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Edito #81 – Partagez l’info catho

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L’édito – Le relativisme du ressenti ennemi numéro 1 de notre liberté

 

 

« +18, ressenti + 30 » Cette nouvelle manière d’indiquer les températures semble signaler une différence nette entre la température réelle et celle indiquée comme ressentie. Fruits de « calculs savants » cette distinction nous donnent une indication précieuse sur la nature humaine : « le senti ment », selon le slogan un peu rapide, mais révélateur. Le ressenti est, par nature, non mesurable puisqu’il est relatif. Lorsque le médecin demande d’évaluer une douleur sur une échelle de 1 à 10 nous sommes souvent bien ennuyés pour répondre, car notre référent douleur, nous le sentons bien, est incommunicable. Mais précisément cela permet au médecin de s’approcher un peu, non de notre souffrance, mais de notre capacité à la supporter, en fonction non de la douleur, mais de l’action que lui s’apprête à mener. Le ressenti correspond à une information donnée par nos sens, mais non traitée par la raison à qui il appartient de rationaliser, c’est-à-dire de donner prise sur le réel. Lorsque nous sommes dans le ressenti, nous partons d’éléments réels ou imaginaires mais nous restons dans une forme d’illusion. Ressentir -30 s’il fait -8 est une illusion. La réalité est que si la température de l’air est – 8, une exposition au vent vif fait baisser ici et maintenant la température. Le ressenti correspond donc à une étape inachevée de notre processus d’appréhension du réel. Le ressenti c’est au fond laisser le dernier mot aux sens, ce qui a pour conséquence une véritable perte de liberté, puisque la liberté suppose la connaissance du réel. Tel est le dilemme du monde actuel qui donne au relatif le primat sur le réel, parce qu’en en reste au senti il laisse mourir la raison qui seule peut appréhender en vérité le monde tel qu’il est.

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Edito #80 – Comprends-tu ce que tu fais ? De l’ignorance à la superstition il n’y a, en matière de religion, qu’un faible pas.

La liturgie, les commandements de l’Eglise, les rites, les habitudes catholiques, pour nombre de fidèles, le sens des actes quotidiens de la foi sont un ensemble mécanique incompris, voire, plus souvent, affublé d’une explication relativement éloignée du sens réel qu’il porte. Cela conduit à un relativisme et une négligence dans la pratique des gestes « catholiques ». Pourtant, incarnation oblige, tous nos actes religieux sont la prolongation d’une théologie particulièrement porteuse de sens et de notre vie religieuse intime. La cohérence de nos gestes et pratiques tient dans la rencontre entre le sens théologique et notre vie spirituelle. Un geste sans fondement théologique n’a rien de religieux, pas plus qu’un geste dont l’auteur se désolidarise de la portée. Les actes religieux catholiques ne sont pas magiques et donc ne sont pas formalistes. Ils demandent une grande cohérence entre le sens théologique et l’adhésion de l’acteur au sens théologique. Cette cohérence, au fond, est une forme de continuité de l’un à l’autre. Je pose un acte religieux dont la forme visible représente un sens théologique précis auquel j’adhère. De ce point de vue, nous ne pouvons être indifférents, relativistes ou extérieurs aux gestes que l’Eglise, dans sa sagesse, nous propose, au risque de poser des actes contraires à notre foi. Il en va ainsi de la liturgie, des jeûnes, des actes de piété ou même de morale. Loin d’une religion pour demeurés, la foi catholique exige d’acquérir non une science, mais la sagesse et donc de se former, de comprendre ce que nous faisons. De l’ignorance à la superstition il n’y a, en matière de religion, qu’un faible pas que nous franchissons peut-être plus souvent qu’il n’y parait

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L’édito – Merci au courage des prêtres

 

Nous avons tous plus ou moins à l’idée que la vie de prêtre dans un monde hostile n’est pas facile. Nous imaginons également le poids d’une solitude renforcée dans une société elle-même cloisonnée. Les prêtres, jeunes et moins jeunes, sont issus, comme nous, de ce monde abimé. Comme nous, ils sont fragilisés par une culture ambiante déstructurante pour la personne humaine. Comme beaucoup de catholiques ils ont choisi une forme de radicalité dans leur vie par amour du Christ et de la mission. Mais plus que nous ils sont exposés. Exposés au regard du monde qui les attend au tournant. Exposés aux paroissiens exigeants et bien souvent critiques à leur égard. Pressions et tensions qui s’ajoutent à leur propre combat spirituel, humain, familial et bien entendu psychologique. Par le fait même de leur mission ils sont écartelés parfois entre absolu de la vérité et fragilité quotidienne de la pastorale. Mais qui se rend compte de la difficulté que représente, pour certains, la hiérarchie et les lourdeurs mêmes de l’Eglise.  Bien des séminaristes et des prêtres doivent affronter l’opposition de l’institution qui par endroit oublie la Vérité même du Christ. Si les séminaristes sont mis au pas ou renvoyés, les prêtres eux doivent parfois vivre dans l’isolement, confinés dans des placards. On dira cet édito excessif ? les témoignages sont pourtant légions, même s’ils semblent s’amenuiser. Mais le nier n’est pas rendre service à l’Eglise. L’année du sacerdoce a vu se déchaîner les affaires de pédophilie et cela, si douloureux fut-il, a permis de « purger » un mal au sein même de l’Eglise. Mais il reste encore bien des non-dits idéologiques qui minent l’Eglise et le clergé. Ils n’ont peut-être pas le même impact psychologique et les médias n’ont pas intérêt à s’en mêler, mais l’institution ecclésiale n’est pas en grande forme et une certaine idéologie imprègne encore bien des curies diocésains. L’affaire du MRJC n’a été que le début d’un mouvement de mise en lumière d’une autre forme de pu qui gangrène l’institution ecclésiale. Bien des prêtres « nouvelle génération » se battent avec courage, obéissance et simplicité, mais aussi avec quelles souffrances, contre ces restes encore tenaces d’une « vielle Eglise » qui sous couvert de modernité s’est en fait figée en 68. Merci à eux !

 

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Edito #79 – Un magistère émotionnel ?

Les catholiques, fidèles, prêtres ou évêques et mêmes cardinaux, pris dans le monde affectif actuel sont parfois tentés, consciemment ou non d’adapter le magistère aux conditionnement émotionnel de l’air du temps. Sous couvert de « pastorale » on en vient alors à modifier notablement le contenu même de la foi. Preuve au passage que celle-ci n’est pas toujours rationnellement comprise par les catholiques.

Pourtant, on ne peut changer le magistère en se fondant sur des motifs et des arguments pastoraux, sans nous plonger dans des abymes de contradictions et sur des points aussi cruciaux que le rapport à la Sainte Eucharistie ». La question de l’accès des divorcés remariés à la communion est emblématique d’un sujet douloureux à la fois pastoral et théologique. Ainsi, on se demande quelle théologie permet de communier état de péché mortel, sinon à considérer que l’adultère n’est pas un péché mortel.
Au fond ces crises nous ramènent au cœur de notre foi, avec des questions aussi simples que celle d’un vieux catéchisme. Qu’est-ce qu’un péché mortel qu’est-ce que l’adultère ? Or, le Catéchisme de l’Eglise Catholique est plus que flou sur la question du péché mortel.

Avant de répondre il faut garder à l’esprit la peur qu’a l’Eglise actuelle du péché. À mon sens cette peur fausse le raisonnement théologique car elle obère la liberté de l’intelligence et l’oriente vers une éviction du péché comme gravité intrinsèque. Le problème actuel porte avant tout sur la relation que l’Eglise entretient avec la notion de péché vu comme épouvantail avant d’être reconnu comme rupture avec Dieu. Il faut dire que de nos jours la relation à Dieu est devenue seconde par rapport à l’immédiateté de la vie matérielle et ce, même, pour de très nombreux pieux chrétiens. Nous avons cessé de vivre entre ciel et terre pour ne vivre que les pieds sur terre. Notre salut, bien souvent, est perçu comme une récompense, voire un marchandage négocié au moindre mal plutôt que l’intimité amoureuse avec Dieu.

Dieu nous apparaît comme un dû. C’est pourquoi il est revendiqué dans la communion eucharistique au mépris de la vérité de notre relation à Dieu. Nous nous comportons avec Dieu, non pas en amoureux, mais en despotes exigeants. Nous sommes adultères avec Dieu mais voulons quand même jouir des bienfaits du mariage comme si ceux-ci étaient des bons points alors qu’ils sont le fruit de l’amour fidèle. C’est l’adultère qui empêche le fruit de mûrir. Et forcer la consommation du mariage n’y changera rien. A nier le péché comme rupture dans la relation amoureuse nous avons banalisé et l’un et l’autre, sans nous rendre compte du camouflet de mépris que cela représente pour Dieu dont nous avons fait notre enclave en exigeant de Lui qu’Il se plie à nos désirs.

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Edito #78 – Les catholiques de France, entre politique, évangélisation, agression et vie ordinaire

Si ce mois-ci les catholiques ont été un peu moins sous les feux de la rampe, l’actualité des chrétiens en politique reste invariablement la même, entre attentats et bioéthique.

Assassinat du père Hamel : l’archevêque de Rouen se constitue partie civile
Mgr Aupetit reçu par les sénateurs
Un nouvel “aumônier des parlementaires”
Les parlementaires français se penchent sur la situation des chrétiens d’Orient
Dangereux prêches en latin, le GIGN répond au RAID
Attentat – Notre Seigneur Jésus-Christ a révélé le véritable visage de Dieu. Mgr Aupetit
Mgr Aupetit : “J’assume d’être descendu dans la rue pendant la Manif Pour Tous”
Mgr Aupetit : “Il y a un véritable enjeu sur la PMA”
Le lobby gay intervient dans les écoles catholiques en Bretagne

Une actualité dont la banalité des « agressions » anticatholiques, sous diverses formes, semble s’installer chaque mois un peu plus.

Le maire ferme l’Eglise pour forcer la communauté à réfléchir sur l’avenir du lieu
Un individu menace d’égorger un prêtre à Lyon
Nantes : un homme aurait confisqué le micro de l’évêque pour dire “Allah Akhbar” le jour de la Pentecôte
Plus d’un acte par mois commis contre des personnes ou lieux chrétiens en France en avril
Mgr de Kerimel invite les paroisses à prendre des mesures sérieuses pour éviter les profanations
Un prêtre agressé en pleine messe à la Réunion
Tours, Loudun, Naintré, Les Abymes, Toulon…profanation, vandalisme, vol… Un mois d’avril en France

Pour autant, la vitalité des diocèses, des mouvements et des initiatives d’évangélisation ne semble pas pâtir de ces violences. Au contraire ?

France : Appel aux ordres de huit nouveaux prêtres et de neuf nouveaux diacres pour la communauté Saint-Martin
Les foyers étudiants dans le diocèse de Paris
CapMissio – Une année pas comme les autres
Une chaîne youtube dédiée aux vocations
Connaissiez-vous l’Union catholique des cheminots Français ?
La Famille Missionnaire de l’Evangile de la Vie reconnue canoniquement
Mgr Colomb envoie en mission le premier équipage de la Flotte Espérance
Être scout : un atout pour réussir sa vie professionnelle ?
Ouverture de l’école Sainte-Barbe pour former des secouristes chrétiens de 12 à 17 ans à Voiville en Charentes-Maritime (17)
Le service des vocations du diocèse de Coutances dans la Manche interpelle en vidéo sur le manque de prêtres
Riaumont communique après les accusations relayées par les médias
Un miracle pour la béatification de Benoîte Rencurel ?
Près de 15 000 pèlerins à Chartres
Paris-Chartres : autour de l’homélie du cardinal Sarah, l’ampleur croissante d’un pèlerinage
Championnat de France de cyclisme du clergé – Soeur Anne-Laetitia gagne la course en habit de religieuse !

Et la vie ordinaire des diocèses se poursuit… imperturbable ?

L’Eglise de France lance une nouvelle campagne sur les legs
Mgr Pontier : “j’ai envoyé ma lettre de démission au Pape”
Haute-Savoie : plus de 800 pèlerins haut-savoyards au pèlerinage pour les vocations à Ars
Retour en images sur la Veillée de prière pour la vie à Notre-Dame de Paris
Jubilé Saint Vincent Ferrier à Vannes pour les 600 ans de la présence de “l’apôtre des bretons”
Cahors : A la recherche de l’autel englouti de la cathédrale
Les paroisses et les services diocésains face à la mise en place du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)
Le diocèse de Bayonne, un diocèse ancré dans des cultures particulières
Mgr Habert consacre le diocèse de Séez à la Vierge Marie devant la foule
L’évêque d’Angoulême renoue avec les rogations

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Edito #77 – La Pornographie, une maladie socialement transmissible

La pornographie n’est pas un mal contemporain, né de la perversion d’une société post chrétienne. De tous temps la nudité et la sensualité érotique ont provoqué chez l’homme comme chez la femme des désirs, des tentations et des névroses. Mais peut-être la pornographie est-elle le mal du siècle passé, contaminant encore notre siècle présent. Peut-être, même pouvons-nous aller jusqu’à dire que la pornographie est devenue une maladie socialement transmissible. On comprendra toute la gangrène que contient en germe ce mal à la simple considération de son étymologie, Pornê, signifiant en grec « prostituée ». Il s’agit bien de vendre (quelque soit la monnaie d’échange) l’usage du corps à des fins de plaisir sexuel. Un usage consommable que l’on s’offre. Il y a donc dans la pornographie une satisfaction egocentrique qui, d’une part, renferme sur soi et, d‘autre part, ne considère l’autre que par l’usage potentiel qu’il représente. Mais la pornographie joue sur des zones affectives et psychologiques extrêmement frêles et fragiles. L’image vue et obsédante renvoie à plusieurs sensations allant de la puissance à l’autodestruction, en passant par tous les phénomènes compensatoires. Toutes les études montrent les revers dramatiques de la pornographie qui crée une dépendance violente et aveuglante, comme toute drogue. Mais la pornographie à ceci de particulier qu’elle s’auto-alimente facilement. Un rien suffit pour remplir son office sur l’esprit dépendant. Une cheville à peine découverte et tout le système fantasmagorique et pulsionnel se met en branle. La dépendance conduit à un aveuglement violent et un besoin sans cesse grandissant de satisfaction immédiate, générant toutes les névroses de l’impatience, de l’autoritarisme et de la peur du manque. Nous constatons expérimentalement et à l’échelle de toute une société combien la morale chrétienne, par la pratique de la vertu est libératrice, quand l’absence de toute digue enchaîne l’intelligence et la volonté sous la coupe du vice. La pornographie n’est pas un mal parce qu’elle est contraire à la morale, mais parce que, contrairement à la morale, elle conduit à l’avilissement de l’Homme. Toute la morale catholique vise à la liberté. Une liberté qui, comme le dit Aristote, passe par l’acquisition de la vertu, elle-même s’acquérant par la répétition d’actes vertueux. A quoi, dans ce cas précis, s’ajoute le nécessaire sevrage, lequel rend fou de rage celui qui, dans la dépendance, est obnubilé par la peur du manque. Ici se cumulent deux travers dont la rencontre plonge le monde moderne dans le chaos actuel. La pornographie crée non seulement une dépendance, mais aussi une exigence d’immédiateté, de sorte qu’il faut au malade à tout moment pouvoir avoir accès à sa drogue. La morale devient alors l’obstacle honni, la douve terrifiante qui se dresse entre lui et son plaisir. Ainsi, plus le monde s’est enfoncé dans la pornographie, plus il a gagné des adeptes et plus il lui faut multiplier les points de recharge de leur pulsion. Dès lors, la pornographie envahit l’espace privé et public faisant sauter les digues de l’âge, de la famille et du genre. N’est-il pas surprenant que les derniers gouvernements se soient autant ingéniés à promouvoir le sexe ? Dans ce contexte, l’Eglise représente l’ultime rempart inquiétant entre la bête hagard et l’objet de sa jouissance. La pornographie est devenue une hydre incontrôlable dont les profiteurs, s’ils refusent de voir les effets sur eux, constatent, malgré tout, les conséquences sociales (viols, agressions sexuelles, avilissement de la femme…). Alors que faire face à ce « tsunami pornographique » ? Surtout ne pas lâcher les digues de l’exigence. Ce n’est pas la morale qui crée des névroses, mais les dépendances et autre blessures psychologiques et sexuelles. La beauté de la pureté élève l’âme quand la pornographie la tue.

Pour aller plus loin – Sortir de la pornographieLutter contre la pornographie

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Edito #77 – La Pornographie, une maladie socialement transmissible

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Edito #76 – Célibataires, les familles ont besoin de vous !

Une famille, c’est un temps plein, voire deux, voire trois, voire quatre et plus encore. Tenir son devoir d’état professionnel, de parent, d’époux, mais aussi d’enfant pour ses parents plus âgés, se cumule avec d’autres devoirs d’état, comme celui de notre implication dans la société ou encore dans l’Eglise. Si tous ces devoirs d’états s’ordonnent les uns aux autres en vue d’une seule fin qu’est la vie éternelle en Dieu, leur importance ou leur acuité momentanée peut varier en fonction des événements de la vie et du monde, tant il est vrai que nous sommes tous concernés par ce qui se passe en dehors de notre cercle privé. Concernés lorsque les effets du monde nous atteignent. Concernés par la responsabilité de nos actes ad extra qui auront toujours des conséquences sur les autres. Ma façon de consommer, d’éduquer mes enfants ou encore l’ouverture ou le repli de ma famille ne sont pas neutres. Un devoir d’état de parents dans une société agressive envers la famille, la foi et tout simplement la vérité de l’homme, ne peut plus se limiter aujourd’hui à l’éducation de ses enfants. Protéger sa famille passe inévitablement par protéger les familles. C’est à dore un engagement plus grand dans le combat civique, politique et religieux. Comment tenir un tel engagement, vital, lorsque les journées sont déjà bien remplies par le travail, les tâches domestiques, la vie spirituelle et le quotidien d’une famille ? Il est possible que remettre un peu d’ordre dans certaines priorités puisse déjà soulager certains excès. Il est des professions non compatibles avec les devoirs dus à la vie de famille et ce sont là des choix à poser avant de se dédouaner d’engagements réputés chronophages. Et cet engagement des membres de la famille au service de la cité et de l’Eglise demeurera toujours un élément vital du devoir d’état. Cependant, dans le monde actuel, les familles, seules, ne peuvent tenir face au rouleau compresseur idéologique. Et il appartient aux célibataires de prendre conscience de ce rôle irremplaçable de soutien qu’ils ont auprès des familles. Soutien direct par les aides matérielles, en service, en présence, qu’ils peuvent apporter. Soutien structurel en donnant ce temps qu’ils ont et que les familles n’ont pas au service de la cité et de l’Eglise. Si le célibat sacerdotal est une richesse c’est notamment par cette immense disponibilité qu’offre cet état. Mais le célibat peut être perçu comme une fatalité, ou comme une chance offerte à la société. Transformer le célibat, même subit, en un service des familles, afin de renforcer, voire aujourd’hui compenser, autour d’elles, les piliers qui leur permettront de mieux remplir leur propre devoir d’état, est un service précieux que les célibataires peuvent (doivent ?) aux familles.

Souvent perçue comme une maladie honteuse, parfois vécue avec envie ou jalousie, d’autres fois transformée en fuite, la vie de célibataire peut devenir une grâce et porteuse d’une véritable fécondité sociale. Pourquoi les mouvements et lobby progressistes sont aussi actifs, sinon parce qu’ils reposent sur des célibataires qui donnent tout (à l’excès même) pour leur cause. Le célibat peut aussi être un don pour les autres. Ce don est en tout cas, aujourd’hui, une complémentarité des talents et des grâces, plus nécessaires que jamais. Peut-être même est-il salutaire.

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L’édito – Qui est maître de la loi ?

Dans l’embrouillamini actuel, il est difficile de savoir aujourd’hui tout autant ce qu’est la politique, que quels en sont les acteurs ! Il est de bon ton de faire une stérile distinction entre société civile et société politique alors que la politique est par nature l’expression d’une société civile. C’est du reste le même mot civis, polis, cité, civisme, citoyen, constitutions (Politeia en grec puisque tout le monde se targue de savoir ce qui se faisait à l’époque). Voilà le registre sémantique commun à ce qu’il est de bon ton, aujourd’hui, d’opposer ! La politique est l’affaire de la société civile précisément parce qu’elle en est l’expression ! L’expression par les décisions ou les élections d’une part, mais aussi l’expression comme reflet d’une conception et de clivages sociaux.

La politique est l’affaire de la société civile précisément parce qu’elle en est l’expression.

En fait nous amalgamons politique et gouvernement parce qu’à la différence des démocraties antiques que nous croyons prendre pour modèle, nous ne sommes pas une démocratie participative directe mais représentative. Au lieu de nous occuper nous-mêmes de la politique nous déléguons à des « professionnels » ! Les anciens n’ont du reste jamais fait autre chose. Mais les  » professionnels » de la politique (entendons de l’exercice du pouvoir) étaient ceux qui en avaient financièrement les moyens. Même dans la démocratique de Rome, les magistrats étaient les nantis. Même dans l’exemplaire Athènes, les stratèges étaient les riches et le menu peuple était défrayé pour participer aux Assemblées. La politique qui regarde tout le monde n’est de fait pas accessible à tout le monde dans son exercice du pouvoir, car cela prend du temps !

Au lieu de nous occuper nous-mêmes de la politique nous déléguons à des « professionnels ».

La politique recouvre en effet deux termes : la souveraineté et le pouvoir. La souveraineté dit-on appartient au peuple qui vote, et le pouvoir aux magistrats élus pour représenter, non pas la souveraineté du peuple, mais l’Etat, c’est à dire le gouvernement. En effet, il y a identification entre l’Etat et le gouvernement et non entre l’Etat et le peuple. Car le peuple, même en démocratie, est soumis à l’Etat. La différence avec d’autres systèmes politiques est que le peuple est sensé contrôler ses représentants et à loisir changer les lois selon le critère de la majorité ! Ainsi, réellement, le gouvernement appartient non au peuple mais à la majorité qui impose, de façon toute aussi tyrannique que n’importe quel dictateur, sa vision des lois ! La démocratie par essence est un rapport de forces donc une crise permanente entre citoyens. Thucydide et Xénophon le dénonçaient déjà en leur temps.

La démocratie par essence est un rapport de forces donc une crise permanente entre citoyens.

La vraie question politique est donc celle de la souveraineté ! Non pas qui détient le pouvoir mais qui détient la légitimité de la loi. Il faut cesser d’opposer société civile et politique. Ce débat n’est qu’un contrefeu qui masque la question fondamentale de la légitimité de la souveraineté : qui est souverain ? Le peuple ? L’Etat ? Ou la loi ?

Indiscutablement, de nos jours, comme en Grèce classique, c’est la Loi ! D’ailleurs aujourd’hui une décision est prise « au nom de la loi ». Celle-ci a donc un pouvoir absolu. Aussi, qui contrôle les lois détient un pouvoir absolu ! C’est alors la loi qu’il faut renforcer et sécuriser pour éviter qu’elle soit soumise à une majorité. Aussi se pose une question essentielle, quels sont les fondements de la loi ? A cette question chaque société répondra différemment. Cependant, toutes diront que la loi doit être juste ou bonne. Mais qui aujourd’hui peut dire ce qui est juste ou bon ? Peu importe le système politique au fond, s’il garantit une loi effectivement juste ou bonne ! Isocrate, le démocrate n’en disait pas moins en formant le jeune roi Nicoclès.

Aussi se pose une question essentielle, quels sont les fondements de la loi ?

Tout le problème politique actuel se résume à cela ! Toute innovation ou réforme politique doit d’abord répondre à cela. Quelle est la source du droit ? Et toute proposition politique doit annoncer clairement sa réponse ! Car de la réponse à cette question ne dépend pas seulement un système politique, c’est un enjeu de civilisation ! Est-ce à une majorité de définir le bien ?
Faire l’impasse sur cette question, telle est l’aporie de tout notre système. Ne pas l’affronter ne pas en faire un clivage fort est l’erreur, je pense, de ceux-là même qui veulent défendre une loi bonne, parce que, ce faisant, ils s’enfoncent, comme les autres, dans la dialectique politique actuelle ! Il faut à la loi un souverain et ce souverain, en toute justice ne peut être que le bien réel (et non virtuel) de l’Homme. Ne nous y trompons pas, tant que nous ne ferons pas une active promotion d’une anthropologie authentique, nous ne ferons que donner des coups d’épée dans l’eau et l’Homme n’ira pas mieux !

 

 

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L’édito – Avant d’être politique, il faut être prophétique

Tous les moyens sont-ils bons pour parvenir à nos fins ? Evidemment, tout le monde répondra négativement… sur le principe ! Mais concrètement ? Dans le combat que nous livrons actuellement pour la dignité humaine et la liberté, car là est bien l’enjeu de nos marches répétées, nous avons eu tendance à cherche le plus petit dénominateur commun pour faire nombre. C’était le mot d’ordre du temps de Frigide Barjot, un seul slogan, contre le mariage pour tous, c’est encore le fil conducteur des derniers mouvements de masse où se côtoient des marcheurs très divers. Certes, ce dénominateur commun n’est pas rien puisqu’il s’agit au fond de l’Homme lui-même. Oui mais attention ! Jusqu’à quel point défendons-nous l’Homme véritable en le réduisant a minima ?

L’Homme est un tout ! Et le réduire à sa sexualité, à son travail, à sa vie de famille ou à sa liberté c’est oublier qu’il est tout cela à la fois, et de façon organique. C’est surtout amorcer deux bombes à retardement. Car il faudra, un jour, se mettre d’accord pour proposer une alternative. Nous ne pouvons éternellement rester dans la rue. Il faut, à côté de nos rassemblements, développer un véritable projet de civilisation. Or si notre vision anthropologique n’est pas unifiée, nous exploserons en plein vol. Ceux qui ne voient en l’Homme qu’un être libre sans se dire que la sexualité est un aspect de cette liberté s’opposeront à ceux qui réduisent la dignité humaine au travail, tandis que d’autres se focaliseront sur la famille au détriment de la liberté qui inclut par nature la responsabilité sociale. Bien entendu ce ne sont là que des stigmatisations à grand trait, dont l’objet est d’attirer l’attention sur la véritable bombe qui nous attend. Depuis le début de nos manifestations, nous avons eu deux lignes de crête. D’une part nous avons réduit notre combat aux quelques étincelles qui ont mis le feu aux poudres, comme le mariage pour tous, la PMA, la GPA (avant de l’ouvrir peu à peu au Gender). D’autre part nous n’avons donné qu’une faible lumière au monde en réduisant la dignité humaine au plus petit dénominateur commun. Etait-ce des erreurs ? Sans doute en partie, mais cela a permis un mouvement de masse sans lequel nous ne serions pas là aujourd’hui. En revanche, maintenir cette double réduction est aujourd’hui clairement suicidaire.

L’homme est un tout ! Et en janvier 2013, contre la posture de Frigide, j’avais publié un article intitulé la manif pour tout ! Il ne s’agissait nullement d’un avant jour de colère ! Mais, bien au contraire, de prendre conscience que ce n’est pas en limitant notre combat au mariage pour tous que nous défendrions la dignité de l’Homme, précisément parce que l’Homme ne se réduit pas à cela. Il travaille, il fait de la politique, il consomme, etc. Un mouvement qui limite son combat aux questions de la famille et de la vie fait déjà beaucoup, mais il ne fait pas tout. Le croyant, il se condamne à l’échec, parce qu’on ne concoure pas à restaurer la dignité de l’Homme en le réduisant à quelques aspects.

Or si le déclencheur a bien été le mariage pour tous, c’est toute la dignité humaine qui doit être promue, car c’est bien une crise existentielle majeure qui traverse notre monde. La relation à l’économie, à la solidarité, à la culture, à la politique constituent des pans entiers de la vie. Si l’Homme est en danger aujourd’hui ce n’est pas d’abord parce que la famille est menacée, mais parce que l’économie, la culture ou encore l’éducation ont fragilisé et déstructuré l’Homme moderne. C’est parce que nous nous sommes désintéressés de tous ces aspects en nous concentrant sur ce que nous appelons le combat « pro-vie » que les promoteurs de la civilisation Taubira ont pu progresser partout ailleurs et parvenir à leurs fins. La manif pour tous combat désormais la familiphobie et, du reste, intègre certaines questions fiscales ou encore le congé parental. Mais le combat que nous menons ne doit surtout pas rester sectorisé à la famille, même dans sa dimension fiscale. Autrement les priorités vitales de chacun reprendront le dessus, car, de fait, il faut bien vivre voire simplement survivre. Une entreprise qui retient ses cadres tous les jours jusqu’à 21h ou 22h, porte aussi une atteinte à la famille. Un salaire indécent, c’est aussi une atteinte à la famille. La question de fond n’est pas que faire pour la famille, mais comment œuvrer pour que la personne humaine, prise dans sa globalité, œuvre pour sa famille ?

Voilà pourquoi faire nombre sur une conception de l’Homme à minima est une véritable bombe à retardement. Avant d’être politiques il nous faut être prophétiques ! Ce dont souffre notre société aujourd’hui ce n’est pas d’abord des avancées socialistes ou libertaires ! Ce dont souffre notre monde c’est du recul de l’Homme dans sa vérité. Moins le véritable visage de l’Homme est dévoilé au grand jour, plus l’être humain s’atrophie. Arrêter le rouleau compresseur destructeur est une chose, mais si nous ne mettons pas en route une autre dynamique, le rouleau reprendra sa course par d’autres chemins. Il est urgent, avant de faire nombre, de sortir l’Homme de sous le boisseau. Nous avons voulu faire feu de tout bois pour barrer la route aux projets gouvernementaux. Il est temps à présent de promouvoir l’Homme dans toute sa splendeur et sa vérité. L’heure n’est plus aux concessions à minima, au risque de nous faire le lit de la prochaine vague. Le premier travail qui nous incombe désormais est de s’assurer que l’ensemble des alliés d’aujourd’hui partagent la même conception de la dignité humaine. Or les chrétiens et les musulmans n’ont pas la même position sur la dignité humaine et se voiler la face est aussi une bombe à retardement. Il ne s’agit pas là de stigmatiser une guerre de religions, mais de pointer par un exemple suffisamment éloquent les limites de cette démarche. Et dire cela ne remet nullement en cause l’engagement des musulmans ni leur initiative contre le Gender à l’école par exemple. Il faut juste savoir jusqu’où nous pouvons aller ensemble.

Avant d’être politiques, soyons prophétiques car seule la vérité nous rendra libres. Ne passons pas d’un totalitarisme à l’autre et sortons de la dialectique relativiste et de l’idéologie du rapport de force, parce que nous ne faisons là que nourrir l’Hydre. Les tenants de la civilisation Taubira l’emporteront toujours tant qu’ils nous maintiendront sur ce terrain du relativisme et du rapport de force qui est le leur. Il nous faut jouer à domicile parce que là…. ils sont morts !