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Mgr Ayuso nommé président du dicastère pour le Dialogue interreligieux

Proche collaborateur du cardinal Tauran, Mgr Ayuso Guixot, lui succède à la tête du dicastère pour le Dialogue interreligieux. Expert de l’islam, il a vécu de nombreuses années en Egypte et au Soudan en tant que missionnaire combonien.

Sergio Centofanti, Hélène Destombes  – Cité du Vatican

Le Pape a nommé ce samedi 25 mai président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux Mgr Miguel Angel Ayuso Guixot, 67 ans en juin, et jusqu’à présent secrétaire du dicastère. Il succède au cardinal Jean-Louis Tauran, décédé en juillet 2018. Depuis, il a assuré la direction du conseil, rédigeant notamment les messages aux fidèles bouddhistes, taoïstes ou musulmans.

Né le 17 juin 1952 à Séville, en Espagne, il est missionnaire combonien du Cœur de Jésus. Il a été ordonné prêtre le 20 septembre 1980, et a été en mission en Egypte et au Soudan jusqu’en 2002.

Expert de l’islam
Il a obtenu une licence en études arabes et islamiques au Pisai de Rome en 1982 et un doctorat en théologie dogmatique à l’université de Grenade en 2000. En 1989, il est devenu professeur d’islamologie, d’abord à Khartoum, puis au Caire avant d’enseigner à l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques (Pisai) dont il est devenu par la suite le directeur, jusqu’en 2012. Il a ainsi dirigé différentes rencontres de dialogue interreligieux en Afrique (Egypte, Soudan, Kenya, Ethiopie et Mozambique).

Il a été nommé le 30 juin 2012 par Benoît XVI secrétaire du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, étant nommé par le Pape François évêque titulaire de Luperciana, et ordonné en mars 2016. Outre l’espagnol, il parle l’arabe, l’anglais, le français et l’italien.

Retrouvez son entretien sur Vatican News

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Sri Lanka – L’Eglise s’engage pour la réconciliation nationale

Alors que le Sri Lanka a célébré, le 18 mai, le 10ème anniversaire de la fin de la guerre civile contre les rebelles tamouls, « les catholiques du Sri Lanka, à un moment de tension et de peur après les attentats de Pâques, confirment leur engagement en faveur du bien commun, du développement durable, de la sécurité et de la réconciliation dans le pays » déclare à l’Agence Fides Leo Fernando, laïc catholique et animateur pastorale à Colombo.
Il indique à Fides : « Il est douloureux de se souvenir que le pays a tant souffert à cause de la guerre civile. Au cours de ces derniers temps, cette souffrance immense est revenue dans notre vie au travers des attentats de Pâques, qui ont tué 258 personnes et nous nous retrouvons maintenant à relever le défi de l’extrémisme religieux et du terrorisme ».
Les cingalais et les tamouls constituent les deux principaux groupes composant la population du pays. La guerre civile a duré 26 ans, à compter de 1983, et a laissé derrière elle plus de 100.000 morts. Différents cas liés à ce conflit se trouvent actuellement à l’examen du Conseil de l’ONU pour les droits fondamentaux, qui évalue les violations de ces droits commis à la fin du conflit. Dix ans après la fin de la guerre, les Nations unies ont estimé que 40.000 civils auraient été tués au cours des derniers mois de combat alors que le gouvernement avait lancé l’assaut final contre les tigres tamouls, demandant au Sri Lanka de mener une enquête sur de présumés crimes de guerre commis par les deux parties au conflit. Entre temps, au sein de la nation, les controverses et revendications entre les deux communautés, cingalaise et tamoule, continuent à faire obstacle au processus de réconciliation nationale.
Dans ce contexte, l’Eglise œuvre sans relâche pour promouvoir la paix, l’harmonie et la réconciliation, en particulier au travers de la Caritas du Sri Lanka et de la Conférence des Supérieurs majeurs du Sri Lanka.
« Les efforts de l’Eglise ont contribué à améliorer de manière notable les rapports entre les deux communautés » remarque le Père Edmond Thilakarathna, Porte-parole de l’Eglise au Sri Lanka. Cette dernière a des baptisés parmi les communautés cingalaise et tamoule. Dès lors, elle constitue « un élément catalyseur d’harmonie, de paix, de réconciliation et de fraternité dans une société pluraliste » indique-t-il.
La Commission nationale pour la Justice, la paix et le développement humain de la Conférence épiscopale du Sri Lanka a lancé de nombreuses initiatives innovantes pour contribuer à la réconciliation. Tout l’apostolat dans son ensemble, lequel comprend des activités telles que l’instruction, la santé, le développement social et d’autres activités pastorales, est orienté vers la rencontre entre les deux communautés, la cicatrisation des blessures du passé et la promotion de l’amitié, de la confiance réciproque et de la réconciliation.
Le Sri Lanka est un pays multiethnique de 22 millions d’habitants, à majorité bouddhiste mais il comprend des minorités chrétiennes, musulmanes et hindoue. Les musulmans représentent près de 10 % de la population, les chrétiens 7,4 % – 6,1 % de catholiques et 1,3 % de protestants.

 

Source Agence Fides

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L’idéologie du genre ne peut qu’engendrer une augmentation des violences

A l’invitation de Femina Europa et sous l’égide de Madame Anne Zaborska, députée slovaque, Esther Pivet, auteur d’un ouvrage sur le sujet, a décrypté la théorie du genre au Parlement européen :

En France, depuis 2013 le HCE, Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, met en œuvre la théorie du genre sous couvert d’égalité entre les sexes.  Sauf qu’il ne s’agit pas, avec la théorie du genre, d’égalité mais d’indifférenciation.

Esther Pivet nous livre une analyse très complète de la mise en œuvre de cette théorie par l’éducation nationale dans les établissements scolaires,  avec de nombreux exemples pris sur le vif, et ses conséquences sur la maternité.

Ecouter la conférence 29 minutes sur youtube

Au nom de l’égalité homme femme,  il faut éliminer les stéréotypes sexués et déconstruire les rôles sociaux, ce qui implique la parité dans toutes les sphères de la société (sauf la famille), la lutte contre les différences de traits psychologiques, de centre d’intérêts et de comportements entre l’H et la F ainsi que la promotion de l’inversion des codes culturels et des rôles sociaux : c’est la mise en œuvre de la théorie du genre qui ne veut pas dire son nom !

Sous prétexte de venir en aide aux femmes victimes de violences on impose un modèle de personne humaine indéfini et autonome, déraciné de la réalité physiologique. La grossesse et la maternité sont dévalorisées. Avec le développement de la technique on laisse entendre que les femmes pourront enfin s’affranchir de la grossesse vue comme une contrainte.

La négation et la tentative d’effacement des différences entre les hommes et les femmes ne peuvent qu’engendrer une augmentation des violences et des discriminations envers les femmes, en particulier les femmes enceintes et les mères.

La réponse d’Esther Pivet  au fléau des violences faites aux femmes est claire : Non à l’égalité de genre qui brouille les identités masculines et féminines. Oui à l’égalité Hommes Femmes en dignité, Oui à une égalité qui respecte la complémentarité des sexes. Oui à une éducation de la jeunesse qui favorise l’accueil de la masculinité ou de la féminité, qui les invite à prendre soin de l’autre et à s’émerveiller devant leur différence si féconde !

 

Source

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Crèche du monde – En partance pour le Pérou

Nous poursuivons notre exposition universelle des crèches par la Pérou.

Synthèse Hebdo

Edito #102 – L’Eglise à la remorque du monde

Il fut un temps où l’Eglise catholique donnait l’impulsion au monde. Il fut un temps où la foi des chrétiens était tellement chevillée au corps, tellement inventive qu’ils ont impulsé au monde entier une dynamique entrainant les païens dans leur sillage vers Dieu. Ils étaient 12 et ils ont converti le monde. Ils étaient une poignée de martyrs et leur sang est devenu semence de chrétiens. Ils étaient des milliers fidèles et ils n’avaient pas peur du monde. De ce courage, de cette force, de cette vision d’espérance et de foi, ils ont puisé l’évidence du chemin et leur foi est devenue contagieuse, comme toute évidence. Il fut un temps où l’Eglise n’avait pas peur d’être hors la loi, hors norme, parce qu’elle n’avait pas honte d’être elle-même.

Aujourd’hui l’Eglise s’accroche au monde, tente de le rattraper au lieu de suivre son chemin, elle a tellement peur de perdre le monde qu’elle lui cède tout et se perd en lui. L’Eglise n’est plus une force de proposition, les catholiques ne sont plus un sillage entraînant, mais une douve sécuritaire fermée sur elle-même. L’Eglise parce qu’elle prend le monde comme modèle ne sait plus être dans le monde sans être du monde.  L’Eglise aujourd’hui (fidèles comme hiérarchie) à peur de faire peur alors elle cache ses lumières, comme des furoncles dangereux. L’Eglise est à la remorque du monde, toujours en retard et sur la défensive, accrochée au moindre mal, sans plus pouvoir s’ouvrir au mieux possible. L’Eglise n’est plus force de proposition, les catholiques ne sont plus contagieux, ils sont épouvantails à force de vouloir être séduisants.

 

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Edito #102 – L’Eglise à la remorque du monde

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Synthèse Hebdo

Edito #101 – Cette mort qu’on voudrait ignorer

La mort, ce corollaire inséparable de la vie de tout être créé, n’a pas toujours été l’effroyable porte du néant. Si toutes les civilisations entretiennent un rapport particulier avec elle, la relation d’une culture à la mort est peut-être une des clefs de lecture les importantes pour comprendre un monde, une époque, une Histoire. Pour l’Egypte, la mort n’existe pour ainsi dire pas. C’est une simple autre manière d’exister. Les grecs redoutaient cette vie d’ombre au shéol. Le Moyen-Age chrétien avait appris à vivre avec la mort, avec les morts que l’on veillait et accompagnait longuement. Aujourd’hui, on tend à cacher un cadavre, comme impudique, comme s’il avait retrouvé l’impureté qu’on lui prêtait dans l’antique Grèce ou qui marquait les livres de l’Ancien Testament. La mort semble souiller la vie. On voudrait l’ignorer. A son approche on la fuit au point de l’éradiquer au plus vite en euthanasiant les anciens après les avoirs relégués dans des mouroirs, entre eux.

Finalement, parce que redoutée, peu nombreux sont ceux qui se préparent à affronter la sinistre faucheuse. La mort des autres devient l’oppressante moralisatrice qui nous rappelle notre inévitable destinée. La mort est une violence pour celui qui vit. En lui rappelant sa propre finitude elle lui impose l’inévitable gouffre du néant de chaque être humain. La question de l’après est repoussée avec terreur. La peur du néant est d’autant plus surprenante que le néant signifie « plus d’être », donc plus de sensation du néant. Ainsi la mort vue comme fin ne devrait inquiéter aucun matérialiste convaincu de la finitude de chaque chose.

La réalité est que la mort, même pour celui qui sincèrement ne croit pas en un quelconque au-delà, ouvre un tout autre gouffre : la fin des jouissances de ce monde. Ce dont ont peur la plupart de nos contemporains est que ces plaisirs, qu’ils soient bons ou mauvais (la n’est pas la question), cessent. C’est une peur existentielle du vide pour une vie creusée dans l’avoir qui passe au lieu d’avoir été enracinée dans l’être qui demeure. Repousser la mort derrière des murailles de parfums pour en dissiper l’odeur ressentie comme agressive empêche de se confronter à ce dualisme qui déchire l’Homme entre être et avoir, demeurer ou passer. La mort nous place devant la réalité de notre vie. Celui qui est ne meurt pas, tandis que celui qui n’est qu’avoir disparait avec lui.

Or le vide existentiel de l’homme aujourd’hui le conduit à oublier d’être pour se sécuriser dans l’avoir. Fuir l’image de la mort, de nos morts, c’est d’une certaine façon refuser qu’être n’est pas une accumulation, mais une plénitude. Or, par sa passion et sa mort, le Christ nous apprend que cette plénitude est un don de soi qui ouvre à la vie. Telle est le fondement et le chemin de l’espérance du chrétien face à la mort. Il ne s’agit pas d’emporter dans l’au-delà, mais d’entrer de tout notre être dans la vie. C’est, d’une certaine façon, ce que voudrait nous rappeler ce 2 novembre. Nous nous souvenons et nous visitons nos défunts, non comme une commémoration au monument aux morts, mais comme une présence vivante, témoin de la victoire de la vie sur la mort, c’est-à-dire de l’être sur le néant, par le don qui réalise notre être dans et par le don suprême de la vie de Celui qui « est » la vie.

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Edito #101 – Cette mort qu’on voudrait ignorer

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L’édito – Le consumérisme ou la mort de nos paroisses

L’appel du Saint-Père à ne pas réduire les communautés à des “stations services) nous renvoie à notre édito de juin 2017 que nous vous reproposons simplement.

Nombre de paroisses de France et de Navarre ont profité de ce dernier dimanche de juin pour remercier leur curé sur le départ ou faire le point dans de longues litanies sur les mouvements et services paroissiaux, anticipant déjà la sempiternelle demande, parfois désespérée, de la rentrée, autre litanie des besoins récurrents de nos paroisses.

 

Les communautés chrétiennes des grosses agglomérations ne se rendent peut-être pas compte du désarroi et du chemin de croix que représente, pour la plupart des « ensembles paroissiaux » des diocèses ruraux, le recrutement de bénévoles.

 

Nous sommes tous tellement pris ! Oui il y a le sport (mon médecin a dit), la musique (mon âme a besoin de cette respiration), le travail (bien entendu), la famille (évidemment), les associations (c’est incontournable), la politique (cela commence à revenir) et tant d’autres sollicitations qui viennent concurrencer la vie de la paroisse.

 

Si nous allons à la messe tous les dimanches et parfois en semaine, si nous participons à un groupe de prière, combien, sur « l’ensemble paroissial » sont effectivement acteurs de la vie de la paroisse ?

 

L’Eglise la plus concrète pour nous est pourtant la paroisse ou le mouvement auquel nous pouvons être rattachés. Mais si les mouvements cultivent l’investissement, comme un signe d’appartenance, la paroisse tend à demeurer un lieu de consommation. Pourtant, si chaque paroissien donnait une heure par semaine, qu’elle soit diffractée en 10 minutes quotidiennes pour ouvrir l’église ou ramassée en 4 h mensuelles pour préparer la soirée Ephata, même dans les paroisses les plus désertes, cela constituerait une manne de disponibilité pour l’Evangile.

 

Car en effet, ce n’est pas de toucher les gens en marge de l’Eglise qui est difficile, mais, une fois rejoints, bien des paroisses n’ont rien à leur proposer, faute de personnes engagées. C’est une double mort, de la paroisse et de l’évangélisation.

 

Nous éduquons nos enfants à prendre leur part dans la vie de famille, parce qu’ils sont membres de cette communauté familiale et non de simples pions consommateurs. Combien de mamans s’insurgent devant leurs ados qui tendent à considérer la maison comme un hôtel ? Il en va de même de la paroisse (qu’elle soit géographique ou choisie) et ce n’est qu’ainsi qu’elle sera vraiment l’Eglise locale, c’est-à-dire composée de pierres vivantes et non d’angles morts.

 

Mais bien des sorties de messe ressemblent au collier de perles cassé. Un vieux curé de Corrèze disait un jour à ses paroissiens, « vous me faites comprendre la peine de ma sœur quand, enfant, je m’amusais à briser ses colliers de perles. En vous voyant tous vous éparpiller à la sortie de la messe, je revois le collier de ma sœur. »

 

Le consumérisme a gangréné aussi nos Églises paroissiales et donner, même généreusement, à la quête ne remplace pas la pierre vivante qui s’engage. Le dynamisme de nos paroisses est vérolé par cette forme de consommation paroissiale qui, avant de vider les églises, a vidé l’Eglise. Comme un enfant a sa part dans la vie de la maison, aucun paroissien ne peut se dédouaner de sa part active dans la vie de l’Eglise sous peine de n’être, même en état de grâce, qu’une pierre inerte. L’église domestique est importante, c’est un fait, mais sans Eglise vivante, les églises domestiques n’iront que déclinant. L’engagement dans la société est fondamental, mais, sans engagement dans l’Eglise, l’engagement pour la société se tarira, parce que si les prêtres nous donnent la grâce par les sacrements, ils ne sont pas l’Église à eux seuls et ne peuvent la tenir à bout de bras. C’est notre responsabilité commune et personnelle, devant Dieu et devant nos frères.

 

En réalité, nous tendons à asphyxier nos Eglises locales par cette forme de consumérisme qui a peu à peu laissé glisser l’ordre des priorités. Oui nous avons souvent perdu de vue que la paroisse, image locale de l’Eglise, est pourtant une priorité dans la vie du chrétien. Cela nous place devant une vraie question pour l’été : quel est l’ordre des priorités de nos engagements qui met si loin derrière l’Eglise ?

 

Cyril Brun 27 juin 2017

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L’édito – De la citadelle assiégée à la civilisation conquérante

Il est un fait indéniable que le monde va mal, tant du point de vue économique que morale. La peur du lendemain, voire même de l’aujourd’hui, couve comme un feu rampant. La désolation du sens alimente une course en avant du consommable par nature éphémère. De proche en proche, l’humanité s’est trouvée au-dessus du néant sans plus même pouvoir réaliser que le sol se dérobe désormais inéluctablement, tant le vide a gagné les profondeurs de notre humanité. Dans ce contexte gris devenu par réflexe défensif, agressif et inconsciemment auto-destructeur, ceux qui ont encore une idée, fut-elle vague, des fondements sur lesquelles l’humanité devraient s’appuyer pour son épanouissement, ont l’impression, parfois, d’être une citadelle assiégée. Percevant avec d’autant plus de douleur les coups portés contre les derniers pilotis que le reste du monde semblent se complaire à sa propre destruction, les catholiques se sentent submergés dans leur rôle d’éternel Cassandre, impuissants et muselés.

 

Et il est vrai que qui regarde l’Occident post-moderne et l’Orient islamisant avec les yeux des vérités de la foi, la réalité est inquiétante, voire terrifiante si l’on se pense impuissant. Que peut faire une poignée de fidèles du Christ face au déferlement de violence, de haine et de mensonge qui réduit comme peau de chagrin l’îlot de moins en moins protégé où ils se tiennent ? Sur qui peuvent-ils s’appuyer s’ils sont perçus par leurs propres frères en Christ comme des intégristes rigides ? Où trouver leur place au cœur du relativisme qui gangrène leur entourage le plus proche ? Comment continuer de dire la vérité évangélique et dénoncer à cette lumière la réalité tragique sans la stigmatiser et se trouver relégué au rang de prophète de malheur ?

 

Telle est la question parfois désespérée de nombre de fidèles. Pourtant, s’il est vrai que le monde est au plus mal, il suffit de parcourir les lettres quotidiennes d’Infocatho pour entrevoir que l’espérance n’a pas déserté cette vallée de larmes. Et si notre vieille Europe craque par endroit, et notamment en France, elle se relève en de nombreux autres. Si l’Occident meurt étouffé dans son propre orgueil d’autosuffisance, des pans entiers de l’humanité découvrent le Christ. Si la foi a déserté le cœur de générations de fidèle, il semble bien qu’elle renaisse avec une incroyable vigueur dans la jeune génération qui, quoique plus fragile que les précédentes, n’en nourrit pas moins une vraie et profonde dévotion pour Dieu. Le véritable drame du sentiment de citadelle assiégée réside peut-être davantage dans le syndrome du petit reste que le démon entretient savamment. Ce syndrome nous conduit à la défense du pré carré, là où nous sommes appelés à être prophétiques. S’il est vrai que le monde est violemment agressif contre la vraie foi chrétienne, il ne l’est pas contre une vérité édulcorée, pour la raison simple que seule la vérité redonnera conscience à notre âge du vide sur lequel il se donne l’illusion d’avancer. Souvent nous sommes, face à ces agressions, à ces pertes de terrain, angoissés, comme s’ils allaient nous emporter nous-mêmes. Pourtant, pour le disciple amoureux du Christ, que peuvent les turpitudes du monde ? Le Christ, au milieu de la foule qui voulait le précipiter dans le vide, n’allait-il pas son chemin au milieu d’eux ?

 

Dans cette période trouble que nous vivons, nous avons à être des prophètes ancrés en Dieu. Des prophètes dont la responsabilité abyssale est de dire le vrai envers et contre tout. Que les lois mortifères submergent le monde ne devraient pas inquiéter notre espérance. Mais il est probable qu’être prophète aujourd’hui soit synonyme de martyr. Oui, l’aire de la chrétienté s’est réduite comme peau de chagrin. Oui, le chrétien est assailli de toutes parts. Mais l’aire de notre intimité avec Dieu en est-elle affectée ? Sommes-nous assaillis à l’intérieur de notre âme ? A ces deux questions la réponse n’est pas sociale, mais spirituelle, car il s’agit de notre intimité personnelle et non collective avec Dieu. Peut-être que notre angoisse apocalyptique repose d’abord sur une crainte personnelle d’être submergé au point de voir le monde comme le siège de notre citadelle intérieure. Peut-être que si, comme le Christ, nous allions notre chemin au milieu du monde, comme Lui ancré dans l’assurance de la vérité triomphante en nous et sur le monde, peut-être passerions-nous de la citadelle assiégée à la civilisation conquérante. Mais ne nous y trompons pas. C’est bien au milieu d’un monde qui hait les chrétiens, comme il a haï le Christ que nous devons être prophètes c’est-à-dire tout à la foi porter la joie de la vérité et révéler la réalité qui écrase le monde. Sortir d’une mentalité défensive ne signifie pas nier la réalité agressive du monde. Cela suppose d’être convaincu que par le Christ tout est possible pour peu qu’on se mette à sa suite, Lui qui est chemin (n’en déplaise à ceux qui se veulent sans Dieu) mais aussi vérité (n’en déplaise à ceux qui l’édulcore) et vie, n’en déplaise à ceux qui cherchent ici-bas seulement leur bonheur ou à y faire le bonheur de leur proche.

Synthèse Hebdo

Edito #100 – Le politiquement correct et l’intimidation bien pensée.

Les intimidations dont les catholiques sont l’objet depuis de nombreuses années a porté longtemps du fruit et tend, aujourd’hui encore à effrayer quelques-uns d’entre nous. En tout cas c’est ce que semblent croire les censeurs du politiquement correct qui brandissent à la moindre occasion les anathèmes réchauffés dont les défenseurs de la vérité, de la vie, de la foi sont les victimes récurrentes.

Pourtant, si nous regardons de plus près que reproche-t-on aux catholiques (et avec quelle violence souvent), sinon d’énoncer les vérités du bon sens le plus élémentaire. Raison pour laquelle les ostracismes péremptoires ne cherchent pas à discuter, mais à ridiculiser, stigmatiser et disqualifier. Une minorité a décidé que désormais vert serait rouge et cette norme sans fondement  est imposée comme loi absolue. Au nom de cette loi de l’absurde, les opposants sont réduits à néant sans autre forme de procès.

Pourtant, la vérité trace inexorablement son chemin pour peu que ceux qui la reconnaissent n’aient pas peur de la porter. Le politiquement correct ne peut intimider que ceux qui se préfèrent à la vérité.

Le catholique, plus que jamais, est le flambeau qui porte la lumière de la vérité. Si comme, Moïse il baisse les bras, les forces du mal gagnent du terrain. Le démon qui manigance tout cela ne peut éteindre la lumière et il le sait. Mais il peut effrayer les céroféraires. Tel est son jeu de dupes qu’il mène à l’école, au travail, mais plus encore dans les medias et dans l’arène politique. Alors qu’on parle de refondation de la droite, de place des catholiques en politique, n’oublions pas ce que fut cette immense procession aux flambeaux des manifs pour tous. Face au déferlement du mensonge qui gangrène le monde, notre temps plus que jamais à besoin que les porteurs de la flamme de la vérité ne faiblissent pas, ne se préfèrent pas à elle. Nous avons rendu hommage au combat de nombreux politiques et responsables associatifs, mais nous rendons aussi témoignage, par la multitude d’annonces qui nous parviennent et que vous pouvez retrouver sur notre carte agenda, à cette foule innombrable de témoins du Christ qui en France particulièrement, disent Dieu à temps et à contre-temps. En relatant la vie quotidienne des chrétiens d’Orient, nous rendons témoignage aussi aux milliers de martyrs qui de par le monde chaque jour souffrent et meurent pour que soit transmise cette flamme de la vérité.

Chacun est un des relais sur le parcours de cette flamme. Tous nous pouvons la brandir ou la mettre sous le boisseau. Telle est l’immense et merveilleuse responsabilité des catholiques où qu’ils se trouvent à toute heure du jour et de la nuit. Puisse InfoCatho y prendre modestement sa part.

 

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Edito #99 – Infocatho, vous avez aimé ? A vous de jouer !

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