Ces chrétiens repoussoirs pour la foi – homélie du pape

Contre la tentation de la médisance, qui « détruit nos communautés », se tourner vers Marie qui écrase le serpent. C’est le conseil du pape François à la paroisse de San Pier Damiani, dans le quartier Casal Bernocchi de la périphérie sud-ouest de Rome, qu’il a visitée le 21 mai 2017.

Après avoir confessé quatre paroissiens, le pape a célébré la messe dominicale à 18h. Méditant sur l’Evangile (Jn 14, 15-21) qui relate la promesse de Jésus d’envoyer l’Esprit Saint, le pape a assuré : « L’Esprit-Saint est en nous, en chacun de nous… vous avez en vous Dieu lui-même… qui t’accompagne, qui te dit ce qu’il faut faire et comment il faut le faire, celui qui t’aide à ne pas te tromper ».

L’Esprit-Saint, a poursuivi le pape, c’est « l’avocat, celui qui te défend contre le malin », qui aide « à ne pas tomber dans la tentation ». Mais, a-t-il ajouté, il faut « protéger » sa présence comme l’apôtre Pierre le demande dans la seconde lecture (1 P 3, 15-18) : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect ».

Le « langage des chrétiens » est « spécial », ce n’est pas tant « le latin », a fait observer le pape, mais « le langage de la douceur et du respect ». Et d’inviter à un examen de conscience : « Est-ce que j’ai une attitude de douceur, ou de colère, ou amère ? C’est laid de voir des personnes qui se disent chrétiennes mais qui sont pleines d’amertume ».

« Une communauté chrétienne qui ne protège pas l’Esprit-Saint avec la douceur et le respect est comme le serpent » qui a une « longue langue », a-t-il prévenu avant de conseiller : « Quand vous allez saluer la Vierge Marie regardez un peu en bas, et voyez la langue [du serpent que Marie écrase, ndlr]. Et dites-lui : ‘Vierge Marie, sauve-moi, je ne veux pas être comme cela, je veux protéger l’Esprit-Saint comme tu l’as protégé’ ».

Un langage qui éloigne les gens de l’Eglise

« Tant de gens s’approchent par exemple d’une paroisse, cherchant cette paix, ce respect, cette douceur et rencontrent des luttes internes entre les fidèles. Au lieu de douceur et de respect, ils rencontrent les commérages, les médisances… les concurrences ». Alors « ils se disent « s’ils sont chrétiens je préfère rester païen », et ils partent, déçus », a déploré le pape.

Avec le langage utilisé pour « se faire voir, par ambition, par envie, par jalousie », « nous éloignons les gens, c’est nous qui les éloignons » en empêchant « le travail de l’Esprit Saint qui attire ». « Je vous le dis clairement, a-t-il insisté : c’est le péché le plus commun de nos communautés chrétiennes… C’est l’ennemi qui détruit nos communautés : les médisances ».

« Cela me fait mal au cœur, c’est comme si entre nous on se jetait des pierres l’un à l’autre… pour le diable c’est un carnaval », a mis en garde le pape : « Le diable, qui sait comment nous affaiblir dans le service de Dieu et comment affaiblir la protection de l’Esprit-Saint qui est en nous, fera tout pour que notre langage ne soit pas de douceur et ne soit pas de respect. Y compris au sein des communautés chrétiennes ».

Au cours de l’après-midi, l’évêque de Rome s’est entretenu avec les enfants inscrits au catéchisme en préparation à la première communion et avec la centaine d’adolescents du parcours de la confirmation, sur le terrain de sport de Casal Bernocchi.

Il a aussi rencontré les malades, les personnes âgées, les familles des enfants baptisés dans l’année et les pauvres assistés par la Caritas locale. Il s’agissait de son 15e déplacement dans une paroisse de son diocèse, depuis son élection.

 

Source Zénit

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