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La spiritualité du temps de l’Avent à l’école de Dom Guéranger

            Dom Prospère Guéranger (1805-1875) est un moine bénédictin français, refondateur de l’abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France. Favorable au rétablissement de la liturgie romaine en France, il publie en 1850 l’ « Année liturgique », ouvrage à travers lequel il cherche à faire connaître au plus grand nombre les fondements de la liturgie romaine, de telle sorte que chacun la comprenne, l’aime et la respecte. Nous vous proposons quelques extraits consacrés au temps de l’Avent.

Si la sainte Église, notre mère, passe le temps de l’Avent dans cette solennelle préparation à l’avènement de Jésus-Christ, nous devons participer aux sentiments qui l’animent, et prendre pour nous cet avertissement du Sauveur : « Que vos reins soient ceints d’une ceinture comme ceux des voyageurs ; que des flambeaux allumés brillent dans vos mains ; et soyez semblables à des serviteurs qui attendent leur maître » (Luc 13, 35). En effet, les destinées de l’Église sont les nôtres ; chacune de nos âmes est, de la part de Dieu, l’objet d’une miséricorde, d’une prévenance, semblables à celles dont il use à l’égard de l’Église elle-même. Elle n’est le temple de Dieu, que parce qu’elle est composée de pierres vivantes.

C’est pour nous un devoir de nous joindre aux Saints de l’ancienne Loi pour demander le Messie, et d’accomplir ainsi cette dette du genre humain tout entier envers la divine miséricorde. Afin de nous animer à remplir ce devoir, transportons-nous, par la pensée, dans le cours de ces quatre mille ans, représentés par les quatre semaines de l’Avent, et songeons à ces ténèbres, à ces crimes de tout genre au milieu desquels l’ancien monde s’agitait. Que notre cœur sente vivement la reconnaissance qu’il doit à celui qui a sauvé sa créature de la mort, et qui est descendu pour nous voir de plus près et partager nos misères.

Ce premier devoir étant rempli, nous songerons à l’Avènement que le Sauveur veut faire en notre cœur : Avènement plein de douceur et de mystère, le bon Pasteur ne vient pas seulement visiter le troupeau en général, il étend sa sollicitude à chacune des brebis, même à la centième qui s’était perdue. Or, pour bien saisir tout cet ineffable mystère, il faut se rappeler que nous ne pouvons être agréables à notre Père céleste qu’autant qu’il voit en nous Jésus-Christ, son Fils. Que ce Sauveur plein de bonté daigne venir en chacun de nous, et, si nous y voulons consentir, nous transformer en lui, en sorte que nous ne vivions plus de notre vie, mais de la sienne.

Dans les jours de l’Avent, le Sauveur s’en va frappant à la porte de toutes ces âmes, tantôt d’une manière sensible, tantôt d’une manière cachée. Il vient leur demander si elles ont une place pour lui, afin qu’il naisse en elles. Mais, quoique la maison qu’il réclame soit à lui, puisqu’il l’a bâtie et la conserve, il s’est plaint que les siens ne l’ont pas voulu recevoir ; au moins le grand nombre d’entre eux. « Quant à ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de devenir fils de Dieu, et non plus enfants de la chair et du sang » (Jn 1, 12).

Préparez-vous donc à le voir naître en vous plus beau, plus radieux, plus fort encore que vous ne l’avez connu, ô vous, âmes fidèles qui le gardez en vous comme un dépôt chéri, et qui, dès longtemps, n’avez point d’autre vie que sa vie, d’autre cœur que son cœur, d’autres œuvres que ses œuvres. Sachez démêler, dans les paroles de la sainte Liturgie, ces mots cachés qui vont à votre amour, et qui charmeront le cœur de l’Époux.

Dilatez vos portes pour le recevoir dans sa nouvelle entrée, vous qui déjà l’aviez en vous, mais sans le connaître ; qui le possédiez, mais sans le goûter. Il revient avec une nouvelle tendresse ; il a oublié vos dédains ; il veut renouveler toutes choses. Faites place à l’Enfant divin ; car il voudra croître en vous. Le moment approche : que votre cœur donc se réveille ; et dans la crainte que le sommeil ne vous ait surpris quand il passera, veillez et chantez. Les paroles de la liturgie sont aussi pour vous ; car elles parlent de ténèbres que Dieu seul peut dissiper, de plaies que sa bonté seule peut guérir, de langueurs qui ne cesseront que par sa vertu. La grande Fête de sa Naissance sera un jour de miséricorde universelle pour tous ceux qui voudront bien lui donner entrée. Ceux-là recommenceront à vivre avec lui ; toute autre vie antérieure sera abolie, et la grâce surabondera, là même où avait abondé l’iniquité.

L’Avent est un temps principalement consacré aux exercices de la Vie Purgative ; ce qui est signifié par cette parole de saint Jean-Baptiste, que l’Église nous répète si souvent dans ce saint temps : Préparez la voie du Seigneur ! Que chacun donc travaille sérieusement à aplanir le sentier par lequel Jésus-Christ entrera dans son âme. Que les justes, suivant la doctrine de l’Apôtre, oublient ce qu’ils ont fait dans le passé, et travaillent sur de nouveaux frais. Que les pécheurs se hâtent de rompre les liens qui les retiennent, de briser les habitudes qui les captivent ; qu’ils affaiblissent la chair, et commencent le dur travail de la soumettre à l’esprit ; qu’ils prient surtout avec l’Église ; et quand le Seigneur viendra, ils pourront espérer qu’il ne franchira pas le seuil de leur porte, mais qu’il entrera ; car il a dit, en parlant de tous : « Voici que je suis à la porte et que je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre, j’entrerai chez lui » (Apoc 3, 20).

 

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La liturgie du temps de l’Avent à l’école de Dom Guéranger

            Dom Prospère Guéranger (1805-1875) est un moine bénédictin français, refondateur de l’abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France. Favorable au rétablissement de la liturgie romaine en France, il publie en 1850 l’ « Année liturgique », ouvrage à travers lequel il cherche à faire connaître au plus grand nombre les fondements de la liturgie romaine, de telle sorte que chacun la comprenne, l’aime et la respecte. Nous vous proposons quelques extraits consacrés au temps de l’Avent.

      Le triple mystère de l’Avènement de Jésus-Christ

Ce mystère de l’Avènement de Jésus-Christ est à la fois simple et triple. Il est simple, car c’est le même Fils de Dieu qui vient ; triple, car il vient en trois temps et en trois manières. « Dans le premier Avènement, dit saint Bernard au Sermon cinquième sur l’Avent, il vient en chair et infirmité ; dans le second, il vient en esprit et en puissance ; dans le troisième, il vient en gloire et en majesté ; et le second Avènement est le moyen par lequel on passe du premier au troisième. »

La sainte Église, pendant l’Avent, attend avec larmes et impatience la venue du Christ Rédempteur en son premier Avènement. Elle emprunte pour cela les expressions enflammées des Prophètes, auxquelles elle ajoute ses propres supplications. Dans la bouche de l’Église, les soupirs vers le Messie ne sont point une pure commémoration des désirs de l’ancien peuple : ils ont une valeur réelle, une influence efficace sur le grand acte de la munificence du Père céleste qui nous a donné son Fils. Dès l’éternité, les prières de l’ancien peuple et celles de l’Église chrétienne unies ensemble ont été présentes à l’oreille de Dieu ; et c’est après les avoir toutes entendues et exaucées, qu’il a envoyé en son temps sur la terre cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur.

L’Église, durant l’Avent, demande donc d’être visitée par celui qui est son chef et son Époux, visitée dans sa hiérarchie, dans ses membres, dont les uns sont vivants et les autres sont morts, mais peuvent revivre ; enfin dans ceux qui ne sont point de sa communion, et dans les infidèles eux-mêmes, afin qu’ils se convertissent à la vraie lumière qui luit aussi pour eux.  En vain le Fils de Dieu serait venu, il y a dix-huit siècles, visiter et sauver le genre humain, s’il ne revenait, pour chacun de nous et à chaque moment de notre existence, apporter et fomenter cette vie surnaturelle dont le principe n’est que de lui et de son divin Esprit.

      Les formes liturgiques que revêt le mystère de l’Avent

Les formes liturgiques dont le mystère de l’Avent est revêtu, sont de deux sortes : les unes consistent dans les prières, lectures et autres formules, où la parole elle-même est employée à rendre les sentiments que nous venons d’exposer ; les autres sont des rites extérieurs propres à ce saint temps, et destinés à compléter ce qu’expriment les chants et les paroles.

Remarquons d’abord le nombre des jours de l’Avent. La quarantaine est la première forme qu’ait adoptée l’Église pour cette période ; et cette forme est restée dans le rite ambrosien et chez les Orientaux. Si, plus tard, l’Église Romaine et celles qui la suivent l’ont abandonnée, le quaternaire n’en est pas moins exprimé dans les quatre semaines qui ont été substituées aux quarante jours. La nouvelle Naissance du Rédempteur a lieu après quatre semaines, comme la première Naissance eut lieu après quatre mille années, selon la supputation de l’Hébreu et de la Vulgate.

Au temps de l’Avent comme en celui du Carême, les Noces sont suspendues, afin que les joies humaines ne viennent pas distraire les chrétiens des pensées graves que doit leur inspirer l’attente du souverain Juge, ni les amis de l’Époux, de l’espérance qu’ils nourrissent chèrement d’être bientôt conviés aux Noces de l’éternité.

Les yeux du peuple sont avertis de la tristesse qui préoccupe le cœur de la sainte Église par la couleur de deuil dont elle se couvre. Hors les fêtes des Saints, elle ne revêt plus que le violet. Autrefois même, on usait de la couleur noire en plusieurs lieux. Ce deuil de l’Église marque avec quelle vérité elle s’unit aux vrais Israélites qui attendaient le Messie sous la cendre et le cilice, et pleuraient la gloire de Sion éclipsée. Il signifie encore les œuvres de la pénitence, par lesquelles elle se prépare au second Avènement plein de douceur et de mystère, qui a lieu dans les cœurs, en proportion de ce qu’ils se montrent touchés de la tendresse que leur témoigne cet Hôte divin qui a dit : « Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes » (Prov. VIII, 31). Il exprime enfin la désolation de cette veuve attendant l’Époux qui tarde à paraître. Elle gémit sur la montagne, comme la tourterelle, jusqu’à ce que la voix se fasse entendre qui dira : « Viens du Liban, mon Épouse ; viens pour être couronnée, car tu as blessé mon cœur » (Cant. V, 8).

Pendant l’Avent, l’Église suspend aussi, excepté aux Fêtes des Saints, l’usage du Cantique Angélique : Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis. En effet, ce chant merveilleux ne s’est fait entendre qu’en Bethléhem sur la crèche de l’Enfant divin ; la langue des Anges n’est donc pas déliée encore ; la Vierge n’a pas déposé son divin fardeau ; il n’est pas temps de chanter, il n’est pas encore vrai de dire : Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté !

Toutefois, il est un trait spécial qui distingue ces deux temps : c’est que le chant de l’allégresse, le joyeux Alléluia, n’est pas suspendu durant l’Avent. A la Messe des quatre dimanches, on continue de le chanter ; et il forme un contraste avec la couleur sombre des ornements. Ce souvenir des joies passées, qui se retrouve ainsi au fond des saintes tristesses de l’Église, dit assez que, tout en s’unissant à l’ancien peuple pour implorer la venue du Messie, et payer ainsi la grande dette de l’humanité envers la justice et la clémence de Dieu, elle n’oublie cependant pas que l’Emmanuel est déjà venu pour elle, qu’il est en elle, et qu’avant même qu’elle ait ouvert la bouche pour demander le salut, elle est déjà rachetée et marquée pour l’union éternelle.

 

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Mgr Pascal N’Koué : Prière intérieure et engagement !

          Monseigneur Pascal N’Koué est Archevêque de Parakou au Bénin. Ordonné prêtre en 1986, il a étudié à l’Académie Pontificale Ecclésiastique de Rome et est titulaire d’une licence en droit canonique et d’un doctorat en théologie dogmatique. A l’occasion du temps de l’Avent, il a adressé aux fidèles de son diocèse un message remarquable sur la vie intérieure et sur la façon dont celle-ci doit influencer la célébration de la liturgie :

(reprise estival d’un article du 3 décembre 2017)

 

Bénissons le Seigneur pour ce beau diocèse en pleine croissance. Les écoles poussent, les chapelles se construisent, les nouveaux presbytères s’érigent, les séminaristes augmentent, les sanctuaires très fréquentés. Tout bouge, mais tout peut s’écrouler si nous oublions l’essentiel : notre vie d’intimité avec le Seigneur. Le thème pastoral de cette année sera “Prière intérieure et engagement”. Disons d’emblée que le premier engagement pour tout chrétien c’est la prière. Elle est à distinguer de la récitation inconsciente des formules. Tout s’apprend. On apprend à devenir forgeron en forgeant. On apprend à prier en priant.

 

       La prière est une expérience d’amour qui se vit dans la foi

 

La prière est une expérience d’amour. Elle est un don de Dieu qui s’accueille dans la foi. Quand on prie on se dit : Dieu est présent, de façon invisible. Il est présent hors de moi et au-dedans de moi. Je me rends disponible pour l’écouter, lui parler et agir. Mais d’abord l’écouter. Car c’est lui la Parole qui sauve. Chacun prie comme il vit, avec ses défauts et ses préoccupations, ses misères et ses atouts, selon son âge, ses échecs et ses espérances. Prier, croyez-moi, c’est le travail le plus difficile. Le bréviaire, on l’appelle encore “office”, du mot latin “officium” qui signifie service obligatoire. C’est un travail pénible, surtout quand on doit prier souvent et lentement. Mais c’est le travail le plus nécessaire. Car prier c’est aimer. Et sans amour on vit malheureux. Quand on est avec un ami, quelle joie, quel bonheur ! Le temps ne compte plus. En effet, “on consacre un temps gratuit et sans hâte uniquement aux choses et aux personnes qu’on aime ; et ici, il s’agit d’aimer Dieu qui a voulu nous parler. A partir de cet amour, on peut consacrer tout le temps nécessaire, avec l’attitude du disciple : “Parle Seigneur, ton serviteur écoute”, Pape François, La joie de l’évangile n° 146.

 

       La prière est un combat qui se vit dans la persévérance

 

Pourtant la prière ne va pas de soi. Ce n’est pas automatique comme un coup de foudre. Ça vient lentement comme le murissement d’une noix de coco. C’est d’abord une question de besoin de l’homme, puis de volonté et de relation entre père et fils. Dieu est notre papa. Sans lui ou loin de lui on s’étiole et on meurt. Quoique généreux, ce papa nous exauce quand il veut et comme il veut. Et c’est toujours pour notre bien. La prière chrétienne présuppose la foi. Sans elle, il est impossible de prier et surtout de persévérer. Car « la prière est un combat. Contre qui ? Contre nous-mêmes et contre les ruses du Tentateur qui fait tout pour détourner l’homme de la prière » (CEC 2725).On comprend le conseil de saint Paul : « Puisez votre énergie dans le Seigneur…Revêtez l’équipement de combat que Dieu vous donne, afin de tenir bon contre les manœuvres du diable, car nous ne nous battons pas contre les hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances de ténèbres qui dominent le monde, les esprits mauvais qui sont au-dessus de nous »(Eph. 6, 14). Cet équipement dont il s’agit c’est la vérité, la justice, la paix, la foi etc. C’est exigeant.

 

Eh oui, la vie chrétienne n’est pas un fauteuil mousseux bien rembourré, de tout repos, fait pour les invertébrés. C’est réellement un combat. Ne faisons pas les malins. La prière intérieure ne peut pas être un somnifère, un opium, qui nous endort. Un chrétien flagada et flageolant c’est-à-dire douillet est un contresens. Non, la prière intérieure est une force ; c’est le secret des grands hommes et des communautés chrétiennes dynamiques. C’est le  secret des moines, des saints, des martyrs, le secret de l’efficacité de tout apostolat. Elle est puissance divine qui vainc les forces maléfiques visibles et invisibles. Il y a des démons qui ne s’expulsent qu’à force de prière et de jeûne nous dit Jésus (Marc 9, 29).

 

       L’oraison est un cœur à cœur de louange et de gratitude

 

Dès la première heure de notre journée, tournons-nous, corps et esprit, vers le Seigneur. Trente minutes de silence intérieur, de méditation, d’oraison, de cœur à cœur avec le Seul capable de transformer nos consciences souillées, nos cœurs de pierre en cœur de chair. Trente minutes de louange et non de plaintes, trente minutes de gratitude avant de formuler nos demandes. Alors la paix, l’unité, l’amour reviendront dans nos maisons. Les premiers instants du silence nous déstabilisent. Il faut tenir bon. Pourquoi ? Parce que :

 

–   La prière semble une perte de temps. Or le temps c’est de l’argent. Pour la bonne gestion du temps l’homme exclut la prière. C’est une grosse erreur. L’action, le travail rémunéré, le commerce, le marché : ça produit quelque chose. Mais la prière ? On est là et on ne fait rien d’autre. Pas vrai.

 

–   Dès qu’on se met à prier on est assailli par de multiples distractions : on se gratte, on ouvre tel livre, on est insatisfait, on prend son téléphone portable. On rêve. On gesticule. On n’arrive pas à être stable.

 

–   La paresse de prier peut nous envahir. Prier à la même heure demande une certaine discipline. Et puis souvent on ne sent rien pour Dieu, et on se dit : à quoi bon ? On s’installe dans la négligence du cœur : c’est la sécheresse, l’acédie, le démon de midi.

 

–   Le découragement nous guette parce que nos prières de demandes ne sont pas exaucées. Les islamistes tuent les chrétiens, les pauvres plongent dans la misère. Pire, les misères, les injustices, les problèmes de nos familles, de nos communautés et de ce monde ne sont pas résolus. A quoi bon continuer ?

 

–   Enfin, Dieu invisible est silencieux. C’est le comble ! Les grands saints expérimentent le silence terrible de Dieu : la nuit obscure. Même Jésus a eu de sérieux ennuis  à ce niveau lors de son agonie : “Que ce calice s’éloigne de moi”. Dieu s’est tu. Notre volonté humaine inquiète et impatiente ne coïncide pas toujours avec la volonté divine. D’où ce cri sur la croix :”Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné” ? La grande tentation c’est de penser que Dieu est indifférent à nos souffrances. Le doute peut s’installer en nous et même nous pousser à chercher des solutions rapides partout, sauf là où Dieu est présent : notre cœur. Or il est impossible de rencontrer le Seigneur en dehors du silence, vrai remède à tous nos bruits.

 

       La prière nait dans le silence 

 

Pour bien prier on a besoin de silence extérieur, mais surtout intérieur. Ce silence nous dispose à être attentifs à Dieu de façon amoureuse. La découverte du Dieu intérieur, c’est le trésor des trésors. Dieu n’est pas dans les uniformes des fêtes, dans les décors extérieurs, dans les fleurs artificielles, les guirlandes en tissus, dans les voix fantaisistes, dans le bruit des tam-tams, dans les danses frénétiques mais dans le sanctuaire de l’âme. Là est cachée la croissance de notre vie surnaturelle. Dieu est silence. Satan est bruit, faux bruit, tonneau vide. Le goût de l’oraison et de la prière silencieuse ne s’acquiert pas à coup de raisonnement, mais en apprenant à couler le mouvement intérieur de notre âme dans celui de l’Eglise. “Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra” (Mt 6,6).

 

Se retirer au fond de sa maison n’est rien d’autre que de chercher Dieu avec le cœur. On s’adresse à notre papa ou plus exactement on se sent dans les bras de notre Papa du ciel. Il nous regarde avec tendresse. Il attend qu’on lui ouvre nos cœurs. La prière individuelle est complétée par la prière liturgique, ou prière communautaire. Une liturgie bien célébrée nous rapproche de Dieu :”Nos chants n’ajoutent rien à ce que Tu es, mais ils nous rapprochent de Toi” (Préface d’action de grâce). “Tout ce lyrisme dans la liturgie, toutes ces prières, toutes ces cérémonies, tous ces chants et cantiques aux mélodies si variées, l’Eglise les a choisis et les a mis en place pour nous hausser au niveau divin, pour nous suggérer la grandeur de Dieu, pour nous donner comme un avant-goût de la joie du ciel”.

 

       Mise en pratique et conséquences d’une vie intérieure

 

Cette année, nous participerons activement à la prière liturgique ou communautaire pour irriguer et enrichir la prière personnelle : célébration de la parole, adoration eucharistique, chapelet, neuvaine, bréviaire, pèlerinage etc. Nous éviterons d’en faire des occasions de défoulement collectif.

 

   Nous apprendrons à prier avec la Bible. Les exemples d’hommes de prière y sont nombreux. Abraham, Moïse, Samuel, Elie, Ester, Judith, Jésus, les apôtres, les saints etc. On peut distinguer dans la Bible la prière de louange, d’action de grâce, de supplication, prière dans les épreuves. Ce sont des modèles pour nous.

 

   Nous prierons lentement et posément. Nous prononcerons les mots en fixant notre attention au sens de la phrase. Quand tu lis posément, tu goûtes ce que tu lis. Dieu entre en toi.

 

   Nous essayerons de promouvoir l’art africain et certains gestes africains pour enrichir la piété ou la religiosité populaire. La danse sacrée doit être toujours majestueuse. Elle se traduit en attitudes, en acclamations contenues et en légers balancements du corps. Une chose est la joie des cœurs, autre chose est la vocifération, la frénésie et le défoulement. Le rythme du tam-tam ne doit pas être endiablé. La joie liturgique n’éclate jamais. Nulle part, la Sainte Bible nous présente un Jésus agité et excité. La passion du Christ n’est ni du théâtre ni de la comédie. Nourrissons-nous des exemples de dignité du Christ quand on célèbre. C’est lui le Médiateur universel entre la divinité et l’humanité. Ne soyons pas victimes des sectes qui évacuent le silence pour baigner dans la mondanité, les spectacles, les superficialités, des improvisations continuelles. Le saint sacrifice du Christ n’est pas un fait divers. Il est unique au monde. Il nous conduit à la Présence réelle qui nous pousse à l’évangélisation. L’année de prière intérieure nous aidera à découvrir le Dieu qui n’a qu’un souci : le bonheur de l’Homme à travers la perfection : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait”.

 

    Selon saint François de Sales, il y en a qui placent la perfection dans les austérités (sacrifices dures), d’autres dans l’oraison, d’autres encore dans la fréquente réception des sacrements, d’autres enfin dans l’aumône… « Ils se trompent. La perfection consiste dans un grand amour pour Dieu ». Mais on n’y parvient pas sans renoncement et sans détachement. Voyez le publicain Matthieu. Il a fait un repas d’adieu en invitant tous ses amis à découvrir le Messie, son nouveau guide. Il abandonnera à jamais ses sécurités financières, son poste juteux et le puissant réseau des collecteurs d’impôts pour suivre un pauvre homme du village de Nazareth qui n’avait même pas d’endroit où reposer sa tête. Jésus était comme un “sans domicile fixe”. L’amour c’est fou. 

 

                 Résolutions en matière de dévotion et de liturgie

 

Qu’est-ce qu’on abandonnera cette année pour le Christ ? Entre autres choses la messe face à face pour mieux goûter Dieu dans le silence. Les chorales élimineront progressivement les batteries qui font trop de bruit, “car chanter bien c’est prier deux fois”. On visitera les monastères. On fera revenir  certains gestes : au Confiteor, à l’Angélus, au Credo, au Gloria. On fera une révérence quand on passera devant un lieu saint, un calvaire, une statue de la Vierge ou de saint Joseph. On fera une génuflexion avant de communier, sauf ceux qui sont malades. Les prêtres apprendront à célébrer aussi avec le canon romain. On continuera de dire la prière pour les vocations. Mais le grand signe qui nous accompagnera toute l’année sera “la messe orientée”, vraie rupture pour un nouveau départ spirituel, et cela à partir du premier dimanche de l’Avent, dans les communautés prêtes. C’est une belle proposition du Card. R. SARAH (Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements). Son appel s’adresse à tous mais spécialement aux prêtres :

 

« Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an (12 juin 2015), ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite (de Paul VI). En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations. »

 

Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande humblement et fraternellement de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec l’assurance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi éventuellement ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » ?(Londres, 5 juillet 2016). Voilà le tournant irréversible. Voilà “l’étape cruciale”. Tournons-nous vers le Christ, soleil levant, et nous serons sauvés. La Vierge Marie, Notre-Dame de Komiguéa, nous aidera.

 

 Bon Temps de l’Avent à chacun et à tous !

Doctrine / Formation

“La Bible en ses Traditions” : Un projet de l’Ecole Biblique de Jerusalem !

La Bible en ses Traditions est un projet de l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem, qui a l’intention de mettre en ligne une édition révisée de la Bible, associant les versions hébraïque, grecque, araméenne et latine de l’Écriture sainte et proposant une annotation du texte, du contexte et de sa réception dans les différentes traditions religieuses et culturelles. Le mercredi 7 décembre, les Rencontres du Figaro accueilleront Michael Lonsdale et le frère dominicain Olivier-Thomas Venard, salle Gaveau pour une conférence exceptionnelle. Le frère Olivier-Thomas Venard, vice-directeur de l’École biblique est à la tête de cet ambitieux projet.

L’Ecole Biblique de Jérusalem souhaite offrir au public cultivé une édition actualisée de l’Écriture, sans oublier que traversant siècles et langues, porté jusqu’à son lecteur par les traditions des communautés qui le précèdent, le texte biblique n’a jamais été un objet figé. La « BEST » entend restituer au texte biblique la caisse de résonance qu’est l’histoire de sa réception.

D’après le frère Olivier-Thomas Venard, qui a répondu au Figaro le 6 novembre dernier, toutes les Bibles actuellement disponibles présentent un texte qui est paradoxalement artificiel : c’est en gros une reconstitution du texte « original » faite par des savants. Le problème est que l’original est introuvable et, dans certains cas, n’a peut-être jamais existé. Car la Bible est moins un livre qu’une bibliothèque qui a recueilli progressivement des livres écrits, édités et remodelés, en deux ou trois langues, pendant près d’un millénaire. Saisies dans l’histoire réelle, les Écritures se donnent donc d’emblée comme diverses. De même que les chrétiens ont quatre Évangiles qui racontent la même histoire, mais avec bien des différences entre eux, presque un tiers de l’Ancien Testament se présente à nous en plusieurs versions : en hébreu, en grec, en latin, en syriaque, elles-mêmes diversifiées, sans que l’on puisse donner de priorité absolue ni systématique à l’une d’entre elle. Or ceci n’est pas un défaut à corriger, c’est une richesse ! Le projet consiste donc à mettre en ligne les différentes versions du texte sans privilégier l’une ou l’autre au nom d’une souvent discutable « authenticité ».

Selon le frère Bruno Cadoré, maître de l’ordre des prêcheurs, le projet va permettre de renforcer, promouvoir le dialogue entre les sciences technologiques et les sciences bibliques, entre les sciences théologiques et les sciences humaines. C’est aussi un projet qui va surement faciliter le rapport entre la tradition et les recherches contemporaines. Et puis, il va mettre en évidence comment il s’est établi un dialogue entre la Parole de Dieu et les arts, de quelle manière la Parole a été reçue par l’humanité, de quelle manière la Parole est devenue vraiment une Parole Vivante.

Le projet est guidé par trois principes :

   La restitution d’une polyphonie à travers la diversité des traditions textuelles  : De nombreux passages, voire des livres entiers nous sont arrivés portés par plusieurs traditions textuelles. Cela rend aléatoire la restitution et même la définition d’un « original ». Du moment que ces formes diverses du texte auront fait l’objet d’un usage liturgique, le projet ne cherchera pas à réduire ces différences mais plutôt à souligner la façon dont elles expriment une foi commune sous des formes variées. Le canon retenu est celui de la Vulgate latine fixée par le Concile de Trente en 1546, qui reprend celui de la Septante par laquelle les chrétiens ont reçu les Écritures.

 

   Faire gouter dans la traduction, une « saveur originale » : Le traducteur de la BEST maintient deux exigences simultanées : Premièrement, dans la traduction elle-même, il prend nettement le parti du texte de départ, et préfère le respect des figures présentes en langue-source à la facilité de lecture dans la langue d’arrivée. Sa maxime est : « ni plus obscur, ni plus clair, que l’original ». Deuxièmement, il propose des notes philologiques, allant de la grammaire à la prosodie, signalant les faits littéraires les plus importants qui ont servi de points d’appui aux interprétations ultérieures. Il signale les meilleurs résultats des méthodes d’analyse littéraire de  l’exégèse biblique contemporaine.

 

    A travers les annotations, distinguer pour mieux unir : Une attention particulière est portée aux jeux de l’intertextualité, extrabibliques et intra-bibliques. Une attention particulière sera portée aux jeux intertextuels à l’intérieur de l’Ancien Testament lui-même et surtout entre les deux Testaments. L’annotation inclut en outre une sélection parmi les interprétations traditionnelles, éventuellement en débat ; les patrologies grecque, latine, syriaque seront mises à profit. L’histoire de ces interprétations, prolongées ou contredites par l’exégèse des scolastiques, des réformateurs (Luther, Calvin) et celle des traditions juives (targums, littéralistes médiévaux), fait l’objet d’une synthèse

Le texte pourra être illustré aussi par les témoins marquants de la réception du texte édité dans la culture, de la littérature aux arts visuels. Ainsi, lors de la lecture du Sacrifice d’Abraham (Gen 22, 1-19), on pourra se référer par exemple au célèbre tableau du peintre italien Le Caravage ou au motet de Marc-Antoine Charpentier « sacrificium Abrahae ».

L’innovation la plus visible de BEST est la présentation analytique de l’annotation. Les notes sont divisées et réparties le plus rigoureusement possible en plusieurs registres. Le but de cette présentation est double. D’une part, rendre l’annotation aussi transparente et documentaire que possible, en distinguant chaque aspect du commentaire. D’autre part, manifester l’enracinement profond dans des faits textuels, littéraires et traditionnels des interprétations proposées.

L’équipe qui travaille sur le projet est déjà composée de 146 membres originaires du monde entier, mais l’Ebaf lance sur le blog du projet un appel à l’aide : «  S’il vous plaît, envisagez de nous rejoindre quel que soit votre domaine d’expertise… Si vous avez un intérêt pour la Bible et sa réception au cours des 20 derniers siècles, nous serions ravis de vous avoir à notre bord. Afin de proposer une note dans votre domaine d’expertise, de prendre en charge l’édition d’un livre complet, vous êtes les bienvenus. Veuillez contacter : bibleinitstraditions@ebaf.edu »

En Afrique

MALAWI : La prison, de piège mortel à lieu d’espérance

            « La prison de Zomba, un piège mortel » titrait le Sunday Times du 4 décembre 2016. « Depuis des années, cette prison fait partie de l’histoire du Malawi. Construite en 1937, en ce qui était une sorte de camp de réfugiés, elle devait pouvoir accueillir au plus 800 détenus. Aujourd’hui, avec 2.400 présences, elle représente la prison de la mort » écrite depuis le Malawi à l’Agence Fides le Père Piergiorgio Gamba, missionnaire montfortain. « Cette prison est un peu le résumé de la trentaine de prisons environ, petites et grandes, se trouvant dans le pays et dans lesquelles sont enfermés quelques 15.000 détenus » explique le missionnaire qui rappelle que, « en 2014, l’Inspection des Prisons a envoyé un rapport au Parlement dans lequel sont dénoncées de terribles conditions sanitaires, de la nourriture immangeable, le surpeuplement, des abus sur la personne des détenus, le manque de ventilation des cellules, le fait que des personnes soient détenues plus de 48 heures après leur arrestation sans aucune preuve, la corruption du personnel carcéral et l’insuffisance des programmes de réhabilitation et d’apprentissage ».

             C’est justement en rapport avec l’apprentissage qu’est née « l’expérience de la Maison à mi-chemin, visant à transformer les prisons en de véritables centres de réforme pour ceux qui se trouvent derrière les barreaux et de ceux qui vivent au dehors ». Parmi les initiatives lancées, « grâce au soutien de Patrizia Lavaselli et du Groupe de San Marin, se trouve l’école maternelle de la prison de Zomba, qui est devenue une école de couture autofinancée et de promotion professionnelle, dont les examens sont reconnus par le Ministère du travail » explique le Père Gamba. « La section féminine est un coin de sérénité et le début d’un chemin de réhabilitation des femmes et des mères se trouvant derrière les barreaux » souligne le Père Gamba, parce que « des gardes de prison et des détenues vivent de manière nouvelle les années de coexistence au sein de la prison. La prison, piège mortel, peut devenir une grande expérience de vie » conclut le missionnaire.

Source : Fides.org

Orient

Visite de l’imam d’al-Azhar au Pape copte orthodoxe

            Le sheick Ahmed al Tayyib, grand imam d’al-Azhar, a conduit une délégation de haut niveau du centre universitaire sunnite laquelle s’est rendue hier en visite au siège du Patriarcat copte orthodoxe pour porter ses condoléances au Patriarche Tawadros II et à l’ensemble de l’Eglise copte après l’attentat de Dimanche dernier contre la chapelle de Boutroseya, adjacente à al Cathédrale copte orthodoxe Saint Marc, dans le cadre duquel au moins 26 personnes ont trouvé la mort. L’objectif des attaques terroristes, qui « ne font pas de distinction entre chrétiens et musulmans – a remarqué le responsable sunnite – est l’unité du peuple égyptien », alors que les agences de la terreur qui ensanglantes l’Egypte ont leurs bases « à l’étranger » et que leur dessein délirant finit par emporter également ceux qui, forces et groupes de pouvoir, avaient initialement garanti leur couverture et leur complicité. Le Patriarche Tawadros II, de son côté, a fait référence aux quatorze siècles de coexistence entre chrétiens et musulmans en Egypte, une longue histoire qui les aide également à affronter ensemble les épreuves et les tribulations à supporter pour construire la commune Patrie.

          Entre temps, des messages du prétendu « Etat islamique » , revendiquant le massacre des coptes et exaltant le kamikaze Abu Abdullah pour s’être fait exploser « parmi les croisés, causant 80 morts et blessés »ont été diffusés sur Internet. La toile a également constitué le lieu de diffusion de la photographie de l’auteur de l’attentat, portant fusil d’assaut, tenue camouflée et un index pointé vers le ciel. 

Source : Fides.org

Brèves

L’État islamique revendique l’attentat du Caire

          Selon une dépêche d’Associated Press, l’État Islamique a revendiqué hier, mardi 13 décembre, l’attentat commis contre l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Dans son communiqué, l’État Islamique y jure de « poursuivre la guerre contre les apostats ». Il pourrait s’agir d’une revendication “opportuniste”, ne serait-ce que par elle a été faite deux jours après les faits… Les autorités égyptiennes, elles, soupçonnaient plutôt les Frères Musulmans. Toutefois, selon une dépêche d’hier de l’Agence Fides, les services de sécurité égyptiens ont signalé que l’auteur de l’attentat, Mahmoud Shafik Mohamed Mostafa, serait affilié au groupe Wilayat Sinailié à l’État Islamique

Source : Christianophobie.fr

Afrique non francophone

Cap Town : déclaration sur le mariage et la famille

Le 10 décembre 2016, des dizaines de leaders religieux, politiques, ou de la société civile ont lancé la Déclaration de Cape Town en Afrique du sud, défendant la vérité éternelle du mariage comme union d’un homme et d’une femme, qu’aucun pouvoir humain ne peut changer.

Cette déclaration a été également l’acte de naissance de l’International Organization for the Family.

Plusieurs représentants français étaient présents, parmi lesquels Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, et Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon beige.

L’objectif est que, d’ici le 11 décembre 2017 (journée mondiale des droits de l’homme) cette déclaration soit signée par au moins 2 millions de personnes du plus grand nombre de pays possible, pour répondre au lobby LGBT mondial par une organisation internationale de défense de la famille naturelle.

La version française de la déclaration est en cours de validation et sera prochainement mise en ligne, mais vous pouvez, dès à présent, signer ici.

Breitbart a consacré un article à cet évènement. Extrait :

“Sous le hashtag #CapeTownDec, le texte porte les signatures d’évêques, de parlementaires, de présidents et de PDG d’organisations pro-familiales, de professeurs d’université, de chercheurs et de directeurs d’ONG.”

Les personnalités ayant signé cette déclaration.

Source : Salon Beige

NLQ #Orient

« Nous appelons notre Eglise : l’Eglise des martyrs »

« Nos martyrs, et le martyre en soi, nous unissent au Ciel et font monter notre cœur jusqu’à ceux qui sont déjà là et de là intercèdent pour nous » : c’est en ces termes et lors de son homélie que le pape copte orthodoxe, Tawadros II, a célébré les 25 victimes de l’attentat terroriste perpétré Dimanche dernier, 11 décembre, au cours de la Messe.

« Nous appelons notre Eglise, l’Eglise des martyrs. – a ajouté Tawadros II, rappelant que – Depuis le I° siècle après Jésus Christ, les coptes ont donné leur vie en sacrifice par amour pour le Christ ». Au cours de son homélie, Tawadros II a également rappelé que les nouveaux martyrs coptes ont perdu la vie au cours du mois de Kiahk, mois dédié à la Très Sainte Vierge Marie dans le cadre du calendrier copte et qui précède Noël, un mois de joie et de louange. « Disons adieu à ses êtres chers dans le même esprit de louange – a déclaré le pape copte orthodoxe – parce que nous croyons qu’il n’existe pas de mort pour ceux qui aiment Dieu. Ils seront ressuscités dans la joie pour la vie éternelle ». Le Patriarche copte orthodoxe a conclu en soulignant que la main du terroriste ne pourra jamais échapper à la punition divine.

Hier déjà, au cours de la commémoration civile des victimes au Mémorial du soldat inconnu, le Président égyptien, Abdel Fattah al Sisi, avait annoncé l’arrestation de quatre personnes, soupçonnées d’être impliquées dans l’attentat et a indiqué comme responsable du massacre un jeune kamikaze. Après les relevés de la police scientifique, les forces de sécurité affirment avoir identifié l’auteur de l’attentat suicide dans la personne de Mahmud Shafik Mohamed Mostafa, 22 ans, affilié à la Wilayat Sinaï, groupe égyptien lié au prétendu « Etat islamique ».

Les familles et les amis des victimes – indique la presse égyptienne – avaient accueilli hier l’arrivée du pape copte orthodoxe dans la Cathédrale par un mélange de douleur et de jubilation, certains invoquant la pitié de Dieu et d’autres lançant des cris de victoire dans la certitude que leurs proches avaient été accueillis au Paradis.

Tawadros II, visiblement attristé, s’est placé, la tête baissée, face aux cercueils, avant de prononcer l’homélie. La cérémonie funéraire a débuté par une prière d’action de grâce, a continué au travers de la lecture de l’Ecriture Sainte et de la prière pour la vie éternelle des défunts.

Les paroles de l’homélie pour les dernières victimes coptes du terrorisme attestent de manière simple et désarmante le regard que les chrétiens posent toujours sur leurs martyrs.

Soure : Fides.org

Dans le Monde #NLQ

Combat de l’Eglise contre Ebola : quel résultat ?

          L’Eglise souhaite répondre efficacement à une éventuelle prochaine propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest et à s’engager à limiter l’impact d’autres maladies transmissibles mortelles. Dans cette dynamique, le Saint-Siège a organisé à Rome les 9 et 10 décembre 2016 une conférence qui a été introduite par Son Éminence le cardinal Peter Turkson, président du conseil pontifical « Justice et Paix ».

Cette conférence a été l’occasion de passer en revue les leçons tirées de la réponse à l’épidémie d’Ebola par le Saint-Siège, notamment dans les pays les plus touchés, à savoir la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone ainsi que dans le monde entier. Mais l’ouvrage prioritaire de cette rencontre était l’élaboration de stratégies pour des réponses religieuses plus efficaces et plus complètes à des crises humanitaires liées à la santé. La menace croissante contre la santé publique du virus Zika a été mise en évidence.

Le cardinal Turkson a rappelé que l’Eglise, aux côtés de nombreuses organisations catholiques avait immédiatement et efficacement réagi à la crise Ebola. Le Saint-Siège avait procédé à un renforcement des structures médicales, sociales, éducatives et pastorales des pays touchés. L’intention était d’atténuer immédiatement l’impact tragique de l’épidémie sur les familles et sur les communautés. Ensuite, en regardant vers l’avenir, l’objectif avait été de réduire l’impact en cas d’une nouvelle éclosion d’Ebola. Il est à noter que durant le traitement spécifique du virus Ebola, les installations sanitaires de l’Eglise ont continué à répondre aux besoins en soins de santé de la population en général.

Le cardinal Turkson s’est aussi exprimé sur l’importance de la réponse pastorale. L’Église a en effet une capacité unique et le mandat pour répondre aux besoins physiques, émotionnels et spirituels de ceux qui sont malades et souffrants. Certains dans l’Eglise sont appelés à servir de « docteurs du corps » mais d’autres reçoivent l’appel à servir de « docteurs de l’âme ». Il a insisté sur l’importance d’une action conjointe des Églises, saluant notamment l’engagement de l’Église anglicane, représentée par deux évêques à cette conférence. Il a  rappelé que l’action humanitaire est aussi un lieu d’œcuménisme.

Le conseil pontifical « justice et paix » dont le cardinal Turkson est président doit être supprimé le 31 décembre 2016. C’est pour cette raison qu’il est le premier préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral, créé le 31 août 2016. Ce nouveau dicastère reprend des compétences précédemment réparties entre différents conseils pontificaux  dont « Justice et Paix » mais également « Cor Unum ».