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Vatican – Bénédiction annuelle des animaux en la fête de saint Antoine

Si vous êtes éleveurs, amis des animaux ou encore passionnés d’équitation, vous le savez surement, saint Antoine est le patron des éleveurs. Les patronages que récupèrent nos grands saints sont parfois surprenants et à certaines occasions en relation indirecte avec leur propre vie. Comme nous le relations dans cet article, c’est plutôt aux animaux sauvages que le saint patron des moines avait à faire. Mais il est vrai qu’il sut les amadouer et vivre avec eux.

Le Rituel des bénédictions donne le sens de cette bénédiction : « Puisque certains animaux, selon la disposition providentielle du Créateur, participent à la vie des hommes, soit en leur apportant de l’aide pour les travaux, soit pour leur nourriture ou leur délassement, rien n’empêche qu’à certaines occasions, comme la fête d’un saint, on conserve la coutume d’invoquer sur eux la bénédiction de Dieu ».

Comme le veut la tradition, rapporte Zenith,pour la fête de saint Antoine abbé, patron des éleveurs, une bénédiction d’animaux domestiques et de la ferme a eu lieu au Vatican ce mardi 17 janvier 2017 : c’était en effet la « Journée de l’éleveur » promue par l’Association italienne des éleveurs (AIA).

Pour la dixième fois,  l’Association italienne des éleveurs  a organisé une « Ferme à ciel ouvert » en face des colonnades du Bernin, sur la place Pie XII. À 11h30, le cardinal Angelo Comastri, vicaire général pour la Cité du Vatican, a présidé  une messe pour les agriculteurs en la basilique Saint-Pierre.

Les éleveurs de toute l’Italie, mais aussi les gens du quartier et les maîtres de chiens et de chats sont venus pour faire bénir leurs animaux, mais aussi les forces de l’ordre notamment la police et les carabiniers à cheval.

 

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Un grand Manitou du contrôle des naissances au Vatican

 

Vatican : la parole est au théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé

 

L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

 

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui  l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

 

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

 

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

 

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

 

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre.

 

On pourrait continuer, et nous allons le faire durant les prochains jours et semaines, pour expliquer qui sont et ce que visent ces personnages qui pontifieront au Vatican pour l’occasion, et nous affronterons également leurs arguments – il vaudrait mieux dire leurs mensonges – qui sont présentés de la part des Académies Pontificales pour justifier la nécessité d’un tel rendez-vous.

 

Il faut cependant être conscient que le Symposium sur « comment sauver le monde naturel » et la présence de Paul Ehrlich et compagnie ne sont pas une surprise. C’est plutôt le résultat d’un processus qui a commencé il y a longtemps au Vatican et qui compte au nombre de ses protagonistes le déjà évoqué Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, argentin, et le Cardinal ghanéen Peter Turkson, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, et aujourd’hui confirmé comme chef du nouveau super-dicastère pour le « Service du développement humain intégral » qui regroupe Justice et Paix, Cor Unum et les Migrants.

 

En mettant l’accent au premier plan sur ladite situation d’urgence environementale et en s’appropriant le concept de « développement durable », on en arrive inévitablement à considérer l’homme comme un invité dangereux sur la planète, et à ruiner l’anthropologie chrétienne. Et c’est ainsi que, en dépit des déclarations contraires dans l’encyclique Laudato Si, sur le contrôle des naissances, on en admet d’abord la possibilité sous certaines conditions, puis l’on s’abstient d’intervenir sur le sujet, pour en devenir enfin des partisans déclarés.

 

Il y a un peu moins de deux ans, en avril 2015, nous avons écrit que « l’Eglise se prépare à accepter le contrôle des naissances », à l’occasion d’une autre conférence consacrée au thème des changements climatiques. Là aussi la présentation du thème et les intervenants, parmi lesquels l’économiste onusien et théoricien du développement durable Jeffrey Sachs, ne laissaient aucun doute sur la voie que l’on suivait au Vatican. Puis sont arrivées, en décembre 2015, les déclarations choquantes du cardinal Turkson dans une interview à la BBC ; il parlait ouvertement du caractère positif du contrôle des naissances, mais avec des méthodes naturelles (car on ne peut pas éviter un peu de moralisme).

 

L’encyclique Laudate Si, tout en réaffirmant l’enseignement antérieur du Magistère, faisait place précisément, pour la première fois, au concept de « développement durable » qui, dans sa théorisation, voit un rapport conflictuel entre population, d’une part, et développement et environnement, d’autre part. La grande place consacrée à la question du changement climatique causé par l’homme a également donné d’autres armes à ceux qui depuis longtemps poussent l’Eglise vers des positions éco-catastrophique et antinatalistes. Or, cette nouvelle conférence au Vatican, Ehrlich ou pas Ehrlich, marquera une autre étape importante vers la pénétration de l’idéologie néo-malthusienne dans l’Eglise, qui conduira à soutenir les politiques de contrôle des naissances.

 

Scandale au Vatican : une chaire offerte au théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé

L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui  l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre.

On pourrait continuer, et nous allons le faire durant les prochains jours et semaines, pour expliquer qui sont et ce que visent ces personnages qui pontifieront au Vatican pour l’occasion, et nous affronterons également leurs arguments – il vaudrait mieux dire leurs mensonges – qui sont présentés de la part des Académies Pontificales pour justifier la nécessité d’un tel rendez-vous.

Il faut cependant être conscient que le Symposium sur « comment sauver le monde naturel » et la présence de Paul Ehrlich et compagnie ne sont pas une surprise. C’est plutôt le résultat d’un processus qui a commencé il y a longtemps au Vatican et qui compte au nombre de ses protagonistes le déjà évoqué Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, argentin, et le Cardinal ghanéen Peter Turkson, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, et aujourd’hui confirmé comme chef du nouveau super-dicastère pour le « Service du développement humain intégral » qui regroupe Justice et Paix, Cor Unum et les Migrants.

En mettant l’accent au premier plan sur ladite situation d’urgence environementale et en s’appropriant le concept de « développement durable », on en arrive inévitablement à considérer l’homme comme un invité dangereux sur la planète, et à ruiner l’anthropologie chrétienne. Et c’est ainsi que, en dépit des déclarations contraires dans l’encyclique Laudato Si, sur le contrôle des naissances, on en admet d’abord la possibilité sous certaines conditions, puis l’on s’abstient d’intervenir sur le sujet, pour en devenir enfin des partisans déclarés.

Il y a un peu moins de deux ans, en avril 2015, nous avons écrit que « l’Eglise se prépare à accepter le contrôle des naissances », à l’occasion d’une autre conférence consacrée au thème des changements climatiques. Là aussi la présentation du thème et les intervenants, parmi lesquels l’économiste onusien et théoricien du développement durable Jeffrey Sachs, ne laissaient aucun doute sur la voie que l’on suivait au Vatican. Puis sont arrivées, en décembre 2015, les déclarations choquantes du cardinal Turkson dans une interview à la BBC ; il parlait ouvertement du caractère positif du contrôle des naissances, mais avec des méthodes naturelles (car on ne peut pas éviter un peu de moralisme).

L’encyclique Laudate Si, tout en réaffirmant l’enseignement antérieur du Magistère, faisait place précisément, pour la première fois, au concept de « développement durable » qui, dans sa théorisation, voit un rapport conflictuel entre population, d’une part, et développement et environnement, d’autre part. La grande place consacrée à la question du changement climatique causé par l’homme a également donné d’autres armes à ceux qui depuis longtemps poussent l’Eglise vers des positions éco-catastrophique et antinatalistes. Or, cette nouvelle conférence au Vatican, Ehrlich ou pas Ehrlich, marquera une autre étape importante vers la pénétration de l’idéologie néo-malthusienne dans l’Eglise, qui conduira à soutenir les politiques de contrôle des naissances.

 

 De Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana, traduction sur Belgicatho

Rome

Visite du président de Guinée au Vatican – Migrants – Engagement de l’Eglise locale

Le pape a reçu ce 16 janvier 2017, le président de Guinée, Alpha Condé, premier président élu démocratiquement en 2010 puis 2015.

Dans ce pays à 85 % musulmans, l’Eglise prend une part active et remarquée dans le domaine de la santé et du dialogue interreligieux.

Les deux chefs d’Etat ont évoqué la situation des migrants ainsi que les questions relatives au « développement intégral de la personne, à la préservation de l’environnement, la lutte contre l’injustice sociale et la pauvreté. »

 

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Un conseil pour le culte divin renouvelé intégralement

Ce n’est pas sans surprise et inquiétude que le monde catholique avait appris le remplacement de l’intégralité des membres du conseil pontifical pour le culte divin qui à pour tâche la liturgie. Seul le cardinal Sarah son président avait été maintenu. Alors que des rumeurs vont bon train au Vatican, parlant de purges, les remplacements sont nombreux depuis quelques mois.

Le conseil pour le culte divin a donc été présenté le 14 janvier dernier. Parmi eux 2 Français.

Mgr Patrick Chauvet, recteur archiprêtre de la cathédrale NotreDame de Paris et le père Olivier Thomas Venard, dominicain, vicedirecteur de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem ; ainsi qu’un Sénégalais, le bénédictin OlivierMarie Sarr, professeur à l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme à Rome.

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Semaine de prière pour l’unité des chrétiens – Textes officiels et mise en garde du Vatican

Comme chaque année le conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a choisi un certain nombre de textes pour aider à la préparation de cette semaine de prière.

Tout en rappelant qu’il s’agit de la version internationale de la Semaine de prière  pour l’année 2017 le Conseil Pontifical invite à se procurer la version spécialement adaptée à chaque situation locale, et à contacter la Conférence épiscopale de chaque pays ou le Synode de son Église.

Le corpus de texte rappelle que dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l’hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d’été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Église. En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d’autres occasions, au cours de l’année, pour exprimer le degré de communion que les Églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Les textes ont été conjointement préparés et publiés par le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

Le thème de cette année est Nous réconcilier, L’amour du Christ nous y presse (cf. 2 Co 5, 14-20)

Le Conseil Pontifical fait cependant quelques mises en garde dans l’usage de ces textes et la préparation de cette semaine.

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d’adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n’existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

§ Pour les Églises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d’une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

§ Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d’intercession.

 

§ Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu’elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l’Église du Christ.

Le texte biblique retenu (dans la traduction œcuménique de la Bible) est 2 Corinthiens 5, 14-20

L’amour du Christ nous étreint, à cette pensée qu’un seul est mort pour tous et donc que tous sont morts. Et il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Aussi, désormais, ne connaissons-nous plus personne à la manière humaine. Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.Aussi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là.Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation.Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation.C’est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Vous pouvez retrouver ici les textes accompagnant le texte biblique.

Brèves

Le pape recevra en audience le président palestinien

Le 14 janvier prochain, le Pape François recevra en audience le président palestinien Mahmoud Abbas. C’est un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège qui l’a annoncé ce lundi 9 janvier.

En juin 2014, les deux hommes s’étaient rencontrés au Vatican, dans le sillage de la visite du Saint-Père en Terre Sainte en mai de la même année. Avec le président israélien Shimon Peres et le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, ils avaient participé à une prière commune pour la paix, dans les Jardins du Vatican.

Le Souverain Pontife avait également reçu Mahmoud Abbas en audience privée le 16 mai 2015, à l’occasion de la conclusion de l’accord bilatéral Palestine/Saint-Siège entré en vigueur le 26 juin suivant.

 

 Source Radio Vatican

Rome

Un congrès contre le trafic d’organes organisé au Vatican en février 2017

Un congrès consacré au trafic d’organes et au « tourisme des greffes » est organisé par l’Académie pontificale des sciences à son siège au Vatican, la « Casina Pio IV », du 7 au 8 février 2017, indique un communiqué, en anglais de l’Académie. Il est aussi signalé en italien par la plate-forme d’information IlSismografo (Francesco Gagliano).

Le trafic d’organes et la traite de personnes en vue de greffes font partie des thèmes souvent évoqués par le pape François qui dénonce ces « nouvelles formes d’esclavage du XXIème siècle ». C’est pourquoi le pape a été invité à participer à ce congrès : les organisateurs espèrent tout au moins un message.

 

 En savoir plus

Rome

Vatican – Une Syrienne orthodoxe chante Noël pour les chrétiens persécutés

Alors que le pape François a consacré l’angélus du 26 décembre aux chrétiens victimes de la haine en raison de leur fidélité au Christ, la chanteuse orthodoxe syrienne Sarah Ego (dont le nom d’artiste est Eliyo), a donné un concert de charité au Vatican pour soutenir les chrétiens persécutés du Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Liban et en Jordanie.

Née à Augsbourg, en Allemagne, Eliyo a chanté des chants de Noël traditionnels allemands et anglais et l’Ave Maria de Schubert. Elle a également chanté en araméen : « L’araméen, la langue de Jésus, est ma langue maternelle et donc la langue de ma maison, a-t-elle expliqué. Je me sens particulièrement proche de ma patrie quand je chante en cette langue ancienne, parce que cette musique incarne la culture de mes ancêtres. »

« Je veux donner une voix à ceux qui n’en ont pas », a déclaré Sarah Ego : « C’est important pour moi de leur faire savoir que nous ne les avons pas oubliés ». « Je veux atteindre et toucher beaucoup de gens par ma voix, a-t-elle poursuivi. Mais avant tout, je veux être un bon exemple et inspirer les gens à faire du bien : en montrant que nous sommes là pour nos semblables, en parlant de la situation et en agissant concrètement  ».

Ecoutez le Notre Père en araméen :

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Conférence de l’Avent du Père Cantalamessa sur l’Esprit-Saint et le discernement

Nous donnons ici la deuxième conférence de l’Avent au Vatican par le Père Cantalamessa

L’Esprit Saint et le charisme du discernement

Poursuivons nos réflexions sur l’œuvre de l’Esprit Saint dans la vie du chrétien. Saint Paul mentionne un charisme particulier appelé « discernement des esprits » (1 Cor 12, 10). A l’origine, cette expression a un sens bien précis : elle indique le don qui permet de distinguer, parmi les paroles inspirées ou prophétiques prononcées durant une assemblée, celles qui viennent de l’Esprit du Christ et celles qui proviennent d’autres esprits, c’est-à-dire de l’esprit de l’homme, ou de l’esprit démoniaque, ou de l’esprit du monde.

Pour l’évangéliste Jean aussi c’est celui-ci le sens fondamental. Le discernement consiste à « examiner les esprits pour voir s’ils sont de Dieu » (1 Jn 4,1-6). Pour Paul le critère fondamental de discernement c’est de proclamer que Jésus est « Seigneur » (1 Cor 12, 3) ; pour Jean c’est reconnaitre que Jésus « est venu dans la chair », autrement dit l’incarnation. Déjà avec lui le discernement commence à être utilisé comme fonction théologique, comme critère pour discerner les vraies des fausses doctrines, l’orthodoxie de l’hérésie, ce qui deviendra central par la suite.

1. Le discernement dans la vie ecclésiale

Il existe deux domaines dans lesquels ce don du discernement des esprits doit s’exercer : le domaine ecclésial et le domaine personnel. Dans la vie de l’Eglise, le discernement des esprits passe par l’autorité du magistère, qui doit néanmoins tenir compte également, entre autres critères, du sens des fidèles, le « sensus fidelium ».

Je voudrais m’arrêter sur un point en particulier qui peut servir dans les discussions en acte dans l’Eglise par rapport à certains problèmes. Il s’agit du discernement des signes des temps. Le concile a déclaré :

« L’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques »1.

Il est clair que si l’Eglise doit scruter les signes des temps à la lumière de l’Evangile, ce n’est pas pour appliquer aux « temps », autrement dit aux situations et aux nouveaux problèmes qui émergent dans la société, les remèdes et les règles de toujours, mais pour leur apporter de nouvelles réponses, « adaptées à chaque génération » comme dit le texte que je viens de citer. La difficulté, sur ce chemin – à prendre très au sérieux – c’est la peur de compromettre l’autorité du magistère, en admettant des changements dans ses décisions.

Il y a une considération qui peut aider, je crois, à surmonter, dans un esprit de communion, cette difficulté. Le degré d’infaillibilité que l’Eglise et le Pape revendiquent n’est certainement pas supérieur à celui qui est attribué à l’Ecriture révélée. Or l’inerrance biblique garantit que l’Ecrivain sacré exprime la vérité d’une façon et à un degré qui reflète ce qui pouvait être dit et entendu au moment où il l’écrit. Nous voyons que tant de vérités se forment lentement et progressivement, comme celle de l’au-delà et de la vie éternelle. Dans le domaine moral aussi, tant de coutumes et lois antérieures sont par la suite abandonnées au bénéfice de lois et critères qui répondent davantage à l’esprit de l’Alliance. Un exemple parmi tous : Dans le livre de l’Exode il est dit que Dieu punit la faute des pères sur les fils (cf. Ex 34, 7), mais Jérémie et Ezéchiel diront le contraire, affirmant que Dieu ne punit pas les fautes des pères sur les fils, mais que chacun devra répondre de ses propres actions (cf. Jr 31, 29-30 ; Ez 18, 1 ss.).

Dans l’Ancien Testament le critère de base pour surmonter les prescriptions antérieures est celui d’une meilleure compréhension de l’esprit de l’Alliance et de la Torah ; dans l’Eglise, le critère est celui d’une relecture de l’Evangile à la lumière des nouvelles questions qui se posent à elle. « Scriptura cum legentibus crescit  », disait saint Grégoire Le Grand : l’Ecriture grandit avec ceux qui la lisent2.

Maintenant nous savons que la règle constante de Jésus, en matière de morale, se résume en quelques mots : « Non au péché, oui au pécheur ». Il n’y a pas plus sévère que lui pour condamner la richesse inique, mais il s’invite chez Zachée et le seul fait d’aller vers lui suffit à le changer. Il condamne l’adultère, y compris celui du cœur, mais pardonne à l’adultère et lui redonne espoir ; il réaffirme l’indissolubilité du mariage, mais parle avec la Samaritaine qui avait eu cinq maris et lui révèle le secret qu’il n’avait dit à personne d’autre, de manière aussi explicite : « Je le suis (le Messie) moi qui te parle » (Jn 4, 26).

Si nous nous demandons comment se justifie théologiquement une distinction aussi nette entre le péché et le pécheur, la réponse est très simple : le pécheur est une créature de Dieu, faite à son image, et il conserve sa dignité, malgré toutes les aberrations : le péché n’est pas œuvre de Dieu, ne vient pas de Lui, mais de l’ennemi. C’est la meme raison pour laquelle Jésus Christ, s’est fait en tout semblable à nous, « excepté le péché » (cf. Hé 4,15).

Pour honorer ce devoir de discernement sur les signes du temps, il est un facteur important : la collégialité des évêques. Cette collégialité, dit un passage de Lumen gentium, permet « de décider en commun de toutes les questions les plus importantes, par une décision que l’avis de l’ensemble permet d’équilibrer »3. L’exercice effectif de la collégialité apporte au discernement et à la solution des problèmes la variété des situations locales et des points de vue, des lumières et des dons différents, dont chaque église et chaque évêque est porteur.

Nous en avons une émouvante illustration dans le premier « concile » de l’Eglise, celui de Jérusalem. Un large espace fut donné à deux points de vue contraires, l’un des « judaïsants » et l’autre favorable à l’ouverture aux païens ; il y eut une « vive discussion », mais qui leur permit, à la fin, d’annoncer leurs décisions en prononçant cette formule extraordinaire : « Nous avons décidé l’Esprit Saint et nous… » (Ac 15, 6 ss.).

On voit ici que l’Esprit guide l’Eglise de deux façons : parfois directement et charismatiquement, par la révélation et l’inspiration prophétique ; d’autres fois, collégialement, par une patiente et difficile confrontation, et même le compromis, entre les parties et les points de vue différents. Les propos de Pierre, le jour de la Pentecôte et chez Corneille sont très différents de ceux qu’il tiendra par la suite, pour justifier sa décision devant les anciens (cf. Ac 11, 4-18 ; 15, 14) ; le premier discours est de type charismatique, le second de type collégial.

Il faut donc avoir confiance en l’Esprit, en ses capacités d’intervention pour aboutir à un accord, même s’il peut sembler parfois que tout le processus échappe à tout contrôle. A chaque fois que les pasteurs des Eglises chrétiennes, au niveau local ou universel, se réunissent pour un discernement ou pour prendre des décisions importantes, il devrait y avoir dans le cœur de chacun cette confiante certitude que résument les deux versets duVeni creator  : Ductore sic te praevio – vitemus omne noxium – « avec toi comme notre guide – nous éviterons tout mal ».

2. Le discernement dans la vie personnelle

Passons maintenant au discernement dans la vie personnelle. Comme charisme appliqué à chaque individu, le discernement des esprits a subi au fil des siècles une évolution considérable. A l’origine, nous l’avons vu, le don devait servir à discerner les inspirations des autres, de ceux qui avaient parlé ou prophétisé dans l’assemblée ; dans la suite, il a servi surtout à discerner ses propres inspirations.

Cette évolution n’est pas arbitraire ; il s’agit en effet du même don, quoique exercé en deux situations et sur deux objets differents. Une grande partie de ce que les auteurs spirituels ont écrit sur le « don de conseil », s’applique aussi au charisme du discernement. Par le biais du don, ou du charisme, du conseil, l’Esprit Saint aide à évaluer les situations et orienter les choix, non seulement sur la base de critères de sagesse et prudence humaine, mais à la lumière aussi des principes surnaturels de la foi.

Le premier discernement fondamental des esprits est celui qui permet de distinguer « l’Esprit de Dieu » de « l’esprit du monde » (cf. 1 Cor 2, 12). Saint Paul donne un critère objectif de discernement, le même que celui de Jésus : les fruits. Les « actions de la chair » révèlent qu’un certain désir vient du vieil homme pécheur ; « les fruits de l’Esprit » révèlent qu’il vient de l’Esprit de Dieu (cf. Gal 5, 19-22). « Les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair » (Gal 5, 17).

Parfois ce critère objectif ne suffit pas parce que le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre un bien et un autre bien, et il s’agit de voir ce que Dieu veut, dans une circonstance particulière. C’est surtout pour répondre à cette exigence que saint Ignace de Loyola développa sa doctrine sur le discernement. Il invite à regarder une chose en particulier : ses propres dispositions intérieures, les intentions (les « esprits ») qui sont derrière un certain choix. En faisant cela il s’inscrit dans une tradition déjà affirmée. Un auteur médiéval avait écrit :

« Qui peut vérifier si les esprits viennent de Dieu, à moins d’avoir reçu de Dieu le discernement des esprits, et de pouvoir ainsi examiner avec précision et sans se tromper les pensées, les affections et les intentions de l’esprit ? Ce discernement est à la source de toutes les vertus et chacun en a besoin, soit pour conduire les autres, soit pour se diriger et s’amender soi-même.… Tel est le vrai discernement, en qui se rejoignent la droiture de la pensée et la pureté de l’intention. »4.

Saint Ignace a suggéré des moyens pratiques pour appliquer ces critères5. L’un deux est celui-ci. Face à deux choix possibles, il faudrait s’arrêter d’abord sur l’un, comme si on était sûr de le choisir, se fixer dessus pendant un jour ou plus ; puis vérifier les réactions du cœur face à ce choix : s’il est paisible, si ce choix correspond aux autres choix déjà faits ; si une voix en vous vous encourage dans cette direction, ou au contraire, si un voile d’inquiétude l’entoure. Répéter le processus avec la seconde hypothèse. Le tout dans un climat de prière, d’abandon à la volonté de Dieu, d’ouverture à l’Esprit Saint.

A la base du discernement, chez saint Ignace, nous avons sa doctrine de la « sainte indifférence ».6 Celle-ci consiste à se mettre dans un état de totale disponibilité à accueillir la volonté de Dieu, renonçant, dès le départ, à toute préférence personnelle, comme une balance prête à s’incliner du côté où le poids sera plus fort. L’expérience de la paix intérieure devient ainsi le critère principal dans tout discernement. Sera considéré conforme à la volonté de Dieu, le choix qui, après mûre réflexion et prière, laissera plus de paix dans le cœur.

Au fond, il s’agit d’appliquer le vieux conseil que donna le beau-père Jéthro à Moïse : « présenter les questions à Dieu » et attendre en priant sa réponse (cf. Ex 18, 19). Dans tous les cas, une bonne disposition de fond à faire la volonté de Dieu, est la condition la plus favorable pour un bon discernement. Jésus disait : « Mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 5, 30).

Le danger aujourd’hui c’est que certaines manières de comprendre et pratiquer le discernement accentuent tellement les aspects psychologiques, qu’elles finissent par oublier que l’Esprit Saint est, dans tout discernement, le premier agent. L’évangéliste Jean voit, comme facteur décisif dans le discernement, « l’onction qui vient de celui qui est saint », c’est-à-dire de l’Esprit (1 Jn 2,20). Saint Ignace aussi rappelle que dans certains cas, seule l’onction de l’Esprit Saint permet de discerner ce qu’il faut faire7. Il y a une profonde raison théologique à cela. L’Esprit Saint est lui-même la volonté substantielle de Dieu et quand il entre dans une âme « il se manifeste comme la volonté même de Dieu pour celui dans lequel il se trouve »8.

Le discernement n’est, dans le fond, ni un art, ni une technique, mais un charisme, c’est-à-dire un don de l’Esprit ! Les aspects psychologiques ont une grande importance, mais ils sont « secondaires », autrement dit ils viennent après. Un des anciens Pères écrivait :

« Il n’appartient qu’au Saint-Esprit de purifier notre esprit. Il faut donc par tous les moyens, et surtout par la paix de l’âme, laisser se reposer le Saint-Esprit afin que nous ayons la lampe de la science toujours brillante en nous. Car si elle ne cesse pas d’envoyer les rayons de sa lumière dans la profondeur intime de notre âme, non seulement toutes les attaques hostiles et ténébreuses des démons se découvrent à notre esprit, mais encore elles perdent beaucoup de leur force à être débusquées par cette lumière sainte et glorieuse. Et c’est pourquoi l’Apôtre dit : N’éteignez pas l’Esprit(1 Ts 5,19) »9.

L’Esprit Saint, généralement, ne diffuse pas de lumière dans l’âme de façon miraculeuse et extraordinaire, mais très simplement, à travers la parole des Ecritures. C’est comme ça qu’ont eu lieu les discernements les plus importants de l’histoire. En écoutant la parole de l’évangile : « Si tu veux être parfait… », Antoine comprit ce qu’il devait faire et le monachisme commença. De cette même manière, François d’Assise reçut une lumière pour commencer son mouvement de retour à l’évangile. « Après que le Seigneur m’eut donné des frères – écrit-il dans son Testament – personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très-Haut Lui-même me révéla que je devais vivre selon la forme du saint Evangile  ». Il le lui révéla en écoutant, durant une Messe, le passage de l’évangile où Jésus dit aux disciples d’aller par le monde « sans rien prendre pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni tunique de rechange » (cf. Lc 9,3)10.

Je me souviens moi-même d’un petit épisode du même genre. Un homme vint chez moi durant une mission, pour me parler d’un problème. Il avait un fils de 11 ans pas encore baptisé. « Si je le baptise, disait-il, cela fera un drame dans la famille, car ma femme est devenue membre d’une secte et ne veut pas entendre parler de baptême à l’Eglise ; si je ne le baptise pas, je n’ai pas la conscience tranquille, car quand nous nous sommes mariés nous étions tous les deux catholiques et avions promis de baptiser nos enfants ». Un cas typique de discernement. Je lui dit de revenir le lendemain, pour me donner le temps de prier et réfléchir. Le lendemain, il vint à ma rencontre le visage rayonnant, et me dit : «  J’ai trouvé la solution, père. J’ai lu dans ma Bible l’épisode d’Abraham et j’ai vu que lorsqu’il amène son fils Isaac pour l’immoler, il ne dit rien à sa femme ! ». La parole de Dieu l’avait éclairé mieux que n’importe quel conseil humain. Moi-même je baptisa le garçon et ce fut une grande joie pour tout le monde.

A côté de l’écoute de la Parole, nous avons l’examen de conscience, qui est la pratique la plus commune pour exercer le discernement au niveau personnel. Mais cet examen ne devrait pas se limiter à une préparation à la confession, mais devenir une capacité constante de se mettre sous la lumière de Dieu et se laisser « scruter » par Lui au plus profond de notre sphère intime. A cause d’un examen de conscience non pratiqué ou pas bien fait, la grâce de la confession devient problématique : soit on ne sait pas quoi confesser, soit elle est trop chargée d’un poids psychologique et pédagogique, c’est-à-dire tournée uniquement vers une amélioration de la vie. Un examen de conscience qui ne se réduit qu’à la préparation d’une confession permet de déterminer quelques péchés, mais n’amène pas à une relation authentique, à un vrai face-à-face avec le Christ. Cela devient facilement une liste d’imperfections, confessées pour se sentir mieux, sans cette attitude de vrai repentir qui fait expérimenter la joie d’avoir en Jésus « un si grand rédempteur ».

3. Se laisser guider par l’Esprit Saint

Le résultat concret de cette méditation est de renouveler la décision de nous abandonner en tout et pour tout à la conduite intérieure de l’Esprit Saint, comme pour une sorte de « direction spirituelle ». A propos des israélites dans le désert, il est écrit, que « si la nuée ne s’élevait pas, ils campaient jusqu’au jour où elle s’élevait » (Ex 40, 36-37). Nous non plus, nous ne devons rien entreprendre, si ce n’est poussé par l’Esprit Saint, (dont la nuée, selon les Pères, était l’image11), et après l’avoir consulté avant toute action.

Nous en avons un exemple particulièrement clair dans la vie de Jésus. Celui-ci n’a jamais rien entrepris sans l’Esprit Saint. Avec l’Esprit Saint il est allé dans le désert ; poussé par la puissance de l’Esprit Saint il en est reparti et a commencé sa prédication ; « sous l’action de l’Esprit Saint » il a choisi ses apôtres (cf. Act 1,2) ; poussé par l’Esprit il a prié et s’est offert lui-même au Père (cf. Hé 9, 14).

Nous devons nous garder d’une tentation : celle de vouloir donner des conseils à l’Esprit Saint, au lieu de les recevoir. « Qui a mesuré l’Esprit du Seigneur ? Qui l’a conseillé pour l’instruire ? » (Is 40,13). L’Esprit Saint dirige tout le monde, et n’est dirigé par personne ; il guide, n’est pas guidé. Il y a une façon subtile de suggérer à l’Esprit Saint ce qu’il devrait faire avec nous et comment il devrait nous guider. Il arrive même parfois que nous prenions des décisions et les attribuions avec désinvolture à l’Esprit Saint.

Saint Thomas d’Aquin parle de cette conduction intérieure de l’Esprit comme d’un « instinct propre aux justes » : « De même que dans la vie corporelle, écrit-il, le corps n’est mû que par l’âme qui le vivifie, dans la vie spirituelle, chacun de nos mouvements devrait provenir de l’Esprit Saint »12. C’est ainsi qu’agit la « loi de l’Esprit » ; c’est ce que l’Apôtre appelle « se laisser animer par l’Esprit » (Gal 5,18).

Nous devons nous abandonner à l’Esprit Saint comme les cordes de la harpe s’abandonnent aux doigts de celui qui les bougent. Comme de bons acteurs, nous devons tendre l’oreille à la voix du souffleur caché, pour réciter fidèlement notre rôle sur la scène de la vie. C’est plus facile qu’on ne le pense, car notre souffleur parle en nous, nous enseigne toute chose, nous instruit sur tout. Il suffit parfois d’un simple coup d’œil intérieur, d’un mouvement du cœur, d’une prière. Un saint évêque du IIème siècle, Méliton de Sardes, a reçu une belle éloge que j’aimerais bien que chacun de nous reçoive après la mort : « Au cours de sa vie il a fait toute chose, mû par l’Esprit Saint »13.

Demandons au Paraclet de diriger nos esprits et toute notre vie, avec les paroles d’une prière que l’on récite à l’office de la Pentecôte dans les Eglises de rite syriaque :

« Esprit qui distribues à chacun des charismes ;

Esprit de sagesse et de science, qui aimes les hommes ;

Emplis les Prophètes, parfais les Apôtres,

Fortifie les martyrs, inspire l’enseignement des docteurs !

C’est à toi, Dieu Paraclet, que nous adressons ces supplications.

Nous te demandons de nous renouveler de tes saints dons,

De reposer sur nous comme sur les Apôtres au cénacle.

Répands sur nous tes charismes,

Remplis-nous de la sagesse de ta doctrine,

Fais de nous les temples de ta gloire,

Enivre-nous du breuvage de ta grâce.

Donne-nous de vivre pour Toi,

De Te donner notre consentement

Et de T’adorer,

Toi le Pur et le Saint, Dieu, Esprit Paraclet »14.

© Traduction de ZENIT

1 Gaudium et spes, 4.

2 St Grégoire Le Grand, Homélies sur Ezéchiel 1.7, 8.

3 Lumen gentium, 22.

4 Baudouin de Forde, Archevêque de Canterbury, Traités, 6 (PL 204, 466).

5 Cf. St. Ignace de Loyola, Exercices spirituels, quatrième semaine (ed. BAC, Madrid 1963, pp. 262 ss).

6 Cf. G. Bottereau, Indifférence, dans « Dictionnaire de Spiritualité , vol 7, coll. 1688 ss »

7 St. Ignace de Loyola, Constitutions, 141. 414 (ed. cit, pp. 452.503).

8 Cf. Guillaume de St. Thierry, Le miroir de la foi, 61 (SCh 301, p. 128).

9 Diadoque de Photicé, Cent chapitres, 28 (SCh 5, pp. 87 ss.).

10 Thomas de Celano, Vita prima, 22 (FF, 356).

11 St. Ambroise, Sur l’Esprit Saint, III, 4, 21 ; Sur les sacrements, I, 6, 22.

12 St. Thomas d’Aquin, Sur la Lettre aux Galates, c.V, lez.5, n.318 ; lez. 7, n. 340.

13 Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 24, 5.

14 Pontificale Syrorum, in E.-P. Siman, L’expérience de l’Esprit, cit., p.309.

 

A la une #Doctrine / Formation #Théologie

Prédication de l’Avent du P Catalamessa, l’Esprit-Saint, une personne divine

Comme nous vous l’avions annoncé, nous reprenons les conférences de l’Avent du Père Cantalamessa au Vatican, dans la traduction donnée par Zénith

«  JE CROIS EN L’ESPRIT SAINT »

1. La nouveauté de l’après concile

Avec la célébration des 50 ans de la clôture du Concile Vatican II, s’est achevée la première phase de « l’après-concile » et s’en ouvre une autre. Si la première a été caractérisée par les problèmes relatifs à la « réception » du Concile, la deuxième sera caractérisée, je pense, par son aboutissement et son intégration ; autrement dit, par une relecture du Concile à la lumière des résultats obtenus, en mettant l’accent sur ce qui manquait encore, ou était présent dans les textes conciliares seulement à un stade embryonnaire.

La nouveauté majeure de l’après-concile, dans la théologie et dans la vie de l’Eglise, a un nom bien précis : l’Esprit Saint. Le concile n’avait certes pas ignoré son action dans l’Eglise, mais en avait parlé presque toujours « en passant », le mentionnant souvent, mais sans mettre en lumière son rôle central, même dans la constitution sur la Liturgie. Dans une conversation, à l’époque où nous étions ensemble dans la Commission Théologique Internationale, je me souviens que le père Yves Congar utilisa une image forte à ce sujet ; il parla d’un Esprit Saint, parsemé ici et là dans les textes, comme on fait avec le sucre sur les gâteaux, sans le faire entrer dans la pâte.

Le dégel avait toutefois commencé. Nous pouvons dire que l’intuition de saint Jean XXIII, en annonçant ce concile comme «  une nouvelle Pentecôte pour l’Eglise », n’a manifesté ses fruits que par la suite, lorsque le concile était fini, comme cela fut d’ailleurs souvent le cas dans l’histoire des conciles.

Au cours de l’année à venir, le Renouveau charismatique fêtera les 50 ans de son entrée dans l’Eglise catholique. Ce mouvement est un des nombreux signes – le plus évident de par l’ampleur du phénomène – du réveil de l’Esprit et des charismes dans l’Eglise. Le Concile en avait préparé la réception, en parlant, dans Lumen gentium, d’une dimension « charismatique » de l’Eglise, en plus de ses dimensions « institutionnelle » et «  hiérarchique », et en insistant sur l’importance des charismes1. Dans l’homélie de la messe chrismale du Jeudi Saint, en 2012, Benoît XVI affirma :

« Celui qui regarde l’histoire de l’époque post-conciliaire, peut reconnaître la dynamique du vrai renouvellement, qui a souvent pris des formes inattendues dans des mouvements pleins de vie et qui rend presque tangibles la vivacité inépuisable de la sainte Église, la présence et l’action efficace du Saint Esprit”.

En même temps, cette nouvelle expérience de l’Esprit Saint a stimulé la réflexion théologique2. Après le concile se sont multipliés les traités sur l’Esprit Saint : chez les catholiques, celui de Congar3, de Rahner4, de Mühlen 5 et de Von Balthasar6, chez les luthériens celui de Moltmann 7et de Welker 8, et tant d’autres. Côté magistère, il y a eu l’encyclique de saint Jean Paul II Dominum et vivificantem. Pour le XVI centenaire du concile de Constantinople de 381, le souverain pontife, en personne, fit organiser un congrès international de pneumatologie au Vatican, dont les actes furent publiés par la Libreria Editrice Vaticana, en deux gros volumes, sous le titre « Credo in Spiritum Sanctum »9.

Ces dernières années, nous assistons à un pas en avant dans cette direction. Vers la fin de sa carrière, Karl Barth fit une affirmation provocatrice qui était, en partie, aussi une autocritique. Il affirma qu’à l’avenir se serait développée une autre théologie, la « théologie du troisième article ». Par «  troisième article » il entendait, naturellement, l’article du credo su l’Esprit Saint. La proposition ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. C’est de là que partit le courant qu’on appelle donc aujourd’hui « Théologie du troisième article ».

Je ne pense pas que tel courant veuille se substituer à la théologie traditionnelle (ce serait une erreur s’il le prétendait), mais plutôt l’appuyer et la vivifier. Il se propose de faire de l’Esprit Saint non seulement l’objet du traité qui le concerne, la Pneumatologie, mais, je dirais aussi, l’atmosphère dans laquelle se déroule toute la vie de l’Eglise et toute recherche théologique, « la lumière des dogmes », comme un ancien Père de l’Eglise définissait l’Esprit Saint.

La présentation la plus complète de ce récent courant théologique est le volume d’essais paru en anglais en septembre dernier, sous le titre « Théologie du troisième article. Pour une dogmatique pneumatologique »10. Dans ce volume, partant de la doctrine trinitaire de la grande tradition, des théologiens de différentes Eglises chrétiennes offrent leur contribution, comme préambule à une théologie systématique plus ouverte à l’Esprit et répondant davantage aux exigences actuelles. Il m’a été demandé à moi aussi, en tant que catholique, d’y contribuer en écrivant un essai sur la « Christologie et pneumatologie aux premiers siècles de l’Eglise ».

2. Le credo lu par le bas

Les raisons qui justifient cette nouvelle orientation théologique ne sont pas seulement d’ordre dogmatique, mais également historique. En d’autres termes, on comprend mieux ce qu’est et ce que propose la théologie du troisième article si l’on tient compte de la façon dont s’est formé l’actuel symbole de Nicée-Constantinople. De cette histoire ressort clairement l’utilité de lire une fois ce symbole « à l’envers », c’est-à-dire en partant de la fin, au lieu du début.

J’essaie d’expliquer ce que je veux dire. Le symbole de Nicée-Constantinople reflète la foi chrétienne à son stade final, après toutes les clarifications et définitions conciliaires, qui se sont terminées au Vème siècle. Il reflète l’ordre atteint à la fin du processus de formulation du dogme, mais ne reflète pas le processus en soi. Autrement dit, il ne correspond pas au processus avec lequel, de fait, la foi de l’Eglise s’est formée historiquement, ni ne correspond au processus avec lequel on arrive aujourd’hui à la foi, entendue comme foi vivante en un Dieu vivant.

Dans le credo actuel, on part de Dieu Père et Créateur, puis de Lui on passe au Fils et à son œuvre rédemptrice, et enfin à l’Esprit Saint et son action dans l’Eglise. Dans la réalité, la foi suit le chemin inverse. Ce fut l’expérience de l’Esprit à la Pentecôte qui porta l’Eglise à découvrir qui était vraiment Jésus et quel était son enseignement. Avec Paul mais surtout avec Jean, on arrive à remonter de Jésus au Père. C’est le Paraclet qui, selon la promesse de Jésus (Je 16,13), conduit les disciples à la « pleine vérité » sur lui et sur le Père.

Voici comment saint Basile de Césarée résume le déroulement de la révélation et de l’histoire du salut :

« Le chemin de la connaissance de Dieu va donc de l’unique Esprit, par le Fils unique, jusqu’à l’unique Père ; et en sens inverse, la bonté naturelle, la sainteté de la nature et la dignité royale s’écoulent du Père, par le Monogène, jusqu’à l’Esprit » 11.

Autrement dit, dans l’ordre de la création et de l’être, tout part du Père, passe par le Fils et arrive à nous dans l’Esprit ; dans l’ordre de la rédemption et de la connaissance, tout commence avec l’Esprit Saint, passe par le Fils Jésus Christ et retourne au Père. Nous pouvons dire que saint Basile est le vrai pionnier de la théologie du troisième article ! Dans la tradition occidentale tout ceci est synthétisé dans la strophe finale de l’hymne Veni creator. L’Eglise s’adresse à l’Esprit Saint et dit en priant :

Per te sciamus da Patrem,
noscamus atque Filium,
te utriusque Spiritum
credamus omni tempore.

Fais que par toi nous connaissions le Père,
Et découvrions le Fils,
Et qu’en toi, leur commun Esprit,
Nous croyions en tout temps.

Mais cela ne signifie pas que le credo de l’Eglise n’est pas parfait ou qu’il doit être réformé. Il ne peut être que comme il est. C’est la manière de le lire et le commenter qui doit changer quelquefois, pour refaire le chemin qui a conduit à sa formation. Entre les deux manières d’utiliser le credo – comme produit fini, ou bien dans sa formation même -, il y a la même différence qu’entreprendre personnellement, de bon matin, l’escalade du Mont Sinaï en partant du monastère de Saint-Catherine, ou bien lire le récit de quelqu’un qui l’a escaladé avant nous.

3. Un commentaire au « troisième article »

Pour répondre à cette exigence je voudrais, dans les trois méditations de l’Avent, proposer des réflexions sur certains aspects de l’action de l’Esprit Saint, en partant précisément du troisième article du credo. Celui-ci comprend trois grandes affirmations. Partons de la première :

a. « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et donne la vie ».

Le credo ne dit pas que l’Esprit Saint est « le » Seigneur (peu avant, dans le credo, on proclame : « et je crois en un seul Seigneur Jésus Christ » !). Seigneur (dans le texte original,to kyrion, neutre !) indique ici la nature, pas la personne ; il dit ce qu’est, pas qui est l’Esprit Saint. Malheureusement la différence entre le masculin o kyrios et le neutre to kyrion se perd dans le passage du grec au latin. « Seigneur » veut dire que l’Esprit Saint partage la seigneurie de Dieu, qu’il est du côté du Créateur, pas des créatures ; autrement dit, qu’il est de nature divine.

L’Eglise était arrivée à cette certitude en se basant non seulement sur les Ecritures mais aussi sur sa propre expérience de salut. L’Esprit, écrivait déjà saint Athanase, ne peut être une créature parce que lorsque nous sommes touchés par lui (dans les sacrements, dans la Parole, dans la prière) nous faisons l’expérience d’entrer en contact avec Dieu en personne, sans intermédiaire. S’il nous divinise, cela veut dire qu’il est lui-même Dieu12.

Ne pouvait-on pas, dans le symbole de foi, dire la même chose de manière plus explicite, en disant purement et simplement que l’Esprit Saint est « Dieu et consubstantiel au Père », comme on avait fait pour le Fils ? Certainement, et c’est la critique qui fut faite aussitôt après le concile de Constantinople par certains évêques, dont saint Grégoire de Nazianze. Pour des raisons d’opportunités et de paix, on préféra dire la même chose avec des expressions équivalentes, attribuant à l’Esprit, en plus du titre de Seigneur, la isotimie, c’est-à-dire l’égalité avec le Père et le Fils dans l’adoration et la glorification de l’Eglise.

L’expression suivante selon laquelle l’Esprit Saint « donne la vie » est tirée de divers passages du Nouveau testament : « C’est l’Esprit qui fait vivre » (Je 6, 63) ; « La loi de l’Esprit donne la vie dans le Christ Jésus » (Rm 8, 2) ; « Le dernier Adam est devenu l’être spirituel qui donne la vie » (1 Cor 15, 45) ; « La lettre tue mais l’Esprit donne la vie » (2 Cor 3, 6).

Trois questions se posent alors à nous. Premièrement, quelle vie l’Esprit Saint donne-t-il ? Réponse : il donne la vie divine, la vie du Christ. Une vie super-naturelle, pas une super-vie naturelle ; il crée l’homme nouveau, pas le super homme de Nietzsche « tout  gonflé de vie ».

Deuxièmement, où nous donne-t-il cette vie  ? Réponse : dans le baptême, qui est en effet présenté comme une nouvelle « naissance de l’Esprit » (Je 3, 5), dans les sacrements, dans la parole de Dieu, dans la prière, dans la foi, dans la souffrance acceptée en union avec le Christ.

Troisièmement, comment nous donne-t-il la vie, l’Esprit ? Réponse : en faisant mourir les œuvres de la chair ! « Si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez », dit saint Paul dans la Lettre aux Romains 8,13.

b. « … et il procède du Père (et du Fils) et avec le Père et le Fils il est adoré et glorifié »

Passons maintenant à la grande affirmation du credo sur l’Esprit Saint. Jusqu’ici, le symbole de foi nous a parlé de la nature de l’Esprit, pas encore de la personne ; il nous a dit ce qu’est, pas qui est l’Esprit ; il nous dit ce que l’Esprit Saint a en commun avec le Père et le Fils – le fait d’être Dieu et de donner la vie. Avec cette affirmation on passe à ce qui distingue l’Esprit Saint du Père et du Fils. Ce qui le distingue du Père c’est qu’il procède de lui ; ce qui le distingue du Fils c’est qu’il procède du Père non par voie de génération mais par voie dite de spiration, non comme le concept (logos) qui procède de l’intelligence, mais comme le souffle qui procède de la bouche.

Ceci est l’élément central de l’article du credo, celui avec lequel on entendait définir la place que le Paraclet occupe dans la Trinité. Cette partie du symbole est connue surtout à cause de la question du Filioque, qui fut pendant un millénaire l’objet principal du désaccord entre l’Orient et l’Occident. Je ne m’arrête pas sur ce problème déjà trop débattu. D’ailleurs, j’en ai moi-même parlé ici, en traitant l’accord de foi entre l’Orient et Occident au carême de l’année dernière13.

Je me limite à mettre l’accent sur ce que nous pouvons retenir de cette partie du symbole, et qui enrichit notre foi commune, au-delà des disputes théologiques. Cette partie de l’article du credo nous dit que l’Esprit Saint n’est pas un parent pauvre dans la Trinité. Que ce n’est pas une simple « façon d’agir » de Dieu, une énergie ou un fluide qui envahit l’univers comme pensaient les stoïciens ; c’est une « relation subsistante », donc une personne.

Non pas la « troisième personne du singulier », mais plutôt, a dit quelqu’un, la « première personne du pluriel ». Le « Nous » du Père et du Fils14. Quand, pour s’exprimer de manière humaine, le Père et le Fils parlent de l’Esprit Saint, ils ne disent pas « lui », mais disent « nous », parce qu’il est celui qui les unit. Ici on voit la fécondité extraordinaire de l’intuition de saint Augustin, pour qui le Père est celui qui aime, le Fils l’aimé et l’Esprit l’amour qui les unit, le don mutuel. C’est sur cette base que se fonde la croyance de l’Eglise occidentale selon laquelle l’Esprit Saint procède « du Père et du Fils »

L’Esprit Saint, malgré tout, restera toujours le Dieu caché, même si nous connaissons ses effets. Il est comme le vent : on ne voit pas d’où il vient et où il va, mais on voit les effets de son passage. Il est comme la lumière qui éclaire tout ce qui est devant, en restant elle-même cachée.

C’est pourquoi il est la personne la moins connue et la moins aimée des Trois, bien qu’il soit l’Amour en personne. Il nous est plus facile de penser au Père et au Fils comme «  personnes », mais plus difficile pour l’Esprit. Aucune catégorie humaine ne peut nous aider à comprendre ce mystère. Pour parler de Dieu le Père, nous avons l’aide de la philosophie qui s’occupe de la cause première (le Dieu des philosophes) ; pour parler du Fils nous avons l’analogie humaine du rapport humain père-fils et, le Verbe s’étant fait chair, nous avons également l’histoire. Pour parler de l’Esprit Saint nous n’avons rien sinon la révélation et l’expérience. Les Ecritures elles-mêmes parlent de lui en se servant toujours de symboles naturels : la lumière, le feu, le vent, l’eau, le parfum, la colombe.

Nous ne saurons vraiment qui est l’Esprit Saint qu’au paradis. Nous le vivrons même dans une vie qui n’aura pas de fin, dans un approfondissement qui nous donnera une joie immense. Ce sera comme un feu très doux qui inondera notre âme et la comblera de béatitude, comme lorsque l’amour touche le cœur d’une personne et celle-ci se sent heureuse.

c. « … et il a parlé par les prophètes »

Nous voici à la troisième et dernière grande affirmation sur l’Esprit Saint. Après avoir professé notre foi en l’action vivifiante et sanctifiante de l’Esprit dans la première partie de l’article (l’Esprit qui est Seigneur et donne la vie), on ne parle maintenant de son action charismatique. Un charisme est mentionné pour tous, celui que Paul juge le plus important, soit la prophétie (cf. 1 Cor 14). De ce même charisme on mentionne seulement un moment particulier : l’Esprit Saint qui « a parlé par les prophètes », c’est-à-dire dans l’Ancien Testament. L’affirmation se fonde sur divers textes des Ecritures, mais en particulier sur 2 Pierre 21 : « C’est portés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu ».

4. Un article à compléter

La Lettre aux Hébreux affirme que « Dieu, après avoir parlé, dans le passé, par les prophètes, nous a parlé par son Fils » (cf. Hé 1,1-2). L’Esprit n’a donc pas cessé de parler par les prophètes ; il l’a fait avec Jésus et le fait encore aujourd’hui dans l’Eglise. Cette lacune, ainsi que d’autres, dans le symbole, fut comblée peu à peu dans la pratique de l’Eglise, sans avoir besoin, pour cela, de changer le texte du credo (comme ce fut le cas dans le monde latin, avec l’ajout du Filioque). On en a un exemple dans l’épiclèse de la liturgie orthodoxe dite de saint Jacques, qui dit ceci :

« Envoie… ton très Saint Esprit, Seigneur et vivificateur, qui siège avec toi, Dieu et Pèreet avec ton Fils unique ; qui règne, consubstantiel et coéternel. Il a parlé dans la Loi, dans les Prophètes et dans le Nouveau Testament ; il est descendu sous forme de colombe sur notre Seigneur Jésus Christ au bord du Jourdain, se reposant sur lui, et il est descendu sur les saints apôtres… le jour de la sainte Pentecôte »15.

On resterait donc déçu si on voulait trouver dans l’article sur l’Esprit Saint tout, ou du moins le mieux, de la révélation biblique sur lui. Ceci met en évidence la nature et les limites de toute définition dogmatique. Son but n’est pas de tout dire sur un aspect de la foi, mais de tracer un périmètre à l’intérieur duquel on doit placer toute affirmation sur lui et qu’aune affirmation ne peut contredire. A cela s’ajoute, dans notre cas, le fait que l’article fut rédigé à un moment où la réflexion sur le Paraclet était à ses débuts et des raisons historiques contingentes (le désir de paix de l’empereur) imposaient, comme je disais tout à l’heure, un compromis entre les parties.

Mais nous ne sommes pas restés avec les seules paroles du credo sur le Paraclet. La théologie, la liturgie et la piété chrétienne, tant en Orient qu’en Occident, ont revêtu de « chair et de sang » les maigres affirmations du symbole de foi. Dans la séquence de Pentecôte la relation intime et personnelle qui se noue entre l’Esprit Saint et chaque âme (une dimension totalement absente dans le symbole), se reflète dans des titres comme « père des pauvres », « lumière des cœurs », « doux hôte de l’âme » et « très doux soulagement ».

La même séquence adresse à l’Esprit Saint une série de prières, que nous trouvons particulièrement belles et qui répondent à nos besoins. Concluons en les proclamant ensemble, voire en essayant de trouver parmi elles celle que nous sentons le plus comme une nécessité pour chacun de nous :

Lava quod est sórdidum,
riga quod est áridum,
sana quod est sáucium.

Flecte quod est rígidum,
fove quod est frígidum,
rege quod est dévium.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

© Traduction de ZENIT

1 Lumen gentium 12.

2 Cf. La redécouverte de l’EspritExpérience et théologie de l’Esprit Saint, par Claus Hartmann et Herbert Mühlen, Milan 1975 (éd. originale, Erfahrung und Theolgie des Heiligen Geistes, München 1974).

3 Y. Congar, Je crois en l’Esprit Saint, 2, Brescia 1982, pp. 157-224

4 K. Rahner, Erfahrung des Geistes. Meditation auf Pfingsten, Herder, Fribourg i. Br. 1977.

5 H. Mühlen , Der Heilige Geist als Person. Ich – Du – Wir, Münster in W., 1963

6 U. von Balthasar, Spiritus Creator, Brescia 1972, p. 109

7 J. Moltmann, Lo Spirito della vita, , Brescia 1994, pp. 102-108.

8 M. Welker, Lo Spirito di Dio. Teologia dello Spirito Santo, Brescia 1995, p.62.

9 Edités par Libreria Editrice Vaticana en1983.

10 Third Article Theology : A Pneumatological Dogmatics, a cura di Myk HabetsFortress Press, Septembre 2016.

11 Basile de Césarée, De Spiritu Sancto XVIII, 47 (PG 32 , 153).

12 St Athanase, Lettres à Séraphin, I, 24 (PG 26, 585).

13 Cf. mon livret Deux poumons, une seule respiration. Vers une pleine communion de foi entre Orient et Occident, Editions des Béatitudes 2016.

14 Cf H. Mühlen, Der Heilige Geist als Person. Ich – Du – Wir, Aschendorff, Münster in W. 1963. Le premier à définir l’Esprit Saint « divin Nous » fut S. Kierkegaard, Journal II A 731 (23 avril 1838).

15 In A. Hänggi – I. Pahl, Prex Eucharistica, Fribourg, Suisse, 1968, p. 250.