Attention aux boucs-émissaires – G. Leclerc

Il y a deux jours, je formulais mon sentiment sur une Église à l’heure des ténèbres. Des ténèbres qui appellent la percée de la lumière. Rien n’a démenti un tel sentiment depuis lors, qui se renforce avec la violence des échanges entre les fidèles. Comment s’en étonner, alors que nos confrères de La Vie ont titré leur numéro de cette semaine : « L’ombre d’un doute ». Oui, il y a doute dans les consciences et cela se manifeste de toutes les façons possibles. Et lorsque j’en appelais, lundi, à mes amis catholiques pour qu’ils ne se déchirent pas, je savais pertinemment que c’était un vœu pieu. Au risque d’être complètement paradoxal – mais j’assume – je plaiderais pour des déchirements en nostalgie de communion.

Il y a des moments où il est inévitable qu’une communauté chrétienne se déchire. Il suffit de se rappeler ce qui se passait à Corinthe du temps de saint Paul. Dans les ténèbres, on a envie de voir clair, et pour cela on emploie les procédés radicaux, les procédés polémiques. Le genre polémique n’est pas étranger aux Évangiles. Le Seigneur a souvent des formules cinglantes. Mais au bout du compte, c’est pour discerner la vérité, faire la lumière dans les cœurs. Si seulement ce pouvait être un des fruits de nos controverses. La violence déployée ne doit pas avoir pour but de démolir l’autre, d’abaisser le frère, mais de l’amener à reconnaître qu’il peut se tromper. C’est dire qu’il y a une nécessaire déontologie de l’honnêteté et de la rectitude dans le conflit.

Et cette déontologie vaut aussi d’autant plus lorsque c’est l’autorité dans l’Église qui se trouve en cause : le Pape, tel cardinal, tel évêque. On peut exposer ses dubia, ses doutes sur la conduite de tel ou tel. C’est dans la meilleure tradition de l’Église. Mais jamais au prix de la justice. C’est aussi le moment de se souvenir de la leçon fondamentale de René Girard quant à la violence perverse de la recherche des boucs-émissaires. Non, pas de bouc-émissaire dans la sainte Église de Dieu !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 5 septembre 2018

Source : France-catholique

Infocatho ne vit QUE DE VOS DONS !

Nous avons besoin chaque mois de trouver x personnes qui fassent un don de 50 €

Pourriez vous, en cette période de carême, être une de ces personnes ?

Votre don de 50 € sera exclusivement utilisé à la rédaction et à la diffusion d’articles positifs sur l’Eglise catholique.

Les clercs et les laïcs ont besoin de partager le bien qui se fait, car le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit.

Faire un don

Daniel Hamiche, porte-parole d'Infocatho

Website:

Comments are closed.