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Sodome de F. Martel : un pamphlet d’un activiste LGBT contre l’Eglise qui ne cherche pas la vérité

Un pamphlet LGBT contre l’Eglise

Un pamphlet LGBT contre l’Eglise. Le titre en est Sodome et l’auteur, Frédéric Martel, un activiste LGBT français bien connu. Le livre est cependant né au Italie au cours d’un entretien entre l’auteur et l’éditeur Carlo Feltrinelli, fils de Gian Giacomo, l’éditeur terroriste mort le 14 mars 1972 alors qu’il posait une bombe sur un pylône à haute tension de l’ENEL à Segrate. Sodome sera présenté au cours des tous prochains jours en huit langues et une vingtaine de pays. Le lancement officiel se fera le 21 février en concomitance avec l’ouverture au Vatican de la réunion de haut niveau dédiée aux abus sexuels sur mineurs. Il s’agit donc d’une puissante opération médiatique qui a comme cible l’Eglise catholique. L’auteur du libre, Frédéric Martel, présenté par la presse sous les titres de fois en fois de sociologue, chercheur, historien, est parvenu à une certaine popularité grâce à son dernier essai, traduit en diverses langues, Global gay – publié en Italie par Feltrinelli – dédié à l’actuelle marche triomphante du mouvement homosexualiste dans le monde entier.

Impliqué directement dans de nombreuses associations actives dans la diffusion du programme LGBT Frédéric Martel est engagé depuis des années en première ligne dans le processus de promotion et de « normalisation » de l’homosexualité. Le militantisme LGBT de l’auteur de Sodome l’a porté à être l’un des principaux promoteurs de la loi n°99-944 du novembre 1999 (Du pacte civil de solidarité et du concubinage), sur ce qu’il est convenu d’appeler les PACS, qui introduisirent en France les unions civiles. Au cours des années suivantes, l’activiste LGBT a continué à apporter sa contribution à la cause homosexualiste en dédiant de nombreux articles à l’introduction du pseudo mariage homosexuel en France, jusqu’à sa légalisation complète intervenue le 18 mai 2013.

Frédéric Martel affronte maintenant la sodomie au sein de l’Eglise, en affirmant avoir conduit une enquête de terrain d’une durée de 4 ans, en interrogeant quelques 1.500 personnes au Vatican et dans différents pays du monde. En réalité, ce dont le livre manque cruellement est justement la documentation. Nous ne savons rien, en effet, après sa lecture, de plus que ce que nous ne savions auparavant sur la diffusion de l’homosexualité dans l’Eglise. Ce très grave problème, placé sous les projecteurs par le témoignage de S.Exc. Mgr Carlo Maria Viganò, a été analysé de manière scientifique et documentée par deux chercheurs polonais, les Pères Dario Oko et Andrzej Kobyliński, auteurs d’études qui ont été ignorées par la presse internationale. Cependant Frédéric Martel ne cherche pas la vérité. Il a une thèse idéologique à démontrer et il ne démontre rien au fil de ses pages. Il ne fait que suggérer, insinuer, calomnier, dénigrer.

Mgr Battista Ricca, qualifié par le vaticaniste Sandro Magister de « prélat du groupe de pression homosexuel » lui ouvre les portes du Vatican. « Il m’indique minutieusement comment franchir le contrôle des gendarmes puis celui des gardes suisses. Je croiserai souvent ce prélat aux yeux liquides, un franc-tireur proche de François qui a connu la gloire et la chute. C’est à lui que je devrai, comme on le verra, de pouvoir loger dans l’une des résidences du Vatican ». L’auteur raconte s’être installé à Rome une semaine par mois, « logeant même régulièrement à l’intérieur du Vatican grâce à l’hospitalité de hauts prélats qui, parfois, se révélaient être eux-mêmes « de la paroisse »” ; “Une quarantaine de Cardinaux et des centaines d’Evêques, de monsignori, de prêtres et de « nonces » (les ambassadeurs du pape) ont accepté de me rencontrer. Parmi eux, des homosexuels assumés, présents chaque jour au Vatican, m’ont fait pénétrer leur monde d’initiés ».

Parmi ses informateurs, se trouve le Père Antonio Spadaro « un jésuite considéré comme l’une des éminences grises du pape, avec lequel j’ai régulièrement discuté au siège de la revue La Civiltà Cattolica, dont il est le directeur ». C’est lui qui lui explique que « le cardinal Burke a pris la tête de l’opposition au pape ». S.Em. le Cardinal Raymond Leo Burke, auquel Frédéric Martel dédie un chapitre de son livre, représente logiquement l’une de ses cibles. Sa faute ? Condamner de manière catégorique l’homosexualité. La thèse de Frédéric Martel est que derrière tout homophobe se cache en réalité un homosexuel mais, dans la mesure où rien de ce genre ne peut être démontré vis-à-vis du Cardinal américain, l’activiste français se contente d’une description minutieuse et caricaturale du très normal appartement du Cardinal. « Le cardinal – écrit-il – évoque irrésistiblement dans ses accoutrements vestimentaires et son allure insolite une drag-queen ». Toutefois Frédéric Martel  admet : « Burke est l’un des rares à avoir le courage de ses opinions », comme par ailleurs Mgr Viganò, qui lui semble « comme un témoin fiable et sa lettre irrécusable »” ; « il me semble néanmoins – ajoute-t-il    que le geste de Viganò est plus irrationnel et solitaire qu’on ne l’a cru : c’est un acte désespéré, une vengeance personnelle, qui est d’abord le fruit d’une blessure intime profonde ».

De quoi sont coupables les ecclésiastiques homosexuels ? Non pas d’avoir violé la loi morale mais d’être hypocrites et de ne pas avoir rendu publiquement témoignage de leur vice. « Qu’il soit bien clair que, pour moi, un prêtre ou un cardinal ne doit avoir aucune honte à être homosexuel ; je pense même que ce devrait être un statut social possible, parmi d’autres ». Les hommes d’Eglise devraient dire : nous sommes homosexuels et nous nous en vantons et l’Eglise dire : je me suis trompée en condamnant l’homosexualité.

C’est la raison pour laquelle Frédéric Martel est un partisan de la « réforme » du Pape François : « La démission de Benoît XVI et la volonté de réforme du pape François contribuent à libérer la parole ». « Ce pape latino est le premier à avoir employé le mot « gay » – et non plus seulement le mot « homosexuel » – et on peut le considérer, si on le compare à ses prédécesseurs, comme le plus « gay-friendly » des souverains pontifes modernes. Il a eu des mots à la fois magiques et retors sur l’homosexualité : « Qui suis-je pour juger ? » Et on peut penser que ce pape n’a probablement pas les tendances ni l’inclination qu’on a attribuées à quatre de ses prédécesseurs récents. Pourtant, François fait l’objet aujourd’hui d’une violente campagne menée, en raison même de son libéralisme supposé sur les questions de morale sexuelle, par des cardinaux conservateurs qui sont très homophobes – et, pour la plupart d’entre eux, secrètement homophiles ». « Ce qui insupporte François, ce n’est pas tant cette homophilie si répandue que l’hypocrisie vertigineuse de ceux qui prônent une morale étriquée tout en ayant un compagnon, des aventures et quelquefois des escorts. Voilà pourquoi il fustige sans répit les faux dévots, les bigots insincères, les cagots. Cette duplicité, cette schizophrénie, François les a souvent dénoncées dans ses homélies matinales de Santa Marta. Sa formule mérite d’être placée en exergue de ce livre : « Derrière la rigidité, il y a toujours quelque chose de caché ; dans de nombreux cas, une double vie ».

Frédéric Martel, comme le Pape François, est convaincu que derrière chaque homophobe se cache un homophile, un homme attiré ou obsédé par l’homosexualité, qu’il la pratique ou non. « On peut même dire qu’il y a une règle non écrite qui se vérifie presque toujours à Sodome : plus un prélat est homophobe, plus il a de chances d’être lui-même homosexuel ». « Plus un prélat est véhément contre les gays, plus son obsession homophobe est forte, plus il a de chances d’être insincère et sa véhémence de nous cacher quelque chose ».

Le but de ce livre ? Abattre la Bastille de la morale catholique : « Cinquante ans après Stonewall, la révolution gay aux Etats-Unis, le Vatican est le dernier bastion à libérer ! Beaucoup de catholiques ont désormais l’intuition de ce mensonge, sans avoir encore pu lire la description de Sodome ».

Les étapes à réaliser sont : appuyer et encourager la réforme du Pape François, disqualifier les hommes d’Eglise fidèles à la Tradition, empêcher qu’au sein de l’Eglise ne soit discutée la plaie de l’homosexualité, surtout lors de la prochaine réunion de haut niveau de ce mois de février. Il faut remarquer cependant que l’appui du mouvement LGBT au Pape François ne l’aidera certes pas dans la situation de grave difficulté dans laquelle il se trouve. Les Cardinaux et Evêques démonisés dans le livre sortiront renforcés après cette attaque si mal conduite et si les Présidents des Conférences épiscopales mondiales ne devaient pas traiter de l’homosexualité, la réunion du 21 au 24 février se soldera par un échec. Cependant, ce qui peut d’ores et déjà être considéré comme un flop est le pamphlet de Frédéric Martel.

 

Via Belgicatho

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“Père” et “mère” à l’école, des “modèles sociaux et familiaux un peu dépassés et arriérés”

Malgré l’opposition du gouvernement Macron qui estimait que la mesure ne relevait pas du ressort législatif, un amendement à la loi sur la réforme de l’école a été voté, remplaçant « père et mère » par « parent 1 et parent 2 » sur les formulaires scolaires.

L’Assemblée a adopté le 12 février en première lecture un amendement qui consacre l’homoparentalité dans les formulaires scolaires qui devront porter les mentions « parent 1 et parent 2 » et non plus « père et mère », dans le cadre du projet de loi sur « l’école de la confiance ».

« Cet amendement vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a expliqué la député La République en marche (LREM, parti de Macron) Valérie Petit, à l’origine du texte.

L’élue du Nord a rappelé que nombre de formulaires d’état civil, d’inscription à la cantine ou d’autorisation de sortie scolaire portent toujours les mentions père et mère, en ne tenant pas compte du vote de la loi pour le « mariage pour tous » [terme novlangue, autant de gens pouvaient se marier avant son passage, certains mariages sont toujours interdits] et de l’existence de familles homoparentales.

« On a des familles qui se retrouvent face à des cases figées dans des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés. Aujourd’hui, personne ne devrait se sentir exclu par des schémas de pensée un peu arriérés. Pour nous, cet article est une mesure d’égalité sociale », a défendu dans l’hémicycle sa collègue Jennifer de Temmerman (LREM, parti de Macron).

Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer et le rapporteur Anne-Christine Lang (LREM) ont donné un avis défavorable à cet amendement, estimant que le changement réclamé ne relevait pas du domaine législatif.

Le député Les Républicains Xavier Breton a dénoncé un amendement relevant « d’une pensée unique et politiquement correcte qui ne correspond pas à la réalité ». « Quand j’entends dire que c’est un modèle dépassé, je rappelle qu’aujourd’hui, dans les unions célébrées, mariages ou PACS, plus 95 % qui sont des couples homme-femme », a-t-il dit.

En revanche, pour son collègue socialiste Joaquim Pueyot, cette réforme « est une question de respect et de dignité ». « Vous n’imaginez pas les conséquences lorsque des enfants ne se sentent pas traités comme les autres », a-t-il lancé.

Brèves #NLH

Le Cal Newman en route vers la canonisation et le Cal Mindzensty vers la béatification

Du site du journal La Croix :

Le cardinal Newman sera bientôt canonisé

La reconnaissance d’un miracle à l’intercession du bienheureux John Henry Newman ouvre la voie à sa prochaine canonisation. Le pape reconnaît aussi les vertus héroïques du cardinal hongrois Jozsef Mindszensty, figure de la lutte contre le communisme.

Le pape François a autorisé mardi 12 février la Congrégation des causes des saints à reconnaître un miracle attribué au bienheureux John Henry Newman

Le pape François a autorisé mardi 12 février la Congrégation des causes des saints à reconnaître un miracle attribué au bienheureux John Henry Newman (1801-1890), ouvrant ainsi la possibilité de sa prochaine canonisation.

Théologien anglican très estimé, figure du Mouvement d’Oxford dont le but était de lutter contre la mainmise de l’État sur l’Église anglicane et de ramener l’Église d’Angleterre à ses racines catholiques, John Henry Newman avait rejoint l’Église catholique en 1845.

À lire aussi : John Henry Newman, un intellectuel converti, fidèle à lui-même et à la vérité

Devenu prêtre catholique, et après avoir découvert l’Oratoire de saint Philippe Néri à Rome, il fonda (1848) à Birmingham une communauté semblable, sans vœux religieux avant d’être créé cardinal par Léon XIII en 1879.

Très inspiré par les Pères de l’Église, celui que le philosophe français Jean Guitton considérait comme « le penseur invisible de Vatican II » sera en effet un des précurseurs du concile.

À lire aussi : L’héritage universel du cardinal Newman

Benoît XVI, qui avait un grand respect pour sa pensée, l’a béatifié en 2010 à Birmingham, lors de son voyage en Grande-Bretagne.

Une sainte indienne, un bienheureux équatorien

Le pape a aussi autorisé la reconnaissance d’un miracle à l’intercession de la bienheureuse indienne Mariam Thresia Chiramel Mankidiyan (1876-1926), fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille, qui devrait donc elle aussi être bientôt canonisée.

Lors de l’audience accordée mardi 12 février au cardinal Angelo Becciu, préfet de la Congrégation des causes des saints, le pape a aussi autorisé la reconnaissance du martyre du jésuite équatorien Emilio Moscoso (1846-1897), assassiné au cours de la révolution libérale équatorienne.

Le père Moscoso sera donc bientôt béatifié.

Cinq vénérables, dont le cardinal Mindszensty

Enfin, la Congrégation pour les causes des saints reconnaît les vertus héroïques de cinq nouveaux vénérables, qui pourront être béatifiés après la reconnaissance d’un miracle à leur intercession :

– le cardinal Jozsef Mindszensty (1892-1975), archevêque d’Esztergom, primat de Hongrie, et héros de la résistance contre le communisme ;

– le père Giovanni Battista Zuaboni (1880-1939), prêtre du diocèse de Brescia (Italie) et fondateur de l’Institut séculier Compagnie de la Sainte-Famille ;

– le père Emmanuel García Nieto (1894-1974), jésuite espagnol, formateur de nombreux prêtres et évêques à l’Université de Comillas ;

– Mère Serafina Formai (1876-1954), religieuse italienne, fondatrice des Sœurs missionnaires de la Bonne Nouvelle ;

– Mère Maria Berenice Duque Hencker (1898-1993), religieuse colombienne, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de l’Annonciation.

Via Belgicatho

Doctrine / Formation #NLH

Cahiers Pro Persona : L’investissement éthique : quelle ambition ?

Investir, c’est fournir des moyens financiers à une entreprise humaine. Le choix des investissements contient implicitement une approbation des buts et moyens de cette entreprise. Mais approuver les buts et moyens de toute action humaine relève d’une approche éthique. Or, en finance, ce choix est en général dominé par la recherche du profit à court terme ou par une conception …

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Révision de la loi de bioéthique : “Nous sommes en train de laisser passer des choses gravissimes”

nterview réalisée par Charlotte d’Ornellas et publiée initialement dans le magasine Valeurs actuelles du 14 février 2019 sous le titre : Dr Testart : “L’eugénisme s’affirme comme projet de société”, p22-25.

 

Pour le Dr Testart, l’un des “pères” du premier bébé-éprouvette français, l’évolution de la recherche sur les embryons tourne au désastre éthique. Il alerte : au nom du progrès social et du bien de l’humanité, il n’y a plus de limites scientifiques.

 

Comment évolue la gestion des questions éthiques dans ce pays ?

À chaque fois vers une plus grande libéralisation : personne ne propose jamais d’interdire ce qui était autorisé. Pour compenser, on parle d’encadrer les pratiques, on confie la gestion des limites à des autorités qui seraient par principe non critiquables. Le Comité consultatif national d’éthique ou l’Agence de la biomédecine, par exemple. Mais cette dernière est au service de la science elle aussi, et se laisse donc griser par les « progrès » de la médecine !

Autre exemple, l’Académie de médecine : comme la plupart des médecins qui en font partie ne sont pas compétents sur ces sujets précis (on ne va pas demander à un cardiologue de s’y connaître en médecine de la reproduction), on peut leur raconter ce que l’on veut au nom des progrès de la science et du bien de l’humanité. Qui voudrait s’y opposer ? Personne. Il n’y a donc aucun contre-pouvoir dans ce domaine et quelques rares experts ont les coudées franches.

 

La prochaine loi est communément résumée à l’autorisation de la « PMA pour toutes ». Or ce raccourci vous agace…

Parce qu’il y a des questions infiniment plus graves à mes yeux et dont personne ne parle. Pas même ceux qui sont censés voter la loi ! Or l’eugénisme s’affirme comme projet de société. C’est ça dont il faudrait parler aujourd’hui.

 

Vous employez là un mot fort et grave. Qu’entendez-vous exactement par eugénisme ?

La volonté de constituer une espèce humaine de meilleure qualité, plus performante, plus compétitive… C’est le transhumanisme, finalement ! Le but de la médecine serait d’avoir des individus en bonne santé mais elle augmente sans cesse le nombre de ses clients en identifiant des malades qui s’ignoraient et en élevant la barre du « normal ». Si l’on ne fixe pas de limites, cela peut conduire à l’eugénisme.

En Europe, on n’ose pas en parler parce que ça rappelle le nazisme. Alors nous évitons le débat. Sauf que, dans la pratique du tri des embryons, il est bien question de mettre en compétition les individus qui vont survivre selon des critères de plus en plus exigeants.

Voilà trente ans que j’alerte et que je préviens. Hélas, je suis bien obligé de vous dire que cela n’a absolument rien changé. J’ai parlé devant des députés, des sénateurs, le Conseil d’État… Les décideurs m’interrogent chaque fois que l’on veut changer une loi. Je leur sers toujours la même rengaine : le gros problème, c’est l’eugénisme. J’explique, ils acquiescent. Me disent que j’ai raison. Et tout se poursuit sans embûches.

 

Valeurs actuelles avait interrogé le président du CCNE, Jean-François Delfraissy. Il défendait l’idée que son travail consistait à mettre en adéquation les évolutions de la science avec ce que la société est capable d’accepter…

Il le dit souvent et il n’est pas le seul ! Les députés le disent aussi. Mais il faudrait, pour commencer, qu’on m’explique ce que l’extension de la PMA a à voir avec la science. Qu’y a-t-il de nouveau dans cette technique ? Rien. Un donneur de sperme va féconder une femme. La « technologie » qui permet de le faire tient dans un bout de tube ou une seringue. Qu’on arrête de nous enfumer avec les « progrès de la science ». On étend, c’est tout. Ce ne sont pas les progrès de la science qui guident l’éthique, mais les demandes sociales. Et encore, ce ne sont même pas des demandes de la société, mais de quelques-uns.

 

Iriez-vous jusqu’à dire que le dernier avis du CCNE est plus eugéniste encore que le précédent ?

Oui, et c’est pourquoi j’essaie d’attirer l’attention sur autre chose que la « PMA pour toutes » ! Le CCNE franchit cette fois-ci des pas énormes, sans que rien n’ait été discuté dans les états généraux de la bioéthique. Les députés vont se retrouver avec l’avis du CCNE qui est le même que celui du comité d’éthique de l’Inserm ou de l’Académie de médecine. Ils sont tous d’accord et ils poussent sans que personne ne réagisse.

 

Qu’est-ce qui vous fait parler de « pas énormes franchis » ?

L’avis préconise de libéraliser encore un peu plus la recherche sur les embryons, en supprimant la nécessité d’une finalité médicale. Maintenant, ce pourrait être pour des enjeux économiques, par exemple ; l’humain devient matière première. On pourrait établir des gestations chez l’animal avec des chimères humain-animal…

Mais il y a aussi l’élargissement du recours au diagnostic préimplantatoire, au diagnostic préconceptionnel ainsi qu’au diagnostic génétique à généraliser dans la population totale. Il est clairement question de tri d’embryons pour ne garder que les plus performants. Cela mériterait au minimum de longues discussions, or il n’y en a aucune, pas même dans les médias. Nous sommes en train de laisser passer des choses gravissimes.

Et tout repose sur des mensonges, en plus. À la page 64 de l’« Avis 129 » du CCNE, il est écrit : « La médecine génomique et les examens génétiques permettent de réduire l’incidence de certaines maladies génétiques graves et ouvrent de nouvelles pistes pour des prises en charge adaptées pour les patients. » C’est absolument faux. Cela ne permet pas de réduire l’incidence sauf si l’on interdisait la procréation des couples découverts « à risque », et cela n’ouvre pas de nouvelles pistes puisque, en général, il n’y a pas de traitement. Les embryons sont triés, c’est tout. Ils affirment des choses fausses. Avec l’assurance que leur donne une expertise supposée être la meilleure.

 

Vous expliquez que nous ne revenons jamais en arrière. Nous pensez-vous encore capables d’accepter la moindre limite, finalement ?

C’est un peu désespérant, à vrai dire. J’avais essayé de prévenir en 1986, avant même l’invention du diagnostic préimplantatoire (DPI, en 1990). Je pressentais que ça déraperait très rapidement et qu’il n’y avait pas de limites possibles. Si l’on arrive à obtenir – par de nouvelles technologies – de nombreux embryons dans les années à venir, des centaines éventuellement, on pourra alors détecter des centaines ou des milliers de supposées pathologies et c’est un véritable système de tri eugénique qui nous guette, d’autant que les servitudes de la fécondation in vitro seraient alors épargnées aux patientes.

J’étais donc contre, mais quand le DPI a été légalisé en 1994, j’ai cherché des limites possibles. Et j’en ai trouvé une qui vaut ce qu’elle vaut : limiter le diagnostic à une pathologie « particulièrement grave et incurable » par couple. Ça n’a jamais été repris, ni par mes collègues ni par les politiques, alors que c’était la seule façon d’éviter l’élargissement sans limites du DPI, même s’il demeure intrinsèquement eugénique.

 

Comment expliquer ces dérives incessantes ?

Il y a évidemment un marché financier et professionnel qui en profite. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi une aptitude à accepter les miracles de la science en raison d’une fascination que je trouve assez malsaine. La crainte d’être malade, limité ou de mourir n’est pas nouvelle. Mais la propagande laisse aujourd’hui entendre qu’on pourrait en finir avec ça ! Le charme mensonger opère dans une société de moins en moins capable d’imaginer sereinement son avenir et dans laquelle le politique et le religieux sont en panne. La science est pour certains une nouvelle raison de vivre.

 

Vous arrive-t-il de penser que c’est vous qui avez fait le premier pas de cette marche eugéniste, en réalisant en France la première fécondation in vitro (Fiv) ?

Non, car le « transhumanisme » consiste à dépasser la condition humaine… Si la Fiv ne guérit personne, elle aide malgré tout un couple à parvenir à ce qu’il devrait être en mesure de faire normalement. Il ne s’agit donc pas de transhumanisme.

Je sais aussi que, s’il n’y avait pas eu la Fiv, il n’y aurait pas eu la suite… Voilà pourquoi je me suis immédiatement engagé contre les velléités eugénistes. J’ai écrit un livre quatre ans après la naissance d’Amandine, pour tenter d’alerter. Je n’ai pas arrêté de tirer la sonnette d’alarme, avant même l’invention du diagnostic préimplantatoire. Je me doutais que ça viendrait, et le tri des embryons pour la recherche d’un bébé prétendu parfait m’a toujours terrifié. Or cette évolution s’affirme progressivement.

 

Parmi les cibles de votre colère, les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) occupent une place à part. Pourquoi ?

Cela fait trente ans que je me bats contre eux parce que je considère que c’est un lobby qui cache complètement ses pratiques, et influe sur la loi par les relais d’influence qu’ils ont partout. Ils sont pour moi les pionniers du nouvel eugénisme que je déplore. La pratique de la PMA est sans doute la spécialité médicale la mieux contrôlée de France, sauf pour ce qui relève des Cecos et du don de sperme.

Dans les faits, ils sont les seuls responsables de l’origine génétique de l’enfant puisque les dons sont encore anonymes, et qu’eux doivent bien choisir les donneurs puis apparier chacun avec une receveuse. Sur quels critères ? Personne ne le sait, sauf pour la ressemblance avec le père social. Et l’Agence de la biomédecine, censée veiller à la transparence de la pratique, ne s’est jamais penchée là-dessus. Or les Cecos sont forcément tentés de modifier leurs critères de sélection au gré des découvertes génétiques, pour obtenir le « meilleur » bébé possible. C’est glaçant.

 

L’élan transhumaniste que vous nous décrivez peut-il constituer la grande rupture du XXIe siècle ?

C’est une rupture définitive. Certains proposent, d’autres acceptent et les gens finissent par s’habituer, voire demander.

Regardez le nombre de gens prêts à porter des bracelets pour savoir le nombre de pas, de battements cardiaques, le poids… Les techniques sont encore rudimentaires, mais l’habitude est là et la prise en compte du corps est incroyablement présente. Ils veulent absolument survivre, c’est tout. Comment imaginer un retour en arrière ? Les gadgets vont peu à peu s’introduire dans nos vies puis dans nos corps, sans que personne ne résiste.

 

Vous parliez tout à l’heure de fascination pour la science. Est-il impossible d’imaginer une autre raison de vivre qui détourne l’être humain de cette fascination ?

Très honnêtement, je pense que c’est perdu tant que ce système attire et fascine. Parce que sa « religion » est cohérente : elle est celle de la croissance économique, de l’amélioration des capacités humaines, de la toute-puissance d’Internet, de la compétition généralisée…

Puisqu’on ne peut interdire, qu’il semble impossible de limiter en raison de comités cautions, de la pression internationale ou du tourisme médical, il faut donc espérer que les gens n’en veuillent plus. Il faut générer une autre attirance, comme ce que faisait la religion dans la société, avant.

Les gens qui occupaient Notre-Dame-des-Landes ont tenté de le faire, à mon avis. Que l’on aime ou pas, ils ont voulu faire comprendre à la société que l’on peut être heureux en vivant plus frugalement mais dans le partage. Ce genre d’alternative naît dans le monde entier, et je crois honnêtement que c’est la seule issue. Je reste persuadé que le modèle actuel ne peut pas satisfaire les aspirations de l’humain.

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Le Vatican et Microsoft lancent un prix sur l’éthique dans l’intelligence artificielle

Le président de Microsoft, Brad Smith, a été reçu par le Pape François mercredi 13 février en audience privée au Vatican.

En visite sur la péninsule italienne pour un congrès sur la démocratie numérique tenu à Rome, Brad Smith, président et chef des affaires juridiques du géant américain de l’informatique, Microsoft, a rencontré le Pape François ce mercredi au Vatican, rapporte la Salle de presse du Saint-Siège le 13 février.

IA et fracture numérique

En présence du président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Vincenzo Paglia, le Pape et Brad Smith ont évoqué les enjeux d’une intelligence artificielle (IA) « au service du bien commun », ainsi que les différents moyens « de réduire la fracture numérique dans le monde ».

Il est également ressorti de cette audience privée que Microsoft et l’Académie pontificale pour la Vie allaient s’associer pour promouvoir un prix international sur « l’éthique dans l’intelligence artificielle ». L’IA, à laquelle l’Académie pontificale pour la vie, très avertie sur le sujet, dédiera son assemblée plénière de 2020.

L’éthique, priorité du Saint-Siège

En 2019, l’institution vaticane s’intéressera à « la roboéthique : humains, machines et santé », thème de sa plénière tenue du 25 au 27 février prochain.

L’Académie pontificale pour la vie, qui célèbre cette année son quart de siècle – elle fut fondée par Jean-Paul II le 11 février 1994 -, consacre ses travaux aux neurosciences, à la bioéthique et aux modifications du génome humain, aux soins palliatifs, mais aussi depuis quelques années « aux nouvelles frontières des enjeux de vie », sous-tendues par l’intelligence artificielle et la robotique.

Source : Vatican News

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Intelligence artificielle : “Nous avons besoin d’une voix humaine comme celle de l’Eglise”

Dans une interview exclusive accordée à l’Osservatore Romano, le président de Microsoft, Brad Smith, détaille sa vision de l’intelligence artificielle, après sa rencontre avec le Pape François et Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, mercredi 13 février au Vatican.

Entretien réalisé par Andrea Monda – Cité du Vatican

Le président de Microsoft et le Pape François se sont rencontrés mercredi 13 février pour échanger sur une approche éthique de l’intelligence artificielle. « Dans ce domaine, nous avons besoin d’une voix humaine, comme celle de l’Église, qui porte et fait autorité », a déclaré Brad Smith au Souverain pontife, plaidant pour « une éducation numérique ».

Osservatore Romano : Quand il y a une crise de confiance globale, et celle en la politique n’est que l’exemple le plus évident, d’une part, la technologie est crainte, d’autre part, elle est perçue comme ce qui peut nous rendre plus humain. Selon vous, comment devrions-nous la considérer ?

Brad Smith : La science et la technologie transcendent les confins locaux et touchent à la vie de presque tout le monde sur notre planète. À l’instar de la machine à vapeur à l’origine de la première révolution industrielle, les nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, modifient notre façon de travailler et de vivre. Et comme les chemins de fer fonctionnant avec les machines à vapeur, ces nouvelles inventions devront être gérées et réglementées par les entreprises. Toute nouvelle technologie ayant un impact social considérable nécessitera de nouvelles lois. Même un balai peut être utilisé pour balayer le sol ou pour frapper la tête de quelqu’un. Plus l’instrument est puissant, plus les avantages ou les dommages qu’il peut causer sont importants.

Microsoft Word est l’un des outils les plus répandus. Word est souvent utilisé par des écrivains engagés à promouvoir les plus hautes aspirations du monde. Mais il ne fait aucun doute qu’il y a des moments plus sombres lorsque des acteurs moins fervents l’utilisent pour des écrits beaucoup moins nobles. L’intelligence artificielle aura un impact sur tous les domaines de la société et ne sera pas créée et utilisée uniquement par le secteur de la technologie. Par conséquent, le monde doit se réunir pour traiter ces problèmes avec un sens des responsabilités partagées.

Pour que cette transformation numérique ne soit pas « inhumaine », il est nécessaire qu’une alliance entre institutions, secteur privé et société civile, se développe. Quelles sont les limites mutuelles que le monde des affaires et la politique doivent respecter ? Quelle est l’étendue de l’influence de la société civile ?

Parce que la technologie évolue si rapidement, ceux d’entre nous qui créons l’intelligence artificielle, le Cloud et autres innovations, en savent peut-être plus que la plupart des gens sur le fonctionnement de ces technologies. Cela ne signifie pas nécessairement que nous savons comment aborder au mieux le rôle qu’elles devraient jouer dans la société. C’est pourquoi les membres du gouvernement, des universités, des entreprises, de la société civile et d’autres parties prenantes doivent s’unir pour contribuer à façonner cet avenir.

Pour aider à réduire le risque d’intrusion dans la vie privée, les gouvernements devraient soutenir et promouvoir le développement de techniques permettant aux systèmes d’utiliser des données personnelles, sans accéder aux identités des individus ni les connaître.

Ces transformations vont-elles tendre à créer un monde plus cohérent, à garantir la stabilité démocratique et une participation de plus en plus croissante « du bas », ou peuvent-elles plutôt créer les conditions d’une plus grande déchirure sociale ?

Nous sommes conscients que plus une entreprise est grande, plus sa responsabilité de penser au monde, à ses habitants et à leurs opportunités à long terme, l’est aussi. Si la question de l’accès équitable n’est pas abordée, des populations entières seront exclues de la pleine participation à ce nouveau monde, créant ainsi le « déchirement social ».

Comment diriger l’intelligence artificielle vers le bien commun ?

La reconnaissance faciale, par exemple, soulève des questions cruciales pour la protection des droits fondamentaux de l’homme, tels que la vie privée et la liberté d’expression. Cette technologie nécessite que les secteurs public et privé se manifestent et agissent. C’est une question qui ne fait que commencer. Si nous n’agissons pas, nous risquons de nous réveiller dans cinq ans et de découvrir que les services de reconnaissance faciale se sont étendus de manière à aggraver les problèmes sociaux. Ensuite, ces défis deviendront beaucoup plus difficiles à contrôler. Les entrepreneurs, les législateurs, les chercheurs, les universitaires et les représentants d’ONG doivent collaborer pour faire en sorte que les technologies basées sur l’intelligence artificielle soient conçues et développées de manière à gagner la confiance de ceux qui les utilisent, des individus dont les données sont collectées.

Revenons au message du Pape pour la Journée des Communications sociales. L’utilisation des réseaux sociaux est complémentaire aux rencontres en face à face. Si les réseaux sociaux peuvent être d’excellentes ressources, ils ne sont pas automatiquement synonymes de cohésion et d’inclusion, mais plutôt de discussions violentes et de déchirures sociales. Quelles sont les antidotes à ces dangers ?

L’éducation numérique. Nous sommes profondément attachés à la nécessité d’approfondir la formation des adolescents, des jeunes adultes, des parents, des éducateurs et des législateurs sur les conséquences, dans le monde réel, des interactions négatives sur le Web, qui peuvent inclure une perte de confiance en autrui, un stress accru, une privation de sommeil ou même des velléités suicidaires. Le défi de la civilisation numérique est l’occasion de sensibiliser, d’inciter les utilisateurs à être responsables de leur comportement en ligne et de servir de modèles aux autres.

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Brèves #NLH

Un Français sur Cinq ne peut pas manger 3 fois par jour

Quand manger au quotidien devient un véritable défi. La dernier baromètre de la pauvreté publié ce mardi (11 septembre) par le Secours populaire français montre qu’un Français sur cinq n’a pas les moyens de faire trois repas par jour.

Quatre Français sur dix ont déjà connu la pauvreté

La pauvreté gagne du terrain en France. D’après le baromètre 2018 du Secours Populaire, 39 % de Français ont déjà été pauvre. Soit deux points de plus par rapport à l’an dernier.  L’une des premières conséquences, c’est la précarité alimentaire. Manger sainement est extrêmement difficile. Manger régulièrement aussi.

Les cinq fruits et légumes par jour sont bien loin. D’après l’étude, 27 % des Français ont du mal à s’offrir des légumes et des fruits frais tous les jours. Pour le poisson, 20 % n’arrivent pas à s’en acheter au moins une fois par semaine.

Être pauvre c’est sauter des repas régulièrement, manger des produits gras, moins coûteux, ce qui entraîne : fatigue, anémie, diabète ou cholestérol. Être pauvre , ce n’est pas double peine, mais triple peine.  Puisque ne pas pouvoir se nourrir seul entraîne un sentiment de honte et d’isolement.

Loyer, chauffage, santé, loisirs ?

Quand on vit avec moins de 1 015 euros par mois, on rogne sur plusieurs budgets. D’après cette étude, c’est logiquement celui des loisirs qui diminue en premier. Environ, 41 % des Français ont du mal à partir une fois par an en vacances ou a faire des sorties en famille régulièrement.

Ces restrictions forcés concernent également la santé, puisque quatre Français sur dix ont des difficultés à payer certains actes médicaux mal remboursés par la sécurité sociale. Ils renoncent par exemple à l’achat de prothèses dentaires, de lunettes ou aux visite chez les spécialistes de la santé.

Un quart des Français a aussi du mal à payer son loyer, l’électricité, ou le chauffage. Finir à découvert à la fin du mois est source d’angoisse permanente. Surtout, les sondés n’ont pas vraiment confiance en l’avenir : 84 % pensent que leurs enfants auront encore plus de risques d’être pauvre un jour.

Emmanuel Macron, c’est quoi son plan ?

Ce jeudi 13 septembre, le président de la République, Emmanuel Macron doit justement annoncer les mesures de son plan pour lutter contre la pauvreté.  Pour ça, le chef de l’État peut s’appuyer sur un autre enseignement de ce baromètre : les Français sont massivement convaincus à 92 % de l’importance de la préservation de l’aide alimentaire aux plus démunis.

D’après 84 % sondés, la distribution d’aide alimentaire permet de repérer d’autres problèmes et de répondre à d’autres besoins.

Source : France Bleu

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Les médias du Vatican s’inquiètent des profanations d’églises en France

En une semaine, cinq lieux de culte catholiques ont été la cible d’actes de vandalisme et de profanation dans l’Hexagone. Un phénomène préoccupant et difficilement maitrisable, qui meurtrit chaque communauté diocésaine concernée. L’évêque de Nîmes témoigne.

L’église Saint-Nicolas à Houilles, le 4 février ; la cathédrale Saint-Alain à Lavaur, le 5 février ; l’église Notre-Dame des enfants à Nîmes, le 6 février ; l’église Notre-Dame à Dijon, le 9 février ; l’église Saint-Nicolas à Maisons-Laffitte, le 10 février… C’est une véritable série noire qui a touché l’Église de France la semaine dernière. À chaque fois, les actes de vandalisme et de profanation commis sont aussi graves qu’abjects : hosties consacrées répandues à terre, statues pulvérisées, tabernacles éventrés…  Toutes les lieux de culte n’ont cependant pas été la cible du même type de dégradations.

Le défi de l’ouverture dans un contexte difficile

Mgr Robert Wattebled, évêque de Nîmes depuis 2001, en fait l’amer constat : « on a affaire à des actes délibérés de profanation », affirme-t-il, « des faits d’une grande gravité » qui révèlent qu’« on a franchi une étape, un degré ».

Selon les chiffres 2017 du ministère de l’Intérieur, l’Église catholique et les Églises chrétiennes détiennent le record d’atteintes aux lieux de culte : 878 sur les 978 actes recensés, soit une moyenne de deux par jour.

L’évêque de Nîmes, tout comme la Conférence épiscopale de France, se montre toutefois prudent, ne souhaitant pas attiser le ressentiment dans un contexte social déjà tendu. Il tient aussi à laisser les investigations se poursuivre, afin de déterminer l’identité des auteurs. Cela ne l’empêche pas de « condamner fermement » de tels actes. Une condamnation souvent exprimée par d’autres parties : représentants d’autres confessions à Nîmes, pouvoirs publics dans les Yvelines…

Pour Mgr Wattebled, les attaques d’églises viennent remettre en question l’ouverture de celles-ci. La décision à prendre s’avère délicate. Faire preuve de prudence est en effet nécessaire, mais pas au point de négliger l’appel du Pape François : « L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d’avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d’une porte close » (Exhortation apostolique Evangelii Gaudium).

Entretien avec Mgr Wattebeld.

 

Source : Vatican News