Courrier d’un lecteur – Un catholique peut être réactif sans être réactionnaire.

Bonjour,

Voici quelques mots, dans le prolongement de votre article “ni progressiste, ni réactionnaire, juste catholique” :

 

Les adversaires du christianisme catholique adorent piéger les mots, pour enfermer les catholiques à l’intérieur de qualificatifs incriminateurs.

Ainsi, pour certains d’entre eux, tout catholique qui ne se soumet pas à l’ambiance et à la culture dominantes, caractéristiques de l’époque actuelle, est, en puissance ou en tendance, un “réactionnaire”, a fortiori s’il se mobilise et s’organise pour résister, catholiquement, au mentalement ou au moralement correct.

(Je dis bien : au mentalement ou au moralement correct, et j’insiste ici sur le fait que si la conception et la pratique actuellement dominantes de la dignité et de la liberté humaines continuent à sévir, un jour prochain, on PSYCHIATRISERA les catholiques qui auront encore le courage et la franchise d’avoir des expressions dissonantes ou des opinions dissidentes, notamment pour défendre la loi naturelle, dans le domaine de la morale, et la vérité objective, dans celui de la religion. Et on le fera avec l’accord d’autres catholiques, qui espéreront ou s’efforceront de “sauver leur peau”, en étant des adversaires des catholiques “réactionnaires”.)

Mais un catholique un tant soit peu conscient de certains dangers, de certains périls, de certains courants, de certaines dynamiques, tellement “émancipatrices” qu’elles entendent bien CONTRAINDRE A S’EMANCIPER, vis-à-vis du respect et du souci de ce que sont vraiment la charité, la justice, la liberté, la vérité, peut très bien être réactif, tout simplement, sans être pour autant, en quoi que ce soit d’idéologique, “réactionnaire”.

Et c’est plutôt bon signe d’être réactif, car cela veut dire que l’on est encore capable et désireux de réagir, or quand on est encore en mesure de réagir, c’est que l’on est encore vivant, et non attiédi, desséché.

A partir de là, on peut préciser ou rappeler que l’on peut et que l’on doit être réactif d’une manière réfléchie, et non d’une manière agressive ou impulsive, mais cette précision ou ce rappel n’invalide évidemment pas une attitude réactive.

Dans le même ordre d’idées, on peut aussi dire quelques mots sur la notion de progressisme.

La notion de progrès peut très bien avoir toute sa place, dans le christianisme catholique, car nous avons tous vocation à progresser, avant tout dans la foi, dans l’espérance, dans la charité, dans le respect et le souci de la Parole de Dieu et de la prière vers Dieu, en d’autres termes, dans la sainteté et vers la sainteté.

Mais comment se fait-il donc que les catholiques qui se disent ou qui se veulent “progressistes” mettent si rarement en avant que c’est cela, la vocation à progresser, “par Lui, avec Lui et en Lui”, pour un catholique ?

Le progrès, pour un catholique, c’est, bien sûr, le progrès dans la sainteté, et non, bien sûr, le progrès dans l’adaptation conciliante au monde contemporain, ou le progrès dans l’alignement consensuel sur le monde contemporain, ou encore le progrès dans le suivisme, face à telle évolution ou orientation non chrétienne, voire partialement ou partiellement anti-chrétienne, du monde contemporain.

Bonne journée.

Un lecteur.

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