Benoit XVI et saint Cyril d’Alexandrie nous expliquent “consubstantiel”

En 2007, le pape Benoît XVI avait exposé aux pèlerins francophones la question de la divinité du Christ en parlant de saint Cyrille d’alexandrie.

Dans notre itinéraire à la rencontre des Pères de l’Église, nous avons aujourd’hui la grande figure de saint Cyrille d’Alexandrie qui fut proclamé docteur de l’Église par le pape Léon XIII. Le pape Benoît XVI rappelle que son nom est étroitement lié à la controverse théologique aboutissant, en 431, à la définition qui, au concile d’Éphèse, a donné à la Vierge Marie le titre de Theotokos, « Mère de Dieu ».

Neveu de Théophile, évêque d’Alexandrie, il prendra en 412 sa succession alors qu’il est encore jeune. Pendant 32 ans, il présidera avec une grande énergie l’Église qui lui est confiée.

Bien qu’ayant œuvré à la restauration de la communion avec le siège de Constantinople, mise à mal par la déposition de Jean Chrysostome en 403, il entre, précise Benoît XVI, dans un vigoureux affrontement théologique avec Nestorius, élu sur ce siège en 428, dont les positions tendaient à nier l’union des natures divine et humaine dans l’unique personne du Christ. Cyrille réagit fortement en soulignant que c’est bien l’unique Logos qui est né avant tous les siècles et qui est aussi né, selon la chair, de la Vierge Marie. Pour préserver la foi du Peuple de Dieu, il demanda et obtint la déposition de son adversaire. (Jésus-Christ est vrai Dieu (deuxième personne de la Trinité, le Verbe) et vrai homme. pour en savoir plus d’un point de vue théologique)

Par ailleurs, saint Cyrille a laissé une œuvre abondante et riche, composée du commentaire de nombreux livres bibliques, d’écrits doctrinaux et de textes apologétiques.

Ensuite le pape Benoît XVI a souhaité la bienvenue aux pèlerins de langue française, et a salué en particulier les jeunes du Lycée Marmoutier de Tours ainsi que le groupe d’anciens mineurs de Falck en Moselle.

À la suite de saint Cyrille, a conclu le pape Benoît XVI, je vous invite tous à vivre la foi comme une rencontre avec la personne de Jésus. Avec ma Bénédiction apostolique.

Pour bien comprendre voici quelques observations sur ce grand Docteur de l’Eglise

Cyrille d’Alexandrie (376-444) devient évêque d’Alexandrie en 412 et est  docteur de l’église catholique – docteur de l’Incarnation

Patriarche d’Alexandrie en 412, il déploya un grand zèle contre l’hérésie, ferma les églises des Novatiens schismatiques (Novatien est le 2e antipape de l’Histoire de l’Église catholique, ce schisme est l’origine de l’hérésie novatianiste, proche du nestorianisme, qui perdurera pendant deux siècles). et chassa les Juifs d’Alexandrie. Ces mesures énergiques l’engagèrent dans de vifs démêlés avec Oreste, préfet d’Égypte, et furent l’occasion de scènes sanglantes (415), dans lesquelles périt Hypatie. Ainsi, le nestorianisme est au centre du débat. Nestorius, niant la tradition de l’unicité de la personne du Christ, s’oppose à la désignation de Marie en tant que « mère de Dieu » (théotokos). Pour lui, elle est au mieux « mère du Christ ». Marie serait donc la mère d’un homme dans lequel le Verbe s’est incarné, c’est-à-dire que Dieu serait venu « visiter ».  “Ce n’est pas un homme ordinaire que Marie a enfanté, c’est le Fils de Dieu fait homme ; elle est donc bien mère du Seigneur et mère de Dieu”. (Homélie 17, PG 77, 776)  “Faut-il appeler Marie Theotokos ? Sans aucun doute, puisqu’elle a conçu et enfanté le Dieu Verbe fait homme. Ce mot est traditionnel, tous les Pères orthodoxes d’Orient et d’Occident l’ont accepté”. (Lettre aux moines d’Égypte, PG 77, 16) Cela a été solennellement réaffirmé par le pape Jean-Paul II dans Redemptoris Mater. L’affirmation de la maternité divine “est pour l’Église comme un sceau authentifiant le dogme de l’incarnation selon lequel le Verbe assume véritablement dans l’unité de sa personne la nature humaine sans l’abolir.”

S. Cyrille combattit également Nestorius et contribua à le faire condamner par le concile d’Éphèse, 431. (Le concile d’Éphèse est ouvert le 22 juin 431 par le patriarche Cyrille d’Alexandrie et rassemble près de 200 personnes. Les lettres de convocation sont adressées à tous les évêques métropolitains de l’Empire d’Orient et à très peu d’évêques occidentaux pour la Pentecôte 431. Cyrille n’attend pas les retardataires, pourtant nombreux et souvent favorables à Nestorius. La décision de condamner ce dernier est prise en une journée). Il est le grand défenseur de « Marie, Mère de Dieu » en particulier lors du concile d’Éphèse en 431. (À l’inverse des précédents conciles dont les questions théologiques portaient principalement sur l’unicité de Dieu, le concile d’Éphèse marque un tournant en s’interrogeant sur la nature du Christ : comment peut-on comprendre et dire que le Christ est homme et Dieu à la fois ? “Le Logos de Dieu le Père est né de la Vierge qui ne fut appelée qu’à jouer le rôle de médiatrice et d’instrument pour enfanter selon la chair celui qui était uni à la chair. l’Emmanuel est Dieu. Celle qui a enfanté le Dieu qui est apparu pour nous doit être nommée Mère de Dieu”. (Homélie pascale 17, PG 77, 777 C) “Je trouve très surprenant qu’il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l’a porté et mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? Telle est la foi que nous ont transmise les Saints Apôtres, même s’ils n’ont pas employé cette expression”. (Lettre aux moines d’Egypte en 431)

Sur le plan théologique, Cyrille d’ Alexandrie poursuit la lutte antiarienne il insista donc sur la divinité du Christ, Verbe incarné. Héritier direct de la pensée d’Athanase (+373), Saint Cyrille d’ Alexandrie aima toujours s’en proclamer le disciple.

“Il ne faut pas diviser l’unique Seigneur Jésus-Christ en homme à part et en Dieu à part, mais nous disons qu’il n’y a qu’un seul Jésus-Christ, tout en sachant la différence des natures et en les maintenant l’une et l’autre sans confusion”. (Scholies sur l’Incarnation, PG 75, 13 85 C)

“Le Seigneur est une gerbe, il nous lie tous à lui. Il nous rassemble tous, il est les prérnices de l’humanité consommée dans la foi et destinée aux célestes trésors… Aussi, quand le Seigneur est revenu à la vie et que, d’un geste, il s’est offert à Dieu comme les prémices de l’humanité, alors assurément, tous nous avons été transformés à une nouvelle vie”. (Glaphyres [= élégants commentaires], PG 69,624)

“Nous confessons… Notre Seigneur Jésus-Christ le Fils unique de Dieu, Dieu parfait et homme parfait… engendré avant les siècles par son Père selon la divinité, et dans les derniers jours, le même à cause de nous et pour notre salut, engendré de la Vierge Marie selon l’humanité ; le même consubstantiel au Père par sa divinité et consubstantiel à nous par son humanité. Car l’union des deux natures a eu lieu ; et c’est pourquoi nous confessons un seul Christ, un seul Fils, un seul Seigneur. Dans cette même pensée de l’union sans mélange, nous confessons la sainte Vierge, Mère de Dieu parce que le Dieu Logos s’est incarné”. (PG 77, 176-177 29)

Il mourut en 444, méritant le titre de Défenseur de l’Église, que lui décerna Saint Célestin. Il aura été évêque trente-deux ans et laissera à la postérité une œuvre théologique immense et de grande valeur. L’œuvre littéraire de Saint Cyrille d’Alexandrie est immense : dix volumes de la patrologie grecque de l ‘abbé Migne. Ses œuvres sont exégétiques, dogmatiques ou polémiques.

Il a écrit contre Manès (Mani), Plotin, Apollinaire, et contre Julien l’Apostat.

On estime surtout son traité intitulé le Trésor, contre les Ariens. Il a laissé en outre 60 Lettres et des Commentaires sur Saint Jean, publiés en syriaque par P. Smith à Oxford, 1860.

La meilleure édition de ses Œuvres est celle de J. Aubert, Paris, 1638, 7 volumes in-folio, grec-latin, réimprimés en 1859 dans la Patrologie de l’abbé Jacques Paul Migne. Ses Homélies ont été traduites en français par Morelle, 1604.

Saint Cyrille d’Alexandrie fut proclamé Docteur de l’Église par Léon XIII. l’Église reconnaît en lui le Docteur de l’Incarnation. Saint Cyrille d’Alexandrie est le plus grand successeur d’Athanase sur le siège d’Alexandrie et sa maîtrise théologique est remarquable.

Le contact avec la pensée de saint Cyrille d’Alexandrie renouvelle en nous la conviction de l’importance vitale du dogme : l’Église reste redevable à saint Cyrille d’Alexandrie de la fermeté d’une doctrine christologique que les siècles ultérieurs fixeraient en un vocabulaire moins fluent.

Citations de st Cyrille : Nous avons été créés à l’image divine. Ce que produisait en nous cette image était la sanctification c’est-à-dire notre participation au Christ dans l’Esprit. Quand la nature de l’homme est tombée dans la perversité, cette image a été déformée. Nous sommes reportés à notre modèle primitif grâce à la refonte effectuée par l’Esprit, qui nous fait de nouveau images de celui qui nous a créés, ou plutôt du Fils duquel tout vient à nous à partir du père (De Trinitate, VI)

Celui qui reçoit l’image du Fils, c’est-à-dire l’Esprit, possède par là même en toute plénitude le Fils et le Père qui sont en lui (Trésor sur la Trinité, 13)

Comme l’Esprit a sanctifié l’humanité du Christ, ainsi continue-t-il à sanctifier son corps mystique, c’est-à-dire l’Eglise (Commentaire de l’Evangile de Jean, XI, 11)

De fait, il n’est pas possible de témoigner du Christ sans la force de l’Esprit. C’est de lui que nous recevons la force de témoigner, parce que si “personne ne peut dire : Jésus-Christ est Seigneur, sinon sous l’action de l’Esprit Saint ” (1 Co 12,3), qui pourra donner sa vie pour Jésus, sinon sous l’action du même Esprit Saint (Catéchèses, XVI, 21)

Ô grandeur de l’Esprit Saint, admirable toute-puissance prodigue de charismes ! Pensez aux nombres que vous êtes ici, présents assis, âmes dans lesquels il est présent et à l’œuvre, observant les dispositions de chacun, scrutant les pensées et les consciences, les paroles et les œuvres […] A travers toutes les nations, on peut voir des évêques, des prêtres, des diacres, des moines, des vierges et des fidèles laïcs. En tête de tous ceux-là vient l’Esprit , qui préside et distribue à chacun son charisme (Catéchèses,XVI,22)

Nous sommes en effet dignes de l’invoquer comme Père par son ineffable miséricorde. Non par notre filiation selon la nature par rapport au Père céleste ,mais par la grâce du Père moyennant le Fils et l’Esprit Saint, nous avons été transférés de l’état de servitude à celui de filiation (Catéchèses,VII,7)

« L’Église apostolique [de Pierre], placée au-dessus de tous les évêques, de tous les pasteurs, de tous les chefs des Églises et des fidèles, demeure pure de toutes les séductions et de tous les artifices des Hérétiques dans ses pontifes, dans sa foi toujours entière et dans l’autorité de Pierre. Tandis que les autres églises sont déshonorées par les erreurs de certains hérétiques, seule elle règne, appuyée sur des fondements inébranlables, imposant silence et fermant la bouche à tous les hérétiques ; et nous [… ], nous confessons et nous prêchons en union avec elle la règle de la vérité et de la sainte tradition apostoliques » (citation de St. Cyrille d’Alexandrie reprise par St. Thomas dans sa Chaîne d’or, à l’endroit où il commente Matthieu XVI, 18).

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