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GoMesse covoiturage solidaire

GoMesse est la première plateforme de covoiturage solidaire entre paroissiens pour aller à la messe. Une belle initiative à adopter et partager pour : permettre à des personnes âgées, isolées ou sans véhicule d’aller à la messe, renforcer l’entraide et le service autour de la paroisse, réduire notre empreinte écologique…

Comment est née l’idée ?

En janvier 2016, Emmanuel de Bélizal est en vacances en Savoie. C’est l’Épiphanie et l’unique messe est dans un village voisin, à une quinzaine de minutes… en voiture. Sans moyen de locomotion, il est contraint de trouver une solution.  C’est le début de l’aventure GoMesse. Il soumet son idée à quelques prêtres et paroissiens qui l’encouragent vivement à poursuivre sa réflexion. Il réunit 4 amis pour l’aider à mener à bien ce projet, tous bénévoles et experts dans leurs domaines respectifs. En mai 2018, Emmanuel décide de s’y consacrer pleinement, en prenant un congé sabbatique lui permettant de mettre en veille ses responsabilités professionnelles et à GoMesse de voir le jour ! L’idée a germé : créer une plateforme web de mise en relation solidaire qui permettrait à chaque paroissien d’utiliser le covoiturage pour aller à la messe, peu importe l’endroit où il se trouve en France. GoMesse n’a aucun but lucratif. En décembre 2017, l’association lance une campagne de credofounding pour que le projet puisse voir le jour. La première version de la plateforme a pu être financée par 214 donateurs.

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En acte et en vérité.

Les Actes des Apôtres rendent comptent de la mission de Paul et de Barnabé à Antioche de Pisidie. Cette prédication fut un succès, puisque toute la ville « se rassembla pour entendre la Parole du Seigneur » ! La conséquence fut aussi que les Juifs, en voyant les foules « s’enflammèrent de jalousie, ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient ».

Cet épisode est saisissant. Les opposants de Paul et Barnabé ne sont préoccupé ni par la justice, ni par la vérité. Ce qui les conduits, c’est la jalousie qui les amènent à l’injure. L’injure, la calomnie, le dénigrement, la ridiculisation, la stygmatisation, la caricature sont les armes des faibles ! Et cependant, ces armes peuvent faire du mal, beaucoup de mal. Le moindre de ces maux n’étant pas le fait d’être tenté de répondre alors par les mêmes armes ! Lorsqu’il n’y a plus d’argument, lorsque l’on perd pied, lorsqu’on se rend compte qu’on a tort, mais que l’on veut avoir le dernier mot, cette arme veule de l’injure et de la calomnie peut être une tentation. Mais ce faisant, nous trahissons la justice et la vérité. Ces armes ne dévoilent que la faiblesse de ceux qui les utilisent.

Cependant, elles font du mal, et il n’est pas toujours aisé de trouver la bonne réponse à de telles attaques. Ce qui me marque dans l’épisode des Actes des Apôtres, c’est que Paul et Barnabé ne cherchent ni à se justifier face aux injures, ni à répondre aux attaques, ni à se défendre eux-mêmes, qui sont les premiers visés. Ils ne tombent pas dans le piège qui leur est tendu. Ils étaient là pour annoncer le Salut et la vie éternelle aux juifs, à leurs compatriotes, et l’adversité et l’opposition les conduisent à aller de l’avant, à approfondir leur message et leur annonce. Puisqu’ils n’en veulent pas, ils annonceront le Salut aux païens, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas la foi juive. Loin de se laisser enfermer, ils ouvrent plus largement encore leur cœur et leur annonce.
Face à l’adversité, nous pourrions être tentés de nous défendre ou de nous justifier nous-mêmes, Paul et Barnabé nous encouragent par leur exemple à aller plus loin, avec générosité. Il ne s’agit pas de défendre la Vérité, mais de la connaître, de l’aimer toujours plus, de l’annoncer avec toujours plus de courage et d’audace.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades

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Pie XII, un pape pour la France

En 1939, Pie XII est élu grâce aux cardinaux français. La presse de l’Hexagone exulte. La France a son pape, un antinazi qui la soutiendra dans la lutte contre l’hydre brune. Depuis, la réputation du souverain pontife de la Seconde Guerre mondiale a été remise en cause et on a oublié qu’il était alors considéré comme le plus humaniste des prélats.

Fondé sur des archives inédites et exhumées en France, en Italie, en Belgique et au Vatican, ce livre démontre que, du rétablissement des relations diplomatiques entre Paris et le Saint-Siège en 1920 à l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, l’Église et sa fille aînée ont fait front commun contre les totalitarismes. L’homme à la manoeuvre de cette alliance n’était autre que le jeune secrétaire d’État et futur pape Pacelli.Cet ouvrage détonant éclaire d’un nouveau jour le rôle fondamental de Pie XII, militant acharné de l’humanisme chrétien.

Une contribution majeure à l’histoire du xxe siècle.Docteur en histoire, Frédéric Le Moal est professeur au lycée militaire de Saint-Cyr et à l’Institut Albert-le-Grand. Son dernier livre, Histoire du fascisme, a reçu en 2018 le prix Ernest Lemonon par l’Académie des sciences morales et politiques.

En vente aux éditions du Cerf

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Conférence des évêques s’étonne de la “précipitation” à conduire “vers la mort” Vincent Lambert

Paris : La Conférence des évêques (CEF) s’est étonnée samedi de la “précipitation” à conduire “vers la mort” Vincent Lambert, dont les soins doivent être interrompus à partir de lundi sur décision médicale et contre l’avis de ses parents.

“Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ?”, écrit dans un communiqué le groupe bioéthique de la CEF, déplorant que le gouvernement veuille passer outre l’avis du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) qui recommande la suspension de décision d’arrêt des soins – jugée légale par le Conseil d’Etat.

Dans un récent avis, ce comité de l’ONU a demandé que le traitement de ce patient en état végétatif depuis dix ans soit maintenu le temps de pouvoir examiner son dossier.

“Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du Comité de l’ONU ?”, demande la CEF, rappelant que la France est signataire de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dont cette instance est l’émanation.

“Pourquoi l’État français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’Homme, se dispenserait-il du respect de cette Convention pour M. Vincent Lambert ?”, poursuit le communiqué.

Samedi, les avocats des parents de Vincent Lambert ont eux aussi imploré Emmanuel Macron de faire “respecter les mesures provisoires réclamées” par le CIDPH.

Le 5 mai, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait toutefois assuré que la France n’était pas tenue “légalement” par l’avis de ce comité, qui va à l’encontre de plusieurs décisions de justice validant la décision médicale d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de M. Lambert afin d’éviter un “acharnement thérapeutique”.

Dans son communiqué, la CEF questionne également le fondement même de cette décision en mettant en doute le raisonnement selon lequel le maintien des soins de Vincent Lambert s’apparenterait à une “obstination déraisonnable” telle que visée par la loi Claeys-Leonetti de 2016 sur la fin de vie.

“N’a-t-il pas le droit d’être nourri et hydraté par voie entérale puisque ce sont des soins de base auxquels tout être humain a droit ? À quels cas exceptionnels son hydratation et son alimentation actuelles correspondent-elles à une obstination déraisonnable ?”, demande la CEF.

 

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Un nouveau Credo ?

Un fait intéressant est que les trois plus célèbres déclarations de foi du christianisme, le Symbole des Apôtres, le Credo de Nicée et le Symbole d’Athanase ne contiennent aucune doctrine morale. Elles contiennent des doctrines métaphysiques, par exemple la Trinité, l’Incarnation, la Rédemption et ce qui, je suppose, pourrait être appelé des doctrines historico-miraculeuses, par exemple la naissance virginale, la Résurrection, l’Ascension. Mais pas de doctrines morales : rien sur les Dix Commandements, les Béatitudes, les deux grands commandements – l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

Est-ce parce que le christianisme primitif n’était pas soucieux de morale ? Loin de là. Les Quatre Evangiles et les autres parties du Nouveau Testament, si nous pouvons les prendre comme indicateurs du christianisme primitif, regorgent de préoccupations morales.

Mais la morale du christianisme primitif était pratiquement non controversée alors que la partie doctrinale du christianisme était hautement sujette à controverses. Les credos ont été élaborés pour tracer une ligne claire entre les croyances orthodoxes et celles qui ne l’étaient pas. L’Eglise disait ainsi : « ceci est ce que nous croyons et cela ce que nous ne croyons pas. Il y a une frontière entre les deux. Si vous êtes de ce côté-ci, vous faites partie de l’Eglise Si vous êtes de ce côté-là, vous êtes hors de l’Eglise ».

Que ce soit cela qui était en jeu est très clair dans le cas du Credo de Nicée, élaboré par le premier Concile Œcuménique tenu à Nicée en 325 et quelque peu modifié lors du Premier Concile de Constantinople en 381. Le but du Credo de Nicée, tout en réaffirmant et clarifiant les doctrines exprimées dans le Symbole des Apôtres, était de tracer une ligne claire entre les dogmes catholiques orthodoxes et les dogmes ariens.

Les Ariens soutenaient que le Fils était très semblable à Dieu le Père – mais pas tout à fait. Le Fils est un grand Dieu pour parler, mais pas égal au plus grand de tous les Dieux, Dieu le Père. Le Fils, qui a créé le monde, a lui même été créé par le Père. Le Fils était la première et la plus grande des créatures, mais il était inférieur au Père et lui était subordonné. Par implication, alors, Jésus, étant l’incarnation humaine du Fils, n’était pas le plus grand Dieu.

Le Concile de Nicée ayant clarifié que Jésus était à la foi vrai Dieu et vrai homme, restait la grande question de la relation entre la divinité de Jésus et son humanité. Des conciles ultérieurs traitèrent de cette question épineuse, rejetant la solution monophysite (Jésus était une personne avec une unique nature divine) et la solution nestorienne (Jésus est deux personnes, l’une humaine, l’autre divine) pour établir finalement la solution catholique orthodoxe (Jésus a deux natures, humaine et divine, pourtant il est une personne unique, divine).

En ces jours-là, l’Eglise n’était que vaguement organisée. L’évêque de Rome (le pape) était généralement reconnu comme étant le premier des évêques de l’Eglise, mais il ne possédait pas l’autorité administrative suprême ; il ne pouvait pas, par exemple, nommer et déposer des évêques en Egypte, en Grèce et en Syrie. De ce fait, l’Eglise ne faisait pas un tout parce que répondant à une administration centrale. Elle faisait un tout essentiellement grâce à un consensus doctrinal.

Et donc il était important de trouver les justes formulations de la doctrine. Chaque fois que surgissait un désaccord doctrinal, ce désaccord menaçait de détruire l’unité de l’Eglise. Il devenait important de rassembler les évêques en un concile œcuménique de plus qui réaffirmerait la doctrine catholique orthodoxe.

Les résultats furent mitigés. D’un côté, l’orthodoxie est devenue de plus en plus précisément définie. De l’autre, toutes les parties du monde chrétien n’ont pas obéi aux préceptes doctrinaux des conciles œcuméniques. En conséquence, la chrétienté, idéalement unifiée, s’est scindée en plusieurs grands segments : le segment catholique orthodoxe, le segment arien, le segment monophysite, le segment nestorien.

Par la suite, au 11e siècle, le segment catholique orthodoxe s’est scindé en deux. Ensuite, le segment catholique s’est scindé en catholiques et protestants. Et, finalement, le segment protestant s’est scindé en une multitude de sous-segments.

Mais au cours de ces nombreux siècles et de ces nombreuses divisions et subdivisions, il n’y a pas eu de désaccords notables en ce qui concerne les problèmes moraux. Tous les chrétiens, à quelques minimes exceptions près, étaient d’accord sur l’importance des Dix Commandements (même s’ils n’étaient pas d’accord sur leur numérotation), sur les Béatitudes, sur les deux grands commandements (l’amour de Dieu, l’amour du prochain) et ils étaient d’accord que l’idéal de la vie chrétienne était une vie menée en imitation du Christ.

Et ils étaient également d’accord que les règles de morale étaient établies par Dieu et de ce fait immuables ; elles n’étaient pas faites de main d’homme et par là amendables, quand il nous arrive de penser à quelque chose nous semblant meilleur.

Je ne suis pas en train de dire que tous les chrétiens vivaient en accord avec leurs convictions morales chrétiennes. Loin de là. Mais au minimum ils soutenaient ces convictions, peu importe la fréquence avec laquelle ils les violaient. Par exemple, les chrétiens adultères ne niaient pas la gravité du péché d’adultère. Pas plus que les politiciens chrétiens corrompus ne niaient que la corruption soit une mauvaise chose. Non, en ce qui concerne l’adultère et la corruption, ils faisaient des exceptions spéciales en leur faveur.

Cependant, tout cela a changé de nos jours, un changement qui a commencé au 20e siècle. De nos jours, de nombreux chrétiens, y compris beaucoup de catholiques, soutiennent que de nombreux antiques péchés chrétiens – incluant par exemple la fornication, l’adultère, l’avortement, l’homosexualité, le suicide et l’euthanasie – ne sont plus peccamineux.

Avons-nous alors besoin d’un nouveau Credo, un Credo moral qui tracerait une ligne claire entre la vraie morale chrétienne et la morale chrétienne factice qui a infecté la majeure partie du monde protestant et commence à infecter le monde catholique ? Je dis catégoriquement oui.

Et, de ce fait, avons-nous besoin d’un nouveau concile œcuménique qui rédigerait ce credo moral ? Non, car je crains que les évêques mettant la pédale douce sur l’orthodoxie, tout spécialement les évêques allemands, pourraient dominer un tel concile.

Nous faisons donc face à un double défi : Rome devrait d’abord se montrer vigilante en nommant toute une nouvelle génération d’évêques réellement et fidèlement catholiques dans leur vision de la foi et de la morale. Et ces évêques devront avoir le courage de s’opposer de front à notre culture, qui inclut à ce jour de nombreux « chrétiens » auto-proclamés.

Réalisable ? Prions pour que cela le soit.

— –

David Carlin est professeur de sociologie et de philosophie au Community College de Rhode Island.

 

Source France Catholique

illustration : « le Premier Concile de Nicée » par Giovanni Speranza, vers 1520 [bibliothèque du Vatican]

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La fille aînée de l’Eglise entre en ramadan

Si vous l’ignoriez, il serait temps de retenir cette information paraît-il capitale : le ramadan a commencé le 5 mai dernier. La France, fille aînée de l’Eglise, se met donc à l’heure de l’islam à grands renforts de communication publique.

Sans parler de Radio Orient, vous avez la chance de pouvoir vous renseigner sur les horaires de jeûne au jour le jour en vous connectant tout simplement sur le site de France-Soir. LCI ou Le Monde relaient à leur tour l’information. CNews vous explique ce qui est péché, et ce qui ne l’est pas. Nous guettons bien sûr avec impatience l’édition spéciale Carême 2020 qui viendra nous rappeler les commandements de l’Eglise.

Pendant un gros mois, nous aurons le plaisir de contempler, sur les murs du métro parisien, diverses publicités vantant les saveurs d’une semoule à déguster en famille à la rupture du jeûne, ou une offre de forfait téléphonique « spéciale soirée », à destination, au hasard, du Maroc, de l’Algérie ou de la Tunisie. Un entrepreneur de bâtiment vous explique, dans votre cage d’escalier en cours de ravalement, que le chantier va fonctionner au ralenti pour les prochaines semaines parce que, « vous comprenez, c’est ramadan. »

A l’heure où certains sèchent leurs larmes à la suite de l’incendie de Notre-Dame, voilà autant de signes qui nous montrent qu’une partie de la population, française nous dit-on, suit son propre calendrier et ses propres règles, avec un désintérêt tout à fait certain, voire une hostilité pour les « délires de petits blancs. » Rappelons-nous ces propos de Charles de Foucauld, écrits en 1917 : « Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve. »

Dans le monde du tout économique, il est interdit de s’en offusquer. Si le ramadan s’étale ainsi, c’est qu’il y a un marché, voyez-vous. Excuse suprême pour le renoncement culturel. Abbas Bendali, directeur de l’agence de « marketing ethnique » (oui, cela existe !) Solis Conseil se confie au Parisien : il se réjouit de l’émergence d’une « clientèle jeune, de couples de moins de 40 ans qui sont nés et ont grandi en France », qui recherche de l’alimentaire, des pèlerinages, mais aussi du tourisme halal. Le bienheureux Charles de Foucauld annonçait déjà cette évolution : « une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l’esprit ni le cœur français. » Aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle une assimilation réussie : ces clients veulent du halal, mais « de qualité », du « bio » et du « made in France ». Nous voilà rassurés.

Puisque l’on parle de chiffres, certains sont hélas bien tristes et suffisent à tout expliquer : on compte aujourd’hui 1 à 2 % de catholiques pratiquants réguliers. Le pourcentage de pratiquants grimpe à 40 % chez les musulmans (3,5 millions sur 8,5 millions selon les chiffres de Jean-Paul Gourévitch en 2017). Que répondre face à cette réalité implacable ? Les catholiques pratiquants, combien de divisions, pour paraphraser Staline ? Récemment, lors de son voyage en Bulgarie, le pape François appelait à lutter contre les effets délétères de l’hiver démographique engourdissant l’Europe orientale en ouvrant tout grand la porte aux étrangers. Enthousiasme limité dans l’assistance : les Bulgares ont déjà goûté à la présence ottomane pendant un certain nombre de siècles, et il n’est pas sûr qu’ils veuillent renouveler l’expérience. Nous n’irons certes pas leur jeter la pierre. Ici, en France, en attendant, la réalité d’un quotidien transformé s’impose à nous, à mesure que notre foi s’amenuise et que l’idée-même de mission est regardée avec méfiance, et est affublée du nom de colonisation ou de prosélytisme, y compris par la hiérarchie ecclésiale. Puissions-nous, à l’image de l’ermite du désert, retrouver la flamme et le désir de la conversion des musulmans, seule voie pour une véritable fraternité !

Constance Prazel

Source Liberté politique

Synthèse Hebdo

Edito #124 : Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

Il faut réveiller les catholiques !

Les réveiller dans l’optique de l’action politique. L’action politique dans le monde catholique pâtit d’une très mauvaise réputation. Les catholiques se méfient de la politique qu’ils ne comprennent pas. Pour eux la politique est un milieu sale et corrompu. La mentalité « chevalier blanc » du catholique les empêchent d’adhérer à un engagement militant. D’autant que le militantisme, chez les catholiques, est lui-même entachée d’une vision marxiste dégradée.

Il y a donc deux écueils pour réveiller les catholiques

Redorer le blason de la politique
Dédramatiser l’action militante
Redorer le blason de la politique

Il faut que les catholiques comprennent que la politique n’est pas accessoire. La politique est fondamentale au bien commun. Ne pas s’engager en politique n’est ni plus ni moins que de la non-assistance à personne en danger.

Les catholiques doivent voir la politique comme un service de la charité, comme nous y invitent tous les souverains pontifes. Les catholiques doivent penser la politique comme une œuvre de charité. C’est pourquoi, personne ne peut déserter la politique

La désertion du monde politique par les catholiques a conduit notre siècle dans l’état de déshérence actuel. La désertion des catholiques est une des causes principales du mal actuel. Il est temps que nous en prenions conscience et que nous l’assumions au lieu de fuir une réalité que nous ne voulons pas voir.

Les catholiques doivent prendre conscience de leur responsabilité comme complices passifs, comme déserteurs du monde politique. Les catholiques doivent cesser de pleurer sur ce monde de méchants donc ils sont en partie responsables. Les catholiques doivent assumer cette responsabilité complice par désertion du monde politique. Ce serait la plus salutaire des repentances.

Tous des pourris ? C’est ce que l’on dit pour écarter d’un revers de main assez facilement tout engagement politique. Le mythe du chevalier blanc catholique en politique est un leurre. Et sur ce point, il convient de reconsidérer l’engagement catholique à la lumière du mieux possible et enfin sortir de l’impasse du moindre mal. Mais pour être dans le mieux possible il faut une vision, un objectif plus grand que ne pas perdre plus de terrain que la veille. Tel est le drame du moindre mal.

Dédramatiser l’action militante

Le militantisme est vu avec mépris par l’immense majorité du monde catholique. Cependant les manifs de 2013 ont légèrement entamé un revirement de situation. Les jeunes catholiques sont, davantage que leurs aînés, prêts à s’engager. Mais le militantisme est vu par beaucoup de catholiques par le prisme du marxisme, du rapport de forces, de l’endoctrinement et du mensonge C’est pourquoi beaucoup de catholiques refusent l’idée militante. Pourtant le militantisme en politique serait une tribune pour la vérité pour les catholiques.

Plus nous déserterons l’arène politique, plus nous laisserons la part belle au mensonge, à la corruption, au « tous pourris ». Plus nous déserterons le monde politique, plus les rares catholiques investis seront des agneaux écrasés au milieu des loups. La force de nos ennemis réside principalement dans notre désertion, dans notre lâcheté. La force de nos ennemis c’est notre faiblesse.

L’engagement politique, le militantisme, comme tout engagement demande du temps, de l’investissement. Deux choses que les familles catholiques, familles nombreuses le plus souvent, n’ont pas. S’occuper d’une famille, en plus de son travail prend du temps. Ici les célibataires devraient vivre comme une mission particulière de soutien au famille l’engagement politique.

Pourtant, le choix fait par de nombreux pères de famille et mères de famille, de se retirer du monde politique, de la société sous prétexte de donner la priorité à leur famille, s’est révélé un boomerang désastreux. Aujourd’hui les familles sont assiégées de toutes parts, infiltrées par le mal, par le mensonge, par la déliquescence de la société ambiante, parce que rien, depuis des dizaines d’années, ne faisait plus obstacle à la progression du mal, tandis que le bien et la sécurité des familles se réduisaient comme peau de chagrin.

Enfermés dans notre tour d’ivoire nous avons cru que dresser des barricades, creuser des douves, imposer des cordons sanitaires suffirait à protéger la famille. Les lois sur l’avortement, le mariage pour tous, l’adoption et bientôt l’euthanasie montrent combien le pari de la forteresse familiale a été perdu.

Il devient de la responsabilité éminente des pères et mères de famille de s’engager en politique à tous les niveaux, chacun selon son charisme, sa disponibilité, sa compétence, ses talents. Il en va de l’avenir même de nos enfants ; il en va du salut de leur âme. Il n’y a pas plus pressant danger aujourd’hui.

Les catholiques doivent donc réinvestir le champ politique de toute urgence. Beaucoup l’ont déjà fait depuis les manifs de 2013. Un certain nombre se sont retirés, d’autres se sont épuisés, le petit reste s’est parfois brûlé les ailes. Beaucoup aussi n’ont pas su où, comment, derrière qui s’engager.

Ajoutons qu’un irénisme ecclésial s’est révélé castrateur pour l’engagement politique des catholiques. Une spiritualisation extrême et désincarnée a permis aux troupes du mal de balayer d’un simple revers de main les fondamentaux de toute nos vies. « Qui veut faire l’ange fait la bête » : désincarnés dans une spiritualité évanescente, nous avons nous-mêmes sapés les fondements de notre foi, bradés les piliers de notre civilisation.

Alors oui les catholiques doivent s’investir en politique. Tous les catholiques doivent se sentir concernés, homme, femme, adolescent, prêtre, religieux, religieuse… La chose publique n’est pas une tache de professionnels, elle est le devoir de tout catholique.

Voter, faire voter, impulser, influencer, convaincre, gouverner, éduquer, parler, énoncer la vérité, mettre en œuvre la charité, la vraie, tout cela ouvre une palette quasiment infinie de possibilités d’engagements politiques.

Pour autant, la politique repose sur deux piliers fondamentaux : le gouvernement et la vision. Si gouverner revient à quelques-uns en particulier, porter, défendre, promouvoir la vision est une exigence de tout catholique à chaque instant, partout, tout le temps.

Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

Enguerrand de Montf

Retrouver notre lettre d’actualité complète à partir de ce lien :
Edito #124 : Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

Voir les archives de nos synthèses hebdomadaire :

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Connais-toi toi-même à la lumière de l’Evangile

L’anthropologie chrétienne pour le quotidien, tel est le thème du livre de Cyril Brun, Connais-toi toi-même, les fondements chrétiens de l’anthropologie chrétienne.

Un livre, mais aussi des conférences et formations à organiser en paroisse, en communauté, au Lycée…

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Aline Lizotte – Non le pape n’est pas hérétique

Une vingtaine d’universitaires et de théologiens ont récemment publié un texte portant accusation d’hérésie contre le pape François. Ils prétendent tirer matière à ces accusations des documents magistériels du Saint-Père et, en complément, de ses décisions vis-à-vis de certains ecclésiastiques dont il aurait favorisé les comportements délictueux. Une accusation d’hérésie est particulièrement grave lorsqu’elle touche l’exercice du pouvoir de juridiction suprême et plénier du Pontife romain. Les réflexions d’Aline Lizotte tentent de montrer la gravité de l’accusation et l’incompétence de ses auteurs.

 

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Quel est le fondement ultime de la responsabilité ?

La notion de responsabilité est très présente aujourd’hui dans l’éthique économique et financière. Les entreprises sont appelées à être socialement responsables. A une autre échelle, pour une personne humaine, être interrogé par autrui sur ses propres actes et en rendre compte devant lui est la première expérience concrète de la responsabilité.

 

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