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Le pape invite à prier pour la semaine de prière pour l’unité des chrétiens

« La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens commence aujourd’hui. Notre espérance d’unité s’exprime par notre prière, c’est une espérance qui ne déçoit pas. Je vous invite à prier à cette intention », a demandé le pape lors de l’audience d’hier mercredi 18 janvier 2017

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De plus en plus d’évêques soutiennent la marche pour la vie

Il n’y a pas si longtemps aller marcher pour la vie était une promenade à haut risque pour les évêques et peu s’y risquaient, par crainte des retours difficiles dans leur diocèse notamment.

Aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux à emboîter le pas du Saint-Père lui-même.

Voici ceux qui l’ont fait explicitement :

Mgr Marc Aillet, Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.

Mgr Michel Aupetit, Évêque de Nanterre.

Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon

Mgr Jean-Pierre Batut, Évêque de Blois.

Mgr Jacques Benoit-Gonnin, Évêque de Beauvais, Noyon et Senlis.

Mgr Alain Castet, Évêque de Luçon.

Mgr Jean-Pierre Cattenoz, Archevêque d’Avignon.

Mgr Raymond Centène, Évêque de Vannes.

Mgr, m.e.p. Georges Colomb, Évêque de La Rochelle et Saintes.

Mgr Emmanuel Delmas, Évêque d’Angers.

Mgr Vincent Dollmann, Évêque auxiliaire de Strasbourg.

Mgr Bernard Ginoux, Évêque de Montauban.

Mgr Hervé Gosselin, Évêque d’Angoulême.

Mgr Christian Kratz, Évêque auxiliaire de Strasbourg.

Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen.

Mgr, op Jean Legrez, Archevêque d’Albi.

Mgr Philippe Mousset, Évêque de Périgueux et Sarlat.

Mgr Christian Nourrichard, Évêque d’Évreux.

Mgr Dominique Rey, Évêque de Fréjus-Toulon.

Mgr François Touvet, Évêque de Châlons

 

Mgr Abba Arhanasios, Évêque des Coptes Orthodoxes de France

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Amoris laetitia – Un appel à la prière lancé par trois évêques

Un appel urgent à la prière : pour que le Pape François confirme la praxis immuable de l’Église à l’égard de la vérité et de l’indissolubilité du mariage.

Lire l’appel

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De Paul VI à François – Le dialogue des papes avec les juifs

Le 17 janvier est la journée traditionnelle du judaïsme et du dialogue entre juifs et catholiques. Les relations entre l’Eglise catholique et le peuple de la première Alliance n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. Elles étaient même, « in illo tempore » plutôt mal engagées avec une persécution systématique des juifs contre les chrétiens.

Des siècles de défiances, voire de haine et de mépris (réciproque) ont cloisonné les juifs comme les catholiques dans leurs propres mondes. Le soutien du pape Pie XII aux juifs pendant la guerre fut une des pierres les plus importantes de ce décloisonnement. La très controversée déclaration conciliaire Nostra Aetate se voulait en être une nouvelle.

Paul VI, en 1964, dès avant la déclaration, parue en 1965 se rendit, on s’en souvient, en Terre Sainte, ouvrant un désormais passage obligé de ses successeurs.

Radio Vatican revient dans un long article sur cet engagement des papes dans le dialogue avec les juifs. Un engagement souvent délicat, aux couleurs symboliques propres à chaque pontife qui passe par une visite à la synagogue de Rome.

 

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Catéchèse du pape – De la pensée positive aux fausses espérances

Le pape poursuit sa catéchèse du mercredi sur l’espérance chrétienne. Pour sa sixième méditation sur le thème, le Saint-Père s’est appuyé sur le psaume 115, ouvrant sa réflexion par une considération anthropologique : espérer est un besoin primaire de l’Homme.

A cette occasion il a repris une expression surprenante utilisée lors de sa lettre remise aux maires des grandes villes d’Europe : la fameuse « pensée positive ». Cependant, l’usage qu’il en fait n’est pas le même ici qu’à cette occasion. Dans la lettre il voyait dans l’onde positive une manière de prière envoyée par les maires non croyants à son intention, tandis qu’il s’agit dans cette perspective de la dynamique qui pousse l’homme à avancer.

Sans reprendre la polémique suscité par l’emploi de ce terme comme substitut de la prière, il trouve ici une réalité anthropologique qui sans être l’espérance en est l’élan inscrit dans l’être même de tout homme. En effet, l’espérance agit comme une cause finale, celle qui aspire l’homme vers la jouissance du bonheur qu’il espère. La pensée positive, en revanche viendrait plutôt du dedans de l’homme et le pousserait à agir en vue de ce qu’il espère. L’un et l’autre se confondant dans une même dynamique de mouvement qui pousse l’homme à agir. Et ce mouvement est constitutif de tout être humain. L’un éprouve un manque en lui qui le pousse à chercher hors de lui son bien, tandis que l’autre attire de l’extérieur l’homme. L’espérance réside dans le fait de trouver dans ce qu’on espère ce qui nous manque. Mais à la différence d’une simple dynamique impulsée par le manque qui va tenter de capter l’autre pour combler le vide, se laisser rejoindre par un autre c’est accueillir l’autre pour lui même et il se trouve qu’il me comble ainsi.

C’est bien l’adéquation entre ce qu’est l’autre et ce qui me manque que porte l’espérance. Car l’espérance cherche non pas à combler des vides, comme une pièce de puzzle, mais à s’accomplir et se réjouir dans ce qu’on espère. L’espérance est une tension vers la réalisation de soi, là où la pensée positive est une émanation dynamique de soi.

Quand nous mettons  notre espérance en Dieu, nous percevons bien la différence entre être appelé à se réaliser en Dieu et capter Dieu à son profit. Mettre son espérance en Dieu c’est orienter cette pensée positive pour nous rendre adéquats au bien qu’est Dieu.

C’est ce que le Saint-Père rappelle en mettant en garde contre les fausses espérances du monde. La pensée positive ne suffit pas. Il faut l’éduquer.

Mais il est important que cette espérance trouve une réponse dans ce qui peut vraiment aider à vivre et à donner sens à notre existence. C’est pour cela que la Sainte Écriture nous met en garde contre les fausses espérances que le monde nous présente, démasquant leur inutilité et montrant leur absurdité. Et elle le fait de différentes manières, mais surtout en dénonçant la fausseté des idoles en qui l’homme est continuellement tenté de mettre sa confiance, faisant d’elles l’objet de son espérance.

Le pape constate cependant que, face aux épreuves de la vie, la confiance en Dieu, et finalement notre espérance, sont fragiles au point que nous ressentons le besoin d’autres certitudes, plus humaines : les fausses espérances.

Parce que la foi consiste à avoir confiance en Dieu – qui a la foi, a confiance en Dieu – mais vient le moment où, en se confrontant aux difficultés de la vie, l’homme expérimente la fragilité de cette confiance et sent le besoin de certitudes différentes, de sécurités tangibles, concrètes. Je m’en remets à Dieu, mais la situation est un peu difficile et j’ai besoin d’une certitude un peu plus concrète. Et là est le danger ! Et alors, nous sommes tentés de chercher des consolations même éphémères, qui semblent remplir le vide de la solitude et adoucir la difficulté à croire. Et nous pensons pouvoir les trouver dans la sécurité que peut donner l’argent, dans les alliances avec les puissants, dans la mondanité, dans les fausses idéologies. Parfois, nous les cherchons dans un dieu qui puisse se plier à nos demandes et intervenir de façon magique pour changer la réalité et la rendre telle que nous la voulons ; une idole, justement, qui en tant que telle ne peut rien faire, impuissante et mensongère. Mais nous aimons les idoles, nous les aimons beaucoup !

Vient alors le commentaire du psaume 115 par le pape.

« Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles. » (vv. 4-8).

Le psalmiste nous présente, d’une manière un peu ironique aussi, la réalité absolument éphémère de ces idoles. Et nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de représentations faites de métal ou d’autre matériel, mais aussi de celles construites avec notre esprit quand nous faisons confiance à des réalités limitées que nous transformons en absolu, ou quand nous réduisons Dieu à nos schémas et à nos idées de divinité ; un dieu qui nous ressemble, compréhensible, prévisible, exactement comme les idoles dont parle le psaume. L’homme, image de Dieu, se fabrique un dieu à son image, et c’est aussi une image mal réussie : il ne voit pas, il n’agit pas et surtout il ne peut pas parler. Mais nous sommes plus contents d’aller vers les idoles que d’aller au Seigneur. Bien souvent nous sommes plus contents de l’espérance éphémère que te donne cette fausse idole que de la grande et sûre espérance que nous donne le Seigneur.

À l’espérance dans un Seigneur de la vie qui, par sa Parole, a créé le monde et conduit nos existences, s’oppose la confiance dans des simulacres muets. Les idéologies avec leur prétention à l’absolu, les richesses – et elles sont une grande idole – le pouvoir et le succès, la vanité, avec leur illusion d’éternité et de toute-puissance, des valeurs comme la beauté physique et la santé, quand elles deviennent des idoles à qui tout sacrifier, sont toutes des réalités qui embrouillent l’esprit et le cœur et qui, au lieu de favoriser la vie, mènent à la mort. C’est triste d’entendre et cela fait souffrir l’âme, ce que j’ai entendu une fois, il y a des années, dans le diocèse de Buenos Aires : une brave femme, très belle, se vantait de sa beauté, commentait, comme si c’était naturel : « Et oui, j’ai dû avorter parce que ma silhouette est très importante ». Ce sont des idoles et elles te poussent sur la mauvaise voie et ne te donnent pas le bonheur.

Le message du psaume est très clair : si l’on met son espérance dans les idoles, on devient comme elles : des images vides avec des mains qui ne touchent pas, des pieds qui ne marchent pas, des bouches qui ne peuvent pas parler. On n’a plus rien à dire, on devient incapable d’aider, de changer les choses, incapable de sourire, de se donner, incapable d’aimer. Et nous aussi, hommes d’Église, nous courons ce risque quand nous nous « mondanisons ». Il faut rester dans le monde mais se défendre des illusions du monde que sont ces idoles que j’ai mentionnées.

Il faut, comme poursuit le psaume, mettre sa confiance et espérer en Dieu et Dieu nous donnera sa bénédiction. Le psaume dit ceci :

« Israël mets ta foi dans le Seigneur […]

Maison d’Aaron, mets ta foi dans le Seigneur […]

Vous qui craignez le Seigneur, ayez foi dans le Seigneur […]

Le Seigneur se souvient de nous : il bénira ! » (vv. 9.10.11.12).

Le Seigneur se souvient toujours. Même dans les moments difficiles, il se souvient de nous. Et c’est là notre espérance. Et l’espérance ne déçoit pas. Jamais. Jamais. Les idoles déçoivent toujours : elles sont imaginaires, elles ne sont pas la réalité.

Voilà l’étonnante réalité de l’espérance : en mettant sa foi dans le Seigneur, on devient comme lui, sa bénédiction fait de nous ses enfants, qui partagent sa vie. L’espérance en Dieu nous fait entrer, pour ainsi dire, dans le rayon d’action de son souvenir, de sa mémoire qui nous bénit et nous sauve. Alors peut jaillir l’Alleluia, la louange au Dieu vivant et vrai qui pour nous est né de Marie, est mort sur la croix et est ressuscité dans la gloire. Et nous, nous avons notre espérance en ce Dieu et ce Dieu – qui n’est pas une idole – ne déçoit jamais.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

 

Brèves

Le pape recevra en audience le président palestinien

Le 14 janvier prochain, le Pape François recevra en audience le président palestinien Mahmoud Abbas. C’est un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège qui l’a annoncé ce lundi 9 janvier.

En juin 2014, les deux hommes s’étaient rencontrés au Vatican, dans le sillage de la visite du Saint-Père en Terre Sainte en mai de la même année. Avec le président israélien Shimon Peres et le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, ils avaient participé à une prière commune pour la paix, dans les Jardins du Vatican.

Le Souverain Pontife avait également reçu Mahmoud Abbas en audience privée le 16 mai 2015, à l’occasion de la conclusion de l’accord bilatéral Palestine/Saint-Siège entré en vigueur le 26 juin suivant.

 

 Source Radio Vatican

Brèves

Le pape appelle a aider les sans-abris victimes du froid

A l’issue de la prière de l’Angélus dimanche 8 janvier 2017, le Pape François a demandé aux fidèles de penser « à toutes les personnes qui vivent dans la rue, touchées par le froid et tellement souvent par l’indifférence ». « Prisons pour eux et demandons au Seigneur de nous réchauffer le cœur pour pouvoir les aider ». La veille, samedi 7 janvier, l’aumônier du Pape, Mgr Konrad Krajewski, avait indiqué à l’agence de presse italienne Ansa que trois dortoirs du Vatican resteront ouvert 24h/24 aux personnes sans-abri, alors que le pays est en proie à une vague de froid qui a tué sept personnes en 48 heures.

Source Radio Vatican

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Voeux du pape au corps diplomatique – L’Europe doit retrouver ses racines

Le Saint-Père à adressé ses vœux au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège ce jeudi 9 janvier 2016.

 

Le pape a commencé par rappeler que le corps diplomatique « s’est récemment agrandi suite à l’établissement des relations diplomatiques avec la République islamique de Mauritanie, réalisé il y a un mois. »

« Je désire également exprimer ma gratitude aux nombreux Ambassadeurs résidents à Rome, dont le nombre s’est accru au cours de la dernière année, comme aussi aux Ambassadeurs non-résidents, qui par leur présence aujourd’hui entendent souligner les liens d’amitié qui unissent leurs peuples au Saint-Siège. »

 

Puis le Souverain Pontife a rappelé divers événements de l’année.

« Divers ont aussi été les Accords bilatéraux signés ou ratifiés, qu’ils soient de caractère général, en vue de reconnaître le statut juridique de l’Église avec la République Démocratique du Congo, la République Centrafricaine, le Bénin et avec le Timor Oriental, ou de caractère plus spécifique comme l’Avenant signé avec la France, ou la Convention en matière fiscale avec la République Italienne, récemment entrée en vigueur, auxquels s’ajoute le Memorandum d’Entente entre la Secrétairerie d’État et le Gouvernement des Émirats Arabes Unis. En outre, dans la perspective de l’engagement du Saint-Siège à être fidèle aux obligations engagées par les accords souscrits a été aussi réalisée une pleine mise en œuvre du Comprehensive Agreement avec l’État de Palestine, entré en vigueur il y a une année. »

Puis, rappelant le centenaire de la Première Guerre Mondiale, le pape a souhaité « consacrer la rencontre d’aujourd’hui au thème de la sécurité et de la paix, puisque dans le climat d’appréhension générale pour le présent et d’incertitude et d’angoisse pour l’avenir, dans lequel nous nous trouvons immergés. »

« je pense important d’adresser une parole d’espérance, qui indique aussi une perspective de chemin. »

Évoquant la journée de la paix instaurée par Paul VI, le pape poursuit :

Pour les chrétiens, la paix est un don du Seigneur, acclamé et chanté par les anges au moment de la naissance du Christ : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime » (Lc 2, 14). Elle est un bien positif, « le fruit d’un ordre qui a été implanté dans la société humaine » par Dieu et « n’est pas simplement absence de guerre ». Elle ne peut « se réduire à maintenir stable l’équilibre de forces adverses », elle exige plutôt l’engagement de ces personnes de bonne volonté qui « aspirent sans cesse à une justice plus parfaite ».

Persuadé que « chaque expression religieuse est appelée à promouvoir la paix », le pape François est revenu sur Assise et son voyage en Suède, rappelant

« j’ai voulu rappeler le besoin urgent de guérir les blessures du passé et de cheminer ensemble vers des buts communs. A la base d’un tel chemin, il ne peut qu’y avoir le dialogue authentique entre les différentes confessions religieuses. C’est un dialogue possible et nécessaire, comme j’ai cherché à en témoigner dans la rencontre qui a eu lieu à Cuba avec le Patriarche Cyrille de Moscou, comme aussi au cours des voyages apostoliques en Arménie, Géorgie et Azerbaïdjan, où j’ai perçu la juste aspiration de ces populations à calmer les conflits qui depuis des années portent préjudice à la concorde et à la paix.

Tout en évoquant les bienfaits de l’investissement des uns et des autres, le Saint-Père a évoqué le drame du terrorisme qualifié de « folie homicide ».

« Malheureusement, nous sommes conscients qu’encore aujourd’hui, l’expérience religieuse, au lieu d’ouvrir aux autres, peut parfois être utilisée comme prétexte de fermetures, de marginalisations et de violences. Je me réfère particulièrement au terrorisme de matrice fondamentaliste, qui a fauché encore l’année dernière de nombreuses victimes dans différents pays, en Afghanistan, Bangladesh, Belgique, Burkina Faso, Égypte, France, Allemagne, Jordanie, Irak, Nigéria, Pakistan, États-Unis d’Amérique, Tunisie et Turquie. Ce sont des gestes vils, qui utilisent des enfants pour tuer, comme au Nigéria ; ils visent celui qui prie, comme dans la Cathédrale copte du Caire, ou simplement celui qui se promène dans les rues de la ville, comme à Nice et à Berlin, ou simplement celui qui fête l’arrivée du nouvel an, comme à Istanbul. ».

Le pape a développé ce qui selon lui est la cause de ce terrorisme et les solutions pour en venir à bout.

« Le terrorisme fondamentaliste est un fruit d’une grave misère spirituelle, à laquelle est souvent liée aussi une grande pauvreté sociale. Elle peut être pleinement vaincue seulement avec la contribution commune des leaders religieux et politiques. Aux premiers, revient la tâche de transmettre des valeurs religieuses qui n’admettent pas d’opposition entre la crainte de Dieu et l’amour pour le prochain. Aux seconds, il revient de garantir dans l’espace publique le droit à la liberté religieuse, en reconnaissant la contribution positive qu’elle exerce dans l’édification de la société civile, où ne peuvent être perçues comme contradictoires l’appartenance sociale, sanctionnée par le principe de citoyenneté, et la dimension spirituelle de la vie. »

« À celui qui gouverne revient, en outre, la responsabilité d’éviter que se forment ces conditions qui deviennent un terrain fertile pour le déferlement des fondamentalismes. Cela demande des politiques sociales adaptées en vue de combattre la pauvreté, qui ne peuvent pas se séparer d’une valorisation sincère de la famille, comme lieu privilégié de la maturation humaine, et d’importants investissements dans le domaine éducatif et culturel. »

Puis le pape est revenu sur un thème qui lui est cher : ne pas se replier sur soi pour une vie tranquille. La paix est une vertu active a-t-il expliqué.

 

« À celui qui gouverne revient, en outre, la responsabilité d’éviter que se forment ces conditions qui deviennent un terrain fertile pour le déferlement des fondamentalismes. Cela demande des politiques sociales adaptées en vue de combattre la pauvreté, qui ne peuvent pas se séparer d’une valorisation sincère de la famille, comme lieu privilégié de la maturation humaine, et d’importants investissements dans le domaine éducatif et culturel. »

« Construire la paix exige aussi que « soient éliminées les causes de discorde qui nourrissent les guerres », à commencer par les injustices. En effet, il existe un lien intime entre la justice et la paix. »

 

Les positions du pape avaient créé un  vaste malaise dans la communauté internationale et parmi les catholiques. Nous avions dans nos colonnes relayé les débats à ce sujet. Le Souverain Pontife avait alors tempéré ses propos invitant à un accueil prudent. Il précise ici le sens de cette prudence.

« Une démarche prudente de la part des autorités publiques ne comprend pas la mise en œuvre de politiques de fermeture envers les migrants, mais implique d’évaluer avec sagesse et prévoyance jusqu’à quel point leur pays est en mesure d’offrir une vie décente aux migrants, spécialement à ceux qui ont effectivement besoin de protection, sans porter atteinte au bien commun des citoyens. Surtout, on ne peut pas réduire la crise dramatique actuelle à un simple comptage numérique. Les migrants sont des personnes, avec des noms, des histoires, des familles, et une véritable paix ne pourra jamais advenir tant qu’il y aura même un seul être humain violé dans son identité personnelle et réduit à être un simple numéro statistique ou un objet d’intérêt économique. »

Après une très longue évocation des migrants, chasse gardée du pape, ce dernier est revenu sur un thème qui a largement occupé les diplomates du Saint-Siège à l’ONU, la traite humaine.

« Une telle “vision réduite” de l’homme, qui prête le flanc à la diffusion de l’iniquité, des inégalités sociales, de la corruption, est ennemie de la paix. »

Enfin le Saint-Père a confronté les idéologies à la paix véritable, fondement de l’engagement de l’Eglise catholique.

« L’idéologie, qui utilise les difficultés sociales pour attiser le mépris et la haine et qui voit l’autre comme un ennemi à anéantir, est ennemie de la paix. Malheureusement, de nouvelles formes d’idéologies se présentent continuellement à l’horizon de l’humanité. Se déguisant en porteuses de bien pour le peuple, elles laissent au contraire derrière elles pauvreté, divisions, tensions sociales, souffrance et souvent aussi, la mort. La paix, au contraire, se conquiert par la solidarité. D’elle germe la volonté de dialogue et la collaboration qui trouve dans la diplomatie un instrument fondamental. L’engagement convaincu du Saint-Siège et de l’Église catholique à écarter les conflits, ou à accompagner les processus de paix, de réconciliation et de recherche de solutions négociées avec les autres, se situe dans la perspective de la miséricorde et de la solidarité. »

Le Saint-Père a ensuite exprimé son souhait de voir l’Europe renouer avec ses racines.

« L’Europe entière est en train de traverser un moment décisif de son histoire, où elle est appelée à retrouver son identité. Ceci exige qu’elle redécouvre ses propres racines afin de pouvoir modeler son avenir. Face aux poussées qui désagrègent, il est toujours plus urgent de mettre à jour l’“idée d’Europe” pour faire naître un nouvel humanisme basé sur la capacité d’intégrer, de dialoguer et de générer, qui a rendu grand celui qu’on appelle Vieux Continent. Le processus d’unification européenne, commencé après le second conflit mondial, a été et continue d’être une occasion unique de stabilité, de paix et de solidarité entre les peuples. Je ne peux que rappeler ici l’intérêt et la préoccupation du Saint-Siège pour l’Europe et pour son avenir, ayant conscience que les valeurs sur lesquelles ce projet – dont c’est le soixantième anniversaire cette année – tire son origine et se fonde, sont communes à tout le continent et franchissent les frontières même de l’Union Européenne. »

Puis le pape François a conclu par une exhortation à la paix

« La paix est un don, un défi et un engagement. Un don parce qu’elle jaillit du cœur même de Dieu ; un défi parce qu’elle est un bien qui n’est jamais acquis et qui est toujours à conquérir ; un engagement parce qu’elle exige le travail passionné de toute personne de bonne volonté dans sa recherche et sa construction. Il n’y a donc pas de véritable paix sinon à partir d’une vision de l’homme qui sache en promouvoir le développement intégral, en tenant compte de sa dignité transcendante, puisque « le développement est le nouveau nom de la paix », comme le rappelait le Bienheureux Paul VI. Ceci est donc mon souhait pour l’année qui vient de commencer : qu’entre nos pays et leurs peuples les occasions de travailler ensemble et de construire une paix authentique puissent grandir. Pour sa part, le Saint-Siège, et en particulier la Secrétairerie d’État, sera toujours disponible pour collaborer avec tous ceux qui s’engagent à mettre fin aux conflits en cours et apporter soutien et espérance aux populations qui souffrent.

Dans la liturgie nous prononçons la salutation “que la paix soit avec vous”. Par cette expression, gage d’abondantes bénédictions divines, je renouvelle à chacun de vous, distingués membres du Corps Diplomatique, à vos familles, aux pays que vous représentez ici, mes vœux les plus sincères pour l’année nouvelle. »

 Vous pouvez retrouver ici l’intégralité du discours

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Saints Innocents, le pape écrit aux évêques : Ne laissons pas voler la joie des enfants

« Cher frère,

Aujourd’hui, jour des Saints Innocents, alors que continuent à résonner dans nos cœurs les paroles de l’ange aux bergers : « Je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David » (Lc 2, 10-11), je sens le besoin de t’écrire. Cela nous fait du bien d’entendre une fois encore cette annonce ; entendre de nouveau que Dieu est au milieu de notre peuple. Cette certitude que nous renouvelons d’année en année est source de notre joie et de notre espérance.

Nous pouvons, ces jours-ci, faire l’expérience de la manière dont la liturgie nous prend par la main et nous conduit au cœur de Noël, nous introduit dans le Mystère et nous conduit peu à peu à la source de la joie chrétienne.

Comme pasteurs, nous avons été appelés pour aider à faire grandir cette joie au milieu de notre peuple. Il nous est demandé de prendre soin de cette joie. Je souhaite renouveler avec toi l’invitation à ne pas nous laisser voler cette joie, souvent quand nous sommes déçus – et non sans raison – par la réalité, par l’Eglise, et déçus aussi de nous-mêmes, nous sommes tentés de nous en tenir à une tristesse douceâtre, sans espérance, qui s’empare de nos cœurs (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 83).

Noël, malgré nous, est accompagné aussi de pleurs. Les évangélistes ne se sont pas permis de travestir la réalité pour la rendre plus crédible ou plus désirable. Ils ne se sont pas permis de faire un discours « beau » mais irréel. Pour eux, Noël n’était pas un refuge imaginaire où se cacher face aux défis et aux injustices de leur époque. Au contraire, ils nous annoncent aussi la naissance du Fils de Dieu enveloppée d’une tragédie de douleurs. Citant le prophète Jérémie, l’évangéliste Matthieu la présente avec une grande rudesse : « A Rama une voix se fait entendre, une plainte amère ; c’est Rachel qui pleure ses fils » (Jr31,15). C’est le gémissement de douleur des mères qui pleurent la mort de leurs enfants innocents en raison de la tyrannie et de la soif effrénée de pouvoir d’Hérode.

Un gémissement que nous pouvons entendre encore aujourd’hui, qui nous touche l’âme et que nous ne pouvons et ne voulons ni ignorer ni faire taire. Aujourd’hui, malheureusement – et je l’écris avec une douleur profonde -, on entend encore parmi nos gens le gémissement et les pleurs de beaucoup de mères, de beaucoup de familles, en raison de la mort de leurs enfants, de leurs enfants innocents.

Contempler la crèche c’est aussi contempler ces pleurs, c’est aussi apprendre à écouter ce qui arrive autour de nous et avoir un cœur sensible et ouvert à la souffrance du prochain, spécialement quand il s’agit d’enfants ; et c’est aussi être capables de reconnaître que ce triste chapitre de l’histoire est encore en train de s’écrire aujourd’hui. Contempler la crèche en l’isolant de la vie qui l’environne, ce serait faire de la Nativité une belle fable qui susciterait en nous de bons sentiments mais qui nous priverait de la force créatrice de la Bonne Nouvelle que le Verbe Incarné veut nous donner. Et la tentation existe.

Est-il possible de vivre la joie chrétienne en tournant le dos à ces réalités ? Est-il possible de faire advenir la joie chrétienne en ignorant les gémissements du frère, des enfants ?

Saint Joseph a été le premier appelé à garder la joie du Salut. Devant les crimes atroces qui étaient en train de se produire, saint Joseph – modèle de l’homme obéissant et fidèle – a été capable d’écouter la voix de Dieu et la mission que le Père lui confiait. Et comme il a su écouter la voix de Dieu et se laisser guider par sa volonté, il est devenu plus sensible à ce qui l’entourait et il a su lire les événements avec réalisme.

Encore aujourd’hui, il nous est demandé la même chose, à nous pasteurs, d’être des hommes capables d’écouter la voix du Père, de ne pas y être sourds, et de pouvoir ainsi être plus sensibles à la réalité qui nous entoure. Aujourd’hui, avec saint Joseph pour modèle, nous sommes invités à ne pas nous laisser voler la joie. Nous sommes invités à la défendre des Hérode de notre époque. Et, comme saint Joseph, nous avons besoin de courage pour accepter cette réalité, pour nous lever et la pendre dans nos mains (cf. Mt 2, 20).

Le courage de la protéger des nouveaux Hérode de notre époque qui détruisent l’innocence de nos enfants. Une innocence brisée sous le poids du travail clandestin et de l’esclavage, sous le poids de la prostitution et de l’exploitation. Une innocence détruite par les guerres et par l’émigration forcée, avec la perte de tout ce que cela comporte. Des milliers de nos enfants sont tombés entre les mains de bandits, de mafias, de marchands de mort qui ne font que détruire et exploiter leurs besoins.

Á titre d’exemple, aujourd’hui, 75 millions d’enfants – en raison des situations d’urgence et des crises prolongées – ont dû interrompre leur instruction. En 2015, 68 % des personnes faisant l’objet de trafic sexuel dans le monde étaient des enfants. Par ailleurs, un tiers des enfants qui ont dû vivre en dehors de leurs pays l’on fait par déplacement forcé. Nous vivons dans un monde où presque la moitié des enfants qui meurent en dessous de 5 ans, meurent de malnutrition. En 2016, on calcule que 150 millions d’enfants mineurs ont travaillé, pour beaucoup dans des conditions d’esclavage. Selon le dernier rapport de l’UNICEF, si la situation mondiale ne change pas, en 2030, 167 millions d’enfants vivront dans une extrême pauvreté, 69 millions d’enfants en dessous de 5 ans mourront entre 2016 et 2030, et 60 millions d’enfants n’iront pas à l’école primaire.

Écoutons les pleurs et les lamentations de ces enfants ; écoutons aussi les pleurs et les lamentations de notre mère l’Eglise, qui pleure non seulement devant la souffrance causée à ses enfants les plus petits, mais aussi parce qu’elle connaît le péché de certains de ses membres : la souffrance, l’histoire et la douleur des mineurs qui ont été abusés sexuellement par des prêtres. Péché qui nous fait honte. Des personnes qui avaient la responsabilité de prendre soin de ces enfants ont détruit leur dignité. Nous déplorons cela profondément, et nous demandons pardon. Nous nous unissons à la souffrance des victimes et, à notre tour, nous pleurons le péché. Le péché de tout ce qui est arrivé, le péché d’avoir omis de porter assistance, le péché de taire et de nier, le péché d’abus de pouvoir. L’Eglise aussi pleure avec amertume ce péché de ses fils, et elle demande pardon. Aujourd’hui, faisant mémoire des Saints Innocents, je veux que nous renouvelions tout notre engagement pour que ces atrocités ne se produisent plus parmi nous. Trouvons le courage indispensable pour promouvoir tous les moyens nécessaires et protéger, en toute chose, la vie de nos enfants pour que de tels crimes ne se répètent plus. Faisons nôtre, clairement et loyalement, la consigne « tolérance zéro » dans ce domaine.

La joie chrétienne n’est pas une joie qui se construit en marge de la réalité, en l’ignorant ou en faisant comme si elle n’existait pas. La joie chrétienne naît d’un appel – le même qu’a reçu saint Joseph – à “prendre” et protéger la vie, spécialement celle des saints innocents d’aujourd’hui. Noël est un temps qui nous provoque à garder la vie et à l’aider à naître et à grandir ; à nous renouveler comme pasteurs courageux. Ce courage qui génère des dynamiques capables de prendre conscience de la réalité que beaucoup de nos enfants vivent aujourd’hui, et de travailler pour leur garantir les conditions nécessaires afin que leur dignité de fils de Dieu soit non seulement respectée mais surtout défendue.

Ne laissons pas voler leur joie. Ne nous laissons pas voler la joie, gardons-la, aidons-la à grandir. Faisons cela avec la même fidélité paternelle de saint Joseph, et tenus par la main de Marie, la Mère de la tendresse, pour que notre cœur ne s’endurcisse pas.

Avec une fraternelle affection,

FRANÇOIS

Cité du Vatican, 28 décembre 2016
Fête des Saint Innocents, Martyrs

 

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Amoris laetitia – des Dubia à la correction fraternelle, fin de la trêve de Noël

Dans un entretien accordé au média américain Pro-Vie, Lifesitenews, le cardinal Burke laissait entendre qu’après Noël les quatre cardinaux auteurs des fameux Dubia, pourraient passer à la correction formelle, si le Saint-Père demeurait silencieux.

Depuis longtemps l’Eglise n’avait pas connu une situation théologique et pastorale aussi confuse, mettant en cause le pape lui-même. Cette crise révèle en tout cas au grand public que l’institution ecclésiale, sans être une démocratie, s’est sagement dotée de moyens de contrôle de l’exercice de l’autorité magistérielle du pape. Un contrôle qui respecte la fonction pontificale et s’exerce sous la forme de conseils et de confrontation.

Les dubia, comme la correction formelle sont des procédés ordinaires en situation extraordinaire, entendons par là que les cardinaux ne posent pas des actes révolutionnaires qui déstabiliseraient l’institution. En revanche, la médiatisation du monde actuel donne un écho bruyant à leur initiative.

Ce qui est plus anormal par contre et qui crée un malaise grandissant, c’est le silence du pape François qui se doit de répondre à ces dubia qui sont, rappelons-le, de simples questions appelant une clarification sur un texte que tout le monde reconnait aujourd’hui comme trop vague et ambigu.

Revenant sur les déclarations de son collègue et co-signataire, le cardinal Brandmüller à précisé que le but de ces dubia avait été, outre la clarification, d’ouvrir le débat. Ce à quoi Mgr Pinto avait répondu que deux synodes et l’Esprit Saint avaient tranché. Cependant, les dubia ne portent pas sur le synode mais sur le compte rendu des travaux synodaux qu’est l’exhortation apostolique Amoris laetitia

Il semble donc que ce compte rendu ne soit pas suffisamment clair. Le trouble semé dans l’esprit de nombreux fidèles, comme d’éminents théologiens, demande, selon le cardinal allemand, une précision de la part de celui qui est à la foi l’auteur de la lettre et le garant du magistère. L’enjeu n’est donc pas des moindres, puisqu’il s’agit rien moins que de confirmer ou réfuter la conformité du document au magistère et d’apaiser les tensions au sein de l’Eglise et dans le cœur même des fidèles.

Au sens strict, il semble que cette exhortation soit un scandale, dans la mesure où, pour reprendre le Christ en Matthieu 18,5-9, elle trouble les petits. Ce simple fait demanderait une clarification.

C’est l’objet de la supplique (que vous pouvez signer comme tout fidèle) Dubia Amors laetitia qui demande filialement au Saint-Père, selon une forme très ancienne des adresses au pape,  de répondre aux cardinaux afin d’apaiser les cœurs, les esprits et les tensions.

De son côté, le cardinal Brandmüller s’interroge sur les raisons du refus de réponse du pape.

«  Nous les cardinaux attendons les réponses aux dubia, dans la mesure où un défaut de réponse pourrait être vu par d’amples secteurs de l’Église comme un refus d’une adhésion claire et articulée à la doctrine définie. »

Dubia, suppliques et à présent correction fraternelle (à titre privée et non public précisent les cardinaux), voici des procédures qui ont le mérite de montrer que l’Eglise est bien vivante et que le sensus fidei n’est pas lettre morte.

Cependant même à titre privé, la correction formelle est plus rude que les dubia, puisqu’il s’agit de confronter le texte au magistère, précise le cardinal Burke.

« Ce serait direct, de même que les dubia, mais dans ce cas-ci il n’y aurait pas de questions à soulever, il s’agirait de confronter les déclarations confuses d’Amoris Laetitia avec l’enseignement constant et la pratique de l’Église. »

Cette mesure de « correction d’une erreur d’un pontife » serait, pour le cardinal américain, « un moyen pour sauvegarder son office et l’exercice de celui-ci. »