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Crèche du monde – En partance pour le Pérou

Nous poursuivons notre exposition universelle des crèches par la Pérou.

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Edito #102 – L’Eglise à la remorque du monde

Il fut un temps où l’Eglise catholique donnait l’impulsion au monde. Il fut un temps où la foi des chrétiens était tellement chevillée au corps, tellement inventive qu’ils ont impulsé au monde entier une dynamique entrainant les païens dans leur sillage vers Dieu. Ils étaient 12 et ils ont converti le monde. Ils étaient une poignée de martyrs et leur sang est devenu semence de chrétiens. Ils étaient des milliers fidèles et ils n’avaient pas peur du monde. De ce courage, de cette force, de cette vision d’espérance et de foi, ils ont puisé l’évidence du chemin et leur foi est devenue contagieuse, comme toute évidence. Il fut un temps où l’Eglise n’avait pas peur d’être hors la loi, hors norme, parce qu’elle n’avait pas honte d’être elle-même.

Aujourd’hui l’Eglise s’accroche au monde, tente de le rattraper au lieu de suivre son chemin, elle a tellement peur de perdre le monde qu’elle lui cède tout et se perd en lui. L’Eglise n’est plus une force de proposition, les catholiques ne sont plus un sillage entraînant, mais une douve sécuritaire fermée sur elle-même. L’Eglise parce qu’elle prend le monde comme modèle ne sait plus être dans le monde sans être du monde.  L’Eglise aujourd’hui (fidèles comme hiérarchie) à peur de faire peur alors elle cache ses lumières, comme des furoncles dangereux. L’Eglise est à la remorque du monde, toujours en retard et sur la défensive, accrochée au moindre mal, sans plus pouvoir s’ouvrir au mieux possible. L’Eglise n’est plus force de proposition, les catholiques ne sont plus contagieux, ils sont épouvantails à force de vouloir être séduisants.

 

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Edito #101 – Cette mort qu’on voudrait ignorer

La mort, ce corollaire inséparable de la vie de tout être créé, n’a pas toujours été l’effroyable porte du néant. Si toutes les civilisations entretiennent un rapport particulier avec elle, la relation d’une culture à la mort est peut-être une des clefs de lecture les importantes pour comprendre un monde, une époque, une Histoire. Pour l’Egypte, la mort n’existe pour ainsi dire pas. C’est une simple autre manière d’exister. Les grecs redoutaient cette vie d’ombre au shéol. Le Moyen-Age chrétien avait appris à vivre avec la mort, avec les morts que l’on veillait et accompagnait longuement. Aujourd’hui, on tend à cacher un cadavre, comme impudique, comme s’il avait retrouvé l’impureté qu’on lui prêtait dans l’antique Grèce ou qui marquait les livres de l’Ancien Testament. La mort semble souiller la vie. On voudrait l’ignorer. A son approche on la fuit au point de l’éradiquer au plus vite en euthanasiant les anciens après les avoirs relégués dans des mouroirs, entre eux.

Finalement, parce que redoutée, peu nombreux sont ceux qui se préparent à affronter la sinistre faucheuse. La mort des autres devient l’oppressante moralisatrice qui nous rappelle notre inévitable destinée. La mort est une violence pour celui qui vit. En lui rappelant sa propre finitude elle lui impose l’inévitable gouffre du néant de chaque être humain. La question de l’après est repoussée avec terreur. La peur du néant est d’autant plus surprenante que le néant signifie « plus d’être », donc plus de sensation du néant. Ainsi la mort vue comme fin ne devrait inquiéter aucun matérialiste convaincu de la finitude de chaque chose.

La réalité est que la mort, même pour celui qui sincèrement ne croit pas en un quelconque au-delà, ouvre un tout autre gouffre : la fin des jouissances de ce monde. Ce dont ont peur la plupart de nos contemporains est que ces plaisirs, qu’ils soient bons ou mauvais (la n’est pas la question), cessent. C’est une peur existentielle du vide pour une vie creusée dans l’avoir qui passe au lieu d’avoir été enracinée dans l’être qui demeure. Repousser la mort derrière des murailles de parfums pour en dissiper l’odeur ressentie comme agressive empêche de se confronter à ce dualisme qui déchire l’Homme entre être et avoir, demeurer ou passer. La mort nous place devant la réalité de notre vie. Celui qui est ne meurt pas, tandis que celui qui n’est qu’avoir disparait avec lui.

Or le vide existentiel de l’homme aujourd’hui le conduit à oublier d’être pour se sécuriser dans l’avoir. Fuir l’image de la mort, de nos morts, c’est d’une certaine façon refuser qu’être n’est pas une accumulation, mais une plénitude. Or, par sa passion et sa mort, le Christ nous apprend que cette plénitude est un don de soi qui ouvre à la vie. Telle est le fondement et le chemin de l’espérance du chrétien face à la mort. Il ne s’agit pas d’emporter dans l’au-delà, mais d’entrer de tout notre être dans la vie. C’est, d’une certaine façon, ce que voudrait nous rappeler ce 2 novembre. Nous nous souvenons et nous visitons nos défunts, non comme une commémoration au monument aux morts, mais comme une présence vivante, témoin de la victoire de la vie sur la mort, c’est-à-dire de l’être sur le néant, par le don qui réalise notre être dans et par le don suprême de la vie de Celui qui « est » la vie.

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L’édito – Le consumérisme ou la mort de nos paroisses

L’appel du Saint-Père à ne pas réduire les communautés à des “stations services) nous renvoie à notre édito de juin 2017 que nous vous reproposons simplement.

Nombre de paroisses de France et de Navarre ont profité de ce dernier dimanche de juin pour remercier leur curé sur le départ ou faire le point dans de longues litanies sur les mouvements et services paroissiaux, anticipant déjà la sempiternelle demande, parfois désespérée, de la rentrée, autre litanie des besoins récurrents de nos paroisses.

 

Les communautés chrétiennes des grosses agglomérations ne se rendent peut-être pas compte du désarroi et du chemin de croix que représente, pour la plupart des « ensembles paroissiaux » des diocèses ruraux, le recrutement de bénévoles.

 

Nous sommes tous tellement pris ! Oui il y a le sport (mon médecin a dit), la musique (mon âme a besoin de cette respiration), le travail (bien entendu), la famille (évidemment), les associations (c’est incontournable), la politique (cela commence à revenir) et tant d’autres sollicitations qui viennent concurrencer la vie de la paroisse.

 

Si nous allons à la messe tous les dimanches et parfois en semaine, si nous participons à un groupe de prière, combien, sur « l’ensemble paroissial » sont effectivement acteurs de la vie de la paroisse ?

 

L’Eglise la plus concrète pour nous est pourtant la paroisse ou le mouvement auquel nous pouvons être rattachés. Mais si les mouvements cultivent l’investissement, comme un signe d’appartenance, la paroisse tend à demeurer un lieu de consommation. Pourtant, si chaque paroissien donnait une heure par semaine, qu’elle soit diffractée en 10 minutes quotidiennes pour ouvrir l’église ou ramassée en 4 h mensuelles pour préparer la soirée Ephata, même dans les paroisses les plus désertes, cela constituerait une manne de disponibilité pour l’Evangile.

 

Car en effet, ce n’est pas de toucher les gens en marge de l’Eglise qui est difficile, mais, une fois rejoints, bien des paroisses n’ont rien à leur proposer, faute de personnes engagées. C’est une double mort, de la paroisse et de l’évangélisation.

 

Nous éduquons nos enfants à prendre leur part dans la vie de famille, parce qu’ils sont membres de cette communauté familiale et non de simples pions consommateurs. Combien de mamans s’insurgent devant leurs ados qui tendent à considérer la maison comme un hôtel ? Il en va de même de la paroisse (qu’elle soit géographique ou choisie) et ce n’est qu’ainsi qu’elle sera vraiment l’Eglise locale, c’est-à-dire composée de pierres vivantes et non d’angles morts.

 

Mais bien des sorties de messe ressemblent au collier de perles cassé. Un vieux curé de Corrèze disait un jour à ses paroissiens, « vous me faites comprendre la peine de ma sœur quand, enfant, je m’amusais à briser ses colliers de perles. En vous voyant tous vous éparpiller à la sortie de la messe, je revois le collier de ma sœur. »

 

Le consumérisme a gangréné aussi nos Églises paroissiales et donner, même généreusement, à la quête ne remplace pas la pierre vivante qui s’engage. Le dynamisme de nos paroisses est vérolé par cette forme de consommation paroissiale qui, avant de vider les églises, a vidé l’Eglise. Comme un enfant a sa part dans la vie de la maison, aucun paroissien ne peut se dédouaner de sa part active dans la vie de l’Eglise sous peine de n’être, même en état de grâce, qu’une pierre inerte. L’église domestique est importante, c’est un fait, mais sans Eglise vivante, les églises domestiques n’iront que déclinant. L’engagement dans la société est fondamental, mais, sans engagement dans l’Eglise, l’engagement pour la société se tarira, parce que si les prêtres nous donnent la grâce par les sacrements, ils ne sont pas l’Église à eux seuls et ne peuvent la tenir à bout de bras. C’est notre responsabilité commune et personnelle, devant Dieu et devant nos frères.

 

En réalité, nous tendons à asphyxier nos Eglises locales par cette forme de consumérisme qui a peu à peu laissé glisser l’ordre des priorités. Oui nous avons souvent perdu de vue que la paroisse, image locale de l’Eglise, est pourtant une priorité dans la vie du chrétien. Cela nous place devant une vraie question pour l’été : quel est l’ordre des priorités de nos engagements qui met si loin derrière l’Eglise ?

 

Cyril Brun 27 juin 2017

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L’édito – De la citadelle assiégée à la civilisation conquérante

Il est un fait indéniable que le monde va mal, tant du point de vue économique que morale. La peur du lendemain, voire même de l’aujourd’hui, couve comme un feu rampant. La désolation du sens alimente une course en avant du consommable par nature éphémère. De proche en proche, l’humanité s’est trouvée au-dessus du néant sans plus même pouvoir réaliser que le sol se dérobe désormais inéluctablement, tant le vide a gagné les profondeurs de notre humanité. Dans ce contexte gris devenu par réflexe défensif, agressif et inconsciemment auto-destructeur, ceux qui ont encore une idée, fut-elle vague, des fondements sur lesquelles l’humanité devraient s’appuyer pour son épanouissement, ont l’impression, parfois, d’être une citadelle assiégée. Percevant avec d’autant plus de douleur les coups portés contre les derniers pilotis que le reste du monde semblent se complaire à sa propre destruction, les catholiques se sentent submergés dans leur rôle d’éternel Cassandre, impuissants et muselés.

 

Et il est vrai que qui regarde l’Occident post-moderne et l’Orient islamisant avec les yeux des vérités de la foi, la réalité est inquiétante, voire terrifiante si l’on se pense impuissant. Que peut faire une poignée de fidèles du Christ face au déferlement de violence, de haine et de mensonge qui réduit comme peau de chagrin l’îlot de moins en moins protégé où ils se tiennent ? Sur qui peuvent-ils s’appuyer s’ils sont perçus par leurs propres frères en Christ comme des intégristes rigides ? Où trouver leur place au cœur du relativisme qui gangrène leur entourage le plus proche ? Comment continuer de dire la vérité évangélique et dénoncer à cette lumière la réalité tragique sans la stigmatiser et se trouver relégué au rang de prophète de malheur ?

 

Telle est la question parfois désespérée de nombre de fidèles. Pourtant, s’il est vrai que le monde est au plus mal, il suffit de parcourir les lettres quotidiennes d’Infocatho pour entrevoir que l’espérance n’a pas déserté cette vallée de larmes. Et si notre vieille Europe craque par endroit, et notamment en France, elle se relève en de nombreux autres. Si l’Occident meurt étouffé dans son propre orgueil d’autosuffisance, des pans entiers de l’humanité découvrent le Christ. Si la foi a déserté le cœur de générations de fidèle, il semble bien qu’elle renaisse avec une incroyable vigueur dans la jeune génération qui, quoique plus fragile que les précédentes, n’en nourrit pas moins une vraie et profonde dévotion pour Dieu. Le véritable drame du sentiment de citadelle assiégée réside peut-être davantage dans le syndrome du petit reste que le démon entretient savamment. Ce syndrome nous conduit à la défense du pré carré, là où nous sommes appelés à être prophétiques. S’il est vrai que le monde est violemment agressif contre la vraie foi chrétienne, il ne l’est pas contre une vérité édulcorée, pour la raison simple que seule la vérité redonnera conscience à notre âge du vide sur lequel il se donne l’illusion d’avancer. Souvent nous sommes, face à ces agressions, à ces pertes de terrain, angoissés, comme s’ils allaient nous emporter nous-mêmes. Pourtant, pour le disciple amoureux du Christ, que peuvent les turpitudes du monde ? Le Christ, au milieu de la foule qui voulait le précipiter dans le vide, n’allait-il pas son chemin au milieu d’eux ?

 

Dans cette période trouble que nous vivons, nous avons à être des prophètes ancrés en Dieu. Des prophètes dont la responsabilité abyssale est de dire le vrai envers et contre tout. Que les lois mortifères submergent le monde ne devraient pas inquiéter notre espérance. Mais il est probable qu’être prophète aujourd’hui soit synonyme de martyr. Oui, l’aire de la chrétienté s’est réduite comme peau de chagrin. Oui, le chrétien est assailli de toutes parts. Mais l’aire de notre intimité avec Dieu en est-elle affectée ? Sommes-nous assaillis à l’intérieur de notre âme ? A ces deux questions la réponse n’est pas sociale, mais spirituelle, car il s’agit de notre intimité personnelle et non collective avec Dieu. Peut-être que notre angoisse apocalyptique repose d’abord sur une crainte personnelle d’être submergé au point de voir le monde comme le siège de notre citadelle intérieure. Peut-être que si, comme le Christ, nous allions notre chemin au milieu du monde, comme Lui ancré dans l’assurance de la vérité triomphante en nous et sur le monde, peut-être passerions-nous de la citadelle assiégée à la civilisation conquérante. Mais ne nous y trompons pas. C’est bien au milieu d’un monde qui hait les chrétiens, comme il a haï le Christ que nous devons être prophètes c’est-à-dire tout à la foi porter la joie de la vérité et révéler la réalité qui écrase le monde. Sortir d’une mentalité défensive ne signifie pas nier la réalité agressive du monde. Cela suppose d’être convaincu que par le Christ tout est possible pour peu qu’on se mette à sa suite, Lui qui est chemin (n’en déplaise à ceux qui se veulent sans Dieu) mais aussi vérité (n’en déplaise à ceux qui l’édulcore) et vie, n’en déplaise à ceux qui cherchent ici-bas seulement leur bonheur ou à y faire le bonheur de leur proche.

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Edito #100 – Le politiquement correct et l’intimidation bien pensée.

Les intimidations dont les catholiques sont l’objet depuis de nombreuses années a porté longtemps du fruit et tend, aujourd’hui encore à effrayer quelques-uns d’entre nous. En tout cas c’est ce que semblent croire les censeurs du politiquement correct qui brandissent à la moindre occasion les anathèmes réchauffés dont les défenseurs de la vérité, de la vie, de la foi sont les victimes récurrentes.

Pourtant, si nous regardons de plus près que reproche-t-on aux catholiques (et avec quelle violence souvent), sinon d’énoncer les vérités du bon sens le plus élémentaire. Raison pour laquelle les ostracismes péremptoires ne cherchent pas à discuter, mais à ridiculiser, stigmatiser et disqualifier. Une minorité a décidé que désormais vert serait rouge et cette norme sans fondement  est imposée comme loi absolue. Au nom de cette loi de l’absurde, les opposants sont réduits à néant sans autre forme de procès.

Pourtant, la vérité trace inexorablement son chemin pour peu que ceux qui la reconnaissent n’aient pas peur de la porter. Le politiquement correct ne peut intimider que ceux qui se préfèrent à la vérité.

Le catholique, plus que jamais, est le flambeau qui porte la lumière de la vérité. Si comme, Moïse il baisse les bras, les forces du mal gagnent du terrain. Le démon qui manigance tout cela ne peut éteindre la lumière et il le sait. Mais il peut effrayer les céroféraires. Tel est son jeu de dupes qu’il mène à l’école, au travail, mais plus encore dans les medias et dans l’arène politique. Alors qu’on parle de refondation de la droite, de place des catholiques en politique, n’oublions pas ce que fut cette immense procession aux flambeaux des manifs pour tous. Face au déferlement du mensonge qui gangrène le monde, notre temps plus que jamais à besoin que les porteurs de la flamme de la vérité ne faiblissent pas, ne se préfèrent pas à elle. Nous avons rendu hommage au combat de nombreux politiques et responsables associatifs, mais nous rendons aussi témoignage, par la multitude d’annonces qui nous parviennent et que vous pouvez retrouver sur notre carte agenda, à cette foule innombrable de témoins du Christ qui en France particulièrement, disent Dieu à temps et à contre-temps. En relatant la vie quotidienne des chrétiens d’Orient, nous rendons témoignage aussi aux milliers de martyrs qui de par le monde chaque jour souffrent et meurent pour que soit transmise cette flamme de la vérité.

Chacun est un des relais sur le parcours de cette flamme. Tous nous pouvons la brandir ou la mettre sous le boisseau. Telle est l’immense et merveilleuse responsabilité des catholiques où qu’ils se trouvent à toute heure du jour et de la nuit. Puisse InfoCatho y prendre modestement sa part.

 

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Edito #99 – Infocatho, vous avez aimé ? A vous de jouer !

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Edito #96 – Les pauvres n’intéressent plus même la gauche !

Il est de tradition de considérer l’attention pour les plus pauvres comme l’apanage de ce que le XIXème siècle français a appelé la gauche, comme si celle-ci aurait eu le monopole du cœur, pour reprendre la célèbre réplique de VGE à Mitterrand. Dans toute vision nuancée, on sait que rien n’est totalement blanc, rien n’est totalement noir, surtout en politique. Le fait est que les partis et mouvements revendiqués de gauche ont toujours affiché une certaine option préférentielle pour la défense des plus pauvres. Mais aujourd’hui, il semble bien que ces démunis de ce monde, corps électoral convoqué chaque année aux urnes, soient les parents pauvres de l’échiquier politique. Même la gauche, en effet ne fait plus de leur cas, de leurs problèmes, de leurs réalités quotidiennes une priorité, un combat. On ressort bien la corde sensible aux veilles d’élection, ou pour la défense de certains prés carrés, comme ce fut le cas récemment avec les interminables mouvements sociaux du rail. Mais concrètement, qu’elles sont les priorités des deux derniers mandats dits de gauche ? Vers où s’écoulent des millions d’euros, comme fonte des neiges inépuisables ? Quels sont les combats de la gauche d’aujourd’hui ? Quelles sont les priorités des meneurs depuis mai 68 ? Les conditions de vie ? La revalorisation salariale ? Les conditions de travail ? Les aides familiales ? On ne trouve pas même l’égalité des chances, sinon comme annexe rhétorique des priorités nouvelles de la gauche : l’IVG, la PMA, le mariage gay, l’immigration. Prenez les grandes campagnes des dernières années, les grands budgets, ils vont tous au fondamentalisme d’un combat idéologique, alors que le peuple de France, qu’il soit de souche ou non, s’enfonce dans la dépendance financière, la déprime, la course aux centimes dès les premiers jours du mois. La pauvreté n’intéresse aujourd’hui plus les politiques parce que la gauche avec l’ostracisme totalitaire qui lui sert de bélier a imposé son tempo, ses thématiques, forçant tous les autres, acculés à la défensive, à s’emparer de ces questions, au détriment des pauvres, moutons tondus silencieusement.

Même l’Eglise catholique pourtant reconnue pour son attention préférentielle aux pauvres, est contrainte de se concentrer sur ces attaques majeures qui risquent de faire basculer la civilisation occidentale dans un chaos anthropologique dont les premières victimes seront les pauvres, ceux qui ne pourront s’offrir le luxe pour lequel se battent les idéologues de gauche. Car oui, quand on ne peut pas nourrir correctement sa famille, s’offrir une PMA, même remboursée par la sécurité sociale déficitaire, c’est un luxe, en plus d’une déviance. Ecrans de fumée, arbres masquant la forêt, ces luttes des temps modernes font du pauvre le double perdant d’une idéologie de bobo qui n’oppose plus riches et pauvres, mais libertaires et reste du monde. Non seulement les pauvres n’ont plus de défenseurs (qu’ils aient désertés ou qu’ils soient mobilisés ailleurs) mais ils paieront la note finale en finançant toujours et encore une idéologie dont ils ne profiteront pas même. Dans cette imposture qu’il nous faut dénoncer et combattre parce que mortifère pour l’humanité, il faut bien reconnaître que la voix des pauvres se fait de plus en plus ténue. A quelques mouvements caritatifs près qui servent de caution de bonne conscience, qui se soucient encore des pauvres ensevelis sous les décombres de la gauche idéologique et de leur quotidien fait de survie et d’opium ? Même les discours du pape François sont rendus inaudibles par la question des migrants qui confisque la pauvreté par l’hypertrophie de la pression médiatique et peut être plus encore par les crises internes à l’Eglise. C’est du reste bien l’ambition des idéologues de la pensée unique que de discréditer l’Eglise pour que sa voix, qui ne pourra jamais s’éteindre, soit étouffée et discréditée.

 

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L’édito – « Ah non je ne prierai pas pour ce type (le pape) »

Ce n’est pas la première fois qu’InfoCatho lance une chaîne de prière pour le pape ou la curie et les réactions sont diverses, voire violentes, comme elles ont pu l’être lorsque nous avons lancé une chaîne de prière pour Emmanuel Macron. Il suffit d’aller dans les commentaires Facebook pour voir le déferlement d’indignations ou de haine, en soit fort surprenant venant de catholiques. Dans un autre édito, nous avons évoqué cette violence et les raisons, parfois très compréhensibles, qui pouvaient conduire à de telles défiances. Pour autant, nous voudrions rappeler que lorsque nous appelons à prier pour quelqu’un, à fortiori lorsqu’il s’agit d’une personnalité publique, il ne s’agit pas de soutenir sa politique surtout lorsque, dans le cas d’Emmanuel Macron, il y a un vide abyssal entre la foi catholique et les projets mis en œuvre. Au contraire, il s’agit de prier pour que Dieu accompagne les décideurs, les convertissent et leurs ouvre les yeux quand ils s’égarent, les encourager quand ils avancent dans les ténèbres, les soutienne dans leurs épreuves et enfin il s’agit de confier leur charge à Dieu. Je dirais, finalement, que les opposants au pape, comme à Emmanuel Macron, devraient, au contraire, redoubler de prière. La haine est toujours révélatrice d’un mal-être, comme la colère, d’une impuissance face à l’injustice (réelle ou ressentie). Nous, catholiques, avons, par la prière, l’incroyable grâce de surpasser l’impuissance humaine. Encore faut-il faire monter au Ciel suffisamment de suppliques.

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L’édito – La post-humanité n’est pas un mythe, mais l’impasse infernale de notre siècle. 

Fantasmée, idéalisée, diabolisée ou niée, ce qu’on appelle la post-humanité, dans la mouvance post-moderne semble relever de la science-fiction bien au-delà des rêves technologiques de Jules Verne. Comme l’expression l’indique, la post-humanité suppose une rupture dans l’évolution de l’humanité. Une rupture entrainant un changement substantiel tel qu’elle induirait de facto la fin de l’humanité. Pas une fin consécutive à une éradication, une sorte d’Armageddon ou de déluge sans survivant, mais une transmutation de la nature humaine en une nature post-humaine, non encore nommée. Non nommée mais clairement identifiée. Il ne s’agit pas d’augmenter l’humain, comme nous le vivons dans l’étape actuelle du transhumanisme, mais de le rendre immortel parce que sans plus aucune contrainte avec les limites de la nature. Aux contours encore en création, l’être post humain gardera intelligence et conscience, mais dans une enveloppe totalement artificielle donc perpétuellement renouvelable. Ce n’est pas de la science-fiction, mais une dynamique portée par le post modernisme, idéologie dominante actuelle, selon laquelle il ne s’agit plus de dominer et soumettre les contraintes de la nature, mais de les éliminer totalement.

Pour le catholique, en plus de la question du bien-être et de la dignité humaine, se pose la question du rapport à Dieu et de la vie éternelle. Supprimer la mort du corps en maintenant en vie l’âme, c’est fermer les portes du Ciel et s’opposer au bonheur ultime de l’homme en Dieu. Objectif satanique s’il en est. Dans cette optique, déshumaniser ne signifie plus avilir la dignité humaine, mais en finir avec l’humanité, par nature mortelle et donc ouverte à Dieu.