Une analyse de gaudete et exsultate

 

 

Evidemment, comme nous le craignions, cela n’est pas sans poser des questions à d’autres. Alors fidèles à notre habitude de poser les termes du débats :

Sandro Magister relève des “invectives” présentes dans ce document qui visent des catégories de gens qui n’épouseraient pas la vision du pape :

“Dans « Gaudete et exsultate », François brosse un portrait particulièrement négatif de ses détracteurs.

Ce sont ceux qui ont « un visage d’enterrement », qui sont « obsédés par la loi, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Eglise ».

Ce sont ceux qui plient la religion « au service des propres élucubrations psychologiques et mentales ».

Ce sont ceux qui conçoivent la doctrine comme « système clos, privé de dynamiques capables d’engendrer des questions, des doutes, des interrogations ».

Ce sont ceux qui s’enferment dans une « médiocrité tranquille et anesthésiante » faite d’ « individualisme, spiritualisme, repli dans de petits cercles, dépendance, routine, répétition de schémas préfixés, dogmatisme, nostalgie, pessimisme, refuge dans les normes. »

Ce sont ceux qui aiment « avoir le regard figé dans une prétendue extase » et une « sainteté de façade, toute belle, toute bien faite » mais qui en réalité est « feinte ».

Ce sont, en deux mots, les « gnostiques » et les « pélagiens » modernes, dans une version actuelle de ces deux hérésies antiques.

Dans toutes ces invectives de François contre ses détracteurs, est-il possible d’identifier quelques attaques « ad personam » ?

Si l’on s’en tient à ce qu’écrit le Père Spadaro, on dirait bien que oui.

Il y a un passage, au paragraphe 26 de « Gaudete et exsultate » qui semble vouloir en finir avec deux millénaires de monachisme contemplatif, masculin et féminin.

« Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action ».

Et voilà ce qu’écrit Spadaro dans l’exégèse qu’il fait de ce passage :

« C’est cela l’idéal ignacien, en fait, selon la célèbre formule d’un de ses premiers compagnons, le P. Jerónimo Nadal : être ‘simul in actione contemplativus’. Les alternatives telles que ‘Dieu ou le monde’ ou encore ‘Dieu ou rien’ sont fausses ».

Attention : « Dieu ou rien » et « La force du silence » sont exactement les titres des deux principaux livres du cardinal Robert Sarah, c’est-à-dire du principal défenseur d’une vision de l’Eglise catholique différente de celle promue par le Pape François.

 

Source Belgicatho

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