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En Normandie, l’abbé Michel chante des slogans anti-Macron avec des gilets jaunes dans une église

Dimanche 2 juin 2019, dans l’église du Planquay (Eure), l’abbé Michel a entonné des chants hostiles au président de la République, Emmanuel Macron, avec des gilets jaunes.

La vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux. On y voit un curé, entouré de gilets jaunes, chanter des slogans hostiles au président de la République, Emmanuel Macron.

La scène s’est déroulée dans la petite église du Planquay (Eure), près de Thiberville, dimanche 2 juin 2019, après la messe. L’abbé Michel est proche des gilets jaunes depuis le début du mouvement.

On peut reprocher vivement à l’abbé Michel (suspense a divinis depuis le 2 novembre 2016) de laisser cette scène se dérouler dans une église, avec sans doute la présence du Saint Sacrement, mais notons par ailleurs son soutien à l’égard des oubliés de la société.

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Une mission évangélisation au festival métal Hellfest

Un groupe de jeunes chrétiens appelé Metal Mission évangélise depuis 2018 les amateurs de métal qui se rendent au festival Hellfest, le plus grand festival de musique métal en France, qui a lieu tous les ans à Clisson en juin.

En plus d’aller à la rencontre des festivaliers, ce groupe d’évangélisation distribue des Bibles spéciales, des “Metal Bible“, comprenant le Nouveau Testament et de nombreux témoignages de personnalités du milieu converties au christianisme.

Ce n’est pas la première fois que des chrétiens s’intéressent à cette culture, et nous pouvons citer le Père Bertrand Monnier ou le Père Robert Culat, prêtre catholique fan de métal et très actif dans le dialogue avec les métalleux, et si ce festival soulève la polémique à cause de certains groupes clairement anti-chrétiens voire satanistes, l’évangélisation n’y avait jamais été tentée auparavant !

La culture métal est très complexe, et si on ne peut nier parfois des inspirations sataniques, la plupart des artistes ou amateurs sont des personnes très intéressées par la spiritualité. Leur idéal est souvent marqué par la liberté, la force et la vérité, à travers une quête de sens à laquelle la société mercantile ne répond pas. Malheureusement, l’Eglise et le christianisme y sont souvent vus comme promouvant le contraire de ces idéaux, à cause de grands malentendus : quoi de mieux que de prouver le contraire en partant à la rencontre de ces personnes, comme le Christ le faisait en allant trouver les marginaux de toutes sortes !

L’évangélisation est un des remèdes contre la christianophobie croissante. Si vous le souhaitez, vous pouvez apporter votre soutien spirituel ou financier à cette démarche.

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A découvrir, ce reportage sur la place de Dieu dans le métal :

 

Il existe aussi des groupes de métal chrétiens, par exemple Stryper, ou dans des genres plus extrêmes, Horde :

Synthèse Hebdo

Edito #103- Gilets Jaunes – Un regard catho sur la question

Le Christ chassant les marchands du Temple, par Valentin de Boulogne, vers 1618-1622, réactualisé.

Il est surprenant de constater que la tempête de révolte des Gilets Jaunes n’interpelle pas beaucoup l’Eglise. Nous pouvons tout de même signaler une intervention de Mgr Aubry, évêque de La Réunion, et l’interview de Mgr Feillet, évêque auxiliaire du diocèse de Reims. La Réunion traverse un climat qui appelle clairement à l’apaisement, mais pour ce qui est de la France en général, Mgr Feillet souligne la nécessité d’une écologie solidaire plutôt que répressive ; position réaliste que partage le Secours Catholique, mais nous ne voyons malheureusement pas dans ces communications de soutien franc à l’égard de cette énergie populaire.

C’est très bien d’organiser des colloques sur la bioéthique, de se questionner sur les vocations, mais cela ne rejoint pas actuellement le cœur des français. Or c’est bien le moment de montrer que l’Eglise protège les pauvres et les opprimés ! Nous sommes loin de l’année 1950, où Mgr Cazaux, évêque de Vendée, appelait à la grève de l’impôt pour préserver l’enseignement libre des écoles chrétiennes.

Le Christ a toujours été du côté des sans voix, des petits et des faibles. Aura-t-il suffi d’un discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins, reléguant l’Eglise au « questionnement » et à s’occuper des pauvres qu’il ne cesse de créer, pour que ce sinistre personnage rassure les catholiques ?

Pendant que nous sommes en ce moment plutôt focalisés sur le problème de la pédophilie et les sujets de bioéthique, la classe moyenne, les foyers à revenus modestes et les retraités s’inquiètent de plus en plus de la manière dont ils pourront joindre les deux bouts à la fin du mois. Quand comprendrons-nous que la plupart des français se fichent complètement de l’Eglise, parce qu’elle n’est plus insérée dans le corps social comme elle l’était encore il y a quelques générations, malgré, il faut tout de même le dire, de belles initiatives locales et le formidable travail des associations de charité.

Il est parfois reproché aux GJ de ne se préoccuper que de pouvoir d’achat, de ne pas être écologistes… Mais que leur reste-t-il d’autre que cette préoccupation ? La République et la société de consommation ont transformé les personnes en pions du Marché… D’autre part, est-ce vraiment très écologique de tripler le parc éolien en France, sachant l’impact qu’implique la construction d’une éolienne sur l’environnement ? Est-ce vraiment écologique de pousser les citoyens à changer de voiture ?.. Et il faudrait taxer plus pour ça ?

En vérité, et sans exclure des efforts personnels et globaux, car une transition écologique est nécessaire, il serait plus écologique de taxer les importations étrangères pour privilégier les circuits courts et les productions locales, victimes de concurrences déloyales… mais c’est impossible à cause de l’article 63 du traité de fonctionnement de l’Union Européenne, qui interdit les « restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers ». La sortie de l’UE étant si redoutée et « populiste », il reste donc le peuple à saigner. Or ceci est inacceptable, car comme l’écrivait Léon XIII dans Rerum Novarum, « [L’autorité publique] agit donc contre la justice et l’humanité quand, sous le nom d’impôts, elle grève outre mesure les biens des particuliers. »

On ne peut pas être plus clair.

Il y a des gens qui s’étonnent (voire même se scandalisent) de la “violence” de certains gilets jaunes, mais il faut se rappeler que le combat politique ne se fait pas en dansant avec des ballons roses et bleus (quel fut le résultat de LMPT ? Zéro). Les chouans durent se défendre par la force contre la République qui les oppressait, et c’est grâce à eux que la liberté fut préservée : la force n’est pas la violence, et c’est là où la force est absente que prolifère la violence. La force c’est d’être, la violence c’est de vouloir dominer.

Emmanuel Macron affirmait aux Bernardins que la République attend des catholiques trois dons : leur sagesse, leur engagement et leur liberté, et bien n’attendons plus et ne soyons donc pas des pharisiens bien élevés, mais des « brigands de la Vendée » !

ADDENDUM (2 décembre 2018) : il est à déplorer le saccage du musée de l’Arc de Triomphe et le pillage des magasins, mais cela ne représente pas l’ensemble du mouvement.

Retrouver notre lettre d’actualité complète à partir de ce lien :
Edito #103 – Gilets Jaunes – Un regard catho sur la question

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Un sketch de La Bajon à la fin complètement inattendue et prophétique !

La Bajon, humoriste pleine de talent, sulfureuse et décalée, a encore frappé ! A travers un sketch caustique comme à son habitude, sans langue de bois, elle dénonce l’exploitation du peuple français par la République Française, avec un dénouement pour le moins inattendu, car véritablement chrétien ! Cela est particulièrement surprenant de la part d’une humoriste qui n’hésitait pas à se moquer de la religion catholique.

Il faut regarder la vidéo, hilarante, jusqu’au bout :

La fin du sketch montre une étonnante gravité par rapport à la causticité qui précède, à un tel point qu’elle apparaît comme une lueur prophétique d’espérance : l’Eglise sera toujours du côté des opprimés et leur assurera toujours consolation à travers son accueil et sa charité.

Comment ne pas ainsi voir que l’Eglise doit être plus que jamais au service des classes moyennes, qui subissent de plus en plus la prédation financière et la corruption de nos gouvernants ! Il est de notre devoir de catholique de combattre ces législations iniques qui en découlent et qui enferment les êtres dans le désespoir. C’est ce qu’écrivait Léon XIII, dans son célèbre texte du “ralliement” de 1892 :

“Une difficulté se présente : « Cette république, fait-on remarquer, est animée de sentiments si antichrétiens que les hommes honnêtes, et beaucoup plus les catholiques, ne pourraient consciencieusement l’accepter. » Voilà surtout ce qui a donné naissance aux dissentiments et les a aggravés.

On eût évité ces regrettables divergences, si l’on avait su tenir soigneusement compte de la distinction considérable qu’il y a entre Pouvoirs constitués et Législation. La législation diffère à tel point des pouvoirs politiques et de leur forme, que, sous le régime dont la forme est la plus excellente, la législation peut être détestable ; tandis qu’à l’opposé, sous le régime dont la forme est la plus imparfaite, peut se rencontrer une excellente législation.

[…]

Si la distinction, tout à l’heure établie, a son importance majeure, elle a aussi sa raison manifeste ; la législation est l’œuvre des hommes investis du pouvoir et qui, de fait, gouvernent la nation. D’où il résulte qu’en pratique la qualité des lois dépend plus de la qualité de ces hommes que de la forme du pouvoir. Ces lois seront donc bonnes ou mauvaises, selon que les législateurs auront l’esprit imbu de bons ou de mauvais principes et se laisseront diriger, ou par la prudence politique, ou par la passion.

[…]

Qu’en France, depuis plusieurs années, divers actes importants de la législation aient procédé de tendances hostiles à la religion, et par conséquent aux intérêts de la nation, c’est l’aveu de tous, malheureusement confirmé par l’évidence des faits.

[…]

Pauvre France ! Dieu seul peut mesurer l’abîme de maux où elle s’enfoncerait, si cette législation, loin de s’améliorer, s’obstinait dans une telle déviation, qui aboutirait à arracher de l’esprit et du cœur des Français la religion qui les a faits si grands.

Et voilà précisément le terrain sur lequel, tout dissentiment politique mis à part, les gens de bien doivent s’unir comme un seul homme, pour combattre, par tous les moyens légaux et honnêtes, de la législation. Le respect que l’on doit aux pouvoirs constitués ne saurait l’interdire : il ne peut importer, ni le respect, ni beaucoup moins d’obéissance sans limites à toute mesure législative quelconque, édictée par ces mêmes pouvoirs. Qu’on ne l’oublie pas, la loi est une prescription ordonnée selon la raison et promulguée, pour le bien de la communauté, par ceux qui ont reçu à cette fin le dépôt du pouvoir.

En conséquence, jamais on ne peut approuver des points de législation qui soient hostiles à la religion et à Dieu ; c’est, au contraire, un devoir de les réprouver.”

 

Si le bien fondé de la République Française est fortement discutable, car il ne faut pas oublier qu’elle fut bâtie historiquement sur le sang de la Terreur et des passions meurtrières et vengeresse, servies par les idéologies des Lumières, il n’en demeure pas moins que la distinction opérée par Léon XIII a le mérite du réalisme, car son but était entre autre de pacifier la société française. Mais la législation, surtout aujourd’hui, est complètement dévoyée par des pouvoirs constitués de plus en plus corrompus et traîtres à l’égard du peuple français, écrasant ce dernier sous l’impôt, les insultes, la médiocrité tapageuse et les scandales, manquant ainsi grandement à la charité ! Or quoi de plus hostile à Dieu que le manque de charité !

Lutter contre la GPA et la PMA est une bonne chose, mais n’oublions pas la justice économique et le lien social : “la religion, et la religion seule, peut créer le lien social ; […] seule elle suffit à maintenir sur de solides fondements la paix d’une nation.” (Léon XIII, Au milieu des solicitudes, 1892). N’est-ce pas le Pape François qui rappelait à Emmanuel Macron, en juin 2018, que « C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres… e tutti siamo poveri » (et nous sommes tous des pauvres).

Le fait est qu’Emmuel Macron et sa clique, comme tant d’autres avant eux, ont raté leur vocation : peut-être devraient-ils traverser la rue ?

En attendant, cela fait du bien d’en rire.

Synthèse Hebdo

Edito #97 – A l’heure de la tempête, la barque de Pierre ne doit pas chavirer !

Nous n’avons pas beaucoup parlé de la lettre du cardinal Ouellet, qui clôt magistralement la polémique lancée par le nonce apostolique Vigano à l’encontre du Pape François. Le cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, va même jusqu’à qualifier le « sarcasme » de Vigano au sujet de la foi du Saint Père de « blasphématoire ».

Il dément surtout les accusations mensongères à l’encontre du Pape François, rappelant les faits :

« Il est faux de présenter les mesures prises à son égard comme des « sanctions » décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François.

Après révision des archives, je constate qu’il n’y a pas de documents à ce sujet signés par l’un ou l’autre pape, ni de note d’audience de mon prédécesseur le Cardinal Jean-Baptiste Re, qui donnerait le mandat d’obliger l’Archevêque émérite McCarrick au silence et à la vie privée avec la rigueur de peines canoniques. La raison en est qu’on ne disposait pas alors, à la différence d’aujourd’hui, de preuves suffisantes de sa culpabilité présumée. D’où la position de la Congrégation, inspirée à la prudence, et les lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église. »

Cyrano de Bergerac n’aurait pas fait mieux, ou alors en alexandrins ! Le Pape s’en trouve blanchi, et même si Ouellet admet qu’il y eu des « des failles dans le processus de sélection qui a été mené dans son cas. Mais sans fournir ici de détails, on doit comprendre que les décisions qui sont prises par le Souverain Pontife reposent sur les informations dont on dispose au moment précis, et qui font l’objet d’un jugement prudentiel qui n’est pas infaillible. Il me semble injuste de conclure à la corruption des personnes en charge du discernement préalable même si, dans le cas concret, certains indices fournis par des témoignages auraient dû être davantage examinés. Le prélat en cause a su se défendre très habilement des doutes soulevés à son endroit. »

Mais il est malheureusement trop tard : un grand mal a été fait à l’Eglise, dont elle peinera à se relever. Il est déjà difficile d’être catholique dans un monde de plus en plus en porte à faux avec le message du Christ, alors si des divisions qui s’apparentent à une cabale antipapiste à la Luther viennent fragiliser l’Eglise et le Pape, comment pourrons-nous témoigner de l’amour et de la charité auprès des âmes les plus éloignées de l’Eglise ?

A cet égard, relisons le Sermon du Curé d’Ars sur la médisance, et notamment ces extraits :

« Vous avez parlé mal des ministres de l’Église, et peut-être même de votre pasteur ; vous avez affaibli la foi en ceux qui vous écoutaient, ils ont abandonné les sacrements, ils vivent sans religion ; et qui en est la cause ? votre mauvaise langue. Vous êtes cause que ce marchand et cet ouvrier n’ont plus les mêmes pratiques, parce que vous les avez décriés. »

Et si le saint Curé d’ars parle de « couvrir les fautes du manteau de la charité », il n’en demeure pas moins qu’ « Il faut cependant comprendre que tout n’est pas médisance, lorsqu’on fait connaître les défauts d’un enfant à ses parents, d’un domestique à son maître, pourvu que ce soit dans la pensée qu’ils s’en corrigeront, qu’on n’en parle qu’à ceux qui peuvent y remédier et toujours guidé par les liens de la charité. »

Quoi de pire que de livrer des pécheurs à la violence de la foule ? René Girard, dans ses ouvrages, nous montre bien à quel point le sacrifice du Christ est là pour révéler, non seulement son amour infini, mais aussi notre tendance à l’emballement mimétique, qui ne conduit qu’à la violence et à la mise à mort ; et si elle n’est pas toujours physique, elle peut être sociale et spirituelle.

En ce mois du Rosaire, demandons tout spécialement l’intercession de la Sainte Vierge pour la réparation et le pardon des fautes commises, aussi bien à cause des actes pédophiles, mais aussi à cause de la fureur vengeresse et d’une soif de pureté et de justice, légitime mais qui doit être ordonnée par la charité.

La Barque de Saint Pierre a besoin de Marie comme phare portant haut le Christ Roi, du Pape François comme timonier, et du Rosaire comme gouvernail !

Illustration : La Vierge des Lys, par Alphonse Mucha, 1905

 

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Edito #94 – Merci Messeigneurs les évêques !

En ces temps troublés pour l’Eglise, saluons l’unanimité des évêques de France concernant la PMA, qui, à travers une déclaration publiée jeudi soir : La dignité de la procréation, se sont unis sans exception pour réaffirmer que la procréation ne peut être une « fabrication » ni une « marchandisation ».

Si l’on peut reprocher parfois aux catholiques de se focaliser uniquement sur les questions éthiques, ce combat contre la PMA et a fortiori contre la GPA rejoint par extension le champ social, par la dénonciation de l’omniprésence du Marché libéral, servi par un étatisme aussi bien à l’échelle nationale qu’européenne.

L’Eglise apparaît aujourd’hui comme une des dernières défenses de la personne et du bien commun face au règne de la marchandisation intégrale et donc face à la massification des peuples, mais demeure trop souvent reléguée au statut de groupe d’influence plus ou moins isolé, alors qu’Elle constitue historiquement et surtout en France un corps inséré organiquement dans le corps social, par la présence des chrétiens dans la société. Dans bien des cas, l’Eglise est synonyme de hiérarchie, alors qu’il ne faut pas oublier qu’elle est constituée du clergé ET des fidèles, dont la mission ne doit pas se résumer à un service philanthropique. La mission des catholiques est une mission de rayonnement surnaturel de foi et d’amour, de soutien, de vivification du corps social. Le philosophe Maurice Blondel parlait d’intussusception (accroissement d’un organisme par incorporation d’éléments nutritifs extérieur) pour décrire la relation de Dieu à l’être humain et à l’Eglise. Analogiquement, les chrétiens sont appelés à enrichir la société par leur présence et tout ce qu’il portent en eux en vue du bien commun.

Nous ne sommes pas des fidèles d’une religion du Livre, mais de l’Incarnation, qui s’accomplit dans le Sacrifice du Christ, réactualisé lors de la messe par la transubstantiation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ, qui vient se donner par amour ; aussi souvenons-nous que notre lien ecclésial et le lien que nous devons tisser avec le monde ne relève pas d’un contrat social, mais un cœur à cœur familial. Faisons-nous aimer par chaque personne que nous croisons, en l’aimant sans a priori. Le pardon et l’amour doivent l’emporter sur la judiciarisation, la financiarisation et la moralisation !

Cette démarche trouve son couronnement au cœur de la foi, à travers l’Eucharistie, qui doit être la plus soignée, la plus accueillante et la plus transfigurante possible ! L’Eglise entretient ainsi sa flamme d’amour, unie au Christ qui vient se donner sur l’autel, tout à tous ! Soyons  des Christ vivants, des brûlots de charité, à la fois aimants et libres par rapport aux a priori et aux jugements : plus que jamais n’ayons pas peur, comme le disait si bien Saint Jean Paul II !

Illustration : Les Sept oeuvres de Miséricorde, par  Jean-Louis Bézard.

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Edito #88 – Le 15 août, nous célébrerons la fête de l’Assomption

Le 15 août, nous célébrerons la fête de l’Assomption, fête mariale de la plus haute importance, particulièrement dans notre pays depuis que Louis XIII fit consacrer la France à Notre-Dame de l’Assomption.

C’est l’empereur de Constantinople Maurice (582-603) qui choisit le 15 août comme fête de la Dormition, autrement dit le sommeil de la Vierge précédant son entrée dans la Gloire.  La date sera reprise par Rome au VIIe siècle et prendra le nom d’Assomption un siècle plus tard. L’Assomption signifie littéralement que Marie fut « transportée vers » (ad sumere) le Ciel, corps et âme. Louis XIII lui donnera le statut de fête nationale en 1638, demandant que soient instaurées des processions en l’honneur de la Vierge Marie partout en France.

Cette grande ferveur pour Notre Mère des Cieux qui s’exprime lors de ces processions rassemble une multitude d’êtres si différents, mais qui s’unissent en un même cœur, celui de Marie notre sœur en humanité.

Par son annonce de l’Espérance dans le Ciel et par la maternité parfaite de Marie qui touche tant les êtres, l’Assomption rejoint bien plus intimement le cœur de chaque français que la célébration d’un bain de sang que fut réellement la Prise de la Bastille. Qu’il est en effet bien plus doux de célébrer une personne telle que la Sainte Vierge, surtout dans son entrée au Ciel !

L’Assomption de Marie est toujours d’actualité par sa médiation continue entre son Fils et l’humanité. : elle est médiatrice de toutes grâces et prend nos prières qu’elle transmet à son Fils. Par le fait qu’elle soit corps et âme entrée au Ciel, elle nous aide à enfanter le Christ en nous, à souffrir par amour, à donner notre vie dans la joie, et elle restera toujours avec nous pour nous accompagner aussi bien dans notre quotidien le plus banal que dans notre « entrée dans la vie », comme disait la petite Sainte Thérèse. L’Assomption nous rappelle que la vie éternelle n’est pas une vie éthérée, mais que Marie et son Fils nous attendent corps et âmes : n’oublions pas de prier pour les défunts afin d’hâter leur entrée en Paradis !

Dernier mystère du rosaire, l’Assomption est son couronnement, un achèvement d’Espérance, l’annonce de la Gloire céleste et de la destinée de l’Eglise, appelée à devenir l’Epouse du Christ.

Profitons du ressourcement des vacances pour faire un bilan de cœur à offrir à la Sainte Vierge, en lui rendant grâce pour sa tendresse et en lui demandant de nous aider à mettre de l’amour dans les tâches les plus quotidiennes de nos vies. Vivre une procession du 15 août en famille pourra relancer la prière au sein du foyer et renforcer ainsi l’union des cœurs dans celui du Christ. Les fêtes de la Sainte Vierge sont en effet des moments privilégiés pour prendre conscience (plutôt devrait-on dire « prendre cœur ») de la relation sponsale entre l’Eglise et le Christ… or l’Eglise n’est pas seulement constituée du clergé, mais de tous les catholiques !

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Edito #88 – Le 15 août, nous célèbrerons la fête de l’Assomption

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Les manants du Roi, le nouveau film de Patrick Buisson sur le génocide vendéen – Un nouvel éclairage politique

Photo : Les manants du Roi

Hier (28 juin 2018) se déroulait au Grand Rex l’avant-première du film Les manants du Roi, nouveau film de Patrick Buisson, réalisé par Guillaume Laidet et dont les textes sont écrits par Michel Chamard. Co-produit par la chaîne Histoire et la société Erealprod, ce docu-fiction inédit nous plonge en toute vérité historique entre 1793 et 1796, dans les guerres de Vendée et le génocide qui s’ensuivit, à travers les narrations de six personnages emblématiques et humains, tous servis par d’excellents comédiens ! Un chouan, le “gâs” Jean ; un prêtre réfractaire, l’Abbé Vincent Huguet ; un capitaine “bleu”, François Sauvage ; un bourgeois révolutionnaire nantais, Percier de Fontaine,  un député montagnard, Carré de Longwy (qui évoque directement Jean-Baptiste Carrier) ; une noble amazone insurgée, Céleste de Boismé (inspirée de Céleste Bulkeley), qui prouve que les femmes et leur courage n’étaient pas en reste, surtout face à la misogynie de la Révolution Française ainsi que l’évoque la peintre Elisabeth Vigée Le Brun dans ses Souvenirs :  “Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées.”.

Stanislas de La Tousche, magistral dans le rôle du “gâs” Jean

Cette fresque historique se structure autour de moments narratifs où chaque personnage partage ses opinions et son vécu au sein de cette tourmente, que viennent appuyer de nombreux éléments cinématographiques extraits de films sur la chouannerie, de la Cinéscénie du Puy du Fou, d’aperçus de vitraux et de chansons révolutionnaires et contre-révolutionnaires.

Discours préambule de Patrick Buisson, photo par Les manants du Roi

La projection, agrémentée avant et après de chants par le célèbre chœur Montjoie Saint-Denis a été ouverte par un fracassant discours de Patrick Buisson, vibrant hommage aux martyrs de Vendée, qui par leur courage et leurs sacrifices surent préserver la liberté de culte aux catholiques, contre le fanatisme sanglant et totalitaire de La Convention et de l’esprit Révolutionnaire. Buisson attaque le négationnisme qui nimbe la Révolution Française, révolution fondamentalement bourgeoise malgré ce que la propagande républicaine martèle depuis deux cent ans, et fondé sur un gigantesque holocauste fondateur : la Terreur et le génocide programmé de la Vendée (loi du 1er août 1793). La Révolution Française acheva de libérer les puissances d’Argent en détruisant le garde-fou du catholicisme : libéralisations (loi du 4 août 1789 sur l’abolition des privilèges, loi Le Chapelier du 14 juin 1791…), allongement du temps de travail et suppression du chôme du dimanche… La maltraitance des prêtres, la conscription forcée ne purent que mettre le feu aux poudres chez un peuple qui au départ accueillait la Révolution comme une réforme nécessaire, pour rapidement se rendre compte qu’elle n’était qu’un pas en avant vers son oppression.

Le Chœur Montjoie Saint Denis en grande forme !

Ce film, qui sera diffusé sur la chaîne Histoire le 4 juillet 2018 est un pendant à l’excellent travail réalisé par Daniel Rabourdin, dont le film La Rébellion cachée se structure davantage comme un docu-fiction à l’américaine : reconstitutions historiques, interviews d’historiens, documents à l’étude…

A voir absolument ! Le DVD est d’ailleurs disponible ici. Daniel Rabourdin a aussi publié un livre : Comment faire un film indépendant.

Ces deux films donnent raison à Joseph de Maistre lorsqu’il déclare, et Patrick Buisson l’a rappelé dans son discours, que “L’histoire est une conspiration permanente contre la vérité”. Complotisme ? rétorquerait-on… Non ! tout simplement intérêts bassement humains plus ou moins concordants. Le seul complot est celui de Satan.

Il est grand temps que la France se rende compte de cette part de son histoire, qui inspira toutes les révolutions et totalitarismes dans le monde ; qu’elle médite sur son régime républicain, qui montre de plus en plus ses déficiences et son manque de démocratie réelle (tout comme il n’y avait que très peu d’artisans et ouvriers parmi les premiers députés, il en est de même aujourd’hui), sans compter la trahison incessantes de nos “élites”, continuant de brader la France au Marché, que ce soit directement ou à travers l’emprisonnement de l’Union Européenne, véritable stratagème des chaînes comme l’explique François Asselineau.

Rappelons-nous aussi cette mémorable scène du film Le Président, par Henri Verneuil, où Jean Gabin, royal, propose une Europe fondée sur les souverainetés des nations plutôt que sur des trusts financiers qu’il dénonce avec panache :

Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais de redonner le pouvoir au tissu social et pourrait-on dire féodal (hiérarchie des services, prenant racines dans l’exemple du Christ qui lave les pieds des apôtres), à travers le respect du principe de subsidiarité, une économie humaine et sociale dotée de libertés ciselées de contraintes, telles que le christianisme, qui forgea la France, les a toujours prônées. Un roi ? L’élection de Macron, prétendu au dessus des partis (ce qui est vrai, mais son monarchisme est financier et international…) a montré que les français désiraient être gouverné par un monarque, mais encore faut-il restaurer tout d’abord ce tissu social fait de libertés réelles, sortir de la logique libérale-socialiste de l’Etat moderne, et retrouver un corps, dont on pourra ensuite choisir la tête, à la Grâce de Dieu !

En Europe #NLH #NLQ

Le Pape François dissout la Fraternité des Saints Apôtres

La Fraternité des Saints Apôtres, œuvre sacerdotale fondée par Mgr Léonard et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, dissoute par Mgr De Kesel le 15 juillet 2016, l’a été définitivement par le Pape François ce 12 avril 2018.  Un recours avait été déposé par des laïcs auprès de la Signature Apostolique, et malgré des perspectives favorables, il a été cependant court-circuité par le Cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé. Ce dernier a en effet soumis le décret de dissolution au Pape François, achevant définitivement et brutalement cette belle tentative de renouvellement du sacerdoce.

Cela ne peut que nous laisser sans voix… Au vu de la crise des vocations et de la baisse de la pratique religieuse en Occident, et tout particulièrement en Belgique, ceci peut nous apparaître comme un sabotage en règle. Cependant, si le Pape François est bien le signataire de ce décret, il n’en est pas malgré tout l’auteur, et nous pouvons comprendre qu’il ne puisse pas se rendre compte de l’ampleur de ce geste bien regrettable !

Pour rappel, l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles s’était expliqué sur la raison de la dissolution dans un communiqué :

L’initiative pose cependant problème, lorsqu’on constate que la plupart des séminaristes de la Fraternité des Saints Apôtres viennent pour l’instant de France où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres. Il se pourrait que le nombre de séminaristes belges, tant néerlandophones que francophones, augmente au fil du temps. Mais dans ce cas de figure, ils pourraient provenir également d’autres diocèses belges alors même qu’ils relèveraient tous de l’Archidiocèse.

Cette perspective n’est pas à promouvoir dans les circonstances actuelles car elle manifeste un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu’avec nos voisins français. Pour cette raison, l’Archevêque de Malines-Bruxelles a décidé de ne plus accueillir la Fraternité des Saints Apôtres dans son diocèse, à partir de fin juin 2016.

Si la Fraternité attirait tant de jeunes séminaristes, ce n’était que par la force et la spécificité de sa charte et de sa mission, ainsi que par ses fruits (croissance rapide, engouement populaire…). Il n’y avait aucun manque à gagner de la part des évêques français, à moins de s’obstiner à garder un “système sacerdotal” visiblement dépassé, puisqu’il semblait être déloyalement concurrencé, si l’on peut se permettre d’adopter ces termes de marketing qui conviennent aux préoccupations de Mgr De Kesel.

Nous espérons pour Mgr De Kesel que cette bêtise ne participera pas à une baisse des dons au denier du culte, mais vu qu’il y a de moins en moins de prêtres en Belgique, tout va très bien Madame la MarKesel !…

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #6 : l’Eglise mère des peuples

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Aujourd’hui, par la même occasion, nous allons vous faire découvrir un grand artiste de notre temps : Le Turk. Photographe, véritable créateur d’univers, profondément catholique, à la fois dans le monde et surnaturellement décalé et habité, un grand talent ! C’est avec une agréable surprise que je découvris, en regardant son livre de photos Opera Mundi, un extrait de la Lettre ouverte à l’Eglise du troisième millénaire par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, accompagnant une superbe photo nommée Le peuple ; aussi c’est tout naturellement que je publie cet extrait avec la photo.

Je rêve d’une Eglise aussi inculte que l’apôtre Pierre et aussi féconde que lui.

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Je rêve d’une Eglise qui ne perdrait jamais de vue que les premiers apôtres étaient des travailleurs manuels et non des bacheliers, et qu’aucun d’entre eux ne sortait de la cuisse de Jupiter.

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Je rêve d’une Eglise qui ne recevrait aucun honneur de la part des gouvernants et dont les évêques et les prêtres refuseraient la Légion d’honneur tant que les mères de famille qui se crèvent à la tâche ne l’auraient pas toutes reçues.

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Je rêve d’une Eglise qui bénirait Pascal d’avoir pensé et écrit un jour que “le peuple a des opinions très saines”.

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Je rêve d’une Eglise qui en contemplant les liens des personnes, de quelque nature soient-ils, se redirait à elle-même et dans le secret la parole de son Seigneur : “Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.” Voilà qui mettrait les pendules à l’heure juste, autant dire à celle du Ciel.

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Je rêve d’une Eglise qui exclurait de ses offices le fade, l’insipide, le tiède, le doucereux, le lent, le morne, le mielleux, le soporifique, qui sont à l’inverse des vertus du Christ.

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Je rêve d’une Eglise qui mettrait à mort en place publique l’intransigeance, la dureté de coeur, les approches généralisantes ainsi que les jugements à l’emporte-pièce en matière de morale. Quel beau et grand feu ce serait, et il y en aurait, du bois !

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Je rêve d’une Eglise, qui, en prenant les empreintes digitales de chaque homme, trouverait à chaque fois le doigt de Dieu.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

Nous espérons qu’un évêque aura l’idée de lui commander une oeuvre, car l’Eglise fut pendant longtemps mère des arts, toujours encourageant les meilleurs artistes, afin de partager au monde et aux peuples les plus grandes et émouvantes beautés !

 

Un aperçu de son oeuvre :

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