %) et de chrétiens (7 %), et ces derniers ont la particularité d’appartenir à la fois à la majorité cinghalaise de la population et à la minorité tamoule de la population. Cinghalais lui-même, archevêque de la capitale, située en terre cinghalaise mais comptant une forte minorité tamoule, le cardinal a affirmé que les responsables religieux du pays devaient concentrer leur action sur l’aide à apporter aux populations tamoules des provinces du Nord et de l’Est, deux régions qui ont directement et profondément souffert des trois décennies de guerre civile, laquelle s’est achevée en 2009 par la défaite militaire des Tigres tamouls.

Egalement présent, Mgr Duleep de Chickera, évêque émérite de Colombo (Eglise anglicane), a souligné, pour sa part, que la paix au Sri Lanka se trouverait renforcée si le système judiciaire, notoirement corrompu et généralement perçu comme favorable aux Cinghalais, était sérieusement réformé.

Un ministre du gouvernement était présent ce 10 mars auprès des responsables religieux. Mano Ganeshan détient le portefeuille de « la coexistence nationale et des langues nationales » dans le gouvernement dirigé depuis 2015 par le Premier ministre Ranil Wickremesinghe. Il a déclaré qu’il soumettrait la proposition des responsables religieux au Premier ministre et au gouvernement.

Une communauté internationale attentive

La proposition des responsables religieux intervient au moment où le gouvernement de Colombo peine à convaincre tant la communauté internationale que la minorité tamoule de l’efficacité de son action en matière de réconciliation nationale. Le 4 février dernier, dans son discours prononcé à l’occasion de la Fête de l’indépendance, le président Maithripala Sirisena avait affirmé : « Vous savez tous que pour réaliser les objectifs [de développement économique et social], il est nécessaire d’œuvrer toujours plus à la réconciliation nationale et religieuse de ce pays. »

Au plan international, le Sri Lanka est soumis au regard attentif de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, dont la 34ème session s’achève ce 24 mars à Genève. En octobre 2015, le gouvernement de Colombo s’était engagé à mettre en place un quadruple mécanisme de réconciliation : une commission destinée à faire la lumière sur les atteintes aux droits de l’homme durant la guerre civile, un bureau pour localiser les personnes disparues, un bureau pour réparer et indemniser les victimes de la guerre, et enfin un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre, notamment ceux commis durant la dernière phase des hostilités.

Un ancien président en embuscade

Or, à ce jour, seule une loi fondant un « Bureau des personnes disparues » a été votée. Les trois autres points tardent à être concrétisés par un gouvernement de coalition qui réunit les deux principaux partis que sont l’United National Party de Ranil Wickremesinghe et le Sri Lanka Freedom Party dirigé jusqu’en 2014 par Maithripala Sirisena, mais qui semble comme paralysé face aux assauts répétés de Mahinda Rajapaksa. Au pouvoir de 2005 à janvier 2015, Mahinda Rajapaksa continue d’affirmer qu’il est faux de dire qu’un grand nombre de civils ont péri du fait de la guerre ; il se tient en embuscade pour profiter du moindre faux pas de l’équipe au pouvoir et tenter de revenir aux affaires.

La réforme en cours de la Constitution est notamment un terrain sur lequel Mahinda Rajapaksa se montre offensif. «  Le but de cette nouvelle Constitution est de satisfaire la minorité tamoule dans sa revendication pour l’indépendance politique, a-t-il récemment déclaré à la presse de Colombo. Nous nous opposerons à cette nouvelle Constitution frauduleuse. (…) Nous devons préserver notre victoire [de 2009 sur les Tigres tamouls]  ».

Face à cette relative paralysie du pouvoir politique, les responsables religieux s’inquiètent. Le 15 mars dernier, à l’occasion du lancement d’une initiative citoyenne visant à soutenir l’élaboration de la future Constitution, le Vénérable Dambara Amila Thero a déclaré : « Nous avons traversé trente années de guerre civile et beaucoup perdu durant ces trois décennies. Aujourd’hui, si nous voulons vraiment une réconciliation politique, sociale et religieuse, il nous faut une nouvelle Constitution. » Après la Constitution actuellement en vigueur, rédigée en 1978, il faut une loi fondamentale qui « nous permette d’abolir pleinement l’hyper-présidentialisation du pouvoir [en vigueur sous Mahinda Rajapaksa], de changer le système électoral, de donner du pouvoir aux minorités et à ceux qui sont exclus du pouvoir du fait de leur appartenance ethnique ou religieuse », a continué le moine. Une prise de position confortée par Mgr Duleep de Chickera qui, devant la même assemblée, a estimé que « les droits des minorités devront être protégés par la Constitution afin que les minorités se sentent égales en droit aux autres habitants de ce pays ». « La dévolution du pouvoir [aux provinces] est nécessaire et le pouvoir doit être partagé », a ajouté l’évêque anglican.

Source : Eglises d’Asie

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RDC – L’archevêque de Kisagani invité à l’ONU affirme son pays désormais sans institutions légitimes

« La République démocratique du Congo se trouve désormais sans aucune institution légitime. C’est la première fois que cela arrive à notre pays depuis l’indépendance. Par suite, l’accord du 31 décembre représente le seul chemin pour sortir de la crise » a affirmé S.Exc. Mgr Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo (CENCO) dans son discours du 21 mars devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Le Président de la CENCO a été invité à décrire la situation en RDC par le Président du Conseil de Sécurité des Nations unies. L’absence d’élections présidentielles qui devaient se tenir en décembre dernier a créé une grave crise politique. Les évêques ont été appelés à jouer un rôle de médiateurs entre la majorité et l’opposition. Grâce à leurs efforts, le 31 décembre dernier, les parties sont parvenues à un accord qui prévoit le maintien dans ses fonctions du Président sortant, Joseph Kabila, et la formation d’un gouvernement d’unité nationale dont le Premier Ministre doit être désigné par l’opposition, gouvernement qui sera chargé d’amener le pays aux élections.

Des difficultés ont cependant émergé quant aux modalités d’application de l’accord. « Malheureusement, l’accord spécifique destiné à assurer l’application des ententes a du mal à être atteint » a souligné Mgr Utembi Tapa. « Alors que la population attend avec patience les élections, le statu quo politique dû à l’intransigeance des négociateurs sur certains points de divergence restants, géré par des manœuvres politiques, risque de retarder indéfiniment l’application de l’accord de la Saint Sylvestre ». Les évêques ont annoncé pour le 27 mars la fin des négociations en vue de l’application des ententes.

 

« La situation en matière de sécurité, marquée par des affrontements sanglants et par des violations des droits fondamentaux, demeure préoccupante sur une grande partie du territoire national » a ajouté l’Archevêque, qui a conclu en demandant aux membres du Conseil de s’engager en faveur de la paix en RDC.

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XXVème journée de prière et de jeûne pour les missionnaires martyrs

« N’ayez pas peur », telle est l’invitation qui apparaît à chacune des théophanies. C’est aussi la phrase la plus souvent répétée par le Christ Ressuscité, à chaque fois qu’il se montre à Ses disciples : une invitation qui aide à affronter les moments sombres, difficiles, de persécution en sachant que le Seigneur est toujours à côté de chacun d’entre nous. Devant imaginer la vie d’un martyr dans les moments qui précèdent son martyre, il nous plait de croire que cette phrase est celle qu’il s’entend répéter le plus souvent par Jésus qui l’accompagne jusqu’au bout de leur témoignage ».

C’est ce qu’écrit Alez Zappalà en illustrant le thème – « N’ayez pas peur » – de cette XXV° Journée de prière et de jeûne en mémoire des Missionnaires martyrs qui sera célébrée le 24 mars. La date en question fut choisie par le Mouvement juvénile des Œuvres pontificales missionnaires italiennes, en se souvent que, ce jour-là, en 1980, avait été assassiné S.Exc. Mgr Oscar Arnulfo Romero, Archevêque de San Salvador, béatifié le 23 mai 2015. La Journée est désormais célébrée dans différents pays du monde, promue par des Diocèses, des Instituts religieux et des réalités missionnaires.

En rappelant que, le 1er décembre 2016 marquait le centenaire du martyre du Bienheureux Charles de Foucauld, le Père Michele Autuoro, Directeur de Missio, soulignait que « la vie donnée de nombre de nos frères et sœurs jusqu’au martyre n’est autre que la conséquence extrême de ceux qui ont choisi non pas l’honneur mais le dévouement total, non pas la commodité et la sécurité mais, au prix de tous les sacrifices possibles, de donner la plénitude de la vie de Jésus. Il ne s’agit pas de héros mais d’hommes et de femmes dont la vie a été remise à l’Evangile et qui, comme Jésus, nous répètent : « N’ayez pas peur… nous sommes dans tous les cas des serviteurs inutiles ».

 

Dans le matériel prévu pour l’animation missionnaire de la Journée est proposé un geste de solidarité, spirituel et matériel, envers la Syrie, martyrisée par des années de guerre, en réponse à l’appel de S.Exc. Mgr Marayati, Archevêque d’Alep, en vue de la reconstruction de la Cathédrale et de l’école diocésaine Al Imane. En outre, a également été préparé le texte d’un Chemin de Croix s’inspirant de l’Encyclique Laudato sì et un schéma de Veillée de prière en mémoire des missionnaires martyrs. Sont également présentées quelques propositions de films pour un ciné-club dédié à ce thème.

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