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Entretien – Mgr Xavier Malle : « En France, on a un peu trop intellectualisé la foi »

Mgr Xavier Malle, nouvel évêque du diocèse de Gap et d’Embrun, a été interrogé par l’agence I Media, à l’occasion de sa venue à Rome avec les nouveaux évêques 

 

Le pape François a insisté devant les nouveaux évêques sur l’humilité. Comment percevez-vous cela ?


Mgr Xavier Malle : Le thème de toute la session était le discernement, sous tous ses aspects. L’humilité est la base du discernement, sans quoi tout est vicié à l’origine. Si on laisse entrer notre orgueil dans un discernement, celui-ci est vicié. C’est dans des choses très concrètes aussi, le Pape a raison. Être évêque, c’est en permanence des discernements à poser, dans la collégialité, mais après il faut prendre des décisions. Et l’orgueil ne doit pas rentrer là-dedans. Dans notre discernement, comment être disponible à l’Esprit ? L’orgueil peut être un obstacle. Il faut être à l’écoute de l’Esprit saint, de ce que Dieu veut. Les décisions sont parfois lourdes, elles peuvent toucher concrètement la vie des gens.

Comment comprenez-vous l’exigence du pape François à l’égard des évêques ?


Le pape est un peu le père de famille. Il veut le meilleur pour chacun d’entre nous. Il a cette exigence que l’on retrouve aussi dans les paroles du Christ. Le Pape dit les choses clairement, c’est ça qui est vraiment intéressant. En tout cas, on ne le sent pas comme un père Fouettard, il a en même temps une grande bonté. Quand j’ai rencontré le pape François juste après ma nomination, il m’a dit deux choses : « Soyez un père pour vos prêtres » et « soyez proche des gens ». Il insiste beaucoup sur cette proximité.

En effet, ce matin [le 14 septembre 2017, ndlr] le Pape a aussi évoqué « la culture et la religiosité du peuple ».


Le Saint-Père me touche aussi quand il parle de la religiosité populaire, il insiste beaucoup là-dessus. C’est vrai qu’en France on a un peu trop intellectualisé la foi, et on a traité avec mépris les gestes des gens qui viennent toucher la grotte à Lourdes, ou des gens qui se signent avec l’huile du Laus. Cette proximité avec les gens, se manifeste aussi dans le respect des gestes de la foi populaire. C’est vrai aussi pour nous, jeunes évêques, car ce n’est pas toujours évident de trouver la bonne position. Les gens sont tellement heureux de nous voir, il faut se laisser faire, se laisser toucher par les gens. Quelque part, c’est une générosité de se laisser faire, ce n’est pas de l’orgueil.

Que retenez-vous de ce séminaire pour les nouveaux évêques ?


Au cours de la semaine, on a beaucoup travaillé. Mais au-delà du travail intellectuel, il y a une prise de conscience d’être membre de l’épiscopat, du corps épiscopal. Nous ne sommes pas seuls, ce n’est pas « moi et mon diocèse », nous avons une responsabilité universelle. C’est finalement ce que le Pape a dit en nous voyant : « C’est le concile Vatican III ! ». Il y a une responsabilité universelle des évêques. Ces grandes rencontres nous aident à en prendre conscience, à prier encore plus pour l’Église.

Propos recueillis par Xavier Le Normand. 

 

A la une #NLQ #Rome

Europe – Le pape rencontre les directeurs des pastorales des migrants

Le 22 septembre 2017, le pape François rencontrera les directeurs nationaux pour la pastorale des migrants des conférences épiscopales d’Europe.

La rencontre annuelle des évêques et délégués responsables pour la pastorale des migrants des Conférences épiscopales d’Europe se tiendra, cette année, à Rome, auprès de la Bonus Pastor, du 21 au 23 septembre prochains.

Les deux piliers de la rencontre seront l’audience du pape François au Vatican et le dialogue-échange de points de vue avec les responsables pour la section « Migrants et Réfugiés » du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral. 

Après la présentation du rapport sur le travail mené par les Conférences épiscopales dans le cadre de la pastorale des migrants de la part du prof. Gian Carlo Blangiardo, professeur à l’Université de Milan Bicocca, les directeurs nationaux présenteront les défis actuels posés par l’accueil et l’intégration des migrants auxquels chaque pays doit faire face. Les responsables du Saint-Siège seront invités à présenter les priorités et les projets sur lesquels le dicastère Vatican se penche. Ce dialogue s’achèvera par un débat sur les modalités de coordination entre les différents acteurs de la pastorale des migrants en Europe (Saint-Siège, conférences épiscopales, organismes ecclésiaux internationaux).

Les travaux se termineront par la visite du Centre San Saba, géré par l’association Centro Astalli (le service des Jésuites pour les réfugiés en Italie) et qui accueille des hommes demandeurs d’asile qui jouissent de la protection internationale.

Les travaux sont à huis clos. Un communiqué sera distribué à la fin des travaux.

 

Source cathobel

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En rouge et noir, le roman de l’été sur la GPA, par Aude Mirkovic

Voici les aventures de deux juristes avec lesquelles vous passerez un bon moment de détente utile et optimiste, malgré la grisaille des temps qui sont les nôtres (synopsis ci-dessous).

En attendant que la distribution soit en place, vous pouvez d’ores et déjà commander ce livre en adressant à l’auteur 15 euros + 5 euros de port, soit 20 euros,

  • en effectuant un don par paypal, sans oublier de nous faire parvenir votre adresse postale par mail ;

Les moyens de protéger les enfants sont multiples : lire et faire lire un bon livre contribuera sans aucun doute à cet effort qui est l’affaire de tous !
Nous vous souhaitons un bel été.

L’équipe de Juristes pour l’enfance

 En Rouge et Noir, synopsis

Carole Pastorel, jeune avocate, souhaite porter plainte contre des sociétés américaines qui démarchent en France les clients potentiels en vue de réaliser des gestations pour autrui aux Etats-Unis. Elle sollicite l’aide de Jane Fontenoy, maitre de conférences en droit privé, rencontrée à un colloque.

Les deux deviennent rapidement amies et affrontent ensemble l’enquête sur les activités des sociétés américaines, les méandres de la procédure et la réticence du parquet à poursuivre des faits pourtant avérés.
Elles découvrent encore l’hostilité de leurs mondes professionnels et une notoriété soudaine qui les propulse sur le devant de la scène où elles doivent affronter les débats d’idées dans des contextes souvent hostiles.

Elles puisent dans leur amitié et la certitude d’agir pour un enjeu qui les dépasse l’humour et la détermination nécessaires pour aller jusqu’au bout.

Un roman sympathique, des personnages attachants, une intrigue bien ficelée : un livre qui séduira un large public désireux de se divertir sans perdre son temps ni sa bonne humeur.

 

NLQ #Points non négociables PNN

Laurent Wauquiez – Le mariage pour tous est une ligne rouge sur laquelle on ne peut revenir

Le candidat à la présidence des Républicains veut cependant revenir sur les questions de filiation présentes dans la loi Taubira. 

Laurent Wauquiezcandidat à la présidence du parti Les Républicains, veut modifier la loi Taubira en revenant sur les questions liées à la filiation mais pas sur le mariage entre homosexuels, déclare-t-il dans un entretien à Valeurs actuelles à paraître jeudi.

“Fixer des lignes rouges”. “On voit bien que la loi Taubira a ouvert une mécanique sur laquelle il est évident qu’il faut revenir. Il ne s’agit pas de démarier les couples de même sexe et le sujet n’est pas la notion de mariage, comme l’a exprimé François Fillon pendant la campagne présidentielle, mais bien de fixer des lignes rouges pour empêcher toute marchandisation et toute remise en cause de la filiation”, indique celui qui apparaissait moins nuancé en janvier dernier quand il appelait à “avoir le courage de revenir sur les lois des socialistes”, notamment celle sur le mariage homosexuel.

 

Source et suite (sur la PMA)

A la une #NLQ #Points non négociables PNN

Rétropédalage – PMA : la généralisation pour toutes les femmes ne se fera pas en 2018

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, est revenue dimanche sur ses propos du début de semaine, précisant que la généralisation de la PMA pour toutes les femmes ne se ferait pas en 2018. De son côté, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a émis des réserves sur le sujet.

 

 

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NLQ #Rome

Le pape encourage la spiritualité du Sacré-Cœur

Le pape encourage les Missionnaires du Sacré-Cœur à continuez de diffuser la spiritualité du Sacré Cœur.

Le Pape François a reçu en audience ce samedi matin, 16 septembre 2017, les participants du Chapitre général des Missionnaires du Sacré-Cœur (MSC).

Cette congrégation compte quelque 2400 missionnaires dans 42 pays. Elle a été fondée en France en 1854 par l’abbé Jean-Jules Chevalier (1824-1907), mort à Issoudun. Sa devise était : « Aimé soit partout le Sacré-Cœur de Jésus« . Son procès de béatification a été ouvert.

Le pape, qui s’est exprimé en italien, a invité les missionnaires à continuer de diffuser la spiritualité du Sacré-Cœur « dans une variété d’œuvres et d’actions qui témoignent de l’amour tendre et miséricordieux de Jésus envers tous, spécialement envers les parties de l’humanité les plus dans le besoin ».

En effet, pour le pape François, les « riches potentialités » de la congrégation « au bénéfice de l’Église et du monde ne sont pas épuisées ».

 Le pape les a encouragés à des choix « courageux » : « À l’écoute de ce que l’Esprit dit aujourd’hui à son Église et ouverts aux demandes de l’humanité, vous saurez puiser un nouveau charisme de la source réelle et inépuisable de votre charisme, ainsi que des choix courageux et des expressions créatives de la mission qui vous a été confiée. »

Il leur a spécialement recommandé de prendre soin des « brebis perdues et blessées » d’être présents « partout où un être humain attend d’être aidé et écouté ».

Mais aussi « d’éduquer et d’accompagner les nouvelles générations dans l’apprentissage des valeurs humaines et la culture d’une vision évangélique de la vie et de l’histoire ».

Le chapitre général vient d’élire son nouveau supérieur général, pour un mandat de six ans, le 11 septembre : c’est le père Abzalon Alvaro Tovar, du Guatemala. Il succède au p. Mark McDonald qui a exercé deux mandats.

Son premier geste de père général a été de laver les pieds de 5 confrères représentant les 5 continents où sont présents les MSC. Il a expliqué qu’il serait leur “serviteur” et qu’il travaillerait “en équipe”.

 

Source Zenit

Doctrine / Formation #NLH

Au fond adorer en vérité c’est quoi ?

Nous évoquions, la semaine dernière, ce qui fait un véritable disciple : l’esprit d’adoration, et vivre la miséricorde. Dans l’Evangile de Saint-Jean, Notre Seigneur affirme « l’heure vient – et c’est maintenant – où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père ».

La véritable adoration en esprit et en vérité s’oppose à une fausse adoration qui ne serait que superficielle et mensongère, c’est-à-dire une adoration extérieure qui ne correspondrait pas à une véritable attitude intérieure. Il ne suffit pas se mettre à genoux, évidemment, pour adorer, même si l’agenouillement peut être non seulement un signe d’une véritable adoration, mais peut aussi aider à adorer en esprit et en vérité. Il ne suffit pas de dire qu’il n’y a pas besoin de s’agenouiller pour adorer, si notre cœur, lui, demeure debout, camper dans son orgueil, ses certitudes, sa suffisance.

Adorer, littéralement et étymologiquement, c’est adresser une prière à Dieu. La prière ne se limite ni à des gestes, ni à des paroles. L’adoration suppose une connaissance de Celui auquel on s’adresse, une confiance, et pour tout dire, un amour de celui-ci. La première condition pour adorer en esprit et en vérité, c’est de connaître et d’aimer celui auquel on s’adresse. Cet aspect est essentiel dans notre foi chrétienne, comme le Seigneur nous l’affirme : « je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (cf. Jn 15, 15). La prise de conscience de cette rencontre personnelle, unique, individuelle et intime avec notre Dieu est vitale. C’est l’histoire même de tout le Peuple de Dieu, à travers heurs et malheurs : il s’agit de découvrir que Dieu nous aime et nous connaît chacun personnellement et individuellement. C’est cela qui touche le cœur de saint Pierre, tel que nous l’évoquions la semaine dernière.

L’adoration, comme la prière dont elle est la substance, est un acte d’amour, un acte par lequel on aime et on est aimé. Or pour cela, s’il ne faut pas d’humiliation, il faut de l’humilité. L’humiliation nous fait nous mépriser nous-mêmes, au point d’ignorer ce que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, et finalement, elle nous enferme en nous-mêmes, comme dans une prison. L’humilité, tout au contraire, parce qu’elle nous fait prendre notre place devant Dieu, sous son regard, à la lumière de son amour, nous fait sortir de nous-mêmes pour nous fait prendre conscience de nos défauts, sans nous en affliger ou leur donner plus de place qu’ils n’ont, et nous permet de découvrir nos qualités, sans orgueil ni vanité.

Se mettre à genoux, c’est dire « je t’aime » avec des paroles et avec son cœur, et c’est le vivre et le manifester dans tout son être. Lorsque nous prions dans le secret de notre chambre, lorsque nous entrons dans une église, avant la messe, pendant la messe, au moment de la consécration : ce geste nous permet de nous aider à nous recueillir. Se recueillir ce n’est pas faire le vide, mais au contraire, faire le plein ! Il s’agit de laisser à Dieu dans notre cœur, non pas simplement une place, mais sa place. Et lorsque Dieu a sa place dans notre cœur, alors chacun de nous peut prendre conscience que nous sommes dans le cœur de Dieu, et nous ne perdons rien.

Il n’est pas inutile de prendre du temps pour adorer, pour aimer. Chaque mois, une heure d’adoration du Saint-Sacrement nous est proposée pour nous aider à cette esprit d’adoration, en plaçant devant nos yeux Celui qui se donne à nous par amour : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Pour ma part, je sais combien l’adoration du saint-Sacrement a été et demeure, un point essentiel de ma vie de chrétien et de prêtre. C’est auprès des religieuses sacramentines de Bollène que j’ai appris cette adoration, avec le témoignage des bienheureuses martyres d’Orange. Je nous encourage et nous engage à prendre cette adoration au sérieux pour renouveler et affemir notre foi.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades

 

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Notre avenir est entre nos mains : Préparons la prochaine loi de bioéthique

Le Salon Beige vous propose de vous mobiliser pour défendre nos convictions et préparer la prochaine loi de bioéthique.
Pour participer à cette campagne, vous pouvez en cliquant sur l’image.

1. Apporter votre expertise juridique ou scientifique.
2. Signer notre lettre ouverte pour sensibiliser les parlementaires.
3. Financer cette campagne : opérations de communication, rédaction d’études et d’amendements, opérations de lobbying…*

 

 

Mobilisons-nous, preparons la prochaine loi de bioéthique

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Mgr Rey – Pourquoi la PMA n’est jamais acceptable

 

 

La PMA n’est jamais acceptable. Même si nous comprenons la douleur de certains couples infertiles, la PMA pose un grave problème éthique.

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Mgr Lebrun décoré de la légion d’honneur – La république reconnaîtrait-elle le sacerdoce comme service rendu ?

Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, dont le nom circule pour le siège de Paris, a été décoré des insignes de chevalier de la Légion d’honneur, vendredi 15 septembre 2017, par le préfet Fabienne Buccio, qui a salué « un parcours hors du commun ».

Dans son discours le primat de Normandie revient avec humour sur ses 32 ans de services reconnus par le journal officiel.

Il rappelle également que si tout est lié, tut ne oit pas être confondu.

Voici le discours de Mgr Dominique Lebrun :

Madame la Préfète,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Madame la Sénatrice représentant le président du conseil régional,

Monsieur le Président de la Métropole Rouen Normandie,

Monsieur le Maire,

Monsieur le Président des Maires de Seine-Maritime, et Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les hautes autorités judiciaires, militaires, universitaires, culturelles et touristiques.

Mesdames et messieurs les directeurs des services régionaux et départementaux, Monsieur le président de la section de Seine-Maritime de la Légion d’honneur, Chers amis des autres confessions chrétiennes et de la religion musulmane, Messeigneurs,

Cher Jean-Charles, cher Jean-Luc, Chers collaborateurs,

Chers amis de l’archevêché,

En vous saluant madame la Préfète, je pense à M. Bernard Cazeneuve qui devait être parmi nous. Vous vous en réjouissiez comme moi. Nous l’assurons de nos vœux les plus sincères de prompt rétablissement.

La présence de ma sœur, de mon frère et de leur conjoint ainsi que celle de ma nièce m’invitent à commencer par évoquer notre père, Auguste Lebrun. Dans cette ville, Papa reçut les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 27 octobre 1955 – Elisabeth tu étais témoin. Merci Elisabeth, Christian, François, Jeannette et Odile d’être là. Nous le savons, ce que nous sommes a de solides bases dans ce que nous avons reçu de nos parents.

Récemment, dans un de nos dialogues amicaux, Madame la Préfète vous me disiez que Maman, grâce à Dieu toujours de ce monde, devait être fière. Je répondais que Maman demeure, à 98 ans, surtout vigilante quant à mon humilité. Lors de la conversation téléphonique au cours de laquelle je lui annonçais ma nomination, Maman commença par m’interroger sur la raison de cette distinction, manière astucieuse de me faire reconnaître que la Légion d’honneur aujourd’hui remise s’adresse à ma mission plus qu’à mes mérites, à l’Eglise catholique plus qu’à ma personne.

D’ailleurs, le journal officiel de la République française, en publiant la liste des nommés, ajoute à mon nom « 32 ans de service ». Il m’a fallu quelques instants pour comprendre : si je compte bien, trente-deux ans en avril dernier, ce sont trente-deux années de vie de prêtre et d’évêque. La République considère-t-elle notre ministère comme un service pour la nation ? Personnellement je veux et je peux le penser surtout après vous avoir entendu.

Madame la Préfète, en vous saluant, je pensais aussi à vos collaborateurs. En juillet, l’un des plus proches commençait une réunion de préparation aux manifestations prévues pour le premier anniversaire de l’assassinat du Père Jacques Hamel par une présentation très rapide des personnes présentes. Il se justifiait en indiquant que tous se connaissaient depuis l’an passé, précisant « nous sommes comme en famille ».

Permettez-moi de m’appuyer sur cette réflexion aussi juste que spontanée pour vous exprimer ma gratitude, Madame la Préfète, ma gratitude envers la République en soulignant quelques aspects de la présence de la communauté catholique dans la société française.

Oui, nous sommes de la même famille, la famille humaine. C’est banal de le dire. Les croyants d’autres confessions, les non-croyants et les chrétiens, disciples de Jésus, nous sommes de la même famille. Nos mains, nos cœurs, nos têtes ne sont pas fabriqués autrement. Cela doit engendrer en nous un profond sentiment d’égalité, et une envie de partager nos différences et de nous enrichir de nos points de vue. Personnellement, je suis reconnaissant depuis longtemps aux agnostiques. Grâce à eux, je reçois ma foi non pas comme le fruit d’un raisonnement que je serai capable de tenir, à la différence d’autres, mais comme une grâce qui m’est faite. Et je continue d’interroger Dieu sur le fait qu’il m’ait choisi pour se révéler à l’intime de moi-même. Autrement dit, sachez que j’en suis profondément convaincu, la foi ne me confère aucun titre de supériorité : nous sommes de la même famille.

Oui, nous sommes de la même famille. Parfois, quand j’écoute des jeunes lycéens chrétiens me dire qu’on se moque d’eux, j’aimerais que les éducateurs s’engagent davantage pour dire qu’un croyant et un non-croyant sont de la même famille. Les chrétiens – nous pourrions le dire aussi pour d’autres confessions – ne sont ni des êtres supérieurs, ni, non plus, des attardés. Je sais qu’ici vous en êtes tous convaincus. Ne faudrait-il pas que l’école ose parler de ces choses ? Laisser l’échange sur ce qui nous habite au plus profond de nous-mêmes sans espace de dialogue éduqué, organisé, risque de conduire la société à des fractures. Elles ne sont pas loin, me semble-t-il.

Nous sommes de la même famille. Cela me fait penser à une autre expression familière très voisine que le Pape François emploie souvent : « Tout est lié ». Il développe cela dans sa lettre encyclique « Laudato si’ » sur l’écologie – vous avez noté mon intérêt pour ce thème – et le développement intégral de l’homme. La création, l’homme et la femme, leur dimension matérielle et spirituelle, la vie personnelle et la vie commune, les pays et les continents, les pauvres et les riches, le climat et la vie de la planète… la terre et le ciel, « tout est lié ».

« Tout est lié » est une expérience que chacun d’entre nous peut vivre ou percevoir au-delà d’une réflexion intellectuelle. L’année que nous venons de passer depuis le 26 juillet 2016 m’a profondément marqué en ce sens. Oui, de manière singulière, nous sommes liés, tous ceux qui ont été touchés par le Père Hamel, dans sa vie et dans sa mort. Je me sens lié à jamais aux témoins de l’assassinat – je salue Sœur Danièle – à sa famille, à la paroisse, à mes proches collaborateurs de ce moment, mais aussi à la communauté musulmane que fréquentait l’un des assassins, au maire de Saint-Etienne-du-Rouvray… député, au directeur de la sécurité publique, à Madame la Préfète – Mme Klein – aux hauts responsables de l’Etat à ce moment-là et, j’ose l’ajouter, je me sens lié aux familles des assassins. Monsieur Bernard Cazeneuve était alors ministre de l’intérieur très engagé et présent à nos côtés. Ce matin, au téléphone, il reprenait la même expression : « vous savez, Monseigneur, nous sommes liés ». Sa rapide acceptation de me remettre l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur m’a renforcé dans ce sentiment qui nous lie.

Ce lien, à travers la mort d’un homme, a une résonnance très profonde en tous, j’en suis persuadé. Pour le chrétien, cela fait écho à ce lien que Dieu, mystérieusement, a établi par la mort de Jésus. Les chrétiens croient que le Fils de Dieu, Dieu lui-même, s’est fait homme, jusqu’à la mort. Permettez-moi de dire, avec conscience, que cela est incroyable ! Et pourtant ! C’est la grande originalité de la foi chrétienne. Dieu entre dans l’histoire humaine, par la plus petite porte : un petit d’homme au nom de Jésus. Comme chacun de nous, il a balbutié, essayé puis réussi à parler, à marcher, à courir. Il ne s’est pas affranchi de la mort ! Dieu, en Jésus, entre dans les limites de l’humanité… pour que l’homme ne s’y enferme pas, ne les considère pas comme des obstacles à la vie – quelles que soient les limites que nous ressentons – et continue d’écouter son désir d’amour infini. Au contraire, nos limites deviennent les lieux où se construit l’amour puisque nous avons besoin les uns des autres.

Dire que nous sommes de la même famille, c’est en définitive, dire cela : nous sommes faits pour l’amour, l’amour infini ; la dignité d’une société voire d’une civilisation se mesure à sa capacité à reconnaître à l’amour sa place fondamentale. M. le Président de la République, le 26 juillet, affirmait que « la part sacrée » de nos vies, « tout ce qui nous rend humain » disait-il, c’est : « l’amour, l’espérance, le don de soi, l’attachement aux siens et à ses racines, le goût de l’autre ». Il ajoutait : « De tout cela, le Père Hamel est l’incarnation même, dans la discrétion et le respect scrupuleux de sa charge ».

Madame la Préfète, chers amis, dire que « tout est lié » n’implique pas que tout soit confondu. Chacun doit être à sa place. Mais personne ne peut ignorer l’autre, et sa place différente de la sienne. Alors, peut-il y avoir d’autres liens que celui du dialogue ? C’est ce que je souhaite de tout cœur pour notre société, c’est ce que l’Evangile m’apprend, c’est ainsi que Dieu agit avec moi, avec nous. Il n’y a pas de domaine qui échappe à l’amour – ou au manque d’amour ! – qui ne puisse être enrichi par le dialogue : culture, loisirs, économie, travail, justice, famille, politique, et bien sûr, religion. Peut-il y avoir un domaine qui n’ait pas besoin de dialogue ? Vous ne seriez pas ici si tel était le cas. Les dialogues quotidiens dans tous ces domaines alimentent la paix, enrichissent la société et augmentent les capacités de tous à en être de bons acteurs.

Le dialogue n’est pas toujours facile. Les tentations – ce n’était pas le cas entre nous – du mensonge, de l’orgueil ou de la vanité, l’attrait pour le pouvoir ou le respect humain sont autant de pièges qui brisent et divisent la famille humaine au lieu de l’unir. Il reste alors le dialogue suprême qu’est le pardon. A quelques distances du 26 juillet 2016 mais éclairé par ce jour, je veux vous dire que le pardon, et déjà le désir de pardon est source de plus grande joie.

Madame la Préfète, en accueillant cette cérémonie à la préfecture, vous manifestez votre attachement au dialogue que je connais depuis plusieurs années. Chers amis, soyez tous remerciés d’y contribuer chacun à votre manière. Puis-je vous demander un service encore : ne pas hésiter à me reprocher ce qui vous paraîtrait, chez moi ou dans la communauté catholique, un manque de dialogue. Vous me feriez, vous nous feriez l’honneur de penser que telle est notre mission, vous nous feriez l’honneur de penser que nous sommes capables de progresser et, surtout, de demander pardon, forme la plus haute du dialogue pour le chrétien ; enfin vous m’aideriez à vivre ces trente-deux années de service comme un début à poursuivre !

Puis-je vous dire aussi ma prière pour vous et pour la mission qui est la vôtre à chacun, au service de l’amour entre les hommes et les femmes de notre territoire normand que j’aime ?

Je vous remercie de votre attention et de votre amitié.

Dominique Lebrun Archevêque de Rouen