Conférences/Formations #NLH #NLQ

« La politique dans l’enseignement de l’Eglise » : conférence de Mgr Aillet à Nay

Les paroisses de Nay, Bordes, Asson, en lien avec la Communauté des Béatitudes de Nay proposent plusieurs rendez-vous de réflexion pour approfondir notre foi et l’incarner au quotidien.
C’est ainsi que sont organisées, à la Communauté des Béatitudes de Nay (salle dom Bosco), deux conférences de carême.
La première a eu lieu le jeudi 9 mars à 20h30. Elle portait sur « l’éthique sociale de l’Eglise et le respect de chaque personne« , menée par le père Tanguy Marie Pouliquen, professeur à l’Institut Catholique de Toulouse et docteur en théologie.
La seconde conférence aura lieu le lundi 3 avril à 20h30, elle sera assurée par monseigneur Marc Aillet, évêque du diocèse de Bayonne. Elle aura pour thème « La politique dans l’enseignement de l’Église« .
Ces deux conférences seront dispensées à la Communauté des Béatitudes de Nay, salle Dom Bosco.
Contact : Père Pierre Haramburu, 06 85 61 10 56 ou pierre-haramburu@orange.fr

En France #NLQ

Investir le politique en paroisse

La participation des chrétiens au débat politique a été au cœur de la rencontre annuelle des Équipes d’Animation Pastorale du diocèse de Versailles. Plus de 130 personnes, curés et membres des Equipes d’Animation Pastorale (EAP) sont venus samedi 14 janvier au Centre Ozanam de Versailles à la rencontre annuelle des EAP. Cette année encore, les organisateurs ont choisi un sujet particulièrement d’actualité : « l’Église invite les Chrétiens à participer à la vie politique ».

Au début d’une année particulièrement riche en élections, le thème ne pouvait laisser indifférent. Et le panel des intervenants était :

  • père Pierre-Hervé Grosjean, curé de St Cyr l’École et secrétaire général de la commission diocésaine ‘éthique et politique’,
  • François Garay (DVG), maire des Mureaux,
  • François-Xavier Bellamy (DVD), adjoint au maire de Versailles.

Mgr Aumonier a souligné combien le débat et l’engagement politiques restaient indispensables et étaient l’affaire de tous les citoyens dans la mesure où nous sommes tous engagés à servir le vivre-ensemble. « Nous sommes dans le monde », a redit Mgr Aumonier. Mais cet engagement mérite de faire appel à notre intelligence, d’effectuer un discernement préalable en dépassant les slogans et les ‘petites phrases.

Le père Grosjean a présenté aux participants la quintessence du document récent du Conseil permanent de la Commission des Evêques de France, « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Les évêques dressent le constat que notre ‘vivre ensemble’ est fragilisé par les débats qui se transforment en véritables confrontations. Dans cette société qui se fracture, il est urgent de procéder à un travail de ‘refondation’ : face aux désirs individuels et au multiculturalisme quelle est la charpente sur laquelle construire notre ‘maison commune’ ? Le père Grosjean insiste alors sur l’importance de redonner de la valeur et du sens au ‘politique’. Afin que l’homme politique ne limite pas son activité à des affaires de gestion. Le Conseil permanent de la CEF n’entend pas dicter les solutions à prendre. Il souligne juste l’importance pour les chrétiens d’agir sans perdre de temps en prenant une part active au débat. Dans cette même veine, le pape François a eu l’occasion à plusieurs reprises d’inviter les chrétiens à ‘entrer dans l’arène’, sous peine de voir les autres y entrer et transformer le monde sans faire entendre la voix de l’Evangile. Il ne s’agit pas ici d’imposer une sorte de contreculture chrétienne, mais plutôt d’enrichir le débat avec les richesses de l’anthropologie chrétienne. Tout le défi est alors de trouver le juste milieu entre la raideur empêchant le dialogue et la peur de ne pas entrer en conflit. 

Le maire des Mureaux a insisté sur le concret de son engagement politique au quotidien :en tant qu‘élu de la République’, il est le défenseur de ses piliers Liberté, Egalité, Fraternité. Par ailleurs, il a pour mission de définir des règles de vie commune qui n’entravent pas la liberté individuelle. Pour François Garay, l’éducation des enfants de 6 à 16 ans est un élément clef pour apprendre à vivre en paix dans une société multiculturelle et aussi multicultuelle  : le cloisonnement rampant de notre société angoissée est un danger qu’il faut combattre. Il ne s’agit pas de renoncer à sa propre identité, mais de construire ensemble la collectivité de demain.

François-Xavier Bellamy note que la crise de la politique est d’abord une crise de notre société de plus en plus individualiste. Il compare notre société à un bateau qu’il serait tentant de gouverner sous la loi de l’intérêt général (qui n’est autre que la satisfaction des intérêts particuliers de chacun.) Il nous propose plutôt de privilégier ‘le bien commun’ qui sacrifie notre petit intérêt personnel au profit du bien de tous. Or, ce ‘bien commun’ est menacé aujourd’hui.  C’est à partir de ce bien commun qu’il est possible de construire un ‘vivre ensemble’ avec des règles librement consenties pas tous. Ce respect des règles conduit à l’éthique. Le politique devient alors éthique ! Pour l’adjoint à la mairie de Versailles, qui est aussi professeur de philosophie, être un ‘élu’, c’est servir une histoire qui nous précède et qui nous suivra : un schéma qui dépasse allègrement les contraintes des calendriers électoraux !

 

 Source

Agenda / Annonce #NLQ

Paris – Formation à l’action politique et culturelle

Formation à l’action politique et culturelle

avec Ichtus

Dates de l’année 2017

 

Étape 1 : Ouverture – mercredi 18 janvier 2017
Sommes-nous définitivement réduits à combattre sans espoir de vaincre ?
Les fondements de l’action politique

Étape 2 : Penser l’action pour qu’elle soit conforme à son but- Mercredi 22 février 2017

On ne saurait s’y prendre pour construire comme on s’y prend pour démolir.
L’action entre reconstruction et subversion

Étape 3 : Les hommes – Mercredi 15 mars 2017

Nous avons besoin d’hommes peu nombreux mais décidés.
Apprendre à gérer le plus décisif des capitaux

Étape 4 : Quels instruments employer pour une action efficace ? – Mercredi 19 avril 2017

Ayons le goût scrupuleux de l’instrument adapté et de la méthode exacte.
Passer de l’idée à sa réalisation

Étape 5 : Agir par la culture – Mercredi 17 mai 2017
La beauté semble aujourd’hui plus désirée que le vrai.
Entre bataille culturelle et action culturelle

Étape 6 : Comment être acteur de l’action de demain ? – Mercredi 14 juin 2017
Séance de présentation et analyse des projets des participants.

Inscriptions en ligne

NLH #Tribunes et entretiens

Entretien avec Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Cyril Brun, rédacteur en chef d’InfoCatho est interrogé par Franck Abed sur l’année politique 2016 et sur ce qu’il perçoit pour 2017.

Franck ABED : Bonjour. Quel fut l’événement le plus marquant de l’année 2016 pour la France ?

Cyril BRUN : Très honnêtement, je ne vois guère d’événement marquant pour la France que j’ai trouvée plutôt subissant les événements. Il y a bien entendu un tas de petits moments annexes (en tout cas pour la France) qui ont pu être des révélateurs, comme nous être laissés endormir par le rapport In velt, les retournements français au Proche-Orient, les simulacres de condamnation de la France par la CEDH ou autres cours. Mais globalement rien de très saillant en soi. Par contre, une succession de non faits peuvent être plus significatifs. L’éviction simultanée de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Hollande ; l’élection anti-médiatique de Donald Trump ; le Brexit  ; le refroidissement des relations avec la Russie. Autant de petites touches qui ressemblent à un mur qui s’écaille. Je dis bien s’écaille car je ne vois pas que, pour l’heure, ce soit bien plus. Et la « victoire » de François Fillon me semble un beau trompe l’œil, bien qu’il ne soit pas dit qu’on ne puisse en faire quelque chose. Je suis plus pantois devant des non-événements comme les manifestations anti-terroristes de janvier dernier, l’assassinat du Père Hamel ou les grèves du printemps qui ont tous été de vagues soufflés sans aucune suite, malgré leur violence.

Franck ABED : Le peuple américain s’est donné un nouveau président en la personne de Donal Trump. Que vous inspire cette élection ? Est-ce que cela peut influencer le cours des choses en vue de la présidentielle de 2017 ?

Cyril BRUN : Je n’ai pas étudié dans le détail le programme du candidat Trump et je ne suis pas un spécialiste des Etats-Unis. Je n’ai donc pas vraiment d’avis sur l’homme et sa politique, sauf en ce qui touche aux questions éthiques que l’on appelle de façon pudique sociétales. Cela étant, je constate qu’un candidat honnis par tout le système est parvenu à se hisser par le système lui-même (la Primaire c’est le système) et contre sa volonté, au plus haut niveau du même système. Il a pris à revers les médias, les politiques et les lobbies, trois chapes de plomb qui recouvrent tout et empêchent quiconque n’est pas du sérail d’émerger. C’est donc possible en soi. Mais est-ce possible en France, pays à la mentalité très différente ? Sans doute, mais probablement pas selon les mêmes chemins. Le fait est que si nous voulons sortir du marasme et des couperets liberticides du système, il nous faut cesser de vouloir jouer avec les codes dudit système. Les médias sont contre nous. Les politiques sont contre nous. Les lobbies ont d’autres intérêts que les nôtres et nous n’avons pas, en France, les finances des groupes pro-vie américains.

Les Français ne veulent pas d’un Trump, mais d’un effet Trump. Le vote Fillon est assez révélateur du profil type qu’attendent les Français et que les deux derniers présidents n’ont pas voulu incarner. La difficulté pour nous c’est d’avoir un mouvement non conformiste qui porte un conformiste. C’est-à-dire d’avoir un mouvement radicalement neuf et capable de briser les normes actuelles, mais portant un homme et des idées rassurantes. Le Français n’est pas révolutionnaire, quoi qu’on en dise, il est au contraire un bon terrien, comme Jacques Chirac, comme François Fillon. La figure présidentielle que recherchent les Français est globalement monarchique. Même le député est vu comme monarchique, jusque dans sa possible élection à vie.

Il est donc possible de changer les choses en court-circuitant la presse et les politiques. C’est à mon avis le message principal de l’effet Trump, mais je ne suis pas certain que cela ait bien été cerné. Presse, sondeurs et politiques ont pâli de voir que leur propagande n’avait eu aucun effet. Plus grave, ils n’ont pas vu qu’elle n’avait aucun effet. Ils sentent que la propagande leur échappe, mais ne savent pas faire autrement.

Pour ce qui est d’influencer les choses en France, c’est déjà le cas. Les choses eussent été fort différentes si Hilary Clinton avait gagné. Alain Juppé aurait bénéficié de l’effet système et surtout les financeurs et leviers américains n’auraient pas joué dans le même sens. Fillon est un ami de la City ne l’oublions pas. Pour le reste, tout dépend du poids que prendra le comité France Trump après la prise de fonction du président. Ceci étant, je crois que l’effet sur les esprits est déjà retombé. En revanche que Trump ne soit qu’un élément d’une dynamique plus vaste que la France pourrait rejoindre pourquoi pas, mais je crains que l’effet Fillon ne stérilise la bonne France.

Franck ABED : Les primaires de la droite et du centre ont démontré l’incapacité des catholiques à peser sur le jeu démocratique, à s’organiser et à être efficaces. En choisissant le candidat Poisson qui n’avait aucune chance de gagner, tout le monde a pu constater que le vote catholique ne représentait rien ou pas grand chose. Comprenez-vous cette faculté chronique des catholiques à faire les mauvais choix ?

Cyril BRUN : Je ne serai pas aussi lapidaire que cela. Que les catholiques ne soient pas capables de s’organiser est un fait désespérant. Mais ils reviennent de loin. Pour moi, les catholiques, absents du jeu politique depuis 40 ans, en sont restés au bon temps du Général de Gaulle ou de la IVème république. Ce sont de bons notables honnêtes qui ne comprennent pas, n’imaginent pas même, les soubassements tordus du jeu politique d’aujourd’hui. Un jeu qui se décide à Paris, qui ne donne aucune marge au local et qui de toute façon échappe aux politiques eux-mêmes. L’exemple de Sens Commun est assez emblématique. Ils nous ont fait reculer de trente ans. Ils n’ont rien demandé, rien négocié et ne prétendent à rien. Telles sont les déclarations de ses cadres. Une bien drôle de façon de faire de la politique.

La question qui s’est longtemps posée aux catholiques était de savoir s’ils devaient faire de l’entrisme ou du prophétisme. Aujourd’hui les choses sont plus complexes que cela. Il faut les deux et les deux ensemble. Le sens est porteur à présent, parce qu’il est ce qu’il y a de plus tranchant. Rien ne différenciait vraiment Jupé et Fillon. Ils ont dû trouver un mouton à tondre avec les catholiques pour se départager. Vaste illusion qui a donné aux catholiques l’impression d’être revenus dans le jeu. Cependant, si tout le monde s’est engouffré dans la brèche, médias compris, c’est que les derniers feux du système voudraient bien en finir avec les derniers verrous. Ce qui est aujourd’hui clivant, c’est la vision de l’Homme. Or les catholiques ergotent, se cachent ou négocient la vérité anthropologique. A ce jeu-là on gagne du temps, mais pas la victoire.

Pour s’engager en politique, il faut une vision qui irrigue le sens. Les moyens viennent ensuite en appui et sont modulables. Nous n’avons pas de vision politique parce que la plupart des catholiques ne connaissent pas les ressorts de celle-ci. C’est toute une éducation politique qu’il faudrait entreprendre.

Pour ce qui est de Jean-Frédéric Poisson, la question ne se pose à mon avis pas en ces termes. De toute façon, après lui, le plus proche était Fillon. Tous les autres étaient très éloignés des fondamentaux que les catholiques défendent. Fillon n’en est guère plus proche, mais il arrivait derrière. De deux choses l’une, ou Fillon avait besoin du vote catholique pour l’emporter et, dans ce cas, cela veut dire qu’il avait besoin de 20 points qui serait alors le poids de Jean-Frédéric Poisson, ou il n’en avait pas besoin et la réalité du vote catholique se limite à une poignée de pourcents. Sens Commun affirme être l’artisan de la victoire et les médias se plaisent à le dire. Il serait du reste intéressant de voir pourquoi les médias relaient une information qui va plutôt dans le mauvais sens pour eux.

La vérité est qu’il est difficile de savoir ce qu’a vraiment représenté le vote catholique (malgré les nombreuses études qui ont suivi) et le fait que certains se soient portés tout de suite sur François Fillon retire tout poids à ce vote qui d’utile est devenu non seulement inutile, mais contreproductif. Ce qui est certain c’est que la candidature de Jean-Frédéric Poisson n’est pas passée inaperçue et qu’à elle seule elle a pesé sur la campagne de François Fillon. Preuve, mais ce n’est pas la première fois, que le vote catholique intéresse ou pour le moins inquiète. Depuis la jurisprudence Jospin qui lui a valu de perdre à moins de 200 000 voix, les politiques font feu de tout bois. Or le vote catholique est un potentiel bien plus lourd.

Mais ce vote est éclaté. Si nous excluons les cathos dits de gauche, les catholiques sont éclatés entre un certain FN, les Républicains, le PCD et les divers centres. Auxquels il faut ajouter les antis systèmes et les monarchistes. Comme La Manif était bigarrée, l’électorat catholique est un véritable patchwork. Ce qui à mon sens pose de véritables questions quant à la formation théologique des fidèles. Les options peuvent varier quant aux moyens mais avoir des écarts sur le fond montre le problème majeur des catholiques : leur formation spirituelle et dogmatique. On a beau dire, c’est bien là le problème politique des catholiques : la faiblesse des fondements de leur foi.

Franck ABED : Différents acteurs et observateurs de la vie politique française estiment que le Front National a de grandes chances de se retrouver au deuxième tour de l’élection présidentielle en 2017. Pensez-vous que cette analyse soit juste ? En admettant que oui, est-il possible que Marine Le Pen devienne le futur Président de la République ?

Cyril BRUN : Une élection se joue dans les 15 jours qui précèdent. Les Primaires nous l’ont encore rappelé. Tout peut arriver dont, ce qui me semble le plus probable, un éclatement du FN entre ses deux tendances. Marine ne peut se passer de la branche historique que représente sa nièce, mais construit sur la politique hors sol de Phillipot. C’est une bizarrerie politique assez parisiano-centrée. Pour cette raison, je doute que Marine Le Pen passe le dernier tour et je suis même perplexe sur le premier tour. Son assise n’est pas stable. Elle l’est d’autant moins que nous assistons au début d’un pugilat entre les deux courants. Pugilat que Marine Le Pen ne parvient pas à endiguer. En outre vous aurez remarqué que Phillipot est très en retrait de la campagne de Marine Le Pen, y compris dans l’organigramme de campagne. Je suis de ceux qui pensent qu’il prépare la chute de la fille, tout en ruinant la nièce pour être calife à la place du calife. Vu de loin, j’ai plutôt l’impression d’un sabordage du FN.

Franck ABED : François Fillon sera candidat pour Les Républicains à l’élection présidentielle de 2017. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose concernant la défense de la loi naturelle à laquelle les catholiques français sont attachés ?

Cyril BRUN : François Fillon a clairement pris position, même s’il le cache, contre nombre de nos convictions. Un Poisson fort ou un Sens Commun actif auraient pu peut-être tenir les choses, mais là je ne suis pas convaincu. Mais tout peut se jouer dans la réécriture de la carte des investitures. Ici, une certaine organisation catholique devrait pouvoir se mettre en mouvement. Mais encore une fois, nous manquons tellement d’esprit politique. Notre aire de jeu, c’est le local. Les législatives devraient être un endroit clef. Mais nous avons tellement déserté que notre légitimité locale elle-même est à reconstruire.

Peut-être éviterons-nous de nouvelles avancées destructrices, mais sans moyens de pression sur l’équipe Fillon nous ne pèserons rien. Or l’éviction de JF Poisson nous a coupé au moins une main.

Franck ABED : Selon vous est-ce que la majorité des catholiques votera pour les Républicains ou pour le Front National lors de l’élection présidentielle de 2017 ?

Cyril BRUN : Les catholiques sont majoritairement légalistes. Au moins les générations au-delà de la trentaine. Fillon est le portrait type du légaliste, un rien légitimiste. Je crains même que l’élection de François Fillon ne nous assoupisse. Si en outre Marine Le Pen continue de brimer sa nièce, Fillon pourrait bien siphonner l’aile centriste du FN. Je n’ose dire l’aile gauche, car cette aile est plus proche de Macron que de Fillon.

Franck ABED : Ces dernières années, les sujets politiques ont souvent été les mêmes : immigration, terrorisme, islam, Union Européenne, insécurité, chômage. Plus personne n’évoque la Francophonie. Comment l’expliquez-vous ?

Cyril BRUN : Les médias sont mondialistes, les politiques de droite européistes. Qui plus est, les programmes présidentiels sont des programmes de premiers ministres. Il n’est plus question de la France, mais du quotidien des habitants de cette zone géographique en forme d’hexagone. Francophonie signifie une certaine idée de la France, un amour de celle-ci et une fierté. Nicolas Sarkozy rêvait d’une France à l’américaine, quant à François Hollande….

Parler de francophonie suppose de retrouver une authenticité de la France, assumer son héritage avec fierté et amour. Aujourd’hui, l’internationalisme voit dans la francophonie un obstacle.

Propos recueillis le 29 décembre 2016

 

Agenda / Annonce #NLQ

Les prochains séminaires de l’IFP en janvier et février

Depuis 2004, l’Institut de Formation Politique identifie, recrute et forme des jeunes (18 à 35 ans) courageux, désireux de servir la France. Tous sont attachés à leur héritage culturel et aux principes de primauté de la personne, de liberté et de responsabilité.

Plus de 1200 jeunes ont déjà suivi les séminaires de l’IFP. Ces formations leur permettent de renforcer leurs convictions et d’acquérir, auprès d’intervenants de qualité, les méthodes de base d’une action efficace. Entre deux séminaires, le réseau de l’Institut favorise l’engagement et l’action dans la Cité, que cela soit dans la vie associative ou en politique.

Organisés sur un weekend, à intervalle régulier, les séminaires de formation visent à structurer la réflexion et à stimuler l’engagement des auditeurs. Combinant cours fondamentaux et exercices pratiques, ils permettent aux auditeurs : de mieux connaître les fondements intellectuels de leur famille de pensée, d’améliorer leur pratique de l’argumentation oratoire pour convaincre leurs interlocuteurs ; d’acquérir les connaissances de l’action politique.

Prochain séminaire de Niveau I : 3, 4 et 5 février 2017.

Prochain séminaire de Niveau II  : 27, 28 et 29 janvier 2017.

Programmes détaillés et inscriptions en ligne.

 

L’apprentissage ne s’arrête pas aux séminaires. Pour encourager constamment une action à la fois réfléchie, structurée et efficace, l’IFP accompagne ses auditeurs et leur propose de participer à un dîner mensuel de travail et de réseau (les Lundis de l’IFP), des synthèses (les Notes de l’IFP), et un séminaire semestriel sous forme d’enseignement à distance (la Formation Fondamentale). Enfin, le Cercle Droit et Politique a été créé afin de prêter main forte aux auditeurs travaillant dans les institutions publiques et les métiers du droit.

Tribunes et entretiens

Entretien – Camille Pascal « l’identité catholique ressurgit »

Après un long entretien dans les colonnes du Salon Beige, à l’occasion de la sortie de son livre Ainsi Dieu choisit la France, Camille Pascal répond au Point.

Extraits

« Le catholicisme est en train de sortir des profondeurs dans lesquelles la société l’avait enfoui depuis une trentaine d’années. Les agressions terroristes, le fait que les Français soient désignés comme des croisés par Daech, et, dans un registre différent, la façon dont les réformes sociétales ont été imposées engendrent une réaction à un moment donné. Et l’identité catholique ressurgit. Cela fait quinze siècles que notre pays est façonné par l’Église catholique et pendant cette longue période historique tous ceux qui furent à sa tête furent habités par cette religion – y compris Bonaparte, tout agnostique qu’il fut. Même les Lumières et la Révolution française furent un surgeon de cette identité. Ces dernières années, on avait oublié cette imprégnation. Aujourd’hui, en clair, on assiste à un retour du refoulé. Et cette résurgence porte François Fillon.

Mais le démographe Hervé Le Bras a souligné que les votes catholiques n’avaient pas eu autant d’impact sur le choix des électeurs de droite pour François Fillon…

Jamais depuis les manifestations pour l’école libre de 1984 la France catholique n’avait été à ce point mobilisée. Cette mobilisation est non seulement importante, mais aussi durable. La première manif pour tous a eu lieu fin 2012. Le mouvement continue, et François Fillon a su mobiliser cet électorat. Pour une génération d’intellectuels formés par le structuralisme des années 1970, c’est impensable, et donc ils continuent à ne pas percevoir le phénomène. »

 

A la une #En France #NLQ

Chrétien une maladie honteuse ?

La valse des petites phrases continue son ballet médiatico-politique. Nous relevions, hier, le « je suis gaulliste et de surcroît chrétien » de François Fillon, saluant au passage la non-réaction de la bobosphère. Mais pas du tout, les vierges effarouchées sont toujours bien vivantes, quoique peu crédibles avec leur cri d’orfraie.

Il y aurait contradiction entre un gaullisme, dont les fondements seraient laïcs (Seigneur, voilà à quoi conduisent nos cours d’histoire !), et le fait d’être chrétien (sic). Heureusement que Christian Jacob était là pour voler au secours du chrétien engagé dans la campagne : François Fillon a juste voulu exprimer qu’il était quelqu’un de solidaire. Bref, on oublie la dignité humaine pour se rabattre sur la solidarité, tâchant de gommer que l’un ne va pas sans l’autre et qu’il n’y a de vraie solidarité que si elle repose sur une dignité humaine véritable.

christian-jacob

 

Les indignations des contradicteurs de Christian Jacob montrent que pourtant, eux, ne s’y trompent pas. Et ils ont bien entendu derrière « dignité humaine », le combat pro-vie ou la lutte contre la loi Taubira. Il n’est pas certain que François Fillon, lui, entendait s’engager sur ce terrain là, même si la phrase avait de forte chance d’être à l’intention de tel électorat.

Mais ce qui inquiète, c’est que « c’est le premier à faire ça ». S’il faisait école, ce serait un raz-de-marée contre l’idéologie au pouvoir. Comme quoi, être chrétien, ça rassure ou ça fait peur.

Toutefois, tout le monde, même la peur au ventre, convient quand même du fait qu’« être chrétien n’est pas une maladie honteuse ».

Cependant, nous savons que la gauche et une large part de la droite craignent beaucoup plus les chrétiens que les musulmans. Car, pour eux, le terrorisme est un danger marginal (pensent-ils), tandis que les chrétiens se battent contre eux frontalement sur le même terrain. Ce qu’ils veulent détruire est précisément ce que les catholiques entendent défendre. Et il se trouve que, pour l’heure, l’islam est un allié.

En France #NLH #NLQ

Pensez à vous inscrire à l’Université de la vie 2017

Alliance VITA vous invite à un nouveau cycle de formation sur 4 soirées, les lundis 9, 16, 23 et 30 janvier 2017. Ouverte à tous, cette formation est en direct et en visioconférence depuis Paris dans plus de 100 villes en France et à l’étranger.

Pour cette année, la formation propose un passage de la politique vers la BIOpolitique, une politique au service de la vie.

En effet, l’enjeu clé des années à venir est la place de l’homme dans la société. 
Le thème « Fonder la Biopolitique » permet de s’interroger sur :

   ♦ Qu’est-ce qui fonde la dignité de l’Homme ?

   ♦ En quoi notre regard sur l’embryon fonde-t-il notre regard sur l’humanité ?

   ♦ Quelle est la place de la famille dans le paysage politique ?

   ♦ Comment vivrait le corps social si le corps humain était dépassé par la technique ?

Pour rendre possibles des options biopolitiques humaines, les seules dignes de l’homme, il faut prendre le temps de se former pour agir ensuite de façon ajustée. C’est le but de ces quatre soirées, qui permettront à chacun de réfléchir et de prendre position personnellement face aux défis humanitaires, politiques et culturels à relever.

Renseignements complémentaires et inscriptions : ici

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Un véritable Bien Commun pour moins de laissés pour compte

Une volonté de bien commun uniquement matériel, sans référence aux valeurs chrétiennes, est conduite à laisser pour compte une large partie de la population. Galvaudée, la notion de bien commun mériterait de retrouver sa juste place dans l’économie étatique et mondiale.

Discours officiels et médiatiques mentionnent, depuis quelques années déjà mais sans en définir le contenu, le « bien commun ». Tandis que chacun est invité à y mettre ce qu’il veut, l’interrogation est d’autant plus vive chez l’historien que les Modernes avaient, dès le XVIIIe siècle, substitué au bien commun traditionnel la notion d’« intérêt général ». Au gré des générations et comme par hésitation sur le qualificatif le plus approprié, la diversification s’est faite avec « intérêt national », « intérêt public ». Le but recherché était de faire oublier le concept « bien commun » qu’avaient formulé les théologiens catholiques pour désigner un véritable trésor à garder.

La doctrine sociale de l’Église apprend à distinguer le bien commun spirituel et le bien commun temporel. Le premier, riche d’enseignement divin et confié à l’Église, guide le fidèle vers son salut. Le second désigne le bien de l’homme en société(s) ; il englobe le milieu naturel et embrasse l’ensemble des acquis nécessaires à l’épanouissement dans la paix de chacun et de tous les membres de la société. La nature du bien commun fait considérer sa primauté sur le bien particulier ; les intérêts privés et ceux des groupes doivent être subordonnés au bien commun dont l’État a la charge, et que le législateur doit servir ; faute de quoi la société se disloque. Saint Thomas avait fait du service du bien commun la fonction essentielle du pouvoir politique : légiférer conformément à la justice, faire respecter les règles de l’activité économique, en corriger les dysfonctionnements en cas de crise… Les exigences dudit bien fixent les règles de la justice sociale, laquelle est génératrice de paix.

Depuis que la philosophie libérale a bouté la morale chrétienne hors de la sphère économique dite alors « physique », séparé l’individu de la société et du bien commun, mis le travail et l’économie dans la dépendance de la finance, l’intérêt des puissants imprègne la gouvernance des nations. Les libéraux laisser-fairistes n’expliquent-ils pas, sous forme d’antienne et sans état d’âme, que les pauvres n’ont qu’à se retrousser les manches pour s’enrichir ? Tout ne s’achète-t-il pas et ne se vend-il pas ?

Le bien commun redéfini

Alors que, laïcité oblige, le bien commun spirituel est absent des débats d’idées, voici que Jean Tirole, le lauréat du prix Nobel d’économie 2014, intitule l’Économie du bien commun (PUF, 640 p., 18 €) son livre destiné à un large public. Il ne précise pas si, comme les économistes classiques, il fait de l’intérêt général la somme des intérêts particuliers, et si ce qui est utile au plus grand nombre justifie le sacrifice des laissés-pour-compte. Il n’en situe pas moins le bien commun à la convergence de l’intérêt général et de l’intérêt particu­lier après l’avoir défini comme « ce à quoi nous aspirons pour la société ». Sur cette base restée vague, l’auteur indique que la recherche du bien commun passe en grande partie par la construction d’institutions visant à concilier autant que faire se peut l’intérêt individuel et l’intérêt général. L’économie – au sens de science économique – est ainsi mise au service du bien commun, « elle a pour objet de rendre le monde meilleur ».

Les Anciens pensaient que l’économie – qui désignait alors l’activité nourricière – avait pour finalité la production et l’échange des denrées nécessaires à la vie des hommes et de leur famille. Aristote avait bien identifié les différences entre l’« économique » au service des familles dont elle relevait, et la « chrématistique » visant à l’accumulation des richesses matérielles. Le XVIIe siècle avait commencé à penser l’économie politique en vue de développer la richesse des nations (Antoine de Montchrestien, Traité de l’Œconomie Politique, 1615) ; voici désormais une pensée avant-gardiste qui assume un économisme triomphant, sa finalité étant la formulation de politiques économiques aptes à réaliser l’ordre attendu. Il s’agit d’un savoir – une science – assorti d’un pouvoir – celui d’améliorer le monde – qui transpose dans la sphère temporelle du monde la bonification de l’homme que l’Église promettait dans la sphère spirituelle. Prérogative incontestable de l’État, le service du bien commun a désormais pour maître les économistes armés de la science éponyme devenue toute-puissante

Par Geneviève Gavignaud-Fontaine, pour L’homme Nouveau

Lire la suite.

Lire aussi notre article formation sur le Bien Commun

En France #NLH #NLQ

Chrétien en politique ? Apporter une note de respect et de dialogue

Dans l’édito de la lettre du diocèse de Troyes, le délégué épiscopal à la communication fait une proposition aux catholiques pour faire de la politique autrement.

Chers amis,

Nul n’ignore que le positionnement des catholiques dans le débat politique couvre un large spectre et qu’il en résulte, hélas, une tendance aux débats clivant quand ils ne sont pas franchement polémiques. Qu’une forme de passion existe, tant les enjeux sont importants, cela paraît normal, par contre, comment ne pas déplorer cette sorte de diabolisation de l’adversaire si fréquent dans l’hexagone. Se revendiquer comme chrétien, n’est-ce pas apprendre à dialoguer avec le frère qui défend une position différente de la mienne ?

La famille politique n’est jamais un clan ou une tribu, et si les chrétiens veulent pouvoir peser dans le débat, ce n’est certainement pas en décrédibilisant ou même en ridiculisant l’adversaire. Bien au contraire, c’est en apportant cette note de respect et de dialogue entre les différents acteurs du débat.

Avec la proximité de Noël, le service de la communication se veut naturellement comme messager de Paix et de rencontre fraternelle vis-à-vis de tout homme, mon Frère.

Michel de La Patellière, Délégué épiscopal à l’information et à la communication