AED : 70 ans d’une même spiritualité

Fondée en 1947 par le Père Werenfried pour aider les chrétiens d’Allemagne de l’est, l’AED s’est déployée aux périphéries à l’appel des papes successifs, œuvrant désormais dans 150 pays à travers 6000 projets. En 70 ans, sa spiritualité est restée identique : inviter à la « révolution de l’Amour. »

L’année 2017 est marquée par plusieurs jubilés, certes significatifs, mais complètement à l’opposé les uns des autres : 300 ans depuis la fondation de la Franc-maçonnerie en 1717,  100 ans depuis les apparitions de la Vierge Marie à Fatima en 1917 et la révolution bolchevique en Russie. La fondation de l’AED en 1947 se situe également dans le contexte de ces événements historiques mondiaux. À partir d’une initiative ponctuelle, destinée à alléger les détresses des personnes déplacées, juste après la guerre, s’est développé, en 70 ans, un mouvement spirituel mondial, invitant à une « Révolution de l’Amour ».

Cette « Révolution » ne repose pas sur les mythes fallacieux d’un communisme athée ou d’un relativisme humaniste, mais sur l’événement de la Croix de Jésus-Christ et de Son cœur transpercé. Sans cette réalité, tout devient « post-vérité » –  le mot de l´année 2016 selon Oxford Dictionnaire –  seuls comptent les opinions et les sentiments humains. Mais l’amour est toujours concret. À travers les 70 ans d’histoire de l’AED, on peut citer des milliers de faits qui ont été vraiment source d’Espérance. Toutefois, cela ne s’explique que grâce à une réalité : Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui (cf. Jn 3, 16-17). Les espoirs qui résultent non pas de cette source, mais du messianisme d’un système, se terminent finalement dans l’absurdité et le nihilisme.

La majeure partie du monde occidental a vécu sans guerre depuis 70 ans. Toutefois, nous ne pouvons pas dire que la paix règne pour autant. Le Pape François a parlé plusieurs fois de la troisième guerre mondiale, qui est déjà « ici et là » en marche. Pouvons-nous encore empêcher que le feu de la guerre ne se propage à toute la surface de la terre ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons – comme l’a promis la Reine du Rosaire de Fatima – qu’« à la fin, son cœur Immaculé triomphera ». En cette année du Jubilé de Fatima, pouvons-nous donc espérer nous approcher de ce triomphe de l’Amour ? Certainement ! Sauf si nous nous décourageons et restons les bras croisés. Confortés par cette espérance, l’année 2017 doit être pour nous une étape cruciale. En tant qu’Œuvre pontificale, nous voudrions nous engager de manière encore plus généreuse pour l’Église. Nous voulons soutenir le triomphe de ce Cœur partout dans le monde. Il s’agit d’un engagement d’amour, plus qu’un devoir de charité, qui implique également de faire des sacrifices et donc de s’enraciner dans le Sacrifice eucharistique. Le Bienheureux martyr roumain Vladimir Ghika décrit avec justesse le lien entre la liturgie eucharistique et la « liturgie de la charité » : « Le pauvre voit le Christ venir à lui sous la forme de celui qui l’aide – et le bienfaiteur reconnaît le Christ souffrant dans le pauvre vers lequel il se penche. Il s’agit là d’une liturgie unique, parce que quand un acte bon est accompli comme il devrait l’être, le Christ se trouve des deux côtés. Le Christ Sauveur vient vers le Christ souffrant, et tous deux s’unissent dans le Christ ressuscité, glorifié et bénissant. La liturgie eucharistique, déjà célébrée sur l’autel, se prolonge ainsi dans le service des pauvres ». Voici le programme de l’AED pour les 70 prochaines années.

Père Martin Maria Barta, assistant ecclésiastique de l’AED International

Source

Comments are closed.