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Edito #129 : Incompris Sacré Cœur !

S’il est une spiritualité qui est bien mal reçue c’est bien celle du Sacré Cœur. Parfois récupérée, quelque fois galvaudée, régulièrement dévoyée, la spiritualité du Sacré Cœur est mal comprise par bien des fidèles. Il faut dire qu’elle pâtit de l’engouement que lui porta le XIXème siècle qu’on se plait aujourd’hui à décrier.

Mais au XIXème siècle plus que la spiritualité, c’est la dévotion qui irriguait la vie de la plus reculée des paroisses. Une dévotion qui oscille entre superstition et amour d’une grande profondeur poussant bien des fidèles à une consécration personnelle ou collective. Et c’est bien l’ambiguïté de cette spiritualité toute particulière. La spiritualité du Sacré Cœur n’est pas simplement une spiritualité parmi d’autres, comme un des chemins de sainteté proposé par un saint. La spiritualité du Sacré Cœur est celle du Christ Lui-même, proposé par le Christ en personne. Elle est Lui-même et en ce sens tournée vers la dévotion (entendons la charité) et se revêt plus qu’elle ne se suit.

La spiritualité du Sacré Cœur n’est pas un chemin de vie, mais un véritable état de vie dans la consécration. Et par là, elle regroupe toutes les spiritualités, les surpasse, les accomplit. La grande demande qui traverse toute la spiritualité du Sacré Cœur au point de se muer en dévotion et de se plonger en consécration trouve son écho dans la demande du Christ à Sainte Marguerite Marie de lui donner son cœur.

Car la spiritualité du Sacré Cœur est un cœur à cœur amoureux, consumé d’ardeur. Ce brasier amoureux est un tison qui n’aspire qu’à embraser tous les cœurs, pour qu’enfin l’amour soit aimé. On comprend pourquoi cette spiritualité ne peut qu’être une consécration et une dévotion. Mais dévotion entendue en ce sens du XVIIème siècle, celui dont use le fondateur de l’ordre dans lequel s’est révélé cette flamme intense. Saint François de Sale, lorsqu’il titre son ouvrage de direction spirituelle, introduction à la vie dévote, il n’entend pas faire un livre de « pieusetés ». Mais lorsqu’il explique le sens de dévotion, il lui donne sa plénitude dans le degré suréminent d’amour qu’il suppose.

Pour bien comprendre cette spiritualité, il convient en effet de l’éclairer à la lumière de la spiritualité dans laquelle elle a été révélée, celle de l’ordre de la Visitation. En soit tout un programme. Un ordre fondé pour visiter, au nom de la charité, les plus démunis et qui se trouve contraint par le droit canon de l’époque de demeurer cloîtré dans la contemplation. Outre le contenu des règles et des écrits des deux fondateurs, il y a deux grands enseignements de cette histoire de fondation.

Le désir de charité se puise et retourne à la contemplation, à l’amour même de l’amour. Mais il y a un autre enseignement, intimement lié à la spiritualité du Sacré Cœur. Un enseignement qui traverse les messages parfois rudes de Jésus à sainte Marguerite Marie Alacoque. La spiritualité du Sacré Cœur est une spiritualité de l’abandon, du renoncement. Se consacrer c’est s’offrir pleinement au Sacré Cœur. C’est saint Jean Baptiste qui diminue en nous, pour que le Christ grandisse. C’est l’anéantissement de l’amour propre (ligne directrice de l’introduction à la vie dévote) pour épouser la volonté même du Sacré Cœur.

C’est se renoncer soi-même par amour et en toute confiance. Telle est la véritable spiritualité du Sacré Cœur. Telle est la véritable dévotion, amour de l’amour mal aimé. Telle est l’unique et absolue consécration.

Baudouin d’Alixan

Ce sont ces piliers et ces gros médicaments que nous nous proposons d’explorer au fil des mois sur InfoCatho.

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Edito #128 : La doctrine sociale de l’Eglise au quotidien

La doctrine sociale de l’Eglise touche un pan tellement immense de la vie ordinaire que pas une journée ne se passe sans que nous soyons confrontés de multiples fois à elle. Tout ce qui concerne le rapport aux autres dans notre agir social, politique et économique est pris en compte par la doctrine sociale de l’Eglise. Or le social c’est la vie en société, c’est l’assistance aux autres, c’est le lien que nous avons avec ceux que nous croisons, comme parents d’élèves, spectateurs d’un concert. La vie politique c’est notre engagement pour la cité, aux élections, dans le milieux associatif, culturel, dans un mandat, dans le lobbying, … La vie économique c’est notre métier, mais aussi notre consommation, notre relation à l’argent. Bref, toute notre vie est concernée par la doctrine sociale de l’Eglise.

Pour autant, il ne faut pas la voir comme un carcan étouffant et moins encore comme une grille de cases à cocher qui nous enfermeraient dans un déterminisme castrateur. Bien au contraire, la réalité de la doctrine sociale nous pousse à la responsabilité, c’est-à-dire à toujours plus de liberté. Mais il faut bien reconnaître que s’y retrouver au quotidien n’est pas des plus aisés dans un monde complexe où les finalités ne sont plus si claires.

La doctrine sociale de l’Eglise est donc là pour clarifier la lecture du monde complexe quotidien. Le contenu de cet enseignement ne vise pas à nous dire que faire, mais comment faire. Ce comment faire n’est pas non plus directif puisqu’il s’agit non d’un mode d’emploi, mais d’une boussole et d’une carte. Une boussole pour nous indiquer la finalité de toute chose et une carte pour les ordonner afin de trouver sa route à chaque carrefour que la vie nous présente. C’est-à-dire à chaque fois que nous prenons une décision, fût-ce celle d’acheter du café.

Autant dire qu’on ne va pas aller consulter le Compendium de doctrine sociale de l’Eglise à chaque rayonnage. Aussi, il y a deux niveaux à prendre en compte. Le quotidien ordinaire et le quotidien compliqué. Le quotidien ordinaire est celui de nos actes banaux, répétitifs dans notre vie de tous les jours, au travail, à la maison, en société, au supermarché. Pour ce type d’actes, il faut acquérir un réflexe orienté vers le bien, ce qu’Aristote appelle tout simplement la vertu. C’est-à-dire une disposition naturelle aux bons choix, une sorte de réflexe qui précisément ne demande pas d’aller chercher la réponse dans un livre à chaque acte, mais de l’acquérir une fois pour toute.

Pour ce faire, il y a deux clefs dans la doctrine sociale de l’Eglise. La boussole nous donne la finalité ultime de toute chose : le bien. Mais pas n’importe quel bien, celui qui se trouve dans le bien commun, à savoir le bien réel de toute l’humanité et de chacun en particulier. Il convient de l’identifier, ce qui veut dire connaître l’homme et sa finalité ultime qu’est Dieu. La carte est l’ensemble des étapes intermédiaires à passer pour atteindre le bien. Ce que nous pouvons appeler les piliers de la doctrine sociale de l’Eglise. A chaque décision, donc à chaque instant ou presque, nous devons garder à l’esprit cette question : mon choix me conduit-il, moi et les autres, à l’union intime avec Dieu. Et notre reflexe est de passer au crible des piliers de la doctrine sociale de l’Eglise le meilleur chemin possible pour rejoindre le bien. Sortir du chemin proposé par ces piliers suppose que nous sortons du chemin du bien. Notre liberté reste entière, mais le résultat est sensiblement différent. Là intervient cette dimension particulière de l’Homme, la responsabilité.

Le second niveau est celui des décisions complexes qui sont souvent celles des grandes orientations de vie. Là, la doctrine sociale de l’Eglise propose des réflexions et des clefs de discernement plus poussées auxquelles se reporter comme le médecin consulte son gros livre des médicaments.

Ce sont ces piliers et ces gros médicaments que nous nous proposons d’explorer au fil des mois sur InfoCatho.

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Requiem pour la droite catho !

C’est le cri de triomphe de France culture après des années d’angoisse de la gauche devant l’hydre conservateur catholique gonflant mois après mois. Réjouissance paranoïaque de la bête aux abois qui cherche à se rassurer, rien n’est moins faux que cette affirmation désinformatrice. Échec électoral évident et attendu, plus mois annoncé et certainement espéré par les LR eux-mêmes, comme je l’ai dit dans une autre tribune, mais échec plus exactement des LR encore plus que de la droite catholique.

C’était en un sens une erreur que de mettre François-Xavier Bellamy en tête de liste. Une erreur pour les LR qui ont mal calculé leur propre déconfiture, parce qu’ils refusent de voir que leur mouvement n’est plus de droite quand leur électorat l’est de plus en plus. Une erreur aussi d’un parisiano-centrisme qui pense que la Province doit se plier au comité central, ce qui fut la disciple RPR et UMP des années durant. Une discipline qui ne fonctionnait que tant que les centristes de droite étaient leurs alliés, réellement implantés localement avec leur indépendance. L’UMP a non seulement vidé le centre, mais asphyxié le gaullisme.

Or le vote catholique reste un vote conservateur et local. Les catholiques, parce que c’est dans leur ADN, sont des adeptes inconscients de la politique de proximité, de la subsidiarité et de la localité. Un schéma mental qui échappe totalement à la centrale LR. On peut analyser de nombreuses manières le scrutin des Européennes et les enseignements en sont très riches. Mais les politiques ne veulent pas les voir parce que les résultats sont, sans appel, un requiem pour leur système déjà mis à mal par le tsunami manipulateur En Marche.

Or précisément, dans cette déroute généralisée, le PS a disparu, les LR sont rachitiques, LREM est balayée, la France Insoumise est ligotée à terre, le RN demeure en crise perpétuelle, les Verts font illusions en récupérant le vote idéaliste de jeunes qui croient en un retour aux sources et non aux idéologies transgéniques des partis dits écologistes. La seule force qui demeure, avec une doctrine et une consistance, ce sont les catholiques précisément.

Mais longtemps tenus à l’écart de l’échiquier politique, ils sont comme des enfants naïfs et candides. La politique comme engagement, comme aire de combat leur est devenue étrangère. Alors la force électorale réelle est disparate, éclatée, divisée et indécise. Mais parler de requiem de la droite catholique, alors que pour la première fois depuis longtemps un candidat identifié comme tel se retrouve tête de liste, même contestée comme conservateur et finit par obtenir un poste somme toute important, non ce n’est pas un requiem mais au contraire un renouveau, le signe de ce fond en mouvement depuis 2013 qui, loin de mourir, prend conscience de sa réalité politique et de sa consistance.

Quelle sera l’étape suivante ? Personnellement je milite pour la prise d’engagements aux prochaines municipales afin de donner une assise locale forte à ce monstre effrayant pour le système idéologique en place qu’est le vote catholique désormais identifié. Effrayant par le nombre et effrayant parce que les catholiques, par nature en France ne sont pas dissociables du pays. Qu’ils continuent à relever la tête, prendre conscience de leur force grandissante et le colosse aux pieds d’argile tombera de lui-même. Demeure une crainte, serons-nous prêts à recueillir les morceaux ?

 

Enguerrand de Montf

 

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Comment célbrait-on la Pentecôte à Jérusalem au IVème siècle

Suite et fin de notre série sur les fêtes pascales, l’Ascension et la Pentecôte à travers les récit d’Egérie. Merci au professeur Thelamon pour ce roman historique liturgique

A Jérusalem avec Égérie pour célébrer la Pentecôte

 

Après avoir juste indiqué : « Le jeudi, quarantième jour, l’office se célèbre de la manière habituelle », Égérie décrit les célébrations du cinquantième jour qui comportent en fait la commémoration de l’Ascension du Seigneur au mont des Oliviers et celle de la descente du Saint Esprit sur les apôtres à Sion. En 384, à Jérusalem, l’Ascension n’était pas encore célébrée au quarantième jour (v. Infocatho …).

Comme lors des fêtes pascales le clergé, moines, moniales, ascètes et tout le peuple fidèle parcourent en longues et lentes processions les lieux où ces évènements se sont produits. Une journée longue et fatigante, du chant du premier coq à la nuit tombée, souligne Égérie.

De bon matin …

« Le cinquantième jour après Pâques, un dimanche, qui est une journée très chargée pour le peuple, on fait comme d’habitude depuis le chant du premier coq : on fait la vigile à l’Anastasis, pour que l’évêque lise ce passage de l’évangile qu’on lit toujours le dimanche, celui de la résurrection du Seigneur.[…] Quand le matin est venu, tout le peuple se réunit dans l’église majeure, c’est-à-die le Martyrium, et on fait tout ce qu’il est d’usage de faire : les prêtres prêchent, puis l’évêque, on offre l’oblation comme on a coutume de faire le dimanche. Mais ce jour-là, on hâte le renvoi du Martyrium pour qu’il ait lieu avant la troisième heure.

En effet, quand on a fait le renvoi, tout le peuple sans exception conduit l’évêque à Sion, avec des hymnes, mais de manière qu’on soit à Sion juste à la troisième heure. »

Sion, le lieu de la descente du Saint-Esprit

A Jérusalem, c’est sur le lieu et à l’heure même où se produisit la descente du Saint Esprit sur les premiers disciples qu’il est fait mémoire de l’évènement. Cette commémoration est marquée par une seconde célébration de l’eucharistie comme le Jeudi-Saint et durant la nuit de Pâques.

« Quand on est arrivé à Sion, on lit ce passage des Actes des Apôtres où l’Esprit descendit, de sorte que les gens de toutes langues comprenaient ce qui se disait. Ensuite on fait l’office de la manière habituelle. Les prêtres lisent ce passage des Actes des Apôtres parce que, d’après cette lecture, c’est à cet endroit, à Sion – où se trouve maintenant une autre église – que la foule s’était jadis rassemblée après la passion du Seigneur avec les Apôtres lorsque cela eut lieu […]. Après cela l’office a lieu de la manière habituelle ; on fait l’oblation ici aussi, et avant le renvoi, l’archidiacre élève la voix et dit : “ Aujourd’hui aussitôt après la sixième heure, soyons tous présents sur l’Éléona, à l’Imbomon.”  Tout le peuple retourne alors, chacun dans sa maison, se reposer. »

 

Sur le mont des Oliviers, l’Imbomon, le lieu de l’Ascension

La cérémonie à l’Imbomon commémore en fait l’Ascension, mais la topographie et le souci de respecter l’heure des événements, l’emportent sur la chronologie, et  c’est ainsi qu’on fait mémoire de l’Ascension l’après-midi après avoir commémorer la Pentecôte le matin.

« Après le déjeuner, on monte au mont des Oliviers, l’Éléona, chacun comme il le peut, de sorte qu’il n’est pas un chrétien qui reste dans la ville et que tous s’y rendent. Quand on est monté sur le mont des Oliviers, l’Éléona, on va d’abord à l’Imbomon, l’endroit d’où le Seigneur est monté aux cieux. L’évêque et les prêtres, mais aussi tout le peuple, s’assoient là. On y lit des lectures, on intercale des hymnes, on dit des antiennes appropriées à ce jour et à ce lieu : les prières qu’on intercale sont aussi en de tels termes qu’elles conviennent au jour et au lieu. On lit aussi le passage de l’évangile qui relate l’ascension du Seigneur (Luc 24, 50-51), on lit encore, tiré des Actes des Apôtres, le passage où il est parlé de l’ascension du Seigneur dans les cieux après la résurrection (Ac 1, 9-11). Les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles. »

A l’Éléona : le lucernaire

« Puis on redescend, alors qu’il est déjà la neuvième heure, et on va de là avec des hymnes, à l’église qui est, elle aussi, à l’Éléona, dans laquelle est la grotte où le Seigneur s’asseyait pour instruire les Apôtres. Quand on est arrivé là, c’est la dixième heure passée ; on y fait le lucernaire, on dit une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles. »

Le retour en ville à la nuit tombée : une procession lente et recueillie

« Ensuite on descend de là avec des hymnes, tout le peuple sans exception accompagnant l’évêque, tous disant des hymnes et des antiennes appropriées à ce jour. Ainsi va-t-on lentement, lentement, jusqu’au Martyrium. Quand on arrive à la porte de la ville, c’est déjà la nuit ; on apporte des flambeaux d’église, au moins deux cents, à cause du peuple. Comme la porte est assez loin de l’église majeure, le Martyrium, on n’y arrive que vers la deuxième heure de la nuit, car on va toujours lentement, lentement, pour que cette marche ne fatigue pas le peuple. On ouvre les grandes portes qui donnent sur le marché et tout le peuple entre au Martyrium avec des hymnes, accompagnant l’évêque. Quand on est entré dans l’église, on dit des hymnes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles.

On va ensuite avec des hymnes à l’Anastasis. Lorsqu’on est arrivé, on dit des hymnes et des antiennes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles ; on fait encore de même à la Croix. De là tout le peuple chrétien sans exception escorte encore l’évêque à Sion. Lorsqu’on y est arrivé, on lit des lectures appropriées, on dit des psaumes et des antiennes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles, et l’on fait le renvoi. Alors tous s’approchent à portée de main de l’évêque, puis chacun rentre dans sa maison vers minuit. »

Et Égérie, sans doute épuisée, de conclure :

« Ainsi ce jour-là, on a dû supporter une très grande fatigue, puisque, depuis le chant du premier coq, on a fait la vigile à l’Anastasis et qu’ensuite, tout au long du jour, on n’a jamais eu de cesse ; toutes les cérémonies se sont tellement prolongées que c’est à minuit, après le renvoi qui a lieu à Sion, que tous rentrent dans leurs maisons. »

Égérie, Journal de voyage, 43, 1-9, trad. Pierre Maraval, coll. « Sources chrétiennes » 296.

 

Quittons Égérie et Jérusalem

Ainsi avons-nous suivi Égérie, du début du Carême à la Pentecôte 384, dans presque tous les sanctuaires érigés sur les Lieux saints de Jérusalem où se déroulaient les célébrations depuis le chant du premier coq à l’aube, avant même le lever du soleil, qui « sonnait le réveil » et le début de la liturgie journalière, et duraient jusqu’au milieu de la nuit les jours de fête.

Lors des fêtes pascales et de la Pentecôte, le peuple chrétien tout entier, escortant l’évêque, parcourt ces lieux en une lente procession. A plusieurs reprises, Égérie fait état de cette lenteur et y voit une façon de ménager le peuple, de lui éviter une fatigue excessive. Peut-être faut-il plutôt y voir, la volonté de vivre pieusement des célébrations, d’autant plus solennelles et poignantes qu’elles se déroulent dans les pas même du Christ, qu’elles empruntent un chemin qu’il a parcouru, qu’elles commémorent sa mort et sa résurrection, son ascension, la descente du Saint-Esprit. S’avancer lentement, en marchant d’un pas lent et mesuré, dans le calme et le recueillement, en méditant, en revivant ces événements, correspond tout à fait au comportement que Jean Chrysostome recommandait à la même époque aux chrétiens d’Antioche, trop enclins à manifester une exubérance festive déplacée. C’est que, dans les processions et plus encore pour aller communier, leur explique-t-il : « Lorsque tu marches, pas à pas, dans l’église, lorsque tu participes à la prière, à l’instruction spirituelle, le déplacement se fait pour la gloire de Dieu » (Jean Chrysostome, Discours sur les kalendes, 3).

Mosaïque byzantine du Vè siècle, représentant les quatre Evangiles. © Dagli Orti/Aurimages

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Edito #127 : Temps ordinaire, comment vivre l’entre deux temps forts ?

Voilà ! après 40 ans jours de carême, cinquante de temps pascal, après le violet, le rose, le blanc, le doré et le rouge, il est temps de se mettre au vert. Tendus vers Pâques, tendus vers l’Ascension, tendus vers la Pentecôte, tendus vers Noël, les chrétiens vivent au rythme de la vie même du Christ. Heureux de sa naissance, inquiets de ses souffrances, tristes de sa mort, mais rayonnants de sa résurrection, il leur faut aussi vivre la vie cachée, ordinaire de leur Sauveur, dans toute son humanité.

Durant le temps de l’Avent nous sommes concentrés sur la naissance de l’enfant Jésus et la contemplation de ce mystère nous émeut, nous rejoint dans une étonnante humanité. Cette proximité nous aide à comprendre un des aspects de la mission du Christ et dans cette contemplation nous apercevons la distance entre notre vie et l’appel à l’absolu de l’abandon et de la confiance. Cette distance peut nous conduire à des conversions, réchauffant notre ardeur pour le Christ. Et puis la joie de Noël nous donne à approcher plus d’un mystère de l’humanité elle-même, mais bien que partageant l’enfance de Jésus et la vie de la Sainte Famille, les presque deux mois de proximité s’étiolent et la crèche disparait plus qu’elle ne pénètre le quotidien de l’ordinaire, dans une chandeleur parfois bien pâlichonne.

Un court temps banal nous donne plus l’impression d’une pause avant l’ascension de l’Everest quadragésimal. Le quotidien reprend ses droits d’autant plus que « nous aurons le carême pour nous rattraper ». Un petit mardi gras festif pour faire passer le goût de cendre et nous voici pour une quarantaine de jours d’efforts, plus ou moins bien choisis, plus ou moins bien tenus, mais dont les écarts ravivent plus la mauvaise conscience qu’au temps ordinaire. Comme s’il était plus culpabilisant d’être « mauvais chrétien » en violet qu’en vert.

Mais au-delà de nos faiblesses et de nos abandons, nous aurons tout de même passé un carême et temps pascal aux côtés du Christ, un peu plus près qu’à l’ordinaire et très différemment de l’Avent et de Noël. Les efforts plus radicaux portent des fruits divers et plus ou moins durables, mais ils nous auront fait compagnons de route du Christ.

Lorsque revient le printemps et sa verdure liturgique, il y a bien encore ici ou là quelques temps forts pour nous rappeler au Christ quotidien, mais en dehors des solennités du Sacré Cœur, de l’Assomption ou de la Fête Dieu, que voulez-vous, la vie s’écoule et n’est pas un long fleuve tranquille. Il y aura peut-être un pèlerinage, des JMJ, un événement personnel ou familial, mais globalement, les belles déclarations d’amour et d’intention s’affadissent. Jésus pleuré sur la Croix, porté en triomphe à Pâques, devient un filigrane qui s’estompe dans son Ascension.

Comment faire du temps ordinaire un temps de vie tout aussi intime ? Comment entre deux temps forts rester aussi proche du Christ ? Il me semble que c’est en faisant du temps ordinaire le temps de la vie cachée de Jésus. Ce temps où finalement il fut le plus proche de nous. Le contempler dans son propre temps ordinaire où il nous a rejoint. Jésus se lève le matin, il commence par prier. Il déroule sa matinée le plus banalement du monde. Il travaille avec son père, il discute avec ses proches, il se promène sur les routes. Plus grand, son métier change, de charpentier il devient enseignant, mais il continue toujours une vie banale émaillée de choses moins ordinaires, comme aller à un mariage, faire du bateau avec des amis, une randonnée en montagne. A midi il déjeune avec ses parents, ses proches, ou chez des amis. Il est invité pour le repas, pour dormir parfois sans doute. Il prie à midi, se remet en route, au travail, reste ouvert et accueillant à ceux qu’il croise sur son lieu de travail, de repas, de promenade. Il dit la prière du soir, il dîne, prie avant d’aller dormir jusqu’au lendemain.

Mais tout cela il le fait le plus ordinairement du monde. En de rares occasions un miracle. Il écoute il enseigne et fait tout avec une seule directive : faire la volonté du père. A plusieurs reprises il décline offre ou proposition parce que son heure n’est pas venue ou que ce n’est pas là que son père l’attend.

Voilà notre temps ordinaire. L’imitation de l’ordinaire de Jésus avec une question guide : à ce moment précis qu’est ce que le Christ aurait fait ? Ne nous disons pas qu’il avait une vie extraordinaire qu’il était Dieu. L’essentiel de ce qu’il a fait, il l’a fait dans son humanité. Et dans cette humanité, bien des saints ont eux aussi fait des miracles, dans une vie ordinaire qu’ils ont rendu extraordinaire par leur attachement au Christ.

Baudouin d’Alixan

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Vincent Lambert, Macron démasqué, une victoire de la vérité, une agonie du mensonge.

 

« La vérité vient toujours à la lumière » disait saint Jean-Paul II. L’affaire Vincent Lambert vient, au dépend de l’intéressé, apporter un témoignage cinglant à cette vérité.

Alors qu’on réclamait à Emmanuel Macron d’intervenir pour que Vincent Lambert ne soit pas soumis à une mort injuste et atroce, le président prétextait ne pas avoir compétence pour cela. Mais curieusement, alors que la loi s’impose à tous, le gouvernement tente de faire changer le cours des choses qui ne vont pas dans son sens.

Il est certain qu’Emmanuel Macron, dictateur à peine dissimulé, ayant la justice boboïsée à ses pieds ne s’attendait pas à ce que cette même justice le force à sortir du bois. Ne pouvant pas ouvertement adresser une lettre de cachet, voici que le gouvernement tente de rattraper son idéologie par la loi en faisant appel, on se demande bien pourquoi, alors même que l’ONU a tiré la sonnette d’alarme.

Nous avons là une illustration de l’hypocrisie du pouvoir en place. Une illustration de l’illusion démocratique et une illustration des lutes internes de toute idéologie qui repose sur le mensonge.

Le mensonge étant, instablement assis sur de l’irréel, il ne peut qu’un jour ou l’autre se retrouver face à lui-même, mettant face à face les deux bouts de sa queue diabolique. La campagne menée autour (ou ne vaut-il pas mieux dire contre ?) Vincent Lambert a fait feu de tous les artifices, a utilisé tous les ressorts de la manipulation, laissant au mensonge la part belle. Mais c’était oublier qu’aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, il est facile de fissurer le mensonge et de mobiliser la vérité.

Il est probable que le gouvernement pro mort d’Emmanuel Macron saura biaiser avec la vérité et avec la loi et il est malheureusement fort possible que Vincent Lambert soit le martyr de cette idéologie qui se moque bien de lui. Mais nous avons aussi pu constater qu’en brandissant envers et contre tout la vérité, nous pouvons être une entrave au déploiement des forces du mal.

Alors quoiqu’il arrive de la suite ne nous décourageons pas, sous prétexte d’une défaite. Regardons tout le terrain que nous gagnons, la force que nous déployons toujours plus, actions après actions. Mesurons notre progression et poursuivons toujours et encore notre marche vers le triomphe du bien.

Macron est dévoilé. Il fera mine de s’en moquer. Mais tout cela ébranle le mensonge et renforce le camp du bien qui ne cesse de grandir, quand le mal se fissure, se divise et entre en agonie.

 

Enguerand de Montf

Source

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Père François Jourdan : Le Christ est-il venu aussi pour les musulmans ?

Bizarrement, il semble que ce ne soit pas si évident. Mais tant d’autres questions se cachent derrière celle-ci

 

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NON, Marlène Schiappa, nous ne voulons pas de votre PMA !

Par leur loi, les dirigeants français actuels vont ouvrir la Procréation médicalement assistée (PMA) aux couples d’homosexuelles et aux femmes célibataires.

Et ils envisagent déjà d’enchaîner sur la légalisation de la Gestation pour autrui (GPA)…

Avec SPERO, dénoncez et alertez sur cette dérive inhumaine :
signez la pétition ! 

Si vous n’arrêtez pas ce sinistre processus maintenant, cette pente glissante nous mènera logiquementjusqu’à l’ouverture d’un marché légal d’organes, une véritable traite d’esclaves, où les plus pauvres seront poussés à se vendre eux-mêmes, en pièces détachées.

Vous pensez peut-être que c’est exagéré, caricatural  ?

Continuez de lire et jugez-en par vous-même.

Car voici les étapes de la dérive actuelle qui mène logiquement à une traite légale d’esclaves en France.

La PMA est un acte médical pour contourner l’infertilité, c’est-à-dire l’incapacité de concevoir des enfants, malgré les rapports sexuels fréquents d’un homme et d’une femme en âge de procréer. On provoque artificiellement la conception de plusieurs bébés dans une éprouvette pour en implanter certains dans le ventre de leur maman.

Par une manipulation subtile du sens, des idéologues ont étendu ce mot « infertilité » pour aussi désigner la « stérilité » des couples d’homosexuelles et des femmes célibataires, qui ne peuvent naturellement pas concevoir d’enfant.

Ainsi, ils ont renommé l’infertilité, qui ne peut réellement concerner que des parents naturels. Ils ont fait passer le pléonasme « infertilité pathologique » dans le débat, pour créer de toute pièce une pseudo « infertilité » pour les couples homosexuels et les femmes célibataires.

Et si on traite l’infertilité des uns, pourquoi pas celle des autres ?

Sous prétexte d’égalité et de lutte contre les discriminations, ils veulent donc instaurer un « droit à l’enfant » et donc « avoir droit » à la PMA.

Pour l’encourager, elle sera même remboursée par vos impôts, promet Marlène Schiappa, via la Sécurité sociale ! Même si cette infertilité virtuelle n’a rien de pathologique et que cette PMA sera une intervention de confort…

Évidemment, ce ne pourra pas être l’enfant naturel des couples de femmes ou des célibataires : il faudra au moins un père inconnu, donneur de sperme.

Ou une mère donneuse, puisqu’on ne pourra pas non plus refuser un enfant à des couples d’hommes, pour le même principe d’égalité juridique.

Ce qui impose de réinventer le mot « parent », pour faire passer la Gestation pour autrui (GPA) dans la loi.

Dans son rapport bioéthique, Jean-Louis Touraine, député du parti de Macron et franc-maçon au Grand-Orient, propose déjà de reconnaître le « parent » d’intention des enfants nés par GPA à l’étranger.

Le coin sera ainsi enfoncé pour légaliser la GPA en France : « C’est une question qui viendra en son temps dans les législatures futures  », dit-il tranquillement.

Dans tous les cas, les bébés-éprouvettes sont soigneusement discriminés avant d’être implantés dans le ventre de leur mère. Les autres sont tués ou gardés au congélateur pour plus tard.

Selon quels critères ces êtres humains sont-ils ainsi triés et sélectionnés ?

Quand on a accepté de s’écarter du réel par les mots, faisant passer la stérilité naturelle pour une infertilité, rien n’empêche de glisser de simple critères « médicaux » à d’autres critères : couleur, taille, poids, etc.

Et surtout, face à ce nouveau « droit à l’enfant », comment encourager les donneurs de sperme et les donneuses d’ovocytes pour pallier la pénurie qui viendra inévitablement ?

En les payant.

D’autres pays l’ont déjà fait. Pourquoi pas la France ?

Quand on est engagé sur cette pente, la logique est implacable.

Ainsi s’ouvrira tranquillement un premier marché aux enfants, enfant qu’on pourra presque choisir sur mesure, comme on choisit sur plan une maison à bâtir.

Mais il n’y aura aucune raison de s’arrêter ici, sur cette pente de l’horreur.

Puisqu’on aura accepté que certains vendent leur sperme ou leurs ovocytes…

Puisqu’on aura accepté que des femmes « louent » leur utérus à des multinationales de la procréation, véritables fermes d’élevage humain…

… pourquoi ne pourrait-on pas aussi vendre son sang ?

… Et des morceaux de foie ?

… Et un rein ?

Ainsi le marché aux enfants s’étendra logiquement en un vaste marché aux esclaves, où les riches pourront puiser les organes des plus pauvres…

Mais cette pente glissante sur laquelle nous sommes déjà engagés n’est pas une fatalité.

Car toute cette mécanique infernale repose sur un simple mensonge.

Un mensonge discret sur lequel toute cette course folle repose.

Ils font croire que votre corps serait comme une machine, qui vous appartiendrait.

Que l’être vivant ne serait qu’un amas de cellules qu’on peut customiser comme une voiture…

Et qu’on n’arrêterait pas « l’innovation ».

Sauf que votre corps n’appartient à personne.

Pas même à vous.

Quand une fille est violée, ce n’est pas son vagin qui est violé.

Ce n’est pas seulement son corps.

C’est elle tout entière.

Vous ne possédez pas votre visage.

  • Vous ÊTES votre visage.
  • Vous êtes votre main.
  • Vous êtes votre sexe.
  • Vous êtes votre cerveau.
  • Vous êtes votre sang.
  • Vous êtes votre coeur…

C’est évident.

Et la biologie le confirme : vous êtes unique dès votre conception. Si on transplante votre coeur, c’est votre vie, signée par votre ADN, qui sauve celle d’un autre et le maintient en vie.

Comme vous ne possédez pas votre corps, et comme vous êtes aussi ses parties, si vous décidez de louer ou de vendre un de vos organes, c’est VOUS-MÊME que vous vendez.

Vous entrez de fait dans une soumission d’esclave.

Et c’est pour refuser cela, pour alerter tous les êtres humains, à commencer par tous les Français, que SPERO lance cette grande pétition : pour dénoncer ce mensonge et refuser cette nouvelle traite d’humains qui se profile logiquement.

SIGNEZ LA PÉTITION !

En signant la pétition,

  • vous dénoncez le mensonge à l’origine de cette course folle : NON le corps humain n’est pas une marchandise qui peut se posséder ou se vendre !
  • Vous refusez que la PMA puisse être proposée par confort et même encouragée par un remboursement de la Sécurité sociale.
  • Vous refusez toute forme de GPA, qui est déjà une forme d’esclavage.
  • Vous refusez toute traite d’humains sous couvert pseudo-médical.

Marlène Schiappa l’a annoncé : la décision sur « l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules » doit avoir lieu « avant l’été ». . Et la GPA arrivera très vite dans les débats : déjà plusieurs couples passent les frontières pour cela.

Pourtant, nous gardons l’Espérance.

C’est la traduction même du latin « SPERO » : “j’espère”.

Oui, nous croyons fermement qu’un changement est possible

Les lois des hommes se font et se défont. Il n’y a pas de fatalité. Les lois iniques doivent être remises en cause.

Si une loi conduit à l’esclavage, est-elle un progrès ?

Bien sûr que non !

Vous le savez, la vérité rend libre.

C’est pourquoi nous prenons la responsabilité de la diffuser sans crainte.

C’est pourquoi nous vous invitons aussi à la propager en signant la pétition et en la diffusant à toutes vos connaissances, par tous les moyens actuels de communication :

  • les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Snapchat, TikTok, YouTube…),
  • les messageries (WhatsApp, Messenger, Telegram…),
  • l’email,
  • les forums…

Mais aussi dans toutes les réunions de la “vie réelle”, les groupes que vous fréquentez, et même, pourquoi pas, dans les cafés et les bistrots !

Proposez d’utiliser votre téléphone en présentant cette page.

Dites-leur ce qui se trame.

Vous serez tenu au courant de nos avancées, car nous savons que nous pouvons faire bouger les choses.

L’équipe SPERO

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Taizé : des cas d’abus au sein de la communauté signalés à la justice

Frère Alois, le prieur de la communauté de Taizé a informé la justice française de cas d’abus sexuel commis sur des mineurs par des frères dans les années 50 à 80.

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La mission sans la croix ? Un christianisme anesthésié, un mirage spirituel

« L’une des grandes orientations existentielles de notre monde d’aujourd’hui est de vouloir tout anesthésier. Nombreux sont ces adeptes de la foi qui rêvent d’une vie chrétienne paisible, débridée de toutes souffrances, de tous sacrifices. On rêve fortement, en effet, d’un christianisme anesthésié » explique le Père Donald Zagore, théologien ivoirien de la Société des Mission africaines. « On rêve d’une vie humaine sans douleur, sans peine, sans souffrance. Cette approche existentielle de la vie humaine purifiée de toutes angoisses, de toutes pénitences prend de plus en plus forme et racine dans le vécu de l’expérience religieuse. Et pourtant – continue le prêtre – parler de Christianisme anesthésié renvoie tout simplement l’individu à devenir prisonnier d’une réalité religieuse illusoire. Un véritable mirage spirituel. Il faut le dire avec force, il ne peut pas avoir de christianisme authentique et vrai sans la force et la puissance de la croix, symbole à la fois du sacrifice, du sang et de la rédemption ». Le missionnaire poursuit : « Toute l’activité missionnaire du Christ comme le souligne les évangiles, de laquelle découle l’activité missionnaire de l’Eglise, avec ces pionniers les apôtres comme rapporté dans le livre des Actes des Apôtres, est une activité missionnaire qui embrasse en son cœur la croix. C’est dans la souffrance, la douleur, les larmes, les déceptions, les incompréhensions, les contradictions que la puissance de l’évangile se déploie. Telle est la réalité existentielle de la foi et de l’activité missionnaire à laquelle tout chrétien, missionnaire par le principe fondamental de son baptême, ne peut se dérober. Autan, il n’y a pas d’activité missionnaire sans croix, il n’y a pas de Christianisme sans croix ».
Le Père Zagore conclut : « Le Christianisme Le Christianisme anesthésié qui est vendu comme des petits pains à tout point de rue et qui attire des masses ne vient pas de Jésus Christ, mais plutôt d’entreprise purement humaine construite dans une dynamique essentiellement économique qui se veut être un produit de marché pour satisfaire la demande des consommateurs. Pour cela, le Christianisme anesthésié ne peut en aucun cas conduire à une foi et à une activité missionnaire authentique et prophétique »

 

Source Agence Fides