Tribunes et entretiens

Dubia : les cardinaux ont demandé audience au pape : réaction et analyse du philosophe Thibaud Collin

Les cardinaux, qui avaient émis des dubia au pape à propos de l’interprétation de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia,dubia qui n’ont pas reçu de réponse, viennent de rendre public la lettre de leur demande d’audience auprès du Saint-Père pour évoquer cette question primordiale pour l’Église. Cette lettre, datée du 25 avril dernier et signée du cardinal Caffarra, n’a toujours pas reçu de réponse. Pourquoi un tel silence ? Dans quel contexte s’inscrit-il ? C’est ce que L’Homme nouveau a demandé au philosophe moraliste Thibaud Collin qui a participé récemment, à Rome, à un colloque pour le premier anniversaire d’Amoris Laetitia.

Thibaud Collin, vous faites partie des six laïcs, venus du monde entier qui, pour appuyer les démarches des quatre cardinaux concernant Amoris lætitia, ont participé à un séminaire d’études, à Rome, le 22 avril dernier. Le cardinal Caffarra l’évoque justement dans sa lettre. Quel était votre propos ?

La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l’exhortation affirment qu’il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l’on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C’est par exemple l’interprétation de l’Institut Jean-Paul II. Pour d’autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d’adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l’encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu’une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l’encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur (1). S’il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s’opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu’il porterait davantage sur les modalités de l’accueil et de l’accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu’Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c’est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d’autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d’âmes peut-il laisser dans l’incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l’incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d’un auteur n’est-elle pas de s’assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd’hui plus que jamais, être capables d’exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruit se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n’est pas la simple manifestation d’un malaise et d’une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l’Eglise. » (2)

On peut s’inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l’encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmé dans la critique d’Humanée vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l’encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd’hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l’Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l’Eglise. La pression du monde est si forte pour que l’Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l’individualisme libéral ! Au nom d’un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l’appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?

Sur le même sujet L’Homme nouveau vous propose :

Mgr Athanasius Schneider prend la défense des quatre cardinaux qui ont exprimé leurs “dubia” au pape François

Ces cardinaux qui questionnent le pape : « Que votre oui soit oui ; que votre non soit non », une analyse de l’abbé Claude Barthe.

La Lumière est venue dans le monde… Rappel du contexte par Philippe Maxence.

 

Culture #Doctrine / Formation

22 juin – Saint John Fisher – Un exemple pour aujourd’hui

Ce 22 juin, le calendrier liturgique de la forme ordinaire du rite romain nous invite à célébrer un saint trop méconnu en France : John Fisher. Un saint très actuel dont on pourrait s’inspirer. Notamment les clercs.

Méconnu en France, il est, en revanche, depuis longtemps un véritable modèle pour les catholiques anglais qui depuis l’imposition par la force de la réforme anglicane, par Henri VIII et Élisabeth Ière, ont puisé dans son exemple la force de vivre de leur foi et d’être des parias dans leur propre pays. Du XVIe au XIXe siècle, être catholique en Angleterre était un délit. Ce n’est qu’en 1829 que fut voté l’acte d’émancipation permettant aux catholiques anglais de vivre à visage découvert. En 1850, la hiérarchie catholique fut rétablie par le Saint-Siège dans le pays, non sans prendre des précautions pour ne pas attiser les cendres d’une haine ancestrale. Comme l’expliquait un haut fonctionnaire britannique à l’occasion de la venue de Benoît XVI dans le pays en 2010 : « Être opposant à Rome fait partie de notre code génétique ». C’est pourquoi il était interdit jusqu’en 2005 à l’ambassadeur britannique auprès du Saint-Siège d’être un catholique. Il est toujours impossible à un catholique d’accéder au trône.

Et John Fisher ?

Né vers 1469 dans le Yorkshire, John Fisher fut ordonné prêtre en 1491, avec une dispense du Saint-Siège, en raison de son jeune âge. Docteur en théologie en 1501, il est élu dix jours plus tard vice-chancelier de l’Université de Cambridge. En 1504, il devient à la fois chancelier de cette université et évêque de Richester. En 1534, bien que malade, Fisher doit se rendre à Londres pour prêter le serment de fidélité au roi. Bien qu’il obtempère, il refuse de reconnaître Henry VIII comme chef suprême de l’Église d’Angleterre. Arrêté, il est emprisonné à la Tour de Londres. Le 20 mai 1535, le pape Paul III l’élève au rang de cardinal. Le 17 juin 1535, John Fisher est condamné à mort pour trahison et exécuté le 22 juin suivant. Il a la tête tranchée, son corps dénudé est exposé au public et sa tête, fixée au bout d’une pique, également. John Fisher fut le seul évêque à refuser de reconnaître Henry VIII comme chef suprême de l’Église en Angleterre, position que celui-ci s’était attribuée en raison du refus par le pape de reconnaître ses divorces et remariages.

Béatifié comme martyr de la foi par Léon XIII en 1886, John Fisher est canonisé par Pie XI en 1935. Il est célébré en même temps que Thomas More, laïc mort pour les mêmes raisons.

Que nous apprennent saint John Fisher et saint Thomas More ?

Ces deux saints pour l’éternité nous enseignent la fidélité jusqu’au bout à la doctrine de l’Église et notamment à l’indissolubilité du mariage chrétien. Bien qu’ils eussent tous reçu le même enseignement, qu’ils eussent tous reçu les mêmes sacrements et qu’ils eussent tous juré la même fidélité, saint John Fisher fut le seul évêque anglais à rester fidèle à l’intégralité de la doctrine catholique et au Pontife romain. Seul jusqu’au bout !

 

Source L’Homme Nouveau

A la une #Doctrine / Formation #NLH

Honorer le Sacré Cœur, une forme excellente de piété – Leon XIII, Annum Sacrum

Mois je juin, mois du Sacré Coeur. InfoCatho vous propose, tout au long de ce mois de découvrir un peu plus la dévotion au sacré Coeur et de vous unir  notre chaîne de prière pour la France.

Voici pour ouvrir ce mois sacré l’encyclique du pape Léon XIII pour la consécration du genre humain au Sacré Cœur.

 

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 mai de l’année 1899, de notre pontificat la vingt-deuxième.

 

A nos vénérables frères les archevêques, les évêques et les autres ordinaires de la confédération canadienne en paix et en communion avec le siège apostolique.

LÉON XIII, PAPE

Vénérables Frères, Salut et bénédiction apostolique.

 

Nous avons naguère, comme vous le savez, ordonné par lettres apostoliques qu’un jubilé serait célébré prochainement dans cette ville sainte, suivant la coutume et la règle établies par les anciens. Aujourd hui, dans l’espoir et dans l’intention d’accroître la piété dont sera empreinte cette solennité religieuse, Nous avons projeté et nous conseillons une manifestation éclatante. Pourvu que tous les fidèles Nous obéissent de cœur et avec une bonne volonté unanime et généreuse, Nous attendons de cet acte, et non sans raison, des résultats précieux et durables, d’abord pour la religion chrétienne et ensuite pour le genre humain tout entier.

Maintes fois, Nous Nous sommes efforcé d’entretenir et de mettre de plus en plus en lumière cette forme excellente de piété, qui consiste à honorer le Très Sacré Cœur de Jésus. Nous suivions en cela l’exemple de nos prédécesseurs Innocent XII, Benoît XIII, Clément XIII, Pie VI, Pie VII et Pie IX. Tel était notamment le but de notre décret publié le 28 juin de l’année 1889, et par lequel Nous avons élevé au rite de première classe la fête du Sacré Cœur.

Mais maintenant Nous songeons à une forme de vénération plus imposante encore, qui puisse être en quelque sorte la plénitude et la perfection de tous les hommages que l’on a coutume de rendre au Cœur très sacré. Nous avons confiance que cette manifestation de piété sera très agréable à Jésus-Christ, rédempteur.

D’ailleurs, ce n’est pas pour la première fois que le projet dont nous parlons est mis en question. En effet, il y a environ vingt-cinq ans, à l’approche des solennités du deuxième centenaire du jour où la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque avait reçu de Dieu l’ordre de propager le culte du divin Cœur, des lettres pressantes émanant non seulement de particuliers, mais encore d’évêques, furent envoyées en grand nombre et de tous côtés à Pie IX. Elles tendaient à obtenir que le Souverain Pontife voulût bien consacrer au très saint Cœur de Jésus l’ensemble du genre humain. On jugea bon de différer, afin que la décision fût mûrie davantage. En attendant, les villes reçurent l’autorisation de se consacrer séparément si cela leur agréait, et une formule de consécration fut prescrite. Maintenant, de nouveaux motifs étant survenus, Nous pensons que l’heure est arrivée de mener à bien ce projet.

Ce témoignage général et solennel de respect et de piété est bien dû à Jésus-Christ, car Il est le Prince et le Maître suprême. En effet son empire ne s’étend pas seulement aux nations qui professent la foi catholique, ou aux hommes qui ayant reçu régulièrement le saint baptême se rattachent en droit à l’Eglise, quoiqu’ils en soient séparés par des opinions erronées ou par un dissentiment qui les arrache à sa tendresse.

Le règne du Christ embrasse aussi tous les hommes privés de la foi chrétienne de sorte que l’universalité du genre humain est réellement soumise au pouvoir de Jésus. Celui qui est le Fils unique de Dieu le Père, qui a la même substance que Lui et qui “est la splendeur de sa gloire et l’empreinte de sa substance” (Heb., I, 3). celui-là nécessairement possède tout en commun avec le Père ; il a donc aussi le souverain pouvoir sur toutes choses. C’est pourquoi le Fils de Dieu dit de lui-même par la bouche du prophète : “Pour moi, j’ai été établi roi sur Sion, sa sainte montagne ; le Seigneur m’a dit : “Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. Demande-moi, je te donnerai les nations pour ton héritage et les limites de la terre pour ton patrimoine” (Ps. II, 6 8).

Par ces paroles, Jésus-Christ déclare qu’il a reçu de Dieu la puissance, soit sur toute l’Eglise qui est figurée par la montagne de Sion, soit sur le reste du monde jusqu’à ses bornes les plus lointaines. Sur quelle base s’appuie ce souverain pouvoir, c’est ce que nous apprennent clairement ces paroles : “Tu es mon fils”. Par cela même, en effet, que Jésus-Christ est le fils du Roi du monde, il hérite de toute sa puissance ; de là ces paroles : “Je te donnerai les nations pour ton héritage”. A ces paroles sont semblables celles de l’apôtre saint Paul : “Son fils qu’il a établi héritier en toutes choses” (Heb. 1, 2).

Mais il faut surtout considérer ce que Jésus-Christ a affirmé concernant son empire, non plus par les Apôtres ou par les prophètes, mais de sa propre bouche. Au gouverneur romain qui lui demandait “Tu es donc roi” ? il répondit sans aucune hésitation : ”Tu le dis, je suis roi” (Joan, XVIII, 37). La grandeur de ce pouvoir et l’immensité infinie de ce royaume sont confirmées clairement par les paroles de Notre-Seigneur aux apôtres : “Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre” (Matth., XVIII, 18). Si toute puissance a été donnée au Christ, il s’ensuit nécessairement que son empire doit être souverain, absolu, indépendant de la volonté de tout être, de sorte qu’aucun pouvoir ne soit égal ni semblable au sien. Et puisque cet empire lui a été donné dans le ciel et sur la terre, il faut qu’il voie le ciel et la terre lui obéir.

Effectivement, il a exercé ce droit extraordinaire et qui lui est propre, lorsqu’il a ordonné aux apôtres de répandre sa doctrine, de réunir les hommes en une seule Eglise par le Baptême du salut, enfin de leur imposer des lois que personne ne pût méconnaître, sans mettre en péril son salut éternel.

Mais ce n’est pas tout. Jésus-Christ commande non seulement en vertu d’un droit naturel et comme Fils de Dieu, mais encore en vertu d’un droit acquis. Car “il nous a arrachés de la puissance des ténèbres” (Coloss., I, 13) ; et en outre il “s’est livré lui-même pour la rédemption de tous” (I Tim., II, 6). Non seulement les catholiques et ceux qui ont reçu régulièrement le baptême chrétien, mais tous les hommes et chacun d’eux sont devenus pour Lui “un peuple conquis” (I Pet., II, 9). Aussi, saint Augustin a-t-il eu raison de dire à ce sujet : “Vous cherchez ce que Jésus-Christ a acheté ? voyez ce qu’Il a donné et vous saurez ce qu’Il a acheté. Le sang du Christ est le prix de l’achat. Quel objet peut avoir une telle valeur ? Lequel, si ce n’est le monde entier ? Lequel si ce n’est toutes les nations ? C’est pour l’univ ers entier que le Christ a payé un tel prix” (Tract. 20 in Joan.).

Pourquoi les infidèles eux-mêmes sont-ils soumis au pouvoir de Jésus-Christ ? Saint Thomas nous en expose longuement la raison. En effet, après avoir demandé si le pouvoir judiciaire de Jésus-Christ s’étend à tous les hommes, et avoir affirmé que “l’autorité judiciaire découle de l’autorité royale”, il conclut nettement : “Tout est soumis au Christ quant à la puissance, quoique tout ne lui soit pas soumis encore quant à l’exercice même de cette puissance” (3a P., Q. 59, art. 4). Ce pouvoir du Christ et cet empire sur les hommes s’exercent par la vérité, par la justice et surtout par la charité.

Mais à cette double base de sa puissance et de sa domination, Jésus-Christ nous permet dans sa bienveillance d’ajouter, si nous y consentons de notre côté, la consécration volontaire. Dieu et rédempteur à la fois, il possède pleinement, et d’une façon parfaite, tout ce qui existe. Nous, au contraire, nous sommes si pauvres et dénués, que nous n’avons rien qui nous appartienne et dont nous puissions lui faire présent. Cependant, dans sa bonté et sa charité souveraine, il ne refuse nullement que nous lui donnions et que nous lui consacrions ce qui lui appartient, comme si nous en étions les possesseurs. Non seulement il ne refuse pas cette offrande, mais il la désire et il la demande : “Mon fils, donne moi ton cœur”. Nous pouvons donc lui être pleinement agréables par notre bonne volonté et l’affection de notre âme. En nous consacrant à lui, non seulement nous reconnaissons et nous acceptons son empire ouvertement et avec joie, mais encore nous témoignons réellement que si ce que nous donnons nous appartenait, nous l’offririons de tout notre cœur ; nous demandons ainsi à Dieu de vouloir bien recevoir de nous ces objets mêmes qui lui appartiennent absolument.  Telle est l’efficacité de l’acte dont il s’agit, tel est le sens de nos paroles.

Puisque dans le Sacré Cœur réside le symbole et l’image sensible de la charité infinie de Jésus-Christ, charité qui nous pousse à l’aimer en retour, il est convenable de nous consacrer à son Cœur très auguste. Agir ainsi, c’est se donner et se lier à Jésus Christ ; car les hommages, les marques de soumission et de piété que l’on offre au divin Cœur se rapportent réellement et en propre au Christ lui même.

C’est pourquoi Nous engageons et Nous exhortons à accomplir avec ardeur cet acte de piété, tous les fidèles qui connaissent et aiment le divin Cœur. Nous désirerions vivement qu’ils se livrassent à cette manifestation le même jour, afin que les sentiments et les vœux communs de tant de milliers de fidèles fussent portés en même temps au temple céleste.

Mais oublierons-nous une quantité innombrable d’hommes, pour lesquels n’a pas encore brillé la vérité chrétienne ? Nous tenons la place de Celui qui est venu sauver ce qui était perdu et qui a donné son sang pour le salut du genre humain tout entier. Aussi, nous songeons avec assiduité à ramener vers la véritable vie ceux mêmes qui gisent dans les ténèbres de la mort. Nous avons envoyé de tous côtés pour les instruire des messagers du Christ ; et maintenant, déplorant leur sort, Nous les recommandons de toute notre âme et Nous les consacrons, autant qu’il est en Nous, au Cœur très sacré de Jésus.

De cette manière, l`acte de piété que Nous conseillons à tous sera profitable à tous. Après l’avoir accompli, ceux qui connaissent et aiment Jésus-Christ sentiront croître leur foi et leur amour. Ceux qui, connaissant le Christ, négligent cependant sa loi et ses préceptes, pourront puiser dans son Sacré-Cœur la flamme de la charité. Enfin, nous implorerons tous d’un élan unanime le secours céleste pour les infortunés qui souffrent dans les ténèbres de la superstition. Nous demanderons que Jésus-Christ, auquel ils sont soumis “quant à la puissance” les soumette un jour “quant à l’exercice de cette puissance”. Et cela, non seulement “dans un siècle à venir, quand il accomplira sa volonté sur tous les êtres en récompensant les uns et en châtiant les autres” (S. Thomas, loc. cit.), mais encore dès cette vie mortelle, en leur donnant la foi et la sainteté. Puissent-ils honorer Dieu par la pratique de la vertu, comme il convient, et chercher à obtenir la félicité céleste et éternelle.

Une telle consécration apporte aussi aux Etats l’espoir d’une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. Dans ces derniers temps surtout, on a fait en sorte qu’un mur s’élevât, pour ainsi dire, entre l’Eglise et la société civile. Dans la constitution et l’administration des Etats, on compte pour rien l’autorité de la juridiction sacrée et divine, et l’on cherche à obtenir que la religion n’ait aucun rôle dans la vie publique. Cette attitude aboutit presque à enlever au peuple la foi chrétienne ; si c’était possible, on chasserait de la terre Dieu lui même. Les esprits étant en proie à un si insolent orgueil, est-il étonnant que la plus grande partie du genre humain soit livrée à des troubles profonds, et battue par des flots qui ne laissent personne à l’abri de la crainte et du péril ? Il arrive fatalement, que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu’ils s’abandonnent à leurs passions et s’épuisent dans une licence excessive.

De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter. Or, qui est celui-là, sinon Jésus-Christ, fils unique de Dieu ? “car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés” (Act. IV, 12). Il faut donc recourir à Celui qui est “la voie, la vérité et la vie.” L’homme a erré, qu’il revienne dans la route droite ; les ténèbres ont envahi les âmes, que cette obscurité soit dissipée par la lumière de la vérité ; la mort s’est emparée de nous, conquérons la vie. Il nous sera enfin permis de guérir tant de blessures, on verra renaître avec toute justice l’espoir en l’antique autorité, les splendeurs de la foi reparaîtront, les glaives tomberont et les armes s’échapperont des mains lorsque tous les hommes accepteront l’empire du Christ et s’y soumettront avec joie, et quand “toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père” (Phil. II, 2).

A l’époque où l’Eglise, toute proche encore de ses origines, était accablée sous le joug des Césars, un jeune empereur aperçut dans le ciel une croix qui annonçait et qui préparait une magnifique et prochaine victoire. Aujourd’hui, voici qu’un autre emblème béni et divin s’offre à nos yeux. C’est le cœur très sacré de Jésus, sur lequel se dresse la Croix et qui brille d’un magnifique éclat au milieu des flammes. En lui nous devons placer toutes nos espérances ; nous devons lui demander et attendre de lui le salut des hommes.

Enfin, Nous ne voulons point passer sous silence un motif particulier, il est vrai, mais légitime et sérieux, qui Nous pousse à entreprendre cette manifestation. C’est que Dieu, auteur de tous les biens, Nous a naguère sauvé d’une maladie dangereuse. Nous voulons évoquer le  souvenir d’un tel bienfait et en témoigner publiquement Notre reconnaissance par l’accroissement des hommages rendus au très saint Cœur.

Nous décidons en conséquence que, le 9, le 10 et le 11 du mois de juin prochain, dans l’église de chaque localité et dans l’église principale de chaque ville, des prières déterminées seront dites. Chacun de ces jours-là, les litanies du Sacré-Cœur, approuvées par Notre autorité, seront jointes aux autres invocations. Le dernier jour, on récitera la formule de consécration que Nous vous envoyons, Vénérables Frères, en même temps que ces lettres.

Comme gage des faveurs divines et en témoignage de Notre bienveillance, Nous accordons très affectueusement dans le Seigneur la bénédiction apostolique à vous, à votre clergé et au peuple que vous dirigez.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 mai de l’année 1899, de notre pontificat la vingt-deuxième.

Léon XIII,Pape

 

Brèves

La photo du jour – Vezelay – Le chemin de lumière du Solstice

Chaque année depuis 900 ans, le chemin de lumière du solstice d’été à la basilique de Vézelay

Tribunes et entretiens

Témoignage – Pakistan – Nous sommes quotidiennement en danger de mort…

Le père Pervez est prêtre au Pakistan, actuellement en France à l’invitation de l’association SOS Chrétiens d’Orient pour témoigner de son difficile quotidien dans un pays touché par une loi contre le blas- phème extrêmement problématique.

 

Quelle est aujourd’hui la situation des chrétiens du Pakistan ?

Les chrétiens représentent, aujourd’hui, 1 % de la population du pays. Parmi eux, seuls 1 % sont considérés comme « éduqués », c’est-à-dire pouvant travailler comme médecins, banquiers, cadres… Le reste des chrétiens se partage des tâches difficiles et peu payées, comme balayeurs ou éboueurs. Nombre d’entre eux, dans les campagnes, travaillent pour des fermiers musulmans et sont donc considérés comme des esclaves. Les chrétiens sont une population qui souffre énormément et qui est très pauvre. Mais il y a un autre problème, plus grave encore. Il s’agit de la loi contre le blasphème. Aucun chrétien ne souhaite insulter Mahomet, mais cette loi est bien souvent détournée par des musulmans radicaux pour mettre les chrétiens en danger. Tout blasphème est puni de la peine de mort, et certains se contentent d’accuser tel ou tel chrétien de blasphème. Non seulement la personne accusée est en danger de mort, mais toute la communauté chrétienne avec elle. C’est vraiment un sujet qui provoque une grande colère parmi les musulmans et personne ne cherche alors à savoir si l’accusation est vraie ou fausse. Le résultat, c’est que nous passons nos journées en danger de mort.

Comment réussissez-vous, en tant que prêtre, à aider ces chrétiens ?

La chose qui m’importe vraiment en ce moment, c’est d’abord libérer ces chrétiens qui sont aujourd’hui les esclaves de familles fermières musulmanes. Cela implique d’abord de payer pour les libérer. Ensuite, je travaille à la construction d’un village pour que ces chrétiens puissent se rassembler et vivre leur foi librement. J’ai notamment prévu une église et une école, afin d’aider les enfants à apprendre le minimum nécessaire pour vivre et travailler. Il est absolument nécessaire de commencer par aider les chrétiens à être libres, dans leur propre pays. Libres d’être chrétiens, et libres tout court d’ailleurs.

Comment trouvez-vous la force de continuer ?

Dans l’Evangile ! « J’étais nu et vous m’avez couvert, j’avais faim et vous m’avez nourri… » C’est une parole qui résonne dans ma tête en permanence. C’est le fait d’être chrétien tout simplement, qui me fait vivre. J’ai étudié quatre ans à Rome ; j’aurais pu rester à Rome, mais il était absolument impossible pour moi d’envisager de vivre loin de ces pauvres familles chrétiennes de mon propre pays qui ont besoin d’aide pour survivre, et pour vivre.

Vous êtes en France à l’invitation de SOS Chrétiens d’Orient, pour témoigner. Quel est votre état d’esprit ?

J’ai été extrêmement surpris de l’accueil et j’en suis très reconnaissant. Vous n’imaginez pas le réconfort que c’est de constater qu’à l’autre bout du monde, des jeunes qui ont la possibilité d’avoir une vie paisible prennent le risque d’aller donner leur temps dans des pays dangereux pour aider ceux qui en ont besoin.

Source Christianophobie Hebdo.

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Messe télévisée et radicalisation de la laïcité en France – Signez la lettre au Premier Ministre

Dès sa nomination en tant que Secrétaire d’Etat à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa a inquiété les milieux chrétiens et catholiques en particulier. Connue pour une vision assez radicale et rudimentaire de la laïcité à la française, elle estimait en 2016 que la messe télévisée était attentatoire à la laïcité.

Ne nous y trompons pas, le quinquennat Macron sera fortement idéologique et peu favorable aux chrétiens. Nous ne devons pas attendre d’être mis au pied du mur de mesures que la presse ne qualifiera jamais de discriminatoires, mais dont les conséquences risquent bien de s’alourdir pour les chrétiens.
Voila pourquoi nous vous proposons de signer cette lettre destinée au Premier Ministre afin qu’il clarifie la position du gouvernement sur cette question de la laïcité qui pourrait bien se radicaliser encore davantage en France.

Il est vrai que nombre d’entre nous sont las de signer et désabusés des résultats. Mais cela reste, encore, le signe de notre vitalité, de notre liberté et de notre invincible espérance. Si ces pétitions ne devaient avoir que cet effet ce serait déjà un impact important sur le moral de nos adversaires. Ne leur ouvrons pas un boulevard en baissant les bras de lassitude.



Tribunes et entretiens

Entretien – Don Paul Préaux – La communauté Saint-Martin à Arles et Brive-le-gaillarde

En septembre prochain, la communauté Saint-Martin s’installera dans deux diocèses : Arles et Brive-la-Gaillarde. Les évêques de différents diocèses font appel à la Communauté depuis de nombreuses années pour repeupler leurs paroisses de prêtres. Elle a déjà 22 ministères.

L’Homme nouveau a interrogé Don Paul Préaux, modérateur général de la communauté.

Pourquoi avoir accepté de vous implanter en Arles et à Brive-la-Gaillarde ?

Nous avons accepté de nous implanter dans le diocèse de Tulle, à Brive-la-Gaillarde puisque nous avons compris, quand nous avons rencontré l’évêque, que depuis 20 ans, il n’y avait pas eu de prêtre ordonné et qu’il y avait un grand besoin, urgent, d’avoir des prêtres. De plus, le projet qu’il nous a confié correspondait tout à fait à ce que nous sommes et il y a donc eu une possibilité d’une nouvelle implantation. À Aix-en-Provence, Monseigneur Dufour nous a beaucoup touché puisque ça fait de nombreuses années qu’il nous appelle. Nous avons pris le temps de discerner et il nous a proposé de nombreux lieux. Monseigneur Dufour insiste énormément sur la mission : « soyez des missionnaires ». Nous savons qu’Arles est très déchristianisé, nous allons donc essayer d’apporter un nouvel élan missionnaire.

Vous êtes de plus en plus demandé dans les différents diocèses, comment expliquez-vous cet appel des évêques ?

Le premier motif est un manque général de prêtre en France, c’est un fait objectif. Le deuxième, est peut-être une douce consolation, c’est que les frères sur le terrain font bien leur travail, un fait plus subjectif. Comme les frères travaillent bien en faisant leur « boulot », ça porte du fruit, les paroisses sont heureuses et les évêques en voyant cela nous demande de nous implanter dans certaines de leurs paroisses. Nous essayions de nous inscrire dans une pastorale plus missionnaire en faisant de l’innovant tout gardant notre attachement à la Tradition.

Vous envoyez généralement trois ou quatre prêtres et diacres dans un diocèse, qui part en septembre pour Arles et Brive-la-Gaillarde ?

À Arles, diocèse d’Aix-en-Provence, il y aura trois prêtres et un diacre. Le curé sera Don Jean-Yves Urvoy et deux vicaires l’accompagneront, Don Ludovic Level et Don Braulio Acosta. Mais également un séminariste qui sera ordonné diacre dans une semaine, Antoine Barlier. Tandis qu’ à Brive-la-Gaillarde, il y aura Don Géris Sellier comme curé, Don Mathieu de Neuville et Don Nicolas Clappier l’accompagneront comme prêtres, ainsi qu’un séminariste, Théophile Legrand.

Bientôt de nouveaux diocèses à « conquérir » pour la communauté ?

Nous avons à peu près une trentaine d’évêques qui nous appellent en France et 25 à l’étranger et nous en sommes très heureux parce qu’il y a énormément de choses à faire. Pour cette année, nous nous implantons en Arles et à Brive-la-Gaillarde, nous verrons pour septembre prochain…

Pour aller plus loin : Communauté Saint-Martin, 8, place de la Basilique, B.P. 110, 53600 Evron. Tél. : 02 43 26 12 00.

 

Tribunes et entretiens

Tribune – Des effets nocifs du Yoga sur la spiritualité chrétienne

Alors que Cathobel, média qui se présente comme la voix catholique de Belgique, fait la promotion du yoga, il nous a paru important de remonter cette tribune sur les effets nocifs d’une telle pratique.

En tant que Chrétien Catholique né dans une famille Catholique traditionnelle au Kerala, en Inde, mais ayant vécu parmi les Hindous, et maintenant en tant que prêtre catholique et prédicateur charismatique dans 60 pays sur tous les continents, j’ai quelque chose à dire au sujet des effets nocifs du Yoga sur la spiritualité et la vie Chrétienne.  Je sais qu’il y a un intérêt grandissant pour le yoga à travers le monde, même parmi les Chrétiens, et cet intérêt s’est étendu à d’autres pratiques ésotériques et de Nouvel Age comme celles du Reiki, de la réincarnation, de l’acupressure, de l’acupuncture, de la guérison par le prana, de la réflexologie, etc, qui sont des méthodes que le Vatican considère avec circonspection et pour lesquelles il met en garde dans son document « Jésus-Christ le porteur d’eau vive » (Jesus Christ bearer of the water of life).

Pour certains, le yoga est un moyen de détente et de relâchement des tensions, pour d’autres c’est une forme d’exercice contribuant à l’amélioration de la forme et de la santé et pour un petit nombre c’est un moyen de guérison des maladies. Il y a beaucoup de confusion dans l’esprit du Catholique moyen – laïcs et religieux – parce que le yoga promu chez les Catholiques n’est ni entièrement une discipline de santé, ni entièrement une discipline spirituelle, mais parfois l’une, parfois l’autre, et souvent un mélange des deux. Mais, En fait, le yoga est avant tout une discipline spirituelle et je sais que, même des prêtres et des religieuses dans les séminaires et noviciats conseillent le yoga comme une aide à la méditation et la prière.  Il est triste que de nos jours, de nombreux catholiques perdent leur confiance dans les grandes méthodes de prières spirituelles et mystiques qui leur ont été données par de grands Saints  comme Saint Ignace de Loyola, Saint François d’Assise, Saint François de Sales, Sainte Thérèse d’Avila, etc . et sont actuellement à la recherche de spiritualités orientales et mystiques venant de l’Hindouisme et du Bouddhisme.  C’est dans ce contexte qu’un chrétien sincère doit s’interroger sur la compatibilité du yoga avec la spiritualité Chrétienne ainsi que sur la sagesse de l’intégration de ses techniques dans la prière et la méditation Chrétienne.

Qu’est-ce que le Yoga ? le mot Yoga veut dire « union », le but du Yoga est d’unir le moi transitoire (temporel) « JIVA » à l’infini « BRAHMAN » le concept Hindou de Dieu. Ce Dieu n’est pas un Dieu personnel, mais une substance spirituelle impersonnelle qui est un avec la nature et le cosmos. Brahman est une substance divine impersonnelle qui « s’infiltre, se répand et est à la base de tout ». Le Yoga a ses racines dans les Upanishads Hindoues qui remontent à l’année 1000 Avant Jésus Christ et elles parlent ainsi du Yoga, « unissez-vous au sein de la lumière avec la lumière de Brahman ». « l’absolu est en soi-même » dit la Chandogya Upanishad, “TAT TUAM ASI”  « CELA TU L’ES TOI-MEME »,  ou “THOU ART THAT” « CE QUE TU ES ». Le Divin habite en chacun de nous à travers son représentant microcosmique, le soi individuel appelé Jiva. Dans la Bhagavad Gita, le seigneur Krishna décrit le Jiva comme « une parcelle du Soi suprême » et « la joie du Yoga vient au Yogi qui est un avec Brahman ». En l’an 150 après J-C, le yogi Patanjali expliqua les huit moyens qui conduisent les pratiques du Yoga de l’ignorance à l’illumination (ou l’éveil) – les huit étapes sont comme un escalier – Elles sont la maîtrise de soi, les réfrènements (yama), les observances religieuses (niyama), la pratique des postures (asana), les exercices respiratoires (pranayama), le contrôle des sens (pratyahara), la concentration (dharana), la contemplation profonde (dhyana), l’illumination (samadhi).  Il est intéressant de noter, ici, que les postures et les exercices de respiration, souvent considérés comme l’ensemble du yoga en Occident, sont les étapes 3 et 4 vers l’union avec Brahman !  Le yoga n’est pas seulement un système élaboré d’exercices physiques, il s’agit d’une discipline spirituelle, visant à conduire l’âme au samadhi, union totale avec l’être divin.  Le Samadhi est l’état dans lequel la nature et le divin ne font qu’un, l’homme et Dieu deviennent un, sans aucune différence (Brad Scott : L’exercice ou la pratique religieuse ? Yoga : Ce que le maître ne vous a jamais enseigné dans ce cours de Hatha Yoga dans le livre Watchman Expositor Vol . 18,No 2, 2001).

Ce point de vue est radicalement contraire à la religion chrétienne qui fait une distinction claire entre le Créateur et la créature, Dieu et l’homme.  Dans le christianisme, Dieu est « l’Autre » et jamais soi-même.  Il est triste que certains promoteurs de yoga, de Reiki et d’autres disciplines et de méditations, aient interprété inexactement, en les isolant, certains passages de la Bible, pour appuyer leurs arguments tels que « vous êtes le temple de Dieu », « l’eau vive jaillit de toi », « vous serez en moi et je serai en vous « , » ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi « , etc, sans comprendre le contexte et le sens de ces paroles dans la Bible.  Il y a même des gens qui dépeignent Jésus comme un yogi, et nous pouvons voir de nos jours de telles images dans des chapelles de couvents et presbytères, Jésus présenté en yogi dans des postures de méditation !

Appeler Jésus “un yogi” c’est renier Sa divinité intrinsèque, Sa Sainteté et Sa perfection et suggérer qu’Il avait une nature déchue soumise à l’ignorance et à l’illusion (Maya), et qu’il a eu besoin d’être libéré de la condition humaine par la pratique et la discipline du Yoga. Le Yoga est incompatible avec la spiritualité chrétienne parce qu’il est panthéiste (Dieu est tout et tout est Dieu), et soutient qu’il n’y a qu’une seule Réalité et que tout le reste est illusoire ou Maya. S’il n’y a qu’une seule réalité absolue et que tout le reste est illusoire, il ne peut y avoir de relation ni d’amour. Le Centre de la Foi chrétienne est la Foi dans la Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint Esprit, trois personnes en un seul Dieu, le modèle parfait de la relation d’Amour. Le Christianisme c’est l’ensemble des relations, relation avec Dieu et relation entre les hommes. « Tu aimeras  ton Dieu de tout ton Cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même »(Mt 22 : 37-39).

Dans l’Hindouisme, le bien et le mal, comme la douleur et le plaisir sont illusoires (Maya), et donc irréels.  Vivekananda, l’icône la plus respectée de l’Hindouisme moderne, a déclaré : « le bien et le mal sont une seule et même chose » (Vivekananda. « Les yogas et autres ouvrages » publiés, Ramakrishna Vivekananda Centre NY 1953).  Dans le christianisme, le problème du péché comme offense à la Sainteté de Dieu est inséparable de notre foi, parce que le péché est la raison pour laquelle nous avons besoin d’un Sauveur.  L’Incarnation, la Vie, la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus sont pour nous les moyens du salut, afin de nous libérer du péché et de ses conséquences.  Nous ne pouvons pas ignorer cette différence fondamentale dans le but d’absorber le yoga et d’autres techniques orientales de méditation dans la spiritualité chrétienne.  La pratique du yoga est païenne au mieux, et au pire occulte.  C’est la religion de l’antéchrist, et pour la première fois dans l’histoire, elle est pratiquée de façon fervente dans le monde occidental et l’Amérique.  Il est ridicule que même les maîtres yogi portant une croix ou un symbole chrétien trompent les gens en disant que le Yoga n’a rien à voir avec l’Hindouisme et disent qu’il s’agit seulement d’accepter d’autres cultures.  Certains ont masqué le yoga avec des gestes Chrétiens et l’appelle le « Yoga Chrétien ».  Ici la question n’est pas celle d’accepter la culture d’un autre peuple, mais celle d’accepter une autre religion qui n’a rien à voir avec notre religion et nos concepts religieux.

Il est dommage que le yoga se soit propagé si frénétiquement depuis les maternelles jusqu’à tout type d’institutions en médecine, psychologie, etc se considérant comme une science alors qu’il ne l’est absolument pas et il est vendu sous le label « Thérapie de relaxation »,« auto-hypnose », « la visualisation créative », « centering », etc.  Le Hatha Yoga, largement répandu en Europe et en Amérique comme méthode de relaxation et d’exercices non fatigants, gymnastique douce, est l’un des six systèmes reconnus de l’Hindouisme orthodoxe, et de par ses origines religieuses et mystiques, c’est l’une des formes les plus dangereuses du Yoga (Dave Hunt, « la séduction de la chrétienté » à la page 110) Rappelez-vous les paroles de saint Paul : « Et rien d’étonnant : car Satan lui-même se déguise bien en Ange de lumière » (II Co 11 : 14).  Il est vrai que beaucoup de personnes sont guéries par le Yoga et d’autres méthodes orientales de méditation et de prières.  Ici, les chrétiens doivent se demander s’ils ont besoin de guérison, d’avantages matériels, ou bien de leur Dieu Jésus-Christ en Qui ils croient, Qui est la source de toute guérison et de bonne santé.

Le désir de devenir Dieu est le premier et le second péché dans l’histoire de la création, rapporté chronologiquement dans la Bible,“Toi qui avais dit dans ton Cœur : j’escaladerai les cieux, au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône, je siègerai sur la montagne de l’Assemblée, aux confins du septentrion. Je monterai au sommet des nuages, je m’égalerai au Très-Haut » (Is 14 : 13-14). Le serpent répliqua à la femme : “Pas du tout ! vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des Dieux, qui connaissent le bien et le mal » (Gn 3 : 4-5). La philosophie et la pratique du yoga sont basées sur la croyance que l’homme et Dieu ne font qu’un.  Elle enseigne à se concentrer sur soi-même plutôt que sur  Dieu Seul et Unique.  Le Yoga encourage ses participants à rechercher les réponses aux problèmes de la vie au sein de leur propre esprit et conscience au lieu de trouver les solutions dans la Parole de Dieu par l’intermédiaire de l’Esprit Saint comme c’est le cas dans le Christianisme.  Il laisse la porte ouverte à la supercherie de l’ennemi de Dieu, qui cherche des victimes pour les éloigner de Dieu et de l’Eglise (I P 5 : 8).

Ces huit dernières années, j’ai prêché la Parole de Dieu, principalement dans les pays d’Europe,  qui jadis était le berceau du Christianisme, produisant des évangélisateurs et des missionnaires, des martyrs et des saints.  Et Maintenant en parlant de l’Europe, peut-on encore parler d’Europe Chrétienne ?  N’est-il pas vrai que l’Europe a effacé de sa vie tous les concepts et valeurs du Christianisme ?  Pourquoi l’Europe a-t-elle honte de dire qu’elle a des racines Chrétiennes ?  Où sont les valeurs morales et l’éthique pratiquées par les Européens depuis des siècles et qui ont été portées à d’autres pays et cultures par la proclamation courageuse de l’Evangile du Christ ? Nous connaissons l’arbre à ses fruits !  Je crois que ces doutes et confusions, l’apostasie et l’infidélité, la froideur et l’indifférence religieuses sont arrivés en Europe à partir du moment où les mysticismes et méditations de l’Orient, l’ésotérisme et le Nouvel Age ont été introduits en Occident. Dans mes retraites charismatiques, la majorité des participants viennent avec des problèmes d’ordre moral, spirituel, mental et physique afin d’en être libérés et guéris et de commencer une nouvelle vie par la puissance de l’Esprit Saint.  En toute franchise, je peux dire que 80 à 90 % des participants sont passés par le yoga, le reiki, ont cru en la réincarnation, …etc  qui sont des pratiques religieuses orientales, et là ils ont perdu la foi en Jésus-Christ et en l’Eglise.  En Croatie, en Bosnie, en Allemagne, en Autriche et  en Italie, j’ai eu des cas de personnes qui étaient sous l’emprise des puissances des ténèbres et qui criaient « Je suis Reiki », « Je suis Mr. Yoga », s’identifiant à ces concepts en tant que personnes alors que j’étais en train d’effectuer les prières de guérison pour eux.  Plus tard, j’ai dû  prier sur eux par la prière de délivrance afin de les libérer des puissances du mal.

Il y a des gens qui disent : « il n’y a aucun mal à pratiquer ces exercices, il suffit de ne pas croire dans la philosophie qu’il y a derrière ».  Toutefois les promoteurs du Yoga, du Reiki, etc., affirment très clairement que la philosophie et la pratique sont inséparables. C’est pourquoi un Chrétien ne peut, en aucun cas, accepter la philosophie et la pratique du Yoga parce que le Christianisme et le Yoga ont des points de vue qui s’excluent mutuellement.  Le christianisme voit le péché comme principal problème de l’homme, et le considère comme un manquement à se conformer à la fois, au caractère et aux normes d’un Dieu moralement parfait. L’homme est aliéné de Dieu et il a besoin de réconciliation.  La solution est Jésus-Christ « L’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ».  Grâce à la mort de Jésus sur la Croix, Dieu a réconcilié le monde avec lui-même.  Maintenant il appelle l’homme à recevoir gratuitement tous les bénéfices de son salut par la foi en Christ seul.  Contrairement au Yoga, le Christianisme voit  la rédemption  comme un cadeau gratuit qui peut seulement être reçu et ne jamais être gagné ou atteint par ses propres efforts ou œuvres.  Aujourd’hui ce qui est nécessaire en Europe ou ailleurs, c’est la prédication puissante du message du Christ à partir de la Bible, et interprété par l’Eglise, afin de dissiper les doutes et les confusions répandus de manière démesurée parmi les Chrétiens Occidentaux et de les amener au Chemin, La Vérité et  la Vie : Jésus Christ.  Seule la Vérité peut nous rendre libres.

James Manjackal MSFS (missionnaire de la miséricorde envoyé par le pape François)

Source et nombreuses annexes ici

A la une #Doctrine / Formation

Catholiques et électeurs – Des repères pour voter

A la veille des élections législatives, nous vous proposons à nouveau notre sélection d’articles fondamentaux et de tribunes pour discerner et voter en conscience. En ayant en tête que dans la complexité actuelle, notre agir est plus que jamais dans l’ordre du mieux possible, qui n’est pas relativisme.

(Article paru à la veille de l’élection présidentielle, mais les principes sont par nature indémodables.)

Depuis des années les choix électoraux qui se présentent aux catholiques relèvent davantage du mieux possible que de l’adhésion franche et massive. Exceptés quelques partis ou candidats marginaux, le plus souvent, il faut se perdre dans un labyrinthe parfois savamment conçu pour nous conduire en eaux de plus en plus troubles.

Le chevalier blanc n’existe pas sur notre échiquier de présidentiables. Nous pouvons donc être dans l’objection de conscience et refuser de voter, nous pouvons aussi être dans le moindre mal ou le mieux possible. Une nuance de taille plus qu’il n’y parait. Le moindre mal vise à limiter la casse, là où le mieux possible envisage le choix comme une étape en vue du Bien à atteindre.

InfoCatho n’entend nullement se prononcer sur tel ou tel candidat. Nous vous proposons, une série (non exhaustive) de réflexions, de positions, tant du magistère, que de penseurs ou d’acteurs de la vie publique et politique. Ces articles sont parus, au fil du temps sur notre site (avant le premier tour) et leur but est donner matière au discernement, en conscience, avec la grâce de l’Esprit-Saint.

Notre édito – Un long dimanche, de Pâques à l’isoloir. 

Magistère – Eglise – Déclaration du Saint-Siège ou des évêques

Benoît XVI et les principes non négociables

Benoît XVI – Fondamentalisme religieux et laïcité

Benoit XVI- L’avenir de l’Europe et la conscience

Benoît XVI – Que signifie la liberté humaine ?

Benoît XVI – La justice

Benoît XVI – On ne peut séparer l’éthique de l’économie

Pie XI– Divini redemptoris – Le communisme athée

Paul VI – Le partage se fait en fonction des besoins

Pape François – Migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

Pape François – Mettre un terme aux causes de la migration forcée

Pape François – Recentrer les entreprises sur la dignité humaine

Pape François  invite à la prudence dans l’accueil des réfugiés

Peut-on être chrétien et Franc-maçon ?

Note doctrinale de la congrégation pour la foi – La laïcité n’est pas indépendance de la morale.

ONU – Saint-Siège – Le « respect de la vie » doit « guider » les politiques

Populorum Progressio en quelques mots – Sur la dignité de tout homme

Conseils de Mgr Lebrun avant le vote

Mgr Rey – Conseils pour discerner avant de voter

Elections présidentielles, pour Mgr Scherrer il y a des critères décisifs que les catholiques ne peuvent ignorer

Mgr. Giampaolo Crepaldi, quatre critères pour orienter les politiques migratoires

Card. Turkson – Sans liberté religieuse, il ne peut y avoir de développement humain

Cardinal Turkson – « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Cardinal Tauran sur l’Islam

Tribunes libres

Principes fondamentaux

Bertrand Vergely – L’euthanasie

Gregor Puppinck – La question primordiale ne porte pas sur la liberté individuelle mais sur la valeur de chaque vie humaine

Gregor Puppinck – Trois clés pour comprendre l’objection de conscience

ECLJ- La charia est-elle compatible avec les droits de l’Homme ?

Guillaume de Prémare – Voter en conscience est-ce possible ?

Père Simon Noël – Miséricorde, mollesse et avortement

Cyril Brun – Le respect de la vie est-il un droit  ?

Cyril Brun – Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse

Cyril Brun – La dignité de l’homme couvre tout l’homme

Cyril Brun – Solidarité ou charité ?

Cyril Brun – Liberté-égalité-fraternité, jamais l’un sans l’autre ?

Cyril Brun – Catho en politique gagner des âmes et non des voix

Cyril Brun – Catholiques et politique – les raisons de nos impasses

Cyril Brun – Les cocus du Trocadéro

Cyril Brun – La vie n’est pas un débat

Samuel Laffont – Le revenu universel

François-Xabier Bellamy – Le problème de l’école, une question de sens

Guillaume de Thieulloy – Catholique identitaire donc illégitime ?

Jean Guitton – NI progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

 Euthanasie et athéisme, une régression sans précédent

Economie –

Considérer l’homme comme une personne dans l’entreprise est-ce possible ?

La destination Universelle des biens

Pierre de Lauzun – Un bon marché cela peut-il exister ?

Pierre de Lauzun – Nous avons les moyens de réformer l’économie

Cyril Brun – Le faux problème du travail dominical

Le revenu universel une utopie ?

Migrants –

Le statut de l’étranger dans la Bible

Immigration et charité chrétienne – En accueillir moins, pour accueillir mieux

Cyril Brun – Immigration versus identité

Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité des migrants

Des chrétiens opposés à l’installation des migrants s’expliquent

Droit à demeurer dans son propre pays

Brèves et points de vue politiques

Sens Commun au gouvernement Fillon ?

François-Xavier Bellamy – Fillon et la culture

Famille-jeunesse- éducation les grands absents de la présidentielle.

15 ans d’euthanasie en Belgique – Bilan et dommages collatéraux

Guillaume de Thieulloy – le populisme chrétien, clef de la victoire de Fillon ?

Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Denis Sureau – Anti-libéral, donc contre la sécu

Fillon, Chrétien décomplexé ?

Ludovine de la Rochère – Le programme de Fillon sur la famille n’est pas à a hauteur

Cyril Brun – Chrétiens de gauche, paresseux ?

Pour une nouvelle politique familiale

François Fillon publie douze mesures en faveur des chrétiens d’Orient

François Fillon favorable à la recherche sur l’embryon – Schizophrénie ou électoralisme ?

Georgina Dufoix « Prier pour François Fillon c’est lutter conte l’esprit du monde »

Délit d’entrave IVG – François Fillon confirme l’abrogation du délit d’entrave numérique s’il est élu

François Fillon est-il si clair sur les droits de l’enfant ?

Catholiques pour Fillon, juifs pour Sarkozy, musulmans pour Juppé

Quand le FN juge Fillon à l’opposé de la doctrine sociale de l’Eglise

Délit d’entrave numérique, l’absence remarquée de François Fillon

Que pensent Fillon et Juppé sur l’éducation ?

PMA-GPA-Adoption que pensent Fillon et Juppé exactement ?

Entre Juppé et Fillon il y aurait la Famille

Les autres réseaux cathos de Fillon

Fillon, Sens Commun et la théorie du genre

La primaire pour tous – Analyse des positions d’un candidat : François Fillon et l’Europe

Pour François Fillon, il n’y a pas de communautarisme catholique qui menace la république.

La France doit prendre la tête d’un combat européen contre la GPA pour François Fillon

Catho, l’indésirable de la campagne 2017

Emmanuel Macron et l’éducation, une synthèse difficile

Xavier Lemoine, un indice du poids catholique ?

Infographie religieuse du vote de la Primaire

Primaire, la Fondation de service politique note les candidats

2017, lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance Vita

Pour Marine Le Pen , l’IVG est secondaire et la loi Taubira doit devenir une union civile

 Que répondre aux jeunes soutiens de Mélanchon et Hamon qui se revendiquent catholiques ?

 Fondation Abbé Pierre – Zéro SDF en deux quinquennats c’est possible

 

 

 

NLH #Tribunes et entretiens

Entretien avec l’abbé Lelièvre – Osez le bonheur pour vos enfants

Avec Osez le bonheur pour vos enfants, l’abbé Hubert Lelièvre relève le grand défi de fournir aux parents les clés d’une éducation réussie dans le contexte difficile actuel pour la famille. Une œuvre pleine d’espérance et de foi en la famille d’aujourd’hui, pour aider les parents dans leur tâche quotidienne. Il répond à Constance Guillot, pour l’Homme Nouveau

Vous dites dans l’introduction de Osez le bonheur pour vos enfants « Ne nous laissons jamais voler l’Espérance ». Votre livre est un livre d’espérance ? 

     Depuis de nombreuses années j’écoute des parents. À travers ce livre, j’ai voulu les rejoindre pour leur dire en tout premier lieu « merci » pour avoir dit « oui » le jour du sacrement de mariage ; même si aujourd’hui ce oui peut être en souffrance. J’ai voulu les rejoindre pour les encourager dans une période difficile que nous traversons, où règne une confusion sans précédent qui rend leur mission difficile. Ce livre est un livre clairement d’espérance, sans cacher le contexte trop souvent hostile à la famille, à l’éducation chrétienne. En fait, je fais appel à la grâce du baptême et du « oui » du mariage des parents. Puis, la grâce du baptême de chaque enfant capable de recevoir cette nourriture spirituelle et humaine pour parcourir le chemin de sainteté. Au jour de mon baptême, j’ai reçu la vie même de Dieu : la foi, l’espérance, la charité. La vie même de Dieu, quel immense cadeau. La grande tentation est de croire et de vivre ce que j’ai reçu à ma naissance : des valeurs. Ce qui donne sens ou « fait sens » pour remplacer la foi. Un capital d’espoir pour remplacer l’espérance. Et la solidarité pour remplacer la charité. Au fond, de ne plus appartenir à Dieu, mais au monde. Nous sommes dans le monde, pas du monde, ne cesse de redire le Pape François.

Avec confiance, je me tourne vers l’espérance. Elle ne déçoit pas dit saint Paul. Puisque « l’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit » (Rm 5,5)

Quel rôle pour les parents « modernes » d’aujourd’hui ? Avec la société dans laquelle ils vivent ? 

L’exemple nous est donné par la Sainte Famille de Nazareth. En elle se trouvent tous les trésors dont les parents ont besoin pour « élever les enfants vers le Ciel » comme disaient saint Louis et sainte Zélie Martin. Élever vers le Ciel, c’est-à-dire donner, procurer la nourriture pour que l’âme tende vers les choses du Ciel, ce qui permet aux pieds d’être bien sur terre. Ou comme le disait saint Jean Bosco « devenir un bon chrétien et un bon citoyen ». Le regard tourné vers le Ciel. C’est en cela que consiste l’éducation des enfants.

Comment aujourd’hui, où Dieu est effacé, pouvons nous mettre le Seigneur au centre ?

Nous vivons la révolte la plus grande de la créature contre son Créateur. Du fils envers son Père. Le Gender et le transhumanisme en sont des exemples particulièrement douloureux. Notre époque n’efface pas Dieu, elle se révolte ouvertement contre Lui. La grande tentation de s’affranchir définitivement de la paternité de Dieu par la désobéissance est supérieure à celle du péché originel. Saint Jean Paul II en parlait aux évêques de France lors de sa première venue, en 1980. En utilisant le terme de « méta-tentation ». Notre époque n’efface pas Dieu. Elle crie sa soif de Dieu. Elle crie sa soif de Salut. Mais vers qui nous tournons-nous pour trouver la réponse ? Vers la paternité de Dieu… ou vers un État-Providence qui, depuis l’élection du nouveau Président en France, est passé de « l’État-providence » à « l’État-bienveillance » ce qui est pire encore parce qu’ici la « bienveillance » qui s’installe est profondément marxiste.

Vous parlez de confiance, d’espérance, mais comment, avec les lois sur la famille qui affluent, la famille peut-elle avoir confiance ? 

Nous devons être réalistes et opérer une conversion à 380 degrés si nous voulons que les choses changent vraiment. Nous voulons que les choses changent dans la société, mais nous ne voulons pas changer. Je souffre beaucoup de nous voir, baptisés, trop souvent subir, accompagner le mal qui s’installe. « Être vigi quelque chose » est peut-être utile. Mais, par notre baptême, nous avons reçu le don de prophétie. Qu’en fait-on ? Nous ne pouvons plus être des cathos qui subissent : « tais-toi et morfle ». Il est urgent que nous vivions notre Baptême, et soyons prophètes. Écrire l’Histoire et non la subir ! C’est ce que les parents sont invités à former, forger dans l’âme, le cœur, l’intelligence des jeunes. Ouvrir des chemins. Passer devant et cesser « d’accompagner » ce qui ne va pas en se contentant de dire « on va veiller » ou « ce qui se met en place ne nous semble pas bon »… Ou encore d’être des « cathos-clics » : avoir bonne conscience en un clic d’ordinateur pour dire ce que je pense ou pas. Pas très engageant !

La confiance, l’espérance : si on les prend du bon côté, ce sera plus facile. Faire le bien en commençant dans ma propre famille, dans ma propre vie personnelle. Puis locale. Alors les lois changeront. Avoir le courage de la cohérence entre ce que nous vivons et traduisons par le vote dans les urnes. Notre premier discernement pour une élection est : quel programme touche le moins à la famille ? Quel programme pulvérisera le moins la famille ? Quel programme valorisera la famille et la vie ? Relire des passages de l’encyclique Evangelium Vitæ avant d’aller voter, aidera à un discernement vrai. Sommes-nous prêts ? Le voulons-nous ?

Vous dites au chapitre 3, « L’enfant a besoin d’une colonne vertébrale pour se former ». Pour ceux qui n’ont pas encore lu votre livre qu’elle est cette colonne vertébrale ? 

La colonne vertébrale est multiple. D’abord, l’amour de mes parents. Et des autres membres de ma famille. La famille est la première école où je suis aimé, je reçois cet amour et j’apprends à aimer. La loi naturelle inscrite dans ma conscience. Conscience appelée à être formée et non formatée. Forgée pour que je devienne vraiment libre. Puis, la grâce de mon baptême. Le bienheureux père Marie-Eugène encourageait beaucoup les familles à laisser fructifier la grâce du baptême qui conduit un enfant vers la sainteté. Il y a une merveilleuse saison de saints dans nos familles. Chez les enfants, chez les jeunes. Ils sont nombreux, nombreux, dans nos familles ! Quel encouragement pour chacun.

Comment imaginez-vous le « concept » de la famille, des parents et des enfants, dans quelques années ?

La famille n’est pas un concept. Elle est une réalité naturelle voulue par Dieu depuis le Matin du monde, qui est bien antérieure à l’Église. Lorsqu’elle cesse d’être une réalité et devient un concept, alors, il y a un bug. Benoît XVI l’a dénoncé (20 décembre 2010 et 21 décembre 2012). C’est ce que nous vivons aujourd’hui avec le relativisme destructeur. Saint Jean Paul II nous invitait au début du nouveau millénaire à avoir le courage de partir, de repartir de la Parole de Dieu au Matin du monde sur l’homme et la femme, la famille. Cela aidera à sortir de l’impasse du relativisme ravageur. Et aidera des jeunes à se construire, à construire une famille et donc la société avec la colonne vertébrale de cette Parole de Dieu qui éclaire, féconde. Cela s’appelle le bon sens !  Et le bon sens a toujours survécu aux idéologies. Donc, la famille a de l’avenir devant elle !

Pour aller plus loin : Père Hubert Lelièvre, Osez le bonheur pour vos enfants, Éd. Peuple Libre, 152 p., 12 €.