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Egypte – Une déclaration anti chrétienne crée le malaise deux semaines après la venue du pape

Décidément, ce voyage pontifical en Egypte aura crispé bien des personnes. Après des orthodoxes qui accusent le patriarche Tawadros II de s’être soumis au pape de Rome, les tensions au sein de l’université Al-Azhar, c’est au tour du gouvernement d’être en proie aux divisions, suite aux déclarations farouchement anti-chrétiennes d’un sous-secrétaire d’État au ministère chargé des dotations religieuses. Condamné très vite par son ministre, le prédicateur n’en a pas moins repris les griefs essentiels des musulmans à l’encontre des chrétiens trinitaires : la remise en cause du Dieu unique.

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Conférences/Formations #NLQ

Pau – Conférence sur l’islam et le christianisme

Les Associations familiales catholiques de Pau organisent une conférence sur le thème : « Islam et christianisme : comprendre les différences de fond » avec le Père François Jourdan, théologien eudiste, islamologue, mercredi 17 mai 2017 à 20h30 au CDB, 11 avenue du Béarn à Pau (attention le lieu a changé, il n’est plus le même que celui indiqué sur l’affiche).
Nombre de places limitées !
contact : afc64pau@gmail.com

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Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ? Point de vue d’un catholique

 

A l’automne dernier nous vous signalions la parution d’un livre pour comprendre l’Islam.

En voici un résumé, avant d’aller plus loi et de le commander 

Par Pascal Raines – Préface du Père Henri Boulad, s.j.

L’islam nous est présenté comme une religion d’amour, de tolérance et de paix par d’éminents responsables musulmans. Pourquoi donc les proclamations belliqueuses, les menaces et les attentats perpétrés au nom d’Allah ? Comment comprendre des comportements, des discours et des actes aussi opposés de la part des musulmans ?

Le monde islamique est complexe. Pour autant, le Coran est et restera la source première et ultime de toute pensée musulmane. Le Coran, c’est la parole même d’Allah ; elle n’est pas sujette à interprétation ou modification.

Tout découle du Coran. Le connaître, c’est connaître l’islam dans ses fondements. Et seulement sur cette connaissance préalable, un possible dialogue dans la vérité pourrait alors être envisagé et s’engager.

Connaître le Coran dans ses principes

Le Coran n’est pas si compliqué à comprendre à condition de connaître les clefs de compréhensions que la plupart des Occidentaux ignorent malheureusement.

Il y a deux périodes fondamentales dans le Coran et elles coïncident avec l’histoire de Mahomet et de la révélation.

Il y a l’époque où Mahomet se trouve à la Mecque (610-622), c’est la première période ; il prêche alors un islam relativement modéré et tolérant.

La deuxième est celle où Mahomet est à Médine (622-632) ; il est alors en position de force et l’islam annoncé est conquérant, violent, voire haineux contre tout non-musulman.

Inévitablement, les versets des deux périodes se contredisent.

Le conflit est résolu par la règle fondamentale de l’abrogeant-abrogé avalisée par al-Azhar. Elle repose sur deux versets essentiels (sourate 2, verset 106 et S. 16, v. 101) dans lesquels Allah annule l’autorité des versets de la première période de la Mecque au profit de ceux de la deuxième de Médine.

En d’autres termes, seules les sourates violentes et belliqueuses de Médine sont à appliquer véritablement.

Parmi ces versets belliqueux, on peut citer tout particulièrement le 9:5 « le verset de l’épée » et le 9:29 « le verset du combat » qui abrogent à eux seuls plus d’une centaine de versets plus ou moins conciliants.

 

La dissimulation recommandée par Allah

La taqiya (la dissimulation) est un autre aspect capital du Coran que les Occidentaux méconnaissent. Elle régit les relations que les musulmans doivent avoir avec les non-musulmans.

Le principe de la taqiya se retrouve en particulier dans le verset 3:28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion de Dieu, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. » Le musulman pour protéger sa foi ou induire en erreur l’infidèle peut et doit mentir, dissimuler ses intentions s’il n’est pas en position de force : c’est une injonction d’Allah et du Prophète.

Un exemple précis est cette phrase qui revient fréquemment dans la bouche des dignitaires religieux musulmans : « Tuer un homme revient à tuer l’humanité ». Il est sans doute important de s’y arrêter.

Cette phrase a notamment été prononcée lors de la rencontre de centaines de responsables musulmans réunis à Paris à l’appel du CRCM (Conseil Régional du Culte Musulman) Rhône-Alpes le 29 nov. 2015 suite aux attentats du 13 nov. 2015 à Paris.

« Tuer un homme revient à tuer l’humanité » se fonde sur le verset 5:32 : «  Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël [aux Juifs] que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. (…) ».

On constate que les propagandistes ont omis « pour les Enfants d’Israël » qui restreint la portée humaniste et pacifique voulues.

Mais cette omission est capitale et se précise avec le verset suivant (5:33) : «  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. » En d’autres termes, ceux qui touchent aux valeurs essentielles de l’islam doivent s’attendre au pire.

Il est donc clair que le Coran ne dit nullement que « tuer un homme revient à tuer l’humanité » puisqu’on peut l’exécuter pour défendre la suprématie de l’islam !

Ces dignitaires religieux musulmans – qui connaissent le Coran – détournent sciemment le sens véritable d’un verset pour induire en erreur et tromper ; ils usent indéniablement de la taqiya, de la dissimulation et de la diversion. C’est ce que Allah leur demande.

Les appels à la violence dans le Coran sont réels et abusivement minimisés

Face aux appels à la violence, à l’épuration religieuse exigée par Allah dans le Coran, il est courant d’entendre qu’il y a un problème de traduction, qu’il faudrait considérer le contexte et que la Bible elle-même n’est pas exempte de violence.

La langue originelle du Coran est l’arabe littéraire. Les traductions présentent souvent de minimes différences entre elles, mais pas au point de faire des contresens. En d’autres termes, le consensus des multiples traductions ne peut trahir le sens véritable du Coran. Dans Quel dialogue possible avec l’islam du Coran ?, l’auteur utilise simultanément pas moins de cinq traductions et notamment celle d’Hamidullah qui fait autorité.

Le lecteur de la Bible sait très bien qu’il ne faut jamais interpréter un verset seul, mais le comprendre dans le contexte, notamment historique du passage, du livre lui-même. Avec ses soixante-treize livres de styles très différents et un temps de rédaction de presque quinze siècles, la Bible nécessite de bien connaître le contexte pour l’appréhender correctement.

Ce principe d’interprétation est tout aussi valable pour le Coran. Il est toutefois beaucoup plus facile à mettre en application, car le Coran – selon la tradition islamique – n’a que Mahomet pour auteur qui n’a écrit que sur une vingtaine d’années (« a été sous la dictée » disent les musulmans).

Dès lors, étudier le contexte d’un verset coranique se résume finalement à examiner les versets voisins pour avoir la signification de ce que dit réellement le Coran. Les hadiths (les paroles et les actes de Mahomet et ses compagnons transmis par la tradition musulmane) viennent appuyer le Coran mais ne peuvent jamais le contredire.

Le Coran s’achève avec les sourates médinoises par de multiples appels à la violence et au meurtre, des appels qui n’ont pas de limites dans le temps et l’espace et dont la valeur reste pleinement actuelle. L’exemple du verset « Ô Prophète, incite les croyants au combat. (…) » (8:65) est significatif à cet égard. Il a été donné à un moment précis, celui de la bataille d’Ohod. Mais ce moment donné n’est pas précisé dans le Coran afin de souligner que c’est un ordre hors du temps venant d’Allah, toujours valable et pas seulement lié à un événement particulier, d’autant plus que le Coran est considéré par les musulmans comme incréé, éternel, préexistant.

Le Coran est clair ; Mahomet a été dicté par Allah (97:1) à travers l’ange Jibrīl (Gabriel), par des révélations (42:51), à la différence des prophètes inspirés de la Bible. Le Coran n’est donc sujet à aucune erreur et ne peut être contesté. Du coup, la tutelle d’Allah est immédiate sur le texte coranique et lui donne une force (supposée) divine qui cautionne la violence et empêche toute réforme. Les réformateurs de l’islam n’ont jamais pu influer sur la tradition musulmane et rassurent en vain sur une hypothétique et chimérique modernisation du Coran et une réforme de l’islam.

Bien distinguer les musulmans du Coran lui-même

L’immense majorité des musulmans sont pacifiques et veulent vivre en paix avec tous. Mais ce n’est pas ce qu’ordonne Allah qui leur demande de combattre. «  Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. (…) » (2:216). Allah dédouane même les jihadistes de leurs méfaits : «  Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Allah qui les a tués. » (8:17).

Et même si comparativement, il y a peu de gens prêts à suivre Allah dans ses injonctions guerrières, ces personnes sont perçues par les pieux musulmans eux-mêmes comme des héros puisque Allah en personne les bénit  : «  (…) Dieu a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense ; des grades de supériorité de Sa part ainsi qu’un pardon et une miséricorde. Dieu est pardonneur et miséricordieux » (4:95-96).

Vous l’avez compris : il y aura toujours des « extrémistes » et des « fondamentalistes » musulmans dès lors que le Coran existe.

La oumma (la communauté des musulmans) peut tenter de pondérer et raisonner les croyants en son sein, mais ne peut freiner le zèle obscurantiste des individus les plus conservateurs et réactionnaires seuls face au Coran.

La dangerosité du Coran est un fait largement occulté dans les médias (tabou pour tout dire). Nous n’avons donc malheureusement pas fini avec la violence et les attentats en lien direct avec le Coran qui pousse à de tels actes.

Aimer les musulmans en tant que frères en humanité, mais dénoncer le Coran qui la déchire par ses versets violents et dont le sens et la valeur demeurent d’actualité. Il n’y a pas, semble-t-il, d’autre solution au redoutable problème des « extrémistes » islamiques pour le chrétien que je suis. À l’image du Christ qui a aimé tout être humain pour ce qu’il est, tout en dénonçant parfois ses actes ou ses comportements.

Pour résumer…

Au détour d’une discussion avec un ami prêtre sont évoqués mes travaux sur l’islam ; je finis par dire que le Coran est malheureusement dangereux par bien des côtés.

On me rétorque qu’« il faut être idiot pour faire une lecture wahhabite [fondamentaliste] ». Je réponds que je lis simplement le Coran tel qu’il se donne à comprendre. Je demande alors comment doit-on lire les versets jihadistes et ceux qui invitent à l’épuration religieuse ; je n’ai évidemment aucune réponse. Quand je rétorque qu’il n’y a dans la partie médinoise du Coran aucun verset favorable aux non-musulmans, on me répond : « Mais pourquoi veux-tu absolument voir cette partie ? » Visiblement l’ami prêtre voulait éluder l’islam violent de Mahomet et ignorait tout du système des versets abrogeants-abrogés donné par Allah.

J’ai parlé de tout cela à un autre prêtre, spécialiste renommé de l’islam. J’ai eu cette réponse : « ton curé n’y connaît [de l’islam] que ce que lui dicte un amour immédiat des personnes. »

Est-il donc si difficile de concilier l’amour entre frères d’une même humanité et la vérité ?  L’un ne va pas sans l’autre. Le psaume 85,11 de la Bible est clair : « Amour et vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent  ».

« Cet ouvrage, fruit d’un travail considérable, est une excellente introduction à l’islam et au Coran. L’auteur ne craint pas d’aborder, avec honnêteté et lucidité, la plupart des points controversés. Il le fait en toute objectivité, dans un souci de vérité et un langage qui n’est ni offensant ni blessant. » Henri BOULAD, jésuite

« Quel travail ! Cela devrait aider les gens à ouvrir les yeux et voir enfin clair en toute responsabilité citoyenne et pour la vraie paix. » François JOURDAN, eudiste

« Tu as fait un excellent travail, laissons les lecteurs potentiels en tirer les conséquences. » Pierre LAMBERT

Conférences/Formations #NLQ

La bonne nouvelle du Christ annoncée aux musulmans – Le 11° forum « Jésus le Messie » aura lieu à Paris

La bonne nouvelle du Christ annoncée aux musulmans

PROCHAIN FORUM à PARIS
samedi 13 et dimanche 14 mai 

Annoncer aux musulmans avec ND de Fatima

et bienheureux Charles de Foucauld

11ème édition – Notre-Dame de Passy – Paris 16°

Intervenants :
Mustapha AMARI, communauté du Chemin Neuf,
Mohamed-Christophe BILEK, fondateur de ND de l’Accueil,
Père Louis-Marie de BLIGNIERES, fondateur de la fraternité st Vincent Ferrier,
Monseigneur Philippe BRIZARD, ancien directeur de l’Oeuvre d’Orient,
Rémi BRAGUE, philosophe
Jean-François CHEMAIN, écrivain
Joseph FADELLE, écrivain
Père H.M FAVELIN, fraternité St Vincent Ferrier,
Père Michel GITTON, communauté Aïn Karem,
Père Pierre HUMBLOT, église chaldéenne de Téhéran,
Philippe d’IRIBARNE, CNRS,
Lina MURR NEHME, historienne
Jean-Yves NERRIEC, fondateur de Mission Angelus,
OLAF, auteur du « Grand secret de l’islam »,
Père Guy PAGES, diocèse de Paris,
Henri de SAINT BON, écrivain
Annie LAURENT, journaliste,
Père Michel VIOT, diocèse de Versailles
Eprhem YACOUB, chrétien d’origine syro-araméenne
et bien d’autres…
Conférences, Tables Rondes, Ateliers, Témoignages, nombreux Stands d’associations, groupes de prière…
Entrée gratuite, inscription préalable obligatoire.
Toutes les informations ici

Conférences/Formations #NLQ

Lille – Formation sur la mission dans le monde musulman avec Mission Angélus

Après le FORUM de LILLE, fin novembre 2016, 

L’association Mission Angelus propose une formation sur la mission dans le monde musulman.

ARGUMENTS, STRATEGIE et MOYENS  « Comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21)

Dialoguer et savoir annoncer…
Etre missionnaire : stratégie, arguments et moyens.
Les rencontres de Jésus…
Est-ce qu’il suffit d’être né dans l’islam pour dire que c’est la vérité ?
Quelle est ta relation à Dieu ? Pour toi qui est Jésus ?
Le Salut ? Quel est ton Dieu ?
La violence dans la Bible et dans le coran ?
Quelle est sa Puissance ? Quel est le visage de ton Dieu ?
Révélation et Histoire ?
Pourquoi te dis-tu musulman ? Quelle est ta foi ?
Travaux pratiques…

« Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. » (Jn 17,20)

Infos pratiques :
Où ? : Salle paroissiale, chemin de la plaine,  BAISIEUX
Quand ? samedi 29 avril 2017 de 10h à 17h30
Repas ?  : repas tiré du sac
Tél :  06 64 93 47 74 ;  Mail : jean-yves@missionangelus.org

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Pourquoi l’Egypte et pourquoi maintenant ?

Chers amis,

Les terribles attentats commis hier à la messe des Rameaux contre deux églises en Egypte ne sont ni les premiers ni – il faut le craindre – les derniers. Les 44 morts et la centaine de blessés de Tanta et d’Alexandrie viennent s’ajouter à la longue liste des martyrs de ce pays, une Eglise qui se définit même comme étant l’Eglise des martyrs.

L’État islamique et les groupes islamistes affidés ont déclaré la guerre à l’Égypte. 
Leur objectif est multiple mais consiste avant tout à prendre le pouvoir en vue de récréer le Califat. Outre les opérations militaires et terroristes pour prendre le contrôle du territoire, leur stratégie passe également par une certaine homogénéisation de la population – elle doit non seulement être musulmane mais également acquise à l’islam radical revendiqué par ces groupes. Cela se traduit par la conversion ou l’exclusion des minorités religieuses, dont bien sûr les chrétiens. La terreur de l’Etat islamique et des groupes islamistes affidés consiste donc entre autres à éradiquer la présence chrétienne au Moyen-Orient. Sur l’Irak et la Syrie, le projet est déjà bien avancé. C’est maintenant le tour de l’Egypte dont on peut imaginer que les attentats ne font que commencer.

Pourquoi l’Egypte et pourquoi maintenant ?
La pression supplémentaire – ou enfin réelle – qui s’exerce sur l’Etat islamique en Syrie, mais surtout en Irak, les pousse à accélérer leur investissement sur le terrain égyptien, l’idée ayant toujours été d’opérer la jonction entre le Moyen-Orient et l’Afrique, que ce soit par la Libye ou par la Bande sahélo-saharienne. Or, l’Egypte est le verrou qui empêche pour le moment cette jonction.

L’Egypte, réservoir démographique des chrétiens d’Orient
L’Egypte est également le grand réservoir des chrétiens d’Orient. La plupart des chrétiens en Egypte sont coptes orthodoxes et ils représentent 14 millions de fidèles, soit 15 % de la population, malgré le peu de consensus sur ce volume. 90 % des chrétiens d’Orient sont donc égyptiens et on comprend mieux pourquoi ils constitueront de plus en plus une cible prioritaire pour l’Etat islamique. La stratégie d’éradication va donc consister à effrayer les chrétiens par des attentats, avec comme message clair la conversion ou la valise, mais aussi à les faire réagir pour déclencher une spirale de violence dont ils seront évidemment les perdants.

Le double objectif de l’Etat islamique
Malgré le soutien officiel du président al-Sissi et la protection de fait qui est assurée devant la plupart des églises, les chrétiens acceptent de moins en moins l’apparente inefficacité des mesures censées les mettre à l’abri de la terreur. Si les chrétiens excédés finissaient par se révolter contre les autorités égyptiennes, l’Etat islamique aurait fait d’une pierre deux coups : fragiliser le gouvernement égyptien dont il veut récupérer le pouvoir et accélérer la disparition des chrétiens dont la réaction susciterait un surcroît de violence à leur encontre. On peut donc imaginer que, non seulement ces attentats ne seront pas les derniers mais que la pression à l’encontre des chrétiens en Egypte ira en s’aggravant.

Cependant l’Egypte, citée plus de sept cent fois dans la Bible, lieu de la première Pâque, a aussi servi de refuge à la Sainte Famille et on peut également imaginer qu’une bénédiction spécifique repose sur ce pays. Cette Eglise des martyrs saura puiser dans sa foi éprouvée au long des siècles les ressorts, à la fois pour ne pas tomber dans ce piège de la violence et en même temps, pour témoigner de manière encore plus forte de l’Amour du Christ.

Grâce à vous l’année dernière, l’AED a soutenu les chrétiens d’Egypte avec un million d’euros. Ce soutien sera très clairement poursuivi au moment où plus que jamais, ils comptent sur nous : c’est pourquoi nous avons encore besoin de votre aide.

Marc Fromager

Directeur de l’AED

 Source AED

PS : découvrez ci-dessous l’échange téléphonique avec Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Egypte, en réaction aux attentats.

Comment pouvons-nous vous aider ?

« La prière : voilà le plus important que nous puissions vous demander maintenant. Priez pour les familles des victimes des attentats à Tanta et Alexandrie.

Quelle est la situation en termes de sécurité ?

Nous avons tous été surpris par ces attaques du dimanche des Rameaux : car on ne peut jamais prédire où et quand ces attaques auront lieu. L’Eglise et l’Etat ont l’intention de renforcer leur coopération afin de mieux protéger les églises. J’ai reçu la visite d’un agent de sécurité qui m’a demandé ce dont nous avions maintenant besoin. Il nous a proposé d’entraîner les jeunes et les adultes, afin de pouvoir unir toutes les forces pour accroître la sécurité. Il y a 550 églises chrétiennes à Assiout. Grâce à Dieu, rien n’est arrivé ici, mais nous ne sommes pas assez préparés à de tels événements.

Existe-t-il un risque d’exode des chrétiens ?

En Egypte, les gens sont très attachés à leur terre, et tous se considèrent comme des Égyptiens – qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il y a une plus grande cohésion au sein de la population que partout ailleurs. Les terroristes ont l’intention de détruire cette cohésion. La visite du pape François en Egypte les 28 et 29 avril est maintenant plus importante que jamais. J’espère qu’il sera porteur d’un clair message de paix. »

 

Brèves #NLH

Un futur décret Molière pour les lieux de cultes ?

Non ce n’est pas en France mais en Wallonie. Si cela concerne tous les lieux de cultes, les mosquées sont bien entendues visées. Mais qu’en est-il du latin ?

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (le successeur de Paul Furlan) vient de déposer un projet de décret au parlement wallon renforçant considérablement les obligations des gestionnaires de lieux de cultes. Il y est notamment question de transparence du financement, de l’usage du français et du respect des valeurs démocratiques.

Depuis 2001, la Wallonie est compétente en matière d’organisation des fabriques d’église et autres établissements chargés du temporel des cultes reconnus. En 2014, elle avait décidé de  renforcer sa tutelle sur les dons et legs, marchés publics, budgets et comptes de cette gestion. Mais pour les dossiers de reconnaissance des établissements de gestion du temporel, peu d’informations précises étaient jusque-là demandées.

Désormais, toute demande concernant l’établissement d’un tel lieu de culte devra être introduite par son organe représentatif. La région exigera une structure juridique et des compétences comptables mais aussi que les gestionnaires et les ministres du culte connaissent le français. Ces derniers devront aussi s’engager, via une déclaration sur l’honneur, au respect de la Constitution, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés, ainsi que des législations existantes.
Des preuves du respect des normes de sécurité du bâtiment et d’une assurance de ce dernier seront également requises. La procédure d’enregistrement aidera aussi les communes à lutter contre les lieux de culte clandestins et à établir un premier cadastre des lieux de cultes par les communes.

Transparence du financement

Concernant le financement par des pays étrangers, le ministre n’accepte pas que ces établissements publics, dès lors qu’ils ont déjà la possibilité d’être financés par les communes, provinces, régions/communautés et État fédéral, perçoivent un financement conséquent non contrôlé. Les dons et legs supérieurs à 10.000 euros devront donc être soumis à la tutelle régionale.
Les établissements cultuels disposeront, à dater de l’entrée en vigueur du décret, de six à huit mois selon les cas pour se conformer aux principales dispositions.

P.G. (avec Belga)

Source

 

A la une #NLH #NLQ #Rome

« On est croyant et citoyen et non croyant ou citoyen » affirme le cardinal Tauran

Le pape François ira donc en Egypte malgré et peut-être encore davantage après les attentats. Le message que le Saint-Père entend apporter est : « oui il est possible de vivre ensemble ».

 

Commentant ce message, le cardinal Tauran explique qu’il est en effet possible de vivre ensemble dans la mesure où « on est croyant et citoyen et non croyant ou citoyen ».

 

« Et dans la mesure où on est croyants et citoyens, a-t-il poursuivi, on doit apporter à la société dans laquelle on vit des valeurs qui font que la société devient lieu où on peut s’épanouir à égalité. »

Evidemment ce commentaire, à la lumière des déclarations du prélat l’an dernier en France, met en relief la question tabou de la compatibilité de l’Islam avec toute forme de gouvernement et de société ne reposant pas sur les principes du Coran.

Tribunes et entretiens

Persécution des chrétiens d’Orient – C’est une part de la civilisation européenne qui est agressée

Dans une tribune de FigaroVox, Matthieu Bock-Coté exprime rappelle que les chrétiens d’Orient sont les gardiens des racines spirituelles de l’Occident, qui ne peut continuer à se montrer indifférent à leur éradication.

Extraits

Le monde occidental s’est habitué depuis longtemps à la persécution des chrétiens d’Orient, comme si leur mauvais sort était inévitable et qu’il fallût s’y résoudre. Le christianisme serait destiné à mourir ou à n’avoir plus qu’une existence résiduelle dans ce qui fut pourtant son berceau. Alors qu’ils sont enracinés depuis deux millénaires dans la région, les chrétiens sont présentés par les islamistes comme des envahisseurs ou comme des agents de l’étranger, souillant une terre qui devrait être vouée exclusivement à l’islam. Dans nos sociétés, ceux qui se soucient de leur sort sont même soupçonnés d’accointances avec l’extrême droite (…)

C’est ainsi qu’on transforme la révolte devant un massacre à grande échelle en lubie réactionnaire.

Mais la frappe sauvage contre deux églises coptes en Égypte ce dimanche rappelle à ceux qui s’en fichent que la guerre d’éradication menée contre les chrétiens d’Orient est bien réelle et n’a rien de fantasmatique( …)

Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient se sentent abandonnés, surtout lorsqu’ils refusent de quitter une région du monde dans laquelle ils sont enracinés.

Il faut avoir une vision complète de cette entreprise funeste. (…) Il s’agit, pour les islamistes, d’effacer les traces de ce qui est étranger à l’islam, comme si son règne ne pouvait souffrir le simple rappel que des hommes, autrefois et en ces mêmes lieux, ont vénéré d’autres dieux ou ont entretenu une autre foi. Comment ne pas voir là une forme de nihilisme effrayant, une jouissance exterminatrice, une ivresse destructrice ? L’islamisme le plus radical ne veut pas faire disparaître seulement les hommes mais jusqu’au souvenir des hommes.

La guerre contre la mémoire est l’expression décomplexée de la barbarie.

(…)

Mais dans le cas des chrétiens, il s’agit aussi de chasser un peuple, comme s’il ne suffisait plus de le soumettre. On sait qu’en moins d’un siècle les chrétiens d’Orient ont vu leur poids démographique diminuer comme jamais dans cette région. Un jour, ils n’auront plus qu’une présence résiduelle et seront condamnés à raser les murs. Malgré l’indifférence officielle des Occidentaux, le sort des chrétiens d’Orient touche les plis les plus intimes de ce qu’on pourrait appeler notre conscience de civilisation, et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se mobilisent pour eux rappellent les exigences éthiques les plus élevées de l’engagement civique.

 

 Les chrétiens d’Orient sont les témoins des origines d’une religion, dont ils conservent la mémoire à travers une liturgie aussi diverse que splendide. Si on veut le dire autrement, ils sont conservateurs des origines vivantes d’une religion qui a ensuite fécondé l’Europe au point de transformer son être historique. Nul besoin d’être soi-même croyant pour le reconnaître.

C’est une part d’elle-même (la civilisation européenne) qui est agressée quand on s’en prend à eux. Elle devrait se sentir une forme de proximité existentielle avec eux, en sachant qu’une part de ses origines se trouve à l’extérieur d’elle-même.

L’élan spirituel qui un jour l’a fécondée et lui a donné son génie spécifique vient d’un monde à peu près englouti dont ils sont les derniers gardiens. Cela implique toutefois que l’Europe reconnaisse enfin sa marque chrétienne ou, plus exactement, qu’elle ne cherche plus à la gommer comme s’il s’agissait d’une tache existentielle l’empêchant de se projeter pleinement dans l’universel. Cela implique que l’Europe n’imagine plus qu’elle doive se construire en se déconstruisant.

La civilisation européenne devrait savoir que dans son rapport aux chrétiens d’Orient et dans sa réaction par rapport à leur persécution, elle joue aussi son âme.

MATHIEU BOCK-CÔTÉ

Tribunes et entretiens

France, laïcité religion, l’impossible cohabitation ?

Non décidément, ils n’ont rien compris ! Ils n’ont toujours pas compris, malgré les coups de boutoir donnés à nos sociétés occidentales par l’islam. Ce, « ils », ce sont les candidats à la présidentielle réunis par TF1, lundi 20 mars au soir. Ils n’ont pas compris qu’ils ne pourraient éternellement ignorer ce que la bien-pensance actuelle nomme le « fait religieux ». Ils n’ont pas compris que le Dieu des chrétiens s’invitait peut-être dans notre société, en empruntant le chemin d’Allah pour nous forcer à réagir.

Là n’est pas la question, me répondrez-vous ! Grâce au progrès des Lumières, notre pays a grandi ; il s’est émancipé de la tutelle religieuse qu’avaient connue nos ancêtres. Pour nos candidats à la présidentielle cela ne fait aucun doute. Ce 20 mars au soir François Fillon notait avec un soulagement certain que la République avait fait rentrer la religion dans le rang. Certes, il n’a pas nié « les persécutions » dont furent victimes les chrétiens depuis la Révolution, jusqu’à l’époque de la séparation de l’Église et de l’État. Mais, nous n’en sommes plus là ! Le candidat des Républicains observe que le catholicisme a fini par rentrer dans le modèle républicain. Dès lors, la conclusion s’impose : si l’on veut que notre pays vive en paix, il faudra bien que l’islam subisse la même mise au pas. Tous semblent en convenir ; la République doit être capable d’intégrer l’islam. Ce raisonnement souffre à notre avis d’une erreur de perspective.

En réalité ils n’ont pas compris que si la République avait combattu le catholicisme, c’était pour imposer une autre « religion », pour passer, comme l’avait noté Vincent Peillon, « de la religion révélée et théocratique à la religion laïque et libérale » (V. Peillon, Une foi laÏque pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Seuil, 2010, p. 50). Effectivement, la laïcité républicaine, est bien une « religion ». Elle est la nouvelle transcendance qui fonde notre pacte républicain. Les débats de la présidentielle montrent que, concrètement, cette nouvelle « religion » est incapable de répondre aux problèmes religieux qui se posent à notre société et qui la minent. Ainsi, sur la simple question du port du burkini nos candidats du 20 mars ne savaient comment trancher entre le symbole de soumission de la femme ou la simple menace à l’ordre public. Nos politiques oseront-ils traiter Allah comme les républicains de la IIIe République ont traité le Dieu des chrétiens ? Ont-ils une réponse autre que la déradicalisation à opposer à ceux qui donnent sèment la mort au nom d’Allah ?

Notre « religion » républicaine présente en effet certains caractères qui expliquent cette incapacité. Le premier est le relativisme. Mettre toutes les croyances à égalité comme le fait l’article 1er de notre Constitution, revient en effet à ignorer la question de la Vérité sans laquelle aucune civilisation digne de ce nom ne peut se développer. Nos aïeux qui recherchaient « la clé de la science » avaient choisi leur Dieu, lors d’un certain baptême de Clovis, en 496. Ils s’étaient réjouis grandement de l’avoir trouvé et s’étaient donnés à Lui dans la « joie » et la « félicité ». En retour ils Lui avaient demandé aide et protection (Prologue de la loi salique in P. Riché, Les carolingiens, une famille qui fit l’Europe, Paris, Hachette, 1983, p. 91). Le pacte avait été vérifié au long des siècles. Ainsi, l’ordre naturel du Dieu Créateur auquel ils s’étaient peu à peu soumis, leur avait permis de produire de grands fruits de civilisation. C’est un fait. Il fait partie de notre patrimoine, voire de notre identité. À chaque République nous avons renié ce Dieu et nous nous trouvons à présent bien démunis. Il faut avoir un sens religieux pour comprendre et traiter les très graves problèmes de religion qui se posent à notre société.

Cette « religion » républicaine souffre aussi de son individualisme. Ce caractère l’empêche de se soumettre à l’ordre naturel qui est d’essence communautaire. Ainsi les droits de l’homme révolutionnaires, parce qu’ils sont d’essence strictement individualiste, s’avèrent actuellement incapables de structurer une société solide fondée sur la réalité familiale et respectueuse de la dignité de l’homme. Jean-Louis Harouel nous a démontré avec beaucoup de pertinence, comment l’obsession de la non-discrimination à laquelle nos droits actuels conduisent était une menace pour l’équilibre de notre société. Refuser de distinguer entre les discriminations justes et injustes aboutit finalement à privilégier l’ennemi mieux armé, par rapport à la victime. Les droits de l’homme se retournent contre le peuple qu’ils sont censés protéger (J. L. Harouel, Les droits de l’homme contre le peuple, Desclée de Brouwer, 2016). Prolongeant cette démonstration, nous osons affirmer qu’un peuple qui ne croit pas en Dieu est incapable de se défendre contre un peuple qui veut lui imposer une religion contraire à ses racines.

Emmanuel Macron est la suite logique de cette dérive idéologique. Le candidat d’En Marche !, qui ne cessait le 20 mars de revendiquer son « pragmatisme », avait cependant démontré le contraire dans les colonnes du Figaro du 17 mars. Il y affirmait que le « fondement de la culture française » c’est « une ouverture sans pareil ». Puis, aussitôt il exigeait que cette culture cesse d’être accolée à « l’identité française » car, selon lui, l’identité « exclut ». Nous sommes bien dans l’idéologie qui, elle, exclut le réel. Notre société française, communauté lentement formée au cours des siècles, est sommée de disparaître. L’IVG et le suicide assisté que le candidat Jean-Luc Mélenchon appelait de ses vœux le 20 mars, dans une future VIe République, confirment la pente suicidaire dans laquelle nous sommes engagés.

Quand comprendrons-nous la nécessité de retrouver le sens du sacré qui a si longtemps inspiré notre pays ? C’est le passage obligé du retour à l’ordre naturel et à ses principes civilisateurs dont nous avons tant besoin.

Lu sur l’Homme Nouveau

Marie-Pauline Deswarte est l’auteur de La République organique en France. Un patrimoine constitutionnel à restaurer, Via Romana, 262 p., 22 €.