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Mgr Léonard – La résurrection selon la chair, juste un symbole ?

« Il me paraît très important de souligner le réalisme de la résurrection. Ce n’est pas un réalisme naïf. Quand on parle de résurrection physique, je n’entends pas tomber non plus dans un anthropomorphisme presque grossier qui suscite des questions incongrues. Quel est le statut du corps de Jésus ressuscité ? Combien pèse-t-il ? Combien mesure-t-il ? C’est le genre de questions aussi idiotes que celle que l’on a posée sur l’eucharistie : comment Jésus, homme adulte, peut-il tenir dans l’hostie ? Ces questions indiquent bien que l’on comprend la réalité de la résurrection, comme celle de la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie,  uniquement sur le mode de nos réalités terrestres. A mon sens, le corps de Jésus ressuscité est un corps réel, mais non plus au sens habituel d’un corps humain réel, en vieillissement, et s’acheminant vers la mort. Il doit présenter un certain rapport avec le corps du Christ que ses contemporains ont connu avant sa crucifixion mais, puisque Jésus ressuscité ne meurt plus, sa condition humaine réelle, incarnée, n’est plus tout à fait la même que la nôtre. Je considère le corps de Jésus comme réel, mais je ne le situe pas dans le cosmos. S’il est présent dans notre cosmos, c’est par la présence eucharistique. Le mystère a sa part dans la condition présente, mais tous nous recevons les lumières nécessaires à faire un acte de foi, à dire oui à Dieu. Ce oui à Dieu, c’est peut-être avant tout un acte de foi en la résurrection du Christ. Le christianisme sans la résurrection du Christ, sans le Christ vraiment ressuscité, ce n’est plus le christianisme, ce n’est plus qu’une idéologie parmi d’autres. Perdre cela, c’est perdre tout le contenu du message. Insinuer cette réduction dans le cœur des croyants, c’est un grand malheur et un grand méfait. C’est sortir de la foi chrétienne et pénétrer sur le terrain de l’hérésie. L’hérétique, c’est une personne qui retient de la foi chrétienne ce qui lui convient et laisse tomber le reste. Cette attitude réduit le croyant à la dimension d’un partisan. L’hérésie provient toujours d’une étroitesse d’esprit. Incapable d’accueillir toute la réalité de la Révélation, on nie le reste. On laisse tomber ce que l’on n’est pas capable d’intégrer dans sa raison trop courte, et on le transpose sur un mode acceptable ».

Extrait de : Monseigneur Léonard, un évêque de plein air, éd. Omer Marchal, 1994, p.266

 

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NLH #Récollections/Retraites

L’Apocalypse – Retraite prêchée par Mgr Léonard à Notre-Dame du Laus

Du samedi 11 Février au vendredi 17 février

Retraite prêchée par Mgr André Léonard sur l’Apocalypse

Mgr André Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, propose une retraite sur l’Apocalypse au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour un groupe venant de Belgique. Mais il a proposé que toute personne intéressée puisse s’y associer.

Ainsi, cette retraite est ouverte à tous, avec la liberté de participer à l’ensemble de la session, à une partie, à une seule journée, ou même à l’une ou l’autre des activités. Soyez les bienvenus !

Programme de la semaine, en plus des offices ordinaires :

 Samedi 11 Fevrier – Fête de Notre-Dame de Lourdes

  • 9h30 : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 11h15 : Messe présidée par le p. René Combal, avec 1e communion de gens du voyage.
  • 15h : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 20h30 : veillée mariale avec onction d’huile (basilique)

Dimanche 12 février –  5e dimanche du temps ordinaire

  • 9h : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 10h30 : Messe solennelle présidée par Mgr André Léonard (basilique)
  • 11h45 : Présentation de l’histoire du Laus (chapelle des anges, 15 min)
  • 14h30 : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 16h30 : office des vêpres (basilique)
  • 20h30 : Présentation du Laus (salle Saint-Maurice)

Lundi 13 Fevrier

  • 9h30 : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 11h15 : Messe présidée par Mgr André Léonard
  • 15h : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 20h30 : Célébration du sacrement de la réconciliation (basilique)

Mardi 14, Mercredi 15, Jeudi 16 et Vendredi 17 février – chaque jour

  • 9h30 : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 11h15 : Messe présidée par Mgr André Léonard
  • 15h : Enseignement par Mgr André Léonard (salle Saint-Maurice)
  • 20h30 : Soirée libre, avec propositions diverses :

–          Mardi soir : Histoire racontée par le fr. Martin

–          Mercredi soir : Film sur l’histoire du Laus (52 minutes)

–          Jeudi soir : participation à l’Heure Sainte (basilique).

 

–          Vendredi 17 : partage biblique sur l’évangile du dimanche.

Source, renseignements et insciptions : ici

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Divorcés remariés, pour Mgr Léonard il faut unir vérité et charité

Hors de toute polémique sur l’exhortation apostolique Amoris laetita, Mgr Lénord s’exprimait un an avant sa parution lors d’une conférence à Ulg au sujet de la pastorale des divorcés remariés.

Belgicatho nous en livre le contenu.

« Je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.

Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend. Lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut. Mais il n’y a que deux manières tout à fait acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

D’abord, c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Et bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur. Je vais continuer de vivre avec cette personne, car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné. Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement »

 « Toujours, il faut l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité flatte les gens mais cela ne les construit pas et la vérité sans l’amour les détruit, les écrase et ce n’est pas bon non plus. Tout l’art dans ces formations, c’est de conjuguer les deux : le coeur et la vérité, avec cela je pense qu’on peut aller loin ».

 

Agenda / Annonce

Paris – Conférence de Mgr Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles

La charte de l’espérance chrétienne selon saint Paul (Rm 8, 14-39)

Conférence de Mgr André Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, lundi 5 décembre à 20h30. Eglise Saint-Eugène Sainte-Cécile, 4 rue du conservatoire, Paris 9° (métro Grands Boulevards)

Mgr Léonard célébrera avant la messe de 19h.

Tribunes et entretiens

Mgr Léonard, « Le rôle d’un intellectuel n’est pas de suivre les modes »

A l’occasion de la parution de son dernier ouvrage « Un évêque dans le siècle », le philosophe Drieu Gofdefridi a interrogé Monseigneur Leonard. L’ex-archevêque de Malines y livre notamment ses réflexions sur la question fort à la mode du transhumanisme, autrement dit la quête de l’immortalité. Ce faisant, « vous serez comme des dieux, vous allez vous faire vous-mêmes, vous allez être les maîtres de la connaissance du bien et du mal », explique-t-il à Drieu Godefridi qui rappelle au passage que Leonard est d’abord un philosophe, hégélien de première importance.  … “Comme je lui demandais si d’être privé de la « pourpre cardinalice » ne l’avait pas blessé, il m’a répondu ceci : « Blessé, c’est beaucoup dire. Mais cela m’a surpris, parce que c’était une tradition de deux siècles. Il y a eu beaucoup d’archevêques de Malines qui n’ont pas été cardinaux, par le passé, mais, depuis deux siècles, c’était devenu une espèce de tradition. … C’est délicat de le dire moi-même, mais beaucoup l’ont dit à ma place : sur le plan pastoral, sur le plan intellectuel, j’ai fait un travail qu’assez peu d’archevêques ont accompli. Sur le plan intellectuel, il y a eu Dechamps à Malines qui était un très bon philosophe, un apologète également. Pour ma part, j’ai accompli la tâche d’une manière plutôt originale. Un de mes évêques auxiliaires a d’ailleurs osé écrire que j’étais le premier archevêque de Malines à avoir visité entièrement le diocèse. Il salue aussi mon travail sur le plan intellectuel. Bref, cela m’a surpris, cela m’a déçu un peu, mais j’ai rebondi facilement. » Je crois que cette réponse est sincère, d’autant que, tout au long de l’entretien, Monseigneur Léonard m’est apparu comme un homme heureux et apaisé, certes pressé de prendre sa retraite, mais aiguisé comme jamais sur le plan intellectuel. Large est le champ de ses lectures, et je serais surpris que le philosophe et théologien Léonard ait dit son dernier mot.” /Article (pdf))

 

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