Doctrine / Formation

Lectio divina pour le Vendredi Saint par Mgr JMJ Le Gall, csm

« SEIGNEUR SOUVIENS-TOI DE MOI QUAND TU SERAS DANS TON ROYAUME ! »

Lectio divina pour Vendredi Saint, le 14 avril 2017

Au Moyen-Age se vivaient les Mystères de la Passion. Cela consistait à reproduire sur les parvis de nos cathédrales, cette grande Liturgie de Dieu qui trouve aujourd’hui son point culminant. Nous avons perdu aujourd’hui la raison de ce jeu théâtral des mystères du Christ. Mais en tant que baptisés, nous n’en avons pas perdu le sens profond, et aujourd’hui encore, comme chaque Vendredi Saint, nous sommes appelés à jouer en notre cœur le Mystère du Christ dans les dernières heures de Sa vie terrestre.

« Es-tu Roi ? »

Nous sommes au pied de la croix et nous y voyons le titre : Jésus de Nazareth – Roi des Juifs. Revenant maintenant quelques heures en arrière, nous sommes face au Christ, comme Pilate et avec lui nous demandons : « Es-tu Roi ? » Et tombe alors la seule parole que Jésus répondra au gouverneur romain : « Tu l’as dit, je suis Roi. Et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité. » Et restant dans la peau de Pilate, nous posons cette autre question à Jésus : « Qu’est-ce que la Vérité ? » Ne noircissons pas Pilate outre mesure : il ne la posa pas forcément avec hypocrisie. Il devait avoir en lui une certaine sincérité, comme tout officier au service d’un empire. Il nous représente assez bien, certainement : avec une part de bon désir et une part de mauvaiseté…

« Qu’est-ce que la vérité ? »

« Qu’est-ce que la vérité ? » Voilà que revenant au pied de la croix, avec Marie, nous entendons le Christ, Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs, nous dire la Vérité qu’Il est venu annoncer, cette Vérité dont Il est le témoin, c’est-à-dire le martyr. Cette Vérité, ce n’est pas à Pilate, ce n’est même pas à Marie, c’est au Bon Larron qu’Il va la dire ! Comme fit toujours Jésus se révélant aux pécheurs. Je ne dis pas aux petits, parce que Marie était la petite parmi les petites, l’humble parmi les humbles ; je dis aux pécheurs comme furent la Samaritaine, l’Aveugle-né… Voici qu’à ce voleur, à ce brigand, Jésus dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi danle Paradis. »

Aujourd’hui… Avec Moi… Au Paradis

Voici le premier des saints ! Voici celui qui entre dans le ciel de Dieu, avant la Vierge, avant même l’Ascension de Jésus, comme Le précédant pour L’accueillir avec le Père, lorsqu’Il remontera dans Sa gloire 40 jours après Pâques ! Un homme de rien, un misérable, un bandit…

Bossuet dira : Aujourd’hui  : quelle promptitude ! Avec moi  : quelle compagnie ! Au Paradis : quel repos !

Marie a-t-elle entendu ces paroles ? Jean, le disciple bien-aimé a-t-il perçu ces mots ? L’Ecriture n’en dit rien, c’est un secret entre Dieu, Jésus et le Bon Larron.

Quel mystère ! Quel mystère que cette vérité que Jésus nous dévoile sur le sens profond et ultime de Sa mission alors qu’Il est là cloué dans Son humanité sur le gibet, dans une impuissance totale ! Il a ce regard magnifique sur plus pauvre que Lui, sur la pauvreté absolue et d’autant plus attirante qu’elle se reconnaît comme telle !

Son regard dévoile, Sa Parole annonce enfin dans sa totalité, comme une apocalypse de la Révélation la Bonne Nouvelle de cet hodiecet aujourd’hui qui anticipe l'( )hodie pascal, de la résurrection : Aujourd’hui c’est avec Moi que tu vas vivre dans ce Paradis qu’est la Vie du Père… 

C’est un mystère qu’il nous faut essayer de saisir pour y participer, pour le vivre, théologiquement, mystiquement, dans notre âme. Même s’il n’y a pas tout le théâtre du Moyen-Age, ce jeu populaire de la Passion, chacun doit être interpellé aujourd’hui et se dire : pourquoi ne serai-je pas moi aussi le destinataire de ces paroles de Jésus ?

« Eli, Eli, lama sabactani ! »

Alors, restons au pied de la croix, et essayons de comprendre. Nous écoutons et nous entendons d’abord ce cri du Psaume 21ème que Jésus reprend dans son ultime agonie. Il le reprend parce qu’Il le connaît. Il l’a médité comme Il a médité durant toute Sa vie, Ses 33 ans de vie, la Parole de Son Père, inspirée par l’Esprit Saint et dont Il est, Lui, l’Accomplissement… Parole de Dieu à l’homme, Parole de Dieu pour Lui qui, homme-Dieu, en est la Substance originelle (avec le Verbe) en même temps que la réalisation… Voilà que, dans l’inconscience de son agonie tétanique, lui reviennent en mémoire comme par une heureuse coïncidence ce psaume 21 « Eli, Eli, lama sabactani », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? »

Quel autre mystère que cette parole que Jésus prononce dans Son humanité qu’Il assume et qui est la nôtre ! Ce cri de Jésus est le cri de l’Humanité !

Comme le dit la première lecture : Nous étions errants comme des brebis sans pasteur, ne sachant où aller, perdus, sourds et aveugles dans les ténèbres de notre nuit… Mon Dieu, mon Dieu, a crié l’humanité depuis le péché d’Adam jusqu’à l’agonie du Messie, Mon Dieu pourquoi nous as-Tu abandonnés ? Ce n’est pas le cri de Jésus seul, c’est le cri de Jésus nouvel Adam, c’est donc le cri de l’Humanité entière qu’Il assume, sans honte aucune, Lui qui est Fils de Dieu ! C’est le cri de l’homme dans son angoisse et dans sa solitude, dans le monde du péché, dans cette structure de péché qui nous entoure et qui nous immerge comme disait S. Jean Paul II. « Mon Dieu, mon Dieu… »

« Dieu l’a fait péché pour nous » dit Saint Paul, jusqu’à Lui faire prendre sur Lui ce cri dérisoire de l’homme perdu, Lui qui a la vision béatifique, Lui qui voit tout : le présent le passé le futur… Lui qui connaît son Père mieux que quiconque, Lui qui est dans le sein du Père, Lui qui sait qu’Il est en train de passer de ce monde à Son Père… Voilà que Celui qui venait de dire devant Ses apôtres : «  Père, glorifie ton Fils de la gloire qu’il avait auprès de toi de toute éternité » s’écrie quelques heures plus tard : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

Cette angoisse débordante par ce cri dépasse infiniment la tristesse que le Christ a dû ressentir pour Lui. Cet abandon vrai, imprégnait toutes Ses fibres, Son cœur et Son âme. Mais cela dépasse infiniment la dimension personnelle de la blessure car en Jésus, Son humanité qui est unie au Verbe, embrasse du coup toute l’Humanité. Aucune donc de Ses actions, de Ses paroles, de Ses blessures à Lui l’Innocent ne peuvent être séparées des actions, des paroles, des blessures de l’Humanité pécheresse toute entière.

« Absalon, Absalon, mon fils, que n’ai-je pu mourir à ta place ! »

Dieu va-t-il répondre à ce cri ? Il y répondra de la manière la plus belle comme nous les hommes ne savons pas répondre : Il y répondra par le silence de la mort.

Et c’est donc Jésus Lui-même qui répondra à Sa propre question… C’est le Fils de Dieu expirant dans Son humanité assumée qui répond au Fils de l’Homme dans Son agonie… Uni au Verbe silencieux qui accomplit le dessein du Père, Jésus meurt pour l’homme, Il meurt pour cette humanité assumée depuis l’Incarnation par le Verbe.

On se souvient ici de cet épisode si poignant de David trahi par son fils Absalon et qui apprend la mort de ce fils félon. Il s’écrie : « Absalon, Absalon, mon fils, que n’ai-je pu mourir à ta place ! »

David le roi, David le consacré, David le chantre de Dieu, mais aussi le pécheur, David pardonne à ce traître de fils. C’est dire qu’il oublie, mais aussi qu’il va au-delà et qu’il est prêt à mourir à sa place : « Absalon, Absalon, mon fils, que n’ai-je pu mourir à ta place ! » Si David ne peut pas mourir à la place de son fils, Dieu, Lui, peut offrir l’humanité de Son Fils incarné pour mourir à la place de Ses enfants pécheurs !

Dieu va Se donner tout entier en Jésus. Il va mourir en Jésus-Christ pour mourir à la place de Son fils, l’homme révolté !

« Seigneur, que je voie ! »

Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui : l’échange, l’admirable échange, fruit de l’Amour infini, parfait et inconditionnel de Dieu, fruit de Sa paternité. Il y eut d’abord le premier fruit de Son Amour : la création. Puis, il y a ce fruit qu’est la Rédemption. Dieu en Jésus meurt, à la place du fils. Il réalise ainsi ce souhait que même nous, dans notre paternité charnelle, nous pécheurs et mauvais comme disait Jésus, nous sommes capables de souhaiter pour sauver notre enfant.

Mais voilà qu’au pied de la croix, il y a le mauvais larron.

Il ne voit pas cet échange, il ne regarde pas la croix de Jésus, mais il regarde sa croix. Ce qui l’intéresse, c’est sa vie. Ce qu’il désire c’est se sauver. Il est à l’opposé de la logique du salut qui consiste à se perdre, à s’oublier… Se perdre de vue… Fruit premier et infini de la vraie foi, puisque la foi consiste à regarder Dieu qui Se donne… Voilà qui est le mauvais larron.

Il n’est pas plus larron que l’autre larron, mais il ne sort pas de sa nature. Il est immergé complètement dans son esprit, dans son monde. Ce n’est qu’à sa lumière qu’il voit et se voit, et sa lumière est ténèbres… Ce qui fait qu’il ne voit rien ! Lui qui a la grâce de la proximité physique à Jésus, cet Innocent que tout le monde savait innocent, même Pilate, il ne voit pas ! Il est aveugle parce qu’il ne songe qu’à lui : « Sauve-toi et sauve-nous… » Et il se perd parce que celui qui veut sauver sa vie la perdra et celui qui accepte de perdre sa vie la sauvera.

« Voulez-vous que je relâche Barabas ou Jésus ? »

Le bon larron n’est pas moins larron que le mauvais larron, mais il a su accepter la grâce de la foi, la grâce de cette proximité à l’Innocent comme fera le soldat romain s’exclamant : « Vraiment celui-ci était fils de Dieu »  ! Il a su Le voir, Le regarder sur Sa croix… D’où le symbole du dévoilement de la Croix pour nous inviter à y voir, dans la foi, le Christ ayant pris notre place… Il voit par sa foi, il connaît l’échange merveilleux, il comprend que pour Dieu, l’homme égale Dieu, que l’homme n’est pas moins que Dieu puisque Dieu envoie Son propre Fils pour sauver l’homme !

Admirable échange : la vie de l’homme pour la Vie d’un Dieu, la Vie de Dieu pour la vie de tous les hommes… Nous voyons s’accomplir le symbole prédictif de l’échange entre Jésus et Barrabas, le vrai Fils contre les faux fils : Bar Abbas, le fils du Père…

Il nous faut regarder vers Celui que nous avons transpercé

Voilà ce que le bon larron connaît, accepte en regardant l’Innocent crucifié. « Pour Lui qui est innocent, ce n’est pas une justice… » dira-t-il à son compagnon. Et grâce à cette seconde où il arrête de se regarder, pour, sans orgueil et en confiance, regarder vers Celui qu’ils ont transpercé, il peut faire cette demande d’enfant : puisque Tu es Seigneur, « lorsque tu reviendras, souviens-toi de moi dans ton Royaume ». Et Dieu par la bouche de Jésus lui répond ! Point de silence cette fois-ci comme ce fut le cas pour le cri de Jésus… En fait si Dieu peut maintenant répondre au larron, c’est que Jésus accepta le silence de Son Père ! C’est à Lui que revient donc de faire, au nom du Père, la promesse pour l’accomplissement de laquelle Il est venu vivre et mourir : « Aujourd’hui avec moi, tu seras dans le Paradis. »

« Il m’a aimé et Il s’est livré pour moi ! »

Voilà ce que nous devons apprendre aujourd’hui.

Cessons donc de nous regarder ! Nous savons suffisamment que nous ne sommes pas des saints, cela suffit. Ne faisons pas l’erreur de nous fixer sur notre misère et nos péchés, sur nos cœurs endurcis et nos âmes un peu ténébreuses, nos lâchetés et nos trahisons. Rien de tel pour dévisser dans l’acédie spirituelle !

Sachons faire comme le bon larron. Parce que nous nous savons pécheurs, quittons-nous nous-mêmes immédiatement ! Profitons de la grâce de cette Liturgie avec son Adoration de la Croix qui prépare à recevoir l’Eucharistie pour justement regarder cette Croix et se dire : « Il m’a aimé et Il s’est livré pour moi ! »

Comment alors, investi de cette foi, ne pas avoir la confiance du Bon Larron traditionnellement appelé Saint Dismas ? ! Et comment ne pas répéter sans se lasser, dans notre cœur : « Seigneur souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume » ?

Mais surtout, comment pourrions-nous ne pas être rassurés d’entendre dans le fond de ce même cœur contrit durant cette Liturgie : « Aujourd’hui, par ta contrition, par ton adoration de ma Croix, par notre communion à nous deux réalisée à travers l’Eucharistie, tu es déjà avec moi dans le Paradis » ?

Mgr Jean-Marie Le Gall

Aumônier catholique

Hôpital d’Instruction des Armées de Percy, Clamart.

Retrouvez la lectio divina quotidienne (#twittomelie, #TrekCiel) sur tweet : @mgrjmlegall

 

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La vénération du bois de la Croix à Jérusalem en 384 – Comment nos ancêtres fêtaient-ils Pâques ?

La vénération du bois de la Croix à Jérusalem, l’après-midi du Vendredi saint, nous est connue par la description qu’en donne la pèlerine Égérie dans son Journal de voyage, ch. 36-37 (Sources chrétiennes 296).

 Égérie, une très pieuse personne originaire de Galice, semble-t-il, avide de voir lieux saints et saints moines, entreprit un long voyage en Orient (381-384) qu’elle décrit dans une lettre adressée à des correspondantes qu’elle appelle ses sœurs, en qui on voit les membres d’une communauté dont elle fait partie. Communauté monastique ou cercle de dames pieuses comme il en existait à l’époque ? Sa manière de vivre et de voyager ne donne pas l’impression qu’elle mène la vie ascétique. La durée de son pèlerinage, sa liberté pour décider de ses déplacements durant trois ans, le brillant appareil qui lui vaut d’être reçue tant par les évêques que par les moines les plus austères dont elle admire le mode de vie ascétique, sans toutefois le partager, laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’une de ses pieuses laïques d’assez haut rang qui viennent en pèlerinage aux lieux saints d’Orient.

Son séjour de trois ans à Jérusalem est entrecoupé de voyages en Égypte, au Sinaï, en Mésopotamie, à Antioche, Constantinople ; elle parcourt la Palestine. Elle est infatigable, avide de voir et de savoir. Son Itinerarium, bien que parvenu incomplet, fournit une mine de renseignements. C’est le cas pour la liturgie de la Semaine sainte à Jérusalem où on la retrouve aux environs du samedi 9 mars 384, deux semaines avant Pâques.

Elle se déroule dans les Lieux saints par excellence, ceux de la Passion et de la résurrection du Christ, où s’élève, à l’époque d’Égérie, l’Anastasis, rotonde à l’intérieur de laquelle se dresse le bloc rocheux du tombeau, enchâssé dans un édicule qui le protégeait ; elle s’ouvrait à l’est sur un très beau et vaste atrium entouré de portiques. Dans l’angle sud-est se dressait le monticule du Golgotha, qu’Égérie appelle « la Croix », d’où son expression « devant la Croix » pour désigner l’atrium ; une croix y était dressée ; un ciborium doré protégeait le lieu des intempéries. Au sud ou à l’est du Golgotha, une petite chapelle dite « derrière la Croix » était utilisée pour l’adoration de la vraie Croix et d’autres reliques dont le titulus. Le Martyrium est l’église majeure édifiée sur ordre de Constantin, grande basilique à cinq nefs dont l’abside dominait l’atrium de l’Anastasis, précédée à l’est d’un vaste atrium dont les portes ouvraient sur la rue principale de Jérusalem. C’est dans ce cadre vaste et somptueux que se déroulaient les cérémonies liturgiques, en particulier celles de la semaine sainte : la « Grande semaine ».

« Le dimanche, où l’on entre dans la semaine pascale, qu’on appelle ici la grande semaine, lorsqu’on a célébré depuis le chant des coqs, ce qu’il est d’usage de faire à l’Anastasis ou à la Croix jusqu’au matin, le dimanche matin donc, on se réunit, selon l’usage habituel, dans l’église majeure qu’on appelle Martyrium. On l’appelle Martyrium parce qu’elle se trouve au Golgotha, derrière la Croix, là où le Seigneur a souffert : d’où ce nom de Martyrium ». Ce dimanche ne s’appelle pas encore le « jour des palmes » ; néanmoins la commémoration de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem a lieu dans la soirée à partir du Mont des Oliviers, à travers la ville jusqu’à l’Anastasis. Les jours suivants des cérémonies quasi continuelles se déroulent dans les différents lieux, de nuit comme de jour, comportant antiennes, psaumes et lectures. Égérie insiste sur l’affluence ; autour de l’évêque et du clergé se pressent le peuple et les catéchumènes. Elle insiste aussi sur l’émotion, les cris, larmes et gémissements à la lecture des textes de la Passion.

Le vendredi c’est en suivant l’itinéraire de Gethsémani au Golgotha que se déroule la liturgie qui commence avant le jour. Après les lectures appropriées, l’évêque encourage les fidèles et les envoie se reposer un moment parce qu’ils ont peiné toute la nuit : « Reposez-vous un peu, et vers la deuxième heure du jour, soyez tous ici présents pour que, de cette heure jusqu’à la sixième, vous puissiez voir le saint bois de la croix qui, chacun de nous le croit, sera utile à notre salut. ».

Après ce temps de repos « les voici tous présents. On place alors un siège pour l’évêque au Golgotha, derrière la croix […] on dispose devant lui une table couverte d’une nappe. Autour de la table, les diacres se tiennent debout. On apporte le coffret d’argent doré qui contient le saint bois de la croix, on l’ouvre, on l’expose, on place sur la table et le bois de la croix et l’écriteau. Quand on les a placés sur la table, l’évêque, assis, appuie ses mains sur les extrémités du bois sacré, et les diacres, debout autour, surveillent. Voici pourquoi cette surveillance. Il est d’usage que tout le peuple, tant fidèles que catéchumènes, s’approche un à un, se penche sur la table, baise le bois sacré et passe. Or on raconte que quelqu’un, je ne sais quand, y a mordu et a volé un fragment du bois sacré. C’est pourquoi maintenant les diacres debout à l’entour, surveillent ainsi, pour qu’aucun de ceux qui approche n’ose refaire de même. Tout le peuple défile donc un par un. Chacun s’incline, touche du front, puis des yeux, la croix et l’écriteau, baise la croix et passe, mais personne n’étend la main pour toucher. […] Tout le peuple défile, entrant par une porte, sortant par une autre […] Quand vient la sixième heure, on va devant la Croix, qu’il pleuve ou qu’il fasse très chaud ; cet endroit est en plein air : c’est une sorte d’atrium très grand et très beau, entre la Croix et l’Anastasis. »

La liturgie continue par des lectures et des psaumes : « Tous les passages où ils ont parlé de la passion du Seigneur », tous les passages des Évangiles « où il subit sa passion » et « dans les Prophètes les passages où ils ont dit que le Seigneur souffrirait la passion ». Et Égérie commente : « Ainsi, pendant ces trois heures, tout le peuple apprend que rien ne s’est passé qui n’ait été prédit et que rien n’a été dit qui ne se soit parfaitement réalisé. On intercale continuellement des prières. » « Il n’est personne, du plus âgé au plus jeune, qui, ce jour-là, ne se lamente à un point incroyable de ce que le Seigneur ait souffert cela pour nous.  A la neuvième heure, on lit ce passage de l’évangile de Jean où il rendit l’esprit. Après cette lecture on fait une prière et le renvoi ». Mais, de la Croix, tous se rendent au Martyrium puis plus tard à l’Anastasis où on continue la vigile ; ceux qui le peuvent passent toute la nuit.

 

La vénération du bois de la Croix s’inscrit donc dans les cérémonies qui se déroulent le vendredi saint à Jérusalem. C’est une dévotion émouvante qui s’inscrit dans le cadre de la liturgie proprement dite mais qui, ne comporte pas les lectures, prières, hymnes et psaumes de l’ensemble de l’office. Elle permet un contact concret, mais bref, encadré et en silence, que l’évêque déclare « utile à notre salut » mais elle ne semble pas susciter cette adhésion de tout l’être que permet la liturgie par laquelle le peuple chrétien revit, dans la ferveur et une vive émotion, la passion de son Seigneur sur les lieux même où elle s’est déroulée.

 

 Françoise Thelamon, professeur d’histoire du christianisme, université de Rouen

Dans le Monde

Rappel – Vendredi Saint – Collecte pour la Terre Sainte

Comme chaque année, les catholiques du monde entier sont invités en ce vendredi Saint 14 avril 2017 à participer à la Collecte de Terre Sainte. Le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a lancé un appel à « notre humanité commune, à la foi chrétienne » pour donner lors de cette quête. Les bénéfices sont répartis entre la Custodie de Terre Sainte confiée aux Franciscains, qui en reçoit 65 %, et la Congrégation pour les Églises orientales, à hauteur de 35 %. L’argent est destiné à l’entretien des sanctuaires, des lieux de pèlerinage et de célébrations, ainsi qu’aux « pierres vivantes qui représentent la communauté chrétienne, leurs besoins, leur évangélisation, leur éducation, leur justice et leur promotion sociale », a précisé le cardinal Sandri.

Dans cette région mouvementée qu’est la Terre Sainte, l’objectif de cette collecte instaurée par le pape Paul VI en 1974 est aussi de « contribuer à la paix dans la région de Jésus ». Aujourd’hui, elle permet ainsi de soutenir des projets en Israël, en Palestine, en Jordanie, au Liban, à Chypre, mais aussi en Syrie, où 33 projets vont être lancés grâce à la Collecte de cette année.

 

 Source Radio Vatican

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Chemin de croix sur les remparts de Bayonne

Vendredi 14 avril, Mgr Marc Aillet présidera, à Bayonne, le Chemin de Croix du Vendredi Saint aux remparts de la ville. Départ à 12h30 au jardin botanique (près des Galeries Lafayettes).

En France #NLQ

Vendredi Saint : Collecte pour la Terre Sainte et chemin de croix avec les chrétiens d’Orient

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Comme chaque année, les chrétiens du monde entier sont appelés à se tourner vers la Terre Sainte le Vendredi Saint pour participer à la collecte recommandée par la Congrégation pour les Églises orientales en faveur de la Custodie de Terre Sainte et de l’Eglise locale. Cette offrande est faite pour préserver non seulement les Lieux Saints, mais également pour assurer les besoins pastoraux, sanitaires, éducatifs et sociaux de l’Église en Terre Sainte, au bénéfice des frères chrétiens et des populations locales.

Partager le chemin de croix des Chrétiens d’Orient
« Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co12, 26). « Faire son chemin de croix » signifie marcher à son tour derrière Jésus qui porte sa croix et prendre conscience du don qu’il fait de sa vie par amour pour nous, pour moi. Cette marche symbolique a lieu tous les vendredis de carême et plus particulièrement le Vendredi saint. Elle nous invite aussi à regarder ceux qui souffrent. 
Ainsi, l’œuvre d’Orient vous propose de prier le Vendredi Saint en communion avec les communautés chrétiennes qui souffrent.
⇒ ici un chemin de croix des chrétiens en  Syrie

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Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Vénération de la Couronne d’épines à Notre-Dame de Paris

À Notre-Dame de Paris sont conservées les insignes reliques de la Passion du Christ : la Sainte Couronne d’épines, un morceau de la Croix, un Clou de la Passion. Elles sont présentées à la vénération des fidèles chaque premier vendredi du mois, chaque vendredi de carême.

Vendredi Saint, elles le seront de 10h à 17h.

Par la vénération de ces reliques, les croyant s’unissent à la contemplation du Mystère pascal qui est à la source de la foi en tant qu’expression de l’amour rédempteur du Christ qui a livré sa vie pour le Salut du monde.

La plage horaire de la vénération est suffisamment longue pour que chacun puisse y participer avant ou après les dévotions organisées dans chacune des paroisses parisiennes et francilienne.

Les reliques de la Passion 

Leur longue histoire trouve ses racines en Terre Sainte, à Jérusalem. Saint Jean rapporte que les soldats romains, dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, se moquèrent du Christ et de sa Royauté en le revêtant d’un manteau de pourpre et le coiffant d’une couronne garnie d’épines avant de le crucifier (évangile selon saint Jean, chap. 19). La vénération des instruments de la Passion du Christ est mentionnée dès le IVe siècle dans les récits des pèlerins s’étant rendus à Jérusalem, particulièrement la Vraie Croix découverte par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, peu après le concile réuni à Nicée en 325. Entre les VIIe et Xe siècles, ces reliques seront progressivement transférées à Constantinople dans la chapelle des empereurs byzantins pour les mettre à l’abri de pillages semblables à ceux subis par le Saint-Sépulcre lors des invasions perses. En 1238, Baudouin II de Courtenay, l’empereur latin de Byzance en grande difficulté financière, propose au roi de France Louis IX, futur saint Louis, de lui engager la Couronne d’épines, offre que ce dernier accepte. Mais les régents de l’Empire ont déjà mis les reliques en gage auprès de banquiers vénitiens que saint Louis dédommagera. Le 10 août 1239, il accueille vingt-deux reliques à Villeneuve-l’Archevêque. Le 19 août 1239, la procession arrive à Paris, le roi délaisse ses atours royaux, endosse une simple tunique et, pieds nus, aidé de son frère, porte la Sainte Couronne jusqu’à Notre-Dame de Paris. Il fait alors édifier un reliquaire à la mesure de ces reliques : la Sainte-Chapelle. Durant la Révolution française, les reliques seront déposées à l’abbaye de Saint-Denis puis, dépourvues de leurs reliquaires, à la Bibliothèque nationale. Suite au Concordat de 1801, la Sainte Couronne est remise en 1804, avec quelques autres reliques, à l’archevêque de Paris qui les affecte au trésor de la Cathédrale le 10 août 1806. Elles s’y trouvent conservées depuis lors, confiées aux chanoines du Chapitre chargés de leurs vénérations et placées sous la garde statutaire des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

La Sainte Couronne est, sans doute, la plus précieuse et la plus vénérée des reliques conservées à Notre-Dame de Paris : elle est porteuse de plus de seize siècles de prière fervente de la Chrétienté. Elle est constituée d’un cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d’or, d’un diamètre de 21 centimètres, sur lequel se trouvaient les épines. Ces dernières ont été dispersées au cours des siècles par les dons effectués par les empereurs de Byzance et les rois de France. On en compte soixante-dix, de même nature, qui s’en affirment originaires. Depuis 1896, elle est conservée dans un tube de cristal et d’or, couvert d’une monture ajourée figurant une branche de zizyphus ou Spina Christi – arbuste qui a servi au couronnement d’épines. Ce reliquaire, offert par les fidèles du diocèse de Paris, est l’œuvre de l’orfèvre M. Poussielgue-Rusand (1861-1933) d’après les dessins de l’architecte J.-G. Astruc (1862-1950).

Le fragment du Bois de la Croix provient lui aussi de celui conservé au trésor de la Sainte-Chapelle. Il fut prélevé lors de la destruction du reliquaire à la Révolution et sauvé par un membre de la Commission temporaire des Arts qui le remettra à Notre-Dame en 1805. Conservé dans un écrin de cristal, ce fragment est d’une longueur de 24 cm et présente à son extrémité une mortaise destinée à son encastrement, éléments correspondant exactement à l’une des traverses de la croix vénérée par saint Louis dont les plans ont été conservés.

Le Clou trouve ses origines dans le trésor du Saint-Sépulcre. Le Patriarche de Jérusalem le remit, avec d’autres reliques de la Passion, à l’empereur Charlemagne en 799. C’est à Aix-la-Chapelle que le roi Charles II l’enleva pour l’offrir à l’abbaye de Saint-Denis où les fidèles purent le vénérer. À la Révolution française, il fut lui aussi sauvé par un membre de la Commission temporaire des Arts qui le conserva et le remit en 1824 à l’archevêque de Paris. D’une longueur de 9 cm, il est conservé dans un reliquaire en forme de clou, simple tube de cristal orné d’une tête et d’une pointe en argent doré.

Ces reliques sont conservées aujourd’hui dans la chapelle d’axe, chapelle capitulaire de l’Ordre du Saint-Sépulcre, déposées dans un reliquaire de verre évoquant le manteau de pourrapre dont le Christ fut revêtu au cours de sa Passion.

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Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Chemin de croix des jeunes dans les rues de Rouen

Chemin de Croix des jeunes dans les rues de Rouen à 21 heures

L’aumônerie des étudiants et l’aumônerie des lycéens de Rouen organisent un chemin de Croix aux flambeaux médité et chanté dans les rues de Rouen entre la cathédrale Notre-Dame et l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. Les méditations sont prises en charge par les étudiants des diverses facultés de Rouen.

Ce chemin de Croix, ouvert à tous, rassemble chaque année plus de 150 personnes. Il est possible de s’y joindre spontanément.

Il est présidé cette année par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.

Départ place de la cathédrale Notre-Dame à 21 heures, puis rue Saint-Romain jusqu’à l’église Saint-Maclou et ensuite rue de la République, rue des Bonnetiers, rue du Gros Horloge, rue de la Vicomté, place de la Pucelle, rue Panneret et place du Vieux Marché.

A chaque station – il y en a 14 – une méditation. Dernière station : église Sainte-Jeanne d’Arc, place du Vieux Marché. 

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Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Chemin de Croix dans le centre ville de Bordeaux

Vendredi Saint 14 avril

Chemin de Croix dans le centre-ville de Bordeaux

12h : départ Place de la Bourse
Arrêts Cours du Chapeau rouge, Place St Projet, Tour Pey-berland
14h : Cathédrale St André

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

3 Chemins de Croix dans les rues de Lyon

Vendredi Saint, 14 avril, 3 chemins de Croix dans les rues de Lyon sont proposés : 

Chemin de Croix pour les CM2  à 9h : 

Départ de la cathédrale Saint-Jean et de l’église Saint-Georges. Les 2 groupes se retrouveront à l’entrée du théâtre romain. Fin vers 11h30.

Chemin de Croix pour les lycéens à 12h : 

Départ  à l’entrée du théâtre romain, fin à 14h à Fourvière

Chemin de Croix ouvert à tous à 18h30 : 

Départ de Saint-Louis de la Guillotière jusqu’à la primatiale Saint-Jean ; méditations du cardinal Philippe Barbarin. Fin à 21h.

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Vénération exceptionnelle des reliques de la Sainte Epine et de la Sainte Croix à Sées

A la cathédrale de Sées, ostension exceptionnelle de la relique, en présence de Mgr Habert et de chevaliers de l’Ordre de Malte et de l’ordre du Saint-Sépulcre, Vendredi Saint, 14 avril à 11h30.

La vénération des reliques sera suivie d’un temps de prière pour les chrétiens persécutés.

La Sainte Epine fut donnée par saint Louis en 1259, et la Sainte Croix par bienheureuse Marguerite de Lorraine en 1520.

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