Courrier d’un lecteur – Nos évêques ont avant tout besoin d’être encouragés

A. Il est fait ici allusion à l’actualité, notamment politique, la plus récente, et à la diversité des réactions des fidèles, en présence de la diversité des positions des évêques, dans le contexte de l’élection présidentielle qui a eu lieu en France.

B. Les évêques représentants et responsables de “l’Eglise qui est en France” n’ont sûrement pas envie d’être seulement réprimandés par les fidèles, même si certaines réprimandes ne sont pas illégitimes ou sont bien intentionnés, et ont sûrement avant tout besoin d’être encouragés, par les fidèles, pour qu’ils soient à la fois catholiques et réalistes.

C. Donc, avant tout, encourageons le mieux et le plus possible les évêques, pour qu’ils commencent ou continuent à faire preuve de davantage de réalisme catholique, éclairant et exigeant, non seulement en matière religieuse et en matière morale, mais aussi en matière politique et en matière sociale.

D. Encourageons fréquemment les évêques, pour qu’ils accèdent davantage au réalisme catholique, ou pour qu’ils acquièrent davantage de réalisme catholique, et il faut croire qu’ils ont vraiment souvent besoin d’être encouragés, pour cheminer en direction du réalisme catholique,

– puisqu’il a fallu au moins 50 ans à bon nombre d’entre eux, entre 1962 et 2012, pour qu’ils deviennent réalistes sur les origines et les conséquences de ce qu’il y a de plus fragilisateur, au sein ou, en tout cas, autour du Concile Vatican II,

– puisqu’il a fallu au moins 45 ans à bon nombre d’entre eux, entre 1945 et 1989, pour qu’ils deviennent réalistes sur les origines théoriques et les conséquences pratiques du communisme soviétique,

– puisqu’il a fallu au moins 35 ans à bon nombre d’entre eux, entre 1979 et 2014, pour qu’ils deviennent réalistes sur les origines théoriques et les conséquences pratiques de l’intégrisme islamique,

– et puisqu’il faudra au moins 30 ans à bon nombre d’entre eux, entre 1992 et 2022, pour qu’ils deviennent enfin réalistes sur les objectifs et les résultats effectifs de la construction de l’Union européenne, en général, et de l’Union économique et monétaire, en particulier.

E. Oui, vraiment, avant tout, encourageons les évêques, pour qu’ils n’aient pas peur de rappeler souvent, fermement et fortement, à l’intérieur et vers l’extérieur de l’Eglise catholique, les “fondamentaux”, situés au sein ou autour du catholicisme :

– les vertus surnaturelles : la Foi, l’Espérance, la Charité, c’est-à-dire la Foi en Dieu, Père, Fils, Esprit, et non, bien sûr, la “foi” en l’homme ; l’Espérance en Jésus-Christ, Fils unique du seul vrai Dieu, et non, bien sûr, “l’espérance” en l’évolution ou en l’orientation de l’humanité ; la Charité dans la vérité, et non bien sûr, le “consensus” dominant, éloigné de la vérité ou opposé à la vérité ;

– les notions de bien commun, de loi naturelle, de personne humaine, d’attention la plus objective possible à la réalité et d’expression la plus objective possible de la réalité, car sans respect ni souci de ces notions, et des réalités qu’elles désignent, la déshumanisation du monde, sous couvert d’émancipation ou d’unification, est à peu près assurée ;

– les vertus naturelles : la tempérance, la force, la justice, la prudence, car sans la prise en compte et la mise en oeuvre de ces quatre vertus, les valeurs proches de, ou telles que la liberté, l’égalité, la fraternité, sont, pour ainsi dire, livrées à elle-mêmes, en nous et autour de nous, et peuvent être réduites ou soumises à des conceptions individualistes et permissives, ou au contraire à des conceptions communautaristes et répressives, qui les démantèlent ou les dénaturent.

F. Oui, vraiment, encourageons les évêques à commencer ou à continuer à être à la fois catholiques et réalistes, alors que certains d’entre eux aimeraient pouvoir continuer à être avant tout consensuels et irénistes, depuis l’intérieur et vers l’extérieur de l’Eglise, notamment en présence des religions non chrétiennes et des politiques éloignées, voire opposées, à l’égard du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, et de la prise en compte réaliste, et non constructiviste-rationaliste, matérialiste-productiviste, libérale-libertaire ou progressiste-transgressive, de la réalité.

G. En d’autres termes, encourageons les évêques à commencer ou à continuer à s’affranchir, à se déprendre, à se libérer encore mieux et encore plus de certaines tendances ou tentations propices à l’aveuglement conciliant ou à l’alignement consensuel, notamment vis-à-vis de telles conceptions de l’Etat et de la nation, de l’économie et de la production matérielle, de l’éducation et de la transmission culturelle, des communautés et de la vie en société, du commencement et de l’achèvement de la vie humaine, manifestement éloignées ou opposées aux “fondamentaux” ci-dessus mentionnés.

H. En particulier, encourageons fréquemment les évêques à commencer ou à continuer à faire connaître et à faire comprendre davantage, entre autres textes, le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, lequel est certainement plus éclairant et exigeant que telle analyse ou appréciation journalistique, même bien informée et bien inspirée, sur motivations des responsables politiques et sur la réalité de la situation politique, au sein ou autour de la France.

Et tant pis si, au moins dans un premier temps, ces encouragements, à l’attention et en direction des évêques, donnent l’impression de ne pas servir à grand-chose, car ils seront toujours au moins aussi formateurs, voire beaucoup plus formateurs, que bien des réprimandes, pré-électorales ou post-électorales, aussi légitimes soient-elles par ailleurs.

Bonne journée.

Un lecteur.

 

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