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L’Assemblée générale de la CEF est terminée, retrouvez les dernières décisions des évêques de France

Quelques décisions de l’Assemblée de la CEF, qui s’est terminée aujourd’hui :

L’Assemblée plénière a élu le Père Thierry Magnin, prêtre du diocèse de Saint-Etienne, actuellement recteur de l’université catholique de Lyon, Secrétaire général de la Conférence des évêques de France. Il prendra ses fonctions le 1er juillet 2019.

L’Assemblée plénière a élu M. Philippe Delorme, actuellement directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Créteil, Secrétaire général de l’Enseignement catholique. Il prendra ses fonctions le 1er septembre 2019.

Sur proposition du Comité Étude et projets, l’Assemblée plénière a choisi de lancer un groupe de travail intitulé « Territoire et paroisse » et a élu pour présider à ses travaux Mgr Laurent Le Boulc’h, évêque de Coutances et Avranches.

L’Assemblée plénière a donné son accord au Secrétaire général de l’Enseignement catholique pour promouvoir une politique prospective sur l’avenir de l’implantation et du déploiement des établissements catholiques d’enseignement en France.

Les évêques membres de l’Union des associations diocésaines de France (association support de la Conférence des évêques de France) ont approuvé les comptes 2017 et voté le budget 2019.

Enfin, les évêques se sont prononcés favorablement pour :

  • l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle canonisation des bienheureuses martyres d’Orange ;
  • l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Jeanne Garnier ;
  • l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de François Boursier ;
  • la nomination de Saint Césaire d’Arles comme Docteur de l’Eglise ;
  • pour entreprendre les démarches nécessaires auprès de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (Vatican) en vue de la traduction du missel romain en langue corse.

Source : riposte-catholique

Brèves

Des médecins français euthanasient leurs patients en Belgique : avis mitigé du comité de bioéthique belge

Dans le Nord de la France, un médecin français autorisé à exercer sur le sol belge, s’y rend régulièrement avec des patients pour accéder à leur demande d’euthanasie. Ce cas a été soumis au Comité consultatif de bioéthique belge qui s’avère divisé sur la question : certains membres « estiment qu’il n’y a aucun inconvénient éthique à cette pratique », tandis que d’autres expriment « leur crainte que ‘l’acceptation occasionnellement donnée dans ces centres ouvre la porte à une pratique qui pourrait rapidement devenir une habitude’, favorisant ainsi une sorte de tourisme euthanasique et de réseau organisé ». D’autres encore trouvent problématique que ces euthanasies aient lieu dans des centres de court séjour ou des maisons de repos, estimant que « le fait d’y envoyer un patient dans le seul but de pratiquer l’euthanasie ne correspond pas aux objectifs poursuivis par ces centres ». Ils conseillent aux centres et personnes concernés par ces euthanasies de répondre à un certain nombre de questions : « Quel est le contexte de la demande d’euthanasie ? Existe-t-il d’autres options ? Quel est l’entourage familial de la personne qui demande l’euthanasie ? Quel est l’encadrement infirmier ? »

 

Enfin, ils s’interrogent sur la connaissance des médecins étrangers des lois belges relatives aux droits des patients et aux soins palliatifs.

 

Sur l’année 2016-2017, 23 patients résidants à l’étranger ont été déclaré euthanasiés en Belgique selon le rapport de la commission euthanasie.

Source : genethique.org

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25 % des médecins généralistes irlandais refuseront de pratiquer les avortements

Une consultation en ligne menée par le Collège irlandais général des praticiens[1] révèle qu’un quart des médecins irlandais ne veulent pas assurer les services liés à l’avortement et sont réticents à envoyer les femmes enceintes à un collègue.

 

Seuls 32 % des 3500 médecins généralistes interrogés sont actuellement disposés et en mesure de fournir ces services. Les 43 % restants ont déclaré ne pas pouvoir offrir de tels services pour des raisons de compétences, de ressources ou d’objection de conscience, mais acceptent d’adresser les femmes à un autre praticien.

Source : genethique.org

[1] Irish College of General Practitioners (ICGP).

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PMA : la grogne parlementaire

Après la prise de positions de cinq parlementaires contre la « PMA pour toutes » (cf. Les Républicains vent debout contre la “PMA sans père”), vingt sénateurs publient à leur tour une tribune indignée dans Valeurs actuelles pour s’opposer à la légalisation de cette extension car, disent-ils, « il ne s’agit plus de lutter contre une quelconque infertilité due à une pathologie, mais de satisfaire à tout prix un ‘désir d’enfant’. On prend ainsi le risque de faire perdre à la médecine son aspect curatif, d’instituer une sorte de ‘droit à l’enfant’ pour les parents, et de créer délibérément des orphelins de père ». Et ce au nom d’un « progressisme béat » qui leur semble « dangereux pour l’humanité ».

 

Ils estiment que « l’assistance médicale à la procréation continue à poser de graves problèmes éthiques, notamment en ‘produisant’ des dizaines de milliers d’embryons ‘sans projet parental’ – dont beaucoup finiront en ‘matériau de recherche’ ». Et les sénateurs interrogent : « Est-ce digne de l’être humain ? Est-ce la nouvelle conception de l’humanisme ? ».

 

Par ailleurs, « si la ‘PMA sans père’ s’impose au nom de la lutte contre les discriminations, demain la GPA s’imposera à son tour, pour les mêmes raisons, puisque les couples d’hommes ou les hommes seuls se verraient ainsi ‘discriminés’ ? ». Ils s’indignent que l’accoutumance de l’opinion public à la GPA ait d’ailleurs d’ores et déjà commencée avec la « vaste campagne de publicité qui accompagne le livre du journaliste Marc-Olivier Fogiel, faisant la promotion d’un acte pourtant délictuel en droit français, sans que Mme Belloubet s’en émeuve ».

 

Pour lutter contre « la marchandisation et l’instrumentalisation du corps humain que ne pourra manquer d’entraîner la ‘PMA sans père’ », ils pensent indispensable « de réécrire sur ce point la loi Taubira qui ne peut manquer d’entraîner la légalisation, à court terme, des mères porteuses ».

 

Enfin, ils dénoncent le coût d’une mesure qui pèsera sur le budget de la sécurité sociale « au moment même où l’on diminue les remboursements de médicaments utiles, et où on l’on augmente la CSG, à commencer par les plus modestes », considérant qu’il s’agit « d’un cynisme scandaleux, qui risque d’ailleurs d’entraîner la disparition de cette Sécurité sociale comme instrument de la solidarité nationale ».

 

Dans le même temps, Agnès Thill, député LREM, qui a ouvertement déclaré qu’elle ne soutenait pas la « PMA pour toutes » à contre-courant de son groupe parlementaire, s’est élevée contre un « café citoyen » organisé par une autre député pour « débattre de la PMA ». A cette occasion, elle a dénoncé l’existence d’« un puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale » avant d’ajouter que « l’assemblée nationale n’était pas la France. Ici [en circonscription], les avis sont tout autres ». Dans une lettre, Philippe Grangeon, délégué général de LaREM par intérim, et Gilles Le Gendre, président du groupe LaREM à l’Assemblée, ont recadré une nouvelle fois l’élue pour ses propos, lui signifiant que ce serait « la dernière ».

Source : genethique.org

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Une nouvelle traduction du Missel romain pour l’Avent 2019

A l’occasion de l’Assemblée plénière d’automne, les évêques réunis à Lourdes ont pu se pencher sur la nouvelle traduction du Missel romain.

Le Missel romain va évoluer, et les évêques de France sont sur le pied de guerre pour aboutir à cette nouvelle version, qui bousculera légèrement les habitudes des fidèles durant l’Eucharistie. A l’occasion de l’Assemblée plénière d’automne, les évêques de France réunis à Lourdes ont pu échanger sur le projet de nouvelle traduction, remanié une ultime fois après la publication du Motu Proprio du pape François sur la liturgie.

C’est un processus assez long. Nous avions fait en mars 2017 le dernier vote après les allers-retours entre les évêques et la commission de traduction, entre les évêques et Rome. Et puis le Motu Proprio du pape sur la liturgie est arrivé. Nous nous sommes dits qu’il fallait faire une relecture à partir des critères que donne le Motu Proprio : fidélité au texte latin, à la langue vernaculaire, à la compréhension des fidèles” explique Mgr Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble et président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle.

Il y a eu quatre sessions de relecture avec une équipe d’évêques francophones puisque cela relève de la commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques. Fin juillet, ils ont travaillé et ils nous ont donné ce texte que j’ai diffusé aux évêques français à la fin du mois de septembre, avant l’Assemblée, pour qu’ils aient le temps de le lire, pour que nous puissions faire un vote supplémentaire sur cet ultime texte. Nous sommes les derniers à voter” ajoute-t-il.

Certains pourraient se poser la question de la pertinence d’une nouvelle traduction. “Il y a eu une nouvelle édition typique en 2002. Nous ne sommes pas en avance. Elle a été revue en 2008. Rome nous demande de réadapter nos missels à cette nouvelle édition typique qui est la norme. Il y a un travail à faire de traduction. Il faut reprendre les choses. Un document du pape Jean-Paul II invitait à une traduction fidèle, quasi-littérale. Et le Motu Proprio du pape François a redonné un peu de souplesse. C’est un texte très riche théologiquement qui doit nous aider à entrer dans le mystère de l’Eucharistie” lance Mgr de Kerimel.

A l’occasion de cette Assemblée plénière, les évêques ont pu avoir la visite d’un théologien, spécialiste des questions de rite, de liturgie. “La liturgie doit être un lieu d’évangélisation. Une liturgie bien vécue, bien préparée, intériorisée, joyeuse mais de manière intérieure doit être une vraie rencontre du Christ dans son Eglise. On le perçoit à certaines messes où nous sentons que nous nous recevons de plus haut que nous, que celui qui nous a convoqué est là. C’est cela la liturgie” explique encore le président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle.

Il n’y a pas de choses d’ampleur. Dans le Credo par exemple, nous ne dirons plus “de même nature que le Père”, mais “consubstantiel au Père”. Une formule plus affinée sur le plan théologique. Il y a une pédagogie à déployer, une introduction à ces mots. Chaque mot est soupesé. Ce qui est nouveau, c’est sans cesse de faire une catéchèse sur la liturgie. Il y a toute une démarche spirituelle” estime-t-il.

Pour le Missel, il y a des petites choses dans les réponses qui vont changer. Cela nous oblige au fond à ne pas célébrer par habitude, cela va nous obliger à revenir au sens profond. Et ça c’est bon. Quand on change de tradition, cela nous bouscule. Il faudra bien une bonne année pour se réhabituer” confie Mgr de Kerimel. Avant de conclure : “Ce texte va partir à Rome. Nous allons demander la confirmation à Rome. Et si Rome répond rapidement, cela pourrait être pour le temps de l’Avent 2019“.
Ecouter l’entretien sur RCF.FR

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1914-1918 : l’Eglise dans la Grande Guerre

Comment l’Église catholique, dans sa hiérarchie, comme dans ses fidèles a-t-elle réagi face à cette guerre meurtrière qui fait rage entre chrétiens, qu’ils soient allemands, protestants, catholiques, français, belges ou italiens ?

Josette Chaline, spécialiste de l’histoire religieuse, nous donne quelques éclairages.

Voir l’entretien mené avec Jacques Calu

l’Eglise et la Grande Guerre from Jacques CALU on Vimeo

À l’approche du Centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, nous nous sommes adressés à Mme Nadine-Josette Chaline, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’université d’Amiens, spécialiste de la Grande Guerre à laquelle elle a consacré de nombreux travaux (livres et articles), mais aussi à Rouen, dans la cadre de la Commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, plusieurs conférences et colloques, pour essayer de comprendre les derniers mois de la guerre.

Lire la suite sur Cyrano.net

Tribunes et entretiens

L’hommage aux prêtres engagés dans la Première Guerre mondiale

En France, les cérémonies de commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale concernent aussi l’Église. À Paris ce 8 novembre, la flamme de la tombe du soldat inconnu, située sous l’Arc de Triomphe, a été ravivée en hommage à tous les prêtres, religieux et religieuses engagés dans la Grande Guerre. Puis une Messe a lieu à Saint Honoré d’Eylau, présidée par Mgr de Romanet. Entretien avec l’évêque aux Armées françaises.

« Un exemple de courage et de dévouement » pour toute la société actuelle. Mgr de Romanet, évêque aux Armées françaises, salue l’action et le sacrifice de ces milliers de prêtres catholiques et d’aumôniers d’autres confessions mobilisés il y a cent ans.

Dans l’horreur des tranchées, « au plus près des hommes », les aumôniers militaires « sont venus apporter une lueur d’espérance et un maintien de dignité ». Fidèles jusqu’au bout à leur engagement, ils nous entraînent au-delà des apparences et de la sauvagerie. Pour eux, la présence de Dieu en chaque homme est une évidence qui implique le respect de la dignité humaine et une fraternisation avec tous.

Des conséquences plus grandes que les champs de bataille

La communion fraternelle vécue dans les tranchées, et plus généralement l’exercice de leur ministère vont permettre aux aumôniers catholiques de faire entrer la France dans « une étape absolument décisive » au plan religieux. Après les lois de 1905 qui instaurent la séparation des Églises et de l’État et provoquent l’expulsion de nombreuses communautés religieuses, l’Église catholique est « remise au centre de la réalité nationale ». Un chemin de réconciliation est ouvert.

Mgr de Romanet met aussi en lumière quelques-uns de ces prêtres dont les noms sont restés dans les mémoires : le jésuite Paul Doncoeur, le père Daniel Brottier, et… Benoît XV, souverain pontife injustement ignoré, que ce soit pendant la Grande Guerre ou dans les décennies suivantes. « Si on avait écouté Benoît XV en 1917, on aurait évité une année supplémentaire de guerre », souligne l’évêque aux Armées à propos de ce Pape précurseur.

Entretien avec Mgr de Romanet réalisé par Adélaïde Patrignani
Source : Vatican News

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Pape François : “la vraie richesse se mesure dans le don”

Dans le cadre de l’audience générale de ce mercredi matin, le Pape François a poursuivi sa série d’enseignements sur les Dix commandements en s’arrêtant cette fis sur cette phrase : « Tu ne voleras point ».

En évoquant cette phrase de saint Paul dans la Lettre à Timothée, « l’avidité de l’argent est la racine de tous les maux », le Pape a délivré une réflexion sur la destination universelle des biens, une notion centrale dans la doctrine sociale de l’Église mais parfois mal interprétée.

« Les biens de la création sont destinés à l’ensemble du genre humain », a expliqué le Pape en citant le Catéchisme de l’Église catholique, tout en rappelant que « la promotion du bien commun exige le respect de la propriété privée ». Tout est donc question d’équilibre : « Le monde est riche de ressources pour assurer à tous les biens primaires, et pourtant beaucoup vivent dans une scandaleuse indigence », a regretté le Pape François. Il n’y a qu’un seul monde, une seule humanité, a-t-il martelé, regrettant que les richesses se concentrent dans les mains d’une minorité.

Face aux contradictions du marché, mieux relier la propriété et le don

François a surtout relevé cette absurdité : aujourd’hui, la faim existe non pas parce que la nourriture manque, mais « parce que pour les exigences du marché, on en vient à la détruire », faisant allusion aux éliminations de certains stocks pour jouer sur les cours du blé par exemple. Les entreprises devraient donc mieux prendre en compte la dimension solidaire et sociale de l’économie.

La propriété privée est légitime mais personne n’est « le patron absolu des biens : il est un administrateur des biens. La richesse se mesure à la générosité, à la capacité de don. » « La possession des biens est une occasion pour les multiplier avec créativité et les utiliser avec générosité, et ainsi grandir dans la charité et dans la liberté », a expliqué le Pape. Dieu lui-même, dans le Christ, s’est vidé de sa seule richesse qui était sa vie, mais il s’est ainsi montré « riche de miséricorde ».

« “Tu ne voleras point” signifie donc : aime avec tes biens, profite de tes moyens pour aimer comme tu peux. Alors ta vie devient bonne et la possession devient véritablement un don, parce que la vie n’est pas le temps pour posséder mais pour aimer », a conclu François.

Retrouvez notre campagne de dons !

 

Source : Vatican News

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Les Français, la mort et l’au-delà

Du site de l’hebdomadaire “Pélerin” :

Les Français et la mort “J’y pense mais pas trop” – Sondage exclusif

Les Français et la mort “J’y pense mais pas trop” - Sondage exclusif

Quelle place la mort occupe-t-elle dans notre vie quotidienne ? La prépare-t-on ? Est-elle la fin de tout ou un passage vers l’au-delà ? Voici les résultats de notre sondage exclusif.

1 – L’AU-DELÀ FAIT DE LA RÉSISTANCE

Sondage 1

Voici un des résultats les plus étonnants de ce sondage : malgré la baisse de la pratique religieuse, la croyance en la vie après la mort ne s’effondre pas. En quarante-huit ans, elle baisse de 6 points seulement : 31 % des Français croient en un au-delà, contre 37 % en 1970. « J’imaginais que la baisse de la croyance en un au delà serait plus sensible », commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies de l’Ifop. Comment expliquer cette résistance ? « Sans doute par le fait que cette interrogation métaphysique est prise en charge par la religion, mais aussi par d’autres croyances ou cultures », avance l’expert.

Sur l’existence d’une vie après la mort, les catholiques pratiquants se montrent les plus convaincus. Deux sur trois y croient.

2 – LA MORT, PAS SI TABOUE

graph 2

Si la mort est moins visible aujourd’hui qu’autrefois, la question demeure présente dans les esprits. 42 % des Français déclarent y penser souvent (14 % très souvent et 28 % assez souvent). À cette question, en 1979, 47 % répondaient de la même façon. Peu d’évolution, donc, sur un questionnement existentiel.

3 – PLUTÔT INCINÉRÉ QU’ENTERRÉ

Graph 3

Les Français sont plus nombreux à vouloir être incinérés (47 %) qu’enterrés (29 %). Presque un quart d’entre eux s’avouent indifférents. Le basculement a eu lieu au début des années 2000. Résistants à cette tendance : les sondés se réclamant d’une autre religion (48 % pour l’enterrement et 35 % pour la crémation) et les catholiques pratiquants, (38 % choisissent l’enterrement et 36 % la crémation). La question préoccupe, en tout cas, plus de deux Français sur trois : ils sont 67 % à y avoir réfléchi. À noter : la proportion de personnes choisissant l’incinération est en lente régression (6 points perdus en huit ans).

* Sondage Ifop pour L’Express, décembre 2017.

4 – LA PRÉPARER, UN PEU

4 général

Moins d’un Français sur quatre (24 %) a déjà réfléchi au déroulement de la cérémonie de ses obsèques. Seuls 18 % ont fait des démarches pour préparer leur décès (directives anticipées pour la fin de vie, convention obsèques, réservation d’une place de cimetière, etc.). Et seuls 12 % ont écrit leur testament. Sans surprise, plus on avance en âge, plus on engage de telles démarches.

Sondage IFOP pour Pèlerin, réalisé en ligne selon la méthode des quotas, du 12 au 15 octobre 2018, auprès de 1019 personnes.

Via Belgicatho

Tribunes et entretiens

Gomorrhe au XXIème siècle : l’appel d’un cardinal et historien de l’Eglise

De Sandro Magister en traduction sur Diakonos.be :

Gomorrhe au XXIe siècle. L’appel d’un cardinal et historien de l’Église

« La situation est comparable à celle de l’Église du XIe et du XIIe siècle ».  Historien de l’Église réputé et président du comité des sciences historiques de 1998 à 2009, à 89 ans, le cardinal Walter Brandmüller n’a aucun doute quand il voit l’Église d’aujourd’hui « ébranlée jusque dans ses fondations » par la propagation des cas d’abus sexuels et d’homosexualité « de façon presque épidémique au sein du clergé et jusque dans la hiérarchie ».

« Comment avons-nous pu en arriver là ? », se demande le cardinal. Et sa réponse a pris la forme d’un large argumentaire publié dernièrement par le mensuel allemand « Vatican Magazin » dirigé par Guido Horst :

> Homosexualität und Missbrauch – Der Krise begegnen : Lehren aus der Geschichte

Dans la version italienne intégrale :

> Omosessualità e abusi – Affrontare la crisi : le lezioni della storia

Le cardinal Brandmüller renvoie aux siècles au cours desquels la papauté elle-même était devenue une telle source de richesse que « l’on combattait et l’on marchandait pour se l’approprier », et que les dirigeants temporels prétendaient attribuer eux-mêmes les charges au sein de l’Église.

Ce qui a eu pour conséquence que des personnes moralement dissolues, davantage attachées au patrimoine qu’au soin des âmes et fort peu enclines à mener une vie vertueuse et chaste ont pris la place des pasteurs.

Le concubinage ainsi que l’homosexualité se répandirent de plus en plus largement au sein du clergé, à un point tel qu’en 1049, saint Pierre Damien remit au pape à peine élu Léon IX, connu pour être un réformateur zélé, ce « Liber Antigomorrhianus » rédigé sous forme épistolaire, qui était en substance un appel à sauver l’Église de la « souillure sodomite qui s’infiltre comme un cancer dans l’ordre ecclésiastique, voire comme une bête assoiffée de sang qui se déchaîne dans la bergerie du Christ ». Dans le livre de la Genèse, Sodome et Gomorrhe sont les deux villes que Dieu a détruites par le feu à cause de leur péchés.

Mais ce qui est encore plus intéressant, écrit Brandmüller, c’était que « presque en même temps, un mouvement laïc se dressa non seulement contre l’immoralité du clergé mais également contre la mainmise des autorités laïques sur les charges ecclésiastiques. »

« Les insurgés se composaient d’un vaste mouvement populaire appelé ‘patarin’ emmenés par des membres de la noblesse de Milan et par certains membres du clergé, avec le soutien du peuple. En collaborant étroitement avec les réformateurs proches de saint Pierre Damien, puis avec Grégoire VII, avec l’évêque Anselme de Lucques, un important canoniste qui allait devenir le Pape Alexandre II, et avec d’autres encore, les ‘patarins’ exigèrent, en ayant parfois recours à la violence, la mise en œuvre de la réforme qui allait par la suite prendre le nom de ‘grégorienne’ d’après le Pape Grégoire VII en faveur d’un célibat des clercs vécu fidèlement et contre l’occupation des diocèses par le pouvoir séculier. »

Bien sûr, les ‘patarins’ se dispersèrent ensuite dans des courants paupéristes et antihiérarchiques au borde de l’hérésie avant de revenir ensuite dans le giron de l’Église « grâce à l’action pastorale éclairée d’Innocent III ». Mais « l’aspect intéressant » sur lequel insiste Brandmüller, c’est que « ce mouvement réformateur éclata presque simultanément au plus haut niveau de la hiérarchie à Rome et au sein de la vaste population laïque de Lombardie, en réponse à une situation considérée comme insoutenable. »

Quelles sont donc les points communs et les différences dans l’Église d’aujourd’hui par rapport à l’époque ?

Au niveau des ressemblances, poursuit Brandmüller, c’est qu’à l’époque comme aujourd’hui, les protestations et les demandes d’une purification de l’Église proviennent surtout des milieux catholiques laïcs, en particulier d’Amérique du nord, sur les traces du « merveilleux hommage au rôle important du témoignage des fidèles en matière de doctrine » mis en lumière au XIXe siècle par le bienheureux John Henry Newman.

Aujourd’hui encore, comme à l’époque ces fidèles trouvent à leurs côtés quelques pasteurs zélés. Mais il faut bien reconnaître – écrit Brandmüller –  que la requête enflammée adressée au sommet de la hiérarchie de l’Église, et en fin de compte au Pape, de se rallier à eux pour combattre le fléau de l’homosexualité du clergé et des évêques ne trouve pas aujourd’hui de réponse adéquate, à la différence du XIe et du XIIe siècle.

Même pendant les luttes christologiques du IVe siècle – fait remarquer le cardinal – « l’épiscopat resta largement passif ». Et si c’est encore le cas aujourd’hui, à propos de la propagation de l’homosexualité parmi les ministres sacrés, « cela peut découler du fait que, dans le chef d’un évêque, l’initiative personnelle et la conscience de sa propre responsabilité en tant que pasteur sont rendues plus difficiles par les structures et l’appareil des conférences épiscopales, sous prétexte de collégialité ou de synodalité ».

Quant au Pape, le cardinal Brandmüller pointe non seulement chez le pape actuel mais également en partie chez ses prédécesseurs leur faiblesse quand il s’agit de combattre les courants de théologie morale selon lesquels « ce qui était interdit hier peut être permis aujourd’hui », actes homosexuels inclus.

Il est vrai – reconnaît Brandmüller – que l’encyclique « Veritatis splendor » de Jean-Paul II en 1993 – « à laquelle la contribution de Joseph Ratzinger n’a pas encore été reconnue à sa juste mesure » – a réaffirmé « avec une grande clarté les bases de l’enseignement moral de l’Église ». Mais celle-ci « s’est heurtée à un large rejet des théologiens, peut-être parce qu’elle n’a été publiée que quand la décadence théologique et morale avait déjà atteint un stade trop avancé ».

Il est également vrai que « certains livres sur la morale sexuelle ont été condamnés » et que « la licence de deux professeurs a été révoquée, en 1972 et en 1986 respectivement ». « Mais – poursuit le cardinal – les hérétiques vraiment influents, comme le jésuite Josef Fuchs qui a été professeur à l’Université pontificale grégorienne de 1965 à 1982 et Bernhard Häring, qui a enseigné à l’Institut des Rédemptoristes à Rome, ainsi que le très influent théologien moral de Bonn, Franz Böckle ou celui de Tubingen, Alfons Auer, ont pu continuer à répandre en toute tranquillité, sous les yeux de Rome et des évêques, des enseignements erronés.  Avec le recul, l’attitude de la Congrégation pour la doctrine de la foi en la matière est tout bonnement incompréhensible.  On a vu venir le loup et on s’est contenté de le regarder pendant qu’il déchirait le troupeau ».

Le risque, c’est qu’à cause de ce manque d’initiative au sommet de l’Église, même le laïcat catholique le plus engagé, si on le laisse à lui-même, peut en arriver à « ne plus reconnaître la nature de l’Église fondée sur l’ordre sacré et basculer, en protestation contre l’incompétence de la hiérarchie, dans un christianisme communautaire évangélique ».

Et à l’inverse, plus les fidèles se sentiront soutenus par la volonté proactive de la hiérarchie, du Pape jusqu’en bas, de renouveler et de raviver l’Église, plus un véritable nettoyage aura des chances d’aboutir. »

Et le cardinal Brandmüller de conclure :

« C’est avec la collaboration des évêques, des prêtres et des fidèles et avec la puissance de l’Esprit Saint, que la crise actuelle peut et doit devenir le point de départ du renouveau spirituel – et donc également de la nouvelle évangélisation – d’une société postchrétienne ».

Le cardinal Brandmüller est l’un des quatre cardinaux qui ont soumis en 2016 leurs « dubia » au Pape François à propos des variations de la doctrine de l’Église, sans jamais obtenir de réponse.

Cette fois-ci, le pape l’écoutera-t-il et prendra-t-il le problème sérieusement en considération en considération comme Léon IX l’avait fait avec saint Pierre Damien ?

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Via Belgicatho