Articles #Dans le Monde #NLQ #Orient

Terre Sainte : le grand mufti dénonce l’occupation des terrains du patriarcat de Jérusalem par Tsahal

Le grand mufti de Jérusalem, le cheikh Mohammad Ahmad Husayn, a dénoncé publiquement la récente occupation de terrains du Patriarcat de Jérusalem des Latins de la part de l’armée israélienne, la qualifiant d’acte de prédation visant à accroître l’occupation de territoires palestiniens de la part de colonies israéliennes. Le représentant sunnite a sollicité les responsables politiques du monde afin qu’ils interviennent pour bloquer la « politique des faits accomplis » qui continue à ne tenir aucunement en compte les résolutions internationales.
Selon des sources palestiniennes, quelques 25 ha de terrains appartenant au Patriarcat de Jérusalem des Latins ont été occupés par l’armée israélienne et transformés en camp militaire. Les terrains occupés, ainsi que l’a indiqué l’Agence Fides (voir Fides 28/11/2018) se trouve dans les environs des villages palestiniens de Tayasir et de Bardala, dans le nord de la vallée du Jourdain. Des associations et organisations palestiniennes ont qualifié l’opération de violation du droit international. Les terrains confisqués se trouvent à proximité d’un camp militaire israélien préexistant qui a été récemment restructuré et doté de constructions en dur.
Au cours de la journée du 28 novembre, le Patriarcat de Jérusalem des Latins a diffusé un communiqué pour dénoncer l’appropriation des terrains de la part des forces militaires israéliennes, annonçant son intention d’affronter l’affaire de manière appropriée afin de conjurer « des dommages ultérieurs dérivant de celle-ci ».

Source : Fides

A la une #Doctrine / Formation

Jean-Paul II : “Un avent d’espérance”

Audience générale de Jean Paul II,  Mercredi 17 décembre 2003

1. “Le Royaume de Dieu est proche :  soyez-en certains, il ne tardera pas”. Ces paroles, tirées de la Liturgie d’aujourd’hui, expriment le climat de notre préparation fervente et orante aux fêtes de Noël désormais proches.

L’Avent rend vive l’attente du Christ, qui viendra nous visiter, réalisant pleinement son Règne de justice et de paix. La révocation annuelle de la naissance du Messie à Bethléem renouvelle dans le coeur des croyants la certitude que Dieu est fidèle à ses promesses. L’Avent est donc une puissante annonce d’espérance, qui touche en profondeur notre expérience personnelle et communautaire.

2. Chaque homme rêve d’un monde plus juste et solidaire, où des conditions de vie dignes et une coexistence pacifique rendraient harmonieuses les relations entre les individus et entre les peuples. Mais, souvent, cependant, il n’en est pas ainsi. Des obstacles, des oppositions et des difficultés de tous types pèsent sur notre existence, allant parfois jusqu’à l’opprimer. Les forces et le courage de s’engager pour le bien risquent de céder le pas au mal, qui semble parfois l’emporter. C’est en particulier dans ces moments que l’espérance nous vient en aide. Le mystère de Noël, que nous revivrons dans quelques jours, nous assure que Dieu est l’Emmanuel – Dieu avec nous. C’est pourquoi nous ne devons jamais nous sentir seuls. Il est proche de nous, il est devenu l’un d’entre nous en naissant du sein virginal de Marie. Il a partagé notre pèlerinage sur la terre, nous garantissant de parvenir à cette joie et à cette paix, à laquelle nous aspirons du plus profond de notre être.

3. Le temps de l’Avent met en lumière un deuxième élément de l’espérance, qui concerne plus généralement la  signification  et la valeur de l’existence. Nous nous  demandons  assez fréquemment :  qui  sommes-nous,  où allons-nous, quel sens a ce que nous accomplissons sur terre, qu’est-ce qui nous attend après la mort ?

Certains objectifs sont indubitablement bons et honnêtes :  la recherche d’un plus grand bien-être matériel, la poursuite d’objectifs sociaux, scientifiques et économiques toujours plus élevés, une meilleure réalisation des attentes personnelles et communautaires. Mais ces objectifs suffisent-ils à satisfaire les aspirations les plus intimes de notre âme ?

La Liturgie d’aujourd’hui nous invite à élargir notre regard et à contempler la Sagesse de Dieu qui vient du Très-Haut et qui est capable de s’étendre jusqu’aux extrémités de la terre, en disposant toute chose “avec douceur et force” (cf. Antienne responsoriale).

Du peuple chrétien jaillit alors spontanément l’invocation :  “Viens Seigneur, ne tarde pas”.

4. Un troisième élément caractéristique de l’espérance chrétienne, que le temps de l’Avent met bien en évidence, mérite enfin d’être souligné. A l’homme, qui en s’élevant au-dessus des événements quotidiens cherche la communion avec Dieu, l’Avent et surtout Noël, rappellent que c’est Dieu qui a pris l’initiative de venir à sa rencontre. En se faisant enfant, Jésus a assumé notre nature et a établi pour toujours son alliance avec l’humanité tout entière.

Nous pourrions donc conclure que le sens de l’espérance chrétienne, reproposée par l’Avent, est celui de l’attente confiante, de la disponibilité active et de l’ouverture joyeuse à la rencontre avec le Seigneur. Il est venu à Bethléem pour rester avec nous, pour toujours.

Très chers frères et soeurs, alimentons donc ces jours de préparation immédiate au Noël du Christ par la lumière et la chaleur de l’espérance. Tel est le voeu que je vous présente ainsi qu’à vos proches. Je le confie à l’intercession maternelle de Marie, modèle et soutien de notre espérance.

Source : Homélie.biz

A la une #Doctrine / Formation

8 décembre, Immaculée Conception : D’où viennent les noms de Marie ?

La dévotion à Marie sine macula (sans tache) s’est développée au Moyen Âge en Normandie : la fête du 8 décembre a été appelée « Fête aux Normands ». Elle fut source d’une riche efflorescence artistique : poètes et maîtres verriers exaltent la beauté de Marie. Le maître verrier est selon un poète image du Créateur, et la verrière figure Marie : par cette fenêtre restée intacte passe la lumière.

Sur un vitrail de l’église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche dans l’Eure, Marie apparaît dans toute sa beauté (photo titre de l’article). Sous la figure du Père éternel se déploie le phylactère qui porte l’inscription : Tota pulchra es, amica mea, et macula non est in te : « Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a point de tache en toi » (Ct 4,7) : la beauté de Marie manifeste sa conception préservée du péché originel. Ce privilège exclusif de Marie est indiqué sur les phylactères présentés par deux anges : « Seule sans sy en sa conception », c’est-à-dire sans tache.

Sur un fond bleu se détachent la figure de Marie vêtue d’une robe de lourd damas mauve et drapée d’un souple manteau blanc, mains jointes, le visage calme et recueilli , ainsi que les symboles bibliques de sa conception sans tache. Ceux-ci, représentés et nommés, évoquent les versets de l’Écriture appliqués à Marie.

À gauche du visage de Marie, un soleil rayonnant est accompagné de la mention electa ut sol (Ct 6, 10) : « brillante comme le soleil », tandis que la pleine lune sourit à celle qui est pulchra ut luna (Ct 6, 10) : « belle comme la lune ». L’étoile de la mer stella maris relève de l’étymologie usuelle au Moyen Âge de stilla maris, « goutte de mer », traduction de l’hébreu mir –iam, le nom même de Marie.

À la droite de Marie, la « Porte du Ciel » : porta caeli (Gn 28, 17) évoque le pouvoir médiateur de Marie qui donne accès au Royaume de Dieu. L’invocation « Porte du Ciel », porte du salut, fréquente dans les prières adressées à Marie, était familière aux fidèles.
À côté, un rosier fleuri, plantatio rosae, renvoie au discours de la Sagesse : « J’ai grandi comme les plants de rose de Jéricho » (Si 24, 14). Dès le Ve siècle, la dévotion mariale magnifie le symbolisme de la rose et de la roseraie mystique ; elle se développe au XIIIe siècle avec le rosaire.
Sous la Porte du Ciel, le « puits d’eaux vives » du Cantique des cantiques (4, 15) évoque aussi la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob : l’eau vive c’est le Christ et Marie est le puits qui la donne.

De part et d’autre du puits sont figurés le « bel olivier » : oliva speciosa et la « tige de Jessé » : virga Jesse, d’après Isaïe 9, 1 : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines », figurée par un bouquet de feuillage fleuri qui fait pendant au bouquet de lis représenté de l’autre côté de Marie. Elle est cet « olivier fertile dans la maison de Dieu » Ps 51 (52), 10, et le symbole de la tige de Jessé, par un jeu sur virga/virgo, lui est appliqué.

Près de l’épaule gauche de la Vierge, s’épanouit le bouquet de lis, avec l’inscription sicut lilium inter spinas : « Tel le lis entre les épines, telle est mon amie entre les fleurs » (Ct 2, 2). Le lis qui se dresse resplendissant de blancheur au milieu d’un environnement hostile figurant les forces du mal, était le symbole du privilège marial.
Symétrique de la Porte du Ciel, s’élève à droite la « Tour de David », tour d’ivoire : Turris Davidica ! Turris eburnea !, Marie – issue de la descendance de David – est une protection sûre contre les forces du mal.

Tourné vers Marie le « miroir sans tache », speculum sine macula, fait pendant en diagonale au visage de la lune et réfléchit la beauté de celle qui est « belle comme la lune ». Ce beau miroir sur pied conduit à appliquer à Marie l’éloge de la Sagesse : « Elle est une effluve de la puissance de Dieu, pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant ; c’est pourquoi nulle souillure ne se glisse en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu » (Sg 7, 26).
En retrait le « cèdre des sommets du Liban », cedrus ex altata in Libano (Si 24, 13), fait pendant à l’olivier et à la « tige de Jessé ». Marie est comparée à cet arbre dont le bois est si précieux, planté par Dieu auprès des eaux (Nb 24, 6).

Symétrique du puits, la « fontaine des jardins », fons hortorum (Ct 4, 15), évoque la maternité de Marie qui donne l’eau vive, le Christ. Tandis qu’en avant du puits s’étend le « jardin clos », hortus conclusus (Ct 4, 15), symbole de la virginité de Marie en sa maternité divine. Il a l’aspect d’un jardin médiéval, entouré d’une clôture en treillis qui le protège des vents mauvais.

La représentation de Marie entourée des symboles bibliques pour exalter sa conception immaculée est fréquente dans la première moitié du XVIe siècle, plus rare après 1560, sous l’effet des controverses théologiques.

Source : Cyrano.net

Articles #Asie #Dans le Monde #NLQ

Corée du Sud : pendant l’avent, l’Eglise fait campagne pour l’abolition de la peine de mort

L’Eglise en Corée du Sud relance, durant l’Avent, la campagne visant à abolir la peine de mort dans le pays. Ainsi que l’a appris l’Agence Fides, la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale de Corée a appelé tous les fidèles coréens et tous les citoyens de bonne volonté à signer, au cours de l’Avent 2018, une pétition demandant au gouvernement coréen d’abroger la peine capitale de l’ordonnancement législatif national. C’est la quatrième fois que l’Eglise en Corée participe activement à une pétition visant l’abolition de la peine de mort et de la réclusion criminelle à perpétuité.
La pétition a été signée symboliquement par S.Em. le Cardinal André Yeom Soo-jung, Archevêque de Séoul et Administrateur apostolique de Pyongyang, par l’Archevêque de Gwangju et Président de la Conférence épiscopale, S.Exc. Mgr Igino Kim Hee-joong, et par de nombreux responsables catholiques. Elle est diffusée dans tous les Diocèses et Paroisses catholiques en invitant les fidèles à signer après avoir participé à la Messe dominicale. L’objectif est de clôturer cette collecte de signatures d’ici le 31 décembre et de transmettre la pétition à la XX° Assemblée nationale.
Au cours de ces dernières années, sept initiatives spéciales ont été présentées au Parlement coréen visant à obtenir l’abrogation de la peine de mort. L’Eglise en Corée a remis des signatures au Congrès en 2005, 2008 et 2012 et la dernière pétition a enregistré l’adhésion de plus de 85.000 personnes et de l’ensemble des 26 Evêques de Corée.
L’Eglise en Corée a décidé de relancer la campagne en faveur de l’abolition suivent les indications du Pape François qui a récemment été jusqu’à modifier la norme du Catéchisme de l’Eglise catholique concernant la peine de mort, déclarant « l’Église enseigne, à la lumière de l’Evangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde » (nouvelle formulation du n° 2267 du Catéchisme de l’Eglise catholique).
La Corée du Sud est classé comme un pays « de facto abolitionniste » attendu que la dernière exécution en date remonte à 1997. Dans le pays, la peine de mort est techniquement toujours en vigueur pour punir les crimes graves.

Source : Fides

Articles #NLQ #Points non négociables PNN

IVG en Irlande : une objection de conscience limitée

Les médecins généralistes irlandais auront le droit de ne pas pratiquer d’IVG s’ils ne le souhaitent pas, mais ils seront dans l’obligation de fournir toutes les informations nécessaires aux patientes pour qu’elles aient accès à l’IVG ailleurs, a déclaré Harris Simon, ministre irlandais de la santé. « Aucun médecin, aucune infirmière, aucune sage-femme n’est obligée de pratiquer cet avortement s’ils sont objecteurs de conscience », a-t-il expliqué.

 

Une assemblée générale extraordinaire de l’Irish College of General Practionners (ICGP) s’est tenue cette semaine, pour débattre des conditions pratiques de la mise en place de l’IVG dans le pays, prévue en janvier 2019. L’ICGP souhaite que les services d’avortement se fassent sur la base du volontariat des médecins.

 

Déçus de ne pas avoir été écoutés concernant le droit à objecter complètement, une trentaine de médecin a quitté la salle avant la fin de l’assemblée générale (cf. Avortement en Irlande : les médecins demandent à inscrire leur droit à l’objection de conscience dans le projet de loi ).

 

Source : genethique.org

Tribunes et entretiens

Gilets jaunes : l’analyse de Mgr Jean-Luc Brunin

Une analyse à entendre et à mettre en perspective avec d’autres analyses.
Mgr Jean-Luc Brunin revient sur la crise sociale dans le pays.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel – Cité du Vatican

La crise sociale est profonde en France, marquée par la révolte des gilets jaunes, une révolte, partie du ras-le bol fiscal et écologique et qui désormais s’élargit à des revendications multiples qui n’épargne aucune région. La contestation a pris une tournure violente le week-end dernier et prend même des airs de « climat insurrectionnel ».

Face à la profonde crise sociale et politique en France, les évêques avaient publié il y a deux ans un ouvrage intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». « Il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou sous une autre, n’est jamais très loin  écrivaient les évêques. Un diagnostic qui résonne fortement aujourd’hui…

L’un des rédacteurs de cet ouvrage est l’actuel évêque du Havre, ancien président du conseil « famille et société » à la CEF, Mgr Jean-Luc Brunin, son analyse à écouter :

Source : Vatican News

A la une #Articles #NLH #NLQ #Rome

Pape François : le thème de l’éternité est trop souvent négligé

S’adressant au cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la Culture et du Conseil de coordination des académies pontificales, à l’occasion de la 23ème assemblée de ces dernières, mardi 4 décembre 2018, le Pape a plaidé pour la réhabilitation de l’éternité dans notre époque, ainsi que dans la catéchèse.

Au grand complet, en présence du Secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, les différentes académies pontificales qui peuplent l’Etat de la Cité du Vatican se réunissent à Rome ce mardi pour leur cérémonie de remise de prix.

Instituée depuis 1995 sous le pontificat Jean-Paul II qui avait réformé ces mêmes académies, cette cérémonie était cette année tenue sous l’égide de l’Académie pontificale de théologie et l’Académie pontificale Saint-Thomas d’Aquin sur le thème de « l’éternité, l’autre visage de la vie ».

Promouvoir les réflexions eschatologiques

Ainsi dans son message, le Saint-Père a estimé que ce thème de l’éternité était trop souvent négligé dans les recherches théologiques ces derniers années, de même que dans la formation des fidèles.

Rappelant que nous récitions chaque dimanche le Credo où la résurrection des morts et la vie du monde à venir sont clairement exprimées, le Pape François a insisté sur le fait que « la réflexion eschatologique sur la vie éternelle et la résurrection » ne trouvait pas « l’espace ni l’attention qu’elle mérite ».

« Nous avons parfois l’impression que ce thème est délibérément oublié et laissé de côté, car éloigné en apparence, étranger à la vie quotidienne et à la sensibilité contemporaine », a poursuivi le Pape avant de dresser un sombre portrait de notre époque.

Notre époque est fermée à la transcendance

En effet, a-t-il martelé, la culture actuelle est fermée à tout horizon de transcendance, attachée presque exclusivement au présent, oubliant ou censurant le passé, et obscurcissant l’avenir, plein d’incertitudes pour les jeunes. Dans un tel contexte, « l’avenir au-delà de la mort apparait éloigné, indéchiffrable voire totalement inexistant », a-t-il pointé.

La vie éternelle est dynamique et vivante

Néanmoins, le Pape a souligné que ce peu d’attention portée à l’éternité dépendait également d’autres facteurs, comme par exemple le langage utilisé dans la catéchèse « qui peut sembler aujourd’hui presque incompréhensible » ou présenter un visage peu attrayant de la vie éternelle. Celle-ci serait monotone, répétitive, ennuyeuse, triste, voire insignifiante. Or, il n’en n’est rien, explique le Souverain pontife. Reprenant l’homélie de Grégoire de Nysse sur le Cantique des Cantiques (VIII), le Successeur de Pierre développe combien la vie éternelle est dynamique et vivante, loin d’être statique.

« Le désir humain de vie et de bonheur, étroitement lié à celui de voir et de connaître Dieu, grandit et se renouvelle continuellement, passant d’un stade à l’autre sans jamais trouver de fin ni d’accomplissement. En fait, l’expérience de la rencontre avec Dieu transcende toutes les conquêtes humaines et constitue le but infini et toujours nouveau », détaille-t-il.

Saint Thomas d’Aquin lui aussi affirme que cette vie éternelle, union de l’homme avec Dieu, est « la récompense ultime et la fin de tous nos travaux ». « C’est une vision parfaite ».

Revenir aux Pères de l’Église

Ces réflexions des Pères de l’Eglise et des grands théologiens devraient nous aider et nous encourager à reproduire efficacement et passionnément, avec un langage approprié à notre vie quotidienne et avec la profondeur appropriée, le cœur de notre foi, l’espoir qui nous anime de témoigner au monde cette beauté de l’éternité, nous enjoint le Pape.

Faisant ainsi part de son souhait de promouvoir et d’encourager la recherche théologique visant à approfondir les thèmes eschatologiques, le Pape a enfin décerné le Prix des académies pontificales à deux jeunes chercheurs, ex aequo :  Stefano Abbate, pour sa thèse de doctorat intitulée La secularización de la esperanza cristiana a través de la gnosis y el ebionismo. Estudio sobre el mesianismo moderno et à Francisco Javier Pueyo Velasco, pour La plenitud terrena del Reino de Dios en la historia de la teología.

La médaille du Pontificat est, elle, remise à Guillermo Contín Aylón, pour sa thèse « Vado ad Patrem. L’Ascension de Cristo et le Comentario de Juan de Santo Tomas de Aquino ».

Source : Vatican News

 

A la une #Doctrine / Formation #NLH

Les pères chrétiens d’Orient : Ephrem le Syrien

Cette semaine, nous entrons dans l´Avent et comme chaque année, nous vous proposons une série d´Avent. Nous retrouvons cette année la patristique. Après la série sur les Pères de l´Église grecs et celle sur les Pères de l´Église latins, nous vous invitons à découvrir les Pères orientaux. Et nous commençons cette semaine par un merveilleux poète qui nous fait découvrir un christianisme original et très touchant : Éphrem le Syrien, peut-être l´un des plus grands pères de l´Église syriaque. Quelle est cette Église syriaque et quelle fut son importance ? Et qui fut cet Éphrem, diacre de Nisibe, né en 303 et mort en 373 ? Pour le savoir, retrouvez nos deux invités : Muriel Debié, directeur d’études, section des Sciences Religieuses, à l´École Pratique des Hautes Études, et Françoise Briquel Chatonnet, directeur de recherches au CNRS, dans l´équipe Mondes sémitiques.

Source : Kto.tv

Brèves #NLH

Laudota Si’ illustrée par Yann Arthus-Bertrand

Une nouvelle édition de l’encyclique du pape François Laudato Si’ est sortie ce mardi 4 décembre 2018, illustrée par les photos de Yann Arthus-Bertrand, photographe et militant écologiste français de renommée internationale, indique Vatican News en italien.

Paru d’abord en français dans l’édition Première partie, l’ouvrage en italien est publié par Rizzoli avec la Librairie éditrice vaticane (LEV).

Pour le photographe français, Laudato Si’ « est un texte révolutionnaire » : « Il y a très peu de chefs d’État et de guides spirituels qui osent dire la vérité de cette manière », explique-t-il dans une longue interview publiée par l’agence Sir le 3 décembre 2018.

« Nous avons besoin d’une révolution spirituelle », déclare le photographe français qui salue ainsi les paroles du pape : « Nous ne réussirons pas à changer le monde si nous ne changeons pas les hommes… Même si je ne suis pas croyant, même si je ne crois pas en Dieu, je pense qu’il existe le bien et le mal et qu’aujourd’hui nous vivons dans la banalité du mal. »

Le photographe souligne qu’il croit « aux valeurs chrétiennes de compassion, d’empathie, d’honnêteté, de moralité, d’éthique, de gentillesse, de compréhension ». « Je me sens chrétien sans croire en Dieu », ajoute-t-il.

Yann Arthus-Bertrand confie qu’en France, lorsque le livre a été publié, de nombreuses églises lui ont demandé de prendre des photos pour des expositions : « Je pense qu’il y a d’importantes ressources humaines parmi tous ces croyants, un secteur où les écologistes ne savent pas travailler assez. »

Photographe et environnementaliste célèbre, Yann Arthus-Bertrand, 72 ans, a donné vie, sous le patronage de l’UNESCO, au projet « La Terre vue du Ciel », un inventaire des plus beaux paysages du monde photographiés du ciel. En collaboration avec le réalisateur Luc Besson, il a réalisé le film « Home » sur l’état de santé de la planète, présenté en 2009 à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Le soir de l’ouverture de la Porte Sainte de Saint-Pierre, à Rome, le 8 décembre 2015, des photos de Yann Arthus-Bertrand ont été projetées sur la façade et la coupole de la basilique, lors d’un spectacle lumineux.

Source : zenit.org

A la une #Articles #NLH #NLQ #Rome

COP24 : Y a-t-il une volonté politique suffisante ? demande le cardinal Parolin

« Les engagements actuels des États pour atténuer les changements climatiques et s’y adapter ne sont pas suffisants pour réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris », souligne le cardinal Parolin en reprenant le dernier rapport du GIEC selon lequel il est « encore possible de limiter le réchauffement climatique ». Le secrétaire d’État du Saint-Siège pose la question : « Existe-t-il une volonté politique suffisante pour mettre en œuvre les nombreuses solutions dont nous disposons pour promouvoir le modèle de développement » proposé par le document ?

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, est intervenu lors du débat de haut niveau de la 24ème session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-24), qui s’est tenu le 3 décembre 2018, à Katowice, en Pologne.

Le représentant du Saint-Siège affirme par ailleurs que « le changement climatique est un problème de plus en plus moral et non technique » : « Les données scientifiques dont nous disposons montrent clairement qu’il est urgent d’agir rapidement, dans un contexte d’éthique, d’équité et de justice sociale », précise-t-il. Il invite les décideurs politiques à « prendre des décisions équitables et prospectives » en écoutant les acteurs non-étatiques, « souvent en première ligne de la lutte contre le changement climatique ».

Voici notre traduction du discours du cardinal Parolin.

HG

Discours du cardinal Pietro Parolin

  1. le Président,

Au nom de Sa Sainteté le pape François, je vous salue tous cordialement et vous assure de sa proximité, de son soutien et de son encouragement en ces jours d’efforts intenses pour un résultat fructueux de la présente réunion de la COP-24.

Après l’adoption de l’Accord de Paris, la réunion de Katowice a pour tâche fondamentale d’élaborer le programme de travail de l’Accord de Paris. Ce document devrait être un ensemble solide de directives, de règles et de mécanismes institutionnels visant à faciliter une mise en œuvre équitable et efficace de l’Accord, en particulier au niveau national. Nous sommes tous conscients de la difficulté de cette entreprise.

La complexité de cette tâche est cependant amplifiée par le grand sentiment d’urgence, comme le dernier rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) l’a clairement souligné [1]. De ce point de vue, les informations contenues dans ce rapport sont d’autant plus préoccupantes que les engagements actuels des États pour atténuer les changements climatiques et s’y adapter ne sont pas suffisants pour réaliser les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Dans cette optique, le document du GIEC propose une voie difficile à suivre, à savoir qu’il est encore possible de limiter le réchauffement climatique, mais pour ce faire, il faudra une volonté politique claire, tournée vers l’avenir et forte pour promouvoir le plus rapidement possible le processus de transition vers un modèle de développement exempt des technologies et comportements qui influencent la surproduction d’émissions de gaz à effet de serre.

La question est donc la suivante : existe-t-il une volonté politique suffisante pour mettre en œuvre les nombreuses solutions dont nous disposons pour promouvoir le modèle de développement susmentionné ?

La manière dont le programme de travail de l’Accord de Paris est élaboré constituera une réponse à cette question.

Du côté du Saint-Siège, il est important que le programme de travail repose sur trois piliers : 1) un fondement éthique clair ; 2) l’engagement à atteindre trois objectifs inextricablement liés : promouvoir la dignité de la personne humaine, réduire la pauvreté et promouvoir le développement humain intégral, et atténuer l’impact du changement climatique par des mesures d’atténuation et d’adaptation responsables ; et 3) l’importance de répondre aux besoins du présent et de l’avenir.

En appliquant ces trois piliers, le Saint-Siège voudrait proposer, comme il l’a déjà fait en d’autres occasions, un certain nombre de points qui devraient être inclus au cœur du programme de travail de l’Accord de Paris. Parmi eux, je voudrais en citer quelques-uns seulement : encourager les pays développés à prendre l’initiative ; faire progresser les modes de consommation et de production durables et promouvoir l’éducation en matière de durabilité et de sensibilisation responsable ; renforcer les sources de financement et mettre au point des solutions de rechange financières en s’attachant en particulier à identifier les incitations, éliminer les subventions et prévenir la spéculation et la corruption ; assurer la participation pleine et effective des populations locales, notamment des peuples autochtones, aux processus de prise de décision et de mise en œuvre ; assurer un suivi et un examen des engagements dans un esprit transparent, efficace et dynamique, capable de relever progressivement le niveau d’ambition et de veiller au contrôle approprié [2].

En outre, une mise en œuvre correcte de l’Accord de Paris sera d’autant plus efficace que des possibilités d’emploi plus appropriées seront offertes. Une transition équitable de la main-d’œuvre et la création d’emplois décents sont importantes et doivent s’accompagner d’une attention particulière aux aspects tels que le respect des droits fondamentaux de l’homme, la protection sociale et l’élimination de la pauvreté, une attention particulière étant accordée aux personnes les plus vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes. Une telle transition passe par la formation, l’éducation et la solidarité.

  1. le Président,

Les données scientifiques dont nous disposons montrent clairement qu’il est urgent d’agir rapidement, dans un contexte d’éthique, d’équité et de justice sociale. La transition vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre est un problème non seulement dans le domaine de la technologie, mais aussi une question de modèles de consommation, d’éducation et de modes de vie. [3] Nous prenons progressivement conscience que le changement climatique est un problème de plus en plus moral et non technique. De ce point de vue, il convient de souligner l’importante contribution que les autorités locales, le secteur des entreprises, la communauté scientifique et la société civile peuvent apporter à ce processus. Les acteurs non étatiques, souvent en première ligne de la lutte contre le changement climatique, qui font entendre la « voix du peuple », font preuve d’une dynamique importante pour trouver des moyens novateurs de promouvoir un système de production et de consommation durable, ainsi que pour encourager un changement de mode de vie. Tout cela devrait être encouragé : les acteurs non étatiques sont et peuvent faire beaucoup pour aider les décideurs politiques à prendre des décisions équitables et prospectives.

Comme l’indique le Pape François dans son encyclique Laudato si’, sur le soin de notre maison commune, « les stratégies pour une solution exigent une approche intégrée de la lutte contre la pauvreté, du rétablissement de la dignité des exclus et en même temps de la protection de la nature ». [4] Un changement de mentalité est nécessaire, axé sur des valeurs fondamentales capables de souligner la dimension éthique et humaine du changement climatique [5].

De ce point de vue, nous avons une grande responsabilité envers les générations futures. Les jeunes d’aujourd’hui sont très sensibles aux problèmes complexes et multiformes que pose le phénomène du changement climatique. C’est un défi éducatif, où les processus éducatifs peuvent éveiller et éveillent cette sensibilité chez les jeunes, qui représentent notre avenir. Nous ne pouvons toutefois pas nous attendre à ce que les générations futures absorbent les problèmes causés par les générations précédentes, en leur imposant tout le poids de cette responsabilité. Ce serait d’autant moins acceptable si l’on considère le sentiment d’urgence si clairement invoqué par la communauté scientifique. Comme l’a souligné le Pape François : « Bien que l’on se souvienne de la période postindustrielle comme de l’une des plus irresponsables de l’histoire, il y a lieu d’espérer qu’à l’aube du XXIe siècle, l’humanité restera gravée dans l’histoire pour avoir généreusement assumé ses graves responsabilités » [6].

Nous savons ce que nous pouvons faire et ce que nous devons faire devient un impératif éthique. Cela nous oblige à réfléchir sérieusement à la signification des investissements financiers et économiques, en les orientant vers des secteurs qui affectent réellement l’avenir de l’humanité, en préservant les conditions d’une vie digne sur une planète « saine ».

La COP-24 pourrait marquer un tournant, si elle peut montrer que l’esprit de collaboration et de proactivité de Paris est toujours vivant. Des attitudes comme l’indifférence, la résignation et le déni, ou l’espoir limité dans quelque solution technologique qui peut n’être que partial ou même contreproductif, ne doivent pas prévaloir. [7] De plus, il serait tragique que des intérêts individuels ou privés l’emportent sur le bien commun, surtout lorsqu’ils tendent à manipuler l’information pour protéger leurs propres initiatives [8] Il faut éviter de tomber dans ces attitudes dangereuses qui ne favorisent certainement pas un processus dans lequel un dialogue sincère et productif, la solidarité et la créativité sont si nécessaires pour la construction du présent et de l’avenir de notre planète.

Nous nous trouvons devant un défi de civilisation pour le bien commun. C’est clair, comme il est clair aussi que les solutions dont nous disposons sont nombreuses et souvent à notre portée. Face à une question aussi complexe que le changement climatique, où la réponse individuelle ou nationale en elle-même ne suffit pas, nous n’avons d’autre choix que de tout faire pour mettre en œuvre une réponse collective responsable et sans précédent, dans l’intention de « travailler ensemble pour construire notre maison commune » [9].

Au nom de Sa Sainteté le pape François, j’exprime mes meilleurs vœux pour le travail de la COP-24, en espérant qu’il sera fructueux et qu’il réussira à construire notre maison commune. Sur tous les participants à cette importante conférence, j’invoque la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, et je vous demande de la rapporter aux citoyens des pays que vous représentez.

Je vous remercie de votre attention.

  1. Cf. GIEC : Résumé à l’intention des décideurs du Rapport spécial sur les effets du réchauffement de la planète de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels et les voies d’émission de gaz à effet de serre mondiales connexes, dans le contexte du renforcement de la réponse mondiale à la menace du changement climatique, du développement durable et des efforts visant à éliminer la pauvreté, 6 octobre 2018.
  2. Cf. Pape François, Discours aux participants à la Conférence internationale marquant le 3e anniversaire de l’encyclique « Laudato Si’ », 6 juillet 2018, dans lequel il a affirmé : « Réduire les gaz à effet de serre exige honnêteté, courage et responsabilité, surtout de la part des pays les plus puissants et les plus polluants et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps ».
  3. Cf. Pape François, Discours à l’Office des Nations Unies à Nairobi (ONUN), 26 novembre 2015.
  4. Laudato si’, n. 139.
  5. Cf. Pape François, Message à la COP 22, 10 novembre 2016.
  6. Laudato si’, n. 165.
  7. Cf. Pape François, Message à la COP 23, 7 novembre 2017.
  8. Cf. Laudato si’, n. 54.
  9. Laudato si’, n. 13.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Source : zenit.org