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L’édito – L’Eglise, inaudible ou discréditée ?

Alors que le monde moderne promu par une certaine intelligentsia semble jouer le tout pour le tout, l’Eglise craque de toutes parts, engluée dans mille affaires et divisions. Est-ce un simple hasard du calendrier ? Possible. Mais, à y regarder de plus près, les réformes anthropologiques et structurelles prônée par une idéologie post-humaniste aux moyens financiers sans précédents, ne trouvent aucune autre opposition sérieuse que l’Eglise catholique hiérarchique et une part non négligeable des fidèles catholiques. Pourtant, petit à petit, le formatage ambiant a rendu le discours le plus naturel qui soit sur la vie et sur l’Homme, inaudible au point que l’Homme est devenu l’ennemi de l’Homme. La réalité de ce qu’est l’Homme s’est peu à peu muée en épouvantail pour l’Homme lui-même, terrifié par ses propres limites, obsédé par l’illusion de liberté que lui donne la destruction de lui-même. Il n’est pas jusqu’à un nombre inquiétant de catholiques à voir en l’Homme réel la bête à abattre, peu soucieux du plan et de la volonté de Dieu en la matière. Mais il se trouve que, ces derniers temps, la hiérarchie ecclésiastique a retrouvé un discours clair et le pape n’est plus le seul à prêcher dans le désert du haut de sa cathèdre, à peine relayé par quelques disciples regardés comme des bêtes fauves à fuir. L’Eglise catholique est devenue le dernier rempart contre l’autodestruction anthropologique de l’Homme. Et elle se réveille. Le pape est cinglant dans ses propos, l’archevêque de Paris entre en guerre contre la dictature des consciences et les manifestations repointent leur nez. Finalement, comme pour le mariage pour tous, faire passer ces lois humanicides ne sera pas aussi simple que prévu. Et hop, d’un coup surgit tout le pu d’une Eglise depuis longtemps gangrénée. Facile discrédit sur l’institution et par ricochet sur le discours. Mais avant d’être discrédité, le message de l’Eglise est inaudible pour cette génération. Car pour qui cherche sans peur la vérité, que le porteur du message soit corrompu, n’affecte pas la vérité du message lui-même. En réalité, bien de nos contemporains sont aussi assez contents de trouver un faux-fuyant pour ne pas discuter, voire simplement ne pas réfléchir. Preuve s’il en est, la grande majorité des commentaires sur les réseaux sociaux concernant les grands thèmes de la vie sont ponctués dès le premier échange par « les affaires ». Celles-ci sont le nouveau désert de saint Jean-Baptiste. Au milieu de cette nouvelle forme d’hostilité, annonçons la vérité. Ce qu’ils veulent c’est rendre toujours plus inaudible la vérité. Inaudible parce que devenue inacceptable dans son contenu. Inaudible parce que discréditée et enfouie sous un amas de purin, sinon orchestré, du moins sciemment réutilisé. Cela ne change rien au tas d’immondices qui putréfie dans l’Eglise, mais cela ne change rien non plus à la Vérité que l’Eglise doit malgré tout porter au monde. Le silence serait la victoire de Satan.

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Prière à Notre Dame de France, Reine de la Paix

Ô Marie, Vierge immaculée, sainte Mère de Dieu, exaltée par le Seigneur comme la reine de l’Univers pour être plus totalement conformée à votre Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort, nous venons à vous pleins de confiance et d’affection filiale.

Nous nous réjouissons de pouvoir vous saluer, avec les saints et les saintes de notre terroir, comme reine de France. Nous voulons, pour notre part, ratifier les engagements du baptême de notre pays à Reims. Nous voulons, en notre temps, renouveler la consécration à Dieu de nos personnes par l’intercession de votre Cœur immaculé.

À votre exemple et avec votre assistance, nous voulons nous engager à la suite du Christ, votre divin Fils, dans une vie authentiquement évangélique : par l’adoration et la louange à Dieu ; par notre fidélité aux commandements du Seigneur et à l’esprit des béatitudes ; par notre conversion personnelle et permanente ; par notre solidarité effective avec tous ceux qui sont privés de biens spirituels et matériels.

Nous voulons, ô reine de la Paix, nous mettre à votre écoute pour être des artisans de miséricorde et de paix, dans nos familles, nos professions, nos cités, dans la société tout entière et ainsi « construire la civilisation de l’amour ».

Notre Dame de France, Reine de la Paix, intercédez pour nous !

Prière rédigée à l’occasion de l’érection de la statue de Notre-Dame de France
à Baillet-en-France, le 15 octobre 1988.
Imprimatur de l’évêché de Pontoise, 7 octobre 1988

 

mariedenazareth.com

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L’édito – Avortement : on ne pourra pas reprocher au pape de ne pas être clair !

Sur bien des sujets, les catholiques attendent du pape qu’il clarifie certains flous. Si ces troubles ont pu donner lieu à des dubia, des frictions et des inquiétudes, on ne peut pas dire que le Souverain Pontife pratique la langue jésuite sur les questions de la vie. Les migrants, les divorcés remariés, les réformes de la Curie ont sans doute masqué un combat majeur du pontificat sur lequel le pape François a toujours été clair et sans compromis : la vie est don qui se reçoit et doit être protégé. Toutes ses interventions sur le sujet (et elles ont été nombreuses) n’ont jamais tergiversé. Mais elles étaient peu audibles car la presse qui pensait avoir trouvé un pape de gauche, un pape des pauvres, taisait soigneusement cette partie gênante pour la construction médiatique qu’ils voulaient donner à voir au monde. Mais depuis quelques temps, l’image fabriquée s’effrite et la lune de miel s’estompe. Si la presse internationale a peu parlé de l’affaire Mac Carrick, cherchant surtout à minimiser la portée des révélations, c’est surtout parce qu’elle gênait leur propre ligne de front. En effet l’ancien cardinal avait des problèmes plus liés aux déviances de comportements homosexuels qu’à de la pédophilie. Alors, silence media, non pour protéger le pape fabriqué, mais pour éviter de gratter un peu trop dans leur propre direction. Mais la sortie sur l’aide psychiatrique aux personnes homosexuelles et les coups répétés portés contre l’avortement dépassent les bornes du supportable pour la doxa ambiante.

Enfin, haut et fort, nous entendons encore dans la suite des papes, un chat appelé un chat : avorter c’est tuer pour régler un problème personnel. L’expression tueur à gages, violente s’il en est, semble pourtant des plus appropriée. Et à redonner cette vérité au monde, au risque de « s’effondrer dans les sondages », pourrait bien ébranler l’image d’un pape cherchant la popularité des médias.

Mais que vont penser de lui ses nombreux soutiens favorables aux migrants, à la communion aux divorcés remariés et… à l’avortement ? Au fond, au-delà de la vie et du meurtre, l’avortement pose la question plus fondamentale encore du rapport de la créature au Créateur. Un rapport de dépendance inévitable contre lequel l’orgueil humain se rebiffe comme un cheval contre son mors.

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Révision de la loi de bioéthique : vers la mise en place d’un groupe de travail réunissant députés et sénateurs ?

Soucieux de mettre en place les conditions d’un « débat apaisé » autour de la révision de la loi de bioéthique, le gouvernement et la majorité seraient en voie de proposer une formule « inédite »  avec la mise en place d’un groupe de travail spécifique « réunissant des députés et des sénateurs de tous bords politiques, qui veillerait à débroussailler l’extrême complexité des problématiques bioéthiques ».

 

Si le projet allait à son terme, ce groupe de travail « n’aurait pas d’existence légale en termes de pouvoir législatif et ne serait donc qu’informel. Ces parlementaires exploreraient les questions en amont de la constitution définitive du texte ». Il serait notamment « chargé d’auditionner toutes les parties prenantes du débat bioéthique, instances religieuses comprises » et pourrait voir rapidement le jour.

 

Source Généthique.org

Tribunes et entretiens

Coparentalité : la filiation en échec

Sans grande illusion, la prochaine loi de bioéthique risque fort d’autoriser la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires. Elle renforcera des pratiques problématiques comme celle qu’on appelle aujourd’hui la « coparentatlité ». Sur cette question épineuse, Adeline Le Gouvello, avocate, dénonce les impasses d’une filiation fragilisée.

 

Gènéthique : Depuis quand parle-t-on de coparentalité ou de co-parentage ? Quelle réalité recouvre ce terme ?

Adeline le Gouvello : En 2014, le projet de loi famille élaborée par le gouvernement souhaitait faire figurer ce terme de coparentalité et certains en avaient d’emblée relevé l’ambiguïté[1]. A l’origine en effet, l’objectif de la coparentalité est de garantir que les parents, même séparés, exercent bien leurs droits et maintiennent des liens réels avec leurs enfants. Cependant, dans le même temps, le terme était utilisé pour désigner la pluriparentalité : le site coparents.fr, tenu par l’Association des Parents Gays et Lesbiens mettait ainsi en relation des couples de même sexe qui souhaitent avoir « ensemble » un enfant. Sont publiées les annonces par lesquelles un homme (ou des couples masculins) recherche une femme (ou  des couples féminins), et vice-versa, pour porter un enfant et l’élever en ayant recours à la « coparentalité », c’est-à-dire sans aucune intention de partager vie ou sentiments. Ces sites proposent le plus souvent aussi tous les renseignements pour « réussir » la « coparentalité » : les moyens concrets pour effectuer l’insémination, pratique pourtant prohibée par le droit pénal (l’insémination par sperme frais ou mélange de sperme frais est un délit) et les techniques juridiques pour impliquer chacun des « parents » de l’enfant (modèles de convention à télécharger en ligne, etc.). Les modalités d’exercice de l’autorité parentale sont définies dans une convention qui prévoit les droits et obligations de chacun sur l’enfant. La validité de ces conventions est plus que sujette à caution car elle place l’enfant dès son origine comme objet d’un accord (d’un contrat) ce qui n’est en principe pas possible au regard de notre Droit.

Désormais, le terme de coparentalité est accepté dans le sens de pluriparentalité[2].

Il ne recouvre pas une notion juridique mais une réalité sociologique que certains essaient de promouvoir en tentant de lui donner des effets juridiques par le levier bien connu du fait accompli alors que sa mise en œuvre devrait plutôt être limitée voire réprimée (poursuites pénales pour insémination artisanale, nullité des conventions portant sur l’enfant, etc.).

 

G : Il est un argument utilisé pour justifier la coparentalité : « un enfant né de deux parents qui s’aiment ne sera pas nécessairement heureux. Tandis qu’un enfant désiré et élevé par deux parents aimants : n’est-ce pas là, la clé de son bonheur ? ». Le projet est-il réaliste ?

AG : Les adultes en désir d’enfants ne sont pas forcément meilleurs ni plus équilibrés que les autres. En témoignent les faits divers qui régulièrement alimentent la chronique des journaux, comme cette mère qui, après avoir conçu son enfant dans un cadre de « coparentalité », le père étant homosexuel et étant entré en relation avec elle grâce à l’un des sites internet dédiés, a tué son bébé en le lâchant du 7è étage[3]… Les contentieux qui émaillent le quotidien des tribunaux en témoignent également : d’un projet enthousiasmant au départ, on passe à une situation extrêmement conflictuelle avec une saisine du juge pour trancher la question de l’exercice de l’autorité parentale (qui en est titulaire ?), les droits de visite et d’hébergement, et non plus pour deux mais pour trois, quatre (voire plus) « parents »… La situation est donc bien pire. Parfois, du fait des séparations et des remises en couple des uns et des autres, les enfants se retrouvent à devoir être hébergés dans quatre foyers différents (les quatre adultes à l’origine du projet de coparentalité, chacun séparé et chacun revendiquant un droit à l’égard de l’enfant). Ce ne sont pas des cas d’école. La situation de ces enfants n’est pas tenable.

L’amour ne justifie pas tout, et en particulier, ne peut pas justifier de priver l’enfant de sa filiation « réelle », ni le priver d’être éduqué par ses parents de naissance. Les normes internationales garantissent à l’enfant que soit établie sa filiation « réelle » (pour reprendre une terminologie de la Cour Européenne des Droits de l’Homme) et qu’il soit éduqué par les parents dont il est issu. On soulèvera alors d’emblée le paradoxe de cet amour d’adultes en projet de coparentalité qui commencent par priver l’enfant de l’un de ses droits fondamentaux et le rendent objet d’une convention, d’un accord, comme s’il était un objet de commerce. Il s’agit là d’une réification de l’enfant.

 

G : Comment ces pratiques impactent-elles la filiation ? Quels nouveaux défis font apparaître ce type de parentalité ?

AG : Notre droit de la filiation repose sur des faits objectifs. Il est fondé sur la réalité et la vraisemblance biologiques et il a fait ses preuves comme tel. La filiation d’un enfant lui montre de qui il est issu. Fonder désormais la filiation sur une « parentalité » d’intention est dangereux.

Ces pratiques de co-parentalité, basant la conception d’un enfant et le fait d’être parent sur l’intention et la volonté, rejoignent les projets actuels de suppression de la condition thérapeutique pour la Procréation Médicalement Assistée. En ouvrant la PMA avec tiers donneur aux couples de femmes, il devient nécessaire de baser la filiation non plus sur la réalité biologique ou sa vraisemblance (un enfant ne peut être issu de deux femmes), mais sur la volonté d’être parent.

Or, ce que la volonté fait, la volonté peut le défaire.

On pourrait ne plus se déclarer parent (consentement vicié à la base) ou s’ajouter comme nouveau parent (investissement et amour auprès de l’enfant) : en écartant toute référence biologique pour l’établissement de la filiation, il n’y a plus de raison de limiter le nombre de parents à deux.

En cela, l’ouverture de la PMA pour les femmes favoriserait fortement la coparentalité.

Baser la filiation sur l’intention entraînerait des conflits de filiation insolubles : s’il devient nécessaire de mesurer l’investissement et l’amour sans faille d’un adulte pour le désigner comme parent, critères subjectifs et nécessairement évolutifs, les juridictions n’en ont pas terminé avec les conflits de filiation !

A terme, c’est la filiation dans son ensemble qui sera impactée car on ne pourra continuer à faire coexister deux systèmes : l’un basé sur des faits objectifs, l’autre sur la volonté. Comment continuer à imposer à un père qui le refuse l’établissement de sa paternité biologique alors qu’à côté on est père ou on ne l’est pas suivant l’intention que l’on aura manifesté (dans le cadre d’une PMA, le donneur pour un couple de femmes ne pourra jamais être « ennuyé ») ? L’incohérence des dispositions conduira à court ou moyen terme à une unification, toute la filiation devant être basée sur la volonté, ce qu’on ne peut sérieusement envisager.

 

G : Alors que le féminisme valorise la sexualité sans contrainte, la coparentalité valorise la fabrication d’une enfant sans relation sexuelle. Quelles sont les conséquences sur la façon de considérer la famille ? Sur le droit de la famille ? Qu’est-ce que ces comportements remettent en cause de l’équilibre de nos sociétés ?

AD : Les questions éthiques et philosophiques soulevées par ces pratiques sont cruciales. En concevant un enfant de cette façon, quelle est la vision de l’Humain que nous avons ? Quelle place et dignité donnons-nous à l’enfant ? Il est certain que les normes existantes sont déjà fortement écornées par la coparentalité.

Ces comportements ont un impact sur la société dans son ensemble car pour obtenir un cadre juridique qui leur soit plus favorables, c’est le droit de filiation dans son ensemble que l’on va solliciter, puis le droit de la famille avec toutes les dispositions relatives à l’exercice de l’autorité parentale, etc. Il devient urgent, pour ces enfants mais pour tout un chacun également, que l’on mette un terme à ces pratiques : un enfant ne peut être conçu dès l’origine comme une chose que l’on se partagera et qui sera prêté d’un foyer à un autre. En outre, lorsqu’on connaît les difficultés constantes de la grande majorité des couples séparés, l’encombrement des juges aux affaires familiales, de tels projets paraissent totalement déraisonnables et contraires à l’intérêt de l’enfant.

Le code civil définit l’autorité parentale comme un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, appartenant aux père et mère pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû  sa personne.

Toute l’éducation de l’enfant est faite de choix à réaliser par les parents.

Il est déjà difficile pour un couple qui vit ensemble d’éduquer un enfant alors que les membres se sont engagés l’un envers l’autre lorsqu’ils sont mariés, alors qu’ils ont une communauté de vie et donc une connaissance l’un de l’autre, une affinité de goûts… Que dire de personnes qui se rencontrent par petites annonces, qui en quelques heures règleront les « modalités » de vie d’un être humain, sans qu’ils ne partagent rien et ne sachent rien l’un de l’autre…

Au surplus, ces enfants issus de parents qui n’auront aucun lien entre eux, auront la pleine conscience d’être le seul lien entre ces adultes. C’est une responsabilité très lourde. En tant qu’avocat d’enfant, lorsqu’un conflit sépare les parents, nous disons toujours à l’enfant (qui se sent souvent responsable) qu’il n’y est pour rien : il s’agit d’une histoire entre ses parents. Mais dans les cas de coparentalité, il n’y a aucune histoire entre ses parents si ce n’est lui-même. Tout conflit entre eux surgit du fait même de son existence…

 

Sources et renvois, Généthique.org

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“Ces églises qui font la France”… et qui sont désormais de trop… Entretien avec Mgr Habert

Quel avenir pour nos églises éloignées, abandonnées et parfois vétustes ?

Monseigneur Habert, évêque de Séez était chargé l’an dernier d’une étude sur le sujet. En présentant le document, il rappelait que “défendre nos 42000 églises est une cause plus grande qu’il n’y parait”. Vous pouvez retrouver son intervention ici.

Notre équipe était allé l’interroger dans son évêché. Une réponse porteuse de dynamise et d’espérance, pour peu… que chacun se retrousse les manche. (à partir de 3.06)

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L’édito – Déclarer la guerre à l’Eglise sera plus rude que s’opposer aux fidèles dans la rue

Rien ne va plus dans le storytelling bioéthique d’Emmanuel Macron. On le sait, Emmanuel Macron ne veut pas d’un printemps 2013 LMPT bis. Surprenant du reste que cet homme méprisant pour toutes les manifestations, prenant avec arrogance toutes les oppositions, craigne à ce point les mouvements incarnés par La Manif pour tous. Pour l’éviter, il a lancé des Etats généraux de la bioéthique qu’il a tenté de manipuler et de discréditer, voyant les résultats lui échapper. Pourtant, il passe outre grâce au CCNE qui, comme jadis le CESE, piétine, l’expression d’une partie du peuple français. Mais Emmanuel Macron souhaite « temporiser » la mise en place de ces lois tendancieuses. Pour prévenir les manifestations désormais décidées, on tente de discréditer le mouvement par des campagnes anonymes de soi-disant catholiques dans un lyrique « plus jamais ça ». On sort des témoignages d’adolescents « forcés », à l’époque, à aller manifester avec leurs parents. Pourquoi une telle crainte ? Une crainte qui pourtant n’empêche pas de faire voler en éclat l’imposture des Etats Généraux. C’est dire s’il faut coûte que coûte faire passer ces lois, probablement très fructueuses pour quelques lobbys. Lois qui sont également et ce n’est pas anecdotique, une fissure supplémentaire dans la perception que l’homme a de lui-même et donc de ce qu’il fait de lui-même. Pourtant, deux choses ont changé par rapport à 2013.  Si les anti-mariages pour tous étaient unanimement conspués par la classe médiatico-politique, la question de l’enfant passe beaucoup moins bien à la moulinette idéologique. Le passage en force devient inévitable et le trompe l’œil démocratique ne se donne plus même la peine d’être crédible. L’imposture vole en éclat et le totalitarisme idéologue commence à être perçu par une frange plus large de la population. Mais surtout, cette fois-ci, l’archevêque de Paris se dresse contre le gouvernement, pointant officiellement la menace dictatoriale. Or tous les régimes dictatoriaux savent que lorsque les évêques entrent en résistance, la partie est, à long terme perdue, parce que derrière eux, le peuple catholique est souvent prêt au martyr. Lutter contre un million de catholiques est une chose, entrer en guerre contre l’Eglise en est une autre. Ce n’est pas pour rien qu’apparaissent tout à coup tant et tant d’affaires dans et sur l’Eglise.

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L’édito – Catholique, l’anti-société

GPA, PMA, adoption, mariage pour tous, euthanasie, IVG, dignité de la personne humaine, le catholique aujourd’hui est l’anti-société. S’il a pu côtoyer, des années durant, un monde qui lui ressemblait de moins en moins, aujourd’hui, non seulement le catholique n’est pas du monde, mais il lui devient difficile de demeurer dans le monde. Il est l’exact opposé du système idéologique triomphant du moment. Sa vision anthropologique de l’homme n’est plus partagée par la doxa qui pourtant utilise, de façon dévoyée, par le biais de l’amalgame, les mots mêmes de l’anthropologie et de perception chrétienne de la dignité. Stigmatisé, montré du doigt, agressé verbalement comme physiquement, mis au ban de la société civile, suspecté et humilié, tel est le lot de plus en plus quotidien de celui qui tente de vivre en cohérence avec sa foi. Or cette cohérence suppose une vision intégrale de l’homme, vision qui inclut Dieu lui-même et que rejette le monde. Le catholique, clairement, aujourd’hui, est la bête à abattre. Au-delà des vexations, des stigmatisations, voici que pointe le totalitarisme prônant, sans émouvoir grand monde, la fin de la liberté de conscience. Loi sur le délit d’entrave numérique, loi sur les fake-news et naturellement lois contre la liberté de conscience, alors que pour la première fois depuis de très nombreuses années, un archevêque de Paris se pose clairement face aux dérives de l’Etat et appelle derrière lui tous les catholiques qui désormais entendent un langage clair et assumé. On ne peut plus se dire catholique si on prône ces déviances inhumaines. Des choix vont d’eux-mêmes s’imposer à tous et il faudra au plus frileux, comme aux têtes brûlées, se positionner non dans le débat social, mais face au Christ Lui-même. Dans ce monde qui de plus en plus déclare la guerre aux catholiques (et donc au Christ), plus que jamais résonne la parole du Christ récemment entendue : qui n’est pas avec moi est contre moi. Parole qui prend un relief particulier pour les disciples qui ne sont pas du monde, mais dont le monde (un certain monde en tout cas) ne veut plus.

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L’Église en accusation : une belle offensive idéologique commence

Une belle offensive idéologique commence. Un jour la sénatrice socialiste ­Laurence Rossignol veut supprimer le droit des médecins à l’objection de conscience sur l’IVG. L’autre, c’est sa collègue Valérie Rabault qui exige au nom de son groupe de députés la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les affaires de pédophilie. Je suis le premier à déplorer la faillite collective de l’épiscopat. Je l’ai écrit, hélas ! maintes fois ces dernières années. L’Église aurait dû confier à une commission réellement indépendante le soin de faire toute la lumière sur ces abus. Faute de cela, on en est arrivé à la pire des situations.

De fait, sans pression extérieure, rien ne bouge jamais. Mais ces initiatives n’arrivent pas n’importe quand ni n’importe comment. Avec cette éventuelle commission, dans le contexte de forte passion que suscitent les débats bio­éthiques, il faudrait être naïf pour penser qu’un travail parlementaire sérieux puisse être mené sans arrière-­pensée politique. Si on ne va chercher les problèmes que dans l’Église, où certes ils abondent, comment certains ne soupçonneraient-ils pas que le but caché soit de la mettre au pas ? Où s’arrête le travail de vérité, où finit la laïcité qui nous protège tous ?

Crise et croissance de l’Église. Peut-on associer les deux mots ? Je me posais la question le week-end dernier, en parcourant les allées bien remplies du congrès Mission, à Paris. Si des milliers de personnes se réunissent pour parler d’évangélisation, c’est peut-être le signe que tous les vents ne sont pas mauvais. Au fond, d’ailleurs, l’Église a toujours été en crise. Elle est en crise chaque fois qu’elle échoue. Pour ne rien arranger, elle est en crise aussi, et bien davantage, chaque fois qu’elle croit triompher.

Qui a-t-on écouté ? Des lesbiennes ? Ça se saurait. À qui veut-on parler ? À ceux qu’il faut convaincre ? Ça se verrait.

En un mot, elle est en crise partout et tout le temps. C’est en crise qu’elle remplit toutes ses nefs lors des concerts de Glorious. C’est en crise qu’elle accueille les personnes de la rue, les femmes seules, les migrants, tous les hivers solidaires… Et c’est quand elle est défigurée qu’elle comprend le mieux sa nature servante. Pas d’évangélisation sans travail de vérité. Pas d’évangélisation sans humilité. Pas d’évangélisation sans proximité avec les pauvres. Pas d’évangélisation sans sainteté – mais pas de sainteté comme on voudrait faire briller les cuivres. Rien ne peut plus se faire en surplomb. Il faut que l’annonce vienne par en bas. Par chaque baptisé. Par « attraction », dirait le pape. Comme on parle à l’oreille pour toucher le cœur.

Plus encore dans l’ambiance délétère que nous connaissons, face à une violente perte de crédibilité institutionnelle. C’est en ce sens que sont au minimum datés ou insignifiants, au pis contre-productifs, les documents et rapports les mieux intentionnés, les mieux « fondés en raison », comme le dernier texte sur la PMA. Je n’ai rien à redire sur le fond du document, sérieux et intelligent quand il s’élève contre la marchandisation du corps humain ou cherche à défendre l’embryon. Mais je suis, comme tout le monde, obligé de constater qu’il y a trop de friture sur la ligne. Le texte appelle au dialogue. Mais pour dialoguer, il faut être deux. Qui a-t-on écouté ? Des lesbiennes ? Ça se saurait. À qui veut-on parler ? À ceux qu’il faut convaincre ? Ça se verrait. Il y a un abîme entre ce que l’Église-institution veut dire et la façon dont elle peut être entendue en ce moment.

Arrêtons donc de produire des mots coupés du contexte culturel dans lequel on les prononce. L’Église est « en accusation », aurait dit feu René Rémond. À raison quand elle a couvert des crimes. À tort quand on veut l’intimider. Mais dans tous les cas, mieux vaudrait qu’elle ne prête le flanc ni en couvrant ses propres abus ni en venant faire aux autres la leçon de morale, au même moment et la bouche en cœur. Sinon, qui entendra l’Évangile ?

 

Jean-Pierre Denis

Source La Vie

NLQ #Rome

Papal Foudation, des révélations… encombrantes

blogue Benoît-et-moi vient de publier la traduction d’un article de grand intérêt de Matthew O’Brien paru dans First Thingsdu 28 septembre. L’article est très long : nous renvoyons donc nos lecteurs à Benoît-et-moi pour le lire intégralement. Les extraits qui suivent mettent en lumière les inclinations sexuelles de dirigeants ecclésiastiques de la Papal Foundation (voyez notre précédent article sur cette fondation…).

*

[…] Aucun prélat n’a été plus régulièrement et intimement impliqué dans la Papal Foundation que McCarrick, qui a contribué à fonder l’association en 1988 aux côtés des cardinaux Krol de Philadelphie et O’Connor de New York. Le président actuel du conseil de contrôle des cardinaux est le cardinal Wuerl, successeur de McCarrick comme archevêque de Washington. Avant d’être élevé au cardinalat et de déménager à Rome, Kevin Farrell, alors évêque, protégé de McCarrick et son ex-colocataire à Washington, était membre du conseil d’administration de la Papal Foundation. Le président actuel du conseil des cardinaux est un autre protégé de McCarrick, l’évêque Michael Bransfield.

McCarrick a consacré Bransfield comme évêque. Avant que Bransfield ne devienne évêque, il a été recteur du sanctuaire national de l’Immaculée-Conception à Washington pendant le mandat de McCarrick à ce siège. Depuis la création de la Papal Foundation jusqu’à la création de McCarrick en tant que cardinal en 2001, McCarrick lui-même a occupé le poste qu’occupe aujourd’hui Bransfield.

Comme McCarrick, Bransfield est accusé d’abus sexuel. Sa récente démission du diocèse de Wheeling-Charleston a été annoncée le 13 septembre 2018, au moment même où le Saint-Siège annonçait la tenue d’une enquête spéciale sur Bransfield pour abus sexuel d’adultes. Avant l’annonce de l’enquête, Bransfield avait été poursuivi pendant des années par des accusations d’abus sexuels et de complicité présumée dans des viols et des agressions commis par des amis prêtres dans sa ville natale de Philadelphie.

Le premier directeur exécutif de la Papal Foundation, qui a été en fonction de 1988 à 2001, était un prêtre nommé Monseigneur Thomas Benestad. Benestad, qui a pris une retraite anticipée de son diocèse d’Allentown et qui vit maintenant à Boca Raton, en Floride, est accusé dans le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie d’avoir agressé sexuellement un garçon pendant des années au début des années 1980, alors que celui-ci avait 9 ans.
Selon le rapport, les responsables de l’application des lois de Pennsylvanie ont déterminé que les accusations contre Benestad étaient crédibles, mais ils ont refusé de porter plainte parce qu’en 2011, le délai de prescription de l’État pour les crimes présumés avait expiré. À l’époque, le diocèse d’Allentown a transmis le cas de Benestad au Vatican, et le Vatican a rétabli ses facultés sacerdotales en 2014, bien que le diocèse de Palm Beach, où il vit actuellement, ait toujours refusé de l’autoriser à y célébrer les sacrements.

Benestad, Bransfield et McCarrick ont été trois des dirigeants ecclésiastiques les plus importants de la Papal Foundation, et tous font face à de graves accusations d’abus sexuels. Certaines de ces accusations étaient amplement connues depuis des décennies, mais elles n’ont pas empêché les hommes de s’élever d’un poste ecclésiastique à l’autre. Ces hommes ont-ils utilisé le pouvoir d’octroi de subventions de la Papal Foundation pour obtenir des faveurs et acheter la protection des autorités du Vatican ? Ont-ils permis le détournement des subventions de bienfaisance de la Fondation ? La seule façon de répondre à ces questions est de mener une enquête indépendante sur la Papal Foundation et d’établir un rapport juridique sur les subventions passées […] Aucune permission de Rome n’est nécessaire. Le conseil d’administration de la fondation peut commander une enquête par un simple vote. Si la fondation n’autorise pas sa propre enquête indépendante, elle pourrait néanmoins se trouver confrontée à une enquête de la part des autorités étatiques ou fédérales.