10 ans après sa mort, la mémoire de l’Abbé Pierre reste vivante

On se souvient de sa silhouette : cape noire, béret basque, longue barbe blanche. Dix ans après sa mort, la haute figure de l’Abbé Pierre est encore bien présente dans les mémoires.

On a peut-être un peu oublié son charisme, ses messages d’amour et de solidarité, son action service des pauvres, des marginalisés, des cabossés de la vie. Témoin et prophète, l’Abbé Pierre a dérangé, crié et fustigé pour rappeler au monde que la lutte contre la misère est un combat de longue haleine.

L’Abbé Pierre a fait tant de choses qu’il semble avoir vécu dix vies, ou qu’il y ait dix hommes en lui”, rappelait un jour un compagnon d’Emmaüs. Né en 1912, Henri Grouès de son vrai nom, aura traversé la quasi-totalité du XXe siècle si chargé de violences et de misères. D’abord moine capucin, il fut ensuite prêtre, résistant, député au parlement français, fondateur d’Emmaüs, globe-trotter infatigable, auteur de nombreux livres.

Il a organisé le passage de juifs vers la Suisse pendant la 2e Guerre mondiale, créé des maquis, débattu avec Albert Einstein, défendu l’objection de conscience, obtenu que soient construits 12.000 logements d’urgence pour les victimes de la faim et du froid, défendu bien avant les autres l’écologie, le commerce équitable et le développement durable… L’Abbé Pierre a rencontré les grands et les puissants et leur a parlé des petits, des marginalisés et des exclus. Loin devant les stars du show-business et les hommes politiques, il a figuré pendant presque vingt ans en tête de liste dans le cœur des Français.

Jusqu’à plus de 90 ans, l’Abbé Pierre a continué de voyager dans le monde entier pour y défendre la cause des plus démunis. Il est mort le 22 janvier 2007, à l’hôpital du Val de Grâce, à Paris. Il est inhumé dans le cimetière du village d’Esteville, près de Rouen, aux côtés de nombreux compagnons d’Emmaüs.

C’est là que se trouve aujourd’hui Mgr Lebrun, qui évoquait la figure de l’abbé Pierre il y a quelques jours, dans une interview accordée à Famille chrétienne :

“Cette année, le jour de la Marche pour la vie, je célébrerai les 10 ans de la mort de l’abbé Pierre à Esteville où il s’était retiré. L’abbé Pierre est emblématique du cri lancé pour les plus démunis. Or, y a-t-il plus démuni que l’embryon menacé, l’enfant à naître dont on peut décider qu’il ne naîtra pas ? « Tout est lié » dit le Pape François : « Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés » (Laudato si’ n° 120). »

Et de rappeler que l’abbé Pierre a été “un vagabond de l’amour”, “un géant de la charité”.

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