D’Assisi utopia à Amoris laetitia : compléments ou précisions sur le courrier du 26 juin

L’auteur du courrier D’assisi utopia à Amoris laetitia a souhaité apporter un complément à son message.

 

Bonjour,

Je reviens un instant sur le passage de l’Assisi utopia à Amorias laetitia, de la fin des années 1970, ou du milieu des années 1980, à cette décennie.

A l’intérieur de ce passage, nous avons d’abord été en présence de clercs qui ont commencé à ne pas dire, ou à ne plus dire, que les croyants non chrétiens, qui sont trompés, et les croyances non chrétiennes, qui sont trompeuses, en matière religieuse, sur le plan théologal, sont réellement trompés et sont réellement trompeuses, en matière religieuse, sur le plan théologal, et nous sommes aujourd’hui en présence d’autres clercs, qui continuent dans la même direction, en ne précisant pas ou en ne rappelant plus que les personnes catholiques qui sont trompées, et que les conceptions des catholiques qui sont trompeuses, dans un domaine situé au croisement de la morale et des sacrements, sont réellement des personnes trompées et sont réellement des conceptions trompeuses, dans ce même domaine, situé au croisement de la morale et des sacrements.

Or, chacun peut comprendre ce qui suit : l’animation et l’orientation pastorales, sans régulation ni supervision par une doctrine orthodoxe, réfléchie et structurée, semblent vraiment être une animation et une orientation soumises à une logique de satisfaction consensuelle des interlocuteurs considérés ici, en l’occurrence les croyants non chrétiens, dans le cadre de l’Assisi utopia, et les catholiques situés au sein de telle ou telle “périphérie existentielle”, dans le cadre d’Amoris laetitia, cette logique de satisfaction consensuelle risquant fort d’être située “par-delà le vrai et faux”, respectivement en ce qui concerne ce qui est situé à la jonction de la religion et du théologal et pour ce qui a trait à ce qui est situé à la jonction de la morale chrétienne et des sacrements de l’Eglise.

C’est le règne de la “bonne intention” jusqu’à la “bonne inversion” : par “bonne intention” “pastorale”, on en vient à annoncer Jésus-Christ sans préciser ou rappeler, d’une manière courageuse et dissensuelle, que ce qui éloigne de Lui ou oppose à Lui, dans un domaine situé au croisement de la religion et du théologal, ou dans un domaine situé au croisement de la morale et des sacrements, éloigne vraiment de Lui ou oppose vraiment à Lui, et cette “bonne intention” “pastorale” finit par déboucher sur une “bonne inversion” “pastorale”, dans le cadre de laquelle on considère globalement, entre autres choses, que les fidèles catholiques situés au sein de telle ou telle “périphérie existentielle” n’ont pas ou n’ont plus à se conformer au Catéchisme, mais que c’est à l’Eglise catholique qu’il appartient de faire en sorte que le Catéchisme soit “adapté”, en vue de la satisfaction de ces fidèles catholiques.

J’ai bien peur que la logique qui est à l’oeuvre ne soit aussi une logique “d’accommodements raisonnables”, dans le cadre d’une articulation entre “la demande” et “l’offre” : là où l’on commence par considérer que toute “demande” d’adaptation et d’orientation de “la pastorale”, dès lors qu’elle n’est pas “conservatrice” ou “traditionnelle”, est a priori légitime, on finit par considérer qu’à toute “demande” de cette nature doit pouvoir correspondre une “offre” correspondante, quitte à ce que l’on ne distingue plus jamais formellement et publiquement, ad intra et ad extra, d’une manière vigilante et résistante face à la mentalité dominante, entre la vérité et l’erreur, que ce soit dans un domaine situé à la jonction de la religion et du théologal ou dans un domaine situé à la jonction de la morale et ses sacrements.

Je me demande jusqu’à quel point les artisans, concepteurs, partisans, promoteurs, de ce néo-catholicisme, post-moderne et post-orthodoxe, ont bien conscience du fait que la logique qui semble vraiment être la leur est une logique commerciale et juridique digne de celle que l’on trouve sur un marché, en l’occurrence sur le marché de l’assouplissement du catholicisme, dans une seule direction dominante, mais bien dans presque tous les domaines : puisqu’il y a “de la demande” de remplacement de la vérité par le consensus, voire de remplacement de la sainteté par le suivisme, il faut bien que “l’offre” (ce qui est dit, ce qui est tu, ce qui est fait, ce qui est défait) s’adapte, évolue, innove, s’oriente, afin de ne pas être jugée intégrisante, intransigeante, nostalgique, passéiste, ringarde, sectaire, par les “agences de notation,” médiatiquement et mondialistement correctes, qui sévissent dans le domaine des “valeurs”.

Jusqu’où tout cela ira-t-il ? Jusqu’à une certaine forme de “banissement” des catholiques critiques ou sceptiques sur le concordisme interreligieux et sur l’adaptation des sacrements aux individus, ou jusqu’à un certain type de réveil du courage et de sursaut de la franchise des catholiques “orthodoxes” ?

Bonne journée.

Un lecteur.

 

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