Brèves

Proche-Orient – Les établissements catholiques francophones menacés de disparition

La langue française est menacée au Proche-Orient. En ce lundi 20 mars 2017, journée internationale de la Francophonie, l’information mérite que l’on s’y arrête quelques instants. Les établissement catholiques francophones dans cette partie du monde accueillent 350 000 élèves, de l’Egypte à la Turquie, dans 520 établissements. Près de la moitié des étudiants sont musulmans, les autres, chrétiens, avec une pointe à 97 % d’élèves musulmans en Turquie. Face aux difficultés économiques croissantes que rencontre l’enseignement catholique francophone dans plusieurs pays, à commencer par le Liban, l’Œuvre d’Orient exprime sa vive inquiétude. Souvent, le retard de versement des subventions publiques contraint les congrégations religieuses en charge des établissements scolaires à soutenir des coûts élevés afin de ne pas pénaliser les étudiants et leurs familles.

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Catholiques et politique, les raisons de nos impasses

                                                                                                          

Aujourd’hui les règles du jeu politique sont dominées par des réalités contraignantes non politiques. L’économie, bien entendu, mais aussi les médias et de nombreux lobbies. Ce que nous appelons politique n’est en fait qu’un appareil de gouvernement. Les responsables politiques sont un des maillons du système actuel. Ils n’en sont en rien le sommet. Or, si le politique tient une vision et que celle-ci unifie l’action, les responsables politiques devraient inclure dans leur projet – et donc leur programme politique – toutes ces réalités contraignantes pour leur donner un sens. En d’autres termes, sans les contrôler, ils devraient leur donner leur place dans la réalisation de la vision.

Aujourd’hui il n’en est rien. Le politique est réduit à n’être que la courroie de transmission de réalités contraignantes qui les dépassent et, par là, les soumettent. Concrètement, cela signifie que la réalité du pouvoir est ailleurs et que le rôle actuel des politiques n’est plus celui auquel nous nous référons.

Première raison de nos impasses, nous n’utilisons pas le politique pour ce qu’il est aujourd’hui, une courroie de transmission. Deuxième raison, qui découle de là, nous ne comprenons pas les règles du jeu. Nous imaginons encore les responsables politiques comme les anciens notables qui disposaient d’un pouvoir véritable de décision et d’action et donc d’influence. Il suffit pourtant de regarder les débats parlementaires pour se rendre compte que les jeux sont faits en amont, comme en aval. Consignes de vote, vexations diverses, refus des fonctionnaires de transformer les lois en décrets d’application, pression médiatique, pour ne parler que du plus audible.

Tandis que nous nous essoufflons sur le terrain de sport politique avec d’anciennes règles, les rodés du système marquent point sur point presque sans effort. Nous nous focalisons sur un rythme politique et électoral qui n’est pas le nôtre, qui est hors de notre portée.

Bien entendu il ne s’agit pas de déserter la sphère politique nationale. Mais si nous voulons entrer dans le jeu et le modifier durablement, il faut nous faire précéder de notre vision et de notre projet. Entendons, chaque action que nous menons, chaque loi que nous proposons doit non seulement répondre à un besoin réel du moment politique et médiatique, mais en même temps fissurer le système actuel, ne fût-ce que par un point de détail, un léger grain de sable dans les rouages. Nous devons penser, agir dans la durée et ne pas nous contenter de réagir à l’immédiateté. Les deux pouvant, du reste, être plus ou moins fortement liés. Que ce soit en politique, en économie, dans le social ou l’éducatif, tout ce que nous faisons doit s’inscrire dans la longue durée pour préparer demain.

Et nous rejoignons ici la troisième raison de nos impasses politiques. Pour poser aujourd’hui les pas pour demain, encore faut-il avoir une vision et un projet clairement identifié. Or cette vision et ce projet n’existent pas. Globalement nous avons les fondements et cela est le préalable indispensable. Nous sommes même les seuls à avoir des fondements, c’est-à-dire un sens. Mais ce sens doit prendre corps dans une vision de société concrète et non abstraite ou virtuelle et se trouver incarnée dans un projet de société.

Concrètement, les fondements de notre engagement nous donnent ce sens ultime de la dignité humaine en vue du développement intégral de tout l’homme et de tout homme. Ce sens profond doit prendre corps et sens particulier dans cette France aux contours et à l’histoire spécifique. Telle doit être la vision de toute politique en France. Mais pour être rejoint, ce sens, inscrit dans cette vision pour la France, doit s’incarner aujourd’hui dans la réalité de ce que sont la France et le monde d’aujourd’hui autour d’un projet politique d’envergure.

Faute de ce projet unificateur qui dépasse largement le monde politique, mais nous concerne tous, nous ne produirons que des mesurettes conjoncturelles, nous continuerons de nous essouffler dans la multiplication d’initiatives louables et belles, c’est vrai, mais souvent isolées voire redondantes.

Enfin, faute d’identifier nos dépendances intimes avec le système, nos complicités passives (ou actives) condamnent l’essentiel de nos initiatives à l’échec faute de soutien, de relais et d’engagements. Après la patience, l’humilité et l’espérance dont nous parlions dans une autre tribune, il nous manque le courage du sacrifice et de l’abandon. Comme je l’ai écrit par ailleurs, nous devons apprendre à passer du consumérisme au Sacré Cœur. Lâcher prise, abandonner l’avoir pour l’être. Tout comme notre vision est consubstantielle au temps, elle est intrinsèquement liée à cet autre glissement celui de l’avoir à l’être, lui-même intimement lié au temps, à l’infini.

Et là se trouve le fond même de notre impasse. Nous nous battons face à des épouvantails, sans chercher à atteindre la réalité de notre adversaire. Nous ne remettrons pas notre monde sur la bonne route si nous ne coupons pas les véritables amarres du navire. Les liens que tissent les tenants de la nouvelle civilisation et qui enserrent le monde réel dans une virtualité sans précédent visent à créer un homme dieu, auto justifié, toujours en changement parce qu’éternellement insatisfait de l’ersatz que pourtant lui-même crée. Nous ne livrons pas un combat aux épiphénomènes législatifs et commerciaux, mais aux sapes même de notre civilisation. Le champ de bataille est formellement anthropologique et transcendant. L’enjeu n’est pas le mariage entre deux personnes de même sexe, ni même l’avortement. Le véritable danger est que des hommes, fussent-ils élus, puissent décider d’une vérité anthropologique.

Il est impératif d’identifier notre ennemi car nous devons en prendre le contre-pied. Notre vision défend non seulement une vérité anthropologique, mais aussi le simple fait qu’il puisse y avoir une vérité anthropologique et transcendante qui n’est pas une invention humaine et dont l’homme dépend pour pouvoir se développer en vérité et en plénitude. Autrement dit, notre vision inclut la transcendance de vérités supérieures aux lois, immuables et éternelles. Il est inutile de mener le moindre combat s’il n’inclut pas, même de manière infime et discrète, cet enjeu fondamental. Toute action n’incluant pas cette vision existentielle vitale est à terme vouée à l’échec. Ceci ne signifie en aucun cas qu’il ne faut pas lutter contre les injustices immédiates et cuisamment concrètes. Mais il faut les intégrer dans une vision plus large, plus profonde, plus longue. Réciproquement, il faut intégrer cette vision à l’action. Alors nous serons dans le mieux possible et non dans le moindre mal. Car le mieux possible suppose une vision, une direction, une dynamique.

Voici un nouveau glissement important pour incliner peu à peu ce système à bout de souffle vers le renouveau de notre civilisation. Agir de façon coordonnée dans une même direction et à chaque instant. Nous inscrire dans la durée et la transcendance suppose une petite révolution mentale militante en vue du bien. Nous devons être convaincus de notre réel pouvoir d’agir dans le temps par la moindre de nos décisions, le plus petit de nos actes. Ces millions de gouttes d’eau feront une masse d’eau qui effondrera le système.

 

NLQ #USA

Les catholiques américains et le vote Trump

Dans la partie consacrée à l’Eglise universelle, nous recevons Daniel Hamiche, en tant que rédacteur du blog Americatho, consacré au catholicisme nord-américain. Il nous parle du rôle des catholiques et le vote Trump, des réserves qu’ils peuvent avoir sur certains points de la politique de ce dernier et des bonnes nouvelles qu’ils ont déjà “engrangées”, notamment sur le front de la défense de la vie.

(vidéo à partir de 10.24)

daniel Hamiche

 

Europe non francophone #NLQ

Quant Saint Valentin empoisonne les relations entre orthodoxes et catholiques de Lesbos

Les célébrations de la Saint Valentin, organisées par l’île grecque de Lesbos, qui abrite des reliques du martyr, provoquent l’ire de l’Eglise orthodoxe locale. L’institution religieuse ne veut pas être mêlée à une fête considérée comme catholique.

Le pope Athanassios Yousmas, de la grande église orthodoxe du centre de Mytilène, chef-lieu de l’île, a “fermement protesté” auprès de la mairie contre ces manifestations, rapporte le 12 février 2017 l’agence de presse grecque Ana. Le dignitaire orthodoxe a notamment menacé de recourir à la justice pour que son église, dont le dôme est un symbole de l’île, ne figure plus sur l’affiche des manifestations de la Saint Valentin. Incluant concours de chants et de poèmes d’amour, ses dernières doivent se conclure le 14 février avec une procession.

Un saint d’avant le schisme

La célébration de la Saint Valentin a débuté sur l’île en 2015, avec l’acheminement de reliques présumées du saint dans l’église catholique de l’Assomption. Valentin de Terni est un prêtre qui vécut en Italie au IIIe siècle. Il fut martyrisé sous l’Empereur Claude II le Gothique pour avoir persisté à marier des couples chrétiens. Le pape Alexandre IV l’a déclaré au XIIIe siècle “patron des amoureux” et fixé sa fête le 14 février.

Les catholiques tempèrent

Le Père Léon Kiskinis, seul prêtre catholique de Lesbos, a tenté de tempérer le débat. “Nous sommes des frères qui nous sommes disputés au cours des siècles, mais notre devoir chrétien est de nous réconcilier”, a-t-il affirmé dans une lettre ouverte. Imputant la grogne orthodoxe à “quelques fondamentalistes bornés”, il a relevé que Valentin avait été reconnu comme martyr avant le schisme entre catholiques et orthodoxes, en 1054. La minorité catholique de Grèce se plaint depuis longtemps d’être victime de discrimination de la part du clergé orthodoxe largement majoritaire dans le pays.

La municipalité s’est jusque-là abstenue de réagir à cette polémique, alors qu’elle tente de ranimer le tourisme local. Ce dernier est mis à mal par la situation de l’île comme lieu de passage privilégié des migrants en provenance de Turquie.

 

 Source

NLH #Tribunes et entretiens

Ni progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

Le journal La vie a déclenché il y a quelques mois une guerre fratricide entre catholiques. Relançant l’affrontement, pourtant essoufflé, entre catholiques de gauche ou de droite, sous le nouveau vocabulaire identitaire/progressiste, il s’est vu emboîter le pas par le blogueur Koz entraînant en chaîne des réactions, des droits de réponses et autres boulets plus ou moins rouges.

Bravo ! Quel était le but d’une telle boule puante ? Elle a en tout cas mis au jour un vrai problème de foi et d’adhésion au Christ.

Dans les colonnes d’Aleteia, on tente de désamorcer la bombe, en sortant les lambeaux du manteau du Christ du champ de bataille politique, tandis que le Père Simon Noël que nous reproduisions sur notre site, rappelle le sens de cette terminologie, conservateur, progressiste, définie avec à propos par Jean Guitton.

« Suite à des commentaires reçus à propos de mon dernier article, je voudrais préciser qu’en parlant de conservateurs et de progressistes, je n’ai fait qu’utiliser une terminologie courante dans la presse actuelle. La crise actuelle de l’Eglise est d’une nature beaucoup plus grave que les crises du passé. Il s’agit d’un affrontement entre la foi catholique et l’apostasie pure et simple. A ce sujet voici ce que Paul VI confiait à son ami Jean Guitton : “Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi. Il arrive maintenant que je me redise la phrase obscure de Jésus dans l’Évangile de saint Luc : ‘Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ?’ Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Il m’arrive de relire l’Évangile de la fin des temps et de constater qu’il y a en ce moment certains signes de cette fin. Est-ce que nous sommes proches de la fin ? c’est ce que nous ne saurons jamais. Il faut toujours nous tenir prêts à la fin, mais tout peut durer très longtemps. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, même si c’est un troupeau tout petit”. Il se tait, puis il dit : “Ce qui manque au catholicisme en ce moment, c’est la cohérence”, et il répète plusieurs fois ce mot « cohérence ». Il semble dire : “C’est au Pape qu’il appartient de redresser, de réunir, de rendre cohérent ce qui est incohérent”. Il se tait. » (Jean Guitton, Paul VI secret, pp. 168-169.) »

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Les tradismatiques à la conquête du pouvoir ?

Les tradismatiques à l’assaut du pouvoir tel est le titre de l’analyse de Gaël Brustié pour…. l’observatoire des radicalités.

Dans une étude plutôt bien menée et assez sobre, Gaël Brustié tente d’eclairer ce qui, il est vrai, parait paradoxal : l’union du tradi et du chacha ayant enfanté le tradismatique.

Une génération ancrée dans la foi, très Benoît XVI, décomplexée et ouverte sur le monde. Des jeunes (et moins jeunes) engagés dans la société non par goût de la poltique mais par une exigence de foi.

Pour bien comprendre la tectonique des plaques idéologiques qui se déroule, il faut comprendre la crise. Elle défait des certitudes anciennes, réarticule des éléments présents dans la société. Entre quête de sens – au sens spirituel – et quête d’un débouché politique, ce qui semble être une impasse du pouvoir séculier ouvre la voie à des utopies théologico-politiques. À l’heure du 2.0, empruntant à cette forme très individualisée de foi qu’est le néo-pentecôtisme et à cette forme théologico-politique qu’est le traditionalisme catholique, le « tradismatisme » est merveilleusement adapté à la situation politique et sociale de la France d’aujourd’hui.

 

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Entretien avec Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Cyril Brun, rédacteur en chef d’InfoCatho est interrogé par Franck Abed sur l’année politique 2016 et sur ce qu’il perçoit pour 2017.

Franck ABED : Bonjour. Quel fut l’événement le plus marquant de l’année 2016 pour la France ?

Cyril BRUN : Très honnêtement, je ne vois guère d’événement marquant pour la France que j’ai trouvée plutôt subissant les événements. Il y a bien entendu un tas de petits moments annexes (en tout cas pour la France) qui ont pu être des révélateurs, comme nous être laissés endormir par le rapport In velt, les retournements français au Proche-Orient, les simulacres de condamnation de la France par la CEDH ou autres cours. Mais globalement rien de très saillant en soi. Par contre, une succession de non faits peuvent être plus significatifs. L’éviction simultanée de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Hollande ; l’élection anti-médiatique de Donald Trump ; le Brexit  ; le refroidissement des relations avec la Russie. Autant de petites touches qui ressemblent à un mur qui s’écaille. Je dis bien s’écaille car je ne vois pas que, pour l’heure, ce soit bien plus. Et la « victoire » de François Fillon me semble un beau trompe l’œil, bien qu’il ne soit pas dit qu’on ne puisse en faire quelque chose. Je suis plus pantois devant des non-événements comme les manifestations anti-terroristes de janvier dernier, l’assassinat du Père Hamel ou les grèves du printemps qui ont tous été de vagues soufflés sans aucune suite, malgré leur violence.

Franck ABED : Le peuple américain s’est donné un nouveau président en la personne de Donal Trump. Que vous inspire cette élection ? Est-ce que cela peut influencer le cours des choses en vue de la présidentielle de 2017 ?

Cyril BRUN : Je n’ai pas étudié dans le détail le programme du candidat Trump et je ne suis pas un spécialiste des Etats-Unis. Je n’ai donc pas vraiment d’avis sur l’homme et sa politique, sauf en ce qui touche aux questions éthiques que l’on appelle de façon pudique sociétales. Cela étant, je constate qu’un candidat honnis par tout le système est parvenu à se hisser par le système lui-même (la Primaire c’est le système) et contre sa volonté, au plus haut niveau du même système. Il a pris à revers les médias, les politiques et les lobbies, trois chapes de plomb qui recouvrent tout et empêchent quiconque n’est pas du sérail d’émerger. C’est donc possible en soi. Mais est-ce possible en France, pays à la mentalité très différente ? Sans doute, mais probablement pas selon les mêmes chemins. Le fait est que si nous voulons sortir du marasme et des couperets liberticides du système, il nous faut cesser de vouloir jouer avec les codes dudit système. Les médias sont contre nous. Les politiques sont contre nous. Les lobbies ont d’autres intérêts que les nôtres et nous n’avons pas, en France, les finances des groupes pro-vie américains.

Les Français ne veulent pas d’un Trump, mais d’un effet Trump. Le vote Fillon est assez révélateur du profil type qu’attendent les Français et que les deux derniers présidents n’ont pas voulu incarner. La difficulté pour nous c’est d’avoir un mouvement non conformiste qui porte un conformiste. C’est-à-dire d’avoir un mouvement radicalement neuf et capable de briser les normes actuelles, mais portant un homme et des idées rassurantes. Le Français n’est pas révolutionnaire, quoi qu’on en dise, il est au contraire un bon terrien, comme Jacques Chirac, comme François Fillon. La figure présidentielle que recherchent les Français est globalement monarchique. Même le député est vu comme monarchique, jusque dans sa possible élection à vie.

Il est donc possible de changer les choses en court-circuitant la presse et les politiques. C’est à mon avis le message principal de l’effet Trump, mais je ne suis pas certain que cela ait bien été cerné. Presse, sondeurs et politiques ont pâli de voir que leur propagande n’avait eu aucun effet. Plus grave, ils n’ont pas vu qu’elle n’avait aucun effet. Ils sentent que la propagande leur échappe, mais ne savent pas faire autrement.

Pour ce qui est d’influencer les choses en France, c’est déjà le cas. Les choses eussent été fort différentes si Hilary Clinton avait gagné. Alain Juppé aurait bénéficié de l’effet système et surtout les financeurs et leviers américains n’auraient pas joué dans le même sens. Fillon est un ami de la City ne l’oublions pas. Pour le reste, tout dépend du poids que prendra le comité France Trump après la prise de fonction du président. Ceci étant, je crois que l’effet sur les esprits est déjà retombé. En revanche que Trump ne soit qu’un élément d’une dynamique plus vaste que la France pourrait rejoindre pourquoi pas, mais je crains que l’effet Fillon ne stérilise la bonne France.

Franck ABED : Les primaires de la droite et du centre ont démontré l’incapacité des catholiques à peser sur le jeu démocratique, à s’organiser et à être efficaces. En choisissant le candidat Poisson qui n’avait aucune chance de gagner, tout le monde a pu constater que le vote catholique ne représentait rien ou pas grand chose. Comprenez-vous cette faculté chronique des catholiques à faire les mauvais choix ?

Cyril BRUN : Je ne serai pas aussi lapidaire que cela. Que les catholiques ne soient pas capables de s’organiser est un fait désespérant. Mais ils reviennent de loin. Pour moi, les catholiques, absents du jeu politique depuis 40 ans, en sont restés au bon temps du Général de Gaulle ou de la IVème république. Ce sont de bons notables honnêtes qui ne comprennent pas, n’imaginent pas même, les soubassements tordus du jeu politique d’aujourd’hui. Un jeu qui se décide à Paris, qui ne donne aucune marge au local et qui de toute façon échappe aux politiques eux-mêmes. L’exemple de Sens Commun est assez emblématique. Ils nous ont fait reculer de trente ans. Ils n’ont rien demandé, rien négocié et ne prétendent à rien. Telles sont les déclarations de ses cadres. Une bien drôle de façon de faire de la politique.

La question qui s’est longtemps posée aux catholiques était de savoir s’ils devaient faire de l’entrisme ou du prophétisme. Aujourd’hui les choses sont plus complexes que cela. Il faut les deux et les deux ensemble. Le sens est porteur à présent, parce qu’il est ce qu’il y a de plus tranchant. Rien ne différenciait vraiment Jupé et Fillon. Ils ont dû trouver un mouton à tondre avec les catholiques pour se départager. Vaste illusion qui a donné aux catholiques l’impression d’être revenus dans le jeu. Cependant, si tout le monde s’est engouffré dans la brèche, médias compris, c’est que les derniers feux du système voudraient bien en finir avec les derniers verrous. Ce qui est aujourd’hui clivant, c’est la vision de l’Homme. Or les catholiques ergotent, se cachent ou négocient la vérité anthropologique. A ce jeu-là on gagne du temps, mais pas la victoire.

Pour s’engager en politique, il faut une vision qui irrigue le sens. Les moyens viennent ensuite en appui et sont modulables. Nous n’avons pas de vision politique parce que la plupart des catholiques ne connaissent pas les ressorts de celle-ci. C’est toute une éducation politique qu’il faudrait entreprendre.

Pour ce qui est de Jean-Frédéric Poisson, la question ne se pose à mon avis pas en ces termes. De toute façon, après lui, le plus proche était Fillon. Tous les autres étaient très éloignés des fondamentaux que les catholiques défendent. Fillon n’en est guère plus proche, mais il arrivait derrière. De deux choses l’une, ou Fillon avait besoin du vote catholique pour l’emporter et, dans ce cas, cela veut dire qu’il avait besoin de 20 points qui serait alors le poids de Jean-Frédéric Poisson, ou il n’en avait pas besoin et la réalité du vote catholique se limite à une poignée de pourcents. Sens Commun affirme être l’artisan de la victoire et les médias se plaisent à le dire. Il serait du reste intéressant de voir pourquoi les médias relaient une information qui va plutôt dans le mauvais sens pour eux.

La vérité est qu’il est difficile de savoir ce qu’a vraiment représenté le vote catholique (malgré les nombreuses études qui ont suivi) et le fait que certains se soient portés tout de suite sur François Fillon retire tout poids à ce vote qui d’utile est devenu non seulement inutile, mais contreproductif. Ce qui est certain c’est que la candidature de Jean-Frédéric Poisson n’est pas passée inaperçue et qu’à elle seule elle a pesé sur la campagne de François Fillon. Preuve, mais ce n’est pas la première fois, que le vote catholique intéresse ou pour le moins inquiète. Depuis la jurisprudence Jospin qui lui a valu de perdre à moins de 200 000 voix, les politiques font feu de tout bois. Or le vote catholique est un potentiel bien plus lourd.

Mais ce vote est éclaté. Si nous excluons les cathos dits de gauche, les catholiques sont éclatés entre un certain FN, les Républicains, le PCD et les divers centres. Auxquels il faut ajouter les antis systèmes et les monarchistes. Comme La Manif était bigarrée, l’électorat catholique est un véritable patchwork. Ce qui à mon sens pose de véritables questions quant à la formation théologique des fidèles. Les options peuvent varier quant aux moyens mais avoir des écarts sur le fond montre le problème majeur des catholiques : leur formation spirituelle et dogmatique. On a beau dire, c’est bien là le problème politique des catholiques : la faiblesse des fondements de leur foi.

Franck ABED : Différents acteurs et observateurs de la vie politique française estiment que le Front National a de grandes chances de se retrouver au deuxième tour de l’élection présidentielle en 2017. Pensez-vous que cette analyse soit juste ? En admettant que oui, est-il possible que Marine Le Pen devienne le futur Président de la République ?

Cyril BRUN : Une élection se joue dans les 15 jours qui précèdent. Les Primaires nous l’ont encore rappelé. Tout peut arriver dont, ce qui me semble le plus probable, un éclatement du FN entre ses deux tendances. Marine ne peut se passer de la branche historique que représente sa nièce, mais construit sur la politique hors sol de Phillipot. C’est une bizarrerie politique assez parisiano-centrée. Pour cette raison, je doute que Marine Le Pen passe le dernier tour et je suis même perplexe sur le premier tour. Son assise n’est pas stable. Elle l’est d’autant moins que nous assistons au début d’un pugilat entre les deux courants. Pugilat que Marine Le Pen ne parvient pas à endiguer. En outre vous aurez remarqué que Phillipot est très en retrait de la campagne de Marine Le Pen, y compris dans l’organigramme de campagne. Je suis de ceux qui pensent qu’il prépare la chute de la fille, tout en ruinant la nièce pour être calife à la place du calife. Vu de loin, j’ai plutôt l’impression d’un sabordage du FN.

Franck ABED : François Fillon sera candidat pour Les Républicains à l’élection présidentielle de 2017. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose concernant la défense de la loi naturelle à laquelle les catholiques français sont attachés ?

Cyril BRUN : François Fillon a clairement pris position, même s’il le cache, contre nombre de nos convictions. Un Poisson fort ou un Sens Commun actif auraient pu peut-être tenir les choses, mais là je ne suis pas convaincu. Mais tout peut se jouer dans la réécriture de la carte des investitures. Ici, une certaine organisation catholique devrait pouvoir se mettre en mouvement. Mais encore une fois, nous manquons tellement d’esprit politique. Notre aire de jeu, c’est le local. Les législatives devraient être un endroit clef. Mais nous avons tellement déserté que notre légitimité locale elle-même est à reconstruire.

Peut-être éviterons-nous de nouvelles avancées destructrices, mais sans moyens de pression sur l’équipe Fillon nous ne pèserons rien. Or l’éviction de JF Poisson nous a coupé au moins une main.

Franck ABED : Selon vous est-ce que la majorité des catholiques votera pour les Républicains ou pour le Front National lors de l’élection présidentielle de 2017 ?

Cyril BRUN : Les catholiques sont majoritairement légalistes. Au moins les générations au-delà de la trentaine. Fillon est le portrait type du légaliste, un rien légitimiste. Je crains même que l’élection de François Fillon ne nous assoupisse. Si en outre Marine Le Pen continue de brimer sa nièce, Fillon pourrait bien siphonner l’aile centriste du FN. Je n’ose dire l’aile gauche, car cette aile est plus proche de Macron que de Fillon.

Franck ABED : Ces dernières années, les sujets politiques ont souvent été les mêmes : immigration, terrorisme, islam, Union Européenne, insécurité, chômage. Plus personne n’évoque la Francophonie. Comment l’expliquez-vous ?

Cyril BRUN : Les médias sont mondialistes, les politiques de droite européistes. Qui plus est, les programmes présidentiels sont des programmes de premiers ministres. Il n’est plus question de la France, mais du quotidien des habitants de cette zone géographique en forme d’hexagone. Francophonie signifie une certaine idée de la France, un amour de celle-ci et une fierté. Nicolas Sarkozy rêvait d’une France à l’américaine, quant à François Hollande….

Parler de francophonie suppose de retrouver une authenticité de la France, assumer son héritage avec fierté et amour. Aujourd’hui, l’internationalisme voit dans la francophonie un obstacle.

Propos recueillis le 29 décembre 2016

 

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USA – Évêques, Trump, bras de fer ou coopération ?

L’électorat catholique n’est pas pour rien dans l’élection de Donald Trump. Ses positions pro-vie lui ont valu soutiens et sympathies et à n’en pas douter l’épiscopat américain n’était pas mécontent de le voir emménager à la Maison Blanche.

Le président élu lui-même à tout de suite après son élection publié une vidéo assurant les catholiques qu’ils pourraient désormais compter sur son administration. Un grand changement qui n’occulte pas pour les évêques l’inquiétude quant aux immigrés.

Du 8 au 14 janvier, l’Amérique vit une semaine nationale des migrations. L’occasion pour l’épiscopat de rappeler au président Trump qu’ils seront aux côtés des familles de migrants.

« Nous sommes à vos côtés »  affirme le texte de la conférence éiscopale publié à l’occasion de cette semaine.

Pour les évêques, les migrations sont une espérance.

« La migration  est un acte de grande espérance. Nos frères et sœurs qui sont contraints à émigrer, souffrent des séparations familiales dévastatrices et souvent doivent affronter des conditions économiques désespérées… En tant que catholiques aux Etats-Unis, la majeure partie d’entre nous peut trouver des histoires au sein de nos familles concernant des parents, des grands-parents ou des arrière-grands-parents qui ont quitté leur antique pays pour un avenir prometteur aux Etats-Unis ».

« Cette Semaine nationale des Migrations constitue l’opportunité de poursuivre le travail important visant à accueillir l’étranger et à servir les plus vulnérables, comme partie intégrante d’une politique humanitaire de l’immigration »

Cette déclaration fait écho à la lettre envoyée par les évêques à Donald Trump le 15 novembre dernier pour exprimer le souhait qu’il commence son mandat en reconnaissant la contribution des immigrés à la nation et en ne séparant pas les familles au travers de son plan d’expulsions massives annoncé au cours de la campagne électorale.

Nul doute que l’Eglise américaine sera très attentive et se voudra un interlocuteur de poids tout au long du mandat Trump sur cette délicate question.

Source

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Infographie religieuse du vote de la Primaire

Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop, revenait sur l’infographie du vote religieux lors des primaires de la droite et du centre, dans un article du Figaro du 7 décembre 2016.

Nous en extirpons quelques grandes lignes pour InfoCatho

François Fillon a obtenu 59 % des voix des catholiques pratiquants de droite au premier tour de la primaire et 83 % au second.

L’électorat catholique pratiquant de droite, qui représente environ 15 % de l’ensemble de l’électorat de droite, s’est nettement plus mobilisé que la moyenne des électeurs de droite. 36 % d’entre eux ont participé au premier tour de la primaire, contre 27 % pour l’ensemble des sympathisants Républicains. François Fillon s’est taillé la part du lion de cette composante, avec 59 % de ces catholiques pratiquants de droite, 10 points de plus qu’auprès de l’ensemble des électeurs LR.
Même s’ils n’ont pas voté de manière monolithique : 27 % optant pour Nicolas Sarkozy et 11 % pour Alain Juppé.

François Fillon, qui surclasse déjà très largement son rival dans l’électorat de droite en général avec un score de 75 %, atteint 83 % parmi les catholiques pratiquants de droite

L’analyse des bureaux de vote dans certains départements fait apparaître un vote de l’électorat juif en faveur de Nicolas Sarkozy. Dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où il n’a obtenu en moyenne que 13,7 % des voix, Sarkozy atteint 28,2 % dans le bureau situé 40 bis rue Manin, au cœur d’un quartier juif et 28,1 % dans celui implanté 152 rue d’Aubervilliers. C’est dans ces deux bureaux de l’est parisien, et pas dans les XVIe ou VIIIe arrondissement, qu’il a enregistré ses meilleurs résultats à Paris

Dans des bureaux de vote correspondant à des quartiers ou des communes à forte population originaire de pays musulmans, on constate un vote massif en faveur d’Alain Juppé.

 

Orient

L’Église orthodoxe russe prête à collaborer avec les catholiques pour la paix en Syrie

Le patriarche orthodoxe de Moscou et de toute la Russie, Cyrille, s’est déclaré en faveur d’une collaboration avec les catholiques pour rétablir la paix en Syrie, indique le site du patriarcat de Moscou. Cette déclaration survient dans le cadre d’une rencontre avec le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Celle-ci s’est tenue le mardi 22 novembre 2016, au monastère Danilov, à Moscou.

« Nous sommes prêts à continuer à travailler avec l’Église catholique romaine et ses représentants afin de faire ensemble tout ce qui est possible pour mettre fin à la souffrance et pour que les gens retournent à la vie paisible » en Syrie, s’est exprimé le patriarche.

« Nous espérons que la guerre prendra fin, a-t-il ajouté, que les gens pourront vivre dans la paix, et que la question de la restauration de la Syrie deviendra primordiale. Pour nous, les chrétiens, il sera aussi important que les églises soient restaurées, et que les gens puissent revenir à leur vie religieuse normale. »

Le patriarche Cyrille a dit que depuis la rencontre « importante » avec le pape François à Cuba, en février dernier, « les groupes orthodoxes-catholiques conjoints ont fait de bons progrès en Syrie et au Liban » et « ont jeté les bases de la collaboration commune, notamment pour aider les gens ».

En évoquant une visite conjointe des délégations orthodoxes et catholiques au Liban et en Syrie qui a eu lieu le 7 avril 2016, le patriarche a noté que « les parties avaient  commencé à travailler sur la liste des églises et des sites religieux qui avaient été détruits à la suite d’actions militaires ».

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