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Edito #87 – Refuser les dénaturations des liturgies orientales : un prochain combat ?

Le sujet est encore peu abordé. Mais il est probable qu’il le soit un jour. En effet, certaines célébrations liturgiques chez les catholiques orientaux présentent un aspect « occidental » accentué : usage de l’autel face au peuple, communion sous une seule espèce, simplification des prières, utilisation de musiques profanes, etc. Certes, cette situation n’est pas totalement répandue et les doses de « sécularisation » sont variables. Les ajouts profanes n’empêchent pas toujours le maintien d’une sacralité propre aux liturgies orientales. Dans certaines communautés, on a mis un point d’honneur à garder une liturgie conforme à sa tradition, qu’il s’agisse des melkites ou des arméniens catholiques. Mais dans d’autres communautés, l’impression qui est ressort est celle d’avoir assisté à la célébration d’une messe Paul VI avec un côté exotique prononcé. Le fidèle occidental croyait rencontrer des célébrations ayant une forte sacralité : il retrouve une trivialité vécue dans bien des églises latines.

Les causes sont évidemment complexes. Il y a bien sûr le rôle des latinisations préconciliaires. Elles ont paradoxalement continué après le concile Vatican II (1962-1965). Ainsi, un usage comme l’agenouillement lors de la consécration, qui n’existait que dans quelques communautés gréco-catholiques ukrainiennes, s’est introduit dans certaines liturgies orientales. Dans d’autres cas, au lieu d’emprunter certains éléments et pratiques propres à la forme extraordinaire du rite romain, les célébrations orientales reprennent certaines mondanités constatées dans les célébrations européennes. L’oriental conserverait-il malgré tout le complexe du minoritaire ? La question reste posée.

Il y a aussi la volonté de simplifier les célébrations pour les rendre accessibles. C’est un souci légitime, mais qui peut traduire une impasse sur la dimension spirituelle de la liturgie en mettant trop facilement l’accent sur ce qui est encore perçu comme une obligation sociale. Ce souci a pu augmenter avec la présence plus nombreuse de fidèles de rite latin qui communient parfois dans la main. Il faut aussi compter avec une catéchèse déficiente, due parfois aux déplacements et à la disparition des « cadres » ecclésiaux. Il y a ensuite un certain effondrement de la vie doctrinale et spirituelle : les simplifications liturgiques s’inscrivent alors dans un relâchement constaté dans certaines Églises (mais pas dans toutes, heureusement). On notera qu’un parallèle peut être fait entre la liturgie et le maintien d’une vie monastique : l’effondrement de cette dernière va de pair avec une plus faible attention pour la liturgie. Inversement, là où cette vie reste importante, on note que l’identité liturgique et spirituelle est assez préservée. Bien sûr, des exceptions peuvent être notées (cas des maronites).

Enfin, il faut noter des influences occidentales croissantes : les évêques et les prêtres des Églises orientales croisent souvent leurs homologues d’Europe ou des États-Unis et ils ont parfois étudié dans ces pays. Ils peuvent alors être plus sensibles à certaines pratiques pastorales. Enfin, un dernier vecteur de sécularisation du rite reste assez peu souligné : la volonté de plaire aux occidentaux à cause des récentes souffrances subies en Orient. Malgré leur affaiblissement, les Églises européennes disposent encore de moyens financiers et matériels. Autrement dit, une dictature feutrée et subtile du carnet de chèques…

Ces dénaturations posent de sérieux problèmes, y compris du point de vue ecclésiologique. Elles contredisent explicitement Vatican II, qui avait été particulièrement ferme sur la préservation des rites orientaux : « Que tous les Orientaux sachent en toute certitude qu’ils peuvent et doivent toujours garder leurs rites liturgiques légitimes et leur discipline, et que des changements ne doivent y être apportés qu’en raison de leur progrès propre et organique. Les Orientaux eux-mêmes doivent donc observer toutes ces choses avec la plus grande fidélité ; ils doivent donc en acquérir une connaissance toujours meilleure et une pratique plus parfaite. Et s’ils s’en sont écartés indûment du fait des circonstances de temps ou de personnes, qu’ils s’efforcent de revenir à leurs traditions ancestrales » (décret Orientalium Ecclesiarum du 21 novembre 1964, numéro 6). Or il faut bien reconnaître que certaines évolutions sont difficilement compatibles avec ce « progrès propre et organique » qui peut être nécessaire. Pourtant, si l’Église veut respirer par ses deux poumons, elle ne saurait vivre que par un seul de ces poumons. Daech et l’islamisme ne sont pas les seuls ennemis des Églises orientales. Alors que certaines persécutions ralentissent, il serait dommage que nos frères d’Orient perdent leur identité.

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Edito #86 – Cet été je me forme ! Notre deuxième sélection de l’été pour lire sous les palmiers (ou ailleurs)

La semaine dernière, nous vous proposions une première sélection de libres et DVD pour se former et se détendre cet été. Voici notre seconde sélection spéciale formation.

Bon été et saint mois de Marie

Parution du livre “un moine en otage” chez Daesh de Jacques Mourad
Catéchèse : des livrets vacances pour l’été à télécharger, proposé par le diocèse de Vannes
Livre – Christianisme et croissance économique – Pierre de Lauzun
Parution du livre de l’abbé Dauchez : les enfants des rues face à la question du mal
Livre – Connais-toi toi-même à la lumière de l’anthropologie chrétienne
Livre – Le destin des dhimmis
Livre – Les 4 obstacles qui entravent notre civilisation par Simone Weil – Les devoirs envers l’être humain
Livre – Sous les pavés, l’Esprit, Gérard Leclerc
Livret bioéthique “Comprendre les enjeux de la révision des lois bioéthiques”
Malte – Le Pape dictateur, un livre, une affaire qui rebondit
Livre – Comment parler de l’islam sans être taxé d’islamophobe ? En allant à la source, en partant du Coran…
Livre – Annie Laurent – Les Chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?
Sortir de la pornographie – Un livre, un parcours
Conférence et lancement d’un nouveau livre sur l’Impératrice Zita, par l’abbé Cyrille Debris, le 10 février 2018 à Bois-Guillaume (76)
Livre : “A la fin, mon coeur immaculé triomphera” par l’abbé Paul Alagnier
Livre – Une nuit square Verdrel – Le bien le mal et après ?
Livre (et diaporama) – Eglises & Chapelles de Rouen, un patrimoine à (re) découvrir
Recension – Pour une autre histoire de la laïcité – JF Chemain
Le pape François, pasteur égaré d’un troupeau dispersé ?
Un catéchisme pour les 7-10 ans
Marie la « toute belle », Marie immaculée
Livre – Une société sans religion entraîne une religion sans société.
Livre – Rod Dreher : « comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus »
Livre – Vivien Hoch – La laïcité est une religion
Livre – L’année des quatre dauphins – L’étonnant abandon de Louis XIV à Dieu
Marie qui guérit les couples
Marcel Van raconté par le postulateur de sa cause de béatification

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Edito #85 – Envie de lire au bord sur la plage ou en haut des glaciers ? Notre sélection de l’été

Vous cherchez des idées de lectures pour cet été ? InfoCatho vous propose une première sélection de livres et DVD que vous pouvez commander en ligne.

Bel et saint été 2018

Livre (et diaporama) – Eglises & Chapelles de Rouen, un patrimoine à (re) découvrir
Livre – Merveilleux Noëls de Bretagne – Thibaud Dubois
Livre – Cyril Brun, Une nuit square Verdrel
Livre – Une société sans religion entraîne une religion sans société.
Livre – Rod Dreher : « comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus »
Livre – Vivien Hoch – La laïcité est une religion
Livre – L’année des quatre dauphins – L’étonnant abandon de Louis XIV à Dieu
Sortir de la pornographie – Un livre, un parcours
Livre – Connais-toi toi-même à la lumière de l’anthropologie chrétienne
Livre – Deux vies, un message. Marcel Van, Cardinal Van Thuân
Livre – L’héritage de Benoît XVI – Un homme discret à l’empreinte immense
Livre – Éloge de la direction spirituelle
Livre – Prier le Rosaire avec Carlo Acutis : un cadeau utile qui va encourager nos jeunes sur la voie de la sainteté
Livre – Traité de résistance pour le monde qui vient – Bertrand Vergely
Le livre “Pèlerinages de France” vient de paraître
“Fatima : Marie te confie les secrets de son cœur” – Le livre à offrir ou à s’offrir
Homosexualité, la Priorité niée, le dernier livre de Philippe Ariño
Livre – Comment parler de l’islam sans être taxé d’islamophobe ? En allant à la source, en partant du Coran…
Livre – Avortement en Europe – La question primordiale ne porte pas sur la liberté individuelle mais sur la valeur de chaque vie humaine
Livre – “Les premiers écrits chrétiens” vient de paraître – La Pleäide
Livre – Histoire du missel tridentin et de ses origines – Abbé Barthe
Livre – Grégoire l’Illuminateur au commencement de l’Eglise d’Arménie
Livre – P. Michel Dujarier, Église-Fraternité. L’ecclésiologie du Christ-Frère aux huit premiers siècles.
Corruption – Le pape préface le livre du cardinal Turkson
Paris – “Les Dominicains et le Bonheur” : présentation du livre du frère Paul Murray
Livre – Connaître Dieu par expérience – Fr Robert Augé, osb.
Préface du pape d’un livre d’une victime d’abus sexuels
Paul Claudel, dernier père de l’Eglise ? Recension du livre de Dominique Millet-Gérard
Arthur, 17 ans : « Le livre qui a changé ma vie »
Nouveau livre de Charlotte d’Ornellas – “Ne nous laissez pas disparaître”
Livre – Droit et prévention de l’avortement en Europe – Gregor Puppinck
Livre – L’enfant oublié : des juristes et pédopsychiatres pour une nouvelle loi sur la filiations
Marie la « toute belle », Marie immaculée
Enfer, terrain miné – Entretien avec l’abbé Pagès
La communication du pape décryptée
Jean-Paul Ier, la thèse de son assassinat réfutée
Saint Cyprien de Carthage – Le chrétien face à la mort

DVD

Saint François de Sales – Enfin un DVD sur la vie du plus humain des saints
Lettres au père Jacob enfin en DVD
Film La rébellion cachée – Offre spéciale Noël !
Une plateforme VOD francophone de films d’inspiration chrétienne
Livre et DVD – Cyril Brun, Le requiem de Mozart, serein ou damné ?
Projet docteur angélique : se former à saint Thomas
Saint Ignace en DVD

Et en vrac de sain(t)es idées…

Vous trouverez de bonnes et saintes choses dans la divine Box
Pourquoi pas offrir un Bilan de compétence en abbaye avec Ephata ?
Une bière de l’abbaye Saint-Wandrille …
Une bière de l’abbaye de Signy dont une partie des bénéfices est reversé pour le patrimoine monastique.

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Edito #84 – 14 juillet : de la fin des libertés et des droits de l’Homme

Lorsque la Révolution Française a éclaté, l’Europe n’en revenait pas de ce que le plus doux, le plus aimable des peuples ait ainsi pu se transformer en un monstre sanguinaire, aveugle prêt à déchiqueter sans discernement quiconque se dressait devant lui. Il est saisissant de lire cet étonnement des contemporains européens dans leur correspondance. Et depuis ? Depuis qu’est devenu le plus aimable des peuples ? A-t-il toujours le goût du sang aux lèvres ? Si nous observons attentivement l’histoire chaotique et violente qui émaille nos deux derniers siècles, nous serions bien tentés de répondre oui. Comme un homme ne se remet jamais d’un meurtre, comme une personne saine se relève difficilement d’un coup de folie meurtrière, la France semble en effet comme abrutie depuis deux cents ans. On le dit trop peu, le peuple de France n’est pas encore sorti de l’épisode révolutionnaire.

La période révolutionnaire, avec sa violence inouïe, a créé une rupture qu’une certaine idéologie a savamment entretenue. Il y a un avant et un après, comme il y a un ancien et un nouveau régime. Que l’on soit monarchiste ou républicain importe finalement peu ici, car la cassure qui a eu lieu n’est pas seulement politique. Elle est identitaire et anthropologique. La France n’est plus la même. L’œuvre construite patiemment par les rois, au prix d’une lente intégration respectant les particularismes locaux a cédé le pas à une recomposition brutale et arbitraire. Là où chaque identité régionale tissait harmonieusement l’unité du pays, le centralisme révolutionnaire est venu étouffer les particularismes, au point qu’aujourd’hui le communautarisme qui leur a succédé est devenu la hantise des nouveaux régimes successifs. Car l’effort révolutionnaire a oublié une chose fondamentale, l’unité nait de la diversité. La peur au ventre, conscients de la fragilité du régime qu’ils voulaient imposer, les Républicains de 1793 n’ont plus voulu qu’une seule tête, réduisant la personne à l’individu, en faisant un simple numéro, poli par la propagande. Et cela dure, en s’accentuant, depuis maintenant deux siècles. Ainsi, notre actuel gouvernement se situe dans la droite ligne des mentors de la Révolution. Il en utilise les mêmes procédés. Intimidation, passage en force, mais surtout négation de l’Histoire, de l’identité et de la personne. Deux siècles pourtant nous séparent de la chute de l’Ancien Régime et la France n’est toujours pas à l’aise avec ce moment clef de son Histoire.

Réformes après réformes, les programmes d’Histoire minimisent de plus en plus les siècles qui ont précédés 1789 et quand ils les abordent c’est avec un parti prix qui fait honte à la vérité. Pourquoi donc un régime vieux de deux siècles a-t-il autant peur de ce qui l’a précédé ? Pourquoi, sinon parce que ce régime sent qu’il a un vrai problème de légitimité. Je ne dis pas que la République en soi n’a pas de légitimité. Je dis que notre République a un problème de légitimité et ce pour une simple raison, elle est né du mensonge et s’entretient depuis deux cents ans par le mensonge. Ce n’est pas tant le régime qui est en cause, mais ce qu’il a dû briser pour s’imposer et se maintenir. Or, si paradoxal que cela puisse paraître, ce que la Révolution a retiré de plus fondamental et ce dont les régimes successifs maintiennent la privation, c’est la Liberté, alors qu’elle est supposée en être l’emblème. La France pays des droits de l’Homme, les « valeurs de la République » maintenues artificiellement par un pacte républicain dont personne n’a jamais vu ni signé le moindre article, ne sont qu’un artifice rhétorique destiné à entretenir un peuple brimé dans l’illusion de la liberté.

Pas moins de dix régimes se sont succédé depuis l’épisode révolutionnaire. Soit une durée de vie moyenne de 20 ans. Les rois, les empereurs, les consuls et les républiques passent sans que personne ne s’inquiète de leur caractère éphémère. Depuis la chute de Napoléon III, on pense même que la république vit cette nécessaire adaptation au temps qui passe. Un homme qui aurait une telle volatilité passerait pour instable et on penserait de lui qu’un malaise profond l’habite. La même question devrait se poser pour notre pays. Pourquoi depuis deux siècles peine-t-il autant à trouver une stabilité ? Pourquoi les crises successives emportent-elles les régimes, alors que la monarchie a traversé les siècles ? Le problème ne tient pas uniquement au choix du régime, mais à ses assises. Depuis 1789 nous passons notre temps à refuser la vérité historique au profit d’une idéologie galopante. Aucun être au monde ne peut grandir sereinement en reniant son histoire. Cette négation entretient un mal-être collectif qui plonge la France dans l’instabilité et l’inquiétude. La France n’est plus un pays serein et son peuple ne peut plus être le plus doux et le plus aimable des peuples. Mais plus grave encore, pour s’imposer et faire oublier sa naissance ce nouveau régime, sous toutes ses formes, a préféré nier la réalité humaine et a peu à peu imaginé un prototype d’individu facile à gouverner, un standard aussi aisé à contenter qu’on range des boites identiques et calibrées sur une étagère. Le temps aidant, ce stéréotype standardisé s’est de plus en plus éloigné de l’être réel, sans que plus personne ne soit audible pour rappeler la vérité anthropologique. Et aujourd’hui nous sommes parvenus au paroxysme de cette dichotomie avec les projets de lois en cours.

Mais le drame de cette épopée s’est étendu au monde entier, au nom même du pays des droits de l’Homme. En réalité, il serait temps, avant de parler des droits, de reparler de l’Homme. Et si la France a bel et bien, entre les nations, une vocation universelle et s’il ne faut pas davantage nier les deux derniers siècles que les précédents, cette vocation pourrait bien être de restaurer la véritable dignité humaine. Les tenants aveugles d’une idéologie du progrès, terrifiés d’être à la traîne des dérives progressistes commises dans d’autres pays, usent leur force et la France à vouloir être comme tout le monde et même (orgueil franchouillard mal placé) à faire mieux.
Et si au contraire la France redevenait le pays des droits de l’Homme, si la France était bien ce peuple aimable et doux qui protège le plus faible ? Si la France prenait à nouveau de l’avance, si la France était visionnaire et pouvait rester dans l’Histoire le pays qui en disant non avait stoppé la spirale du mal ? Alors peut-être, par un retour à la vérité, le peuple de France retrouverait-il la sérénité et donc la stabilité. Alors peut-être serions-nous, enfin, le pays des droits pour l’Homme. Telle est, me semble-t-il la responsabilité de la France après avoir entraîné le monde dans une illusion mortifère, depuis plus de deux siècles.

Extrait de « le Printemps français, le grand réveil de notre civilisation »

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Edito #83 – Un pontificat compliqué à couvrir

Il n’aura échappé à personne que le pontificat du pape François a créé de nombreuses crispations au sein même de la communauté catholique. Il y a les anti (jusqu’à la haine violente), les pro (jusqu’à l’idolâtrie), les neutres et en grand nombre en France, les inquiets. Fidèles désorientés, prêtres marchant sur des œufs, évêques défenseurs du pape envers et contre tout, cardinaux embarrassés, il existe une sorte de majorité silencieuse qui ne sait trop comment faire, ni quoi penser. Acte de foi, politique de l’autruche, volonté d’apaisement, tout un juste milieu veut faire confiance ou ne pas envenimer les choses entre les deux autres « parties » s’écharpant au plus haut niveau de l’Eglise, comme au plus intime des familles et des paroisses.

Nier cette réalité n’est pas plus rendre service à la vérité ou à l’unité que d’entrer dans une mêlée qui perd souvent le sens du respect et de la charité. L’impression qui ressort des pugilats sociaux est celle de trois camps irréconciliables, aux positions arrêtées et inamovibles. Pour les uns le pape est irrécupérable, quelles que soient les causes de cette situation. Pour les autres il est le réformateur absolu et incritiquable. Pour les intermédiaires, il est le pape, point. De sorte que peu cherchent réellement à approfondir. Les textes et déclarations du pape sont peu lus, en revanche les titres, les petites phrases sont avidement commentés, sans nuances.

Nous avons choisi, sur InfoCatho, de ne donner dans aucune des trois positions, cherchant au contraire à les présenter toutes afin d’informer. Un peu dans l’idée « je pose ça là et à vous de voir ». Lorsque des points sont litigieux ou trop récupérés par les médias, nous produisons un dossier spécial regroupant toutes les tendances, ou nous publions sur le thème un article de formation reposant sur la doctrine du magistère de l’Eglise. Mais au cœur de cette tempête, dont tout le monde n’a pas conscience, deux choses nous animent : la vérité de l’information et la vérité de la foi.

L’équilibre n’est pas facile et il bien possible qu’une fois ou l’autre, nous ayons pu donner l’impression de ne pas tenir la neutralité. Infocatho est clairement fidèle au Siège de Rome quant à la foi et aux mœurs, mais indépendant des hiérarchies ecclésiales comme organe de presse. En conséquence, il ne nous appartient pas de statuer sur qui du pape ou des cardinaux a raison. Mais il nous appartient de dire qu’une crise mine les fondements de l’Eglise comme le moral des fidèles.

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Edito #82 – Près de 3000 événements catholiques !

Lancé en octobre 2016, en la fête de Notre Dame du Rosaire, InfoCatho a déjà publié près de 11 000 articles, soit plus de 500 articles chaque mois, pour près de 1.3 millions de pages lues, avec une progression constante depuis sa création. Sur ces 11 000 articles, près de 3000 sont des événements répertoriés sur notre carte agenda. Ils témoignent de la vitalité de l’Eglise de France et des catholiques.

Ces événements, ordinations, chaînes de prières, conférences, soirées diverses, pèlerinages, etc., ne sont que la partie visible de l’iceberg. Nous ne pouvons tout publier. Nous faisons des choix, nous répondons à des demandes, c’est notre « pastorale » à nous. L’été est là. Les curés de paroisses insistent partout pour que nous n’oublions pas Dieu en vacances, au contraire même. Vous trouverez bien des propositions sur notre carte agenda, mais n’hésitez pas à nous en signaler d’autres, nous serons heureux de les relayer.

Si nous faisons le choix de notre revue de presse, l’attention de notre équipe est régulièrement attirée par des lecteurs qui nous envoient des informations locales ou nationales. Nous vous en remercions. InfoCatho ne vivant que de dons, nos ressources sont limitées et toutes les remontées d’informations sont les bienvenues.

Notre lectorat est également bien représenté dans toutes les tranches d’âges, avec une prédominance des 25-45 ans. Vous êtes à peu près autant de femmes que d’hommes à nous lire. Si vous êtes 80 % de Français, vous êtes un peu plus de 2 % de Belges, près de 12 % habitant dans d’autres pays d’Europe. Nous comptons parmi nos lecteurs 5 % d’habitants d’Amérique du Nord et un peu moins de 1 % en Côte d’Ivoire.

Parmi vos centres d’intérêt, nous trouvons de très loin (plusieurs milliers voire dizaines de milliers pour certains) les articles politiques puis bioéthiques, devant les articles polémiques.  Notons que les polémiques autour d’Amoris laetiti n’ont qu’à peine quelques centaines de pages lues. Tout ce qui vient du pape ou le concerne est très peu lus (en dessous de 400 vues par articles). Arrivent enfin, les infos du monde et les annonces locales et les éditos. Mais la formation traîne très loin derrière entre 100 et 200 vues.

N’hésitez pas à nous relayer, à nous dire comment encore mieux satisfaire vos besoins en information. Les éditos quotidiens vont se mettre en sommeil pour l’été, mais InfoCatho vous accompagnera tout au long des vacances. Merci de votre fidélité et pour ceux qui le peuvent, de votre soutien.

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Edito #82 – Près de 3000 événements catholiques !

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A la une #NLQ

L’édito – Qui impulsera une solidarité catholique pour les retraités

Parce que depuis des décennies nous vivons tous au-dessus de nos moyens, parce que nos responsables politiques nous ont laissé en héritage une situation économique et sociale délétère, l’avenir de nos parents, de nos grand-parents, mais aussi le nôtre et celui de nos enfants se présente financièrement comme un abyme ne laissant pour beaucoup d’autres issus que la pauvreté ou… l’euthanasie. Nous savons aussi que la pression fiscale et économique qui s’abat sur les personnes âgées vise assez ouvertement à leur présenter cette ultime solution comme l’alternative la moins redoutable. Ils en ont bien profité, la génération des trente glorieuses ! Peut-être, en effet. Mais est-ce une raison pour laisser des personnes humaines s’enfoncer dans la précarité et l’isolement ? Nous sommes responsables des plus faibles. Ceux d’aujourd’hui, comme ceux de demain, dont assurément nous serons. Dans l’histoire, l’Eglise s’est toujours montrée inventive pour aider les plus démunis et les vieillards en particulier. Le statut de veuve, dans l’antiquité chrétienne, est connu par tous les grands Pères de l’Eglise. Les mutuelles, les caisses de solidarités sont, sous une forme ou une autre, présentes depuis la plus haute antiquité chrétienne. Nous en trouvons des exemples dans les Actes des apôtres, mais aussi dans les basiliades de saint Basile de Césarée. Que dire des initiatives de saint Vincent de Paul, de Frédéric Ozanam, des multiples congrégations religieuses ayant ouvert des maisons de retraites ? Nous nous sommes trop habitués à compter sur l’Etat, le système, apparemment bien rodé, d’assurance. Mais aujourd’hui, l’un comme l’autre ne sont plus fiables et, à l’évidence, ne suffisent plus.

N’y a-t-il pas quelques catholiques entreprenants pour relancer de véritables mutuelles pour la vieillesse ? Ce serait un œuvre de charité envers nos anciens d’aujourd’hui et de demain, mais aussi envers la dignité humaine en préservant de la tentation euthanasique que nourrit un péché effroyable, le manque d’espérance.

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Edito #81 – Partagez l’info catho

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A la une #NLQ

L’édito – Le relativisme du ressenti ennemi numéro 1 de notre liberté

 

 

« +18, ressenti + 30 » Cette nouvelle manière d’indiquer les températures semble signaler une différence nette entre la température réelle et celle indiquée comme ressentie. Fruits de « calculs savants » cette distinction nous donnent une indication précieuse sur la nature humaine : « le senti ment », selon le slogan un peu rapide, mais révélateur. Le ressenti est, par nature, non mesurable puisqu’il est relatif. Lorsque le médecin demande d’évaluer une douleur sur une échelle de 1 à 10 nous sommes souvent bien ennuyés pour répondre, car notre référent douleur, nous le sentons bien, est incommunicable. Mais précisément cela permet au médecin de s’approcher un peu, non de notre souffrance, mais de notre capacité à la supporter, en fonction non de la douleur, mais de l’action que lui s’apprête à mener. Le ressenti correspond à une information donnée par nos sens, mais non traitée par la raison à qui il appartient de rationaliser, c’est-à-dire de donner prise sur le réel. Lorsque nous sommes dans le ressenti, nous partons d’éléments réels ou imaginaires mais nous restons dans une forme d’illusion. Ressentir -30 s’il fait -8 est une illusion. La réalité est que si la température de l’air est – 8, une exposition au vent vif fait baisser ici et maintenant la température. Le ressenti correspond donc à une étape inachevée de notre processus d’appréhension du réel. Le ressenti c’est au fond laisser le dernier mot aux sens, ce qui a pour conséquence une véritable perte de liberté, puisque la liberté suppose la connaissance du réel. Tel est le dilemme du monde actuel qui donne au relatif le primat sur le réel, parce qu’en en reste au senti il laisse mourir la raison qui seule peut appréhender en vérité le monde tel qu’il est.

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Edito #80 – Comprends-tu ce que tu fais ? De l’ignorance à la superstition il n’y a, en matière de religion, qu’un faible pas.

La liturgie, les commandements de l’Eglise, les rites, les habitudes catholiques, pour nombre de fidèles, le sens des actes quotidiens de la foi sont un ensemble mécanique incompris, voire, plus souvent, affublé d’une explication relativement éloignée du sens réel qu’il porte. Cela conduit à un relativisme et une négligence dans la pratique des gestes « catholiques ». Pourtant, incarnation oblige, tous nos actes religieux sont la prolongation d’une théologie particulièrement porteuse de sens et de notre vie religieuse intime. La cohérence de nos gestes et pratiques tient dans la rencontre entre le sens théologique et notre vie spirituelle. Un geste sans fondement théologique n’a rien de religieux, pas plus qu’un geste dont l’auteur se désolidarise de la portée. Les actes religieux catholiques ne sont pas magiques et donc ne sont pas formalistes. Ils demandent une grande cohérence entre le sens théologique et l’adhésion de l’acteur au sens théologique. Cette cohérence, au fond, est une forme de continuité de l’un à l’autre. Je pose un acte religieux dont la forme visible représente un sens théologique précis auquel j’adhère. De ce point de vue, nous ne pouvons être indifférents, relativistes ou extérieurs aux gestes que l’Eglise, dans sa sagesse, nous propose, au risque de poser des actes contraires à notre foi. Il en va ainsi de la liturgie, des jeûnes, des actes de piété ou même de morale. Loin d’une religion pour demeurés, la foi catholique exige d’acquérir non une science, mais la sagesse et donc de se former, de comprendre ce que nous faisons. De l’ignorance à la superstition il n’y a, en matière de religion, qu’un faible pas que nous franchissons peut-être plus souvent qu’il n’y parait

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Edito #80 – Comprends-tu ce que tu fais ? De l’ignorance à la superstition il n’y a, en matière de religion, qu’un faible pas.

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