Tribunes – Rennes, fin d’une guerre liturgique ?

L’homme Nouveau publie une tribune apaisée de la difficile crise qui a secoué récemment le diocèse de Rennes

Que s’est-il passé réellement dans le diocèse de Rennes en plein cœur de l’été ? Pendant plusieurs semaines, des catholiques ont demandé à leur évêque, Mgr d’Ornellas, de tenir compte de leurs aspirations liturgiques – en l’occurrence la célébration de la forme extraordinaire, remise à l’honneur par le motu proprioSummorum Pontificum de Benoît XVI. À l’heure où la paix liturgique est revenue, nous avons demandé au président de l’association « Saint-Benoît de Nurcie », Hubert des Minières, de tirer un bilan de cet été chaud 2016.

Que s’est-il passé à Rennes ?

Hubert des Minières : L’évêque auxiliaire, Mgr Nicolas Souchu, a tout simplement notifié le vendredi 10 juin à notre desservant, le chanoine Gwenaël Cristofoli, de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP) qu’il était congédié, que la convention avec l’ICRSP n’était pas renouvelée et que notre chapelle, la chapelle Saint-François, allait être vendue. En prêtre obéissant, le chanoine Cristofoli a réuni un petit comité pour réfléchir sur la manière d’annoncer la nouvelle à la communauté.

Quelle est l’histoire de cette communauté ?

En fait, elle est très ancienne. Le premier noyau date des années 1975 lorsqu’un prêtre des Missions Africaines de Lyon, le père Gaillard, ordonné à Rennes en 1942, monte une première chapelle Saint-Pie X. En 1980, Mgr François Saint Macary autorise la messe dans la forme extraordinaire à la chapelle Saint-François. Dans un premier temps, la desserte de la chapelle est confiée à des prêtres du diocèse puis, dans un second temps, en 2002, à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Deux prêtres de cet institut se sont succédé : le chanoine Jean-Paul Trézières, de 2002 à 2008, puis le chanoine Cristofoli. On a vu cette communauté grandir très rapidement puisque de nos jours elle compte plus de 700 fidèles. De plus, avec le temps, elle s’est imposée comme une chapelle relais entre les Parisiens qui venaient en Bretagne et inversement.

Comment ont réagi les fidèles à l’annonce que vous avez mentionnée au début de notre entretien ?

Nous sommes en Bretagne et les gens ici sont très pragmatiques. Il y a parmi nous, il faut le dire, beaucoup de Vendéens, de Mainiots et de Normands marqués en profondeur par l’histoire de la Vendée et de la chouannerie. Ensemble, nous avons décidé d’entrer en résistance d’autant que nous ne comprenions pas les motivations de notre évêque, Mgr d’Ornellas et que nous n’avions pas été consultés. Toute notre action s’est appuyée sur la philosophie de saint Thomas d’Aquin qui a parfaitement défini le droit et le devoir de s’insurger dans de telles situations.

Comment vous êtes-vous organisés ?

Nous nous sommes organisés par rapport aux objectifs c’est-à-dire ceux qui étaient immédiats et ceux à moyen et long termes, partant du principe que notre combat pouvait durer dans le temps. ?Les décisions prises par l’évêque devaient être annoncées le dimanche suivant. Il y avait donc urgence pour empêcher cette décision ou au moins la retarder. Il nous fallait au plus vite rencontrer l’évêque ce qui n’était pas possible, selon son secrétariat, avant juillet c’est-à-dire trop tard. Donc nous avons précipité les évènements en accompagnant notre chapelain qui avait rendez-vous le samedi soir, le 18 juin, avec Mgr d’Ornellas. Ce n’est pas facile comme catholique de mener ce genre d’action, mais il y avait une urgence vitale pour notre communauté. La confrontation a été particulièrement délicate bien que très respectueuse. Hélas, rien n’en est sorti. Dans la nuit, on a fait une campagne d’affichage à travers toute la ville et à la sortie des messes on a distribué des tracts afin d’informer la population de ce qui nous arrivait.

Grâce à cette opération, nous avons eu une réunion d’urgence avec l’évêque et ses responsables. L’échange a été particulièrement difficile mais je préfère ne pas m’étendre sur ce sujet. Comme rien n’en est sorti à nouveau, Mgr d’Ornellas nous ayant dit personnellement qu’il ne savait pas le sort qu’il nous réservait, on a décidé de passer à une deuxième étape.

Dans ce cadre, quatre types d’action ont été organisés.

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