A la une #NLQ

L’édito – Couvrez-moi ce Satan que je ne saurais voir !

 

Belle tartufferie que de nier l’existence de Satan. Et pourtant, même en constatant le mal dans le monde, des chrétiens ont bien des difficultés à (s’)avouer l’existence de Lucifer. Affreuses légendes, simple principe contraire du bien, amulette pour enfant turbulent, oppression culpabilisatrice pour maintenir les pauvres d’esprit sous la coupe des puissants… Satan a multiplié les « voiles pudiques » pour tartuffes modernes. Il n’est pas ici le lieu d’un traité de démonologie qui pourtant mériterait, de notre part, une bien grande attention. Même pour celui qui croit en l’existence du prince des enfers, il est difficile de le regarder en face. Il fait peur, il inquiète, il terrifie, parce qu’il fait mal, parce qu’il est brillant, parce qu’il est trompeur, parce qu’il est plus fort que nous. Comme un chef autoritaire, il hurle et répand la crainte pour éviter qu’on regarde de trop près ses faiblesses, ses failles. Pourtant, les choses sont simples et très binaires. Lucifer ne veut pas que l’Homme vive dans l’harmonie amoureuse avec Dieu, prenant ainsi l’humanité en générale et chaque être humain en particulier, en tenaille, réduisant l’un et l’autre à un champ de bataille, comme le rappelle saint Ignace de Loyola. Nous sommes personnellement un enjeu entre Dieu et le démon. Dieu veut nous sauver pour nous offrir l’amour et Satan veut nous arracher littéralement à cet amour. Les tentations, les combats spirituels, les possessions démoniaques parfois sont autant de lames que les sbires de Satan affutent pour nous couper de la vie divine. Les grâces, les sacrements, la prière, les saints, l’Eglise sont les armes et les boucliers par lesquelles Dieu nous invite à triompher. Mais le démon ne réduit pas son combat aux limites de notre cœur et de notre âme. Il les assaille et les encercle par un autre champ de bataille : la société qui nous entoure. Lois scélérates, perversions multiples, mensonges généralisés ne sont qu’un petit panel de l’arsenal démonique pour faire du monde social, politique et économique, une chausse-trappe permanente. Mais Dieu nous a donné un immense et précieux bouclier qu’est la morale qui, sise sur la vérité, permet de distinguer le bien du mal. Distinction que le démon cherche à annihiler pour mieux enfermer les hommes dans sa nasse. Nier l’existence du démon ou, tel un enfant, se cacher les yeux en espérant que le démon ne nous atteindra pas est suicidaire tout autant collectivement que personnellement. Nous ne nous battons pas contre Soros (voir notre édito d’hier) ou des lobbys. Nous sommes appelés à bouter le Satan hors du Royaume. Le combat est spirituel, éminemment, mais il est incarné et charnellement quotidien. Rester dans les sphères angéliques de la prière ne peut suffire. Pas davantage que se contenter d’un combat matériel et humain. C’est irrigués par les armes du Ciel que nous pourrons faire triompher le royaume par un combat on ne peut plus « terre à terre ». Nous sommes entre Ciel et terre. Refuser de voir que l’univers invisible est une donnée concrète et réelle de ce qui se passe dans l’univers visible est tout autant une incompréhension du Credo que la pierre d’achoppement du règne du Christ en ce monde.

Dans le Monde #Orient

Le christianisme est en danger en Syrie à cause de l’Occident

Le danger principal ne vient plus de l’État Islamique, mais des milices
rebelles que l’Occident continue à soutenir – et à armer – contre tout
bon sens. C’est ce que dénonce le Révérend Ashdown, vicaire anglican
et spécialiste du Moyen-Orient.

 

Deux mille ans de christianisme en Syrie pourraient être balayés par les forces mêmes que les gouvernements occidentaux soutiennent, vient de déclarer un vicaire anglican.

Le Révérend Andrew Ashdown, qui a effectué dix voyages en Syrie depuis 2014 et prépare un doctorat sur les relations entre chrétiens et musulmans dans ce pays, a accusé les nations occidentales et les responsables ecclésiastiques occidentaux de « négliger les chrétiens syriens ». Le Révérend Ashdown s’est rendu en Syrie en avril dernier avec un groupe composé du chanoine Giles Fraser, de la baronne Cox, de Michael Langrish et du Dr Erica Hunter, experte du christianisme moyen-oriental et [maître de conférences] à la Faculté des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Ce groupe a été critiqué pour ne pas avoir annulé ce voyage q u e l q u e s heures à peine après que des aviateurs britanniques, français et américains eurent mené des frappes contre des sites de prétendues armes chimiques du régime du président Bachar al-Assad. La frappe aérienne près de Homs, avait été ordonnée en réplique à une supposée attaque chimique et fut soutenue par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. S’adressant à un auditoire à la SOAS, le Révérend Ashdown a déclaré que de nombreux Syriens considéraient les chrétiens comme essentiels à l’équilibre d’une société syrienne pluraliste. Il a cité un écrivain musulman de Damas qui lui a dit :

« Je vous parle comme musulman. Quand vous rentrerez chez vous dites à votre pays de ne pas se soucier des musulmans, mais dites-lui de se soucier des chrétiens, car si votre pays arrive à se débarrasser d’Assad et que les militants gagnent ce conflit, les chrétiens disparaîtront de Syrie. Et la Syrie sera détruite. Et ce sera au tour de l’Europe d’être détruite… » […]

Le Révérend Ashdown a donné plusieurs exemples de musulmans qui ont défendu les chré­tiens […] Ils lui ont dit : « Nous donnerons nos vies pour défendre les chrétiens en Syrie car, sans leur présence dans ce pays, la Syrie ne sera plus la Syrie. »

World Watch Monitor, 11 juin – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo

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L’édito – Damnation par ignorance

 

Damnation par ignorance, voilà bien un titre inquiétant ! Notez qu’il n’est pas dit pour ignorance, mais par ignorance. Ouf ! ce n’est pas le fait même d’ignorer qui damne, mais les conséquences de l’ignorance qui nous mettent sur le chemin de la damnation. Mais comment donc ? Dieu nous damnerait ? Poser ainsi la question révèle une double ignorance. Cela peut sous-entendre que la damnation n’existe pas. Allons allons ! suffit ces fadaises d’ancien régime conciliaire. Nous irons tous au paradis.  Bien ! premier remède, lire la Bible et noter tous les passages où il est question de damnation (prendre un peu de temps, il y en a un nombre certain) Poser la question de cette façon laisserait aussi supposer que Dieu du haut de son trône de justice damne certains êtres humains. Pourtant, il est dit à plusieurs reprises dans l’Evangile que nous nous condamnons nous-mêmes par nos propres actes, lesquels sont nos juges. Finalement, Dieu ne fait que ratifier une sentence prononcée par nos propres juges. Et la miséricorde dans tout ça ? Mais la miséricorde est une réponse de Dieu à notre désir de miséricorde. Si nous ne voulons pas de la miséricorde, cette dernière glissera sur nous comme l’eau sur les plumes d’un canard. En effet, la miséricorde, comme la justice sont amour et vérité. Il est impossible de forcer l’amour, pas même pour Dieu. Alors quel est le fond du problème ? Simplement en nous même, car nous n’allons pas au paradis parce que Dieu nous aime, mais parce que nous aimons Dieu dans la mesure où le paradis ce n’est pas éviter l’enfer, ni se retrouver tranquillement pour un barbecue du week-end. Le paradis c’est la vie amoureuse intime avec Dieu. L’enfer, c’est l’éternité privée de l’amour de Dieu que nous avons refusé. Ainsi, la damnation est une exclusion par nous-mêmes de l’amour de Dieu et plus exactement de la vie intime amoureuse avec Dieu. Le paradis, à l’inverse, c’est jouir de l’amour de l’être aimé. Et notre vie consiste à apprendre à aimer Dieu pour toujours davantage en être rempli. L’amour suppose la connaissance (qui n’est pas le savoir), ce qui est le principe même de la contemplation. Se tromper sur Dieu c’est regarder et avancer dans une mauvaise direction. Voilà pourquoi nous pouvons en arriver, chemin faisant, à nous damner par ignorance. La formation qui débouche sur la connaissance contemplative amoureuse n’est, pour le catholique, pas une option, mais une nécessité. Qui ne veut pas se former, se cherche et s’aime plus qu’il ne cherche et aime Dieu. Ainsi, dans ce monde comme dans l’autre, il a et aura l’objet même de sa quête, lui-même.

C’est pourquoi, InfoCatho publie chaque jour un ou deux articles de formation qui sont pourtant parmi les moins lus de notre site. Le catholique a, parmi les chrétiens, la réputation de ne pas connaître sa foi d’être peu formé. Pourtant….

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L’édito – « Si Dieu me permet d’avoir un enfant, peu importe le moyen »

 

« Si Dieu me permet d’avoir un enfant, peu importe le moyen », Tel est le titre militant de Libé pour tenter de faire pencher les indécis en faveur de la PMA. Procédé logique dans l’esprit relativiste ambiant, il suffirait de montrer que tous les catholiques ne pensent pas comme le Vatican et que même certains au Vatican ne pensent pas comme le Vatican, pour laisser entendre que majoritairement les catholiques attendent d’être officiellement libérés de ce carcan romain pour choisir librement la vraie liberté, la véritable égalité. Une façon de laisser croire que les positions de l’Église sont tout aussi archaïques que relativistes. Une manière de vouloir faire pression, selon le sacrosaint rapport de force qui tiendrait lieu de vérité universelle du moment.

C’est oublier que les catholiques sont capables de penser par eux-mêmes et que la foi catholique n’est pas un carcan idéologique, mais une libre adhésion. Liberté intellectuelle que la presse de gauche refuse de plus en plus à toute personne qui justement serait capable de penser par elle-même plutôt que par Libé et autres groupuscules libertaires. Il est du reste saisissant de voir qu’une idéologie plutôt revendiquée à gauche emboite le pas le plus libéral en la matière. Comme quoi… les excès reposant toujours sur le déni du réel, ils finissent par se retrouver dans le même abîme.

Plus ennuyeux sont ces catholiques affichés qui ne se reconnaissent pas dans la foi catholique. Pourquoi vouloir le nom catholique et refuser l’intégrité de la foi quand il leur suffirait de fonder leur propre « église ». Quant à l’argument, il laisse songeur…  « Si Dieu me permet d’avoir un enfant, peu importe le moyen ». On se demande par où prendre le syllogisme. Avant le « si Dieu me permet », il manque la démonstration que Dieu permet. Faute de démonstration préalable, évidement toute conclusion est possible. « Si Dieu permet la mort, alors je peux tuer. » « Si Dieu me permet de désirer la femme d’un autre alors peu importe les moyens ». Qui ne voit l’indigence d’esprit d’un tel raisonnement. Indigence de ceux qui le montent comme de ceux qui le diffusent. Finalement « Si Libé relaye ce genre de bêtises, c’est dire son propre niveau d’indigence intellectuelle »

En France #NLH #NLQ

Gargilesse – Notre patrimoine religieux est un joyau

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L’édito – Un Sacré mois de juin

Avec le mois de juin, nous entrons dans le mois du Sacré Cœur. Un mois mal connu pour une dévotion mal comprise. Le Sacré Cœur, avant d’être un étendard, est une personne, le Fils de Dieu Lui-même, mais considéré dans un aspect particulier de cette divinité crucifiée : son Cœur. Ce Cœur qui a tant aimé le monde. Ce cœur qui aime et dont, de nos jours, l’amour est galvaudé et dénaturé. C’est bien un cœur transpercé qui se présente à nous et non un cœur édulcoré qui vendrait un amour facile. L’amour n’est pas la partie de plaisir que les séries télévisées nous vendent. L’amour est exigeant et bien souvent douloureux. Douloureux, parce que le manque de l’autre fait souffrir. Douloureux, parce que l’inquiétude pour l’être aimé porte en soi une souffrance. L’amour est une exigence altruiste comme le révèle le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est bien le paradoxe mystérieux de l’amour que le Sacré Cœur nous dévoile jusqu’à l’ultime don.
Tout au long de ce mois de juin InfoCatho vous propose d’approfondir ce mystère méconnu et pourtant central de notre foi.

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Honorer le Sacré Cœur, une forme excellente de piété – Leon XIII, Annum Sacrum

Mois je juin, mois du Sacré Coeur. InfoCatho vous propose, tout au long de ce mois de découvrir un peu plus la dévotion au sacré Coeur et de vous unir  notre chaîne de prière pour la France.

Voici pour ouvrir ce mois sacré l’encyclique du pape Léon XIII pour la consécration du genre humain au Sacré Cœur.

 

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 mai de l’année 1899, de notre pontificat la vingt-deuxième.

 

A nos vénérables frères les archevêques, les évêques et les autres ordinaires de la confédération canadienne en paix et en communion avec le siège apostolique.

LÉON XIII, PAPE

Vénérables Frères, Salut et bénédiction apostolique.

 

Nous avons naguère, comme vous le savez, ordonné par lettres apostoliques qu’un jubilé serait célébré prochainement dans cette ville sainte, suivant la coutume et la règle établies par les anciens. Aujourd hui, dans l’espoir et dans l’intention d’accroître la piété dont sera empreinte cette solennité religieuse, Nous avons projeté et nous conseillons une manifestation éclatante. Pourvu que tous les fidèles Nous obéissent de cœur et avec une bonne volonté unanime et généreuse, Nous attendons de cet acte, et non sans raison, des résultats précieux et durables, d’abord pour la religion chrétienne et ensuite pour le genre humain tout entier.

Maintes fois, Nous Nous sommes efforcé d’entretenir et de mettre de plus en plus en lumière cette forme excellente de piété, qui consiste à honorer le Très Sacré Cœur de Jésus. Nous suivions en cela l’exemple de nos prédécesseurs Innocent XII, Benoît XIII, Clément XIII, Pie VI, Pie VII et Pie IX. Tel était notamment le but de notre décret publié le 28 juin de l’année 1889, et par lequel Nous avons élevé au rite de première classe la fête du Sacré Cœur.

Mais maintenant Nous songeons à une forme de vénération plus imposante encore, qui puisse être en quelque sorte la plénitude et la perfection de tous les hommages que l’on a coutume de rendre au Cœur très sacré. Nous avons confiance que cette manifestation de piété sera très agréable à Jésus-Christ, rédempteur.

D’ailleurs, ce n’est pas pour la première fois que le projet dont nous parlons est mis en question. En effet, il y a environ vingt-cinq ans, à l’approche des solennités du deuxième centenaire du jour où la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque avait reçu de Dieu l’ordre de propager le culte du divin Cœur, des lettres pressantes émanant non seulement de particuliers, mais encore d’évêques, furent envoyées en grand nombre et de tous côtés à Pie IX. Elles tendaient à obtenir que le Souverain Pontife voulût bien consacrer au très saint Cœur de Jésus l’ensemble du genre humain. On jugea bon de différer, afin que la décision fût mûrie davantage. En attendant, les villes reçurent l’autorisation de se consacrer séparément si cela leur agréait, et une formule de consécration fut prescrite. Maintenant, de nouveaux motifs étant survenus, Nous pensons que l’heure est arrivée de mener à bien ce projet.

Ce témoignage général et solennel de respect et de piété est bien dû à Jésus-Christ, car Il est le Prince et le Maître suprême. En effet son empire ne s’étend pas seulement aux nations qui professent la foi catholique, ou aux hommes qui ayant reçu régulièrement le saint baptême se rattachent en droit à l’Eglise, quoiqu’ils en soient séparés par des opinions erronées ou par un dissentiment qui les arrache à sa tendresse.

Le règne du Christ embrasse aussi tous les hommes privés de la foi chrétienne de sorte que l’universalité du genre humain est réellement soumise au pouvoir de Jésus. Celui qui est le Fils unique de Dieu le Père, qui a la même substance que Lui et qui “est la splendeur de sa gloire et l’empreinte de sa substance” (Heb., I, 3). celui-là nécessairement possède tout en commun avec le Père ; il a donc aussi le souverain pouvoir sur toutes choses. C’est pourquoi le Fils de Dieu dit de lui-même par la bouche du prophète : “Pour moi, j’ai été établi roi sur Sion, sa sainte montagne ; le Seigneur m’a dit : “Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. Demande-moi, je te donnerai les nations pour ton héritage et les limites de la terre pour ton patrimoine” (Ps. II, 6 8).

Par ces paroles, Jésus-Christ déclare qu’il a reçu de Dieu la puissance, soit sur toute l’Eglise qui est figurée par la montagne de Sion, soit sur le reste du monde jusqu’à ses bornes les plus lointaines. Sur quelle base s’appuie ce souverain pouvoir, c’est ce que nous apprennent clairement ces paroles : “Tu es mon fils”. Par cela même, en effet, que Jésus-Christ est le fils du Roi du monde, il hérite de toute sa puissance ; de là ces paroles : “Je te donnerai les nations pour ton héritage”. A ces paroles sont semblables celles de l’apôtre saint Paul : “Son fils qu’il a établi héritier en toutes choses” (Heb. 1, 2).

Mais il faut surtout considérer ce que Jésus-Christ a affirmé concernant son empire, non plus par les Apôtres ou par les prophètes, mais de sa propre bouche. Au gouverneur romain qui lui demandait “Tu es donc roi” ? il répondit sans aucune hésitation : ”Tu le dis, je suis roi” (Joan, XVIII, 37). La grandeur de ce pouvoir et l’immensité infinie de ce royaume sont confirmées clairement par les paroles de Notre-Seigneur aux apôtres : “Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre” (Matth., XVIII, 18). Si toute puissance a été donnée au Christ, il s’ensuit nécessairement que son empire doit être souverain, absolu, indépendant de la volonté de tout être, de sorte qu’aucun pouvoir ne soit égal ni semblable au sien. Et puisque cet empire lui a été donné dans le ciel et sur la terre, il faut qu’il voie le ciel et la terre lui obéir.

Effectivement, il a exercé ce droit extraordinaire et qui lui est propre, lorsqu’il a ordonné aux apôtres de répandre sa doctrine, de réunir les hommes en une seule Eglise par le Baptême du salut, enfin de leur imposer des lois que personne ne pût méconnaître, sans mettre en péril son salut éternel.

Mais ce n’est pas tout. Jésus-Christ commande non seulement en vertu d’un droit naturel et comme Fils de Dieu, mais encore en vertu d’un droit acquis. Car “il nous a arrachés de la puissance des ténèbres” (Coloss., I, 13) ; et en outre il “s’est livré lui-même pour la rédemption de tous” (I Tim., II, 6). Non seulement les catholiques et ceux qui ont reçu régulièrement le baptême chrétien, mais tous les hommes et chacun d’eux sont devenus pour Lui “un peuple conquis” (I Pet., II, 9). Aussi, saint Augustin a-t-il eu raison de dire à ce sujet : “Vous cherchez ce que Jésus-Christ a acheté ? voyez ce qu’Il a donné et vous saurez ce qu’Il a acheté. Le sang du Christ est le prix de l’achat. Quel objet peut avoir une telle valeur ? Lequel, si ce n’est le monde entier ? Lequel si ce n’est toutes les nations ? C’est pour l’univ ers entier que le Christ a payé un tel prix” (Tract. 20 in Joan.).

Pourquoi les infidèles eux-mêmes sont-ils soumis au pouvoir de Jésus-Christ ? Saint Thomas nous en expose longuement la raison. En effet, après avoir demandé si le pouvoir judiciaire de Jésus-Christ s’étend à tous les hommes, et avoir affirmé que “l’autorité judiciaire découle de l’autorité royale”, il conclut nettement : “Tout est soumis au Christ quant à la puissance, quoique tout ne lui soit pas soumis encore quant à l’exercice même de cette puissance” (3a P., Q. 59, art. 4). Ce pouvoir du Christ et cet empire sur les hommes s’exercent par la vérité, par la justice et surtout par la charité.

Mais à cette double base de sa puissance et de sa domination, Jésus-Christ nous permet dans sa bienveillance d’ajouter, si nous y consentons de notre côté, la consécration volontaire. Dieu et rédempteur à la fois, il possède pleinement, et d’une façon parfaite, tout ce qui existe. Nous, au contraire, nous sommes si pauvres et dénués, que nous n’avons rien qui nous appartienne et dont nous puissions lui faire présent. Cependant, dans sa bonté et sa charité souveraine, il ne refuse nullement que nous lui donnions et que nous lui consacrions ce qui lui appartient, comme si nous en étions les possesseurs. Non seulement il ne refuse pas cette offrande, mais il la désire et il la demande : “Mon fils, donne moi ton cœur”. Nous pouvons donc lui être pleinement agréables par notre bonne volonté et l’affection de notre âme. En nous consacrant à lui, non seulement nous reconnaissons et nous acceptons son empire ouvertement et avec joie, mais encore nous témoignons réellement que si ce que nous donnons nous appartenait, nous l’offririons de tout notre cœur ; nous demandons ainsi à Dieu de vouloir bien recevoir de nous ces objets mêmes qui lui appartiennent absolument.  Telle est l’efficacité de l’acte dont il s’agit, tel est le sens de nos paroles.

Puisque dans le Sacré Cœur réside le symbole et l’image sensible de la charité infinie de Jésus-Christ, charité qui nous pousse à l’aimer en retour, il est convenable de nous consacrer à son Cœur très auguste. Agir ainsi, c’est se donner et se lier à Jésus Christ ; car les hommages, les marques de soumission et de piété que l’on offre au divin Cœur se rapportent réellement et en propre au Christ lui même.

C’est pourquoi Nous engageons et Nous exhortons à accomplir avec ardeur cet acte de piété, tous les fidèles qui connaissent et aiment le divin Cœur. Nous désirerions vivement qu’ils se livrassent à cette manifestation le même jour, afin que les sentiments et les vœux communs de tant de milliers de fidèles fussent portés en même temps au temple céleste.

Mais oublierons-nous une quantité innombrable d’hommes, pour lesquels n’a pas encore brillé la vérité chrétienne ? Nous tenons la place de Celui qui est venu sauver ce qui était perdu et qui a donné son sang pour le salut du genre humain tout entier. Aussi, nous songeons avec assiduité à ramener vers la véritable vie ceux mêmes qui gisent dans les ténèbres de la mort. Nous avons envoyé de tous côtés pour les instruire des messagers du Christ ; et maintenant, déplorant leur sort, Nous les recommandons de toute notre âme et Nous les consacrons, autant qu’il est en Nous, au Cœur très sacré de Jésus.

De cette manière, l`acte de piété que Nous conseillons à tous sera profitable à tous. Après l’avoir accompli, ceux qui connaissent et aiment Jésus-Christ sentiront croître leur foi et leur amour. Ceux qui, connaissant le Christ, négligent cependant sa loi et ses préceptes, pourront puiser dans son Sacré-Cœur la flamme de la charité. Enfin, nous implorerons tous d’un élan unanime le secours céleste pour les infortunés qui souffrent dans les ténèbres de la superstition. Nous demanderons que Jésus-Christ, auquel ils sont soumis “quant à la puissance” les soumette un jour “quant à l’exercice de cette puissance”. Et cela, non seulement “dans un siècle à venir, quand il accomplira sa volonté sur tous les êtres en récompensant les uns et en châtiant les autres” (S. Thomas, loc. cit.), mais encore dès cette vie mortelle, en leur donnant la foi et la sainteté. Puissent-ils honorer Dieu par la pratique de la vertu, comme il convient, et chercher à obtenir la félicité céleste et éternelle.

Une telle consécration apporte aussi aux Etats l’espoir d’une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. Dans ces derniers temps surtout, on a fait en sorte qu’un mur s’élevât, pour ainsi dire, entre l’Eglise et la société civile. Dans la constitution et l’administration des Etats, on compte pour rien l’autorité de la juridiction sacrée et divine, et l’on cherche à obtenir que la religion n’ait aucun rôle dans la vie publique. Cette attitude aboutit presque à enlever au peuple la foi chrétienne ; si c’était possible, on chasserait de la terre Dieu lui même. Les esprits étant en proie à un si insolent orgueil, est-il étonnant que la plus grande partie du genre humain soit livrée à des troubles profonds, et battue par des flots qui ne laissent personne à l’abri de la crainte et du péril ? Il arrive fatalement, que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu’ils s’abandonnent à leurs passions et s’épuisent dans une licence excessive.

De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter. Or, qui est celui-là, sinon Jésus-Christ, fils unique de Dieu ? “car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés” (Act. IV, 12). Il faut donc recourir à Celui qui est “la voie, la vérité et la vie.” L’homme a erré, qu’il revienne dans la route droite ; les ténèbres ont envahi les âmes, que cette obscurité soit dissipée par la lumière de la vérité ; la mort s’est emparée de nous, conquérons la vie. Il nous sera enfin permis de guérir tant de blessures, on verra renaître avec toute justice l’espoir en l’antique autorité, les splendeurs de la foi reparaîtront, les glaives tomberont et les armes s’échapperont des mains lorsque tous les hommes accepteront l’empire du Christ et s’y soumettront avec joie, et quand “toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père” (Phil. II, 2).

A l’époque où l’Eglise, toute proche encore de ses origines, était accablée sous le joug des Césars, un jeune empereur aperçut dans le ciel une croix qui annonçait et qui préparait une magnifique et prochaine victoire. Aujourd’hui, voici qu’un autre emblème béni et divin s’offre à nos yeux. C’est le cœur très sacré de Jésus, sur lequel se dresse la Croix et qui brille d’un magnifique éclat au milieu des flammes. En lui nous devons placer toutes nos espérances ; nous devons lui demander et attendre de lui le salut des hommes.

Enfin, Nous ne voulons point passer sous silence un motif particulier, il est vrai, mais légitime et sérieux, qui Nous pousse à entreprendre cette manifestation. C’est que Dieu, auteur de tous les biens, Nous a naguère sauvé d’une maladie dangereuse. Nous voulons évoquer le  souvenir d’un tel bienfait et en témoigner publiquement Notre reconnaissance par l’accroissement des hommages rendus au très saint Cœur.

Nous décidons en conséquence que, le 9, le 10 et le 11 du mois de juin prochain, dans l’église de chaque localité et dans l’église principale de chaque ville, des prières déterminées seront dites. Chacun de ces jours-là, les litanies du Sacré-Cœur, approuvées par Notre autorité, seront jointes aux autres invocations. Le dernier jour, on récitera la formule de consécration que Nous vous envoyons, Vénérables Frères, en même temps que ces lettres.

Comme gage des faveurs divines et en témoignage de Notre bienveillance, Nous accordons très affectueusement dans le Seigneur la bénédiction apostolique à vous, à votre clergé et au peuple que vous dirigez.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 mai de l’année 1899, de notre pontificat la vingt-deuxième.

Léon XIII,Pape

 

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L’édito – Quelles ont été vos préoccupations en mai 2018 ?

 

Tout au long de la semaine, notre équipe scrute l’actualité et les réactions des lecteurs afin de toujours mieux comprendre leurs préoccupations. Les éditos sont l’occasion de répondre aux grandes questions qui agitent les catholiques de France en particulier et la toile en générale. Ce mois-ci, cinq thèmes ont retenu l’attention de nos lecteurs.

 

La tension entre la vie ordinaire et la vocation céleste de l’homme

 

L’édito – Et Dieu redevient la variable d’ajustement

L’édito – Sortir le nez du guidon, en “catholangue”, lever les yeux vers Ciel

L’édito – Donner Dieu au monde

 

Les familles confrontées à la double exigence de l’éducation et de la mission.

 

Edito #77 – La Pornographie, une maladie socialement transmissible

Edito #76 – Célibataires, les familles ont besoin de vous !

 

La difficile place du catholique dans une France déchristianisée.

 

L’édito – Vade retro Catholique

L’édito – Vindicatif, revendicatif ou prophétique ? Le service rendu par les catholiques à l’humanité.

L’édito – Avant d’être politique, il faut être prophétique

L’édito – Le christianisme culturel, ce nouveau tabou identitaire moderniste

L’édito – Quand l’actualité éthique et politique éclipse Pâques

L’édito – Chartres, le nouveau visage de l’Eglise de France ?

 

Toujours et encore l’islam

 

L’édito – Ramadan, le carême des musulmans.

Edito #75 – La mission universelle de l’Islam – Nous ne sommes pas au bout de nos peines

 

Et enfin, de grandes questions existentielles

L’édito – Il n’y a pas de vérité universelle parce que chacun sa vérité

L’édito – Ou comment tenir en laisse une génération entière par la force de l’illusion…

L’édito – Qui est maître de la loi ?

L’édito – La violence ne vient pas de la paix

 

A la une #NLQ

L’édito – Et Dieu redevient la variable d’ajustement

 

Nous voici rentrés à nouveau dans le temps dit ordinaire. Après les efforts de carême, le temps festif de Pâques et ses nombreux offices, la fin des privations et le retour de l’abondance avec la suspension de l’obligation du poisson du vendredi, nous voici donc retourné à l’ordinaire. Peu à peu le train train a repris son rythme de croisière effréné et les efforts de carême, suivis de la ferme résolution de rester proche de Dieu au sortir des quarante jours, s’est consumé plus rapidement que le cierge pascal que l’on rallumera de temps en temps, à l’occasion, au court de cet ordinaire dont il n’y aura guère que l’entrée en avent pour réveiller notre cœur lentement anesthésié par le quotidien ordinaire. Je ne sais si le terme est bien choisi pour rendre compte de ce qu’à d’extraordinaire le fait de vivre en ressuscités sauvés par le Christ, mais le fait est que nous faisons tous, probablement, l’expérience qu’en retournant à l’ordinaire, c’est au monde que nous retournons. Pourtant, nous ne sommes pas du monde et ces 90 jours qui encadrent ce mystère de la Résurrection nous l’ont bien rappelé. A des degrés d’intensité divers nous venons de passer près de trois mois « entre terre et ciel » et que ce soit par la conscience de notre péché et de notre misère ou par la grâce de transfigurations passagères, nous avons sans doute été un peu plus près du ciel qu’à « l’ordinaire ». Mais voilà, « la réalité » reprend ses droits, comme si cette situation unique du chrétien tendu vers le ciel n’était qu’un songe qui s’éloigne. Et peu à peu nous sommes engloutis dans et par cet ordinaire qui ne laisse souvent que peu de place à ce qui pourtant est notre quotidien, Dieu. Et Dieu devient la variable d’ajustement. Le chapelet quotidien du carême sert de monnaie d’échange avec l’heure de sport, l’adoration du jeudi part en fumée devant la liste des sorties attrayantes et, telle la grenouille dans son eau tiède, nous faisons de Dieu la variable d’ajustement. Messe anticipée pour pouvoir dormir ou aller faire une randonnée et l’horaire prévu pour la messe quotidienne devient la marge d’erreur pour rattraper le temps passé à autre chose. Et ainsi, avec les catholiques le monde retourne, lui aussi, à l’ordinaire.

Dans le Monde #Orient

Les évêques catholiques de Terre Sainte demandent la fin du siège de la Bande de Gaza

Des dizaines de morts et les près de 3000 Palestiniens blessés lors des manifestations organisées lundi près de la frontière de la Bande de Gaza auraient pu être évitées « si les forces israéliennes avaient usé d’instruments non létaux ». Les évêques catholiques de Terre Sainte ont diffusé le 15 mai un communiqué dénonçant la répression menée par l’armée israélienne.

Dans ce message repris par l’agence Fides, l’Assemblée des évêques ordinaires catholiques de Terre Sainte, qui rassemble tous les évêques des Églises catholiques (latine, grecque melkite, arménienne, maronite, chaldéenne et syro-catholique) présentes dans cette région, avec le Custode franciscain de Terre Sainte, demande de mettre fin « le plus tôt possible » au siège imposé à près de deux millions de Palestiniens dans la Bande de Gaza. Ils ajoutent que le transfert de l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem « ne contribue pas à faire avancer la paix tant attendue entre Israéliens et Palestiniens ». Et ils font référence aussi à la nécessité, réclamée avec insistance par le Saint-Siège, de faire de Jérusalem « une ville ouverte à tous les peuples, le cœur religieux des trois religions monothéistes », en évitant toute mesure unilatérale qui puisse altérer la Ville sainte.

« Aucun motif ne peut empêcher à la ville d’être à la fois la capitale d’Israël et de la Palestine », précisent les évêques, en ajoutant que ceci devrait advenir à travers « la négociation et le respect réciproque ».

Veillée de prière pour la paix le 18 mai

Mardi, au lendemain de ces violences qui portent à 110 morts et 3000 blessés le bilan de la répression des manifestations dans la Bande de Gaza depuis le 30 mars, l’administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, a invité « tous les prêtres, les religieux, les religieuses, les séminaristes, tous les fidèles de Jérusalem et ceux qui le désirent » à prendre part à la veillée de prière pour la paix qui sera célébrée dans l’après-midi de samedi, à la veille de la Pentecôte, en l’église Saint-Étienne. Le Patriarcat latin de Jérusalem invite également tous ceux qui le souhaitent et le peuvent à vivre une journée de jeûne et de prière pour la Terre Sainte. Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe a apporté son soutien à cette initiative.

 

Source Vatican News