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Saint Basile ancêtre d’Ozanam

Petite reprise estivale, nous vous proposons un regard inédit sur ce saint de Cappadoce que nous offre le professeur Benoit Gain, spécialiste de saint Basile.

Parmi les grandes figures des premiers siècles, en Cappadoce (la partie centrale de la Turquie actuelle) se détache saint Basile le Grand, archevêque de Césarée, (aujourd’hui Kayseri), métropole d’une province peu peuplée. Césarée est alors  une métropole renommée pour l’enseignement qu’y dispensaient les rhéteurs et pour ses manufactures d’armes. Basile appartient à une famille aristocratique, chrétienne depuis trois générations et qui a connu les persécutions. La fortune de ses parents, surtout foncière, est considérable (il faut sans doute l’évaluer en milliers d’hectares). Le jeune Basile a complété sa formation de Cappadocien en allant étudier à Constantinople et à Athènes, durant six ans environ. A son retour à Césarée, ce brillant étudiant est promis à une belle carrière de rhéteur, mais il se convertit à la vie philosophique ou ascétique…

Dans l’Antiquité classique, le souci des pauvres était pratiquement absent des missions de l’Etat. Les Juifs se distinguaient par leur solidarité et leur entraide, suscitant par là l’intérêt ou la curiosité des païens, alors que par ailleurs ils étaient généralement fort critiques à l’égard des disciples de Moïse. Cependant l’activité sociale des Juifs ne s’étendait pas aux Gentils, parce qu’ils ne devaient pas se mêler aux païens, même dans les rapports commerciaux. Par ailleurs, la correspondance de l’empereur Julien (Lettre 84), nous apprend que dans sa tentative (avortée) de restauration de la religion païenne traditionnelle (361-363), il suscita la création sur fonds publics, par les prêtres du culte traditionnel, d’hôtelleries capables de rivaliser avec les réalisations épiscopales.

Au début de son épiscopat, Basile fonda un vaste établissement d’assistance qui, dès le IVe siècle, reçut le nom de Basiliade. Elle était située à deux ou trois km du centre de Césarée. Cette véritable ville nouvelle était un « cellier de la piété », selon l’expression de Grégoire de Nazianze. C’est vraisemblablement en 372 que fut  construite la Basiliade, sur de vastes terrains cédés par l’empereur Valens. Etant donné le conflit qui opposa l’empereur et l’évêque, on est fondé à penser que le protecteur de l’hérésie arienne avait mesuré toute l’importance de cette réalisation ecclésiale pour le bien-être des Cappadociens et la concorde entre ses habitants.

 

Je n’ai pas ici à retracer le destin ecclésial de Basile. Je voudrais insister toutefois sur le fait que celui qui allait devenir un organisateur efficace de la charité est aussi un grand penseur. Les intellectuels ne sont généralement pas connus pour s’occuper des pauvres, mais c’est sans doute à tort, et les Français connaissent, au moins, la personnalité de Frédéric Ozanam (1813-1853), béatifié par Jean-Paul II à Paris en 1997. Il était docteur en droit et es lettres (1839), agrégé des lettres (1840), professeur en Sorbonne. Le bienheureux Ozanam, âgé de vingt ans seulement, fonde la Société de Saint-Vincent de Paul, qui très vite essaima à Nîmes et à Lyon.

L’évêque de Césarée a marqué son siècle à la fois par ses réflexions (J. Gribomont osb est allé jusqu’à l’appeler un « aristocrate révolutionnaire ») et par ses initiatives, fournissant par la même la matière de la grande thèse de Stanislas Giet, Les idées et l’action sociales de saint Basile (Paris, 1941).

Pour aller plus loin lire la suite sur Cyrano.net, « Les basiliades, un exemple actuel de l’aide aux pauvres ».

 

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Dieu ou Allah ? Jésus ou Issa ?Quand le vocabulaire porte une théologie

Profitant de l’été, InfoCatho vous propose de retrouver certaines pages de notre rubrique formation qui vous auraient échappées durant l’année.

 

Dans sa petite feuille verte 48, l’association CLARIFIER poursuit son étude de l’Islam. Des repères intéressants  sur le nom de Dieu qui nous ouvrent aussi un univers pour penser notre propre théologie.

Dans la dernière Petite Feuille verte (PFV n° 47), nous avons justifié le maintien de l’usage de la graphie française pour désigner le « prophète de l’islam » : Mahomet et non Mohamed ou Muhammad.

Dans celle que vous allez lire (PFV n° 48), nous nous interrogeons sur la manière d’écrire « Dieu » lorsqu’il s’agit de celui des musulmans. Autrement dit, en français, faut-il dire « Allah », comme le font la plupart des auteurs d’écrits relatifs à l’islam ? La réponse à cette question ne va pas de soi car l’écriture choisie – Dieu ou Allah – sous-entend une expression théologique spécifique.

Nous prolongeons cette analyse en abordant un sujet connexe mais lié au précédent thème : que signifie Issa, retenu par le Coran pour désigner Jésus, Fils de Dieu pour les chrétiens ?

Si l’on veut respecter la logique linguistique, il convient de dire « Dieu » lorsqu’on s’exprime en français, comme on dit Deus en latin, Dio en italien, God en anglais, Gott en allemand, etc.

« Allah » est un terme sémitique antérieur à l’apparition de l’islam, au même titre qu’« Eloah » en hébreu (« Elohim » étant le pluriel de majesté) et « Elah » en araméen. Provenant de la racine étymologique El ou Al, il désigne toute divinité quelle qu’elle soit, sans rapport nécessaire avec le monothéisme. Il est parfois incorporé dans un prénom. Ainsi, selon la biographie de référence de Mahomet, rédigée par Ibn Hichâm, le père du prophète de l’islam, Mahomet, qui professait l’une des religions païennes en vigueur à La Mecque au VIIe siècle, se nommait Abdallah, c’est-à-dire « Serviteur du dieu ». (Cf. La vie du prophète Mahomet, Fayard, 2004).

Le nom « Allah » résulte de la contraction de l’article al- et du substantif ilâh (« divinité »). L’article semble avoir été ajouté pour signifier le caractère unique de ce Dieu (« Le Dieu ») et exprimer le monothéisme intégral, comme le suggère le Coran.

« Dis : “Lui, Dieu est Un, Dieu ! L’Impénétrable ! Il n’engendre pas ; Il n’est pas engendré, nul n’est égal à Lui”  » (112, 1-4).

Ce verset comporte une réfutation implicite de la foi des chrétiens en la divinité de Jésus-Christ, le Verbe incarné, et en la Trinité. Dans un souci de cohérence théologique, les chrétiens de langue arabe, lorsqu’ils font le signe de la Croix, disent : « Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, le seul Dieu  ». C’est aussi pour eux une manière de témoigner de leur foi monothéiste auprès des musulmans qui leur reprochent parfois leur « trithéisme ».

Allah n’est donc pas un nom propre à l’islam, c’est « Dieu » écrit en langue arabe. Comme leurs compatriotes musulmans, les chrétiens arabophones prient aussi Allah ; et ceci même si le nom ne reflète pas une réalité doctrinale identique puisque, dans l’islam, le Dieu unique est résumé par le dogme de l’unicité (Tawhîd) – un Dieu Un et seulement Un -, tandis que, dans le christianisme, Dieu s’est révélé comme Un en Trois Personnes, ainsi que l’exprime le dogme de la Trinité.

Pourtant, depuis plusieurs années, des militants islamistes contestent aux chrétiens le droit de dire « Allah ». Pour eux, ce nom doit être réservé au Dieu du Coran. En Malaisie, où les chrétiens représentent 9 % des 28 millions d’habitants, l’affaire a défrayé la chronique à partir de 2007, après une décision du ministère fédéral de l’Intérieur interdisant l’usage du vocable « Allah » dans le journal catholique The Herald. Suite à divers recours en justice introduits par l’Église locale, certains lui ayant donné satisfaction, la Cour suprême de Kuala Lumpur a tranché par un arrêt définitif du 21 janvier 2015, confirmant la décision du ministère.

Pour leur part, les traducteurs francophones du Coran écrivent tantôt « Dieu » (cf. Denise Masson, Folio-Gallimard ; M. Savary, Garnier Frères ; Sami Aldeeb Abou-Sahlieh, L’Aire), tantôt « Allâh » (cf. Régis Blachère, Maisonneuve & Larose ; Édouard Montet, Payot). Des traducteurs musulmans eux-mêmes écrivent « Dieu » (cf. Cheikh Boubakeur Hamza, Enag Éditions).

Cependant, afin d’éviter toute confusion théologique et toute vaine querelle, il nous semble aujourd’hui préférable d’utiliser le substantif « Allah » lorsqu’on évoque le Dieu des musulmans. Et ceci vaut pour toutes les langues. Mais, nous ne sommes plus ici dans une logique sémantique.

Si les chrétiens arabophones prient Dieu avec le même nom que les musulmans, il n’en va pas de même pour Jésus. Tous refusent Issa (prononcer Aïssa) que le Coran donne à Jésus. Ce nom est pour eux une falsification, celui de Jésus en arabe étant Yasû’. Les chrétiens vivant en Arabie avant l’islam ont continué à appeler ainsi Jésus après l’apparition de cette nouvelle religion, et ceci jusqu’à leur disparition de ce territoire ; ceux du Levant, bien qu’arabisés, ont conservé le mot araméen en vigueur dans leur idiome antérieur, celui que parlait le Christ. Il s’agit de Yassouh ou Yessouah. Ce nom signifie « Yahvé sauve ». Jésus est donc Dieu. Cette vérité est d’ailleurs explicite dans l’Évangile selon saint Matthieu lorsque l’Ange du Seigneur dit en songe à saint Joseph : « Tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21).

Pourquoi le Coran n’a-t-il pas adopté l’écriture arabe, Yasû’, pour nommer Jésus ? La raison en est fondamentale. Elle tient à l’identité que l’islam lui donne.

Dans les cultures sémitiques, le nom porté par une personne n’a rien d’anodin, comme l’a démontré le Père Antoine Moussali, lazariste libanais (1921-2003) :

 Donner un nom à quelqu’un ou à quelque chose, c’est nommer son essence, ce qui le caractérise en propre, ce qui le personnifie […]. L’emprise est tellement forte que l’on serait tenté de dire que ce n’est pas l’individu qui porte le nom, mais le nom qui porte l’individu. Être, à la manière humaine, c’est être nommé. » (La croix et le croissant, Éditions de Paris, 1997, p. 43).

Or, le nom coranique de Jésus, Issa, est dépourvu de toute signification. Celui qui le porte n’est qu’un prophète parmi d’autres, même s’il jouit d’une position éminente et singulière. Le Coran le présente en effet comme « le Prophète de Dieu, sa Parole qu’il a jetée en Marie, un Esprit émanant de lui » (4, 171). Et, même s’il est décrit comme « Parole de Vérité  » (19, 34, « fortifié par l’Esprit de sainteté  » (2, 253), il s’efface devant Mahomet, le « sceau des prophètes  » (33, 40), dont il annonce d’ailleurs la venue (61, 6).

L’intention qui préside à ce vide nominatif est évidente : Issa ne saurait donc prétendre à une mission salvifique, laquelle ne peut appartenir qu’à Dieu. Or, pour les musulmans, malgré ses attributs, Jésus n’est pas Fils de Dieu. Le Coran est intransigeant à ce sujet.

« Dieu est unique ! Gloire à Lui ! Comment aurait-il un fils ? » (4, 171) ;

« Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-il un enfant, alors qu’il n’a pas de compagne, qu’il a créé toute chose et qu’il connaît tout ?  » (6, 101) ;

« Il ne convient pas que Dieu se donne un fils  » (19, 35).

Issa nie lui-même se faire passer pour une divinité. « Dieu dit : “Ô Jésus, fils de Marie ! Est-ce toi qui a dit aux hommes : Prenez, moi et ma mère, pour deux divinités, en dessous de Dieu ?” Jésus dit : “Gloire à toi ! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire. Tu l’aurais su, si je l’avais dit. Tu sais ce qui est en moi, et je ne sais ce qui est en toi” » (5, 116).

Par ailleurs, si « Messie » (Masîh) remplace Issa dans onze versets (p. ex. : « Ceux qui disent : “Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie”, sont impies », 5, 17), cet attribut, interprété par certains commentateurs musulmans comme un titre d’honneur et par d’autres comme la marque d’une onction divine l’ayant préservé de l’influence de Satan (1), est étranger à la vocation de Jésus telle qu’elle est décrite dans les récits évangéliques. Pour l’académicien Roger Arnaldez (1911-2006), « cette qualification de Messie n’est plus alors en relation avec la mission que Jésus doit remplir parmi les hommes ; elle est une marque apposée sur lui dans sa relation avec Dieu et le monde angélique  » (Jésus, fils de Marie, prophète de l’islam, Éd. Desclée, 1980, p. 87). Autrement dit, il s’agit d’un Messie sans messianisme.

Dieu est désigné par le même vocable en arabe et en français, mais le Dieu du Coran n’est pas celui de la Bible.

Quant à Jésus, s’il n’est pas rare d’entendre des musulmans francophones affirmer qu’ils croient en lui, son nom coranique, Issa, ne désigne pas le Christ de l’Évangile.

Ces précisions peuvent être utiles à des chrétiens soucieux d’un dialogue sans confusion avec des musulmans. Il est certain que Jésus est au cœur d’une controverse doctrinale irréconciliable entre christianisme et islam. Mais, aujourd’hui, certains fidèles de cette religion sont fascinés par la figure énigmatique, voire mystérieuse, de Issa, qui se présente dans le Coran comme un prophète, certes musulman, mais aussi comme « un Signe pour les mondes » (21, 91), « illustre en ce monde et dans la vie future, il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu  » (3, 45), ayant aussi bénéficié de privilèges exceptionnels, notamment sa conception miraculeuse dans le sein virginal de Marie (19, 20) et sa capacité à résister aux tentations du démon, avantages dont même Mahomet a été privé (2).

Annie Laurent

Déléguée générale de CLARIFIER

alaurent@associationclarifier.fr

  • Maurice Borrmans, Jésus et les musulmans d’aujourd’hui, Ed. Desclée, 2005 ; R. Arnaldez, Jésus, fils de Marie, prophète de l’islam, Desclée, 1980 ; Georges Tartar, Jésus-Christ dans le Coran, Centre évangélique de témoignage et de dialogue islamo-chrétien, 1995.
  • R. Arnaldez, Jésus dans la pensée musulmane, Desclée, 1988 ; Fawzia Zouari (dir.), Douze musulmans parlent de Jésus, Desclée de Brouwer, 2017.

 

Tribunes et entretiens

Foi et capitalisme, des siècles d’ambivalence

Les relations complexes entre christianisme et capitalisme au fil de l’histoire ont été au cœur d’une conférence à l’ambassade de Belgique près le Saint-Siège.

« Foi chrétienne et capitalisme : une relation d’amour-haine » est le titre de l’allocution prononcée par Wim Decock – professeur d’histoire du droit auprès des universités de Louvain et de Liège – à l’ambassade de Belgique près le Saint-Siège, dans l’après-midi du 26 juin 2018. En introduisant la rencontre, l’ambassadeur John Cornet d’Elzius a souligné le caractère parfois sibyllin des enseignements bibliques quant à la création et à la gestion des richesses.

De l’épisode de l’homme riche auquel Jésus demande d’abandonner tous ses biens pour se mettre à sa suite (Mc 10, 17-31) à la parabole des talents qui commande aux fidèles de faire fructifier les biens terrestres qui leur sont confiés (Mt 25, 14-30), il n’est en effet pas toujours aisé de discerner les implications pratiques de telles injonctions. Une difficulté bien illustrée par l’ambiguïté du rapport que le christianisme a entretenu avec le capitalisme au fil des siècles.

En évoquant son expérience auprès de la World Trade Organization (WTO) John Cornet d’Elzius a fait remarquer que ses interlocuteurs des pays nordiques, à majorité protestante, étaient généralement plus favorables au libre-échange que ceux des pays latins, à majorité catholique, plus enclins au protectionnisme. Ce fait, répandu en Europe, est pourtant relativement récent, comme l’a rappelé Wim Decock dans son intervention. Jusqu’au XIX siècle en effet, les protestants n’étaient pas particulièrement favorables au libre-échange, et leur position n’évoluera qu’au moment de la révolution industrielle.

A rebours de Max Weber dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1905) Decock estime que l’idée selon laquelle le protestantisme serait à l’origine du capitalisme n’est que le fruit de l’imaginaire populaire. Et celui-ci de souligner que bien avant la naissance du protestantisme, des religieux franciscains et dominicains, puis jésuites, ont été les théoriciens du capitalisme moderne – dans l’acception classique du terme, qui désigne tous les éléments relatifs à l’accumulation de la richesse dans un contexte de libre-échange.

L’apport des jésuites

C’est en effet Pierre de Jean Olivi, théologien franciscain de Narbonne, qui rédigera au XIIIe siècle le Traité des contrats, lequel préfigure les principes de l’économie moderne, telle qu’elle émergera à la Renaissance. Aux XVIe XVIIe siècles, de très nombreux jésuites apporteront leur pierre à l’édifice. Parmi eux, le Belge Leonardus Lessius, dont les théories inspireront les travaux de l’économiste autrichien Joseph Schumpeter.

Néanmoins, les discussions entourant le capitalisme et la gestion des richesses n’ont jamais fait consensus au sein de l’Eglise, à commencer par la papauté elle-même. Si les encycliques Rerum novarum (1891) de Léon XIII, et Centesimus annus (1991) de Jean Paul II étaient par principe plutôt favorables à l’économie capitaliste, l’Evangelii gaudium (2013) du Pape François est par exemple nettement plus réservée sur la question. Des divergences qui, toujours selon Decock, s’expliquent en grande partie par les contextes historiques dans lesquels les différents pontifes se sont exprimés, de la révolution industrielle à la crise financière actuelle, en passant par la chute du mur de Berlin.

En reprenant à son compte l’enseignement jésuite selon lequel on ne peut émettre de jugement moral sans connaître les éléments en jeu, le professeur belge a conclu son intervention en appelant à « embrasser la complexité » de tels débats, ainsi qu’à rechercher l’équilibre dans toute délibération. Il s’est ainsi fait l’écho du Pape Benoît XVI qui a mis en garde contre tout jugement privé d’expertise, qui aboutit à « un moralisme simpliste ».

Solène Tadié, correspondante de CathoBel à Rome

 

Pour aller plus loin, Pierre de Lauzun, Christianisme et croissance économique

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LIvre – Christianisme et croissance économique – Pierre de Lauzun

Bien connu de nos lecteurs, nous proposons pour l’été une lecture d’actualité, avec ce livre de Pierre de Lauzun, paru en 2008, Christianisme et croissance économique

C’est en Occident qu’est née au XVIIIe siècle une mutation radicale de la vie collective de l’humanité : l’économie moderne. Or l’Occident est par excellence la société façonnée par le christianisme. C’est lui qui l’a doté des caractéristiques essentielles directement ou indirectement à l’origine de ce décollage : la notion de personne humaine, son autonomie au sein de la société, sa liberté, la distinction du temporel et du spirituel, la valorisation du travail, l’encouragement au progrès matériel et à l’innovation, la rationalité des lois de la nature, etc. En bref, la Raison, l’Histoire, la Personne et le Travail. On en voit les effets au Moyen Âge caractérisé par une expansion et une innovation impressionnantes. Le rôle de l’Église y est essentiel, tant par l’exemple avec les monastères, que par la réflexion : la pensée économique moderne démarre avec la scolastique. Cette matrice spirituelle et culturelle a permis le décollage du XVIIIe siècle. Mais ce décollage exploitant les dons issus du christianisme s’est accompagné d’une mise à distance progressive de la foi par l’Occident. S’il n’est pas décisif dans l’explication du tournant, cet éloignement toujours plus marqué donne une signification très spécifique à notre société, de plus en plus matérialiste, et la première dans l’histoire à tenter de vivre sans religion. Mais comment cela sera-t-il possible sur la durée, si une foi a été décisive pour qu’elle naisse ?

Vous pouvez le commander ici

 

 

 

Brèves

Père Thierry de Roucy : Réduction à l’état laïc

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, vient de nous faire part d’une bien triste nouvelle. Le père de Roucy a été réduit à l’état laïc, suite à une procédure administrative diligentée par Mgr Rey pour désobéissance à sa demande d’habiter dans le diocèse de Fréjus-Toulon. La Congrégation pour le Clergé vient d’entériner la demande de Mgr Rey. Comme, à l’injonction de Mgr Rey, le père de Roucy n’a plus de lien avec l’Oeuvre Points-Coeur depuis 2014, l’évêché de Toulon a l’exclusivité de la communication à ce sujet. Pour notre part, nous vous remercions par avance pour votre prière.

 

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Si les nominations épiscopales demeurent ratzingeriennes c’est parce que le pape s’en fiche….

Tel est le sentiment de Golias que l’on sait fidèlement dévoué à la vérité, mais là il semble bien que le contenu de l’article soit exact, une fois épurée le fiel propre à ce média “charitable”.

Le pape argentin préfère les périphéries, les Églises non-européennes, cherchant à renverser l’eurocentrisme ecclésial, le déposer et rendre ainsi l’Eglise vraiment catholique. Soit… Mais est-ce une raison pour totalement se désintéresser des Eglises locales, surtout quand on est chargé d’en nommer et remercier les pasteurs et que jalousement on ne veut pas se déposséder de ce pouvoir ? L’évêque de Rome estime que le cardinal Vingt-Trois, archevêque émérite de Paris depuis décembre 2017 mais toujours membre de la Congrégation pour les évêques ainsi que le nonce apostolique en France, Mgr Ventura, lui proposent les meilleurs candidats et donc il signe sans même chercher à comprendre – il faut ajouter à ces deux noms le « missionnaire » Barbarin. Il s’en fout, l’on vous dit. François a oublié que son prénom était lié à notre pays. A partir de là, on ne peut être étonné quand les nominations tombent. Actuellement, sortir de la Communauté de l’Emmanuel ou de la Société Jean-Marie Vianney – fondée par l’imbuvable évêque de Belley-Ars (1987-2012), Mgr Bagnard – est un atout pour obtenir une mitre (avis aux amateurs, il n’est jamais trop tard). En vérité, l’Eglise en France n’a pas 12ressenti l’élection de François, le nonce Ventura s’échinant à maintenir la ligne ratzingerienne des beaux jours.

 

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France – Répartition des ordinations sacerdotales 2018

Diocèse d’Albi : 1 ordination.
Diocèse d’Amiens : 1 ordination
Diocèse d’Angers : 1 ordination.
Diocèse d’Arras : 2 ordinations.
Diocèse d’Avignon : 3 ordinations.
Diocèse de Bayeux – Lisieux : 2 ordinations.
Diocèse de Bayonne – Lescar – Oloron : 3 ordinations.
Diocèse de Beauvais – Noyon – Senlis : 1 ordination.
Diocèse de Besançon : 1 ordination.
Diocèse de Bordeaux : 6 ordinations.
Diocèse de Chartres : 1 ordination.
Diocèse de Coutances – Avranches : 1 ordination.
Diocèse de Créteil : 1 ordination.
Diocèse de Dijon : 2 ordinations.
Diocèse d’Évry – Corbeil-Essonnes : 1 ordination.
Diocèse d’Èvreux : 1 ordination.
Diocèse de Fréjus – Toulon : 4 ordinations.
Diocèse de Grenoble-Vienne : 1 ordination.
Diocèse de Langres : 1 ordination.
Diocèse du Mans : 1 ordination.
Diocèse de Lyon : 5 ordinations.
Diocèse de Marseille : 1 ordination.
Diocèse de Montpellier : 2 ordinations.
Diocèse de Nanterre : 1 ordination.
Diocèse de Nice : 1 ordination.
Diocèse de Paris : 6 ordinations.
Diocèse de Périgueux – Sarlat : 1 ordination.
Diocèse de Poitiers : 1 ordination.
Diocèse de Pontoise : 1 ordination.
Diocèse de Quimper – Léon : 1 ordination.
Diocèse de Reims : 3 ordinations.
Diocèse de Rennes : 2 ordinations.
Diocèse de Rouen : 1 ordination.
Diocèse de Soissons – Laon – Saint-Quentin : 1 ordination.
Diocèse de Strasbourg : 3 ordinations.
Diocèse de Toulouse : 3 ordinations.
Diocèse de Tours : 1 ordination.
Diocèse de Vannes : 3 ordinations.
Diocèse de Versailles : 5 ordinations.

Diocèse sans ordination de prêtres en 2018 :

Agen ; Aire – Dax ; Aix-en-Provence – Arles ; Ajaccio ; Angoulême ; Annecy ; Auch ; Autun – Châlon – Mâcon ; Belfort – Montbéliard ; Belley – Ars ; Blois ; Bordeaux – Bazas ; Bourges ; Cahors ; Cambrai ; Carcassonne – Narbonne ; Châlons-en-Champagne ; Chambéry – Maurienne – Tarentaise ; Clermont ; Digne – Riez – Sisteron ; Évreux ; Gap – Embrun ; La Rochelle – Saintes ; Laval ; Le Havre ; Puy-en-Velay ; Lille ; Limoges ; Luçon ; Meaux ; Mende ; Metz ; Montauban ; Moulins ; Nancy – Toul ; Nantes ; Nevers ; Nîmes – Uzès – Alès ; Orléans ; Pamis – Couserans – Mirepoix ; Perpignan – Elne ; Rodez – Vabres ; Saint-Brieuc ; Saint-Claude ; Saint-Denis ; Saint-Dié ; Saint-Étienne ; Saint-Flour ; Séez ; Sens – Auxerre ; Tarbes – Lourdes ; Troyes ; Tulle ; Valence ; Valence ; Verdun ; Viviers.

 

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Brèves #NLH

L’Arabie Saoudite demande à la FIFA d’interdire aux footballeurs de faire le signe de croix

L’Arabie Saoudite exhorte la FIFA à interdire aux footballeurs de se signer religieusement

Le chef religieux saoudien Mohammad Al Arefe a exhorté la FIFA à opposer son veto à tout geste chrétien dans les retransmissions du sport roi, car, apparemment, il constitue une offense importante pour les musulmans.

 

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Psychologie ou diablerie ? Le grand malaise des endiablés

Dans Esprits et démons, histoire des phénomènes d’hystérie collective, Yves-Marie Bercé professeur émerite d’histoire moderne à la Sorbonne, répertorie les cas d’hystérie de masse apparentés à la démonomanie à différentes époques. Descriptif, ce recensement historique et sociologique fait se côtoyer les crises desdites possédées de Loudun, les transes chamaniques ou vaudou, le tarentisme,…  sans appréhender dans ces symptômes ou rituels divers le point de bascule critique vers la véritable possession diabolique.

À l’improviste, toute une communauté, religieuse, scolaire, familiale, villageoise, paroissiale, est saisie de symptômes étranges. Les uns crient au diable, les autres à la maladie psychosomatique. Sans jamais s’aventurer à poser un diagnostic sur les causes réelles de ces phénomènes, le professeur Yves-Marie Bercé analyse, dans Esprits et démons, histoire des phénomènes d’hystérie collective1, de la Renaissance à nos jours, et d’un bout à l’autre de la planète, des histoires déconcertantes…

Yves-Marie Bercé est historien. À ce titre, il ne prétend à aucune compétence ni en psychiatrie ni en démonologie. C’est donc du strict point de vue de l’historien, sans préjuger ni de la réalité des faits observés ni de leur cause exacte, qu’il s’est intéressé à des évènements qui, très curieusement, où qu’ils se produisent et sans que l’on puisse, souvent, envisager la reproduction d’un modèle commun, revêtent des traits similaires. Partout, jusqu’à une époque récente, ces comportements étranges, parfois terrifiants, provoqués ou subis, ont été attribués, en milieux chrétiens ou musulmans, à l’intervention d’entités maléfiques et démoniaques ; en milieu païen à celle d’esprits supposés bienveillants et susceptibles d’être utilisés dans l’intérêt d’un seul ou de tous.

 

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Doctrine / Formation #Philosophie

Le travail est en crise, mais de quelles crises souffre-t-il ?

Longtemps, on a pu penser que le travail de l’homme relevait d’une nécessité anthropologique absolue. Pourtant, certains considèrent aujourd’hui que le travail, à l’instar du panda, serait une espèce en voie de disparition. Ce type de raisonnement suscite autant qu’il révèle un climat d’inquiétudes et de tensions autour du travail. Mais si crise du travail il y a, quelle en est la nature exacte ?

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