Tribunes et entretiens

Diplomatie vaticane, le Cardinal Parolin répond à Famille Chrétienne

Le bras droit du pape met en lumière le rôle unique de la diplomatie vaticane, qui agit discrètement aux quatre coins du monde pour la paix. Entretien exclusif.

Homme discret, travailleur infatigable, diplomate de haute volée, le cardinal Pietro Parolin ne s’exprime que très rarement dans les médias. « Légat » du pape François à Lourdes, le 11 février, pour la célébration de la Journée mondiale du malade, il a accepté de prendre la parole dans les colonnes de Famille Chrétienne, alors que la voix singulière de la diplomatie vaticane semble toujours plus présente et nécessaire dans un contexte international incertain et en pleine mutation. Celui qu’on nomme aussi le « Premier ministre » du Vatican rentrait tout juste d’une longue tournée en Afrique.

 

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Crises et tensions autour du pape – L’appel à la prudence d’un moine

Sur son blog le Père Simon Noël, osb, revient avec une certaine hauteur sur les troubles et les tensions qui animent les catholiques autour de diverses positions du pape. Après une point sur l’actualité, un regard sur l’histoire, le moine de Chevetogne passe en revue quelques questions tendues : Malte, les Franciscains de l’Immaculée, la Chine, l’immigration…

N’ayant nullement les moyens de prendre positions, car nombres de choses sont encore obscures et demeurent cachées (parce que certaines n’ont pas à être dévoilées), nous publions plusieurs avis sur la question afin d’éclairer nos lecteurs sur « ce trouble »

Extrémistes et modérés

En lisant les sites qui commentent l’actualité religieuse, depuis déjà pas mal d’années, on peut constater une opposition au sein de l’Église entre deux courants ou sensibilités. Certains prônent une évolution incessante de l’Église, une adaptation aux réalités du monde contemporain, une ouverture aux autres confessions ou religions, un engagement en politique qui valorise les valeurs de la gauche, une liturgie proche du peuple. D’autres par contre veulent la fidélité à la doctrine, une critique serrée du monde actuel, une affirmation claire du seul salut en Jésus-Christ, au sein d’une seule et vraie Église du Christ, un combat politique pour la défense de la vie et de la famille, une liturgie qui ait le sens du sacré, de l’adoration et du silence.

Chacun de ces courants a ses extrémistes. Et certains de ces derniers expriment des opinions qui s’approchent du délire mental. Que n’a-t-on pas pu lire naguère sur le pape Benoît XVI et que ne lit-on pas maintenant sur le pape François ? A en croire certains, l’Église serait comme un de nos parlements avec une droite et une gauche et il y aurait au sommet une alternance des gouvernements, comme celle qui existe dans nos démocraties modernes. Ainsi, au lieu d’être simplement catholique, on deviendrait d’abord l’homme d’un parti.

Il y a aussi entre ces extrêmes, des opinions plus modérées et plus nuancées : ceux qui ont sans doute une sensibilité plus forte avec l’un ou l’autre de ces courants, mais qui savent encore raison garder. Jésus a prié pour l’unité de ceux qui croiraient en lui : De même que toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé (Jn 17, 21). Saint Paul de son côté écrit aux Corinthiens : J’ai appris à votre sujet, mes frères, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes parmi vous. Voici ce que je veux dire : chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul, moi à Apollos, moi à Céphas, moi au Christ. » Le Christ est-il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Cor 1, 11-13). La question est donc bien celle-ci : sommes-nous d’abord chrétien catholique (universel dans le temps et l’espace) ou l’homme d’un parti ? Il me semble qu’à partir du moment où notre vie spirituelle baisse, par manque de prière profonde et d’enracinement dans le Christ, on risque vite de devenir d’abord l’homme d’un parti et de tomber dans le jugement face à ceux qui ne pensent pas comme nous. Une vie spirituelle profonde et authentique est le garant d’un équilibre spirituel qui nous préserve de toute forme d’extrémisme et favorise en nous une aptitude au discernement qui nous permette de juger plus calmement l’actualité religieuse. Il serait donc souhaitable que ceux qui ne tombent pas dans le piège de l’extrémisme, quelle que soit pour le reste leur sensibilité, apprenne à privilégier l’unité de l’Église et à relativiser les différences d’opinions et de sensibilités.

Un peu d’histoire

L’histoire de l’Église peut aussi nous aider à garder le calme dans les tensions d’aujourd’hui. Car les divergences et les oppositions ont toujours existé. Il y a eu toujours des extrémistes. La plupart du temps ils ont été condamnés par le magistère et ont été jugés sévèrement dans la suite par les historiens. L’Église a la plupart du temps suivi une voie médiane, condamnant les extrêmes et discernant une solution qui réalise une unité supérieure, en retenant ce qui était juste dans les différents courants qui s’affrontaient. Les controverses actuelles au sujet d’Amoris laetitia me rappellent le vieux débat entre laxistes et rigoristes, entre jésuites et jansénistes. Les jansénistes étaient vus par les jésuites comme hérétiques, des pseudo-protestants infiltrés dans le catholicisme. Les jansénistes considéraient les jésuites comme des casuistes, des molinistes et des laxistes. Saint Alphonse de Liguori a tracé la voie moyenne dans sa théologie morale. Il a condamné aussi bien les laxistes que les rigoristes, fidèle en cela aux divers documents magistériels sur le sujet, et il a trouvé des solutions ingénieuses pour dépasser les controverses entre moralistes, autorisées par l’Église, notamment celles entre probabilistes et probabilioristes. Le saint curé d’Ars avait été formé par un prêtre plutôt rigoriste. Dans un premier temps il fut un confesseur trop sévère et certaines plaintes parvinrent auprès de l’évêché. L’évêque demanda au saint curé de lire la théologie morale de saint Alphonse, qui commençait à être connue en France. Le bon curé apprit bien la leçon et il trouva dès lors dans la pratique de son ministère sa vitesse de croisière.

L’histoire de l’Église nous apprend aussi que dans les cas de controverses durables, on a vu à certains moments certains courants sembler gagner du terrain, et avoir les faveurs de la hiérarchie. Puis le balancier de l’histoire a ensuite été dans le sens contraire. La controverse janséniste a duré plus de cent ans et on a vu des évêques opiné dans l’un et l’autre sens. Au point que dans la France du XVIIe siècle, on relève l’existence de deux sortes de catéchismes diocésains. Selon les diverses tendances épiscopales, on avait ici des catéchismes d’inspiration augustinienne, basés sur l’histoire du salut, et là des catéchismes d’inspiration jésuite, basés sur une la triple division : les articles du credo, les commandements et les sacrements. Ces divers catéchismes exprimaient sans doute la même foi catholique, mais avec des nuances subtiles. Ainsi, les augustiniens voyaient d’abord dans l’eucharistie le sacrifice d’adoration. Les Jésuites privilégiaient la communion, la participation sacramentelle à la messe. On a vu ainsi s’amorcer le débat sur la communion fréquente.

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Nous pouvons dans cet esprit que je viens de montrer regarder de plus près quelques événements de l’actualité religieuse et poser sur ceux-ci un jugement qui, je l’espère, sera pondéré.

L’ordre de Malte, les franciscains de l’Immaculée et la question chinoise

L’attitude du saint Père dans les affaires de l’ordre de Malte, dans celles qui concernent les franciscains de l’Immaculée ou la manière dont sont envisagées les relations avec la Chine, sont la source d’une perplexité réelle chez pas mal d’observateurs. Un bon connaisseur de la situation chinoise, avec qui je parlais récemment, me confiait qu’il était évident pour lui que le pape était très mal conseillé dans cette offensive d’ordre diplomatique. Il me disait savoir de source sûre que certains ecclésiastiques, favorables à un changement d’attitude de l’Église dans la question chinoise, étaient en fait de véritables agents du gouvernement chinois, ce dernier allant peut-être jusqu’à les soutenir financièrement. L’attitude décidée, voire autoritaire, du pape, vis-à-vis de l’ordre de Malte et des franciscains de l’Immaculée, peut soulever de légitimes inquiétudes. Mais il y a cependant deux choses à observer. La première est que déjà au temps où il était archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait une estime certaine pour le travail pastoral de la Fraternité Saint Pie X. Comme pape, il vient de confirmer pour les prêtres de cette fraternité le pouvoir de juridiction, qu’il leur avait accordé pour l’année de la miséricorde. Il n’y a donc pas en fait une volonté manifeste chez le saint Père de faire la guerre au mouvement traditionaliste. Dans la question de l’Ordre de Malte et dans celle des franciscains de l’Immaculée, le fond de la question n’est pas connu. Certaines choses sont peut-être restées cachées, notamment des choses qui ont pu être dites, lors d’entretiens qui sont restés secrets. Dans cette question, le plus prudent serait de faire confiance a priori à l’autorité. Si le pape agit dans un certain sens, et reste discret sur ses motivations réelles, on doit patienter et faire confiance, jusqu’à ce que la pleine lumière soit faite. Ceci dit, certains peuvent avoir des informations sûres qui tendent à prouver une forme d’injustice dans l’exercice de l’autorité. Un désaccord, complet ou partiel, avec le pape serait pour eux une chose légitime. Mais je crains que certains, ayant des préjugés au départ contre le pontife, n’aille un peu vite en besogne. Une critique du pontife romain est donc possible, mais elle doit se baser sur des faits certains et non sur des préjugés. Saint Robert Bellarmin, docteur de l’Église, non suspect de manque de loyauté envers le Saint-Siège, eut un désaccord avec le pape Clément VIII et il dut s’éloigner de Rome. Ici c’est le cardinal qui est saint et non le pape. Toute la vie de Saint Robert Bellarmin a été un service ardent, passionné de l’Église et du Souverain Pontife. Mais cet amour de l’Église et du Pape a été assez fort pour que Saint Robert Bellarmin ose parler avec sa liberté de prophète. Saint Robert Bellarmin a su dénoncer les abus de la Cour romaine, rédigeant à l’adresse de Clément VIII un mémoire dénonçant les grands abus qui sévissaient dans son entourage. Sans platitude, Saint Robert Bellarmin eut le courage de soutenir que le Pape n’avait qu’un pouvoir indirect sur les États : en 1610, il publie Du pouvoir du Souverain Pontife dans les affaires temporelle, De potestate Summi Pontificit in rebus temporalibus, ce qui lui valut d’être mis à l’index.

Quelle opinion la prudence nous suggérerait-elle sur cette actualité pénible et dérangeante ? En ce qui concerne la Chine, il me semble que les prises de position nettement négatives du cardinal Zen face à la diplomatie actuelle du Saint-Siège sont celles d’un homme solide, bien au courant et courageux. Elles sont donc à prendre en compte. Elles émanent d’un véritable homme de Dieu et serviteur de l’Église. En ce qui concerne l’ordre de Malte et les franciscains de l’Immaculée, on peut penser que l’attitude tranchée de Rome, sans qu’on connaisse ses motivations réelles, soit une vraie source de perplexité. Et on ne pourra en sortir qu’à partir du moment où seront vraiment connus tous les tenants et aboutissants de ces affaires.

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Les querelles au sujet de la traduction du missel

Parlons maintenant de la querelle liturgique au sujet de la traduction du missel. Il semble que sur cette question Rome ait changé son fusil d’épaule. La traduction du missel romain en français risque d’être une montagne qui accouche d’une souris. Nous verrons tôt ou tard. On privilégierait une forme de décentralisation liturgique. Je n’ai plus guère d’espoir dans l’immédiat de posséder un missel vraiment conforme à l’original. Nous aurions le missel latin et une série de missels en langue moderne, différents les uns des autres, certains plus proches du latin, d’autres mettant en relief le génie particulier de telle ou telle langue. L’unité du rite romain céderait la place à une certaine diversité. Dans le rite byzantin, il existe en effet des variantes d’un pays à l’autre. Les rubriques slaves et grecques par exemple divergent sur certains points, sans parler des roumains ou des arabophones. Une certaine diversité n’est donc pas inhabituelle dans l’Église.

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La traduction du nouveau missel

La messe en rite romain à Chevetogne

Décentralisation et réforme de la curie

La décentralisation est à l’ordre du jour, ainsi que la réforme de la curie. Mais je crains que là nous soyons dans une totale illusion. La réforme de la curie est un vieux problème dans l’Église. Saint Pie X prit le taureau par les cornes, et, comme le pape François de nos jours, il dut souvent se résoudre à faire appel à des collaborateurs, indépendants de la curie. On sait aussi qu’il y eut des tensions entre saint Jean-Paul II et une curie qui ne voulait pas croire en la possibilité réelle d’un effondrement du communisme et préférait la ligne de la realpolitik antérieure. Mais suffit-il de fusionner des dicastères ou d’en créer de nouveaux ? Quelles que soient les structures, les hommes, avec leurs passions et leurs intrigues, restent les mêmes. On a dit à juste titre que l’Église n’a pas besoin de réformateurs, mais de saints ! D’autre part, la décentralisation ne résoudra rien. Car les intrigants, les ambitieux et les assoiffés de pouvoir s’adapteront à la nouvelle situation. Au lieu de se tourner vers Rome, ils se tourneront vers les nouveaux centres de pouvoir que seront par exemple, les innombrables bureaux des conférences épiscopales. Au lieu de baisser, le problème va plutôt se multiplier. C’est pour cela que je dis que la décentralisation est un mythe ou une illusion. L’Église y perdra plus qu’elle n’y gagnera.

Les controverses au sujet d’Amoris Laetitia

Avec les dubia émis par les quatre cardinaux, les prises de position en des sens contraires prises par des évêques ou des groupes d’évêques, Amoris Laetitia continue à faire couler beaucoup d’encre. Si les choses ne s’apaisent pas, on va vers une confusion totale. Ce qui sera vrai dans tel pays sera une erreur dans le pays voisin. Le pape a une lourde responsabilité. Pour des raisons que j’ignore, il laisse pour l’instant le débat se poursuivre, mais, me semble-t-il, au détriment du bien des âmes. Mais là-dessus aussi, je veux lui laisser le bénéfice du doute. Il a peut-être de bonnes raisons de garder le silence. Le débat n’est pas clos et l’histoire de l’Église m’apprend qu’il y aura une suite tôt ou tard, d’autres documents du magistère qui finiront bien par répondre à nos interrogations.

Dans la situation présente, que nous dit la prudence ? D’abord qu’il y a des théologiens et des évêques qui dévient doctrinalement. Tout cela s’est déjà vu dans l’histoire. La situation actuelle nous fait le devoir de nous former doctrinalement à bonne école. Nous discernerons ainsi ce que l’Église persiste à nous enseigner. En ce qui concerne Amoris Laetitia, je voudrais ici mentionner les deux études parues dans le n° 4 de l’année 2016 de la revue thomiste, revue non suspecte de relativisme. Ces études solides, dues au P. Valuet et au P. Michelet, nous aideront à garder une théologie sereine et équilibrée sur les problèmes de pastorale et de morale, fidèle au magistère et à la théologie morale traditionnelle. Tenons-nous-en à l’article du P. Valuet : Amoris Laetitia, le chapitre VIII est-il une révolution ? L’auteur nous présente d’abord le document pontifical comme un texte d’exhortation pastorale, ce qui est l’intention expresse du saint Père, qui n’entend pas donc trancher définitivement toutes les controverses par un enseignement dogmatique. Il ne requiert donc pas de nous un assentiment complet de l’intelligence et de la volonté comme le ferait une encyclique tranchant un point controversé de doctrine. Néanmoins, à l’instar du concile Vatican II, d’une certaine manière, ce texte éminemment pastoral contient par endroit des affirmations doctrinales, qu’il nous faut prendre en compte comme telles. Voici la conclusions du P. Valuet, à la fin de son article. Amoris laetitia réaffirment avec force certains points du magistère de l’Église et ces points engagent l’infaillibilité de l’Église : par exemple, les fautes graves peuvent toujours être évitées avec l’aide de la grâce ; il existe des actes intrinsèquement mauvais au point de vue objectif, qui ne se justifient jamais, même pour éviter un plus grand mal ; la fornication et l’adultère font partie de ces actes intrinsèquement mauvais ; un remariage civil est un adultère, selon l’enseignement si clair de Notre-Seigneur ; la personne en état de péché mortel, pour recevoir le pardon sacramentel, doit avoir la contrition, au moins imparfaite, et le ferme propos de ne plus commettre les péchés mortels dont elle a conscience ; enfin, un péché objectivement grave est un péché véniel et n’empêche pas la communion eucharistique, si lui manque la pleine advertance ou le plein consentement. Le saint Père n’a donc en rien transigé avec la doctrine de l’Église. Par contre une avancée magistérielle a été opérée dans l’exhortation du pape, en continuité avec le magistère antérieure. Je cite ici la conclusion prudente du P. Valuet, dont tous les termes doivent être pesés avec soin : « le pape François voulait préciser, par un développement doctrinal homogène, que, au moins en certains cas, la conscience qui ne perçoit pas la vérité ou du moins l’importance de la norme, ou encore la possibilité de l’accomplir (du moins avec l’aide de la grâce) sans commettre de nouveaux péchés, peut bien rentrer dans le cas où les circonstances réduisent l’imputabilité de son péché objectivement grave au point de le rendre tout au plus véniel, au point de vue subjectif, celui du péché formel » (Revue thomiste, 2016, 4, p. 617). C’est donc au niveau d’une étude de toutes les circonstances subjectives que doit se poursuivre le débat sur l’exhortation apostolique, entre théologiens moralistes, et la matière de ce débat est presque infinie. Certains seront peut-être trop rigoristes et d’autres trop laxistes. Le débat pourra se poursuivre encore longtemps sans doute, mais, comme dans les débats sur la grâce du XVIIe siècle, il faut s’attendre tôt ou tard à des décisions du magistère, qui clarifieront l’un après l’autre les points controversés.

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Amoris Laetitia : l’Eglise change-t-elle ?

Le cardinal Schönborn et Amoris Laetitia

Problèmes de l’immigration et question écologique

On pourrait aussi évoquer les prises de position du pape sur les migrants ou l’écologie. Ils irritent un certain nombre de catholiques sincères. Là-dessus, rappelons que le pape jouit de l’infaillibilité, sous certaines conditions, en matière doctrinale, lorsque cela concerne la foi ou les mœurs. Le pape ne jouit donc nullement de l’infaillibilité sur des questions politiques, sociales, économiques, scientifiques ou historiques. Il n’y prétend d’ailleurs pas. J’oserais d’ailleurs dire que sur la politique, un chef d’état chrétien jouit davantage de l’aide du Saint-Esprit que le successeur de Pierre. Car la Providence divine s’intéresse tout autant à la marche des affaires de ce monde qu’à celles de l’Église et l’autorité politique est aussi voulue par Dieu. Ceci dit, ce n’est pas parce qu’il est faillible dans ces domaines, que le Pontife romain a nécessairement tort. L’histoire nous prouve en effet que les papes ont eu souvent plus de clairvoyance sur les questions humaines que beaucoup de leurs contemporains. Mais dans l’enseignement pontifical sur ces questions, qui est un enseignement prudentiel par sa nature, ce qui est exigé de nous c’est une obéissance de volonté, non pas nécessairement l’adhésion intellectuelle. Il faut aussi ne jamais isoler une affirmation du pape de son contexte et tenir compte de tout ce qu’il dit, sous peine de la cataloguer un peu vite à droite ou à gauche. Ainsi sur la question des migrants, il y a un double appel lancé par le pape : celui de la générosité dans l’accueil, mais aussi la nécessité de la prudence et de l’intégration des nouveaux venus. Parfois la vision large du saint Père peut nous ouvrir des perspectives insoupçonnées du commun des mortels. La venue de musulmans dans nos pays en a amené certains à découvrir la foi chrétienne et à faire le pas de la conversion. D’autre part le radicalisme de certains peut nous aider à reprendre conscience du relativisme moral de nos sociétés. Quant à la question écologique, il est prudent de tenir compte du fait que les scientifiques n’ont pas une position unanime sur la question du réchauffement climatique. On a peut-être le tort de s’inquiéter trop vite sur ce sujet. Néanmoins, le pape a raison de dénoncer la société de gaspillage dans laquelle nous continuons à vivre.

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J’ai donc abordé quelques aspects de cette actualité religieuse qui nous rend parfois perplexes. Mais j’espère ainsi avoir pu aider certains de mes lecteurs à en relativiser quelque peu l’objet.

 

NLQ #Rome

Le Vatican s’inquiète des murs et préfère les ponts

En marge de son intervention en ouverture de l’année académique de l’Université catholique de Rome, Mgr Angelo Becciu, substitut de la Secrétairerie d’État pour les affaires générales, a reconnu que la diplomatie pontificale ressentait une « préoccupation » face à cette politique migratoire de la nouvelle admninistration américaine. « Nous, nous sommes les messagers d’une autre culture, celle de l’ouverture. Même si le Pape insiste sur la capacité d’intégrer celui qui arrive, qui vient dans notre société et dans notre culture, nous sommes des constructeurs de ponts, et non de murs ! Tous les chrétiens devraient être forts dans la réaffirmation de ce message », a insisté Mgr Becciu.

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En Europe #NLQ

Pédophile – L’évêque de Bruges veut plus de sanctions contre son prédecesseur

Alors que le pape ne cesse d’appeler à la miséricorde, Mgr Aerts, évêque de Bruges, en appelle à Rome pour plus de sanctions à l’encontre de son prédécesseur. Il est vrai que le pape lui même avait pour le moins sèchement « exclu » de la miséricorde les prêtres pédophiles.

Le site cathobel rapporte en effet : L’ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, avait ébranlé l’Eglise de Belgique, en avouant avoir abusé d’un neveu, ce qui l’avait conduit à la démission. Après cet aveu et sa démission en avril 2010, Rome a tardé un an avant d’obliger l’acien, prélat à quitter le pays pour vivre à l’étranger, tout en lui interdisant de célébrer l’eucharistie et en lui imposant un traitement psychologique et un accompagnement spirituel. Le Saint-Siège a toujours déclaré attendre les conclusions de la thérapie que suivait Mgr Roger Vangheluwe, avant de décider d’éventuelles sanctions supplémentaires. Plusieurs évêques belges, lors de leurs contacts avec le Vatican, se sont déjà déclarés inquiets, parce que cette sanction était perçue par l’opinion publique dans et en dehors de l’Eglise, comme insuffisante.

Il faut dire qu’un nouvelle affaire semblerait resurgir. C’est ce nouveau rebondissement de l’affaire qui amène Mgr Lode Aerts à exprimer son espoir que les responsables à Rome prendront sans tarder les mesures nécessaires. Le nouveau pasteur brugeois est scandalisé par le manque d’empathie à l’égard des victimes qu’il qualifie de « honte », rapporte le même site belge.

En son temps, Mgr Léonard lui-même avait trouvé choquantes les réactions du prélat

 

Brèves

Cyberattaque contre le Vatican

Ce n’est pas la première fois que des cyberattaques sont lancées contre les sites du Saint-Siège, mais, pour une fois, deux suspects ont été arrêtés par la police italienne et d’étranges collusions sont évoquées…

Giulio Occhionero, âgé de 45 ans, et sa sœur Francesca Maria Occhionero, 49 ans, ont été arrêtés par la police italienne à la suite à une cyberattaque qui a affecté les systèmes de communication d’institutions et de personnalités importantes en Italie, notamment l’informatique du Vatican. Le frère et la sœur, qui sont des ingénieurs et habitent à Londres et à Rome, sont accusés d’avoir accédé illégalement à des informations classifiées, d’effraction et d’interception de systèmes de technologies de l’information et de communication de données.

Cette cyberattaque aurait affecté plus de 18 000 comptes y compris l’ordinateur utilisé par le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, et les ordinateurs d’une maison d’hôtes destinées aux invités du Vatican et où se retrouvent ré- gulièrement les prélats en visite à Rome.

Les autorités du Vatican n’ont fait aucun commentaire sur ce piratage et on ignore encore dans quelle mesure des informations sensibles auraient pu être compromises. Selon les autorités italiennes, les informations auxquelles [les pirates] eurent accès ont été stockées sur des serveurs aux États-Unis, ce qui a provoqué l’ouverture d’une enquête menée avec l’assistance du département cybernétique du Federal Bureau of Investigation (FBI).

Les autorités suspectent le frère et la sœur d’avoir des liens avec la maçonnerie du fait que le logiciel malveillant qu’ils ont utilisé se nomme “Pyramide de l’œil” […], un symbole typiquement maçonnique […] Qu’il y ait ou non un lien avec la maçonnerie, les experts en cybersécurité estiment qu’il est très peu probable que le frère et la sœur aient agi pour leur propre compte […]. Le frère et la sœur ont été déférés mercredi 11 novembre devant un juge à Rome, mais ils nient toute implication dans ce piratage.

Source Christianophobie Hebdo

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Asie

Taiwan – La présidente s’engage à travailler pour la paix avec la Chine continentale

En réponse au message du pape pour la Journée mondiale de la paix, la Présidente de République de Chine (Taiwan), Mme Tsai Ing-wen s’est exprimée dans une longue lettre au pape François publiée, en anglais, par son bureau ce vendredi 20 janvier 2017, et en date du 5 janvier. Elle redit son engagement humanitaire dans le monde et sa politique d’accueil des immigrés et sa volonté de promouvoir une « nouvelle ère de relations » avec la Chine continentale en vue de la paix.

Mme Tsai Ing-wen insiste aussi sur le rôle de la femme pour la construction de la paix : « Comme le dit Votre Sainteté dans le Message pour la Journée mondiale de la paix, les femmes sont souvent des leaders de l’action non-violente. En tant que première femme présidente dans le monde ethnique chinois, j’aspire à vivre à la hauteur de vos paroles alors que je me consacre à améliorer le bien-être du peuple taïwanais et à créer une nouvelle ère pour la paix de part et d’autre du détroit. »

 

« Taiwan et la Chine continentale étaient autrefois impliqués dans un conflit (…) qui a causé des tensions dans la région et de l’anxiété chez nos peuples. En revanche, aujourd’hui les gens des deux côtés du détroit de Taiwan jouissent de vies stables et d’échanges normaux sous une gouvernance séparée et pacifique. Nous devrions donc chérir d’autant plus ce statu quo d’une stabilité durement gagnée. Comme je l’ai déclaré dans mon discours inaugural de mai 2016, le gouvernement de la République de Chine est résolument engagé à maintenir la démocratie de Taiwan et le statu quo de la paix dans le détroit de Taiwan  », déclare la présidente.

Elle rappelle qu’en octobre 2016, elle s’est engagée, dans son allocution pour la fête nationale, à « prendre des mesures (…) tournées vers l’avenir pour promouvoir des échanges constructifs et le dialogue avec l’autre côté du détroit, afin de construire une relation pacifique et stable qui dure  ».

Pour la présidente, « défendre la paix exige une bonne volonté et une bonne communication » : « Etant donné les nombreuses années d’expérience dans les négociations avec l’autre côté du détroit au cours de ma carrière politique, je suis convaincue que l’action militaire ne peut pas résoudre les problèmes. C’est pourquoi j’ai proposé quatre principes pour un engagement pacifique avec la Chine continentale, à savoir : que nos promesses ne changent pas, que notre bonne volonté ne change pas, que nous ne nous inclinions pas sous les pressions et que nous ne retournions pas à l’ancienne voie de la confrontation. J’exhorte le parti au pouvoir de l’autre côté du détroit, et le parti au pouvoir à Taïwan, à abandonner les valises de l’histoire et à engager un dialogue positif.  »

La présidente espère que la République joue un rôle de phare des libertés pour les autres peuples : « En indiquant le chemin emprunté par Jésus Christ, Votre Sainteté interprète la non-violence comme « non-violence active ». Je suis profondément d’accord. La non-violence ne signifie pas la peur ou le compromis. La Bible demande aux disciples de montrer l’exemple en étant le sel de la terre et la lumière du monde. Dans ce même esprit, la République de Chine sert de phare pour la démocratie en Asie. Nous espérons que des peuples d’autres parties du monde pourront jouir des libertés garanties par la Constitution de la République de Chine, y compris la liberté de résidence et de changement de résidence, ainsi que les libertés religieuse et personnelle, afin qu’ils soient eux aussi libres de la peur de la répression politique et religieuse. »

Elle ajoute que la démocratie implique le souci « des faibles et des défavorisés », ce qui comprend « les femmes, les enfants, les migrants et les groupes socialement et économiquement défavorisés qui sont le plus souvent victimes de violence  ».

Elle défend ainsi le bilan social de sa présidence : « Depuis mon entrée en fonction, j’ai écouté attentivement les opinions exprimées par les familles de victimes de l’injustice et j’ai lancé une réforme judiciaire. Pour répondre aux besoins en matière de soin des enfants et de soins de longue durée pour les personnes âgées, ainsi que pour les questions de sécurité des femmes et des enfants, nous avons présenté cinq grands plans de sécurité sociale couvrant les soins communautaires, l’ordre social, le logement, la sécurité alimentaire et un système  des retraites durable. »

 

Et la présidente chinoise conclut en exprimant le vœu que le message du pape ait un grand impact international : « J’espère sincèrement que le Message de Votre Sainteté conduira des gens du monde entier à réfléchir sur les dommages que la violence fait à la paix. Je suis profondément convaincue que votre engagement désintéressé et que votre amour magnanime vous permettront de mettre fin à la violence et d’amener l’humanité vers la paix et la justice. »

Source : Zenit.org

NLQ #Rome

Vatican – Bénédiction annuelle des animaux en la fête de saint Antoine

Si vous êtes éleveurs, amis des animaux ou encore passionnés d’équitation, vous le savez surement, saint Antoine est le patron des éleveurs. Les patronages que récupèrent nos grands saints sont parfois surprenants et à certaines occasions en relation indirecte avec leur propre vie. Comme nous le relations dans cet article, c’est plutôt aux animaux sauvages que le saint patron des moines avait à faire. Mais il est vrai qu’il sut les amadouer et vivre avec eux.

Le Rituel des bénédictions donne le sens de cette bénédiction : « Puisque certains animaux, selon la disposition providentielle du Créateur, participent à la vie des hommes, soit en leur apportant de l’aide pour les travaux, soit pour leur nourriture ou leur délassement, rien n’empêche qu’à certaines occasions, comme la fête d’un saint, on conserve la coutume d’invoquer sur eux la bénédiction de Dieu ».

Comme le veut la tradition, rapporte Zenith,pour la fête de saint Antoine abbé, patron des éleveurs, une bénédiction d’animaux domestiques et de la ferme a eu lieu au Vatican ce mardi 17 janvier 2017 : c’était en effet la « Journée de l’éleveur » promue par l’Association italienne des éleveurs (AIA).

Pour la dixième fois,  l’Association italienne des éleveurs  a organisé une « Ferme à ciel ouvert » en face des colonnades du Bernin, sur la place Pie XII. À 11h30, le cardinal Angelo Comastri, vicaire général pour la Cité du Vatican, a présidé  une messe pour les agriculteurs en la basilique Saint-Pierre.

Les éleveurs de toute l’Italie, mais aussi les gens du quartier et les maîtres de chiens et de chats sont venus pour faire bénir leurs animaux, mais aussi les forces de l’ordre notamment la police et les carabiniers à cheval.

 

NLQ #Rome

Un grand Manitou du contrôle des naissances au Vatican

 

Vatican : la parole est au théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé

 

L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

 

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui  l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

 

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

 

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

 

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

 

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre.

 

On pourrait continuer, et nous allons le faire durant les prochains jours et semaines, pour expliquer qui sont et ce que visent ces personnages qui pontifieront au Vatican pour l’occasion, et nous affronterons également leurs arguments – il vaudrait mieux dire leurs mensonges – qui sont présentés de la part des Académies Pontificales pour justifier la nécessité d’un tel rendez-vous.

 

Il faut cependant être conscient que le Symposium sur « comment sauver le monde naturel » et la présence de Paul Ehrlich et compagnie ne sont pas une surprise. C’est plutôt le résultat d’un processus qui a commencé il y a longtemps au Vatican et qui compte au nombre de ses protagonistes le déjà évoqué Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, argentin, et le Cardinal ghanéen Peter Turkson, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, et aujourd’hui confirmé comme chef du nouveau super-dicastère pour le « Service du développement humain intégral » qui regroupe Justice et Paix, Cor Unum et les Migrants.

 

En mettant l’accent au premier plan sur ladite situation d’urgence environementale et en s’appropriant le concept de « développement durable », on en arrive inévitablement à considérer l’homme comme un invité dangereux sur la planète, et à ruiner l’anthropologie chrétienne. Et c’est ainsi que, en dépit des déclarations contraires dans l’encyclique Laudato Si, sur le contrôle des naissances, on en admet d’abord la possibilité sous certaines conditions, puis l’on s’abstient d’intervenir sur le sujet, pour en devenir enfin des partisans déclarés.

 

Il y a un peu moins de deux ans, en avril 2015, nous avons écrit que « l’Eglise se prépare à accepter le contrôle des naissances », à l’occasion d’une autre conférence consacrée au thème des changements climatiques. Là aussi la présentation du thème et les intervenants, parmi lesquels l’économiste onusien et théoricien du développement durable Jeffrey Sachs, ne laissaient aucun doute sur la voie que l’on suivait au Vatican. Puis sont arrivées, en décembre 2015, les déclarations choquantes du cardinal Turkson dans une interview à la BBC ; il parlait ouvertement du caractère positif du contrôle des naissances, mais avec des méthodes naturelles (car on ne peut pas éviter un peu de moralisme).

 

L’encyclique Laudate Si, tout en réaffirmant l’enseignement antérieur du Magistère, faisait place précisément, pour la première fois, au concept de « développement durable » qui, dans sa théorisation, voit un rapport conflictuel entre population, d’une part, et développement et environnement, d’autre part. La grande place consacrée à la question du changement climatique causé par l’homme a également donné d’autres armes à ceux qui depuis longtemps poussent l’Eglise vers des positions éco-catastrophique et antinatalistes. Or, cette nouvelle conférence au Vatican, Ehrlich ou pas Ehrlich, marquera une autre étape importante vers la pénétration de l’idéologie néo-malthusienne dans l’Eglise, qui conduira à soutenir les politiques de contrôle des naissances.

 

Scandale au Vatican : une chaire offerte au théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé

L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui  l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre.

On pourrait continuer, et nous allons le faire durant les prochains jours et semaines, pour expliquer qui sont et ce que visent ces personnages qui pontifieront au Vatican pour l’occasion, et nous affronterons également leurs arguments – il vaudrait mieux dire leurs mensonges – qui sont présentés de la part des Académies Pontificales pour justifier la nécessité d’un tel rendez-vous.

Il faut cependant être conscient que le Symposium sur « comment sauver le monde naturel » et la présence de Paul Ehrlich et compagnie ne sont pas une surprise. C’est plutôt le résultat d’un processus qui a commencé il y a longtemps au Vatican et qui compte au nombre de ses protagonistes le déjà évoqué Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, argentin, et le Cardinal ghanéen Peter Turkson, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, et aujourd’hui confirmé comme chef du nouveau super-dicastère pour le « Service du développement humain intégral » qui regroupe Justice et Paix, Cor Unum et les Migrants.

En mettant l’accent au premier plan sur ladite situation d’urgence environementale et en s’appropriant le concept de « développement durable », on en arrive inévitablement à considérer l’homme comme un invité dangereux sur la planète, et à ruiner l’anthropologie chrétienne. Et c’est ainsi que, en dépit des déclarations contraires dans l’encyclique Laudato Si, sur le contrôle des naissances, on en admet d’abord la possibilité sous certaines conditions, puis l’on s’abstient d’intervenir sur le sujet, pour en devenir enfin des partisans déclarés.

Il y a un peu moins de deux ans, en avril 2015, nous avons écrit que « l’Eglise se prépare à accepter le contrôle des naissances », à l’occasion d’une autre conférence consacrée au thème des changements climatiques. Là aussi la présentation du thème et les intervenants, parmi lesquels l’économiste onusien et théoricien du développement durable Jeffrey Sachs, ne laissaient aucun doute sur la voie que l’on suivait au Vatican. Puis sont arrivées, en décembre 2015, les déclarations choquantes du cardinal Turkson dans une interview à la BBC ; il parlait ouvertement du caractère positif du contrôle des naissances, mais avec des méthodes naturelles (car on ne peut pas éviter un peu de moralisme).

L’encyclique Laudate Si, tout en réaffirmant l’enseignement antérieur du Magistère, faisait place précisément, pour la première fois, au concept de « développement durable » qui, dans sa théorisation, voit un rapport conflictuel entre population, d’une part, et développement et environnement, d’autre part. La grande place consacrée à la question du changement climatique causé par l’homme a également donné d’autres armes à ceux qui depuis longtemps poussent l’Eglise vers des positions éco-catastrophique et antinatalistes. Or, cette nouvelle conférence au Vatican, Ehrlich ou pas Ehrlich, marquera une autre étape importante vers la pénétration de l’idéologie néo-malthusienne dans l’Eglise, qui conduira à soutenir les politiques de contrôle des naissances.

 

 De Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana, traduction sur Belgicatho

Rome

Visite du président de Guinée au Vatican – Migrants – Engagement de l’Eglise locale

Le pape a reçu ce 16 janvier 2017, le président de Guinée, Alpha Condé, premier président élu démocratiquement en 2010 puis 2015.

Dans ce pays à 85 % musulmans, l’Eglise prend une part active et remarquée dans le domaine de la santé et du dialogue interreligieux.

Les deux chefs d’Etat ont évoqué la situation des migrants ainsi que les questions relatives au « développement intégral de la personne, à la préservation de l’environnement, la lutte contre l’injustice sociale et la pauvreté. »

 

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A la une #NLH #NLQ #Rome

Un conseil pour le culte divin renouvelé intégralement

Ce n’est pas sans surprise et inquiétude que le monde catholique avait appris le remplacement de l’intégralité des membres du conseil pontifical pour le culte divin qui à pour tâche la liturgie. Seul le cardinal Sarah son président avait été maintenu. Alors que des rumeurs vont bon train au Vatican, parlant de purges, les remplacements sont nombreux depuis quelques mois.

Le conseil pour le culte divin a donc été présenté le 14 janvier dernier. Parmi eux 2 Français.

Mgr Patrick Chauvet, recteur archiprêtre de la cathédrale NotreDame de Paris et le père Olivier Thomas Venard, dominicain, vicedirecteur de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem ; ainsi qu’un Sénégalais, le bénédictin OlivierMarie Sarr, professeur à l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme à Rome.

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