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Antoine, Satan et les animaux du désert d’Egypte (partie 2)

 

Nous publiions hier, à l’occasion de sa fête la première partie de cette présentation de saint Antoine et des animaux du désert. Aujourd’hui Françoise Thelamon nous invite à entrer dans le combat du moine.

 

    Le combat sans peur du moine

« Seul en tel désert, il n’avait pas peur quand les démons l’attaquaient, ni ne redoutait la férocité de tant de bêtes sauvages, quadrupèdes et reptiles (cf Ac, 10, 12) qui se trouvaient là […] Mais comme il est écrit il avait vraiment confiance dans le Seigneur. »

Et pourtant le combat est effrayant et dangereux, notamment quand Antoine doit affronter les bêtes réputées les plus féroces : les hyènes : « Comme il veillait la nuit, le diable lança contre lui des bêtes sauvages (thèria), et presque toutes les hyènes de ce désert sorties de leurs tanières l’entourèrent : il se trouvait au milieu d’elles. Chaque bête ouvrait la gueule et menaçait de le mordre. Lui comprenant l’artifice de l’Ennemi, leur dit à toutes : ‘Si vous avez reçu pouvoir contre moi (cf Mt 10, 1) je suis prêt à me laisser dévorer par vous ; mais si vous avez été subornées par des démons, ne vous attardez pas, retirez-vous, car je suis serviteur du Christ (cf Rm 1, 1 ; Gal 1, 10 ; Phil 1, 1)’. A ces mots d’Antoine, elles prirent la fuite, chassées par sa parole comme par un fouet (Jb 5, 21) ». L’efficacité de la parole de celui qui proclame son appartenance au Christ est sans appel.

         Tentations et métamorphoses plus douces existent aussi. Il arrive que le démon use de phantasmes d’autant plus pernicieux qu’ils sont moins effrayants ou moins agressifs ainsi une bête hybride.

Ayant épuisé en vain contre Antoine toutes les formes d’animaux les plus féroces possibles, le Diable lui-même se manifeste sous une forme hybride, mi-homme mi-bête : « Il vit une bête (thérion) d’apparence humaine jusqu’aux cuisses mais ayant des jambes et des pieds comme ceux d’un âne. Antoine se contenta de se signer et dit :  ‘Je suis serviteur du Christ (Rm 1,1). Si tu as été envoyé contre moi, me voici’. La bête (thérion) avec ses démons s’enfuit, si rapidement qu’elle tomba et mourut. La mort de la bête était la chute des démons. Ils s’efforçaient par tous les moyens possibles de lui faire quitter le désert, mais ils n’y réussirent pas » commente alors Athanase. De même que, au désert, le Diable avait épuisé différentes tentations face à Jésus avant de reconnaître sa défaite, face à Antoine il a eu recours à tout le bestiaire du désert pour tenter de le faire renoncer à sa vocation : sévices corporels, apparitions terrifiantes n’ont pas eu raison du serviteur du Christ qui en finissant par chasser les hyènes furieuses puis l’onocentaure immonde manifeste un triomphe continu sur le diable par le nécessaire discernement des esprits auquel il accède par l’oraison et l’ascèse. Il acquiert ainsi le pouvoir que Dieu avait donné à Adam avant la faute.

« Les bêtes sauvages seront en paix avec toi » (Jb 5, 23) : avec les bêtes du désert une sociabilité réconciliée peut s’établir

 Jésus lui-même en est le modèle : vainqueur de Satan « il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient » (Mc 1,13). Et cette bonne entente peut prendre diverses formes.

Les animaux peuvent être subjugués par la prière. C’est ainsi qu’Antoine échappe indemne à des crocodiles : « Il dut un jour franchir le canal d’Arsinoé – c’était pour aller visiter des frères. Ce canal était rempli de crocodiles. Il se contenta de dire une prière, entra dans l’eau, lui et tous ceux qui l’accompagnaient, et ils traversèrent indemnes ». Mais la convivialité avec les animaux sauvages et dangereux n’est pas possible pour tous. Seul le moine qui a atteint un haut degré de sainteté peut communiquer avec l’animal Même les serpents peuvent alors être obéissants et serviables.

Certains animaux dotés de discernement peuvent être les agents de la justice divine et un animal peut aussi discerner la doctrine. Ce que fit le cheval d’un officier de haut grade, le dux Balacios qui, acquis aux ariens, persécute les chrétiens nicéens en particuliers les moines et les vierges consacrées. Antoine lui écrit : « Cesse de persécuter les chrétiens si tu ne veux pas que la colère divine te saisisse ». Balacios s’en moque et menace Antoine : « C’est à toi maintenant que je m’en prendrai » et il se met en route avec le préfet d’Égypte Nestorios ; tous deux montaient des chevaux de Balacios « les plus doux de ses écuries. Pourtant avant d’arriver à l’étape, les chevaux se mirent à jouer entre eux, comme à l’habitude. Soudain, le plus doux, celui que montait Nestorios, mordit Balacios, le désarçonna et se jeta sur lui. De ses dents, il lui déchira si bien la cuisse, qu’il fallut le transporter à la ville où, en trois jours, il mourut. Tous admiraient que la prédiction d’Antoine se fut réalisée ». Pour qu’il n’y ait pas de doute sur le sens surnaturel de l’événement, Athanase insiste sur la douceur de ce cheval justicier.

Des bêtes apprivoisées : une sociabilité réussie

Au début de son séjour dans la montagne intérieure, les bêtes sauvages endommageaient les cultures d’Antoine. « Il captura alors tout doucement une de ces bêtes et dit à toutes : « Pourquoi me faites-vous du tort, puisque moi je ne vous en fais pas ? Allez-vous-en et au nom du Seigneur n’approchez plus d’ici. » Dès lors, comme par crainte de la défense, elles n’approchèrent plus de l’endroit. » Le pouvoir sur les animaux est toujours exercé au nom de Seigneur et ceux-ci font preuve d’obéissance et de crainte de Dieu.

 

 Attaques, hostilité, comportements féroces poussés à l’extrême sont toujours présentés comme manifestations des démons ; mais le Démon n’a pas le dernier mot. Il manipule les animaux sur lesquels il a prise ou simplement suscite des phantasmes, mais il est vaincu. Par une ascèse toujours plus poussée, Antoine obtient dès cette terre la réalisation de la promesse : « Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité dans le désert » (Ez 34, 25), restauration du Paradis perdu, avant-goût du Royaume à venir.   

         

 

 

 

 

 

 

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La Fuite en Egypte – Pourra-t-on à nouveau marcher dans les pas de la Sainte Famille ?

La relance du Chemin de la Sainte Famille, itinéraire de pèlerinage touchant les lieux qui, selon des traditions locales millénaires, ont été traversés par la Sainte Famille au cours de son exil en Egypte, continue d’être au centre d’initiatives, de propositions et de débats enflammés impliquant hommes politiques et opérateurs touristiques égyptiens. Au cours de ces derniers jours, le Président de la Chambre des représentants égyptienne, Al Abdel Aal, a réaffirmé, au cours d’une visite au Patriarcat copte (orthodoxe NDT), que la valorisation du projet touristique à déterminer en suivant les parcours accomplis en Egypte par Joseph, Marie et l’Enfant Jésus, intéresse et implique tous les égyptiens et pas seulement les chrétiens.

Aux déclarations d’intention du Président du Parlement égyptien, a rapidement fait écho le vice-président de l’Association des guides touristiques d’Egypte, Moataz Sayed, faisant remarquer que jusqu’ici les promesses faites par les hommes politiques à propos de la valorisation de ce chemin n’ont pas été suivies d’effets, malgré les engagements pris par le passé, y compris par des Ministres et chefs de gouvernement, à commencer par Ibrahim Mahalab, Premier Ministre de mars 2014 à septembre 2015.

Les premières propositions de valorisation, y compris dans une perspective touristique, du Chemin de la Sainte Famille, remontent même à vingt ans en arrière. Selon les opérateurs touristiques égyptiens, le Ministère du Tourisme constitue l’organisme public qui devrait se charger du projet en intégrant les infrastructures et en favorisant la construction de routes et d’hôtels pour unir en un itinéraire global l’ensemble des lieux conservant la mémoire du passage de la Sainte Famille.

A la fin de l’année dernière – indiquent des sources locales consultées par l’Agence Fides – un Comité pour la relance du Chemin de la Sainte Famille a été constitué près le Ministère du Tourisme égyptien, sous la présidence de Hisham el Demeiri, ancien chef de l’Autorité égyptienne pour la promotion du Tourisme, l’organisme qui a suivi la récente restauration au Caire de la grotte Abu Sarga remontant au V° siècle et construite, selon la tradition locale, sur le lieu où la Sainte Famille se reposa avant d’entamer son voyage de retour en Palestine.

En septembre dernier, au cours de la Conférence économique du New Jersey, organisée par la American Coptic Association, 24 parlementaires égyptiens participant aux travaux ont promis leur engagement politique et institutionnel en faveur de la réalisation concrète du projet Sainte Famille et de la valorisation de l’Egypte en tant que lieu de pèlerinage à proposer surtout aux chrétiens du monde entier.

 

Selon les partisans de l’initiative, la valorisation touristique du Chemin de la Sainte Famille pourrait augmenter le nombre annuel des touristes en Egypte d’au moins un million, au travers de pèlerinages surtout concentrés au cours du temps de Noël. Voici deux ans, un parcours idéal du pèlerinage sur les traces de la Sainte Famille en Egypte avait été déterminé. Il devrait partir de la ville d’Al-Arish, au nord du Sinaï, pour se diriger ensuite vers le delta et vers Wadi Natrun, pour atteindre Assiout et le Monastère de la Vierge Marie, connu aussi comme Monastère d’Al-Muharraq.

Source Agence Fides

Notre photo, Mosaïque du baptistère de Florence

Brèves #NLH

Pour la maison de la Fatwa, il est possible de construire une église en terre musulame

La Maison de la Fatwa, organisme égyptien présidé par le grand mufti d’Egypte et chargé de diffuser des lignes directrices et de mettre fin aux doutes et controverses liés à l’application des préceptes coraniques, a émis une mesure visant à confirmer le fait qu’il est absolument légitime de permettre aux chrétiens de construire des églises au sein d’une nation islamique dans le respect dû aux lois de l’Etat. Le texte affirme également que l’islam soutient les lois civiles basées sur le respect de l’égalité entre les citoyens et que le prophète Mahomet lui-même s’était montré favorable au principe de réciprocité entre Etats ayant une identité religieuse différente.

 

Le texte adopté par la Maison de la Fatwa suit de peu l’annonce faite par le Président égyptien, Abdel Fattah al Sisi, à l’occasion de sa participation à la Messe de Noël en la Cathédrale copte orthodoxe, concernant son intention d’inaugurer d’ici 2018 la plus grande église copte d’Egypte, construite sous la responsabilité du Département d’ingénierie des forces armées, dans une zone de plus de 16.000 m2, au sein de la nouvelle capitale, en construction aux marges de la métropole du Caire.

Source Agence Fides

Afrique non francophone #NLQ

le président égyptien annonce la création de la plus grande église du pays

Il s’agira de l’église copte la plus grande d’Egypte et elle sera inauguré d’ici 2018, dans la nouvelle capitale, qui commence à s’ériger aux marges de la métropole du Caire. L’un de ses financeurs sera le Président égyptien, Abdel Fattah al Sisi. L’annonce du projet a été faite par le Chef de l’Etat lors de sa participation à la liturgie de Noël en la Cathédrale copte orthodoxe du Caire, célébrée par le Patriarche Tawadros II.

Le Président égyptien a indiqué avoir destiné 100.000 livres égyptiennes (soit environ 5.200 €uros) au premier financement de l’initiative, qui prévoit la construction simultanée de la plus grande mosquée et de la plus grande église d’Egypte à l’intérieur du projet urbanistique ambitieux destiné à créer ex nihilo une nouvelle ville, dans laquelle seront concentrés également les bureaux du gouvernement et les sièges des institutions politiques. Au cours de son intervention le Chef de l’Etat a confirmé également l’engagement pris concernant la reconstruction de toutes les églises endommagées ou détruites au cours de l’été 2013, au cours des désordres ayant fait suite à la déposition du Président islamiste Mohammed Morsi.

 

C’était la troisième année que le Président al Sisi participait à la Messe de Noël en la Cathédrale copte orthodoxe. Avant lui, aucun Chef de l’Etat égyptien n’avait pris part personnellement à la célébration de solennités chrétiennes.

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Attentat au Caire : L’Eglise copte orthodoxe au pied du calvaire

          L’explosion d’une bombe est survenue dimanche matin vers 10 heures pendant la messe, dans l’église copte orthodoxe Saint-Pierre et Saint-Paul du Caire, en Égypte. Selon le dernier bilan du ministère de la santé, au moins 23 personnes ont été tuées et 49 ont été blessées. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a condamné fermement l’attentat et a décrété un deuil national de trois jours. Pour le moment, aucune revendication de l’explosion n’a été formulée.

           L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, qui est située à côté de la cathédrale copte orthodoxe Saint-Marc du Caire est l’un des principaux lieux de culte de la communauté dans la ville. La plupart des victimes serait des femmes, la charge de 12 kilos de TNT ayant explosée de leur côté.

L’Egypte a connu ce dimanche, l’attentat le plus violent contre la communauté chrétienne depuis le 1er janvier 2011. La ville d’Alexandrie avait subi un attentat non revendiqué, à la sortie d’une église copte après la messe du Nouvel An, qui avait fait 23 morts et 79 blessés. Les coptes d’Egypte constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l’une des plus anciennes.

          Le pape François a demandé à toute l’Eglise de prier pour les « victimes d’attentats terroristes odieux qui ont frappé différents pays ces dernières heures ». Il s’est adressé tout spécialement au pape copte orthodoxe Théodore II d’Alexandrie : « Je voudrais exprimer ma proximité spéciale à mon cher frère le Pape Tawadros II – patriarche de l’Eglise copte orthodoxe – et à sa communauté, en priant pour les morts et pour les blessés ».

       Le premier ministre d’Egypte, Chérif Ismaïl a déclaré les musulmans et les chrétiens de la nation, solidaires face à ce « terrorisme noir ». L’imam d’Al-Azhar, la plus haute institution de l’islam sunnite en Egypte, a quant à lui condamné une attaque « infâme ».

Orient

Egypte : Possible condamnation du génocide arménien par le parlement

En Egypte, une procédure vise actuellement à soumettre au vote du Parlement une résolution condamnant le génocide arménien. Ce projet de résolution aurait obtenu l’appui de 337 parlementaires indiquent des sources arméniennes. Il doit être présenté à la présidence de l’Assemblée parlementaire pour être soumis aux différents passages qui le conduira au vote de l’Assemblée.

Le processus a été lancé par une intervention devant le Parlement du député indépendant Mostafa Bakri en juillet dernier. Le parlementaire avait demandé au gouvernement et au Parlement égyptiens de reconnaître la nature génocidaire des massacres anti-arméniens perpétrés en Anatolie à compter de la rafle du 24 avril 1915. Cette rafle avait conduit à la mort plusieurs centaines d’intellectuels de la communauté arménienne d’Istanbul.

En 2015, à l’occasion du Centenaire du Génocide arménien, différents livres et transmissions télévisées avaient été dédiés en Egypte également à ces dramatiques événements. Des commémorations du Génocide arménien avaient été également organisées au sein des Parlements syrien et iranien. Cependant l’Egypte pourrait constituer le premier pays à majorité islamique à discuter d’une résolution parlementaire visant à condamner les massacres anti-arméniens du siècle dernier.

Les possibilités que le parlement égyptien se prononce dans le cadre de cette procédure sur cet événement historique semblent favorisées par la détérioration des rapports entre la Turquie et l’Egypte, après la déposition du Président égyptien islamiste Mohamed Morsi, même si ces derniers temps, le gouvernement turc avait lancé des signaux de détente vis-à-vis de son homologue égyptien.

Source : Fides.org

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L’Egypte accuse des égyptiens du massacre de 21 coptes orthodoxes en Libye

En Egypte, la justice accuse un certain nombre d’égyptiens d’être impliqués dans le massacre de 21 égyptiens coptes orthodoxes en territoire libyen au cours de l’hiver 2015. Les inculpés seraient en contact avec les djihadistes du prétendu « Etat islamique » et devraient répondre de la création d’une cellule terroriste affiliée au prétendu « EI », et également de leur fréquentation des camps d’entraînement militaire gérés par les djihadistes en Libye.

Le nouveau chef d’inculpation semble significatif à cause de la motivation dont l’accompagne le Parquet. Les 21 chrétiens coptes auraient été massacrés « pour obliger l’armée à intervenir militairement » dans le conflit opposant les milices djihadistes affiliées au prétendu « Etat islamique » qui contrôlaient une partie du territoire libyen.

En effet, à l’aube du 16 janvier 2015, quelques heures après la diffusion en ligne de la vidéo macabre retraçant l’exécution des 21 coptes, des avions de l’armée égyptienne avaient attaqué et bombardé des positions djihadistes en Libye, et en particulier dans la zone de Derna. « La vengeance par le sang des égyptiens – était-il écrit dans un communiqué diffusé par les forces armées égyptiennes – est un droit absolu et sera appliqué ».

Les 21 coptes massacrés avaient été enlevés en Libye au début janvier 2015. « La vidéo retraçant leur exécution – indiqua à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Antonios Aziz Mina – a été construite comme une mise en scène cinématographique effroyable dans le but de répandre la terreur. Pourtant, il est possible de voir que certains martyrs, au moment de leur mise à mort, répètent « Seigneur Jésus Christ ». Le nom de Jésus a été le dernier mot à affleurer leurs lèvres. Ce nom susurré au dernier instant a été comme le sceau de leur martyre » .

Un récent rapport de l’AED souligne que, depuis la destitution en juillet 2013 de l’ancien président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, la situation des chrétiens s’est beaucoup améliorée en Égypte. Le président al-Sissi est en train d’envoyer des signes encourageants pour l’unité nationale entre musulmans et chrétiens. Ses visites aux célébrations du Noël copte au cours des dernières années en sont la preuve. Cela dit, souvent les lois et les politiques gouvernementales discriminatoires à l’égard des non-musulmans restent inchangées. Une intolérance sociale profondément enracinée et la discrimination des non-musulmans, en particulier des chrétiens, restent de graves problèmes dans la société.

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Brèves #NLH

Egypte : un chrétien torturé à mort dans un commissariat

           Cette mort n’est pas un cas unique. De nombreux chrétiens ont perdu la vie dans des commissariats de police en Égypte, et plusieurs policiers ont été inculpés. En voici le dernier cas rapporté par Assyrian International News Agency (AINA).

Un fonctionnaire du bureau du procureur égyptien a déclaré samedi 12 novembre, qu’une enquête était menée sur le décès d’un homme dans un commissariat de police, après qu’un évêque de l’Église copte eut déclaré que l’homme y avait été battu à mort. Âgé de 50 ans, le chrétien copte Magdy Makin […] avait été détenu dans un commissariat de police et son corps rendu à sa famille lundi 14 novembre. « Son corps montrait des signes évidents de torture », a déclaré son fils Malak Magdy Makin, à l’AFP. « Nous attendons les résultats du médecin légiste pour déterminer si son décès est d’origine naturelle ou criminelle », a précisé Adham Montasser, fonctionnaire au bureau du procureur. L’évêque copte Makarios a affirmé […] que Makin avait été torturé à mort. Il a déclaré sur sa page Facebook avoir rendu visite à la famille pour présenter ses condoléances et que le défunt était mort « des suites d’abominables tortures ».

Source : Christianophobiehebdo.fr

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L’injustice qui frappe les chrétiens coptes d’Egypte

Younan Khalaf est copte catholique, il a 32 ans et vit dans un petit village de Moyenne-Egypte, appelé Qom Al-Loufi, où cohabitent 1 800 chrétiens et 10 000 musulmans. Le 29 juin dernier, des musulmans ont mis le feu à sa maison, et à celles, mitoyennes, de ses trois frères et de sa mère, à cause d’une rumeur, propagée par un politicien en campagne, selon laquelle la maison que Younan Khalaf construisait avec son frère servirait d’église. Depuis juin, l’ouvrier en bâtiment, marié et père de sept enfants, n’a plus de travail.

« Nous sommes vingt-quatre membres de la famille à vivre de la mendicité. On loge dans un garage sans salle de bains », confie l’homme, vêtu d’une djellaba bleue, une croix copte gravée entre le pouce et l’index. « Les autres chrétiens du village sont victimes de brimades à cause de nous. Je ne trouve plus personne vers qui me tourner. Les gens d’Eglise me disent de prier », poursuit-il.

La famille Khalaf refuse de céder aux pressions « de députés, des services de sécurité et de gens du village » pour qu’elle renonce aux poursuites judiciaires et règle le « différend » par une séance de réconciliation. Cette pratique coutumière, où les anciens arbitrent un conflit à l’échelle du village pour y rétablir la paix sociale, est très répandue dans les zones rurales égyptiennes.

« On me dit que si je n’accepte pas, ça va être un bain de sang. Des personnalités du village menacent de tuer mes enfants et de ne plus laisser tranquilles les autres chrétiens si je refuse. Même certains chrétiens font pression pour que j’accepte », déplore-t-il.

Le cheikh de la mosquée Al-Azhar, fonctionnaire d’Etat, s’est exprimé en faveur de ces séances – « Elles résolvent le problème à la racine, alors que la justice ne règle que le problème entre deux personnes » – et accuse les médias d’avoir transformé de simples incidents en conflits confessionnels. Les représentants chrétiens ne sont pas du même avis. « Nous rejetons ces séances où celui qui est persécuté doit se taire et se plier aux demandes du village. Les assaillants n’y sont pas punis, donc les incidents se reproduisent encore et toujours », déclare le prêtre Benjamin.

Younan Khalaf ne sait plus vers qui se tourner. Les services de sécurité « ont laissé faire les assaillants ». Côté justice, « il y a une différence de traitement entre chrétiens et musulmans. Il n’y a jamais de verdict sauf quand il s’agit d’accuser les chrétiens de blasphème », dit-il. Et le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites, début août, de reconstruire les maisons, d’offrir des compensations et de construire une église à Qom Al-Loufi.

Le désarroi de Younan Al-Khalaf fait écho au malaise de la communauté chrétienne d’Egypte (près de 10 % de la population) après une nouvelle série de heurts particulièrement violents depuis janvier. Pas moins de dix incidents, dont un mortel, nés de rumeurs sur la construction d’églises ou de relations amoureuses entre chrétiens et musulmans, ont dégénéré en affrontements confessionnels. Des maisons ont été incendiées, des personnes molestées et, dans un cas, une femme âgée déshabillée en public.

Les conflits confessionnels ne sont pas nouveaux en Egypte mais, depuis la chute du président Moubarak, en février 2011, pas moins de 77 incidents confessionnels ont été documentés à Al-Minya par l’Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR). Les tensions ont été vives de 2011 à 2013, sous la transition du Conseil suprême des forces armées, puis sous la présidence de l’islamiste Mohamed Morsi. Lors de la destitution de ce dernier, les chrétiens ont fait l’objet de représailles pour leur soutien à l’armée et à son homme fort, Abdel Fattah Al-Sissi.

Depuis qu’il a été élu président en mai 2014, M. Sissi a multiplié les gestes en direction de la communauté chrétienne et de ses représentants, qui l’assurent en retour de leur loyalisme. « La situation a changé en mieux grâce à l’aide de Dieu et à la sagesse de Sissi. L’armée a réparé les dégâts occasionnés le 14 août 2013 et, après la dernière vague d’incidents, le président Sissi a remplacé le gouverneur d’Al-Minya ainsi que des responsables de la sécurité », salue le père Benjamin. « Nous ne formons qu’un seul et même peuple », ajoute-t-il, appelant à la patience.

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Afrique non francophone

L’Eglise anglicane d’Egypte interdit les célébrations visant à bénir les unions homosexuelles

Le rapport entre deux personnes du même sexe « est contraire au dessein de Dieu, constitue une offense envers Lui et reflète un désordre par rapport aux intentions de Dieu concernant la complémentarité dans les rapports sexuels ». L’Eglise « ne peut tolérer des unions homosexuelles comme forme de comportement accepté par Dieu ».

C’est pourquoi « toute disposition pastorale prise par une église à l’égard de tout couple homosexuel – telle qu’une liturgie ou un service religieux destiné à bénir leur union sexuelle – qui élimine la nécessité d’un repentir et d’un engagement à mettre en œuvre un changement de comportement, rendu possible par la force de l’Esprit, serait en contraste avec la doctrine orthodoxe traditionnelle de la communion anglicane, en ce qui concerne le mariage et la sexualité. Des dispositions pastorales en matière de genre, si elles peuvent donner l’impression superficielle de fournir à l’Eglise une image plus humaine et socialement plus acceptable, cachent en réalité la violation de la doctrine de référence.

 

C’est ainsi que s’expriment les 12 primats et les 90 délégués de 20 provinces anglicanes liées au Global South Anglican dans un document comptant 11 points dédié aux unions homosexuelles, signé et publié à l’occasion de la VI° Global South Conference s’étant tenue au Caire du 3 au 8 octobre.

 

En réaffirmant leur nette opposition à la célébration liturgique de « mariages » homosexuels, les représentants des églises anglicanes du Global South réitèrent également leur soutien plein et entier à un soin pastoral qui sache accueillir et accompagner les personnes homosexuelles en les acceptant « pour ce qu’elles sont, comme Dieu nous a acceptés tels que nous sommes.

 

Nous nous opposons  au dénigrement ou à l’humiliation de ceux qui ne suivent pas les voies de Dieu. Nous affirmons que toute personne est aimée par Dieu, tout comme nous devons aimer comme Dieu aime. Notre mission est d’aider à revenir sur les chemins de Dieu, en les invitant à recevoir l’amour transformateur du Christ qui leur donne le pouvoir de se repentir et de cheminer en nouveauté de vie ». Le document indique également que, dans la décision de traiter la question des unions homosexuelles, il n’existe aucune intention de minimiser le caractère peccamineux d’autres comportements « contraires au chemin voulu par Dieu pour le genre humain », tels que l’égoïsme, la malice, la jalousie, la haine, l’homicide.

 



La prise de position des primats et des représentants anglicans réunis au Caire  a été accueillie avec satisfaction par d’autres églises et communautés ecclésiales présentes en Egypte.
Le Global South Anglican est un organisme de coordination dont font partie 24 des 38 provinces de la communion anglicane se trouvant dans l’hémisphère sud et qui comprennent toutes les provinces anglicanes d’Afrique, ainsi que presque toutes celles d’Amérique du Sud et une grande partie de celles d’Asie. 

 

Source Agence Fides