A la différence de la génération 68, les jeunes n’ont plus peur de regarder la mort et d’en parler

La mort, l’Ankou, la faucheuse. Un sujet toujours tabou, alors même qu’elle fait partie de notre vie, comme de facto nos obsèques. Quel regard porte sur elle la génération des 18-35 ans ? C’est à ce sondage que s’est attelé le site lassurance-obseques.fr, avec à la clé des résultats surprenants.

1027 jeunes de 18 à 35 ans ont été interrogés, du 1er au 15 décembre 2017, sur Internet, à propos de la mort et des obsèques.

A la question : pensez-vous que l’on parle plus de la mort qu’autrefois ? 63 % des 18- 35 ans interrogés répondent favorablement et 95 % d’entre eux considèrent que c’est une bonne chose. A titre plus personnel, les jeunes interrogés confient, à 77 % chez les hommes et 87 % chez les femmes, penser parfois, assez souvent ou très souvent à la mort.

« Les jeunes Français n’hésitent plus à envisager leur propre mort ; très clairement, ils y pensent. Il est cependant intéressant de noter que si les femmes et les hommes répondent de manière assez homogène quant à la fréquence à laquelle ils pensent à la mort, la question de la peur de la mort marque une nette inégalité entre les sexes. 65 % des femmes reconnaissent en effet avoir peur de la mort, contre 35 % des hommes… Reste à savoir si les femmes sont réellement plus nombreuses à avoir peur de la peur, ou si elles sont plus nombreuses à bien vouloir l’admettre ! » explique Pierre Catherinet, dirigeant du site émetteur du sondage.

Alors que plus de 7 Français sur 10 meurent aujourd’hui à l’hôpital, 81 % des jeunes Français interrogés déclarent vouloir passer leurs derniers instants à leur domicile – ce qui en dit toutefois long sur « l’esprit d’aventure » qui parcourt la jeunesse de France (pour les Vikings, mourir autrement que durant un combat lui privait l’accès au Walhalla). Ils sont toutefois 10 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-35 ans à répondre « ailleurs » à la question.

Enfin, la génération 18-35 ans semble majoritairement envisager la crémation (45 %) plutôt que l’inhumation (22 %), les 33 % restant n’ayant pas d’avis sur la question. On notera qu’en Bretagne administrative, ce choix est plus équilibré, avec 40 % pour l’inhumation et 39 % pour la crémation, signe que la tradition catholique n’est pas encore enterrée dans la région. Ils sont par ailleurs 44 % en Bretagne à déclarer souhaiter une cérémonie religieuse.

Kilian, l’un de nos lecteurs qui avait consulté le sondage, n’est toutefois pas très convaincu : «  Je trouve ça fou de penser à sa mort quand on a même pas 40 ans. C’est exactement comme les lycéens ou étudiants qu’on veut faire manifester pour les retraites qu’ils n’auront jamais. Où est passé le sens de l’inconnu, de l’aventure et du sacré ? ».

Ce sera le mot de la fin.

Source Breizh-info

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