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Cardinal Sarah « Ceux que vous accueillez doivent s’intégrer à votre culture »

Interrogé par les journalistes de L’Incorrect à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Le soir approche déjà et le jour baisse, le cardinal Robert Sarah est revenu sur différents sujets d’actualité et notamment l’immigration extra-européenne.

Dans un entretien de 4 pages  dans le dix-neuvième numéro du mensuel L’Incorrect, le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est revenu sur les thèmes abordés dans son livre d’entretiens avec Nicolas Diat paru le 20 mars aux éditions Fayard.

L’occasion pour l’ancien archevêque de Conakry, en Guinée, d’inviter les fidèles à une véritable résistance spirituelle, mais aussi d’exhorter l’Église à redonner au Christ la place centrale qu’il mérite.

Réputé pour son franc-parler, celui qui n’a pas hésité à tenir tête au régime marxiste de Sékou Touré, premier président de la Guinée, pendant ses jeunes années a également profité de l’entretien accordé à nos confrères de L’Incorrect pour mettre les Européens en garde contre les abus liés à l’immigration.

« Des trafics humains qui ressemblent à un nouvel esclavage »

Si Robert Sarah s’est dit « scandalisé par tous ces hommes qui meurent en mer, par les trafics humains, par les réseaux mafieux, [et] par l’esclavage organisé », il affirme néanmoins rester « perplexe devant ces gens qui émigrent sans papier, sans projet, sans famille ».

Et le cardinal de s’interroger sur les motivations des Africains qui émigrent en Europe. « Ils pensent trouver ici le paradis terrestre ? Il n’est pas en Occident ! S’il faut les aider, je pense que c’est sur place, dans leurs villages, dans leurs ethnies », ajoute le natif d’Ourouss – village du nord de la Guiné situé en pays Coniagui.

« On ne peut cautionner ces déséquilibres économiques et ces drames humains. Vous ne pouvez pas accueillir tous les migrants du monde. Accueillir, ce n’est pas seulement laisser entrer les gens chez soi, c’est leur donner du travail. Vous en avez ? Non. Leur donner un logement. Vous en avez ? Non. Les parquer dans un endroit indécent, sans dignité, sans travail, ce n’est pas ce que j’appelle accueillir les gens. Cela ressemble plus à une organisation mafieuse ! L’Église ne peut pas coopérer à des trafics humains qui ressemblent à un nouvel esclavage », renchérit celui qui fut le plus jeune évêque du monde au moment de sa nomination en 1979 par Jean-Paul II, à l’âge de 34 ans.

Selon l’ancien curé de Boké, l’immigration massive des jeunes Africains vers l’Europe « est un nouvel esclavage que l’on organise parce que l’on a besoin de travailleurs ». « Toutes ces personnes qui viennent ici en croyant trouver une vie rêvée. Quel mensonge ! Quel cynisme ! »

« Ce que je trouve également scandaleux, c’est que l’on utilise la parole de Dieu pour justifier cela. […] Un pays est un grand trésor, c’est là que nous sommes nés, c’est là où sont enterrés nos ancêtres », poursuit le prélat.

Interrogé par les journalistes de L’Incorrect à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Le soir approche déjà et le jour baisse, le cardinal Robert Sarah est revenu sur différents sujets d’actualité et notamment l’immigration extra-européenne.

Dans un entretien de 4 pages à paraître le 3 avril dans le dix-neuvième numéro du mensuel L’Incorrect, le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est revenu sur les thèmes abordés dans son livre d’entretiens avec Nicolas Diat paru le 20 mars aux éditions Fayard.

L’occasion pour l’ancien archevêque de Conakry, en Guinée, d’inviter les fidèles à une véritable résistance spirituelle, mais aussi d’exhorter l’Église à redonner au Christ la place centrale qu’il mérite.

Réputé pour son franc-parler, celui qui n’a pas hésité à tenir tête au régime marxiste de Sékou Touré, premier président de la Guinée, pendant ses jeunes années a également profité de l’entretien accordé à nos confrères de L’Incorrect pour mettre les Européens en garde contre les abus liés à l’immigration.

Je suis heureux d’annoncer la sortie en France – le 20 mars prochain – de mon nouveau livre réalisé avec @ndiat1 et dont le titre sera : Le soir approche et déjà le jour baisse. Mon analyse portera sur la profonde crise spirituelle, morale et politique du monde contemporain +RS

 « Des trafics humains qui ressemblent à un nouvel esclavage »

Si Robert Sarah s’est dit « scandalisé par tous ces hommes qui meurent en mer, par les trafics humains, par les réseaux mafieux, [et] par l’esclavage organisé », il affirme néanmoins rester « perplexe devant ces gens qui émigrent sans papier, sans projet, sans famille ».

Et le cardinal de s’interroger sur les motivations des Africains qui émigrent en Europe. « Ils pensent trouver ici le paradis terrestre ? Il n’est pas en Occident ! S’il faut les aider, je pense que c’est sur place, dans leurs villages, dans leurs ethnies », ajoute le natif d’Ourouss – village du nord de la Guiné situé en pays Coniagui.

« On ne peut cautionner ces déséquilibres économiques et ces drames humains. Vous ne pouvez pas accueillir tous les migrants du monde. Accueillir, ce n’est pas seulement laisser entrer les gens chez soi, c’est leur donner du travail. Vous en avez ? Non. Leur donner un logement. Vous en avez ? Non. Les parquer dans un endroit indécent, sans dignité, sans travail, ce n’est pas ce que j’appelle accueillir les gens. Cela ressemble plus à une organisation mafieuse ! L’Église ne peut pas coopérer à des trafics humains qui ressemblent à un nouvel esclavage », renchérit celui qui fut le plus jeune évêque du monde au moment de sa nomination en 1979 par Jean-Paul II, à l’âge de 34 ans.

Selon l’ancien curé de Boké, l’immigration massive des jeunes Africains vers l’Europe « est un nouvel esclavage que l’on organise parce que l’on a besoin de travailleurs ». « Toutes ces personnes qui viennent ici en croyant trouver une vie rêvée. Quel mensonge ! Quel cynisme ! »

« Ce que je trouve également scandaleux, c’est que l’on utilise la parole de Dieu pour justifier cela. […] Un pays est un grand trésor, c’est là que nous sommes nés, c’est là où sont enterrés nos ancêtres », poursuit le prélat.

« Ceux que vous accueillez doivent s’intégrer à votre culture »

Manifestement inquiet pour l’avenir des Européens, Robert Sarah a tenu à leur adresser une mise en garde :

« J’ai peur que le déséquilibre démographique engendré par ces vagues migratoires vous fasse perdre votre identité et ce qui fait votre spécificité. L’Europe a une mission spéciale que Dieu lui a donnée : c’est par vous que nous avons connu l’Évangile, que nous avons connu les valeurs de la famille, la dignité de la personne, et la liberté. Si vous renoncez à votre identité, si vous êtes noyés par une population qui ne partage pas votre culture, vos valeurs chrétiennes et votre identité risquent de disparaître. »

« Vous avez été façonnés par le christianisme, tout est chrétien en Europe. Pourquoi nier cela ? Aucun musulman ne nie son identité. Si vous ne retrouvez pas ce que vous êtes, vous disparaitrez. […] Il ne faut pas nier ce que vous êtes, ceux que vous accueillez doivent s’intégrer à votre culture », conclut le cardinal Sarah.

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Débat – Réforme de la curie romaine – Un problème théologique de fond ?

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a vivement critiqué le projet de réforme de la curie romaine voulu par le pape François.

Dans une interview publiée dans le journal « Passauer Neue Presse », le cardinal Müller parle d’une réforme relevant d’une « ignorance théologique ». A travers les médias, on constate que « plus aucun concept touchant à l’origine, à la nature et à la mission de l’Eglise n’est reconnaissable. »

Au lieu de se référer au concept d’Eglise tel que rappelé par le dernier Concile, « la Curie demeure dans un état d’apesanteur puisqu’elle n’est plus clairement affectée au service du pape de l’Église universelle. » Le document concernant la réforme de la curie a été approuvé par le Conseil pontifical du pape et se trouve actuellement à la disposition des principaux organismes chargés d’en faire l’examen.

Le cardinal Müller estime également que le rôle particulier de la Congrégation pour la doctrine de la Foi finira par être minimisé puisque « le projet consiste à juxtaposer au hasard seize organismes qui devront être au service du pape, des évêques individuels et des conférences épiscopales. » Le cardinal Müller dit très clairement : « Ce schéma laisse deviner une future Constitution apostolique élaborée à partir d’un ensemble d’idées subjectives, de voeux pieux, d’appels moraux avec des citations tirés de textes du Conseil [dont le cardinal Marx est la cheville ouvrière – ndlr -] et de déclarations du pape actuel. »

L’ancien évêque de Ratisbonne critique également le fait que le projet de réforme de la curie « ne fasse pas clairement la distinction » entre les interventions du pape relevant de questions temporelles et celles relevant de questions spirituelles. Les questions temporelles « ne sont que secondaires et en aucun cas significativement liées à la papauté ». La « mission suprême du pape » est « d’enseigner en tant que membre et chef du collège épiscopal ». Or, dans le projet de réforme de la curie, l’enseignement concernant les questions de la foi n’apparaît plus que comme « une tâche du pape parmi beaucoup d’autres ».

Le cardinal Müller montre surtout que dans la description des tâches de la nouvelle autorité pour la doctrine de la foi, « les auteurs du texte font preuve d’une ignorance théologique dramatique ». Ainsi, des concepts de base de la théologie catholique tels que la Révélation, les Evangiles ou le Magistère sont utilisés tantôt de façon juste, tantôt de façon erronée ».

Il ne reste qu’à espérer que « cette partie du document puisse être reprise de A à Z par quelqu’un qui soit un théologien et un canoniste réputé ».

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Catholiques et électeurs – Des repères pour voter

A la veille des élections européennes, nous vous proposons à nouveau notre sélection d’articles fondamentaux et de tribunes pour discerner et voter en conscience. En ayant en tête que dans la complexité actuelle, notre agir est plus que jamais dans l’ordre du mieux possible, qui n’est pas relativisme.

(Article paru à la veille de l’élection présidentielle, mais les principes sont par nature indémodables.)

Depuis des années les choix électoraux qui se présentent aux catholiques relèvent davantage du mieux possible que de l’adhésion franche et massive. Exceptés quelques partis ou candidats marginaux, le plus souvent, il faut se perdre dans un labyrinthe parfois savamment conçu pour nous conduire en eaux de plus en plus troubles.

Le chevalier blanc n’existe pas sur notre échiquier de présidentiables. Nous pouvons donc être dans l’objection de conscience et refuser de voter, nous pouvons aussi être dans le moindre mal ou le mieux possible. Une nuance de taille plus qu’il n’y parait. Le moindre mal vise à limiter la casse, là où le mieux possible envisage le choix comme une étape en vue du Bien à atteindre.

InfoCatho n’entend nullement se prononcer sur tel ou tel candidat. Nous vous proposons, une série (non exhaustive) de réflexions, de positions, tant du magistère, que de penseurs ou d’acteurs de la vie publique et politique. Ces articles sont parus, au fil du temps sur notre site (avant le premier tour) et leur but est donner matière au discernement, en conscience, avec la grâce de l’Esprit-Saint.

Notre édito – Un long dimanche, de Pâques à l’isoloir. 

Magistère – Eglise – Déclaration du Saint-Siège ou des évêques

Benoît XVI et les principes non négociables

Benoît XVI – Fondamentalisme religieux et laïcité

Benoit XVI- L’avenir de l’Europe et la conscience

Benoît XVI – Que signifie la liberté humaine ?

Benoît XVI – La justice

Benoît XVI – On ne peut séparer l’éthique de l’économie

Pie XI– Divini redemptoris – Le communisme athée

Paul VI – Le partage se fait en fonction des besoins

Pape François – Migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

Pape François – Mettre un terme aux causes de la migration forcée

Pape François – Recentrer les entreprises sur la dignité humaine

Pape François  invite à la prudence dans l’accueil des réfugiés

Peut-on être chrétien et Franc-maçon ?

Note doctrinale de la congrégation pour la foi – La laïcité n’est pas indépendance de la morale.

ONU – Saint-Siège – Le « respect de la vie » doit « guider » les politiques

Populorum Progressio en quelques mots – Sur la dignité de tout homme

Conseils de Mgr Lebrun avant le vote

Mgr Rey – Conseils pour discerner avant de voter

Elections présidentielles, pour Mgr Scherrer il y a des critères décisifs que les catholiques ne peuvent ignorer

Mgr. Giampaolo Crepaldi, quatre critères pour orienter les politiques migratoires

Card. Turkson – Sans liberté religieuse, il ne peut y avoir de développement humain

Cardinal Turkson – « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Cardinal Tauran sur l’Islam

Tribunes libres

Principes fondamentaux

Bertrand Vergely – L’euthanasie

Gregor Puppinck – La question primordiale ne porte pas sur la liberté individuelle mais sur la valeur de chaque vie humaine

Gregor Puppinck – Trois clés pour comprendre l’objection de conscience

ECLJ- La charia est-elle compatible avec les droits de l’Homme ?

Guillaume de Prémare – Voter en conscience est-ce possible ?

Père Simon Noël – Miséricorde, mollesse et avortement

Cyril Brun – Le respect de la vie est-il un droit  ?

Cyril Brun – Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse

Cyril Brun – La dignité de l’homme couvre tout l’homme

Cyril Brun – Solidarité ou charité ?

Cyril Brun – Liberté-égalité-fraternité, jamais l’un sans l’autre ?

Cyril Brun – Catho en politique gagner des âmes et non des voix

Cyril Brun – Catholiques et politique – les raisons de nos impasses

Cyril Brun – Les cocus du Trocadéro

Cyril Brun – La vie n’est pas un débat

Samuel Laffont – Le revenu universel

François-Xabier Bellamy – Le problème de l’école, une question de sens

Guillaume de Thieulloy – Catholique identitaire donc illégitime ?

Jean Guitton – NI progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

 Euthanasie et athéisme, une régression sans précédent

Economie –

Considérer l’homme comme une personne dans l’entreprise est-ce possible ?

La destination Universelle des biens

Pierre de Lauzun – Un bon marché cela peut-il exister ?

Pierre de Lauzun – Nous avons les moyens de réformer l’économie

Cyril Brun – Le faux problème du travail dominical

Le revenu universel une utopie ?

Migrants –

Le statut de l’étranger dans la Bible

Immigration et charité chrétienne – En accueillir moins, pour accueillir mieux

Cyril Brun – Immigration versus identité

Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité des migrants

Des chrétiens opposés à l’installation des migrants s’expliquent

Droit à demeurer dans son propre pays

Brèves et points de vue politiques

Sens Commun au gouvernement Fillon ?

François-Xavier Bellamy – Fillon et la culture

Famille-jeunesse- éducation les grands absents de la présidentielle.

15 ans d’euthanasie en Belgique – Bilan et dommages collatéraux

Guillaume de Thieulloy – le populisme chrétien, clef de la victoire de Fillon ?

Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Denis Sureau – Anti-libéral, donc contre la sécu

Fillon, Chrétien décomplexé ?

Ludovine de la Rochère – Le programme de Fillon sur la famille n’est pas à a hauteur

Cyril Brun – Chrétiens de gauche, paresseux ?

Pour une nouvelle politique familiale

François Fillon publie douze mesures en faveur des chrétiens d’Orient

François Fillon favorable à la recherche sur l’embryon – Schizophrénie ou électoralisme ?

Georgina Dufoix « Prier pour François Fillon c’est lutter conte l’esprit du monde »

Délit d’entrave IVG – François Fillon confirme l’abrogation du délit d’entrave numérique s’il est élu

François Fillon est-il si clair sur les droits de l’enfant ?

Catholiques pour Fillon, juifs pour Sarkozy, musulmans pour Juppé

Quand le FN juge Fillon à l’opposé de la doctrine sociale de l’Eglise

Délit d’entrave numérique, l’absence remarquée de François Fillon

Que pensent Fillon et Juppé sur l’éducation ?

PMA-GPA-Adoption que pensent Fillon et Juppé exactement ?

Entre Juppé et Fillon il y aurait la Famille

Les autres réseaux cathos de Fillon

Fillon, Sens Commun et la théorie du genre

La primaire pour tous – Analyse des positions d’un candidat : François Fillon et l’Europe

Pour François Fillon, il n’y a pas de communautarisme catholique qui menace la république.

La France doit prendre la tête d’un combat européen contre la GPA pour François Fillon

Catho, l’indésirable de la campagne 2017

Emmanuel Macron et l’éducation, une synthèse difficile

Xavier Lemoine, un indice du poids catholique ?

Infographie religieuse du vote de la Primaire

Primaire, la Fondation de service politique note les candidats

2017, lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance Vita

Pour Marine Le Pen , l’IVG est secondaire et la loi Taubira doit devenir une union civile

 Que répondre aux jeunes soutiens de Mélanchon et Hamon qui se revendiquent catholiques ?

 Fondation Abbé Pierre – Zéro SDF en deux quinquennats c’est possible

 

 

 

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Chrétiens : deux siècles de persécutions

De toute l’histoire de la chrétienté, l’époque contemporaine – qui commence avec la Révolution française – est l’une des plus fécondes en martyrs. Ces hommes et ces femmes, tués en haine de leur foi, sont de lumineuses balises dans un monde en quête d’espérance.

« Je vous dis qu’aujourd’hui il y a davantage de martyrs qu’aux premiers temps de l’Église.  »Ce 4 mars 2014, à Sainte-Marthe, le pape François a rappelé une réalité surprenante, qu’il a réitérée ensuite à de nombreuses reprises. Réalité estompée par l’histoire, par la prégnance des grandes figures des origines du christianisme – les saints Étienne, Blandine, Agnès… Bien plus rares sont ceux qui ont entendu parler de saint Salomon Leclercq, de saint André Kim Taegon ou du bienheureux Giuseppe Girotti. Le premier, frère des Écoles chrétiennes, fut massacré à coups de sabre au couvent des Carmes à Paris en 1792. Le second, premier prêtre catholique de Corée, a été décapité à Séoul en 1846. Le troisième, dominicain italien, est mort à Dachau le 1er avril 1945.

La Révolution française, un laboratoire

Chacun d’eux, sélectionné dans la grande cohorte des martyrs contemporains, incarne un aspect singulier des persécutions commises dans la période moderne, qui part de la Révolution française. Celle-ci fit couler le sang des fidèles dans des proportions rarement atteintes, et demeure ainsi le laboratoire et la matrice des martyrs d’aujourd’hui. Pétrie dès son origine par la pensée antichrétienne des Lumières – Diderot, Sade, Voltaire – elle s’attache très tôt à combattre l’Église, comme en témoigne la nationalisation des biens du clergé, adoptée dès le 2 novembre 1789. La répression juridique et administrative cède ensuite la place à la violence aveugle à partir du renversement de la monarchie, en août 1792. Les religieux sont massacrés en masse, comme les 191 prêtres des Carmes assassinés lors des massacres de septembre et béatifiés par Pie XI en 1926. À Avrillé, près d’Angers, 99 prêtres, religieuses et fidèles, tués entre 1793 et 1794, ont été béatifiés par Jean-Paul II en 1984. Le bienheureux Noël Pinot, prêtre réfractaire monté à l’échafaud le 21 février 1794 à Angers en récitant l’antienne Introibo ad altare dei – «  Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu  » – est associé à ses martyrs. Le calendrier catholique retient aussi le sort des seize carmélites de Compiègne, guillotinées en juillet 1794 et béatifiées en 1906 – il s’agit des premières béatifications des martyrs de la Révolution, immortalisées par Bernanos dans son Dialogue des carmélites. Ou encore les 64 prêtres morts durant l’été 1794 sur les pontons de Rochefort, et proclamés bienheureux en 1995. En revanche, la première canonisation s’est déroulée récemment, en 2016 : il s’agit du frère lassalien Salomon Leclercq.

 

Guillaume Bonnet

Retrouver l’intégralité de l’article dans le magazine France catholique

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Notre Dame insultée – Comment déposer plainte au CSA

Vendredi 19 avril, le vendredi Saint, jour de deuil pour les catholiques, Frédéric Fromet interprétait « La chanson de Frédéric Fromet » sur France Inter, radio publique, à 17h50.

Sous prétexte de chanter l’actualité avec un humour pathétique, il a vomi un texte insultant  :

« L’incendie de Notre-Dame de Paris, c’est quand même du pain béni » ; « Il est fini le temps d’la cathédrale si ça pouvait signifier aussi la fin des curés ! ».
« Un fait divers certes très très chaud qui montre bien que chez les cathos, il n’y a pas que la pédophilie le feu au cul, c’est aussi l’incendie ».

Les catholiques sont aussi amalgamés à la pédophilie :Vous êtes choqué ?
Moi oui.
Car c’est scandaleux de voir des pseudo humoristes payés par les deniers publics, déverser leur haine sans retenue.

Vous pouvez agir très simplement pour protester :

Rendez-vous sur : https://www.csa.fr/Mes-services/Alertez-nous-sur-un-programme2

Répondez aux questions (vous pouvez copier-coller ces réponses pour aller plus vite) :

1- Vous êtes
=> un particulier.

2 – Votre saisine concerne
=> un service de radio.

3- Le nom de la station concernée :
=> France Inter

Le nom du programme ou de la publicité
=> La Chanson de Frédéric Fromet

La date de diffusion
=> 19 / 04 / 2019

L’heure approximative de diffusion :
=> 17h50.

4- Votre saisine concerne :
=> La déontologie de l’information et des programmes.

5- Décrivez le motif précis de votre saisine :
=> Incitation à la haine contre une religion et ses fidèles, amalgame et discrimination envers une communauté, apologie de l’incendie de Notre-Dame, christianophobie.

Plus nous serons nombreux, plus votre action portera.
Alors transférez cet email à tous vos contacts.

Un grand merci.

Cyril Brun
Président de SPERO

Signez la pétition SPERO #StopProfanations

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Préservons notre Eglise

 

Voici une affiche en format A4, facile à imprimer, à apposer où vous le pourrez, pour inciter à des dons directs en soutien de nos églises. Nous vous remercions de faire circuler cette campagne, de l’envoyer à vos proches, à des amis du patrimoine, afin que bien relayée, elle atteigne rapidement  toute la France, y compris de petits villages et ainsi  tenter de protéger  nos milliers d’églises de l’indifférence et des graves négligences des pouvoirs publics.

Téléchargez l’affiche à imprimer

 

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Le point sur l’incendie de Notre Dame de Paris

Avec l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, des questions se sont posées sur la possibilité que cet événement puisse survenir de manière accidentelle. De nouvelles informations sont depuis lors apparues. En voici un résumé. 

sur ce lien

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Le pape accusé d’hérésie dans une lettre ouverte

Fidèles à notre vocation ouverte aux débats et opinions, nous publions cette information. Compte tenu de la violence du sujet et parce qu’il n’est pas du ressort d’un média de prendre parti, nous publions juste le lien vers cette lettre

Exclusif : des universitaires et des théologiens catholiques accusent le pape François d’hérésie (traduction française intégrale)

Synthèse Hebdo

Edito #122 : Notre Dame, de l’unanimité à la discorde

Nous avons tous été surpris par l’émotion unanime qui a entouré comme un drap mortuaire le chevet en flamme de Notre Dame de Paris. Le monde entier s’est senti concerné. Et cette unanimité spontanée reste encore une énigme. A dire vrai l’émotion était partagée, mais les causes de cette émotion, elles, sont assez variées, de sorte que si nous éprouvions un même choc, ce qui a vibré en chacun est assez multiforme. Demeure qu’il est surprenant qu’un amas de pierres puisse, à lui seul, porter tant d’aspirations différentes. Notre Dame, rassemblait en elle, comme l’amalgame qui unit toute la construction, un faisceau de symboles qui rayonnait sur le cœur du monde entier.

Bien des tentatives d’explications ont été données à cette unanimité, mais il me semble que nulle part ailleurs que sur les réseaux sociaux, on en mesure la profondeur. Pour les uns c’est Paris, pour d’autres c’est la France, pour beaucoup c’est la chrétienté, pour un certain nombre l’histoire, quelques-uns la maternité et la liste est encore longue. Mais le fait est que Notre Dame a su rassembler en elle-même toutes ces différences, comme pour montrer qu’elles pouvaient s’unir, qu’elles avaient toujours cohabitées.

Mais une fois l’émotion passée, Notre Dame est devenue une pomme de discorde. Il fallait faire front, sauver Notre Dame, respecter une vieille dame qui meurt. Le souffle de la discorde se retenait au chevet mortuaire. Une fois Notre Dame sauvée, les symboles qu’elle portait en elle et qui ont fait converger l’humanité toute entière ont de nouveau volé en éclat. Chacun a cherché à comprendre pourquoi il s’était ainsi ému pour un tas de pierres. Trouvant ou non la réponse, chacun y est allé de son ordonnance pour sauver de la ruine les vestiges de ses propres symboles. Et ce qui était uni explosa. Des cendres, jaillit une hydre insoupçonnée. Il s’agit désormais de récupérer Notre Dame, chacun selon les motifs de son attachement à cette silhouette qui semblait le gage de la permanence de son identification à ce monument charismatique.

Certains veulent y voir une punition, d’autres l’écroulement d’un monde, d’autres encore se réjouissent dans leur conquête espérée de la vieille Europe. Les dons prodigieux récoltés déchainent contre Notre Dame hier encensée, les plus vifs reproches. Et voici Notre Dame hier ferment d’unité, aujourd’hui arène de pugilats.

Pourtant la clef n’est-elle pas dans les rosaces de Notre Dame de Paris qui, d’éclats multicolores, faisaient un unique tableau harmonieux ? L’espérance silencieuse ne réside-t-elle pas dans ce tour de main d’avoir su, par-delà les siècles, rassembler en une même unité les aspirations les plus profondes de tout un monde ?

Il me semble que la véritable leçon à tirer de cet incendie se trouve dans les raisons qui ont permis ce sentiment d’unité. Qu’est-ce qui en Notre de Paris (pas de Chartre, ni Saint-Pierre de Rome), qu’est-ce qui a permis d’unifier tant de divergences en une seule et unique rosace lumineuse au point d’être le phare de toute une partie de l’humanité ?

Pierre Selas

Retrouver notre lettre d’actualité complète à partir de ce lien :
Edito #122 : Notre Dame, de l’unanimité à la discorde

Voir les archives de nos synthèses hebdomadaire :

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Lettre de Saint Jean-Paul II sur le rosaire

En ce mois de Marie, nous vous proposons de retrouver cette superbe lettre apostolique du pape Saint Jean-Paul II sur le rosaire donnée en 2002.

 

1. Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s’est développé progressivement au coursdu deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté. Elle se situe bien dans la ligne spirituelle d’un christianisme qui, après deux mille ans, n’a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l’Esprit de Dieu à « avancer au large » (Duc in altum !) pour redire, et même pour “crier” au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu’il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qu’il est « la fin de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation ».1

En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé.2 En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d’abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur.

Les Pontifes romains et le Rosaire

2. Beaucoup de mes prédécesseurs ont accordé une grande importance à cette prière. À ce sujet, des mérites particuliers reviennent à Léon XIII qui, le 1erseptembre 1883, promulgua l’encyclique Supremi apostolatus officio,3 paroles fortes par lesquelles il inaugurait une série de nombreuses autres interventions concernant cette prière, qu’il présente comme un instrument spirituel efficace face aux maux de la société. Parmi les Papes les plus récents qui, dans la période conciliaire, se sont illustrés dans la promotion du Rosaire, je désire rappeler le bienheureux Jean XXIII4 et surtout Paul VI qui, dans l’exhortation apostolique Marialis cultus, souligna, en harmonie avec l’inspiration du Concile Vatican II, le caractère évangélique du Rosaire et son orientation christologique.

Puis, moi-même, je n’ai négligé aucune occasion pour exhorter à la récitation fréquente du Rosaire. Depuis mes plus jeunes années, cette prière a eu une place importante dans ma vie spirituelle. Mon récent voyage en Pologne me l’a rappelé avec force, et surtout la visite au sanctuaire de Kalwaria. Le Rosaire m’a accompagné dans les temps de joie et dans les temps d’épreuve. Je lui ai confié de nombreuses préoccupations. En lui, j’ai toujours trouvé le réconfort. Il y a vingt-quatre ans, le 29 octobre 1978, deux semaines à peine après mon élection au Siège de Pierre, laissant entrevoir quelque chose de mon âme, je m’exprimais ainsi : « Le Rosaire est ma prière préférée. C’est une prière merveilleuse. Merveilleuse de simplicité et de profondeur. […] On peut dire que le Rosaire est, d’une certaine manière, une prière-commentaire du dernier chapitre de la Constitution Lumen gentium du deuxième Concile du Vatican, chapitre qui traite de l’admirable présence de la Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église. En effet, sur l’arrière-fond des Ave Maria défilent les principaux épisodes de la vie de Jésus Christ. Réunis en mystères joyeux, douloureux et glorieux, ils (1961), pp.641-647 : La Documentation catholique 58 (1961), col. 1265-1271.nous mettent en communion vivante avec Jésus à travers le cœur de sa Mère, pourrions-nous dire. En même temps, nous pouvons rassembler dans ces dizaines du Rosaire tous les événements de notre vie individuelle ou familiale, de la vie de notre pays, de l’Église, de l’humanité, c’est-à-dire nos événements personnels ou ceux de notre prochain, et en particulier de ceux qui nous sont les plus proches, qui nous tiennent le plus à cœur. C’est ainsi que la simple prière du Rosaire s’écoule au rythme de la vie humaine ».5

Par ces paroles, chers frères et sœurs, je mettais dans le rythme quotidien du Rosaire ma première année de Pontificat. Aujourd’hui, au début de ma vingt-cinquième année de service comme Successeur de Pierre, je désire faire de même. Que de grâces n’ai-je pas reçues de la Vierge Sainte à travers le rosaire au cours de ces années : Magnificat anima mea Dominum ! Je désire faire monter mon action de grâce vers le Seigneur avec les paroles de sa très sainte Mère, sous la protection de laquelle j’ai placé mon ministère pétrinien : Totus tuus !

Octobre 2002 – octobre 2003 : Année du Rosaire

3. C’est pourquoi, faisant suite à la réflexion proposée dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, dans laquelle, après l’expérience jubilaire, j’ai invité le Peuple de Dieu à « repartir du Christ »,6 j’ai senti la nécessité de développer une réflexion sur le Rosaire, presque comme un couronnement marial de cette lettre apostolique, pour exhorter à la contemplation du visage du Christ en compagnie de sa très sainte Mère et à son école. En effet, réciter le Rosaire n’est rien d’autre que contempler avec Marie le visage du Christ. Pour donner un plus grand relief à cette invitation, profitant de l’occasion du tout proche cent vingtième anniversaire de l’encyclique de Léon XIII déjà mentionnée, je désire que, tout au long de l’année, cette prière soit proposée et mise en valeur de manière particulière dans les différentes communautés chrétiennes. Je proclame donc l’année qui va d’octobre de cette année à octobre 2003 Année du Rosaire.

Je confie cette directive pastorale à l’initiative des différentes communautés ecclésiales. Ce faisant, je n’entends pas alourdir, mais plutôt unir et consolider les projets pastoraux des Églises particulières. Je suis certain que cette directive sera accueillie avec générosité et empressement. S’il est redécouvert dans sa pleine signification, le Rosaire conduit au cœur même de la vie chrétienne, et offre une occasion spirituelle et pédagogique ordinaire mais féconde pour la contemplation personnelle, la formation du Peuple de Dieu et la nouvelle évangélisation. Il me plaît de le redire aussi à l’occasion du souvenir joyeux d’un autre événement : le quarantième anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II (11 octobre 1962), cette « grande grâce » offerte par l’Esprit de Dieu à l’Église de notre temps.7

Objections au Rosaire

4. L’opportunité d’une telle initiative découle de diverses considérations. La première concerne l’urgence de faire face à une certaine crise de cette prière qui, dans le contexte historique et théologique actuel, risque d’être à tort amoindrie dans sa valeur et ainsi rarement proposée aux nouvelles générations. D’aucuns pensent que le caractère central de la liturgie, à juste titre souligné par le Concile œcuménique Vatican II, a eu comme conséquence nécessaire une diminution de l’importance du Rosaire. En réalité, comme le précisait PaulVI, cette prière non seulement ne s’oppose pas à la liturgie, mais en constitue un support, puisqu’elle l’introduit bien et s’en fait l’écho, invitant à la vivre avec une plénitude de participation intérieure, afin d’en recueillir des fruits pour la vie quotidienne.

D’autres craignent peut-être qu’elle puisse apparaître peu œcuménique en raison de son caractère nettement marial. En réalité, elle se situedans la plus pure perspective d’un culte à la Mère de Dieu, comme le Concile VaticanII l’a défini : un culte orienté vers le centre christologique de la foi chrétienne, de sorte que, « à travers l’honneur rendu à sa Mère, le Fils […] soit connu, aimé, glorifié ».8 S’il est redécouvert de manière appropriée, le Rosaire constitue une aide, mais certainement pas un obstacle à l’œcuménisme.

La voie de la contemplation

5. Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l’engagement de contemplation du mystère chrétien que j’ai proposé dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte comme une authentique “pédagogie de la sainteté” : « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l’art de la prière ».9 Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d’autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d’authentiques écoles de prière ».10

Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus », qui a germé sur l’humus de l’Orient chrétien.

Prière pour la paix et pour la famille

6. Certaines circonstances historiques ont contribué à une meilleure actualisation du renouveau du Rosaire. La première d’entre elles est l’urgence d’implorer de Dieu le don de la paix. Le Rosaire a été à plusieurs reprises proposé par mes Prédécesseurs et par moi-même comme prière pour la paix. Au début d’un millénaire, qui a commencé avec les scènes horribles de l’attentat du 11 septembre 2001 et qui enregistre chaque jour dans de nombreuses parties du monde de nouvelles situations de sang et de violence, redécouvrir le Rosaire signifie s’immerger dans la contemplation du mystère de Celui « qui est notre paix », ayant fait « de deux peuples un seul, détruisant la barrière qui les séparait, c’est-à- dire la haine » (Ep 2, 14). On ne peut donc réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix, avec une attention particulière envers la terre de Jésus, encore si éprouvée, et particulièrement chère au cœur des chrétiens.

De manière analogue, il est urgent de s’engager et de prier pour une autre situation critique de notre époque, celle de la famille, cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces destructrices, au niveau idéologique et pratique, qui font craindre pour l’avenir de cette institution fondamentale et irremplaçable, et, avec elle, pour le devenir de la société entière. Dans le cadre plus large de la pastorale familiale, le renouveau du Rosaire dans les familles chrétiennes se propose comme une aide efficace pour endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle.

« Voici ta mère ! » (Jn 19, 27)

7. De nombreux signes montrent ce que la Vierge Sainte veut encore réaliser aujourd’hui, précisément à travers cette prière ; cette mère attentive à laquelle, dans la personne du disciple bien-aimé, le Rédempteur confia au moment de sa mort tous les fils de l’Église : « Femme, voici ton Fils » (Jn 19,26). Au cours du dix-neuvième et du vingtième siècles, les diverses circonstances au cours desquelles la Mère du Christ a fait en quelque sorte sentir sa présence et entendre sa voix pour exhorter le Peuple de Dieu à cette forme d’oraison contemplative sont connues. En raison de la nette influence qu’elles conservent dans la vie des chrétiens et à cause de leur reconnaissance importante de la part de l’Église, je désire rappeler en particulier les apparitions de Lourdes et de Fatima,11dont les sanctuaires respectifs constituent le but de nombreux pèlerins à la recherche de réconfort et d’espérance.

Sur les pas des témoins

8. Il serait impossible de citer la nuée innombrable de saints qui ont trouvé dans le Rosaire une authentique voie de sanctification. Il suffira de rappeler saint Louis Marie Grignion de Montfort, auteur d’une œuvre précieuse sur le Rosaire,12 et plus près de nous, Padre Pio de Pietrelcina, qui j’ai eu récemment la joie de canoniser. Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire. Son chemin de sainteté s’appuie sur une inspiration entendue au plus profond de son cœur : « Qui propage le Rosaire est sauvé ! ».13 À partir de là, il s’est senti appelé à construire à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire près des ruines de l’antique cité tout juste pénétrée par l’annonce évangélique avant d’être ensevelie en 79 par l’éruption du Vésuve et de renaître de ses cendres des siècles plus tard, comme témoignage des lumières et des ombres de la civilisation classique.

Par son œuvre entière, en particulier par les « Quinze Samedis », Bartolo Longo développa l’âme christologique et contemplative du Rosaire ; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien chez Léon XIII, le « Pape du Rosaire ».

 

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