Les blessures des enfants nés par PMA : témoignages et rapport de l’ECLJ

Ce rapport et ces témoignages aident à comprendre les problèmes causés par la PMA et à y répondre. Ces problèmes ne sont pas abstraits, idéologiques, mais sont des réalités vécues. Pourtant, les personnes nées par PMA sont rarement invitées à s’exprimer. Joanna Rose et Stéphanie Raeymaekers nous l’ont dit lors de la récente conférence organisée par l’ECLJ au siège des Nations unies : « De manière générale, les discussions portent sur nous mais se passent sans nous ». C’est pourquoi nous avons voulu leur donner la parole. Lors de cette conférence, elles ont pu témoigner de leur souffrance d’avoir été privées délibérément de père dès leur conception. Elles demandent aujourd’hui le rétablissement de leur droit de connaître leur père biologique et leurs éventuels demi-frères et sœurs. Elles se sont engagées en Belgique et au Royaume-Uni pour faire changer la loi et ont ému la population.

Ces témoignages ne sont pas isolés. Le rapport sur « La violation des droits des enfants issus d’AMP » montre que les techniques de PMA sont contraires au bien des enfants, mais aussi à leur droit à l’identité, qui comporte celui de connaître ses origines et d’être élevé, dans la mesure du possible, par son père et sa mère biologiques.

Ce droit à la connaissance des origines est de plus en plus reconnu par le droit international et européen. La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît à tout enfant « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux » tandis que la Cour européenne des droits de l’homme reconnaît que le droit à l’identité exige « que chacun puisse établir les détails de son identité d’être humain » (Phinikaridou c. Chypre, 2007), ce qui inclut « le droit de connaître et de faire reconnaître son ascendance » (Pascaud c. France, 2011).

La France, à l’exemple des Pays-Bas, de la Suède ou du Royaume-Uni, devrait profiter de la révision de la loi de bioéthique pour mettre fin au secret des origines qui pèse injustement sur les personnes conçues par PMA anonyme.

Il est aussi important de restaurer ce droit parce qu’il relie la filiation et la biologie. Alors que le transhumanisme sépare et oppose l’esprit au corps, pour « libérer » les individus de leurs déterminismes corporels, le besoin de connaître ses origines prouve que l’homme n’est pas réductible à son psychisme. Plus encore, ce besoin fondamentalement humain prouve que notre corps n’est pas seulement un matériau, mais qu’il fait partie de notre identité. Le droit de connaître ses origines place ainsi une borne au « droit à l’enfant » et à la volonté des transhumanistes de créer un individu nouveau libéré de son corps.
L’ECLJ agit auprès des instances européennes et des Nations unies pour que ce droit naturel soit restauré et garanti à tous.

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