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L’édito – Savez-vous aimer à la mode d’aujourd’hui ?

Dans cet âge où aimer se conjugue à l’éphémère, nous avons perdu de vue qu’aimer est d’abord un acte avant d’être une émotion. Un acte qui suppose un mouvement hors de soi, tout autant qu’un mouvement en soi. Aimer c’est en effet se donner à un autre, mais pour se donner encore faut-il être reçu. Aussi aimer est un acte double de don de soi et d’ouverture de soi. Ouverture pour laisser passer le don que nous faisons de nous. Ouverture pour laisser entrer le don de l’autre qui nous est fait. L’amour est donc un double mouvement de don et d’ouverture, c’est-à-dire de don et de réception. Il n’y a pas d’amour vrai sans ce double mouvement. Fondamentalement, aimer c’est aussi être appelé par l’autre. Quelque chose nous a touché et a sollicité en nous le désir. Mais si ce désir n’est pas aussi don, il est captateur de l’autre pour moi. Finalement, je n’aime pas l’autre pour lui, mais pour ce que j’en retire moi. La relation qui se dit amour n’est finalement que possession en vue de la jouissance jusqu’à consommation, c’est-à-dire disparition des effets de cette usage de l’autre. C’est une des visions modernes de l’amour qui n’est autre qu’un paravent de bonne conscience à l’hédonisme. Cette forme précise de l’hédonisme qui entend ne se priver de rien pour son plaisir. Un plaisir vu non comme l’absolu du bonheur, mais comme la satisfaction, toujours à renouveler, parce que volatile d’un certain bien-être qui ne supporte pas le vide, le manque, entendons, la souffrance. L’hédonisme des temps modernes est compensatoire. Il tente de combler un vide plus existentiel, précisément celui de l’amour authentique du don et réception qui, lui, est profondément comblant.

Corollaire ce cet hédonisme sécuritaire, avez-vous remarqué ce que la société met sous l’expression « aimez-vous les uns les autres » ? Que nous reproche-t-on lorsque nous refusons les PMA, GPA, avortements, euthanasies et autres mariages pour tous, sinon de ne pas avoir de cœur, de ne pas aimer. L’incompréhension de nos contemporains porte sur le fait que nous refuserions de soulager la souffrance des autres. De glissement en glissement, la nouvelle norme de l’amour en société n’est pas l’hédonisme en lui-même, mais l’éradication de la souffrance. Aimer son prochain, n’est pas d’abord un acte de don et contre don, ni une recherche du mieux pour lui, mais éradiquer sa souffrance. Tels sont les « éléments de langage » amoureux de toute la dynamique actuelle de la culture de mort

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L’édito – Game over – La vie n’est pas prédestinée mais responsabilité

Le fauteuil depuis lequel nous contemplons notre aujourd’hui comme notre hier et à partir duquel nous sommes en train d’écrire demain est tissé des choix que nous avons fait à chaque carrefour de notre vie. Un tissage toutefois brodé à partir de notre vérité la plus profonde.  Nos charismes, nos forces, nos faiblesses, mais aussi nos limites sont le caryotype de base de la vie que nous avons déployée, depuis que nous sommes en mesure de faire des choix jusqu’à cet instant où je déguste un Cognac de grande renommée dans ce Chesterfield craquelé duquel je m’apprête à poser de nouveaux choix de vie pour demain.

Pourtant, sur ce fond inamovible que j’aurais transporté quelque furent mes choix à chaque carrefour, de nouveaux traits, de nouveaux acquis, mais aussi de nouvelles contraintes, de nouvelles limites sont venues tisser le vêtement dont je m’habille chaque matin pour construire demain. De sorte qu’à chaque carrefour je réinvente le possible, j’écris de toutes pièces un nouveau scénario.

Combien de carrefours un homme de 80 ans a-t-il franchi ? Combien de centaines d’autres vies aurait-il pu créer ? Combien d’autres possibles sommeillent en lui ? Sur ce fond de départ que la naissance lui a donné en apanage, combien de visages de lui n’ont pas vu le jour et combien d’autres encore demeureront endormis ?  Nos vies sont ce que nos choix en ont fait. Mais aurions-nous été plus heureux, au contraire plus malheureux, ou simplement heureux différemment en empruntant une autre allée il y a quelques années ?  Aurions nous fait plus de bien ? Donné naissance à d’autres enfants ?

Sans sombrer dans le stérile regret, qu’il est fascinant de voir combien nous sommes maîtres de notre destin et que parmi une multitude de vies, nous sommes aujourd’hui ici parce que nous l’avons construit. Parfois les carrefours semblaient se fermer et ne nous laisser qu’une seule voie ouverte, mais n’avons-nous vraiment eu que des sens-uniques à chaque carrefour précédent celui -ci ?  Autant dire que si nous avons écrit l’histoire, nous pouvons dessiner l’avenir.

Une question demeure cependant. Aurai-je été foncièrement différent ? Les mauvais choix sont-ils indélébiles en moi ? Revenir en arrière permet-il d’emprunter un autre sentier ?  De bifurquer à un meilleur carrefour ? Insoluble question car nous n’y répondrons jamais qu’avec ce que le chemin dans lequel nous sommes à fait de nous aujourd’hui et non depuis ce que nous étions hier au moment de bifurquer.

Et pourtant combien il serait fascinant de découvrir ces multiples autres moi qui sommeillent en moi et que chaque carrefour réveille ou endort à jamais.

Game over ! à chaque carrefour repartir à zéro et vivre sa vie à nouveau ! La vie n’est pas prédestinée, elle est responsabilisée. Nos choix, même sous l’emprise de la tentation demeurent les nôtres. On peut subir sa vie ou la construire. Mais même la subir demeure un acte dont nous sommes seuls responsables. Dieu nous aide et nous appelle. Le démon nous entrave et nous appelle à un autre chemin. Mais ce n’est ni Dieu ni Satan qui choisit. Le croire serait se déresponsabiliser et réduire l’homme à une marionnette privée de liberté. Même une impasse qui prive de liberté apparente est le résultat de choix antérieurs, responsables… ou pas.

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L’édito – Eucharistie œcuménique, communion ou sacrilège ?

En quinze jours, deux archevêques ont présidé une messe d’apparence œcuménique. Le premier, dans le sud de la France, a invité un pasteur à se joindre à la concélébration. Le second a invité le chœur anglican d’une cathédrale jumelée à chanter la messe qu’il présidait. Communion ou sacrilège ? Nous pâtissons aujourd’hui d’une incompréhension du geste liturgique, réduit à l’état de symbolique horizontal, il a peu à peu perdu le sens de la symbolique verticale. Nous avons tendance à multiplier les gestes d’ouverture fraternelle pour manifester une communion imparfaite. En faisant cela, nous voulons mettre en valeur ce qui nous rassemble et nous unit plus que ce qui nous divise et nous sépare. Louable intention, reposant sur les semina verbi, ces semences du Verbes présentes en toute erreur. Mais, en refusant de voir la vérité de ce qui blesse la communion, nous préférons parler de communion imparfaite, glissant peu à peu vers une communion à géométrie variable, elle-même glissant à un minimum suffisant pour parler de communion, là où, la vérité est, en réalité, absence de communion. Nous avons tellement peur de la différence que nous en venons à avoir peur de la vérité et entrons dans un relativisme symbolique dangereux pour la vérité et par là pour le salut. Saint Cyprien de Carthage, en prise avec les schismatiques, invitait à regarder la cohérence du symbole et du réel. La liturgie est symbolique si elle est cohérente avec ce qu’elle signifie. Or, si, comme le dit le pape d’Afrique, les fidèles sont unis dans le pain eucharistique, comme les grains de blé dans le pain quotidien, c’est parce qu’ils sont en communion avec le Christ, Fils et tête de l’Eglise qu’est l’évêque, ce sacrement d’unité visible. Il ne peut y avoir de communion entre fidèles si ceux-ci ne sont pas unis au Christ tête. Et comme le dit le même saint Cyprien, il ne peut y avoir deux autels de Dieu. Où les fidèles sont sacramentellement unis au Christ par l’Eglise et sont en Lui, par Lui et avec Lui à l’autel, où, même physiquement présents au cours d’une messe, ils ne sont pas présents à cet unique autel. Multiplier les passerelles, dialoguer sereinement, prier ensemble sont de bonnes choses évidemment. Mais célébrer l’eucharistie sans la communion est peut-être une volonté visible de rapprochement, mais ce n’est pas une réalité spirituelle. L’illusion de communion en surface n’est pas cohérente avec la vérité de rupture des Eglises. Ainsi, au moment le plus pur de notre relation intime avec Dieu, de notre communion dans et par l’Eucharistie, nous introduisons un élément impur s’il en est, le mensonge. L’acte liturgique de la messe pour être communion doit effectivement être communion et non symbolique de rapprochement. De multiples autres lieux et actes sont possibles et même souhaitables, mais la vérité, même refusée, reste la vérité. Si proches sommes-nous, nous ne sommes pas en communion. Outre le sacrilège de déchirer le lien entre acte liturgie et cohérence de la vérité, nous introduisons un relativisme dangereux, par lequel la vérité elle-même semble diffractée dans des communions aux contours flous et finalement sur mesure.

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L’édito – Amour et bons sentiments, vérité et illusion

S’il est un mot galvaudé de nous jours c’est bien « amour ». Il est servi à toutes les sauces et particulièrement les plus sucrées, oubliant les zests d’amertume, les piments violents et autres traits acides. L’amour est devenu l’idéal doucereux d’un vivre ensemble illusoire. Qui a vraiment aimé sait que l’amour fait souffrir. Le manque de l’autre est une plaie, l’inquiétude de son devenir n’est pas toujours un long fleuve tranquille, les sacrifices qu’il impose sont parfois (souvent pour des parents) amers et corrosifs. Bref, l’amour ce n’est pas (que) une partie de plaisir. L’amour c’est exigeant, décapant, passionnel autant que transcendant et merveilleusement unique. Aimer suppose de savoir dire oui aussi bien que non « pour le bien de l’autre », comme pour le sien. Mais si on aime pour le bien de l’autre et pour le sien, encore faut-il savoir ce qu’est le bien de l’autre et le sien propre. Voilà pourquoi le psaume nous dit sans relâche qu’amour et vérité s’embrassent. Il n’y a pas de vérité sans amour, ni d’amour sans vérité. Et c’est là que la pensée de nos contemporains et de bien des catholiques aussi, achoppe. Les bons sentiments qui peuvent nous animer pour soulager une souffrance ont pris le pas sur l’amour à la recherche du bien réel de l’autre. Le bon sentiment s’émeut d’une situation douloureuse et veut la résoudre coûte que coûte, sans chercher à voir les conséquences de cette résolution immédiate. L’amour prend en compte la douleur présente dans sa globalité avec le reste de la vie, celle de celui qui souffre, celle du monde dans son entier et celle de sa relation à Dieu. Aujourd’hui, sous couvert d’un amour coupé de la vérité on prône des actes et des comportements contraires au bien de l’homme, en jouant sur les bons sentiments, c’est-à-dire sur la douleur provoquée en soi par la souffrance de l’autre. Or bien souvent ces bons sentiments posent des bombes à retardement dont la déflagration sera, ci et dans l’au-delà, pire que la douleur présente, parce qu’elle ne sera pas soignée, mais endormie ou détournée. Telle est le drame des campagnes pro IVG, pro euthanasie et autres PMA, GPA

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L’édito – « Attirons le juste dans un piège, car il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu »… étonnante actualité

Les impies ont invité la Mort, du geste et de la voix ; la tenant pour amie, pour elle ils se consument ; ils ont fait un pacte avec elle : ils méritent bien de lui appartenir. Ils ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : Écrasons le pauvre et sa justice, soyons sans ménagement pour la veuve, et sans égard pour le vieillard aux cheveux blancs. Que notre force soit la norme de la justice, car ce qui est faible s’avère inutile. Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ; car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange. Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. » C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée. Or, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité. C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ; ils en font l’expérience, ceux qui prennent parti pour lui.

 

Livre de la Sagesse 1,16 – 2,1.10-24

N’est-ce pas une étonnante prophétie du tourment que représentent les catholiques pour ce monde et particulièrement ceux qui le gouvernement ?

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L’édito – L’Afrique catholique au prix du martyre

Nous l’oublions parfois, mais nos racines chrétiennes passent par l’Afrique antique. Cette frange de terre au nord, proche des mers et fortement romanisée, est le berceau du monachisme et de nombreux pères de l’Eglise dont l’immense saint Augustin. Ravagée par les barbares, l’Afrique ne cessa de devenir au fil des siècles plus chrétienne, juqu’à l’arrivée de l’islam au VIIème siècle. Une reprise, plus ou moins enracinée avec la colonisation occidentale, a redonné de l’élan aux vielles communautés, jusque là opprimées comme dhimmis. Lentement abandonnées par la décolonisation, progressivement remise sous la domination musulmane, ces communautés chrétiennes, même dans les pays fortement et ouvertement christianisés, sont aujourd’hui la cible de violences, de vexations, d’exactions et de nombreux meurtres. Chaque semaine et par moment chaque jour nous publions l’annonce dramatique d’un meurtre, d’enlèvements, de discriminations.  Dans l’indifférence générale, au mieux sous quelques smiley en larmes, l’Afrique chrétienne meurt dans le sang de ses martyrs. C’est une réalité qui nous semble lointaine parce que pour nous Français, l’Afrique est la manne de prêtres pour diocèse en carence. Et s’il est vrai que la vitalité catholique est forte sur le continent, la réalité quotidienne est de plus en plus douloureuse, comme vous pourrez le constater dans les articles parus ces derniers jours sur InfoCatho. Une situation douloureuse, mais comme toujours probablement porteuse d’espérance, le sang des martyrs étant semence de chrétiens, comme le disait au IIème siècle la lettre à Diognète.

 

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L’édito – Tolérer ou respecter ?

 

 

La tolérance est le grand mot de notre époque. A moins que ce ne soit un des grands maux de notre temps. A y regarder de plus près, prôner la tolérance revient à dire « fichez-moi la paix et je ferai de même ». La tolérance est la sacralisation du pré carré, des droits particuliers. Elle est la juxtaposition de situations potentiellement conflictuelles maintenant un vivre ensemble instable et précaire. Tant que l’autre me laisse vivre ma vie, je fais de même. Au fond la tolérance est une forme d’individualisme de bonne conscience. Tolérer, étymologiquement, c’est supporter. Pas supporter comme on supporte une équipe, mais supporter la présence de quelqu’un, sous-entendu dont on se passerait bien. Je me souviens, lors d’un meeting de François Bayroux, il y a une quinzaine d’années, ce dernier prônait la tolérance et l’exemple de son invitée la présidente de « ni pute ni soumise ». Celle-ci lui coupe la parole et proteste « mais nous ne voulons pas être tolérées ! Nous voulons être respectées ! » Voilà quelqu’un qui vivait dans sa chaire même, ce que la tolérance a de discriminant. Tolérer masque les désaccords d’une vapeur d’hypocrisie auto protectrice, jusqu’au moment où le conflit dégénèrera en rapport de forces. Au contraire, dans le respect, c’est la personne qui est prise en compte, avant-même ses opinions et ses croyances. Et ainsi nous pouvons faire la différence entre respecter sans condition la personne humaine qui se trouve en face de nous et ses opinions que nous pouvons désapprouver publiquement. Respecter pose le primat de la personne, là où tolérer sacralise le conflit d’idées. Aujourd’hui, pour éviter toute discussion, on prône la tolérance. Mais ce n’est qu’un faux-fuyant pour botter en touche. Si nous ne voulons pas nous laisser museler par l’illusion tolérante, il nous faut recentrer le débat sur le respect, sans quoi le débat sera rendu de facto impossible. Mais telle n’est-elle pas la volonté de ce monde ?

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L’édito – Ces églises désormais encombrantes

C’est semble-t-il une préoccupation de la rentrée. Eglises à vendre, patrimoine religieux en ruines, bâtiments sous voire plus utilisés, que faire de ces églises désormais encombrantes pour les paroisses, les diocèses, les municipalités et l’Etat ? C’est la question que s’est posé le diocèse de Nancy à l’occasion d’un colloque, c’était l’objet d’un studieux rapport de Mgr Habert chargé de cela par la conférence épiscopale l’an dernier. La question n’est pas strictement française, puisque la Belgique, le Luxembourg ou encore le Québec ont chacun tenté des réponses variées. En France les pratiques divergent et évoluent selon, il faut bien le souligner, la vision même que les uns ou les autres ont de l’Eglise. Vente pure faute de moyens, avec ou sans attention au devenir ultérieur de l’usage du bâtiment. Situation qu’on laisse pourrir pour pouvoir ordonner une destruction pour raison de sécurité. Reconversion à usage pastoral, semi pastorale. Partage du lieu avec d’autres chrétiens ou l’islam. Les possibilités sont nombreuses, mais sont-elles toutes souhaitables ?

Plusieurs questions se posent quant au devenir des bâtiments catholiques et si l’église est le plus emblématique, il en va de même des séminaires, évêchés, presbytères et autres monastères. Dans l’histoire de l’Eglise, les monastères qui ferment, repartent ou s’effondrent est un élément récurent que nous oublions aujourd’hui, parce que nous constatons la friche de ruines dans son ensemble, comme s’ils avaient tous été abandonné en ce XXème siècle païen ou pour cause révolutionnaire. Mais une église qui ferme ne nous est pas habituel. Dans l’histoire de France, on pouvait les détruire, mais pour les agrandir. Ici la vétusté et le coût contraignent à l’abandon. Il est vrai que moins de fidèles fréquentent le culte, mais, comme le soulignait Mgr Habert, beaucoup, fidèles ou non, viennent déposer leur prière dans des petites églises perdues et anonymes. Des chapelles désertes, de tailles plus moins modestes ont toujours recouvert le sol de France, comme une porte toujours ouverte vers le Ciel. Notre âge, qui a peur du vide et de l’inutile, oublie, au-delà des aspects financiers, qu’une église, même vide 80 % du temps, emplit le paysage urbain ou rural de Dieu. Cela seul est déjà « utile ». Dans un autre édito nous avions abordé l’autre question pratique que pose ces églises reculées et désertées. Qui les ouvre et les ferme ? Qui les maintient agréables et vivantes ? Toute une réflexion sur la pastorale des pierres qui parlent devraient s’inspirer de la simple présence silencieuse qui loin d’être un enfouissement stérile demeure un phare dans la nuit des hommes. Nous cherchons à faire, à remplir, quand nous devrions permettre à ces pierres d’être et de dire et surtout de continuer à les laisser dire la présence de Dieu dans le monde. D’un côté on multiplie les colloques pour savoir que faire, de l’autre, dans un rapport pourtant porté par la conférence des évêques, on préconise de laisser être. Certes nous ne pouvons plus, faute de nombre être aussi présent dans le monde. Pourtant, la permanence de ces églises, de ces chapelles, de ces calvaires, dans le paysage remplit, bien mieux que nous ne saurons le faire en cherchant à « regrouper pour mieux s’agiter », cette mission de présence et plus encore de porte ouverte sur le Ciel.

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L’édito – Le grand retour de Saint Michel ?

Le pape François n’a jamais eu peur de parler du diable contre lequel il ne cesse de mettre en garde. InfoCatho a relayé de nombreuses interventions et interview pontificales au cours desquelles le successeur de Pierre rappelait les tactiques du diable et son action incessante. C’est donc tout logiquement qu’il a appelé les catholiques du monde entier à prier l’archange pour garder et protéger l’Eglise. Il a même fait installer une immense tapisserie de saint Michel sur la place Saint-Pierre. Dans la foulée, plusieurs évêques américains ont rétabli la prière à Saint Michel qui concluait, jadis, les messes dans toute la chrétienté. Il n’est pas impossible qu’il y ait un lien entre la forte emprise du démon sur l’Eglise et l’abandon de cette prière, véritable bouclier protecteur en décomposition.

Pourquoi alors ne pas reprendre, en France, mais simplement individuellement à défaut d’une invitation officielle, cette prière post missae à notre compte et revivifier ainsi ce dôme protecteur ? Bien des fidèles ne croient plus au diable et pas davantage aux anges. Telle est peut-être la grande victoire du démon en ce XXème siècle agonisant dans le XXIème, avoir persuadé le monde qu’il n’existait pas. Pourtant, s’il est un combat urgent, c’est bien de le mettre en pleine lumière, car la lumière agit sur lui comme la soude sur le corps le plus robuste. Mais affronter Satan, à force humaine, est illusoire. En revanche avec saint Michel, la victoire est assurée, parce que telle est sa mission, combattre le démon pour protéger l’Eglise et les hommes. Encore faut-il qu’Elle/ils le veuillent et le lui demandent.

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L’édito – Nous ne possédons pas les clefs du Ciel, mais la boussole pour se présenter devant la porte

Lorsque le Christ nous dit « je suis le chemin, la vérité, la vie », Il nous indique deux choses fondamentales. D’une part qu’Il est le chemin, qu’Il est la vérité, qu’Il est la vie et d’autre part qu’en Lui chemin, vérité et vie ne font qu’un. Autrement dit, le chemin qui conduit à la vie est la vérité. Le Christ chemin, nous conduit par le Christ vérité, au Christ vie. Ce qu’il nous signifie en précisant ailleurs, qui veut aller vers le Père doit passer par Moi. Ajoutant en un autre endroit « qui n’est pas avec Moi est contre moi », à savoir contre le chemin, c’est-à-dire s’en éloigne, contre la vérité, c’est-à-dire prône le mensonge, contre la vie, c’est-à-dire propose la mort. Quiconque s’éloigne des paroles et des actes du Christ trace sa propre route et, perdant le chemin, s’enfonce dans les ténèbres de la mort. Le Christ, Verbe et Sagesse du Père, que dans l’ancienne Alliance les prophètes ont annoncé, celui dont ils ont parlé, comme le révèle Jésus à la synagogue de Nazareth, le Christ est ce qu’en dit le psaume, amour et vérité qui s’embrassent. L’amour sans la vérité reste un bon sentiment, un élan du cœur, mais n’est pas de l’amour. Il faut à l’amour pour être authentique, la vérité. Or cette vérité est le chemin de l’amour, le chemin vers Dieu. Si Dieu seul sonde les reins et les cœurs et connait la vérité profonde de chacun, son parcours, ses épreuves, ainsi que la vérité de sa vie, de son cheminement, nous, vu de l’extérieur, nous ne connaissons que la vérité objective, celle laissée par le Christ pour aller, par Lui vers le Père. Il ne nous appartient pas de « donner le Ciel ». Si l’Eglise a le pouvoir des clefs, tous les fidèles sont chargés non d’ouvrir les portes, mais d’aplanir les routes, de mettre la lumière sur la montagne. Pourtant, bien des paroles bradent la vérité au motif de donner le Bon Dieu sans confession. Or ceci ne nous appartient pas. Dieu seul, dans un raccourci divin, pour reprendre saint Cyprien, peut, s’il le veut, « donner le bon Dieu sans confession », parce qu’Il connait les reins et les cœurs. Nous ne possédons pas la clef du Ciel (étant sauf le pouvoir des clefs), mais nous possédons la boussole de vérité qui conduit devant la porte du Ciel. Tronquer la vérité, sous couvert de charité, revient à dénaturer la route, détourner de Dieu et par là faire le jeu de Satan et s’attribuer les prérogatives de Dieu. Car en définitive, nous n’allons pas au paradis parce que Dieu nous aime, mais parce que nous aimons Dieu. Les querelles politiques et sociales actuelles et les déviances de certains médias revendiqués catholiques ne sont malheureusement que des chausse-trappes et des illusions de miséricorde. Elles reprennent la suavité trompeuse du serpent « mais non Dieu se trompe, mange de l’arbre et tu seras comme un dieu ». « Comme » un dieu  qui décide du bien et mal, alors que le Christ nous propose d’être enfants de Dieu, participants au bien et à la vie même de Dieu.