« Au Sacré-Coeur de Jésus, la France pénitente, fervente et reconnaissante » : Montmartre et le vœu national

Le Voeu national : «  Au Sacré-Coeur de Jésus, la France pénitente, fervente et reconnaissante  »

La construction de la Basilique de Montmartre est la réalisation d’un vœu prononcé par l’Assemblée Nationale française après la défaite militaire de 1870. A l’origine de ce vœu, deux jeunes pères de familles, Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury, proches de Frédéric Ozanam et des conférences de Saint Vincent de Paul. Dans ces temps troublés, ils projetèrent d’offrir au Sacré-Cœur de Jésus une église qui lui serait consacrée, en signe de renouvellement spirituel, d’espérance et de confiance.

Sous la grande mosaïque du chœur, court en latin la formule qui illustre la construction de la Basilique comme un don de toute la France au Cœur du Christ : «  Au Cœur Sacré de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante  ».

Le mot «  pénitente  », souvent mal interprété, n’a ici aucune connotation politique. Il s’agit d’une reconnaissance du péché des hommes comme source des malheurs et souffrances de l’humanité, et de l’expression du désir de retourner à Dieu. Le mot «  reconnaissante  » a été ajouté après la Première guerre mondiale.

 

Inaugurée en 1923, cette mosaïque monumentale est une des plus grandes du monde : 475 m², qui nous représente le Christ ressuscité, vêtu de blanc, les bras grands ouverts, laissant voir un cœur d’or.

Autour de lui, à des échelles différentes, tout un monde d’adorateurs est représenté, dont les Saints protecteurs de la France : en grand, la Vierge Marie et Saint Michel, Sainte Jeanne d’Arc, ainsi que la France personnifiée offrant sa couronne et le Pape Léon XIII offrant le monde.

De chaque côté, sur deux rangs sous des architectures dorées, l’hommage de l’Eglise (à gauche) et de la France (à droite) au Sacré-Cœur.

L’hommage de l’Eglise catholique :
Partant de la gauche, on aperçoit le Pape Clément XIII qui institue la fête du Sacré-Cœur, puis le Pape Pie IX qui l’étend à l’Eglise universelle, enfin, le Pape Léon XIII (qui tend le globe) consacrant le genre humain au Sacré-Cœur. Il est suivi par des personnages symbolisant les cinq continents.

L’hommage de la France :
Partant de la droite, différents événements historiques liant la France au Sacré-Cœur sont évoqués : le vœu de Marseille lors de la peste de 1720  ; le vœu du Temple avec Louis XVI et la famille royale (1792)  ; le Vœu national avec les généraux de Sonis et de Charrette portant la bannière du Sacré-Cœur (1870)  ; les initiateurs du Vœu, M. Legentil et M. Rohault de Fleury (1871)  ; le rapporteur du projet de loi devant l’Assemblée nationale (1873)  ; les cardinaux de Paris (Card. Guibert, Richard, et Amette) qui ont collaboré à la construction et à l’embellissement de la Basilique.

Personnifiée, la France offre sa couronne au Sacré Coeur.

 

L’Eglise du Ciel est placée au «  deuxième étage  » de la mosaïque, entourant le plafond du chœur sur lequel est représentée de manière figurée la Sainte Trinité (au-dessus du Christ, colombe de l’Esprit Saint et visage du Père qui tient et bénit le monde), sur deux rangs : les Saints qui sont particulièrement liés au Sacré-Cœur de Jésus (à gauche) et les Saints de France (à droite).

L’Eglise du Ciel : St Pierre, St Jean, St Paul, St Ignace d’Antioche, Ste Agnès, St Augustin, St Dominique, St François d’Assise, St Ignace de Loyola, Ste Gertrude, Ste Catherine de Sienne, Ste Rose de Lima, Ste Thérèse d’Avila.
La France du Ciel : St Lazare de Marseille, Ste Marie-Madeleine et Ste Marthe, St Denis, St Martin, Ste Geneviève, St Bernard, St Louis, St François de Sales, St Vincent de Paul, Ste Marguerite-Marie, St Jean-Eudes, Ste Madeleine-Sophie Barrat.

 

Dès l’origine, la prière pour la France fait donc partie de la vocation de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre : 

  • En 1870, à la suite de la défaite militaire face à la Prusse et dans un contexte de grave crise économique, «  les malheurs de la France  » inspirent les initiateurs du grand mouvement de générosité et de prière qui, traversant toute la France, permettra la construction du sanctuaire, en signe de relèvement spirituel et moral, d’espérance et de confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus.
  • En 1873, l’Assemblée nationale vote le projet de construction du “Sanctuaire du Vœu national”.
  • Depuis le 1er août 1885, début de l’adoration eucharistique continue, cette prière pour la France et ses habitants fait partie des grandes intentions portées jour et nuit par les fidèles qui se relaient devant le Saint-Sacrement exposé.

Aujourd’hui, la prière pour la paix, pour la France et ses habitants se poursuit : 

  • Tous les soirs, par le relais d’adoration de nuit  ;
  • Par des veillées d’adoration et des messes pour la France

On retrouve les blasons des diocèses de France tout autour du choeur : 

 

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