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L’édito – A quoi bon redescendre dans la rue ? – Les trompettes de Jéricho versus les sirènes des bobos

 

 

A quelques jours de la Marche pour la vie et dans le souvenir des marches antérieures,  ressurgit la question, lancinante… à quoi ça sert ? Les lois passent les unes derrières les autres, tous des pourris, le système ceci, le système cela, nous sommes des amateurs, il nous manque une tête… Oui ! Trois fois oui tout cela est vrai. Mais, il me vient à l’esprit cet extrait bien connu de Victor Hugo. « Dans cette diable de Vendée, il faut un général qui soit en même temps un procureur ; il faut ennuyer l’ennemi, lui disputer le moulin, le buisson (…) A cette heure, dans cette armée de paysans, il y a des héros, il n’y a pas de capitaine » Ennuyer l’ennemi, le tarauder, lui tourner autour, lui faire perdre la tête, l’encercler de toute part, tel est le résultat de la multiplicité et de la diversité des actions qui ont été menées depuis 2013 et que, m’est avis, il faut continuer et intensifier. Plus nous les agacerons de nos veillées, contre lesquelles ils ne peuvent rien, de nos sentinelles, qui les réduisent à l’impuissance, de nos marches paisibles, sur lesquelles ils n’ont aucune prise, plus nous gagnerons du terrain. Oh pas un terrain militaire, mais un terrain politique, parce que nous sommes en train, petit à petit, de reprendre la main en imposant notre tempo. Ce combat nous pouvons le gagner par KO et faire tomber la forteresse, comme le peuple juif tournant avec ses trompettes autour de Jéricho ! Voilà pourquoi qu’importe qu’il n’y ait pas de capitaines dans notre armée de va-nu-pieds, ce qui compte c’est de tourner autour de la citadelle, non pour être plus forts qu’elle, mais pour qu’elle s’effondre d’elle-même.

Ne cherchons pas en effet l’affrontement de face, nous ferions leur jeu en entrant dans ce principe marxiste du rapport de force. En nous mettant sur leur terrain, nous sommes forcément perdant, parce qu’ils jouent avec le renversement de ce rapport et ils reviendront plus forts dans quelques années. En utilisant leurs armes, ils gagneront parce qu’ils les manient mieux que nous. Mais visiblement, ils sont désarçonnés devant la forme inédite que prend notre armée. Nos trompettes de l’espérance, la cadence de nos marches ébranlent leurs constructions à peine posées sur le sable. Et pour ce faire, il nous suffit d’être nous-mêmes et de démontrer la beauté de la vérité que nous défendons. L’exemple des veilleurs, proposant à des milliers de jeunes l’édification de soi par la culture, celui des sentinelles, faisant de la patience et du silence, les vertus du héraut de la défense des libertés, celui des volontaires préparant la Marche pour la vie, témoignent sobrement d’une assurance et d’une espérance qui, à elles seules, sont autant de flèches décochées dans les cœurs avides de bonheur de nos contemporains.

Les trompettes de Jéricho couvriront sans mal les sirènes enrhumées des bobos. Déjà elles s’essoufflent. Mais perverses, elles cherchent assurément d’autres issues pour échapper à l’encerclement de la citadelle. Alors ne nous évanouissons pas dans la nature par impatience, regrettant le coup de force qui les écraserait ! Mais au contraire, partout, en tous lieux, tout temps, ici et maintenant, sans attendre demain, ni ce général providentiel (il viendra en son temps), labourons le terrain, ennuyons l’ennemi, sonnons très fort et sans trêve les trompettes de Jéricho. Mais attention, n’oublions pas que l’adversaire n’est pas « le reste de ceux qui ne pensent pas comme nous ». Bien au contraire, l’immense majorité de nos contemporains est emprisonnée dans cette cité de la pensée unique, captive des sirènes trompeuses d’une idéologie mortifère qui est notre véritable ennemi. C’est bien pour cela que la tactique biblique des trompettes de Jéricho vise bien à faire tomber les remparts et non à écraser la population. Car ce combat est un combat de liberté. Il ne s’agit pas d’imposer notre vérité, mais de faire s’effondrer le mensonge.

Nous pourrions avoir l’impatience du découragement ou de la colère, mais soyons au contraire convaincus que plus nous mettrons d’intensité dans nos trompettes, plus vite la victoire nous sera donnée.

 

Et une fois les murs tombés me direz-vous ?  Chaque chose en son temps ! Le temps qui est le nôtre est celui de la préparation. Comme dans les tranchées, que nous commémorons cette année, il va falloir nous installer pour durer, rivaliser d’imagination pour « disputer le moulin », sans jamais perdre notre âme, ni notre flamme. C’est le temps ardu du laboureur qui s’ouvre à nous. Un labour qui n’exclut pas cependant de préparer ceux qui seront les cadres de demain. Ce temps, en tout cas, requiert patience, tempérance et espérance, ce  que d’aucuns résument en quatre lettres : ONLR !

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

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L’édito – Bioéthique, migrants, même combat ? Si toute vie est sacrée, toute vie n’est pas en péril

 

Dans plusieurs entretiens, le nouvel archevêque de Paris a souligné la proximité qu’il y avait, pour lui, entre la question des migrants et celle de la vie. N’hésitant pas  dire « il n’y a pas la bioéthique d’un côté et les migrants de l’autre, les deux sont aussi importants », il a pu provoquer de vives émotions chez certains catholiques. Mgr Aupetit, précisait toutefois sa pensée : « c’est la même vision de l’homme ». En ce sens évidemment, tout est lié, car, de la conception à la mort (et même dans la vie éternelle) il s’agit bien de personnes humaines qui déroulent leur vie avec une égale dignité. Et c’est bien toute la difficulté des catholiques dans le monde actuel. La conception biblique de la dignité humaine n’est plus celle de la doxa officielle, même si elle demeure, plus qu’on ne le dit, celle du bon sens. Et pourtant, on est contre la peine de mort et pour l’avortement, pour l’accueil inconditionnel des migrants tout en laissant des Français dans la rue. Tout cela n’est pas sans contradiction, à partir du moment où le principe de non contradiction est le dommage collatéral inévitable du refus de la vérité. Monseigneur Aupetit pointe bien le problème de fond de notre société qui ne reconnait plus l’homme dans l’homme et moins encore Dieu. Aussi, d’une certaine façon, en effet, bioéthique et migrants, même combat et les deux sont de la même importance quant à la dignité de la personne humaine. Du reste l’archevêque pointe bien que la difficulté réside davantage dans le discernement de l’accueil qu’il lie au bien commun, ce que la presse ne s’empresse pas de relayer.

Toutefois,  si le respect de la vie est un principe non négociable en aucun cas, l’accueil des migrants, s’il est non négociable quand la vie des réfugiés est en jeu, n’est pas un devoir aveugle et en tant que tel n’est pas un principe non négociable. Le pape lui-même appelle au discernement. Il y a une hiérarchie qui repose précisément sur la dignité humaine. Toute vie est sacrée, mais toute vie n’est pas en péril. L’avortement est un péril constant pour les enfants à naître, comme l’euthanasie et du reste les familles commencent à douter du corps médical. Les manipulations génétiques et plus largement la science sont soumises aux limites de la dignité humaine, comme le souligne l’archevêque. Un migrant en danger doit être accueilli. Mais l’accueil d’une migration intensive, pour des raisons qu’il est toujours bon de décrypter, n’est pas un devoir non négociable. Ainsi, on peut être pour la défense de la vie, de la dignité humaine et pour ces mêmes raisons accueillir les réfugiés et non les migrants. Distinction que le Saint-Père lui-même établit. Cela étant, comme le mal engendre le mal, ces migrations créent des situations de détresse qui n’auraient pas existées sans ce flot entretenu et incité pour des motifs variés, voire avariés. Et nous voilà confrontés à une plaie que nous avons créée et qu’il nous faut bien gérer, comme catholiques. C’est-à-dire que si nous ne sommes pas tenus d’accueillir des populations qui n’ont pas de justes raisons de venir, nous ne pouvons pas non plus les traiter comme si une fois arrivées, il ne s’agissait plus des personnes humaines. La seule véritable solution pour sortir de ce qui n’est autre qu’une nouvelle structure viciée est d’enrailler ce flot migratoire. Mais pour ce faire, il semble que la seule vanne à fermer soit l’idéologie qui nourrit cette migration et non le cœur des populations appelées à accueillir, ceux qui doivent l’être, soigner ceux qui en ont besoin et accompagner ceux qui doivent l’être vers un retour au pays. Encore faut-il que les pays d’émigration, indépendamment des problèmes de guerre ou de dictature, aient effectivement envie de garder leurs enfants. La question migratoire est avant tout une question géopolitique. Le problème réside surtout en ce  que cette vision de l’homme n’étant plus fondée sur la vérité, la géopolitique n’a plus comme objectif le bien commun, et par conséquent, soyons honnêtes, celui des personnes.

Cyril Brun

Rédacteur en chef.

 

En France #NLQ

Visite pastorale au 27ème BCA

Nommé évêque aux armées, le 28 juin dernier par le pape François, Mgr Antoine de Romanet a été ordonné évêque aux armées le 10 septembre, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

En tant qu’évêque aux armées, il a désormais à cœur d’accompagner le mieux possible les 219 aumôniers militaires (dont 130 prêtres) dont il a la charge, et de rester toujours proche du terrain à l’heure des conflits « où la religion se mêle à la violence ».

 

Il visitera le 27ème BCA le 27 janvier 2018

Le 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA), implanté à Annecy, appartient à la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM). Unité d’infanterie de montagne, le 27e BCA participe à toutes les opérations extérieures en cours.

Le 27e BCA est une unité d’infanterie de l’urgence, des terrains difficiles et des conditions climatiques extrêmes, apte à combattre prioritairement en montagne et en zone urbaine.
Les chasseurs alpins doivent savoir : se déplacer à pied sur de longues distances et en terrain escarpé, à skis, en parapente, en hélicoptère ou en véhicule chenillé, escalader, utiliser leurs armes : missiles, mortiers, mitrailleuses, fusils de précision, FAMAS… et aussi stationner en montagne : en igloo, en refuge ou bivouaquer.

Le 27BCA est composé de 1100 femmes et hommes. Il est articulé en 7 unités élémentaires :

  • 1 compagnie de commandement et de logistique,
  • 4 compagnies de combat,
  • 1 compagnie d’éclairage et d’appui (dont la section de commando montagne),
  • 1 compagnie de réserve.

 

 

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L’édito – Le monde catholique sur tous les fronts

 

Nous sommes bien souvent concentrés sur notre quotidien qu’il soit personnel, familial, national ou communautaire. C’est notre univers privilégié, un rien réflexe même. C’est aussi notre étalon de mesure et pour certains, le seul référentiel. Le monde est vu par le prisme de notre habitude et plus d’une fois il nous semble qu’il tourne autour de nous. Ce qui se passe aux confins de la terre nous parait exotique, barbare parfois, souvent incompréhensible au point qu’il nous arrive de croire que nos problèmes sont les seuls au monde et concernent tout l’univers.

La communauté catholique, universelle par nature, n’est pas épargnée par notre grille de lecture univoque. Nous avons tendance à imaginer que nos difficultés de catholiques de France sont celles des catholiques du monde entier posant alors des jugements réducteurs ou, plus prosaïquement, nous désintéressant des problèmes de nos frères. Si le sort des chrétiens d’Orient nous est moins inconnu aujourd’hui qu’hier, nous nous morfondons souvent sur nos persécutions hexagonales, qui pour être réelles et de plus en plus oppressantes, ne se décalquent pas sur le reste de la planète. Nombre de lecteurs nous ont remercié pour notre revue de presse du monde catholique, jetant une rapide lumière sur les préoccupations et les joies des catholiques du monde entier. Et il est vrai que savoir, de loin,  la Chine persécutée n’a pas la même consistance que découvrir concrètement qu’une église est détruite sous de faux prétextes ou qu’un évêque est en résidence surveillée depuis son ordination. Découvrir la crise vénézuélienne à travers l’inquiétude des évêques, ou suivre les vicissitudes de l’Eglise du Congo face au président Kabila, c’est une façon pour nous de prendre conscience que le Christ est malmené partout et que l’Eglise se bat quotidiennement, selon les aléas du monde qui sont son quotidien. Telle est bien l’incarnation qui d’une foi commune et immuable donne à chaque situation la force de témoigner et le courage de lutter pour faire grandir le royaume. C’est bien pour cela que l’Eglise est catholique. Puisant à la même source elle rayonne concrètement ici et maintenant. Il y a une certaine grandeur et même un émerveillement pour qui contemple cette universalité bigarrée mais fondamentalement fraternelle. C’est un peu de cette rosace du monde catholique que nous essayons de vous partager tous les jours sur InfoCatho.

 

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

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L’édito – Faut-il aller marcher pour la vie le 21 janvier ?

Alors que la Marche pour la vie se prépare, quelques lassitudes, déceptions, désillusions sourdent çà et là.

Nous retrouvons le fameux « A quoi bon » des dernières manifs, la lassitude, l’eau qui coule sous les ponts, les nouvelles routes empruntées par ceux qui battaient jadis ensemble le pavé parisien, le coût engendré par les déplacements familiaux et le souvenir des sacrifices importants de 2013. Tout cela pour… rien !

Le véritable échec de La Manif pour tous, n’est pas tant dans le vote dramatique de la loi dite Taubira que dans l’incapacité d’avoir montré en quoi cette mobilisation fut une véritable victoire.  Tout le monde s’est focalisé sur le chiffre ! Il fallait faire du chiffre et s’en était même grisant que ce sentiment de puissance pacifique que nous représentions. Du chiffre et après ? Je l’ai dit à maintes reprises, nous nous sommes trompés de ligne de front, aveuglés par le chiffre dont l’impérieuse nécessité nous était dictée par une erreur de fond, toujours la même : nous cherchons à nous battre avec les armes et sur le terrain de nos adversaires : le rapport de force qui, par nature nous est contraire. Par nature, car le rapport de force induit le relativisme qui est aux antipodes de ce que nous défendons : une vérité transcendante.

L’union civique, le referendum, tout cela nous inscrit dans le relativisme et nous pousse à nous déchiqueter sur le dos de la vérité anthropologique qu’est la famille et la nature humaine. Alors en effet, ainsi vues, les manifs de 2013 furent un échec et, même si nous avions gagné la bataille, nous aurions perdu la guerre, puisque nous aurions, par ce relativisme du rapport de force, scié les fondements même de notre victoire. Il n’aurait fallu, aux apparents vaincus, qu’attendre un peu que le vent achève de faire tomber la branche.

Alors ces manifs, à la fois éprouvantes et exaltantes, étaient-elles inutiles ? Non, pas plus qu’il serait inutile de revenir témoigner de la vérité ce 21 janvier 2018. Les manifs et plus généralement les Marches pour la vie, ont été un formidable réveil de nos consciences endormies. Depuis, nombre de marcheurs se sont engagés, qui en politique, qui dans le social ou l’enseignement tandis que tant d’autres initiatives issues des Manifs ont vu le jour. Les Manifs ont révélé aux catholiques qu’ils n’étaient pas seuls et qu’ils savaient s’organiser de manière puissante et efficace. LMPT est devenu un signe de ralliement, un cas d’école et un opposant bien plus sérieux que les politiques et les medias ne l’avouent. Sans compter l’impulsion et le signal lancés à l’étranger, replaçant la France au cœur même de sa vocation mondiale. L’ampleur  grandissante des Marches pour la vie prend ce même chemin. Un chemin qu’il importe de renforcer et d’appuyer en ce début d’année 2018 où seront révisées les lois de bioéthique.

Indépendamment des avancées, petites ou grandes, une nouvelle génération (de tous âges) s’est levée et il n’en aurait pas été de même sans ces manifs ni la Marche pour la vie.

Les Manifs, les années de Marche pour la vie ont, en effet, d’abord été une victoire interne. Victoire qui a contribué à décloisonner le monde catholique et à le décomplexer. Décloisonné en son propre sein, mais aussi vis-à-vis de l’extérieur en l’ouvrant sur le monde. La véritable victoire des Manif et des Marches pour la vie est d’avoir sorti la lumière de sous le boisseau. Une sortie massive qui pour beaucoup ne s’est pas démentie depuis.

Les manifs, les marches sont une des expressions de cette invitation à être la lumière du monde. Nous pensons trop notre mouvement en termes d’efficacité politique là où il est d’abord une démarche prophétique. Dans le monde relativiste actuel, il faut, à l’image des prophètes de l’Ancien Testament, dire et redire, à temps et à contre temps, les paroles de vie dont Dieu nous a fait dépositaires par le truchement de la foi et de la Révélation. Aujourd’hui, le rythme de l’actualité politique fait passer la population d’un sujet à l’autre en très peu de temps. Et ce qui n’est plus de l’actualité est dépassé, voire acquis.  Pour beaucoup de nos contemporains, 2013, c’était aux temps anciens et depuis « tout le monde a évolué ». Or comme la conviction (acceptée volontairement ou non) est que les vérités changent avec le temps, l’IVG, le mariage gay et ses corollaires sont admis.

Nous avons le devoir de rappeler sans cesse qu’il n’en est rien. Au-delà du combat pour le retrait des lois iniques, pour éviter la GPA ou la PMA, se trouve un enjeu bien plus fondamental et que nous ne pouvons abandonner sans trahir la mission confiée par le Christ à ses disciples : les lois divines ne sont pas objet de débat parlementaire. Bien entendu il ne s’agit pas d’aller marcher Croix et bannières en tête. Il s’agit de rappeler que les vérités naturelles sont intangibles. Notre présence dans la rue est le rappel incessant d’une vérité éternelle. Avant d’être politiques voire religieuses, ces manifestations sont éducatives et prophétiques. En ce sens le nombre est le porte-voix d’une pédagogique à grande échelle.

Ne cherchons pas à mener le combat de Dieu avec les armes de Satan. Entrons dans le combat de Dieu avec les armes mêmes du Christ pour que, selon le rappel de saint Paul, ce soit bien Lui qui combatte à travers nous. Je ne dis pas qu’il faille déserter la scène politique, mais outre que je pense qu’il faille l’habiter de façon différente, je dis à ceux qui sont désenchantés par l’apparent échec politique, qu’il demeure encore et toujours une raison de venir à Paris ce 21 janvier 2018 et cette raison est ancrée dans notre vocation de baptisé, une vocation qui comprend intrinsèquement une dimension prophétique. Faire nombre à Paris, n’a en effet guère de sens face à des politiques girouettes qui bafouent leurs propres principes démocratiques. Mais venir grossir le halo de lumière appelé à rayonner depuis la montagne n’est pas une alternative parmi d’autres. C’est l’expression même de la goutte d’eau qui loin de se perdre dans l’immensité de l’océan participe de la force de cette marée humaine rayonnant en lumière sur le monde.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

Brèves

La Paroisse du Luc en Provence se met au JT … A quand celui de votre paroisse ?

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L’édito – Fake news ou quand le monde préfère créer un mensonge pour ne pas se retrouver face à la vérité

 

 

 

Combattre les fake news est devenu le dernier chic à la mode. Pourtant, les fausses nouvelles ne datent pas de la trêve des confiseurs 2017. Outre le fait qu’il pourrait bien y avoir une récupération politique à des fins liberticides, il n’est pas impossible que cette nouvelle lubie soit l’avatar ultime de la peur du silence qui impose, par nature, de se confronter au réel que le bruit cherche bien souvent à masquer. Notre monde, c’est indéniable a un très gros problème avec la vérité. Elle lui fait peur, elle le dérange, parce que, par une de ces bizarreries de l’esprit humain, la vérité apparait comme dangereuse pour son bonheur. Ce qui sous-entend que l’homme cherche son bonheur ailleurs dans le réel, puisqu’il préfère nier le lien entre vérité et bonheur. De là a construire un monde et un homme virtuels, il n’y a qu’un pas que plus aucune digue ne retient de nos jours. Ce que le cardinal Sarah exprime en ces termes dans son livre sur le silence (n 74) «  Dans ce théâtre d’ombres, il ne reste qu’une blessure purulente de mots mécaniques, sans relief, sans vérité, sans fondement. Bien souvent la vérité n’est plus qu’une pure et fallacieuse création médiatique corroborée par des images et des témoignages fabriqués. Dès lors, la parole de Dieu s’efface, inaccessible et inaudible. (…) Le bruit veut empêcher Dieu Lui-même de parler. Dans cet enfer du bruit, l’homme se désagrège et se perd ; il est morcelé en autant d’inquiétudes, de fantasmes et de peurs. » N’avons-nous pas ici une formidable analyse de la fake news ? A ceci près cependant, que pour la doxa moderne, une fake news est d’abord ce qui ne correspond pas à cette vérité créée dont parle le cardinal Sarah.

Et pourtant, dans ce brouhaha mensonger, il nous appartient non seulement de faire entendre, mais de rendre audible la parole de Vérité qu’est le Christ. Tâche difficile dans un monde où tout est relativisé et où le syndrome de la fake news rend toute vérité suspecte. Tâche titanesque quand on considère la distance qui chaque jour s’accroît entre le monde virtuel imposé par les medias, les politiques et d’autres intérêts financiers ou idéologiques et la vérité pourtant intangible qui, elle ne peut pas ne pas être. Mais le Christ envoie ses disciples porter la Parole, c’est-à-dire Lui-même. Alors, semons, aplanissons les routes, prions, défendons la vérité et non une vérité revisitée et … à la grâce de Dieu.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef.

 

A la une #Doctrine / Formation #NLH

Migrants – Quand l’Eglise se déchire autour du pape – Notre dossier pour y voir clair

Les divisions s’exaspèrent autour du pape François. Que ce soit sur Laudato si’, ou sur Amoris Laetitia, le monde catholique apparait aujourd’hui divisé, jetant anathème sur anathème, pour le plus grand bonheur du diviseur.

La question des migrants et la position du Saint-Père déchaînent des passions d’autant plus virulentes que si les débats théologiques et pastoraux ne touchent guère que les catholiques, les questions migratoires concernent la population toute entière. La virulence des partisans du pape et de ses opposants se nourrit, en outre, de vieilles haines enfouies ces dernières décennies entre des cathos stigmatisés à droite ou étiquetés à gauche.

De coup de griffe en coup de griffe, la querelle se passionne au point qu’il devient difficile d’apaiser rationnellement le débat. Fidèle à notre ligne, nous avons souhaité réunir ici les éléments les plus clairs possibles pour que chacun puisse discerner en conscience, sur un thème d’autant plus virulent qu’il doit prendre en compte la réalité humaine des migrants autant que leur réalité sociale, religieuse et politique. L’accueil du réfugié n’est pas de même nature que l’accueil du migrant conquérant. Accueillir un musulman n’est pas aussi simple qu’accueillir un chrétien, un bouddhiste, ou un athée. Pour autant, tous partagent une même dignité humaine.

Vous trouverez ci-dessous le message du pape qui a mis le feu aux poudre, puis une série de discours ou actes du Saint-Père, du Saint-Siège ou de la Curie. Nous avons ensuite rassemblé les discours hostiles et favorables au pape. Nous nous sommes limiés à la question des migrants, laissant les querelles autour d’Amoris Laetitia. Pour illustrer la difficulté réelle que pose cette tension, nous avons proposé ensuite une série d’interventions ou d’actions de prélats ou de laïcs catholiques. Enfin, pour prendre de la hauteur, nous avons recensé plusieurs réflexions de fond que nous avions publié au fil du temps.

Un dossier que nous confions à la Sainte Famille ainsi qu’à Abraham, cet araméen errant.

Message du Pape François pour la 100e journée mondiale des migrants et des réfugiés

Actes, paroles du pape, du Saint-Siège ou de la Curie

Europe – Le pape rencontre les directeurs des pastorales des migrants

UNODC – Le Saint-Siège demande un « cadre légal » pour les migrants

Angelus – Journée des migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

@Pontifex – 3 jours de tweet dédiés aux mineurs migrants

Nouveau dicastère, les migrants chasse gardée du pape, une nouvelle révolution de palais ?

Journée des migrants, le pape invite à prendre le mal à la racine et dénonce l’exploitation des enfants

Entretien avec le cardinal Vegliò, “attirer l’attention sur la réalité dramatique des migrants”

“L’homme et la femme qui retrouvent leurs racines, qui sont fidèles à leur appartenance” pape François

Vatican – Un séminaire sur les migrants pour les évêques

ONU – Saint-Siège – Le droit de rester dans son pays précède celui d’immigrer

ONU – Saint-Siège – « chaque migrant est une personne disposant de droits fondamentaux et inaliénables, lesquels doivent être respectés ».

Pape François – « Beaucoup de camps de réfugiés sont des camps de concentration »

ONU – « Au cœur de la migration forcée, il y a un manque de solidarité »

« Mettre un terme aux causes de la migration forcée », martèle le pape

Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer – Les 4 solutions du pape contre la crise migratoire

Le Vatican s’inquiète des murs et préfère les ponts

Pour le Saint-Siège « Migration, intégration et développement sont interdépendants »

Les réfugiés sont nos frères, le Vatican organise un sommet des grandes villes européennes

ONU – Pour le Saint-Siège, sécurité des frontières et bien-être des réfugiés ne s’opposent pas

Thèses hostiles au pape

Migrants – Message du pape “un compendium de toutes les âneries”, selon Laurent Dandrieu

Eglise et migrants – Ouvrons le vrai débat – Laurent Dandrieu répond au Père Stalla-Bourdillon

Débat – La sécurité des migrants, un message du pape qui ne passe pas très bien

Rémi Brague versus pape François – “Non, la parabole du bon Samaritain ne s’applique pas aux États !”

Lettre au pape François

Un message pontifical moralement répréhensible ? La réaction de Guillaume de Thieulloy

Un Christ humanitaire ? L’abbé de Tanouarn répond au Père Stalla-Bourdillon

Tribune – Jean-Pierre Maugendre décrypte le message du pape sur l’immigration

Des chrétiens opposés à l’installation d’immigrés s’expliquent

Thèse des défenseurs du pape

Le pape et les migrants – La réponse du Père Venard à Laurent Dandrieu

Les migrants apportent une contribution essentielle à la vie de l’Eglise en Suisse

Un pape qui déroute ou qui met en déroute ? Réponse d’un lecteur à Mgr Wintzer

Le pape et l’immigration : à chacun ses responsabilités – Philippe de Saint-Germain

Immigration – Le cardinal Barbarin répond à Laurent Dandrieu

Père Stalla-Bourdillon : François et les migrants : ce que les critiques révèlent

Actes et paroles d’autres évêques, religieux ou laïcs catholiques

Mgr Luigi Negri : « L’accueil massif de migrants mènerait à l’écrasement et à l’élimination de notre société »

Accueillir les migrants n’est pas suffisant, il faut les intégrer, plaide l’archevêque de Santiago

Calais – L’Eglise nourrit les migrants

Mur, migrants, avortement, climat, les évêques américains à l’assaut de Trump

Le candidat chrétien Jean-Frédéric Poisson se positionne sur l’accueil des migrants

Les évêques australiens “soutiennent avec force ” la venue des migrants en Australie

Contre « l’islamisation de l’Europe », des milliers de catholiques polonais prient à leurs frontières

Liban – les évêques maronites favorable à un plan de rapatriement des réfugiés syrien

Cardinal Turkson – « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Immigration – Jean-Frédéric Poisson rejoint Trump

Les épiscopats allemand et français veulent utiliser leurs écoles et mouvements de jeunes pour l’accueil des réfugiés

Des enfants chrétiens harcelés par des enfants musulmans dans des camps allemands

Réflexions

Tribune – Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité et les camps de migrants

Afrique du nord – Les évêques rappellent que les migrants sont des personnes avant d’être une question politique

Edito #43 – Oui on peut ne pas être d’accord avec le pape, mais…

Bertrand du Boullay – Le chrétien serait-il devenu un soumis ?

Benoît XVI – Les Etats ont le droit de défendre leurs frontières et réguler les flux migratoires

Laurent Dandrieu – Père Venard versus Mathieu Bock-Coté

Crises et tensions autour du pape – L’appel à la prudence d’un moine

Mgr. Giampaolo Crepaldi, quatre critères pour orienter les politiques migratoires

Entretien – Etre enraciné et universel – Cardinal Turkson

Droit à émigrer mais aussi à demeurer dans son propre pays

Immigration et charité chrétienne en accueillir moins pour les accueillir mieux

 

 

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L’édito – L’accueil du migrant, un brûlot de diversion d’une guerre qui refuse de dire son nom

 

 

Il y a 104 ans maintenant que les catholiques célèbrent une journée spéciale du migrant et du réfugié, pour beaucoup dans l’indifférence générale. La plupart des fidèles n’en entendent parler que le jour J, parfois à l’occasion de l’homélie, ou plus souvent par un appel lancé en fin de messe, par des associations œuvrant pour l’aide aux migrants. Depuis le pontificat du pape François, ce thème est devenu une source de conflit et de lourdes tensions à l’intérieur du monde catholique. Entre l’excès de prudence et l’excès d’ouverture, le fidèle a bien du mal à se situer dans un contexte politique très particulier qui doit faire face à une situation migratoire gigantesque, mais surtout d’un type nouveau. Le pape, dans ses discours, oscille entre accueil massif et prudence, non sans certaines contradictions. Parlant souvent avec la spontanéité du cœur, il est quelque fois obligé de revenir sur ses paroles que les média se sont empressés de colporter et parfois déformer. Demeure que le souverain pontife s’est personnellement engagé dans ce combat en faveur des migrants, donnant une connotation très politique à ses discours. Si les catholiques avaient, jusque-là, fait profil bas sur d’autres sujets polémiques du pontificat, les déclarations du pape sur l’accueil des migrants ne passent pas pour la grande majorité des occidentaux, parmi lesquels commencent à se trouver des évêques. Tandis que les italiens sont vent debout contre les récentes déclarations de l’évêque de Rome, de nombreux fidèles se sont exprimés depuis longtemps sur le sujet, comme nous le retraçons dans notre dossier spécial migrants.

Quel est donc le problème ? Bien entendu le flot massif de réfugiés ne permet pas un accueil et moins encore une intégration correctes. Le nombre rend cela impossible. L’origine géographique crée des tensions propres au choc des cultures, mais surtout, la religion des migrants est, en elle-même, un problème. L’Islam ne veut pas s’intégrer et est entré dans une ère de conquête revendiquée, dont l’afflux de migrants, qui ne sont en rien des réfugiés, est une des armées rampantes. Aussi, poser la question en termes d’accueil du migrant ou du réfugié est un leurre. Bien entendu que le catholique a une culture de l’accueil par sa génétique charitable. Mais le fidèle est aussi appelé à défendre sa foi, sa culture, sa civilisation chrétienne. L’intervention de Marie à Lépante devrait suffire à nous convaincre. Et nous sommes actuellement face à cette problématique vitale, comme face aux francs-maçons, du reste. La dialectique du migrant est un brûlot de diversion, permettant à l’islam d’affermir ses positions sur notre propre sol. Nous ne sommes pas dans une dynamique d’accueil du réfugié, pour l’écrasante majorité des migrants, mais face à l’obligation de défendre notre foi et notre culture. On brandit l’horreur des guerres de religions pour calmer les catholiques, mais qui ne voit que nous sommes déjà entrés dans la première phase de cette guerre et que la seconde, armée et violente aura bien lieu si nous persistons dans cette dialectique  mortifère de l’accueil de personnes qui ne demandent nullement l’accueil, mais qui veulent la place ? Le christianisme ne perdra pas devant l’islam, c’est impossible car Dieu est pour son peuple, pour peu que le peuple se rappelle qu’il est son peuple. Méditer les heurs et malheurs du peuple hébreu, peuple à la nuque raide, pourrait susciter le sursaut salvifique qui nous fait aujourd’hui défaut. Accueillir suppose de discerner. Et le premier discernement, dans notre contexte mondial actuel porte bien sur les intentions des migrants, comme de ceux qui facilitent un tel mouvement. Faute d’une telle sagesse élémentaire, nous revivrons, à nos dépends, la prise et le massacre de Troie.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

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L’édito – Révision des lois de bioéthique – Ne nous laissons pas vaincre par le défaitisme catho ambiant

 

Si l’espérance et la confiance sont deux fondamentaux du caryotype catholique, il faut bien reconnaitre que dans nos contrées, ce sont des vertus parfois en berne. Comme nous le faisait remarquer l’ex député européen italien Luca Volonte en 2013, « vous avez réussi à transformer une grande victoire qui nous a réveillé, nous en Europe, en une défaite honteuse ». Il voulait nous secouer en soulignant que si la loi Taubira était passée, nous avions tout de même mis un million de personnes dans la rue, soufflé un vent d’espérance et de dynamisme sur l’Europe toute entière et inversé la tendance misérabiliste qui faisait de nous des victimes passives et tondues, éternels dindons de la farce politique. Il est évident que nous ne luttons pas à armes égales avec « ceux d’en face »,  parce que notre arme est la vérité quand ils utilisent toutes les formes du mensonge et de la dissimulation. Pour autant, les catholiques sont revenus dans le débat public, les dernières élections l’ont bien montré et cela les a désarçonnés. La Manif pour tous est devenue un poil à gratter dont nombreux sont ceux, au plus haut niveau de l’Etat, qui s’en méfient.  C’est peu de chose, mais c’est déjà beaucoup plus qu’avant 2013.

Les catholiques convaincus, sont le seul rempart à l’idéologie, pour la raison simple qu’ils ont une colonne vertébrale fondée sur le roc. Ils ont aussi, ce qu’en face ils ne comprennent pas, une conscience enracinée au-delà des contingences et vicissitudes du monde. Les catholiques, lorsqu’ils vivent de leur foi, sont inatteignables, parce qu’incompréhensibles pour leurs détracteurs. Une initiative comme les veilleurs les dépasse. Or, cette foule de convaincus a démontré qu’elle pouvait faire nombre et peser à nouveau, même un tout petit peu.

Il est presque certain que la PMA sans père passera. Mais devons-nous nous arrêter de témoigner en masse de la vérité ? Ce combat autour de la révision de la loi de bioéthique qui s’ouvre ce 18 janvier par des Etats Généraux qui ne sont qu’un écran de fumée, est l’occasion de poser une nouvelle pierre à notre édifice de reconstruction du monde. Nous ne sommes pas seuls dans le monde. Mais le monde ne nous aidera que si nous sommes présents pour recevoir cette aide. Le défaitisme qui gangrène notre mouvement est précisément ce que cherchent à cultiver les opposants à la vie et à la dignité véritable de l’être humain.  Comme sainte Bernadette n’était pas chargée de convaincre, mais seulement de dire ce qu’elle avait vu et entendu, nous ne sommes pas chargés de nous soucier de la victoire, mais de nous battre. Dieu donne la victoire à qui combat pour Lui. Et en ce sens, un changement de logiciel nous serait hautement profitable. Nous avons théorisé maladroitement sur le moindre mal, nous cantonnant ainsi sur des positions défensives, sans cesse en recul. Osons le mieux possible qui est le meilleur pas possible dans un contexte donné en vue du Bien. Et pas après pas, au lieu de reculer nous avancerons vers ce bien que nous avons le devoir de défendre. Car Dieu nous demandera bien, sur ce point : qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Cyril Brun, rédacteur en chef