Académie catholique de France – « Dignité et vocation chrétienne du politique »

L’Académie catholique de France publie les actes d’un colloque de 2016 brûlant d’actualité sur « Dignité et vocation chrétienne du politique » (Parole & Silence 2017), présenté par Mgr Pascal Wintzer et par le P. Philippe Capelle-Dumont qui présente la démarche de ces travaux

Extraits

L’intention qui a présidé à ces travaux, relevait d’un sentiment d’urgence, elle reposait sur un constat et un défi. D’abord, le constat du délitement de la vie politique à ses différents échelons. Il est certes possible d’observer, parfois même d’admirer des pratiques de générosité au plan municipal et de grande compétence au niveau international. Il faut toutefois admettre que des phénomènes plus ou moins sournois de compromissions financières et d’arrangements partisans ont provoqué ces derniers temps et avec une intensité croissante une crise de confiance majeure, voire un certain dégoût à l’égard de ses responsables, au risque d’une abusive généralisation.

Les thèmes qui, dans ce contexte, ont structuré notre réflexion formaient autant de défis à relever. Défis non seulement dans l’affinement du diagnostic mais aussi dans la formation réaliste de réponses à apporter à la lumière de la grande tradition chrétienne et des critères qu’inspire le message évangélique. Concrètement : comment refonder le politique entre nations et universalismes, entre les diversités culturelles et la quête d’une anthropologie commune ? Où sont et quelles sont les préoccupations éthiques des médias sur lesquels repose aujourd’hui principalement la demande de visibilité politique ? Comment, pour prolonger la célèbre distinction de Max Weber, honorer l’éthique de responsabilité sans rien retrancher de l’éthique de conviction ? Et plus radicalement : comment les règles et les objets du domaine politique peuvent-ils, dans la distinction des genres que Jésus lui-même a établie, rayonner de la fraternité authentique inspirée par le Père Créateur ?

Le traitement de ces questions, qui ne sont ni mineures ni régionales, requiert de tous et quel qu’en soit le pays ou le continent, un minimum de courage politique autant que religieux. Jésus n’hésitait pas à fustiger « ce renard d’Hérode ».  Le Pape Pie XI a su condamner le nazisme dès 1937. Jean-Paul II a soutenu les forces de libération polonaises brimées par l’oppresseur soviétique. Aujourd’hui, devant le cynisme international dont les chrétiens d’Orient sont les premières victimes, devant les décisions économiques irresponsables ou écologiques insuffisantes dont les générations prochaines paieront les factures, enfin devant le lâche abandon collectif des repères anthropologiques fondamentaux occasionné  par le développement exponentiel de la techno-biologie, « le » politique doit reconquérir sa dignité malgré « la » politique et trouver des consciences qui sachent décliner un « ça suffit ! » salutaire.

 

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