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La fête païenne d’Halloween : une anti-fête de tous les Saints

La fête d’Halloween, si tant est qu’on puisse la qualifier de fête, vient du paganisme celtique (surtout d’Irlande et d’Ecosse). Elle était une fête de la fin des récoltes et de l’entrée dans l’hiver,  ce qui est courant dans le paganisme antique, mais aussi une fête des morts, sous la forme de « revenants1 » et, par assimilation, une fête des mauvais esprits et des personnages mythologiques, tels que les fées. Il y avait à cette occasion des feux de joie et il est possible qu’il y ait eu aussi des sacrifices humains. Elle durait 4 jours, mais le plus important était le 1er jour : or celui-ci coïncidera, à partir du 8ème s. apr. J-C,  avec les vigiles de la Toussaint2, c’est-à-dire le 31 octobre au soir. D’où son nom de Halloween, « veille de tous les Saints ».

Puis cette fête sera implantée en Amérique, surtout à partir du 19ème s., avec l’arrivée massive aux Etats-Unis d’immigrés irlandais. Et depuis une vingtaine d’années on essaye de l’implanter en France, pour des raisons essentiellement commerciales. Mais on peut penser que l’activité des esprits sous-Ciel et la déchristianisation de notre pays n’y sont pas étrangers.

Que faut-il en penser sur le fond ? D’abord, il faut rappeler que le paganisme, qui est vu souvent à notre époque sous un angle culturel, sympathique, était une horreur spirituelle et morale : il consistait  à adorer des idoles, qui étaient des démons, comme l’enseigne le Christ Lui-même (Il qualifie « Beelzeboul », l’antique divinité phénicienne, de « prince des démons », c’est-à-dire de Satan, en Mt 12/24), à accomplir des sacrifices sanglants (à l’origine humains, puis animaux) et à pratiquer  la magie et la sorcellerie. On ne se rend plus compte à notre époque de quel abîme le Christ nous a tiré, en nous délivrant de l’emprise des démons, qui était redoutable.

Ensuite, basons-nous sur la parole du Seigneur : on juge l’arbre à ses fruits. Dans les manifestations d’Halloween, on se déguise en tout ce qui peut rappeler la mort, la laideur et  la peur : en squelettes, en personnages horribles, en sorciers ou sorcières… Mais la mort est une horreur, qui n’a pas été voulue par Dieu. La laideur et la peur viennent exclusivement du monde infernal, car Dieu est beau : Il est la « Beauté suprême » et tout ce qu’Il a créé est beau ; et Il est celui qui rassure toujours et met en confiance3. La peur est l’arme des démons, car elle permet d’avoir de l’emprise sur les êtres, tandis que Dieu libère toujours. Ceux qui se déguisent en personnages horribles et ridicules  oublient que les démons s’efforcent  de défigurer l’Homme, parce qu’il est l’image de Dieu et qu’ils en sont jaloux. Quant à la sorcellerie, elle est une abomination : elle a toujours pour but d’obliger quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas ou de l’empêcher de faire ce qu’il veut ; elle asservit les êtres, les emprisonne, les mutile et peut même les détruire. Il n’y a pas de bonne magie : toute magie vient d’en bas.

Et tout cela se passe dans l’obscurité, avec de la fumée, des toiles d’araignée et des araignées… Mais qui aimerait vivre dans l’obscurité, au milieu des araignées ? Aucun être humain normal ne peut réellement prendre plaisir à ces choses-là, à la laideur, à  la peur, à la méchanceté. C’est un leurre de croire que cela puisse être agréable. Si ceux qui le disent se trouvaient réellement dans les situations qu’ils simulent, ils « pleureraient et grinceraient des dents », comme le dit l’Ecriture. L’Enfer ne peut pas être agréable : il est le contraire du Royaume de Dieu, le contraire du « Jardin des délices ».

Il faut refuser cela, dénoncer cette imposture et cette stupidité. Il y a un saint qui nous a montré l’exemple, c’est St Jean de Shanghaï et San Francisco. Il a lutté fortement contre cette pseudo-tradition dans le milieu américano-russe de San Francisco. La veille du 1ernovembre 1964, constatant qu’il n’y avait personne aux vigiles4  du jour où l’on devait canoniser St Jean de Cronstadt (cause pour laquelle il s’était battu), il fit irruption dans une maison où il y avait un grand bal « costumé » pour la fête d’Halloween et fit le tour de la salle en regardant bien les gens, sans dire un mot. Tous étaient pétrifiés, et ils eurent honte.

Cette pseudo-fête est exactement le contraire de celle de la Toussaint, associée à celle des défunts. A la Toussaint, nous fêtons les hommes qui, par leur martyre ou leur ascèse, sont parvenus au but de la vie, à savoir devenir ressemblants à Dieu, ceux qui sont « devenus des  dieux par la grâce »5, c’est-à-dire qui sont déifiés. Et le jour des Défunts, nous prions pour que nos défunts achèvent dans leur chemin céleste ce qu’ils ont commencé dans leur chemin terrestre, à savoir  « parvenir à la gloire du Royaume céleste »6. Tandis que les tenants d’Halloween, eux, sont centrés sur la mort  et le royaume des morts, en oubliant que le Christ est ressuscité  et qu’Il a vaincu la mort. Nous fêtons ceux qui jouissent de la béatitude et de la vie éternelle, tandis qu’eux se satisfont que leurs ancêtres soient couchés dans la mort, en compagnie des démons. Ce sont deux chemins antagonistes.

Lorsqu’on aborde ce sujet éminemment spirituel dans notre société, on n’a droit en général qu’à des haussements d’épaule ou des ricanements, surtout chez les jeunes. Mais il peut être utile de rappeler certains évènements dramatiques, qui sont instructifs et peuvent amener à réfléchir.  Il y a eu, le 30 octobre 2015, un incendie terrible dans un dancing de Bucarest, où 27 jeunes ont péri brûlés vifs. Eh bien, ces jeunes fêtaient Halloween dans une soirée de « Hard-Rock ». On ne peut pas se déguiser impunément en diables ou en sorcières sans qu’il y ait des conséquences : ils ont fait l’expérience de ce que signifiait vivre en compagnie des démons, c’est-à-dire de l’Enfer.

Il en fut de même à Paris en novembre 2015 lors d’un attentat islamiste : lorsque le groupe américain  de Hard- Rock « Eagles of Death Metal » (les aigles de la mort) entonna une de ses chansons favorites, « Kiss of the Devil » (Baiser du Diable), les terroristes islamistes commencèrent la fusillade. Lorsqu’on appelle le Diable, il accourt ! Bilan : 90 morts.

L’ignorance de la réalité et de la puissance du monde invisible peut être tragique.

Si vous voyez des enfants sonner à votre porte, déguisés en squelettes, en sorciers ou en diables, pour vous réclamer des bonbons, ayez l’audace de dire : je n’aime pas la mort, je préfère la vie. Christ est ressuscité !

Père Noël TANAZACQ

 

(1) Les « revenants » sont des âmes de défunts qui, ne parvenant pas à s’élever vers le trône de Dieu, ne trouvent pas le repos. Etant errantes, elles peuvent se manifester dans les lieux où elles ont vécu sur terre. Les fantômes [du grec phantasma : illusion, apparence] en sont la manifestation la plus connue : il s’agit d’âmes de défunts qui se manifestent avec la forme de leurs corps, parce que l’âme garde la mémoire du corps et que, comme le dit St Jean Damascène, elle a l’aptitude à reconnaître les atomes de son corps dans l’univers.

(2) La Toussaint doit son origine à la dédicace de l’ancien temple païen du Panthéon, à Rome, en église de Ste Marie et de tous les martyrs, en 609, par le pape  Boniface IV, qui y fit transférer un grand nombre de reliques de martyrs provenant des Catacombes. La date était probablement le 13 mai, qui correspond à celle d’une fête de la Toussaint en Syrie à la même époque. L’anniversaire de cette dédicace deviendra notre fête de la Toussaint. Mais en Angleterre, puis en Gaule la fête sera translatée au 1er novembre  à la fin du 8ème s. et elle  ne deviendra universelle pour l’Occident que sous Louis le Pieux (+ 840).

La mémoire universelle des défunts ne sera instituée par St Odilon de Cluny qu’en 998, mais sera expressément  placée le lendemain de la Toussaint, car tous les défunts sont des saints à venir. Il n’existe rien d’équivalent dans les rites orientaux, car la Toussaint fêtée le 1er dimanche après Pentecôte passe quasiment inaperçue et il y a tellement de jours dans l’année où l’on prie pour les défunts qu’aucun ne prédomine sur les autres.(cf. notre note sur la Toussaint [1er nov.] et la commémoration  de tous les défunts [2 nov.])

(3) Lorsque le Christ vient au-devant de Ses disciples la nuit, en marchant sur les eaux déchaînées de la mer de Galilée, et qu’ils croient voir un fantôme, ce qui les effraye, Il leur dit immédiatement : « Rassurez-vous, c’est Moi, n’ayez pas peur » (Mt14/27). Dieu ne fait jamais peur. Ce qui fait peur ne vient pas de Dieu.

(4) Il ne s’agissait pas de la Toussaint, qui était à cette date-là une fête occidentale inconnue de l’Orthodoxie, mais le Saint Synode de l’Eglise Russe Hors Frontières avait décidé que la canonisation de St Jean de Cronstadt se ferait le 1er novembre. 11 jours plus tard, en la fête de St Martin, St Jean de San Francisco  sacrera le P. Eugraph Kovalevsky (1905-1970) sous le nom de Jean de Saint-Denis, qui sera ainsi  le 1er à recevoir le patronage de St Jean de Cronstadt.

(5) Epiclèse de la liturgie de la Pentecôte du rite des Gaules restauré.

(6) Litanie des défunts du rite byzantin.

 

Source Liberté Politique

NLH #NLQ

Signez la pétition contre la réforme de la loi 1905

Monsieur le Président,

La presse s’est récemment fait l’écho de votre projet de réforme de la loi de 1905 qui constituerait une révolution dans les relations entre l’État et les religions. Si les principes évoqués par les médias sont effectivement ceux qui présideraient à cette révolution, je dois vous dire que je considérerai cela comme un acte de persécution antichrétienne.

Parce que votre gouvernement n’ose pas combattre l’islam radical – certains parlementaires de votre majorité sont même réputés l’encourager par clientélisme électoral –, vous voudriez organiser une véritable police du culte et remettre en cause (tous les cinq ans, dit-on même !) la situation économique et fiscale des Églises et communautés chrétiennes. Mais les avantages fiscaux que vous voudriez, paraît-il, remettre en cause ne sont pas des privilèges qui leur seraient généreusement accordées par l’État magnanime. Ils ne sont que la contrepartie de l’utilité publique de leur action. En outre, dans le cas de l’Église catholique, ils ne sont qu’une très faible compensation de la double spoliation effectuée par l’État, en 1790, puis en 1905.

Je vous rappelle que le concordat de 1801 ne compensait déjà même pas le vol des “biens du clergé”, c’est-à-dire des sacrifices séculaires du peuple chrétien, dont les revenus assuraient l’essentiel des dépenses d’éducation et de solidarité du pays avant la Révolution (l’Église étant alors manifestement meilleure gestionnaire que notre actuel “État providence”) : si les clercs ont été salariés par l’État, c’est en échange d’un abandon par l’Église de ses droits sur ce patrimoine confisqué au mépris du droit. Et la rupture unilatérale du concordat en 1905 a ainsi rajouté l’iniquité à l’iniquité, en supprimant arbitrairement cette faible compensation. Les catholiques de France ont donc, en un siècle, été volés deux fois par l’État. Entendez-vous, à présent, les racketter une troisième fois ?

Pire encore, certains médias laissent supposer que cette “police du culte” s’autoriserait à juger de la doctrine des religions. Verra-t-on demain la déductibilité fiscale liée à l’abandon du dogme de la Trinité ? Ou, plus vraisemblablement, liée à l’abandon de la défense intransigeante que l’Église a toujours maintenue de la vie innocente ou de la dignité du mariage indissoluble entre un homme et une femme ? Nous n’ignorons pas que l’anthropologie chrétienne donne de l’urticaire à bon nombre de dirigeants. Conférer à ces derniers le pouvoir de juger notre doctrine revient à ériger en principe le règne de l’arbitraire.

Vous avez un problème avec l’islam. Réglez-le donc au lieu de persécuter les autres religions !

Avec l’expression de ma haute considération, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma vigilante attention sur ce dossier.


Signez la pétition contre la réforme de la loi 1905

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Asia Bibi, enlèvement au Nigéria, migrations des jeunes africains, points de vue divergents d’évêques sur le Synode- La revue de Presse en un clic

L’essentiel de la revue de presse du monde catholique

MONDE

Asia Bibi enfin libérée avec effet immédiat

NIGERIA – Enlèvement de cinq religieuses dans le sud-est du Nigeria

Selon l’Archevêque d’Addis Abeba : Seuls 20 % des migrations juvéniles concernent le Proche-Orient et l’Europe. 80 % de celles-ci demeurent à l’intérieur de l’Afrique

 

ROME

Espagne : le Vatican ne s’est pas prononcé sur la sépulture de Francisco Franco

Mgr Macaire : De grandes divisions parmi les évêques au synode

Paolo Ruffini : le Synode a montré une Église unie pour annoncer l’Évangile

 

FRANCE

Cahors inquiétante baisse du denier

L’importance du tourisme religieux en France

 

Brèves

L’Homme Nouveau publie un double Hors Série consacré à Soljénitsyne

Né en 1918, le célèbre écrivain russe, Alexandre Soljénitsyne aurait eu cent ans cette année. Il y a dix ans, en 2008, il mourait dans son pays natal après avoir connu la Seconde Guerre mondiale, le Goulag, la lutte contre le cancer, la persécution et l’exil. Ces différents anniversaires offrent l’occasion de plonger dans l’existence et dans l’œuvre immense de ce chrétien qui a défendu, au prix de sa vie, l’exigence de la vérité. Un numéro exceptionnel pour un centenaire historique.
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Il s’agit d’un numéro double, de 138 pages, conduit par le professeur Eric Picard de l’Ices et avec la collaboration d’une dizaine de spécialistes dont des Russes.

Brèves

Recherche de la vérité ou haine de l’Eglise catholique ?

Le sénat a heureusement rejeté hier la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l’Eglise que réclamait le groupe socialiste (comme si les prêtres catholiques étaient tous des prédateurs sexuels et comme s’ils étaient les seuls prédateurs sexuels !).

Mais ce n’est qu’une première bataille et, manifestement, les adversaires de l’Eglise vont revenir à la charge. Ils veulent, en effet, faire taire l’Epouse du Christ – spécialement à la veille de mal révision des lois de bioéthique.

Guillaume de Thieulloy a recensé, dans un petit texte que vous pouvez télécharger ici, la plupart des arguments contre cette idée scandaleuse

Culture #Doctrine / Formation

Saint Martin de Tours, l’incarnation historique entre la Gaule des druides et la France chrétienne. (documentaire)

 

par Roch MARS

Brèves

Courrier d’un lecteur – Retour sur la peine de mort

Le Pape François a décidé de retirer du cathéchisme de l’Eglise catholique la possibilité d’appliquer la peine de mort.
Cela ressemble un peu à un ralliement à l’esprit du temps où la mort est devenue “la nouvelle pornographie” selon le mot de l’historien Philippe Ariès. On sait bien que cela existe mais on (se) le cache.
On cache la mort aux enfant qui n’ont plus guère l’occasion de voir un cadavre, on ne se met plus “en deuil”, on conseille à ses amis touchés par la mort d’un proche de se distraire pour “penser à autre chose”.
L’usage de la crémation se répend, ce qui, si j’ose dire, signifie : faire disparaître le cadaver insignifiant…
Une association crématiste (si, il y a des militants pour ça) s’était inventé comme slogan :”c’est quand même mieux de laisser la terre aux vivants”, sans s’apercevoir que la terre est faite de déchets organiques,de morts qui font vivre les vivants…
Il existait des “confréries de la bonne mort” où les participants devaient se preparer à l’épreuve ; aujourd’hui on conseillera à celui qui se préoccupera de ce destin, d’aller voire un psychiatre.
Même dans les cérémonies religieuses on tend à parler du défunt de son vivant, mais on prie de moins en moins pour son salut post-mortem…
C’est dans ce context du tabou de la mort qu’il faut replacer le theme de l’interdit de la peine de mort.
Pourquoi relancer le débat sur la peine de mort, apparemment usé dont on ne pourra débusquer l’enjeu qu’en déplaçant la question : pourquoi la peine de mort, aujourd’hui si largement réprouvée par tous les beaux esprits, a-t-elle été la norme quasi unanimement acceptée dans toutes les sociétés autres que la nôtre ?
J’en rechercherai la réponse dans une intuition de Baudelaire qui, au siècle dernier, s’interrogea aussi sur le déplacement culturel qui rendait déjà incompréhensible la peine capitale :
« La peine de mort est le résultat d’une idée mystique, totalement incomprise aujourd’hui. La peine de mort n’a pas pour but de sauver la société, matérielleme,nt du moins. Elle a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable.
 » Bien que le sacrifice soit parfait, il de qu’il y ait assentiment et joie de la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le paradis. » (Mon cœur mis a nu).
Goût du paradoxe ? Cruauté d’un disciple de Joseph de Maistre ?
Suspendons pourtant les réactions de notre sensibilité « moderne » pour remarquer que l’histoire a laissé trace d’un certain nombre d’’exécutions exemplaires où le coupable était par son sacrifice réconcilié avec sa communauté, avec ses dieux, et avec lui-même, réintégré dans sa dignité.
Pensons à l’étonnant procès de Gilles de Raïis où « Barbe-Bleue » est pardonné et embrassé par les parents des enfants qu’il avait torturés. Pensons à la Ballade des pendus de François Villon.
Est-il insignifiant qu’un supplicié de droit commun — le” bon” larron — soit le premier homme à qui la porte du salut ait été ouverte. Ouverte par le supplice même du Christ ?
Au moment où l’anthropologie contemporaine redécouvre l’importance des « sacrifices » (cf. Georges Bataille et plus récemment René Girard : « La violence et le sacré »), pouvons-nous encore nous défendre de ces conceptions — si étranges pour nous — en les qualifiant de mentalité archaïque ou barbare ?
Au contraire, la désuétude de la peine de mort où tendent nos sociétés industrielles n’est-elle pas l’un des symptômes de la désacra- lisation qui nous atteint ?
Dans les sociétés traditionnelles, la peine de mort témoignait de ce qui dépasse la vie elle- même, de ce qui dans l’homme passe l’homme (Pascal).
Non que la vie n’y soit pas une valeur, mais une valeur parmi d’autres, dans une hiérarchie de valeurs qui constituait d’ailleurs la vie comme valeur.
Sommes-nous encore capables de comprendre ce drame trop exotique, Je hara-kiri de
Mishima Yukio, en 1970, au Grand Etat-Major de Tokyo ?
Non ! Comme l’avait compris Nietzsche, les valeurs (« ce qui vaut la peine de » — du sacrifice) sont des dieux. Et la « mort de Dieu » inaugure le nihilisme que les sociologues, dans leur jargon, appellent anomie.
Îl est donc normal que, dans ce monde où l’homme ne reconnait pas ce qui le dépasse, tous ceux dont les exigences intellectuelles ou morales vont au-delà de la réaction instinctive un peu obtuse soient opposées au maintien de la peine de mort.
Injustifiable car insignifiante
Condamner… « au nom de » quoi ? De quoi le supplice serait-il « signe » ? Quelle absurdité qu’un « sacrifice » qui n’est plus un « faire sacré ». (Dans les derniers temps de son application en France, la guillotine avait cessé d’être un spectacle public).
Pour ma part, je suis forcé de reconnaître que dans ce contexte — la peine de mort est injustifiable, car insignifiante.
Faut-il pour autant s’en réjouir ?
Considérons d’abord que notre époque, si sensible aux souffrances des bébés phoques, est aussi celle des grands massacres organisés, des échafauds de 1793 aux goulags et aux camps ce concentration. Car dans les sociétés dominées par les grandes idéologies modernes où s’est investie l’irréductible aspiration de l’homme à l’absolu, les « croyants » n’ont point de scrupule à sacrifier aux idoles. Progrès, sens de l’histoire, libération de l’homme, race ou classe, « les dieux ont (toujours) soif »…
Mais, affirmera-t-on, nos sociétés de tolérance dans leur insignifiante permissivité, ne nous permettent-elles pas d’échapper à ces totalitarismes ?
Ce serait trop vite se rassurer.
En effet, dans les sociétés « libérales », au pouvoir d’une justice terrible qui, jadis, tranchait et retranchait dans une mise en scène dramatique où se jouaient le corps, la responsabilité et le salut,, succède une administration judiciaire fonctionnelle rattrapant, sans passion, les bavures qui auront pu échapper aux services des éducateurs, psychiatres, animateurs, permanents ou experts en manipulation des organisations qui nous prennent en charge de la naissance à la mort (cf. Michel Foucault : Surveiller et punir).
Ce n’est pas seulement la peine de mort que nous abolissons, mais toute peine dans la mesure où elle implique la responsabilité personnelle d’un coupable. « Humanistes », gauchistes ou technocrates : tous les discours ne peuvent qu’affirmer l’irresponsabilité du justiciabie qui ne se retrouve devant un tribunal que par une erreur de gestion des organisations sociales ou de l’Etat-providence : il ne s’agit pas de condamner, mais de rééduquer.
Le criminel n’est plus responsable parce que plus personne n’est responsable. (et les prisons débordent…).
Le totalitarisme, c’est aussi quand la vie et la mort sont devenues des marchandises à gérer tranquillement, « fonctionnellement », sans drame et sans chocs pour nos sensibilités douillettes (avortement-pardon IVG, euthanasie, banques d’organes, GPA, etc).
Aussi cette désuétude de la peine de mort est-elle probablement moins l’effet d’une « huma- nisation » que l’indice de l’insignifiance de la mort (cf. le Tabou de la mort mis en évidence dans notre société par Philippe Aries) et la « dévalorisation » de la vie,
On ne retire plus guère la vie parce que la vie ne vaut plus guère.

 

MM

A la une #Doctrine / Formation #NLH #Théologie

Prière à Saint Michel

Ô Très Glorieux Prince des Milices Célestes,

Saint-Michel Archange, défendez-nous dans le combat,

que nous livrons contre les puissances des Ténèbres,

et contre leur malice.

Venez à notre aide, à nous créatures de Dieu.

Vous êtes vénéré de l’Eglise comme son Gardien et son Protecteur,

et le Seigneur vous a confié les âmes qui,

un jour, occuperont les trônes célestes.

Priez donc le Dieu de la Paix de tenir Satan écrasé sous vos pieds,

pour qu’il ne puisse ni rendre les hommes ses esclaves,

ni causer de dommage à l’Eglise.

 

Présentez au Très Haut nos prières, unies aux vôtres,

pour que descendent promptement sur nous ses Divnes Faveurs.

Et vous, par la Vertu Divine, enchainez le dragon infernal,

l’antique serpent, Satan, et rejetez-le dans les abîmes d’où, enchainé,

il ne pourra plus séduire les âmes.

Amen

A la une #NLQ

L’édito – InfoCatho – 25 articles quotidiens trop pour vous ?

Le dynamisme de l’équipe d’Infocatho, la richesse de l’actualité catholique mondiale, permet de proposer à nos lecteurs entre 20 et 25 articles chaque jour du lundi au vendredi. Editos, formations, tribunes, brèves, actualités françaises et internationales se retrouvent sur notre site et dans notre lettre quotidienne tous les jours que Dieu fait. Le samedi, nous reprenons l’actualité la plus importante de la semaine dans notre lettre hebdomadaire. Vous pouvez vous abonner à l’une de ces deux lettres ou aux deux, selon votre choix.

Nos articles sont également publiés sur Facebook, au rythme moyen d’un toutes les demi-heures, entre 8 heures et 18 heures. Le week-end, nous redonnons les articles qui ont été le plus vus sur Facebook. Nous avions mis la barre au millier de vues, mais cela maintient en course encore beaucoup d’articles.

Un lecteur nous faisait remarquer que cette profusion pouvait être gênante pour les « facebookeurs ». En deux ans d’existence, nous n’avons eu aucun autre retour en ce sens, mais cela ne veut pas dire que notre lecteur (que nous remercions) soit isolé.

Voilà pourquoi nous vous proposons un sondage, pour connaître votre avis. Sachant évidement que la seule alternative que nous ayons serait de sélectionner seulement quelques articles, privant nos lecteurs de l’information qui aurait pu leur convenir.

Dilemme… qu’en pensez-vous ?

 

Doctrine / Formation #NLH #Théologie

Un divorcé remarié qui n’a pas droit aux sacrements, peut il recevoir celui dédié aux malades ?

Question d’un lecteur que nous remercions

Bonjour et merci pour votre lettre. Je rentre de Lourdes. Il y a eu 900 sacrements du malade. Question qui m’est venue par la suite : un divorcé remarié qui n’a pas droit aux sacrements, peut il recevoir celui dédié aux malades ? Merci de votre retour. Fraternellement.

Réponse d’un prêtre expert en la matière

Les sacrements se divisent en « sacrements de vivants », c’est-à-dire destinés à ceux qui sont en en état de grâce, et deux « sacrements des morts », pour les âmes en état de péché et qui font retrouver cet état de grâce : le baptême et la pénitence. Par exception, l’onction des malades peut être aussi de cette catégorie et faire retrouver l’état de grâce, si on est dans un état de maladie tel que la confession est impossible : dans ce cas, le sacrement remplace aussi la pénitence, en espérant que le malade ait eu, quand il avait pleine conscience, de bons sentiments équivalents au moins à une attrition de ses péchés.

Dans les autres cas, pour recevoir l’onction des malades, il faut être en état de grâce. Le prêtre qui va conférer ce sacrement propose toujours d’abord la confession.

Un autre problème se pose pour les sacrements des malades donnés aujourd’hui à des quantités de personnes malades ou âgées : sont-elles aptes à recevoir le sacrement, qui théoriquement nécessite une maladie grave ou une vieillesse avancée, l’une ou l’autre laissant craindre la mort ?