Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ? Point de vue d’un catholique

 

A l’automne dernier nous vous signalions la parution d’un livre pour comprendre l’Islam.

En voici un résumé, avant d’aller plus loi et de le commander 

Par Pascal Raines – Préface du Père Henri Boulad, s.j.

L’islam nous est présenté comme une religion d’amour, de tolérance et de paix par d’éminents responsables musulmans. Pourquoi donc les proclamations belliqueuses, les menaces et les attentats perpétrés au nom d’Allah ? Comment comprendre des comportements, des discours et des actes aussi opposés de la part des musulmans ?

Le monde islamique est complexe. Pour autant, le Coran est et restera la source première et ultime de toute pensée musulmane. Le Coran, c’est la parole même d’Allah ; elle n’est pas sujette à interprétation ou modification.

Tout découle du Coran. Le connaître, c’est connaître l’islam dans ses fondements. Et seulement sur cette connaissance préalable, un possible dialogue dans la vérité pourrait alors être envisagé et s’engager.

Connaître le Coran dans ses principes

Le Coran n’est pas si compliqué à comprendre à condition de connaître les clefs de compréhensions que la plupart des Occidentaux ignorent malheureusement.

Il y a deux périodes fondamentales dans le Coran et elles coïncident avec l’histoire de Mahomet et de la révélation.

Il y a l’époque où Mahomet se trouve à la Mecque (610-622), c’est la première période ; il prêche alors un islam relativement modéré et tolérant.

La deuxième est celle où Mahomet est à Médine (622-632) ; il est alors en position de force et l’islam annoncé est conquérant, violent, voire haineux contre tout non-musulman.

Inévitablement, les versets des deux périodes se contredisent.

Le conflit est résolu par la règle fondamentale de l’abrogeant-abrogé avalisée par al-Azhar. Elle repose sur deux versets essentiels (sourate 2, verset 106 et S. 16, v. 101) dans lesquels Allah annule l’autorité des versets de la première période de la Mecque au profit de ceux de la deuxième de Médine.

En d’autres termes, seules les sourates violentes et belliqueuses de Médine sont à appliquer véritablement.

Parmi ces versets belliqueux, on peut citer tout particulièrement le 9:5 « le verset de l’épée » et le 9:29 « le verset du combat » qui abrogent à eux seuls plus d’une centaine de versets plus ou moins conciliants.

 

La dissimulation recommandée par Allah

La taqiya (la dissimulation) est un autre aspect capital du Coran que les Occidentaux méconnaissent. Elle régit les relations que les musulmans doivent avoir avec les non-musulmans.

Le principe de la taqiya se retrouve en particulier dans le verset 3:28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion de Dieu, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. » Le musulman pour protéger sa foi ou induire en erreur l’infidèle peut et doit mentir, dissimuler ses intentions s’il n’est pas en position de force : c’est une injonction d’Allah et du Prophète.

Un exemple précis est cette phrase qui revient fréquemment dans la bouche des dignitaires religieux musulmans : « Tuer un homme revient à tuer l’humanité ». Il est sans doute important de s’y arrêter.

Cette phrase a notamment été prononcée lors de la rencontre de centaines de responsables musulmans réunis à Paris à l’appel du CRCM (Conseil Régional du Culte Musulman) Rhône-Alpes le 29 nov. 2015 suite aux attentats du 13 nov. 2015 à Paris.

« Tuer un homme revient à tuer l’humanité » se fonde sur le verset 5:32 : «  Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël [aux Juifs] que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. (…) ».

On constate que les propagandistes ont omis « pour les Enfants d’Israël » qui restreint la portée humaniste et pacifique voulues.

Mais cette omission est capitale et se précise avec le verset suivant (5:33) : «  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. » En d’autres termes, ceux qui touchent aux valeurs essentielles de l’islam doivent s’attendre au pire.

Il est donc clair que le Coran ne dit nullement que « tuer un homme revient à tuer l’humanité » puisqu’on peut l’exécuter pour défendre la suprématie de l’islam !

Ces dignitaires religieux musulmans – qui connaissent le Coran – détournent sciemment le sens véritable d’un verset pour induire en erreur et tromper ; ils usent indéniablement de la taqiya, de la dissimulation et de la diversion. C’est ce que Allah leur demande.

Les appels à la violence dans le Coran sont réels et abusivement minimisés

Face aux appels à la violence, à l’épuration religieuse exigée par Allah dans le Coran, il est courant d’entendre qu’il y a un problème de traduction, qu’il faudrait considérer le contexte et que la Bible elle-même n’est pas exempte de violence.

La langue originelle du Coran est l’arabe littéraire. Les traductions présentent souvent de minimes différences entre elles, mais pas au point de faire des contresens. En d’autres termes, le consensus des multiples traductions ne peut trahir le sens véritable du Coran. Dans Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ?, l’auteur utilise simultanément pas moins de cinq traductions et notamment celle d’Hamidullah qui fait autorité.

Le lecteur de la Bible sait très bien qu’il ne faut jamais interpréter un verset seul, mais le comprendre dans le contexte, notamment historique du passage, du livre lui-même. Avec ses soixante-treize livres de styles très différents et un temps de rédaction de presque quinze siècles, la Bible nécessite de bien connaître le contexte pour l’appréhender correctement.

Ce principe d’interprétation est tout aussi valable pour le Coran. Il est toutefois beaucoup plus facile à mettre en application, car le Coran – selon la tradition islamique – n’a que Mahomet pour auteur qui n’a écrit que sur une vingtaine d’années (« a été sous la dictée » disent les musulmans).

Dès lors, étudier le contexte d’un verset coranique se résume finalement à examiner les versets voisins pour avoir la signification de ce que dit réellement le Coran. Les hadiths (les paroles et les actes de Mahomet et ses compagnons transmis par la tradition musulmane) viennent appuyer le Coran mais ne peuvent jamais le contredire.

Le Coran s’achève avec les sourates médinoises par de multiples appels à la violence et au meurtre, des appels qui n’ont pas de limites dans le temps et l’espace et dont la valeur reste pleinement actuelle. L’exemple du verset « Ô Prophète, incite les croyants au combat. (…) » (8:65) est significatif à cet égard. Il a été donné à un moment précis, celui de la bataille d’Ohod. Mais ce moment donné n’est pas précisé dans le Coran afin de souligner que c’est un ordre hors du temps venant d’Allah, toujours valable et pas seulement lié à un événement particulier, d’autant plus que le Coran est considéré par les musulmans comme incréé, éternel, préexistant.

Le Coran est clair ; Mahomet a été dicté par Allah (97:1) à travers l’ange Jibrīl (Gabriel), par des révélations (42:51), à la différence des prophètes inspirés de la Bible. Le Coran n’est donc sujet à aucune erreur et ne peut être contesté. Du coup, la tutelle d’Allah est immédiate sur le texte coranique et lui donne une force (supposée) divine qui cautionne la violence et empêche toute réforme. Les réformateurs de l’islam n’ont jamais pu influer sur la tradition musulmane et rassurent en vain sur une hypothétique et chimérique modernisation du Coran et une réforme de l’islam.

Bien distinguer les musulmans du Coran lui-même

L’immense majorité des musulmans sont pacifiques et veulent vivre en paix avec tous. Mais ce n’est pas ce qu’ordonne Allah qui leur demande de combattre. «  Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. (…) » (2:216). Allah dédouane même les jihadistes de leurs méfaits : «  Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Allah qui les a tués. » (8:17).

Et même si comparativement, il y a peu de gens prêts à suivre Allah dans ses injonctions guerrières, ces personnes sont perçues par les pieux musulmans eux-mêmes comme des héros puisque Allah en personne les bénit  : «  (…) Dieu a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense ; des grades de supériorité de Sa part ainsi qu’un pardon et une miséricorde. Dieu est pardonneur et miséricordieux » (4:95-96).

Vous l’avez compris : il y aura toujours des « extrémistes » et des « fondamentalistes » musulmans dès lors que le Coran existe.

La oumma (la communauté des musulmans) peut tenter de pondérer et raisonner les croyants en son sein, mais ne peut freiner le zèle obscurantiste des individus les plus conservateurs et réactionnaires seuls face au Coran.

La dangerosité du Coran est un fait largement occulté dans les médias (tabou pour tout dire). Nous n’avons donc malheureusement pas fini avec la violence et les attentats en lien direct avec le Coran qui pousse à de tels actes.

Aimer les musulmans en tant que frères en humanité, mais dénoncer le Coran qui la déchire par ses versets violents et dont le sens et la valeur demeurent d’actualité. Il n’y a pas, semble-t-il, d’autre solution au redoutable problème des « extrémistes » islamiques pour le chrétien que je suis. À l’image du Christ qui a aimé tout être humain pour ce qu’il est, tout en dénonçant parfois ses actes ou ses comportements.

Pour résumer…

Au détour d’une discussion avec un ami prêtre sont évoqués mes travaux sur l’islam ; je finis par dire que le Coran est malheureusement dangereux par bien des côtés.

On me rétorque qu’« il faut être idiot pour faire une lecture wahhabite [fondamentaliste] ». Je réponds que je lis simplement le Coran tel qu’il se donne à comprendre. Je demande alors comment doit-on lire les versets jihadistes et ceux qui invitent à l’épuration religieuse ; je n’ai évidemment aucune réponse. Quand je rétorque qu’il n’y a dans la partie médinoise du Coran aucun verset favorable aux non-musulmans, on me répond : « Mais pourquoi veux-tu absolument voir cette partie ? » Visiblement l’ami prêtre voulait éluder l’islam violent de Mahomet et ignorait tout du système des versets abrogeants-abrogés donné par Allah.

J’ai parlé de tout cela à un autre prêtre, spécialiste renommé de l’islam. J’ai eu cette réponse : « ton curé n’y connaît [de l’islam] que ce que lui dicte un amour immédiat des personnes. »

Est-il donc si difficile de concilier l’amour entre frères d’une même humanité et la vérité ?  L’un ne va pas sans l’autre. Le psaume 85,11 de la Bible est clair : « Amour et vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent  ».

« Cet ouvrage, fruit d’un travail considérable, est une excellente introduction à l’islam et au Coran. L’auteur ne craint pas d’aborder, avec honnêteté et lucidité, la plupart des points controversés. Il le fait en toute objectivité, dans un souci de vérité et un langage qui n’est ni offensant ni blessant. » Henri BOULAD, jésuite

« Quel travail ! Cela devrait aider les gens à ouvrir les yeux et voir enfin clair en toute responsabilité citoyenne et pour la vraie paix. » François JOURDAN, eudiste

« Tu as fait un excellent travail, laissons les lecteurs potentiels en tirer les conséquences. » Pierre LAMBERT

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