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Peut-on se défaire facilement des églises ?

Lu sur France-Catholique :

 

par Ines A. Murzaku traduit par Pierre

 

Resserrez, Réutilisez, Recyclez » tel est le slogan pour nous inciter, pauvres humains modernes à utiliser mieux et gaspiller moins. Il nous pousse à réutiliser autant que possible, même avant de recycler. Un bon recyclage est évidemment une moindre charge sur notre mère la terre. Mais les bâtiments religieux — églises — abandonnés par les fidèles ou privés de clergé pour les desservir ou devenus trop coûteux pour les diocèses devraient-ils subir le même sort que les déchets de plastique ou de verre ?

Bien que le nombre exact d’églises dé-consacrées ou réaffectées ne soit pas disponible, de nombreux bâtiments religieux en Europe et aux États-Unis ont été “réaffectés” en :musées, locaux d’archives, restaurants, cafés, hôtels, résidences de luxe — la liste est sans fin.

Un exemple : l’église Santa Felicità, proche de la cathédrale de Vérone, l’une des plus anciennes églises de Vérone, consacrée en 1207, a été dé-consacrée et transformée en un restaurant “haut de gamme” sous le nom “Ristorante Santa Felicità”.

L’église Sainte-Marie à Dublin, construite au début du XVIIIe siècle et fermée en 1964 fut abandonnée quelques années avant d’être achetée et transformée en restaurant–bar en 1997. Le premier prix 2006 a été attribué à sa transformation par la Commune de Dublin dans la catégorie “Bâtiments Anciens”. Ce restaurant est sous l’enseigne “Restaurant-Bar de l’Église”.

La section “Guide” de “The Telegraph” (Londres) signale qu’au cœur historique d’Assise on peut apprécier le “Relais, Spa, Musée des Nonnes d’Assise”. Ce couvent typique aménagé en hôtel de luxe propose un séjour de détente dans le centre historique d’Assise. Une restauration heureusement menée a non seulement transformé la structure du XIIIe siècle en un havre de quiétude, mais a également mis au jour les ruines d’un amphithéâtre romain — désormais site d’un accueillant “musée-spa”.

Peut-on réaffecter ou transformer des édifices religieux sans les profaner ?
En novembre dernier, S.S. François a adressé un message aux participants d’une conférence intitulée : « Dieu habite-t-Il encore ici ? Lieux de culte et de gestion de l’héritage culturel ecclésial désaffectés. » organisée à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome.

S.S. François mettait en garde afin qu’aucune décision ne soit prise « sans une sérieuse réflexion menée avec la communauté chrétienne et un dialogue avec les autorités laïques », et que « la désaffectation ne soit pas la seule, unique solution envisagée, ni ne soit effectuée en choquant les fidèles. »

Le Code du Droit canon (Can. 1222-2) est clair au sujet de l’usage convenable des bâtiments religieux. Même s’ils doivent être réaffectés, leur destination essentielle doit être le bien des âmes et le bien des fidèles qui au cours des siècles ont contribué à l’édification des églises. « Là où des motifs sérieux incitent à retirer le culte divin d’une église, l’évêque du diocèse, après avoir pris l’avis du Conseil presbytéral, peut la déclasser pour un usage profane mais non sordide, avec l’accord de ceux qui, légitimement proclament leurs droits sur l’église élevée pour le bien des âmes. »

Mais demeure une question : la vente et la transformation des églises sont-elles la seule méthode pour sortir de la crise actuelle du catholicisme ? La Chrétienté baisse-t-elle les bras ? L’expression “Pauvre église” par S.S. François signifie-t-elle — à terme — plus d’église du tout ? Et si la Chrétienté se réveille, pourquoi vendre des églises ?

Une église, c’est un bâtiment et des gens, des pierres et des humains, une mémoire immortalisée. Les églises sont des copropriétés, édifiées par une communauté chrétienne. Saint Augustin (d’Hippone), dans son Sermon 336, commente l’édification et la dédication de la maison de Dieu chez nous. St. Augustin déclare que nous sommes personnellement la maison de Dieu : « C’est notre maison de prière, mais nous aussi sommes une maison pour Dieu. So édification avance dans le temps, elle sera dédiée à la fin des temps. »

L’édifice de l’église, par sa présence, proclame l’Évangile, et s’il n’existe plus en son emplacement historique — places, centres de petites villes, dans la mémoire des gens — comment cette Église pourrait-elle évangéliser ou recevoir l’adhésion des fidèles ? L’Église s’appauvrit — et ce n’est pas un bon destin.

“Les deux piécettes, valant un quart d’As” [Mc, 12:41] offertes par la pauvre veuve ne sont pas convenablement employées ; en fait, il y a abus si on se précipite pour réaffecter et vendre églises et monastères. On ne peut détruire ce que des générations de fidèles ont bâti au cours des siècles.

D’autre part, l’Église dispose de nombreuses autres propriétés vendables. Pourquoi ne pas vendre en priorité des résidences, maisons de bord de mer et appartements luxueux — tous récemment identifiés publiquement ? La vente d’églises est une échappatoire trop simple. On se débarrasse à bon compte ; on déserte, ne gardant que l’hôpital de campagne pour ne soigner que les blessés et les pauvres.

Au lieu de quoi l’Église du Christ devrait évangéliser et trouver pourquoi les églises sont désertées. Comment pourra-t-on transmettre la foi jusqu’à la Nième génération — la génération succédant aux millénaires, l’ultime et réduite génération chrétienne — quand la Chrétienté commence à se défaire de ses églises historiques et de la mémoire collective de la foi ?

Le lessivage de la mémoire religieuse n’aidera guère à l’évangélisation. Détruire la mémoire, c’est détruire ceux qui l’ont bâtie, et, dans le catholicisme, c’est détruire la foi et des générations de fidèles. Les églises furent bâties au cœur des cités, comment peut-on leur arracher le cœur ?

Et les morts inhumés dans les cryptes des églises et des monastères ? Seraient-ils inclus dans la vente ? Ce sont les anciens, les ancêtres de la Chrétienté, ils votent avec leurs ossements. Chesterton écrivait dans “Orthodoxy” : « La tradition refuse la soumission à la petite oligarchie de ceux qui se contentent de marcher alentour. » Un bon conseil à l’Église.

La tradition repose sur les églises, bâties avec du mortier par des mortels ; elles ne sont pas à vendre. Il faut les conserver, les préserver, et les transmettre aux générations suivantes. C’est le moins qu’on puisse faire en l’honneur de notre foi, de nos ancêtres, et de l’avenir.

13 décembre 2018

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/12/13/are-churches-easily-dispensable/

Photo : le restaurant Sainte Félicité à Vérone

 

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Personne n’a pu contester le fond des propos de Mgr Vigano…

Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef du Figaro, responsable des affaires religieuses, est interrogé dans La Nef à propos des scandales d’abus sexuels dans l’Eglise. Extrait :

Comment analysez-vous le fait que le pape n’ait pas répondu ou fait répondre aux graves accusations de Mgr Vigano comme le souhaitaient nombre d’évêques américains ?

L’épiscopat américain, comme l’épiscopat africain, figurent parmi les épiscopats les moins en phase avec l’actuel pontificat. Cela dit, l’Église reste l’Église. La foi catholique n’est pas ici en jeu. Il s’agit d’opinions sur des orientations pastorales qui peuvent avoir de lourdes conséquences.

L’affaire Vigano est d’un tout autre ordre. Si Mgr Vigano a ruiné sa crédibilité en demandant la démission du pape, ce n’est pas pour autant un hurluberlu. Vigano est celui qui, sous Benoît XVI, avait déjà osé dénoncer les compromissions financières au sein du Vatican. Il était en charge du gouvernorat de la cité du Vatican, il savait tout. Sa dénonciation adressée à Benoît XVI s’était retrouvée dans la presse en raison des fuites de documents de l’affaire Vatileaks. Ce n’est pas Vigano qui les avait provoquées. C’est donc un homme à la réputation de rigidité et de droiture. Par devoir de « conscience », il vient de sacrifier sa carrière et sa réputation pour dénoncer la prégnance de l’homosexualité dans certains milieux ecclésiaux et les réseaux de pouvoirs de ce genre dans l’Église. Il a été attaqué comme personne, mais personne n’a pu contester le fond de ses propos.

Le pape, par ailleurs, ne pouvait répondre à quelqu’un qui demandait publiquement sa démission. Enfin sur la question « homosexuelle » tout le monde sait que ce n’est pas un sujet hors de propos. Au printemps 2017, Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, fut arrêté par la gendarmerie Vatican dans son appartement au deuxième étage du palais de la Doctrine de la foi lors d’une partie fine homosexuelle avec de la drogue… Autre fait retentissant, la démission de Mgr Krzysztof Charamsa, en octobre 2015, veille du synode sur la famille, pour proclamer son homosexualité. Il était secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, basée au Vatican. L’affaire de Mgr Ricca, l’un des hommes de confiance du pape François à qui il a confié de superviser indirectement les finances du Saint-Siège est également indéniable. C’est en répondant à une question à son propos, car un scandale homosexuel le concernant était connu, dans l’avion du retour des premières JMJ de François au Brésil, que le pape a prononcé la fameuse phrase « qui suis-je pour juger ? » Il faudrait ajouter en 2018, l’affaire Barros au Chili, l’affaire du cardinal McCarrick aux États-Unis, l’affaire de Mgr Pineda au Honduras qui fut auxiliaire du cardinal Maradiaga, conseiller de François. Et celle qui vient de rebondir avec l’argentin Mgr Zanchetta qui touche très directement le pape qui l’a promu à Rome. Toutes sont des questions d’homosexualité. Il ne s’agit pas de « juger » quiconque comme dit le pape mais les accusations de Vigano ne sont pas des lubies.

À l’occasion de l’affaire Vigano, certains ont évoqué un « complot » du catholicisme conservateur américain pour déstabiliser le pape François : qu’en pensez-vous ?

Il n’est pas faux que des groupes conservateurs américains catholiques s’emploient dans une vision très « Far West » à déstabiliser le pape. Il n’est pas faux que Mgr Vigano y a des amis et des appuis. Il n’est pas faux qu’il a fait relire sa lettre par Marco Tossati – un des grands vaticanistes de la Stampa à l’époque de Jean-Paul II – aujourd’hui publiquement anti-François. Ce qui a nourri – après une première salve d’accusations diffamantes sur la personne de Vigano – la seconde ligne de défense pour contre-attaquer les révélations de sa lettre : on l’a alors accusé d’être aux mains de lobbies ennemis du pape François. Mais c’est oublier que Vigano n’est pas un prêtre du fond des Pouilles. Il a occupé la plus haute charge de gestion interne du Vatican, il a occupé le plus haut poste diplomatique, celui de Washington. Son objection de conscience vient donc de loin : il l’avait exprimée, sous Benoît XVI, contre les malversations financières dans la gestion des finances du Vatican profitant à des entreprises amies avec des « commissions », en liquide ; il l’a exprimé, sous François, contre le cardinal McCarrick, ancien archevêque de Washington qui a reconnu avoir couché avec ses… séminaristes, symbole donc des réseaux homosexuels dans l’Église. On dit Vigano rigide et ambitieux. On devrait aussi reconnaître son courage et sa conscience. Même si ce prélat a manqué de prudence en demandant au pape sa démission. […]

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P. Manent et O. Roy : “L’Europe est-elle encore chrétienne ?”

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que l’Europe est confrontée à la présence d’une importante population musulmane, la question des « racines chrétiennes » du Vieux Continent a surgi dans le débat public. Le Figaro fait dialoguer celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas dans une conversation stimulante, qui aborde en profondeur les sujets les plus brûlants auxquels est confrontée notre civilisation.

Intellectuel de premier plan, le philosophe Pierre Manent revendique la « marque chrétienne » des nations européennes. Il pense que les catholiques peuvent être le pont entre les musulmans et la République. Une réflexion que l’auteur avait brillamment exposée dans Situation de la France (Desclée de Brouwer, 2015).

Pour sa part, dans son nouvel essai, L’Europe est-elle chrétienne ? (Seuil), le chercheur Olivier Roy, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), examine la question délicate des rapports entre christianisme, culture et identité. Le professeur à l’Institut européen de Florence avertit des dangers que comporte, selon lui, une vision identitaire du christianisme.

LE FIGARO.- Êtes-vous tous les deux d’accord pour parler de « racines chrétiennes » de l’Europe ?

Olivier ROY.- Je suis tout à fait d’accord pour dire que l’Europe, et en particulier le projet de construction européenne tel que pensé par les pères fondateurs, se réfère à un héritage chrétien. L’Europe occidentale, c’est l’espace du christianisme latin, …

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Sénégal : Lancement de la mission électorale de l’Eglise

« Fidèle à sa vocation d’édification de la paix par la justice, y compris par les élections, notre Commission épiscopale Justice et Paix va observer la prochaine élection présidentielle du 24 février 2019 » écrit le Père Alphonse Seck, Secrétaire Exécutif de la Commission épiscopale interterritoriale Justice et Paix, par ailleurs Secrétaire Général de Caritas Sénégal dans une note envoyée à Fides à l’occasion de la conclusion du cours de formation destiné aux observateurs électoraux tenu les 2 et 3 février derniers.
Cette mission d’observation électorale sera menée en collaboration avec les Scouts du Sénégal, comme en 2012, qui comprenait les deux tours de l’élection présidentielle et les élections législatives.
Le Père Seck a souligné la préoccupation de l’Eglise, à cause d’une « absence de consensus entre les acteurs sur différentes questions qui pourrait avoir des conséquences sur le déroulement pacifique des élections » (voir Fides 24/01/2019). Dans un tel contexte, explique le prêtre, « il nous faut travailler à réserver la paix sociale. Le chemin le plus sûr pour cela est que soit organisée, en amont comme en aval, une élection transparente, aux résultats incontestables, susceptibles d’être acceptés par toutes les parties ».
Les futurs observateurs de l’Eglise sont recrutés par tous les Diocèses du Sénégal et sont formés afin d’être prêts avant l’échéance.
Enfin, fait savoir le SG de Caritas Sénégal, plusieurs activités d’animation de mobilisation citoyennes sont également prévues dans le cadre de cette mission d’observation électorale, notamment des rencontres populaires dans les quartiers avec soit les candidats ou leurs mandataires sur des thématiques identifiées par les populations ; une campagne d’information et d’éducation citoyenne avec la jeunesse ; des émissions radios, etc… (L.M.) (Agence Fides 07/02/2019)

 

Source : Fides

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6 ans après la renonciation de Benoit XVI, l’actualité d’un magistère

Le 11 février 2013 survenait une annonce sans précédent : un Souverain Pontife renonçait à sa charge pour raison d’âge, choisissant de continuer de vivre non loin de son successeur en tant que Pape « émérite ». Mais ne retenir de lui que cet événement est une erreur à éviter.

Six années ont passé depuis ce coup de tonnerre dans un ciel serein. La première renonciation d’un Pape pour raisons de santé et de vieillesse. Le 11 février 2013, Benoît XVI, alors presque arrivé au terme de la huitième année de son pontificat, annonçait sa volonté de quitter le ministère pétrinien à la fin du mois, parce qu’il ne se sentait plus en mesure de porter – physiquement et spirituellement – le poids du pontificat. Le poids d’un ministère qui, au cours du dernier siècle, a profondément changé en ce qui concerne les modalités de son exercice, avec l’ajout de célébrations, d’engagements, de rendez-vous et de voyages internationaux.

Beaucoup a été dit et écrit à propos de cet événement qui marquera l’histoire de l’Église. Et l’on peut courir le risque de concentrer toute son attention uniquement sur ce geste humble et révolutionnaire, jusqu’à finir par faire passer au second plan le témoignage personnel et surtout le magistère de Benoît XVI. À propos du témoignage, étant donné le début maintenant imminent de la Rencontre pour la protection des mineurs qui réunira au Vatican avec le Pape François les présidents des Conférences épiscopales du monde entier, il convient de rappeler que c’est justement Benoît XVI qui a entamé les rencontres avec les victimes des abus. Des rencontres loin des caméras de télévision, des rencontres faites d’écoute, de prière et de pleurs. Bien sûr, ces rencontres se sont accompagnées de normes plus claires et décisives pour combattre la terrible plaie des abus. Mais il ne fait aucun doute que le changement de mentalité demandé avant tout aux évêques et aux supérieurs religieux passe par cette capacité à rencontrer les victimes et leurs familles, en se laissant blesser par leurs récits dramatiques, pour prendre conscience d’un phénomène qui ne pourra jamais être combattu uniquement par des normes, des codes ou des ‘best practices’. 

Concernant le magistère du Pape Benoît XVI, trop souvent ‘écrasé’ par des lectures réductrices et des clichés préconçus incapables d’en valoriser la richesse, la complexité et la fidélité à l’enseignement du Concile Œcuménique Vatican II, comment ne pas rappeler l’insistance sur le fait que l’Église « ne possède rien par elle-même face à Celui qui l’a fondée, de sorte qu’elle pourrait donc dire : nous avons fait cela très bien ! Son sens consiste à être un instrument de la rédemption, à se laisser pénétrer par la parole de Dieu et à transformer le monde en l’introduisant dans l’union d’amour avec Dieu ». À l’opposé, donc, du fait de mettre sa confiance dans les stratégies et les projets. L’Église, continuait Benoît XVI dans un discours prononcé à la Salle de concert de Fribourg-en-Brisgau en septembre 2011, « est là, où vraiment elle est elle-même, toujours en mouvement, se mettant continuellement au service de la mission, qu’elle a reçue du Seigneur. C’est pourquoi elle doit toujours s’ouvrir aux préoccupations du monde -auquel elle appartient-, se consacrer sans réserve à elles, pour continuer et rendre présent l’échange sacré qui a commencé avec l’Incarnation ».

Dans ce même discours, Benoît XVI mettait en garde contre la tendance contraire. Celle « d’une Église qui est satisfaite d’elle-même, qui s’installe dans ce monde, qui est autosuffisante et s’adapte aux critères du monde. Elle donne assez souvent à l’organisation et à l’institutionnalisation une importance plus grande qu’à son appel à l’ouverture vers Dieu et à ouvrir le monde à son prochain ».  Par conséquent, le Souverain Pontife allemand montrait dans ce discours l’aspect positif de la sécularisation, qui a « contribué de façon essentielle à [la] purification et à [la] réforme intérieure » de l’Église, même en l’expropriant de ses biens et en supprimant ses privilèges. Car « libérée du fardeau et des privilèges matériels et politiques, l’Église peut se consacrer mieux et de manière vraiment chrétienne au monde entier ; elle peut être vraiment ouverte au monde. Elle peut à nouveau vivre avec plus d’aisance son appel au ministère de l’adoration de Dieu et au service du prochain », concluait Benoît XVI.

Source : Vatican News

Brèves

Précisions de la communauté Saint-Jean suite aux propos du pape sur “l’esclavage” sexuel des religieuses

Lettre du 7 février 2019

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Suite aux articles de presse parus après la conférence de  presse du Pape François dans le vol de retour des Émirats Arabes Unis, nous souhaitions apporter quelques précisions.

Le directeur de la salle de presse a notamment expliqué que le Saint-Père a utilisé le terme d’esclavage pour signifier “manipulation”, une forme d’abus de pouvoir qui se traduit également par des abus sexuels “ (Source). De plus, la communauté dissoute que le Pape mentionnait était l’institut Saint Jean et Saint Dominique composée de sœurs ayant quitté la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean (Source).

Nous souhaitions également préciser les points suivants :

Frère Thomas Joachim, prieur général des Frères de Saint-Jean, sœur Paul-Marie, prieure générale des sœurs contemplatives de Saint-Jean, sœur Claire de Jésus, prieure générale des sœurs apostoliques de Saint-Jean, condamnent toute situation d’abus sexuel et de pouvoir et réaffirment leur engagement, en communion avec le Pape François, dans la lutte contre les abus. Ils tiennent à exprimer en premier lieu leur profonde compassion en particulier à ces femmes qui offrant généreusement leur vie à Dieu, se sont retrouvées victimes.

Dès 2013, le prieur général des Frères de Saint-Jean avait révélé de sa propre initiative que leur fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, avait « posé des gestes contraires à la chasteté à l’égard de plusieurs femmes adultes qu’il accompagnait ». La Famille Saint-Jean condamne les abus sexuels et les abus de pouvoir de leur fondateur dont les témoignages convergents ont fait état. Parmi ces femmes victimes de ces abus, se trouvaient des sœurs.

Des témoignages concernant des sœurs ou d’anciennes sœurs font aussi état d’abus commis dans le passé par des frères. Des sanctions ont déjà été prononcées et des cas sont en cours de traitement. Les autorités des Frères de Saint-Jean sont déterminées à ce que tout cas d’abus soient traités en conformité avec les directives de l’Église Catholique et les lois civiles.

Depuis plusieurs années, les Frères ont notamment mené de nombreuses actions pour prévenir et gérer les situations d’abus : amélioration du discernement à la vocation, formation des frères à la maturité affective, à la gestion des cas de pédophilie et d’abus sexuels, mise en place de procédures (validées par le Vatican) impliquant notamment une remontée d’information vers les autorités judiciaires, création d’une commission – comportant des laïcs – chargée d’examiner tout témoignage, aveu ou plainte d’un comportement d’abus.

Les 80 sœurs contemplatives qui composent actuellement la communauté des Sœurs de Saint Jean ont toujours fait le choix de coopérer avec les décisions des autorités de l’Eglise prises en 2009 et de mettre en œuvre les réformes demandées à l’époque qui portaient sur des questions de gouvernance et d’emprise. Les sœurs de Saint-Jean n’ont jamais été dissoutes. Les sœurs qui n’étaient pas d’accord sont sorties de la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean et ont fondé en 2014 une nouvelle communauté en Espagne, du nom de ‘Maria Stella Matutina’, après qu’une première tentative sous le nom de ‘Saint Jean et Saint Dominique’ ait été dissoute par le Pape Benoit XVI en 2013. En 2014 le Pape François a exclu définitivement de la vie religieuse 4 anciennes responsables qui s’étaient opposées aux décisions des autorités de l’Église et avaient promu la scission.
Depuis plusieurs années, tant les sœurs que les frères sont engagés dans un travail de reconstruction et de rectification de ce qui devait être corrigé, en totale collaboration avec Rome et avec l’aide d’intervenants extérieurs.

Les frères et les sœurs de la Famille Saint-Jean tiennent à redire leur volonté d’accueillir et de se rendre disponible pour toute personne ayant été victime d’abus par un membre de la Famille Saint-Jean. Elles peuvent écrire directement à la Commission SOS abus mise en place par les Frères de Saint-Jean sos.abus@stjean.com ou à l’adresse mise en place par la Conférence des Évêques de France paroledevictimes@cef.fr.
La Famille Saint-Jean porte un regard d’espérance sur le travail de vérité qui se fait dans l’Église et met tout en œuvre pour que ses lieux de vie consacrée soient une maison sûre pour tous.

Sœur Claire de Jésus
Frère Thomas
Sœur Paul Marie

Quelques repères chronologiques de 2009 à 2014 sur les sœurs contemplatives de Saint-Jean :

  • 6 juin 2009 : en accord avec la Congrégation pour la Vie Consacrée, le Cardinal Philippe Barbarin (évêque dont dépend la communauté des sœurs contemplatives de Saint- Jean) demande à la prieure générale, Sœur Alix Parmentier, de démissionner de sa charge et nomme Sœur Johanna prieure générale pour 6 ans et lui demande de nommer un nouveau conseil. Cette décision fait suite à des constats de dysfonctionnement dans la gouvernance et de phénomènes d’emprise.
  • 7 juin 2009 : lettre cosignée par une trentaine de sœurs dans laquelle elles expriment leur opposition aux décisions prises.
  • Août 2009 : suite à la nomination d’une nouvelle maîtresse des novices par Sr Johanna, une cinquantaine de novices quittent St Jodard.
  • Novembre 2009 : en raison des désobéissances envers la nouvelle Prieure générale, nomination de Mgr Jean Bonfils, évêque émérite de Nice, comme Commissaire Pontifical. Rome demande à 4 sœurs anciennement responsables, dont sœur Alix, d’être dans des lieux séparés hors de la communauté et de ne plus avoir d’influence sur les sœurs.
  • Février 2011 : nomination de Mgr Henri Brincard comme nouveau Commissaire Pontifical.
  • 29 juin 2012 : des sœurs opposées aux décisions de l’Église et ayant quitté la communauté fondent « l’institut des sœurs de Saint Jean et Saint Dominique » dans le diocèse de Cordoue, en Espagne.
  • Juillet 2012 : 70 sœurs novices partent rejoindre cet institut.
  • Janvier 2013 : le Pape Benoit XVI dissout « l’institut des sœurs de Saint Jean et Saint Dominique ».
  • Mai 2013 : le prieur général des Frères de Saint-Jean révèle de sa propre initiative que le fondateur des frères et des sœurs de Saint-Jean, le père Marie-Dominique Philippe, avait « posé des gestes contraires à la chasteté à l’égard de plusieurs femmes adultes qu’il accompagnait ».
  • 1er juillet 2014 : lettre de Mgr Brincard faisant état des décisions précisée dans la lettre du 26 avril de Mgr Becciu, substitut du Pape : possibilité à des sœurs qui ont quitté la communauté de se constituer en une association de fidèles laïcs en vue de devenir un institut religieux et exclusion de la vie religieuse des 4 sœurs anciennes sœurs responsables, dont sr Alix Parmentier.
  • Août 2014 : Conformément à la permission donnée par Rome des sœurs ayant quitté la communauté des sœurs contemplatives de St Jean fondent la communauté « Maria Stella Matutina » dans le diocèse de San Sebastian, en Espagne.
  • Avril 2015 : élection de sr Paul-Marie Moulin comme prieure générale des sœurs contemplatives de Saint-Jean.
  • Février 2016 : décès de sr Alix Parmentier en Espagne.

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France : les profanations d’églises se multiplient

Du site “christianophobie.fr” :

Lavaur : quelques photos qui en disent long sur la haine antichrétienne

L’incendie criminel et les autres actes de vandalisme commis dans la cathédrale Saint-Alain à Lavaur, dans le Tarn, le 5 février dernier (voir ici et encore ici), aurait été le fait d’un adolescent qu…

Profanation de l’église de Maisons-Laffitte : un suspect interpellé

Selon Info Normandie d’hier. Un suspect interpellé pour la profanation, hier dimanche 10 février, de l’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte (Yvelines). Un homme, confondu par le curé, a été interp…

Profanation de l’église de Nîmes : des précisions abjectes

Je dois à une lectrice (merci A. C.) le signalement d’un article paru dans le Midi Libre qui donne des détails absolument abjects sur la profanation de l’église Notre-Dame-des-Enfants que j’ai signalé…

Profanation et vol dans une église de Talmont, en Vendée

Un lecteur (merci M. M.) me signale un nouveau fait très grave survenu en Vendée. Dans l’église Saint-Pierre de Talmont (Vendée), le tabernacle a été fracturé le dimanche 3 février. Le ciboire et les …

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Le document d’Abu Dhabi signé par le pape François et l’imam Al-Tayeb d’Al-Azhar fait couler beaucoup d’encre…

On s’en rendra compte en lisant :

Via Belgicatho

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Théologie morale : la dimension écologique est essentielle

La dimension écologique est essentielle à la théologie morale fait observer le pape François.

Le pape François a reçu en audience au Vatican, ce samedi 9 février 2019, à 11 h 30, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique, les professeurs et les étudiants de l’Académie Alphonsienne – l’Alfonsianum de Rome – l’Institut supérieur de théologie des Rédemptoristes, à l’occasion du 70e anniversaire de sa fondation.

« La dimension écologique est une composante essentielle de la responsabilité de chaque personne et de chaque nation. Cela me donne à réfléchir : le fait que lorsque j’administre [le sacrement de] la réconciliation – même avant, quand je le faisais -, on s’accuse rarement d’avoir fait violence à la nature, à la terre et à la création. Nous ne sommes pas encore conscients de ce péché. C’est votre travail de le faire. La théologie morale doit prendre conscience du besoin urgent de participer fermement à un effort commun visant à prendre soin de la maison commune par des moyens réalisables de développement intégral », a expliqué le pape.

Le pape n’en n’a pas moins insisté sur la défense de la vie humaine : « Témoigner franchement de la valeur inconditionnelle de chaque vie ne doit jamais manquer, en réaffirmant que la vie la plus faible et la plus sans défense est celle que nous devons prendre en charge de façon solidaire et confiante. »

Voici notre traduction, rapide, de travail, de l’allocution du pape François prononcée et publiée par le Vatican en italien.

AB

Académie de l'Alfonsianum © Vatican Media

Académie de l’Alfonsianum © Vatican Media

Discours du pape François

Père Modérateur Général,

Chers frères et soeurs,

Je vous rencontre à l’occasion du 70e anniversaire de la fondation de l’Académie Alphonsienne. Je remercie le modérateur général de ses paroles et je vous adresse à tous une salutation cordiale. Cet anniversaire de votre établissement universitaire est un moment de gratitude envers le Seigneur pour le service de recherche et de formation théologique qu’il a pu accomplir. Le domaine théologique spécifique de l’Académie alphonsienne est celui de la connaissance morale, responsable de la tâche difficile mais indispensable d’apporter et d’accueillir le Christ dans le concret de la vie quotidienne, comme Celui qui, nous libérant du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement, fait naître et renaître en nous la joie (cf. Exhortation Apostolique Evangelii gaudium, 1).

Comme le rappellent vos Statuts, l’Académie alphonsienne s’est engagée, au cours de ces soixante-dix années, à approfondir la théologie morale à la lumière des mystères du Christ en essayant de répondre à l’évolution de la société et des cultures, dans le respect constant du Magistère (cf. n ° 1). Et il l’a fait en s’inspirant de son patron céleste, saint Alphonse-Marie de Liguori.

La célébration de l’anniversaire d’une institution comme la vôtre ne peut se limiter à la mémoire de ce qui a été accompli, mais elle doit avant tout pousser à regarder en avant, à retrouver l’enthousiasme de la mission, projeter des pas courageux pour mieux répondre aux attentes du peuple de Dieu. Et il est providentiel que votre soixante-dixième anniversaire arrive à l’époque où toutes les structures académiques de l’Église sont appelées à un engagement plus résolu en faveur de projets et de renouveau. C’est ce que j’ai appelé à faire par la Constitution apostolique Veritatis gaudium sur les universités et les facultés ecclésiastiques. En mettant en valeur « le riche patrimoine d’études approfondies et d’adresses », jailli de Vatican II et mis en œuvre avec « l’engagement persévérant de la médiation culturelle et sociale de l’Évangile mis en œuvre par le Peuple de Dieu dans les différentes domaines continentales et en dialogue avec différentes cultures », il faut s’ouvrir à « ce renouveau sage et courageux requis par la transformation missionnaire d’une Église « en sortie » » (cf. n ° 3).

Il ne s’agit pas seulement d’une révision des statuts et des projets d’études, mais d’un renouveau de la vie universitaire, également favorisé par les possibilités que le développement informatique offre aujourd’hui à la recherche et à l’enseignement. À cette fin, il est essentiel d’assumer comme critère « prioritaire et permanent […] celui de la contemplation et de l’introduction spirituelle, intellectuelle et existentielle dans le cœur du kérygme c’est-à-dire de la nouvelle à la fois nouvelle, fascinante et joyeuse de l’Évangile de Jésus « . Il sera alors possible de mettre en place un « dialogue dans tous les domaines : non pas comme une simple attitude tactique, mais comme une exigence intrinsèque pour faire l’expérience communautaire de la joie de la Vérité et d’en approfondir le sens et les implications pratiques ». Et le souci de « l’interdisciplinarité et de la transdisciplinarité exercées avec sagesse et créativité à la lumière de l’Apocalypse » s’accompagnera de la reconnaissance du « besoin urgent de » créer un réseau «  », non seulement parmi les institutions ecclésiales du monde entier, mais aussi « avec les institutions académiques des différents pays et avec celles inspirées par les différentes traditions culturelles et religieuses », en s’occupant des « problèmes historiques qui touchent l’humanité d’aujourd’hui, en venant à proposer des pistes de résolution appropriées et réalistes » (cf. n ° 4).

Je suis convaincu que ce sont des instances auxquelles l’Académie Alphonsienne est déjà sensible et qu’elle sera en mesure de répondre rapidement et avec un courage confiant, comme dans la seconde moitié du siècle dernier, elle a réussi à mettre en œuvre le renouveau de la théologie morale voulue par le concile Vatican II.

La fidélité aux racines alphonsiennes de votre institut vous demande maintenant un engagement encore plus convaincu et généreux envers une théologie morale animée par la tension missionnaire de l’Église « en sortie ». Comme saint Alphonse, nous devons toujours éviter de nous laisser emprisonner dans des positions d’école ou dans des jugements formulés « loin de la situation concrète et des possibilités réelles » des personnes et des familles. De même, il est nécessaire d’éviter une « idéalisation excessive » de la vie chrétienne qui n’est pas capable de susciter une « confiance en la grâce » (cf. Exhortation apostolique, Amoris Laetitia, 36). En se mettant au contraire à l’écoute respectueuse de la réalité et en essayant de discerner ensemble les signes de la présence de l’Esprit, qui engendre une libération et de nouvelles possibilités, nous pourrons aider tout le monde à marcher avec joie sur le chemin du bien.

La réalité à écouter est avant tout les souffrances et les espérances de ceux que les mille formes du pouvoir du péché continuent à condamner à l’insécurité, à la pauvreté et à la marginalisation. Saint Alphonse se rendit vite compte que ce n’était pas un monde dont il devait se défendre et encore moins à condamner, mais à guérir et libérer, à l’imitation de l’action du Christ : s’incarner et partager les besoins, réveiller les attentes les plus profondes du cœur, faire faire l’expérience que chacun, même fragile et pécheur, est dans le cœur du Père céleste et est aimé par Christ jusqu’à la croix. Qui est touché par cet amour ressent l’urgence de répondre en aimant.

Toutes les paroles de la théologie morale doivent se laisser façonner par cette logique miséricordieuse, qui leur permet de se rencontrer efficacement en tant que paroles de vie en plénitude. Ils sont en réalité un écho de celles du Maître qui dit à ses disciples qu’il n’est pas venu « pour condamner le monde, mais pour le sauver » (Jn 12, 47), et que la volonté de son Père est qu’ils « aient la vie et qu’ils l’aient en abondance « (Jn10,10) et qu’ils participent à la plénitude de sa joie (cf. Jn 17,13). « S’il est vrai qu’il faut préserver l’intégralité de l’enseignement moral de l’Église, on doit toujours mettre un soin particulier à souligner et encourager les valeurs plus hautes et centrales de l’Évangile, surtout la primauté de la charité comme réponse à l’initiative gratuite de l’amour de Dieu. » (cf. Exhortation apostolique, Amoris Laetitia, 311).

Avec l’apôtre Paul, la théologie morale est appelée à faire faire à tous cette expérience que « la loi de l’Esprit, qui donne la vie en Christ Jésus », libère « de la loi du péché et de la mort », de sorte que nous ne pouvons pas « retomber dans la peur », puisque nous avons reçu « l’Esprit qui fait des fils adoptifs, grâce auquel nous crions : « Abba ! Père ! «  » (Cf. Rm 8,15). Et le même Esprit fait en sorte que cette liberté ne puisse jamais être de l’indifférence envers ceux qui en ont besoin, mais « le cœur du prochain » qui se laisse interpeler et qui est prêt à prendre soin de lui avec amour.

Au cours des dernières années, la théologie morale s’est engagée à accueillir le fort avertissement du concile Vatican II de « vaincre l’éthique individualiste » et de promouvoir la conscience que « plus le monde est uni, plus ouvertement les obligations des hommes dépassent les groupes particuliers et s’étendent peu à peu au monde entier » (Const. past. Gaudium et spes, 30). Les étapes accomplies doivent nous inciter à faire face plus rapidement aux défis nouveaux et sérieux découlant de la rapidité avec laquelle notre société évolue. Je me limite à rappeler ceux dus à la domination croissante de la logique de « compétitivité et de la loi du plus fort » qui « considère l’être humain en soi comme un bien de consommation, qui peut être utilisé puis jeté » donnant naissant à « la culture du rebut » »(cf. Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, 53).

On doit dire la même chose à propos du cri de la terre violée et blessée de mille manières par une exploitation égoïste. La dimension écologique est une composante essentielle de la responsabilité de chaque personne et de chaque nation. Cela me donne à réfléchir : le fait que lorsque j’administre [le sacrement de] la réconciliation – même avant, quand je le faisais -, on s’accuse rarement d’avoir fait violence à la nature, à la terre et à la création. Nous ne sommes pas encore conscients de ce péché. C’est votre travail de le faire. La théologie morale doit prendre conscience du besoin urgent de participer fermement à un effort commun visant à prendre soin de la maison commune par des moyens réalisables de développement intégral.

Un dialogue et un engagement partagé que la recherche morale est appelée à réaliser également en ce qui concerne les nouvelles possibilités que le développement des sciences biomédicales met à la disposition de l’humanité. Cependant, témoigner franchement de la valeur inconditionnelle de chaque vie ne doit jamais manquer, en réaffirmant que la vie la plus faible et la plus sans défense est celle que nous devons prendre en charge de façon solidaire et confiante.

Je suis sûr que l’Académie Alphonsienne continuera à s’engager dans une théologie morale qui n’hésite pas à « se salir les mains » avec le concret des problèmes, en particulier avec la fragilité et la souffrance de ceux qui voient le plus leur avenir menacé, en témoignant franchement Christ « voie, vérité et vie » (Jn 14, 6).

Chers frères et soeurs, tout en vous remerciant de cette visite, je vous encourage à poursuivre votre service ecclésial, dans une adhésion constante au magistère de l’Église, et je vous accorde de tout coeur la bénédiction apostolique. S’il vous plaît souvenez-vous de prier pour moi ! Merci.

© Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

Source : Zenit.org

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“En mémoire de Pie XI, un pape fort et grand”

Mercredi 11 février 2009 (ZENIT.org) – Il y a 80 ans, jour pour jour, sous le pontificat de Pie XI, les Pactes du Latran sanctionnaient la constitution de l’Etat de la Cité du Vatican. Il y a 70 ans, Pie XI s’éteignait.

A l’occasion de l’anniversaire des Pactes du Latran, qui fera l’objet d’un congrès (cf. Zenit du 30 janvier 2009 ), L’Osservatore Romano en français du 10 février 2009 a publié cette réflexion de Giovanni Maria Vian, directeur de L’OR, sur la figure de Pie XI.

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Il fait état d’une rumeur infondée sur la mort du pape Pie XI : « C’est dans ce contexte que s’explique la légende selon laquelle le chef du fascisme aurait réussi à faire assassiner le pape, malade désormais depuis de nombreux mois ».

Il rappelle qu’en 1959, Jean XXIII « démolit les fondements de ces interprétations romanesques (mais apparues parfois dans l’historiographie), récurrentes et privées de fondements, comme la présumée volonté du pape de dénoncer le Concordat avec l’Italie ou comme l’opposition entre Pie XI et son secrétaire d’Etat, Eugenio Pacelli, qui devait lui succéder sous le nom de Pie XII ».

Achille Ratti, rappelle l’auteur, avait été ordonné prêtre en 1879 à Rome : « grâce à une solide formation intellectuelle et à un sens pratique dynamique, il dirigea successivement et de façon éminente deux des plus grandes institutions culturelles du monde, les bibliothèques ambrosienne » (à Milan) et vaticane.

En 1918 il devint représentant pontifical à Varsovie, et nonce l’année suivante : une mission diplomatique très délicate « entre la guerre et les nationalismes, aux frontières du bouleversement bolchevique ».

Cardinal en 1921, il ne fut archevêque de Milan pendant quelques mois. Sa devise ne dit-elle pas : « raptim transit ! » En effet, il fut élu, le 6 février 1922, pour succéder au pape Benoît XV.

Pour G. M. Vian, ce fut « l’un des pontificats les plus difficiles du XXe siècle », car il dut faire face  « aux totalitarismes européens naissants (communisme, fascisme, nazisme) », mais aussi au « nouvel antisémitisme », à « la grande crise économique », à la « tragédie de la guerre d’Espagne » et aux « autres persécutions contre les chrétiens, de la Russie soviétique au Mexique ».

Le pape Ratti fit preuve « d’un réalisme courageux, difficile et nécessaire », et son pontificat marqué par « une vaste politique concordataire » a été soutenu « par deux grands secrétaires d’Etat comme Pietro Gasparri et, à partir de 1930, Pacelli ».

M. Vian explique la façon dont le pape Pie XI a répondu à ces multiples défis. « A la propagande des régimes totalitaires et du paganisme moderne, Pie XI réagit : en gouvernant l’Eglise avec vigueur, en portant un regard nouveau sur les missions et sur l’enracinement catholique hors des frontières de l’Europe, en affrontant le premier la question de la sexualité humaine, en renforçant l’engagement et la culture des catholiques ».

Une réponse également spirituelle, « en multipliant les béatifications, les canonisations (entre autres, de Thérèse de Lisieux, don Bosco et Thomas More), les dévotions, les jubilés, les célébrations ».

Et médiatique : « En introduisant l’utilisation de la radio qui, pour la première fois, permit au souverain pontife de faire entendre sa voix dans le monde entier ».

M. Vian souligne que la bénédiction Urbi et Orbi de la loggia de Saint-Pierre, est un geste que Pie XI a été le premier à reprendre : « Depuis le début du pontificat, en se présentant pour la bénédiction à la ville et au monde de la loggia de Saint-Pierre, pour la première fois après de nombreuses décennies, Pie XI fit comprendre qu’il serait le Pape de la Conciliation ».

Le mot est lâché : il a donné son nom à la rue ouverte sous Mussolini entre le Tibre et la place Saint-Pierre la « Via della Conciliazione ».

Cette « conciliation » « arriva avec les Accords du Latran » et fut accueillie positivement : ils furent en effet « immédiatement salués avec des accents de joie par Angelo Giuseppe Roncalli (futur Pape Jean XXIII), avec un réalisme clairvoyant par Alcide De Gasperi, bien que sortant de nombreux mois de prison en raison de son opposition politique au fascisme, et avec une certaine amertume par Giovanni Battista Montini, qui devait modifier de façon positive son jugement déjà en tant que cardinal, puis lorsqu’il devint pape sous le nom de Paul VI ».

On se rappelle que depuis l’unité italienne de 1870 et l’invasion des Etats pontificaux, le pape était en quelque sorte prisonnier dans ses murs et ses Etats avaient été confisqués. La « question » dite « romaine » n’était pas résolue, depuis presque 60 ans. Les Accords du Latran mettent un terme à la situation en inventant une solution inédite.

« Avec le Traité, le Concordat et la Convention financière entre l’Italie et le Saint-Siège, fut ainsi résolue la question romaine et naissait l’Etat du Vatican, base territoriale presque symbolique et pourtant réelle de l’indépendance du Saint-Siège », fait observer G. M. Vian.

Il y eut des « crises » et des « tensions » surtout à deux reprises : « dès 1931, en raison de l’offensive fasciste contre les organisations catholiques » et « en 1938 en raison des lois raciales ».

Mais la « paix religieuse » était consolidée et reconnue en 1947 par la l’Assemblée constituante, « qui inscrivit, avec une majorité beaucoup plus grande que nécessaire, les Accords du Latran dans la Constitution de la République italienne ».

Le directeur de L’Ossevatore Romano salue une « entente positive entre Etat et Eglise », et même « solide précisément parce qu’elle est enracinée dans l’histoire italienne, qu’elle vise au bien de tous et qu’elle touche la dignité de toute personne humaine ».

Il parle même de « volonté commune d’amitié », pour preuve l’accord de révision de 1984 et les relations entre l’Italie et le Saint-Siège sont même « si bonnes qu’elles peuvent être considérées comme exemplaires ».

« Grâce à l’effort commun et à la collaboration de nombreuses personnes, croyantes et non-croyantes. Et sans aucun doute, à l’origine, grâce au courage clairvoyant de Pie XI », conclut G. M. Vian.

Source : zenit.org