Burundi : L’Eglise appelle ses fidèles à être « lumière du monde et sel de la terre »

C’est au sanctuaire marial du Mont Sion à Bujumbura (Burundi) que s’est tenue la cérémonie de clôture de l’Année de la miséricorde. À cette occasion, Mgr Gervais Banshimiyubusa, président de la Conférence des évêques, a adressé, au nom de ses confrères, un message aux fidèles burundais. Voici quelques extraits de son intervention :

Rendons grâce à Dieu pour cette année du jubilé de la miséricorde ! Frères et Sœurs avec qui nous partageons la foi en Dieu : Que règne chez nous le Christ, Roi de l’Univers !

Nous nous sommes rassemblés ici en communion avec le Saint-Père François afin de manifester que nous formons tous une seule et même famille dont les membres partagent un même destin de mort et de vie en Christ, car depuis que nous sommes baptisés, l’Église est devenue notre Famille commune qui compte plus que nos familles de sang. Nous sommes venus ici, animés d’un esprit d’action de grâce.

Famille de Dieu, en revenant sur l’action de grâce de ce jour, il nous faut rendre grâce en partant de ce que nous avions prévu de faire et que le Seigneur nous a aidés à réaliser. Nous nous souvenons tous qu’au moment de commencer cette Année du Jubilé à Mugera, nous nous étions convenu de passer cette Année en méditant l’enseignement que le Saint-Père nous a envoyé et qui porte le nom de « Visage de la miséricorde »

Nous rendons grâce au Seigneur aussi pour cette Année qui nous a donné l’occasion de nous rappeler et d’accomplir les œuvres de miséricorde, que ce soit les œuvres spirituelles ou celles corporelles. Nous rendons grâce à Dieu car ces œuvres ont été accomplies dans plusieurs endroits dans nos communautés chrétiennes. En effet, il y a des chrétiens qui ont porté secours aux malheureux, ceux qui ont nourri les affamés, ceux qui ont donné des habits à ceux qui n’en avaient pas ; ceux qui ont rendu visite aux malades et ceux qui ont rendu visite aux prisonniers. D’autres ont pu donner de bons conseils, d’autres encore ont supporté patiemment les personnes ennuyeuses ; d’autres ont pu s’offrir mutuellement le pardon pour se réconcilier et enfin d’autres ont prié pour les défunts.

En outre, cette Année a été pour l’Église une occasion spéciale d’ouvrir toutes ses portes de miséricorde à tous ceux qui s’étaient éloignés de l’Église et cette Église a facilité leur retour au bercail. Cette Année a même donné aux pécheurs endurcis de retrouver le chemin de la foi et d’être réintégrés dans la communion de l’Église-famille de Dieu. Nous rendons grâce à Dieu également pour ceux qui avaient cohabité sans célébrer religieusement leurs mariages et qui ont pu régulariser leur situation ; ainsi que pour les familles qui étaient désunies et qui, par grâce de Dieu, se sont réconciliées pour reformer leurs familles. Il y a même des pécheurs qui, à cause de leurs péchés publics s’étaient excommuniés et qui par grâce de Dieu se sont convertis, ils ont reçu de nouveau les sacrements. Nous rendons grâce au Seigneur enfin car nous avons constaté que le sacrement de la miséricorde a connu une plus grande demande et qu’il a contribué effectivement à réconcilier les gens.

Lors de l’ouverture de l’Année jubilaire, nous, vos pasteurs, avions souhaité que cette Année soit pour les Burundais une opportunité de se réconcilier, pour que tous les protagonistes en conflits s’asseyent ensemble, se disent la vérité à travers un dialogue franc qui permette à ce que les problèmes que connaît le pays soient résolus, afin que les Burundais vivent dans une paix et une sécurité qui rassurent tout le monde. Nous apprécions d’abord le pas déjà franchi en remerciant tous ceux qui ont contribué à franchir ce pas. Ne dit-on pas que « Celui qui sort de sous-terre ne déprécie pas un minimum de soleil ».

Voyez, il y a encore beaucoup de nos frères et sœurs qui sont réfugiés, en dehors du pays. Bien qu’ils entendent l’appel que nous leur lançons, ils n’osent pas rentrer, parce qu’ils ne se sentent pas rassurés. N’y-a-t-il pas quelque chose à rectifier pour les rassurer ? En outre, que ce soit parmi ceux qui sont à l’intérieur du pays ou parmi les réfugiés, beaucoup parmi eux ont encore des cœurs peu tendres, du moins à les entendre s’exprimer ; pas mal de gens se qualifient encore d’ennemis surtout parmi ceux qui luttent pour le pouvoir. De plus, on dirait que les Burundais s’épient mutuellement lorsqu’ils s’expriment, ils ont peur de dire la vérité à haute voix, on n’a plus confiance dans le voisin, alors qu’on devrait être dans la période où l’on devrait dire la vérité, et accueillir la vérité qui sauve et qui réconcilie. Il est aussi à constater qu’il y a encore des Burundais qui mettent en avant l’esprit d’accuser l’autre, c’est toujours l’autre et ses compères qui sont mauvais.

Chers frères et sœurs, en concluant cette Année de la miséricorde, je vous invite alors à prendre la résolution de libérer nos cœurs pour imiter ce Dieu miséricordieux, en ayant un cœur ouvert aux autres, puisque telle est la voie de notre salut.

Ne fermons pas notre cœur en accusant les autres d’être mauvais à tel point que nous ne pouvons pas nous approcher d’eux sous prétexte que nous serions des justes. Si Dieu qui est saint a accepté de s’approcher de nous les hommes qui sommes si mauvais afin qu’il nous sauve, nous devons à notre tour l’imiter en nous approchant les uns les autres pour nous réconcilier.

Et dans notre pays le Burundi, rappelons-nous toujours la parole de Dieu qui nous appelle à être « lumière du monde et sel de la terre », en devenant effectivement miséricordieux comme le Père. Que la Vierge Marie, Mère de la miséricorde, continue de nous accompagner dans notre pèlerinage terrestre afin que nous puissions répondre sans cesse à la voix du Christ Roi de l’univers qui nous dit : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). Que Dieu vous bénisse tous.

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