Pour le cardinal Müller, il n’y a en ce moment aucun danger pour la foi

Pour le cardinal Müller, il n’y a en ce moment aucun danger pour la foi

Dans le cadre de la polémique qui entoure Amoris Laetitia, le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, s’est exprimé sur la controverse qui divise l’Eglise de haut en bas.

Pour le successeur du cardinal Ratzinger, s’exprimant au sujet des dubia

« Chacun, surtout les cardinaux de l’Église romaine, a le droit d’écrire une lettre au pape.

Cependant, le cardinal, à la suite du doyen de la rote, Mgr Pinto, regrette que ces Dubia aient été rendus publics.

Je suis étonné parce que celle-ci en revanche est devenue publique, contraignant ainsi le pape à dire oui ou non. Cela ne me plaît pas. Ainsi qu’une possible correction fraternelle ou formelle du pape me semble bien éloignée, dans cet agenda. 

Précisant

« Mais nous sommes très loin d’une correction et je dis que c’est un dommage pour l’Église de discuter de ces choses publiquement.

Et le gardien de la foi d’expliquer :

Cela n’est pas possible en ce moment parce qu’il ne s’agit pas d’un danger pour la foi comme l’a dit Saint Thomas : dans ce cas c’est possible, les évêques ou aussi le pape pourraient recevoir des paroles de correction fraternelle.

Pour lui :

« Amoris laetitia » est très claire dans sa doctrine et nous pouvons interpréter toute la doctrine de Jésus sur le mariage, toute la doctrine de l’Église durant 2000 ans d’histoire. » 

Le prélat a ensuite expliqué la nouveauté du pape François dans Amoris laetitia. Une nouveauté qui n’est pas dogmatique, mais pastorale.

« Mais ce qui est nouveau avec le pape Françoisc’est de discerner la situation de ces personnes qui vivent une union irrégulière, c’est-à-dire contraire à la doctrine de l’Église sur le mariage, et d’aider ces personnes à trouver un chemin pour une nouvelle intégration dans l’Église clairement selon les conditions des sacrements, du message chrétien sur le mariage. Mais moi je ne vois là aucune contraposition : d’un côté nous avons la doctrine claire sur le mariage, de l’autre l’obligation de l’Église de s’occuper de ces personnes en difficulté. »

C’est en effet cette distinction qui pose problème et sème le trouble, la pastorale ne pouvant qu’être le prolongement de la théologie au sens où celle-ci doit conduire à la Vérité par la Vérité et la Charité autrement dit, pour reprendre le pape Benoît XVI, par la Charité dans la Vérité.

Et l’obligation de s’occuper des personnes en difficulté ne peut se faire que par la doctrine sur le mariage, en ce sens que si la doctrine est bonne elle est le bien vers lequel la pastorale doit conduire les personnes en difficulté. Il ne s’agit pas de vouloir aider les familles en difficulté par des remèdes qui ne mettraient qu’un vague pansement sur des jambes de bois.

Si la doctrine d‘Amoris laetitia est claire, se pose alors la question de la multitude d’interprétations déjà en cours et surtout parfois aux antipodes l’une de l’autre. L’évidence qui semble faire passer de la doctrine à la pastorale n’est apparemment pas vue de la même manière par tout le monde. En outre, si la doctrine est bonne pourquoi ne pas la proposer aux personnes en difficulté ? La pastorale ne consiste pas à édulcorer le message pour rejoindre le monde, mais à conduire le monde par le message vers le Christ.

La situation de flou actuel, qui n’est pas le simple fait des dubia, a considérablement brouillé le message pour les fidèles de toutes tendances. La distinction subtile que font les théologiens pour exprimer le passage du doctrinal au pastoral ressemble plus à une opération de sauvetage qu’à une clarification.

Que les cardinaux aient eu tort ou non de rendre public leurs doutes, le fait est que de toute façon aujourd’hui “le mal est fait” et une intervention du Saint-Père apparaît désormais indispensable.

Articles liés

Partages