A la une #Tribunes et entretiens

Immigration et charité chrétienne en accueillir moins pour les accueillir mieux

En janvier 2011, l’observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon organisait un journée d’étude intitulée Immigration et charité chrétienne.

Au cours de cette journée, le frère Romaric Morin a exposé la doctrine de l’Eglise sur la question de l’immigration. Cyril Brun pour sa part a brossé un tableau de la situation à l’époque. C’est au professeur Jacques Bichot qu’est revenu de prendre la question à bras le corps.

L’économiste catholique, expert en doctrine sociale de l’Eglise a ainsi argumenté son exposé : en accueillir moins pour les accueillir mieux.

NLH #NLQ #USA

USA – Évêques, Trump, bras de fer ou coopération ?

L’électorat catholique n’est pas pour rien dans l’élection de Donald Trump. Ses positions pro-vie lui ont valu soutiens et sympathies et à n’en pas douter l’épiscopat américain n’était pas mécontent de le voir emménager à la Maison Blanche.

Le président élu lui-même à tout de suite après son élection publié une vidéo assurant les catholiques qu’ils pourraient désormais compter sur son administration. Un grand changement qui n’occulte pas pour les évêques l’inquiétude quant aux immigrés.

Du 8 au 14 janvier, l’Amérique vit une semaine nationale des migrations. L’occasion pour l’épiscopat de rappeler au président Trump qu’ils seront aux côtés des familles de migrants.

« Nous sommes à vos côtés »  affirme le texte de la conférence éiscopale publié à l’occasion de cette semaine.

Pour les évêques, les migrations sont une espérance.

« La migration  est un acte de grande espérance. Nos frères et sœurs qui sont contraints à émigrer, souffrent des séparations familiales dévastatrices et souvent doivent affronter des conditions économiques désespérées… En tant que catholiques aux Etats-Unis, la majeure partie d’entre nous peut trouver des histoires au sein de nos familles concernant des parents, des grands-parents ou des arrière-grands-parents qui ont quitté leur antique pays pour un avenir prometteur aux Etats-Unis ».

« Cette Semaine nationale des Migrations constitue l’opportunité de poursuivre le travail important visant à accueillir l’étranger et à servir les plus vulnérables, comme partie intégrante d’une politique humanitaire de l’immigration »

Cette déclaration fait écho à la lettre envoyée par les évêques à Donald Trump le 15 novembre dernier pour exprimer le souhait qu’il commence son mandat en reconnaissant la contribution des immigrés à la nation et en ne séparant pas les familles au travers de son plan d’expulsions massives annoncé au cours de la campagne électorale.

Nul doute que l’Eglise américaine sera très attentive et se voudra un interlocuteur de poids tout au long du mandat Trump sur cette délicate question.

Source

Brèves

Que pensent les candidats à la Primaire de l’immigration ?

La question de l’immigration divise les catholiques. Entre immigration et charité la réponse n’est ni évidente ni univoque. Il va falloir bientôt se prononcer sur le prochain président de la république. Les primaires ayant transformé cette élection en un scrutin à quatre tours, que pensent les candidats de la Primaire sur ce sujet épineux ?

Entre blancs bonnets et bonnets blancs, une rhétorique de la séduction.

La chaîne de télévision La Primaire pour tous analyse les programmes des différents candidats à la primaire de la droite (et du centre) sur l’immigration.

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NLH #Tribunes et entretiens

Immigration versus identité

Alors que le pape François vient d’ouvrir un nouveau point d’attention sur la question des réfugiés, en invitant à la prudence les pays d’accueil, que penser de l’opposition immigration/identité ?

 

Comme bien des sujets d’actualité, la question de l’immigration est particulièrement sensible, dans la mesure où elle est biaisée et politiquement récupérée. Il devient délicat de parler de l’immigration sans risquer le catalogage primaire dont usent abondamment certains milieux politiques ou démagogiques. L’immigration en devient, du reste, un sujet quasiment tabou de la pensée unique ambiante. Il y aurait, à ce sujet, une belle étude à faire sur cette pensée unique ! Mais restons sur notre propos suffisamment complexe en lui-même.

L’immigration est la proie des amalgames, des idées reçues et des raccourcis démagogiques. La droite classique (Nicolas Sarkosy excepté) n’ose pas aborder le sujet par peur d’être récupérée ou de perdre des électeurs, tandis que la gauche dans son ensemble en fait une affaire de dignité, de cœur et d’affectivité, face à une extrême droite exaspérée qui en nourrit le cœur de son programme. Il est dès lors difficile de demeurer objectif au milieu de telles passions. Mais à cristalliser le débat sur le thème racial et humain, nous l’avons ni plus ni moins stérilisé. L’immigration n’est pas d’abord une histoire de race, ou de droits de l’homme. Elle est d’abord une histoire d’homme au singulier. Celui qui immigre est d’abord quelqu’un qui émigre. Il s’agit d’une personne humaine égale en droit et en dignité à toute autre personne. Comme toute personne humaine, l’immigré à une histoire personnelle qui le constitue, des droits et des devoirs. C’est une personne qui quitte un groupe pour une raison ou pour une autre et qui vient s’insérer dans un autre groupe qui lui préexiste. Ce groupe lui apportera ce qui le constitue et lui, offrira ce qu’il est au groupe. Ce qui de soi est très fructueux et source de progrès et de richesse. Mais il est évident que celui qui est nouveau venu s’insère dans ce qui lui préexiste.

Il appartient, en revanche au groupe qui l’accueil de lui faciliter cette insertion. L’étranger qui ne s’insère pas et ne respecte pas les lois du pays ne doit pas être traité différemment de toute personne native du pays enfreignant les lois. Il ne faut pas cependant tomber dans les travers naïfs et candides d’une telle pensée. L’immigré qui arrive, sans renier ce qu’il est et sa fierté nationale propre, doit s’engager à respecter l’identité propre du pays qui l’accueil et doit même l’aimer. Il est un fait qu’un immigré qui ne se sent pas bien dans le pays d’accueil doit prendre acte de son malaise et peut être en changer. Il est un fait aussi que le pays doit s’attacher à faciliter une intégration plus ou moins facile. La différence de culture et d’histoire peut être plus ou moins forte bien sûr. Et il n’entre pas dans le devoir d’accueil de se renier soi-même pour mieux accueillir.

La difficulté actuelle de l’immigration, est double. Tout d’abord, un pays comme la France n’a plus forcément les moyens de bien accueillir. La question légitime se pose alors de savoir s’il y a ou non une limite à l’accueil. La réponse est assez évidente. La solidarité ne suppose pas de se mettre soi-même en péril. Que signifie alors se mettre en péril ? Peut être que la question mérite ici d’être posée de façon plus fine. Il peut paraître injurieux de considérer qu’un pays comme la France ne peut accueillir sans se mettre en péril alors que d’autre ne parviennent pas à émerger jusqu’à la simple dignité de vie. La pauvreté est relative. L’étude récente menée par l’Union Européenne sur le seuil de pauvreté en Europe le montre bien. Un pauvre de France n’est pas le même pauvre qu’en Roumanie. Dès lors le seuil de péril pour une nation n’est pas non plus le même. Et, il est contraire au bien commun de l’humanité de faire régresser une partie du monde, même pour en faire avancer d’autres. Car il n’est pas conforme à la dignité de la personne humaine de lui demander de donner en dessous de ce qu’elle est capable de produire dans le respect de sa dignité propre. Ce n’est pas en partageant plus le gâteau qu’il y aura à manger pour tout le monde, mais bien en augmentant la taille du gâteau. En revanche, cette croissance ne doit pas se faire sans l’ensemble des populations du monde. Pour en revenir à l’immigration, il n’est pas concevable et de toute façon utopiste, de demander à un pays entier de sacrifier sa croissance et son équilibre, au profit d’autres personnes ou pays. L’immigration doit nourrir la richesse propre du pays et apporter à l’immigré le nécessaire à son épanouissement et à sa dignité. Il faut tenir les deux, sinon le déséquilibre devient néfaste.

De même il faut avoir conscience qu’un immigré prive de ses compétences son propre pays. Nous nous plaignons suffisamment, en France de la fuite des cerveaux pour comprendre ce que cela signifie pour d’autres pays plus défavorisés. L’immigration est une composante importante du développement durable. Il convient donc de bien cerner pourquoi certains quittent leur pays. Le manque de travail, de richesse, la sclérose des systèmes ou des débouchés professionnels en termes de carrière, le non respect de la dignité humaine en sont quelques traits saillants. Les pays d’accueil ne peuvent pas servir de refuge au monde entier. Leur tâche, au contraire est de favoriser le développement des pays en difficultés et leur démocratisation, de façon à limiter l’immigration politique. Là, il faut que les occidentaux se mettent d’accord avec eux-mêmes. Une délocalisation en France c’est autant d’immigrés potentiels en moins.

La question de l’immigration est bien plus profonde que ce que pourra en traiter une loi de contrôle de l’immigration. Ces lois cherchent à gérer les problèmes que pose l’arrivée massive d’immigrés que la France ne peut plus accueillir. C’est le rôle de telles lois et leurs prérogatives ne leur permettent pas de faire autre chose. Mais c’est bel et bien en amont que la question que l’immigration se traitera. Le combat pour le respect des droits de l’homme, du travailleur, de l’enfant, ainsi que la lourde et lente politique du développement durable sont des outils bien plus efficaces à long terme.

Il n’empêche qu’il faut vivre le court terme et le gérer et il ne faut pas nier qu’une certaine immigration fait peur. Encore faut-il avoir le courage de l’affronter dans sa réalité et cesser de rejeter la faute sur l’autre ! Il y a un problème d’intégration d’une certaine catégorie de la population immigrée. C’est un fait. Ce fait exaspère l’ensemble de la population française (par rejet ou par opposition à ceux qui rejettent). Soit ! Mais qu’allons-nous faire ? Entrer en guerre civile les uns contre les autres ? Jeter tout le monde dehors ?

Le problème fondamental de toute intégration qu’elle soit nationale ou plus intime dans le groupe professionnel ou familial, n’est pas d’abord du côté de celui qui arrive, mais de celui qui accueille. Bien sûr les « cas » existent. Mais quand l’ensemble ou la majorité de ceux qui arrivent posent problème, n’y a-t-il pas une cause à chercher en face ? Avons-nous été clairs sur ce que nous sommes ? En un mot, le fond du problème de l’intégration ne serait-il pas, aussi, à chercher dans la perte de notre identité ? Imaginez-vous arriver dans une nouvelle famille. Vous avez perdu la votre et par ce fait vous êtes déjà fragilisés. Mais cette famille d’accueil ne vous donne aucune règle de conduite, vous n’en connaissez pas les normes et les valeurs, d’autant que vous vous rendez compte qu’elles sont floues. Comment allez-vous faire pour vous insérer, vous construire, être en paix ? Voilà, à mon sens, un des problèmes de fond de l’immigration dite maghrébine. Nous ne savons pas qui nous sommes vraiment, car notre société se cherche et se construit après s’être déconstruite, alors qu’en face de nous nous avons un peuple fier de ses racines et avec un sens communautaire et identitaire fort. C’est nous qui sommes faibles face à eux ! Mais faibles chez nous, d’où un problème de fond difficilement soluble.

La première des questions à se poser face au problème de l’immigration, est paradoxalement un problème d’identité nationale. Il est impossible d’aller vers l’autre tant que l’on n’est pas sûr de soi.

Alors sortons de cette crise de conscience, en affrontant avec vérité le problème de l’immigration. Oui, c’est un devoir d’accueillir l’étranger et le racisme est inacceptable. Oui, nous devons d’abord penser à nous pour mieux penser aux autres. Oui, travailler à ce que les étrangers se sentent mieux chez nous est parfaitement compatible avec le fait de tout faire pour qu’ils n’aient pas à quitter leur pays. Oui, je dois préserver mon environnement et ma sécurité, mais en tirant l’ensemble du monde vers le haut et non au détriment de quelques plus pauvres. En aucun cas non plus cette option ne doit conduire à la paupérisation des plus riches. Le vrai combat, long, lourd et lent est de hisser tout le monde vers le haut. Ce qui ne veut pas dire, pour les plus riches de ne pas renoncer au superflu. L’immigration doit prendre en compte l’ensemble de ces données. La France est un pays d’accueil, mais elle ne peut accueillir indéfiniment. Il convient donc de réguler cet accueil de façon à ne pas compromettre l’intégration, ni la sécurité et le bien être vital de la population nationale.

Il y aurait encore bien à dire sur ce vaste sujet et j’ai bien conscience que ces quelques lignes ne répondent pas à la polémique actuelle, mais tel n’était pas mon ambition. Je pense qu’avant d’y répondre, il faut avoir à l’esprit les fondements de la réflexion. Sur un sujet aussi polémique et affectif, il me paraissait important de dépassionner le débat pour réellement l’ouvrir.

Source Cyrano.net

A la une #NLH #NLQ #Rome

Le pape invite à la prudence dans l’accueil des réfugiés

Pour la première fois depuis qu’il s’est lui-même engagé dans la question des réfugiés, le Saint-Père se penche sur l’autre aspect de la question : la capacité d’accueil des pays.

On sait l’engagement du pape François, engagement personnel, pour l’accueil des réfugiés. Il n’a cessé de répéter qu’on ne pouvait fermer la porte à une personne humaine dans la détresse. Et il l’a redit dans l’avion qui le ramenait à Rome après son séjour suédois.

Mais tout en maintenant cet aspect essentiel de la foi et de la charité, il vient d’y ajouter un autre élément de vérité, la capacité d’accueil des pays.

Il faut « la prudence des gouvernants » : « ils doivent être très ouverts pour recevoir [les réfugiés] mais aussi réfléchir à la façon de les installer, car le réfugié ne doit pas être seulement accueilli, mais aussi intégré. Si un pays a une capacité (…) d’intégration, qu’il fasse ce qu’il peut. Si un autre en a plus, qu’il fasse plus ».

 

Un rééquilibrage du discours pontifical qui devrait apaiser les crispations nombreuses de chrétiens sur cette sensible question qui, si elle concernent des êtres humains en détresse, engage également une civilisation elle-même malmenée.

Pour aller plus loin, c’était la conclusion du Pr Bichot à l’occasion de la journée d’étude de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Toulon : en accueillir moins, pour les accueillir mieux.

 

 

 

Tribunes et entretiens

Tribune – Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité et les camps de migrants

Alors que débute le démantèlement de la jungle de Calais, nous publions ici la tribune d’un lecteur chrétien sur cette question très controversée à l’heure actuelle chez les catholiques.

 

La question de l’hospitalité et du migrant nous renvoie directement à des questions d’anthropologie sur la nature de l’homme, la violence et le lien social, l’origine commune de l’humanité, la justice et les inégalités, la solidarité transnationale et le droit cosmopolitique.

 

Selon que l’on voit la violence comme accidentelle ou ontologique, par construction sociale ou par état de nature, on naviguera du droit cosmopolitique kantien à l’hospitalité inconditionnelle d’un Levinas ou d’un Derrida, l’articulation de la justice et de la charité se dessinant sur fond de nostalgie du paradis perdu ou d’espérance millénariste, la position chrétienne étant à tort assimilée à la position kantienne dans la critique de Derrida.

 

L’ouvrage monumental publié en 2004 sous la direction d’Alain Montandon, Le livre de l’hospitalité. Accueil de l’étranger dans l’histoire et les cultures, est révélateur de l’influence de Derrida, pour qui l’hospitalité est infinie, inconditionnelle et absolue ou elle n’est pas, ce qui signifie, sur le plan pratique, que l’hospitalité consiste à accueillir l’étranger sans restriction et sans limites temporelles.

 

Dans son remarquable article Dieu : une hospitalité inconditionnelle ?[1], le théologien Paul Wells nous rappelle à quel point l’hospitalité de Dieu n’est aucunement inconditionnelle, ni dans la création, ni dans la rédemption.

 

 

L’éthique du sermon sur la montagne relève-t-il de la loi civile ou d’un choix personnel ?

Peut-on considérer que celui qui veut m’imposer la Charia, une culture du péché, une fausse religion, la polygamie et qui n’a aucun respect pour l’Etat de droit et les valeurs chrétiennes est mon prochain (πλησον) ?

Est-il du devoir de chacun de tendre l’autre joue à celui qui le gifle ?

Est-il du devoir du magistrat de tendre la joue gauche à celui qui lui frappe la droite ?

Est-il du devoir de l’Etat de laisser faire l’agresseur ?

A qui est destinée l’éthique du sermon sur la montagne ? A qui s’adresse-t-elle ? Et dans quelle situation ?

 

Reprenons les textes de Matthieu 5:38-44 et Jean 18:22-23.

38 Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.

39 Mais moi je vous dis de ne pas résister à celui qui vous fait du mal ; mais si quelqu’un te frappe à la joue droite, présente-lui aussi l’autre.

 

Mais remarquons que le même Jésus, giflé lors de son procès devant le Sanhédrin (Jean 18), ne tend pas l’autre joue :

22 A ces mots, l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? »

23 Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

 

Comment comprendre cette apparente contradiction ?

Elle n’existe que si l’on oppose la Loi et l’Evangile ; or le chapitre de Matthieu 5 doit se lire à la lumière du verset 17 : Ne pensez point que je sois venu abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour les abolir, mais pour les accomplir.

 

Une fois de plus, la déclaration de Jésus n’a pas pour but de déclarer injuste et d’invalider la loi du Talion, mais de nous inviter à une plus haute justice : soyez donc parfaits, comme votre Père, qui est dans les cieux, est parfait (Matthieu 5:48).

Mais cette invitation intime et personnelle à vaincre le mal par le bien (Romains 12:17-21) concerne-t-elle le magistrat dans l’exercice de l’autorité que lui a déléguée Dieu pour maintenir la paix et la sécurité ?

Comment le droit se concilie-t-il avec l’expression de la patience chrétienne ?

 

Le précepte du sermon sur la montagne vise avant tout une attitude de patience vis-à-vis des adversaires de l’Evangile, mais il ne peut en aucun cas être interprété comme une loi civile. La réponse de Romains 12:17-21 sur le plan de l’éthique personnelle se poursuit dans le développement de Romains 13:1-7 sur le plan de l’éthique sociale.

Jésus ne minimise, ne banalise, ni ne dépénalise le mal.

C’est la liberté du chrétien, dans son discernement et sa maturité, que d’accepter de souffrir pour le Christ et son témoignage, et ce sans nuire aux intérêts d’autrui ni abandonner ses responsabilités sociales.

Mais c’est la responsabilité du magistrat, instrument de Dieu, de faire justice et châtier ceux qui font le mal. (Romains 13:4).

 

Il nous faut à ce stade bien distinguer deux niveaux d’action dans un monde touché par le péché :

– le niveau politique et les fondements de la loi civile avec le magistrat comme ministre de Dieu pour maintenir l’ordre social et sanctionner, au nom du Christ (Romains 13), les agresseurs, les violents, les personnes en qui le péché se manifeste avec une force et une expression déterminée.

– le niveau personnel du disciple de Christ qui choisit, sans nuire à son entourage, sans sacrifier le droit et le bien des autres, un chemin d’abnégation et de patience, espérant faire triompher l’Evangile.

 

Il nous faut noter que nul n’est en droit d’imposer ce cheminement personnel à autrui.

Aucun magistrat n’est autorisé à contraindre ceux dont il a la responsabilité sociale à suivre ce chemin d’abnégation. D’autant plus si lui ne semble pas vouloir l’appliquer à titre personnel. Nul ne peut sacrifier les intérêts d’autrui, à commencer par le magistrat.

 

La dimension métapolitique de l’immigration massive

L’idée du « grand remplacement » est aussi ancienne que le péché.

Rien de nouveau sous le soleil comme dirait l’Ecclésiaste. C’est même un jugement de Dieu précisément décrit dans Deutéronome 28, le jugement qui frappe un peuple apostat.

 

Le texte parle de lui-même :

33 Et un peuple que tu n’auras point connu mangera le fruit de ta terre et tout ton travail, et tu seras exposé tous les jours à souffrir des torts et des concussions ;

34 Et tu seras hors de toi-même pour les choses que tu verras de tes yeux ;

43 L’étranger qui est au milieu de toi montera au-dessus de toi, fort haut, et tu descendras fort bas ;

49 L’Eternel fera lever contre toi de loin, du bout de la terre, une nation qui volera comme vole l’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue.

 


 

 

Conclusion

L’hospitalité inconditionnelle qui inspire nos gouvernants socialistes [en recherche désespérée d’électeurs] tient sa source dans la pensée de Derrida et son anthropologie utopique niant le péché originel.

L’immigration musulmane massive que subit la France indique que le jugement de Dieu sur le fanatisme abortif, contraceptif, pornographique et antichrétien est arrivé. Elle questionne notre propre péché.

 

Seul un retour sincère au christianisme biblique et doctrinal pourrait inverser cette situation et ses conséquences.

Et n’est-il pas temps de distribuer des milliers et des dizaines de milliers de Bibles à tous ces migrants ? N’est-il pas temps de leur offrir de lire le décalogue et l’Evangile et d’accéder à un autre message ?

Sur le plan personnel, il me semble que nos initiatives doivent aller dans ce sens.

 

Sur le plan politique, les Hollande, Juppé, Sarkozy, Philippot, Vallaud-Belkacem, NKM … qui cherchent à nous imposer leur apostasie anti-chrétienne, leur religion humaniste sécularisée (est-elle pire que l’islam ?), leurs normes dénormées par rapport à la Parole de Dieu, tout concitoyens français qu’ils soient, sont eux-mêmes le premier problème.

Il va sans dire que ces magistrats – responsables sociaux à qui ont été confiés nos intérêts en tant que communauté – aveugles et paralysés doivent être remplacés par des hommes et des femmes clairvoyants, capables, conscients des enjeux et de leur responsabilité. Des magistrats qui savent que Jésus est le maître de César.

 

 

Franck Jullié