Asie #NLQ

L’Église catholique coréenne inquiète face à la sécularisation

La conférence épiscopale coréenne a publié, le 13 avril, un rapport dévoilant des chiffres inquiétants sur l’Église en Corée du Sud. Les fidèles sont de plus âgés, à l’image de la population coréenne. Quant au nombre de baptisés, il diminue en continu depuis 2008. Seule exception, l’année 2014, quand le pape François est venu célébrer la messe à Séoul en présence d’un million de fidèles. Pour les catholiques sud-coréens, un nouvel effort d’évangélisation semble plus urgent que jamais.
Au 31 décembre 2017, l’Église catholique en Corée du Sud comptait 5,8 millions de fidèles, soit 11 % de la population du pays (51,8 millions d’habitants). Le nombre de fidèles a augmenté de 1,3 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres publiés le 13 avril par la conférence épiscopale coréenne. Mais ces nouvelles statistiques révèlent aussi qu’il s’agit là de la croissance la plus faible de toute la dernière décennie, ce qui inquiète les évêques coréens pour l’avenir.
L’année dernière, 96 794 jeunes catholiques ont été baptisés dans le pays, mais il s’agit aussi d’une baisse de 12,9 % par rapport aux chiffres de 2016. Le nombre de baptisé baisse de façon continue depuis 2008, à l’exception de l’année 2014, quand le pape François s’est rendu en Corée du Sud. Il y avait célébré la messe à Séoul, la capitale, en présence d’un million de fidèles, à l’occasion de laquelle il avait baptisé 124 Sud-Coréens. Il avait aussi rencontré des anciennes « femmes de réconfort », victimes du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Le taux de pratiquants se rendant régulièrement à la messe, a également baissé de 19,4 % en 2017, par rapport aux chiffres de 2016.

18,4 % de plus de 65 ans en 2017

De telles tendances ne peuvent qu’inquiéter l’Église coréenne alors que les paroissiens deviennent de plus en plus grisonnants, à l’image de la population coréenne dans son ensemble. Parmi les catholiques coréens, 18,4 % sont âgés de plus de 65 ans, tandis que seulement 6,6 % des baptisés sont âgés de 10 et 19 ans. Il y a dix ans, la situation était bien différente. Les personnes âgées représentaient alors 12,6 % des fidèles.
Au niveau diocésain, l’archidiocèse de Séoul est de loin celui qui compte le plus de baptisés, 1 527 951 catholiques étant affiliés à l’une des paroisses de la capitale coréenne. Le diocèse de Suwon vient en second, avec 900 764 catholiques, suivi de celui d’Incheon (510 923 fidèles) et celui de Daegu (503 551 fidèles). L’Institut pastoral catholique de Corée (Catholic Pastoral institute of Korea), sous l’autorité de la conférence épiscopale coréenne, a fait part de ses inquiétudes à propos de ces tendances. Celles-ci semblent indiquer que le nombre de catholiques en Corée du Sud va continuer à diminuer, alors que de moins en moins de jeunes Coréens se sentent attirés vers l’Église. Pour les catholiques sud-coréens, un nouvel effort d’évangélisation semble plus urgent que jamais.

 

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Asie #NLQ

Pakistan – Les évêques inquiets : les minorités religieuses sont de plus en plus visées

La commission nationale Justice et Paix de la conférence épiscopale du Pakistan a condamné, lors d’un communiqué publié le 16 avril, les attaques répétées contre les minorités religieuses. Le 15 avril, deux chrétiens étaient tués par balles alors qu’ils sortaient d’une église de Quetta. Le même jour, un incendie détruisait un temple protestant de Shahdara, non loin de Lahore.
Dimanche 15 avril, un incendie d’origine inconnue a gravement endommagé un temple protestant dans une ville pakistanaise secouée par des accusations de blasphème il y a deux mois. La Gospel of Jesus Mission Church se trouve dans une rue étroite d’un « basti » (bidonville) chrétien de Shahdara, non loin de Lahore, la capitale de la province du Pendjab. Des restes de livres brûlés et un sac à offrandes sont encore visibles à côté de la chaire à moitié calcinée, dans cette église en construction depuis plus de trois ans. Le 15 avril, le pasteur Yousaf Aziz John a déposé plainte auprès de la police de Shahdara, où un accord de paix a été signé le 21 février par plusieurs responsables de la communauté chrétienne. Une foule en colère avait en effet protesté contre Patras Masih, un jeune chrétien de 18 ans accusé d’avoir partagé sur Facebook une photo anti-islam.
« Nous sommes une communauté pauvre et nous construisons la maison de Dieu grâce à des dons. Les pertes de la communauté chrétienne s’élèvent à environ 50 000 roupies (350 €). Nous demandons réparation immédiate », a protesté le pasteur. Le 16 avril, le sous-inspecteur de police Rana Amir a visité le site et a enregistré les témoignages de la communauté : « Le département de la police scientifique a récolté des échantillons la nuit de l’incendie. Un rapport sera publié cette semaine pour en identifier les causes. Un plan de sécurité a été mené pour protéger les quatorze églises de Shahdara enregistrées par la police, mais rien n’a été prévu pour celles qui ne sont pas enregistrées », explique Rana Amir.
Les églises qui ne sont pas enregistrées par le ministère qui contrôle les monuments et les lieux saints sont considérées comme illégales par le gouvernement. En janvier, à Abbottabad dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, six églises aménagées à domicile ont été fermées puis rouvertes. La police a averti qu’elle ne pouvait pas être tenue responsable pour tout accident survenu lors de célébrations organisées dans des zones résidentielles. Ces églises domestiques sont courantes dans les ghettos chrétiens. À Lahore, où l’on trouve Youhanabad, le plus grand quartier chrétien du Pakistan, plus de cent églises non enregistrées sont identifiées. En général, il s’agit d’une seule pièce.

Appel de la conférence épiscopale

Khalid Shahzad, un militant catholique de Shahdara, a dénoncé la police pour avoir classé l’incendie comme accidentel. « Lors du premier rapport de la police, il n’a été fait mention que d’un cas de vandalisme et de perte de propriété. Ils ont volontairement omis la clause 295, qui concerne les actes commis dans le but d’insulter la religion ou les croyances religieuses des autres. Cet oubli peut favoriser les accusés s’ils sont arrêtés », regrette Khalid. « La communauté vivait déjà dans la peur après le dernier cas de blasphème survenu dans un village voisin. » Par ailleurs, le 15 avril, alors que les violences religieuses s’aggravent au Pakistan, deux chrétiens ont été tués par balles à Quetta, alors qu’ils quittaient l’église.
La commission nationale Justice et Paix de la conférence épiscopale du Pakistan a condamné des attaques répétées contre les minorités religieuses. « L’État est responsable de la protection et de la sécurité des citoyens. Les chrétiens forment la communauté la plus pacifique du Pakistan et ils sont attaqués sans raison. Il est urgent que le gouvernement réagisse sérieusement contre cette nouvelle tendance. Il faut aussi qu’il enquête correctement sur tous ces incidents et qu’il lance une commission d’enquête indépendante », a demandé la commission épiscopale dans un communiqué publié le 16 avril. « Ces événements montrent que le plan d’action national est incapable de lutter contre le terrorisme et contre l’intolérance. Le gouvernement doit s’assurer que les coupables de ces crimes odieux soient poursuivis. Les forces de l’ordre doivent prendre des mesures concrètes contre la persécution religieuse. Les organisations terroristes ne doivent pas être libres d’agir dans le pays. »

 

Source EDA

Asie #NLQ

Les évêques indiens s’inquiètent du nombre croissant de viols

Deux agressions sexuelles distinctes, survenues dans l’Uttar Pradesh et au Jammu-et-Cachemire, soulèvent des problèmes sociétaux qui dépassent le fléau des violences sexuelles. Dans un communiqué publié dimanche 15 avril, la confèrence épiscopale du pays appelle à la plus grande fermeté contre les responsable de ces crimes.

« L’attaque répétée contre des femmes et enfants, à des fins personnelles, religieuses ou politiques n’est rien de moins qu’un crime contre l’humanité », s’alarment les évêques indiens. Dans un communiqué signé Mgr Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la conférence épiscopale du pays, ils apportent leur soutien aux victimes de viols survenus dans le nord et l’extrême nord de l’Inde.

Ces affaires remontent à plusieurs mois mais elles ont connu de nouveaux rebondissements ces derniers jours. En Uttar Pradesh, grand État pauvre et corrompu, Kuldeep Singh Sengar, un influent législateur du BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, est accusé d’avoir violé en juin dernier une adolescente. L’affaire a pris une ampleur nationale depuis la mort en détention, la semaine dernière, du père de la jeune fille. Cette dernière a tenté de s’immoler devant la résidence du chef du gouvernement de cet État pour protester contre la police, qu’elle accuse d’avoir torturé son père, qui souhaitait maintenir les poursuites. Kuldeep Singh Sengar dément les accusations portées contre lui. « Ce sont des gens de basses classes. C’est une conspiration de criminels », a-t-il déclaré à des journalistes.

L’autre victime est une fillette musulmane de huit ans, retrouvée morte après avoir été drogué, séquestrée et violée pendant 5 jours dans une cabane et un temple hindou, en janvier dernier, dans l’État du Jammu-et-Cachemire, une région en majorité hindoue. Pendant sa détention, plusieurs personnes, dont un policier, l’auraient violée à tour de rôle avant de la tuer. Huit hommes ont été arrêtés.

« Leur religion ou leur caste ne les rendent en aucune manière inférieures à nous » martèlent les évèques. « Chaque femme est notre fille, notre sœur, notre mère », insistent-ils, assurant que l’Eglise catholique fera tout son possible pour contribuer à faire condamner, et surtout à éradiquer ces « inqualifiables crimes ».

« Notre nation a une âme, un cœur et un esprit. Une âme pour répondre à ces crimes ineffables visant des femmes, un cœur pour l’empathie et la solidarité et un esprit qui résiste aux stratégies haineuses de ceux qui veulent détruire le lien séculaire sacrée de la nation », écrit encore  Mgr Theodore Mascarenhas.

Environ 40 000 cas de viols sont signalés chaque année dans le pays. Un chiffre bien en deçà de la réalité, dans une société indienne où trop souvent la culture du silence prévaut chez les plus faibles.

 

Source Vatican News

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Pakistan – Un sénateur chrétien et une sénatrice dalit élus en province du Sindh

Anwar Lal Dean, 62 ans, est le premier sénateur chrétien de la province du Sindh. A ses cotés, a été élue, dans le cadre du scrutin du mois de mars dernier qui a renouvelé 52 sièges du Sénat pakistanais, Krishna Kohli, 39 ans, hindoue provenant du groupe des dalits – les hors castes. La présence de ces deux représentants de groupes minoritaires au sein du Sénat pakistanais constitue un signal encouragent pour les minorités religieuses.
Le Sénat du Pakistan, chambre haute du Parlement, comprend 104 parlementaires élus pour un mandat de 6 ans mais dont la moitié est renouvelée tous les trois ans, selon un mécanisme de représentation régionale et avec des sièges réservés aux minorités religieuses.
Ainsi que cela a été indiqué à l’Agence Fides, les Evêques pakistanais ont exprimé leurs félicitations. Dans le cadre d’un rassemblement de plus de 200 personnes à Karachi, S.Exc. Mgr Joseph Coutts, Archevêque du lieu, a affirmé : “Il s’agit d’un moment de joie pour notre communauté de Karachi. Nous encourageons le sénateur chrétien à continuer fidèlement son service en vue de l’amélioration et du développement du gouvernement, du pays et de la communauté chrétienne”. Anwar Lal Dean, qui milite depuis plus de 30 ans au sein du Parti populaire du Pakistan (PPP), a été Président de l’aile du parti s’occupant et représentant les minorités religieuses. De plus, pendant 15 ans, il a occupé diverses fonctions politiques. Il a débuté sa carrière politique au PPP alors qu’il était encore étudiant. C’est la première fois que le PPP choisit un chrétien pour occuper un siège du Sénat réservé aux minorités religieuses au sein de la province du Sindh. Par le passé, avaient été choisis des hommes politiques de la communauté hindoue, la principale minorité religieuse de la province. Dans le cadre d’un entretien accordé à Fides, Anwar Lal Dean a déclaré : “Je renouvelle mon engagement à travailler avec zèle et dévouement pour mon pays et ma communauté. Je rends grâce à Dieu pour cette bénédiction et je remercie les responsables du parti de m’avoir fourni cette opportunité”.
L’Evêque d’Hyderabad, S.Exc. Mgr Samson Shukardin OFM, dont le territoire diocésain se trouve en province du Sindh, commente pour Fides : “Je considère cela comme une étape importante. Il faut apprécier le PPP pour avoir opéré ce choix courageux. J’espère que cette décision du PPP encouragera également de nombreux jeunes chrétiens à s’engager activement dans le domaine politique au sein de la province du Sindh”.
En compagnie d’Anwar Lal Dean, se trouve également Krishna Kohli, la première femme élue sénatrice, toujours dans les rangs du PPP. Il s’agit d’une activiste engagée en faveur de la défense des droits des femmes, qui s’est distinguée pour ses campagnes contre le harcèlement sexuel. L’élection de ces deux sénateurs, appartenant tous deux à des groupes minoritaires, a surpris et de nombreux observateurs ont fait les éloges du PPP pour avoir donné une place parmi ses candidats à des personnes appartenant à des secteurs marginalisés de la société.

 

Source Agence Fides

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L’Église sri-lankaise veut rendre obligatoire l’École du dimanche

L’Église s’est jointe aux autorités religieuses du pays pour promouvoir et approuver une mesure du gouvernement devant rendre obligatoire l’éducation religieuse de l’École du dimanche pour les élèves de 6 à 19 ans. Une mesure devant permettre , selon eux, de favoriser la croissance des jeunes adultes. L’Église gère 1 155 écoles du dimanche dans douze de diocèses.
Le Sri Lanka attend l’approbation du guvernement suite à la proposition du ministère des Affaires chrétiennes de rendre obligatoire, pour tous les élèves de 6 à 19 ans, l’éducation religieuse lors de l’École du dimanche. Le ministère avait auparavant consulté l’avis des prêtres catholiques sur cette idée. Le père Piyal Janaka Fernando, directeur du Centre national catéchétique, éducatif et biblique (National catechetical, educational and biblical center), a transmis leurs sentiments au gouvernement. Le ministère, qui a consulté les prêtres en se basant sur leur expérience, voudrait rendre l’École du dimanche obligatoire pour les bouddhistes, les catholiques, les hindous ainsi que pour les fidèles des autres religions.
L’idée avait été lancée en 2017 par le cardinal Malcolm Ranjith et par les responsables bouddhistes, dans une série de manifestations contre l’enseignement scolaire durant l’École du dimanche. Le cardinal Ranjith avait même écrit au président sri-lankais afin de demander que les classes de soutien soient interdites le dimanche de 6 heures à 14 heures afin d’éviter de perturber l’instruction religieuse. Beaucoup de tuteurs privés donnent des cours de soutien le week-end, car cela peut représenter pour eux un revenu supplémentaire non négligeable, à l’approche des examens de fin d’année.
L’Église catholique gère 1 155 Écoles du dimanche, où enseignent 13 000 professeurs pour environ 202 000 élèves dans douze diocèses sri-lankais. Une proposition sera soumise prochainement aux ministères en charges de toutes les religions, afin de réserver l’étude scolaire au reste de la semaine et l’enseignement religieux au dimanche, a déclaré le ministre des Affaires bouddhistes Gamini Jayawickrema Perera, lors d’un rassemblement à Kurunegala le 29 mars.

Pour la croissance des jeunes adultes

Le père Fernando suggère de donner des notes supplémentaires aux élèves qui viennent à l’École du dimanche. « Les notes obtenues durant l’École du dimanche, de même que leur présence, devraient être prises en compte plus tard », ajoute-t-il. « Le gouvernement devrait interdire les cours de soutien le dimanche et encourager les enfants à venir. » Pour le prêtre, tous les étudiants devraient être incités à participer aux examens de fin d’année de l’école du dimanche pour parfaire leur éducation. « Le gouvernement devrait également encourager les médias à organiser des programmes spécifiques pour les Écoles du dimanche », estime le prêtre.
Le père Fernando affirme que la Commission catholique pour le catéchisme et l’apostolat biblique a soumis un document au ministère des Affaires chrétiennes en mars, indiquant tous ces avis. La commission a également demandé au gouvernement de libérer des espaces dans les bibliothèques pour pouvoir stocker les livres religieux des paroisses. Elle a également demandé que les manuels standards de l’école du dimanche soient imprimés à l’échelle nationale pour établir un programme commun. En demandant que soient interdits les cours de soutien le dimanche, le cardinal Ranjith estimait, avec d’autres responsables religieux, que cela se faisait au détriment de l’éducation spirituelle des enfants.
Ayoma Nirudhi, qui enseigne à l’école du dimanche de Colombo, la capitale, a approuvé cette mesure, la saluant comme une façon efficace d’améliorer la participation à l’École du dimanche : « Actuellement, la participation est insatisfaisante, car beaucoup d’enfants ont des cours de soutien le dimanche et durant les jours fériés. Les Écoles du dimanche aident à la croissance des jeunes adultes. C’est une bonne chose pour le pays et cela raffermit leur foi. »

 

Source EDA

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Inde, Turquie, Chine, Indonésie…. Les persécutions chroniques des chrétiens

 

Source Christianophobie Hebdo

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Malaisie – Les fêtes de Pâques, symbole d’intolérance religieuse

Des dizaines de jeunes musulmans ont organisé, Vendredi saint, une danse devant la cathédrale Saint-François Xavier d’Ambon, dans la province de Maluku, en présence de Mgr Mandagi. Les fêtes de Pâques sont devenues, en Indonésie, un symbole contre l’intolérance religieuse croissante dans le pays, provoquée par les groupes islamistes indonésiens.

 

Depuis quelques années, de nombreux incidents indiquent une islamisation croissante du pays : politique privilégiant l’ethnie musulmane malaise, enlèvements inexpliqués, justice bâclée… Les minorités chinoises et indiennes, ou encore les populations indigènes de Sabah et Sarawak de Bornéo, en majorité chrétiennes, demandent de mieux faire respecter leurs droits et la liberté religieuse.
« Êtes-vous musulman ? » Chaque jour, quelque part en Malaisie, un officier pose la même question aux demandeurs de carte identité. Une question qui reflète à quel point l’islamisation de la Malaisie multiculturelle, pourtant fondée sur des principes séculiers, est accomplie. Ce n’est plus un secret : les services civils malaisiens, depuis l’indépendance de la Malaisie en 1957, se sont islamisés peu à peu. L’administration malaisienne, largement dominée par l’ethnie musulmane malaise, a joué un rôle majeur dans cette évolution. Aujourd’hui, les Malaisiens subissent les conséquences de cette ingérence des questions religieuses dans la politique administrative malaisienne. Les minorités chinoises et indiennes, ainsi que les populations indigènes des états de Sabah et Sarawak, à Bornéo, en majorité chrétiennes, sont de plus inquiètes face à l’islamisation du pays.
En 2007, le gouvernement a déclaré que le mot « Allah » ne pouvait être utilisé que par les musulmans, interdisant les traductions en Malaisien des écrits chrétiens contenant ce mot, y compris la Bible. Toujours en 2007, l’interdiction de la construction d’une statue taoïste dans l’état de Sabah et la destruction de temples hindous par les autorités locales, n’ont fait qu’enflammer davantage les tensions interethniques. Durant les années qui ont suivi, le gouvernement a laissé s’installer le conservatisme islamique. Les politiques islamiques ont gagné encore plus du terrain suite aux élections nationales de 2013, perdues par la coalition au pouvoir, qui avait alors réalisé sa pire performance électorale. Les droits des minorités ont subi de plein fouet cette tendance. En 2014, le chef de la police a refusé de respecter une décision de justice, lors d’une affaire concernant la garde d’un enfant. Les autorités islamiques se sont précipitées pour défendre sa position. Mais une telle opposition contre une institution d’état a posé la question de l’impartialité de l’application de la loi en Malaisie. Le chef de la police a prétendu qu’il avait pris cette décision à cause d’un conflit juridictionnel entre les tribunaux civils et islamiques. Autre fait troublant, les autorités sont toujours incapables d’expliquer la disparition de quatre travailleurs sociaux, dont l’un d’entre eux a été enlevé l’année dernière en plein jour, en périphérie de la capitale malaisienne, Kuala Lumpur.

Un « état dans l’état »

Une caméra de vidéosurveillance semble indiquer ce qui a pu se passer. Les images montrent un convoi de vans et de motos en train de bloquer brutalement le véhicule du pasteur Raymond Koh sur le côté de la route. C’est la dernière fois qu’il aurait été vu. L’enlèvement aurait duré en tout moins d’une minute. Plusieurs motards, témoins de l’évènement, l’ont signalé à la police. Sa famille ne croit pas à un enlèvement ordinaire. L’absence de demande de rançon leur suggère plutôt des motifs religieux. Le pasteur dirigeait l’ONG Harpan Komuniti (Communauté espérance) à Kuala Lumpur, qui vient en aide aux pauvres, aux mères isolées et aux drogués. En 2011, son organisation a été interpellée par les autorités islamiques malaisiennes, après avoir été accusée d’essayer de convertir des musulmans. L’accusation fut abandonnée par la suite, mais l’organisation a continué de subir des pressions.
On connaît moins le contexte de l’enlèvement du pasteur Joshua Hilmy – converti de l’islam – et de sa femme Ruth, également disparus en mars. Par ailleurs, Amri Che Mat, un travailleur social musulman, aurait été arraché de son véhicule en novembre 2016, dans le nord de l’état de Perlis. Il était accusé de prêcher l’islam chiite, interdit dans la Malaisie sunnite. Ces disparitions semblent liées et tout porte à croire que les quatre victimes sont détenues illégalement, mais la police paraît avoir bâclé son investigation. Même les musulmans commencent à se moquer du gouvernement, qui prétend que le Malaisie est une nation prônant un islam modéré. Les contradicteurs citent par exemple le cas d’un homme accusé d’avoir giflé une femme musulmane non voilée ; ou celui d’un jeune surpris en flagrant délit de vol, mais relâché après être arrivé au tribunal en habit islamique. Ou encore l’affaire d’un employeur musulman, accusé d’avoir torturé une domestique indonésienne et qui a pu s’en tirer avec un simple avertissement.

Ketuanan Melayu : domination malaise

En février, l’archevêque catholique de Kuching, Mgr Simon Poh, a été menacé par un groupe de musulmans devant un tribunal, en présence de la police. C’est la première fois qu’un tel incident se produisait dans l’état de Sarawak, aujourd’hui le seul état malaisien majoritairement chrétien. Inévitablement, les tensions interreligieuses malaisiennes continuent de grandir. La politique du gouvernement, appelée « Ketuanan Melayu » (littéralement « domination malaise »), cherche la suprématie de l’ethnie musulmane malaise. Le gouvernement a laissé s’installer un « état dans l’état » qu’il ne semble plus pouvoir contrôler. Les dernières disparitions et les fausses enquêtes qui ont suivi le montrent bien. En Malaisie, l’islamisation commence dès le berceau et ne fait que croître. Il semble impossible d’inverser la tendance. En Indonésie, l’arrestation récente de l’ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, également surnommé « Ahok », est un exemple des conséquences que pourrait avoir la politique malaisienne actuelle.
Quand le gouverneur Ahok a été condamné à deux ans de prison, le juge a déclaré que l’accusé était « coupable de blasphème ». La philosophie d’État indonésienne, la « Pancasila », inscrite dans la Constitution, reconnaît pourtant six religions, toutes à égalité devant la loi. Mais en réalité, quand une religion domine les autres, les principes fondamentaux de la nation importent peu. Chacun a ses croyances et croit qu’elles sont vraies. Chacun croit aussi que cela lui appartient. Alors quand l’État commence à vous demander quelle est votre religion, on comprend qu’il s’agit là d’une islamisation accélérée.

 

Source Eglise d’Asie

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Chine – La situation des chrétiens empire

Même si les communistes ne disent pas toujours ce qu’ils veulent faire, il faut admettre qu’ils font toujours ce qu’ils disent. Les nouvelles réglementations antireligieuses qui visent les chrétiens refusant de s’incorporer dans des structures contrôlées par le Parti, sont en train de se mettre en place en s’appuyant sur le maillage social dont les régimes totalitaires sont les spécialistes…

 

Suite à la mise en œuvre de la nouvelle Réglementation sur les affaires religieuses, en février, qui expose le contrôle plus strict du gouvernement sur la religion, les églises de la province centrale du Henan et de Pékin éprouvent le resserrement de la persécution religieuse.

Un chrétien, surnommé Wang, a déclaré que le département des affaires religieuses de la province du Henan, avait lancé une opération d’enquête et d’interdiction des églises chrétiennes qui ne sont pas enregistrées par le gouvernement. […] En attendant, 31 églises présentes dans le comté de Yahe de Nanyang ont été administrativement fermées en vertu « d’ordres venus d’en haut » Selon les fonctionnaires [qui ont procédé à ces fermetures]. Ils ont refusé de dire de quel département gouvernemental il s’agissait.

De même à Shangqiu dans le Henan, des fonctionnaires ont fait une descente dans une église domestique et menacé de démolir sa croix et tous les autres signes [chrétiens]. Un des policiers a déclaré qu’il avait « reçu un appel du commissariat de police » et qu’il agissait sur ordre du commandement de la police. Un chrétien anonyme a déclaré : « Les frères et les sœurs chrétiens les en ont empêchés mais ils enverront plus de monde dans les tout prochains jours ». De telles mesures de répression ne sont toutefois pas limitées au Henan. Dans le district de Chaoyang de Pékin, un organisme gouvernemental chargé des affaires ethniques et religieuses a publié un « Avis de lancement d’enquête sur les lieux de réunion privés chrétiens ». L’avis exige de tous les comités gouvernementaux de rues et de quartiers, ainsi que leurs instances subordonnées, d’appliquer la Réglementation sur les affaires religieuses et de prendre des dispositions au sein des différents départements gouvernementaux en vue de régler la question des églises domestiques. Il a également ordonné que les comités de rues et de quartiers s’associent sous la direction du Parti [communiste] pour répartir des tâches géographiquement et pour visiter ces églises. Les églises devront alors compléter le « Questionnaire sur la gestion spécialisée des lieux de réunion privés des chrétiens dans le district de Chaoyang », afin que le gouvernement local puisse analyser les caractéristiques de ces églises, identifier les problèmes soulevés et appliquer les mesures qui s’imposeront. Il a été demandé aux fonctionnaires de fournir le résultat de leurs recherches avant le 30 mars à 16 heures.

 

ChinaAid, 25 mars – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo

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Moyen Orient – Un chrétien tué toutes les 5 minutes…

Porte-parole du patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem – une Église qui compte environ 150 000 fidèles et dispose du plus grand patrimoine foncier en Israël –, le Père Gabriel Naddaf est un chrétien arabe de nationalité israélienne. Breitbart le cite ans un d’article d’intérêt de ce mois mais, toutefois, les propos du prêtre à CNA remontent à décembre 2014. Dès lors que son analyse n’a pas été démentie mais au contraire confirmée, il ne nous a pas semblé inutile de les publier.

 

Le Père Gabriel Naddaf, prêtre israélien né à Nazareth la ville où le Christ a grandi, est un défenseur éloquent des chrétiens du Moyen-Orient et il ne se déplace qu’avec une garde rapprochée, 24 heures sur 24, en raison des menaces de mort lancées contre lui. « Ce qui se passe au Moyen-Orient, c’est un génocide qui s’accomplit aujourd’hui, en ce moment même », a déclaré Naddaf à Catholic News Agency (CNA) à l’occasion d’un séjour en Espagne.

« Toutes les cinq minutes, un chrétien meurt au Moyen-Orient et les dirigeants musulmans le savent […] Cela fait des années que je le hurle mais le monde demeure silencieux » a-t-il déclaré en signalant que la région est en train de « se vider des chrétiens alors que c’est là que leur foi est née » […]

Le Père Naddaf a suggéré que les dirigeants chrétiens devraient signer une déclaration qui aborde ce génocide. « Ce que les dirigeants chrétiens font n’est pas suffisant. Quelque chose doit être fait pour sauver les chrétiens » sans exclure des solutions militaires « pour protéger les chrétiens sur place ». Israël, a déclaré le prêtre, est le seul des pays du Moyen-Orient où les chrétiens sont en sécurité. « En Israël, les chrétiens ne sont pas tués, leurs églises ne sont pas incendiées, leurs femmes ne sont pas violées », a-t-il déclaré. « Même si les chrétiens ne constituent qu’une minorité en Israël, nous jouissons d’au haut niveau de vie » a dit Naddaf. « Mais ce qui est le plus important c’est que nous avons une démocratie et la liberté de culte. Lorsque des voix s’élèvent contre l’État d’Israël, c’est la preuve que ce pays est une démocratie saine. Car dans les pays islamiques situés tout autour de nous c’est le contraire qui se passe ». Breitbart, 23 mars – © CH pour la traduction.

 

Source Christianophobie Hebdo

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Chine – Un évêque enlevé par les communistes

Alors que le Saint-Siège négocie un accord avec Pékin (malgré la persécution acharnée de l’Église clandestine par les communistes), voici un nouveau camouflet reçu du Parti.

 

Mgr Vincent Guo Xijin, évêque de Mindong (Fujian) a été enlevé par la police dans la nuit du 26 mars. Le Père Xu, vicaire du diocèse a subi le même sort. Mgr Guo, âgé de 59 ans, est l’évêque du diocèse, reconnu par le Vatican, mais non par le gouvernement. Ces tout derniers mois, il avait été approché par Mgr Claudio Maria Celli, archevêque et diplomate du Vatican [président émérite du Conseil pontifical pour les communications sociales] qui lui avait demandé d’abandonner son siège épiscopal à Mgr Vincent Zhan Silu, évêque excommunié [par le Saint-Siège], mais reconnu par le gouvernement. En échange de quoi Mgr Guo aurait été nommé évêque auxiliaire du diocèse. La rétrogradation de Mgr Guo, ainsi que la démission de Mgr [Pierre] Zhuang [Jianjian], évêque de Shantou [reconnu par le Saint-Siège, mais non par le gouvernement], avaient été salués comme un signe d’accord « historique » entre le gouvernement chinois et le Vatican. Hier [26 mars] à 15 heures, Mgr Guo a été convoqué au Bureau des Affaires religieuses où il a rencontré des officiels au moins pendant deux heures. Le contenu de leurs échanges est inconnu. À 19 heures il a regagné la résidence épiscopale et préparé ses bagages comme s’il devait partir. À 22 heures, on est venu le chercher. […] Selon des témoins, il aurait été enlevé pour avoir refusé de concélébrer durant les fêtes de Pâques avec l’évêque illégitime Zhan Silu. Zhan Silu est un des sept évêques illégitimes en attente d’une réconciliation avec le Pape, réconciliation qui doit encore se faire ou, peut-être, va être rendue publique.

AsiaNews, 27 mars – © traduction CH.

 

Source Observatoire de la Christianophobie

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