De toute l’histoire de l’humanité, seuls les progressistes refusent le “tu ne tueras pas” – Gérard Leclerc

Le Monde d’hier soir titrait sur toute la largeur de sa première page : « Fin de vie : 156 députés réclament une loi. » En d’autres termes, 156 députés réclament une loi autorisant purement et simplement l’euthanasie. En donnant un tel écho à la tribune qu’il publie par ailleurs, le quotidien du soir énonce clairement sa propre position. On ne saurait, en effet, mieux appuyer une manœuvre parlementaire, qui consiste à faire passer en force et dans les plus brefs délais, un projet de loi que le Président de la République n’a pas l’intention de soutenir dans l’immédiat. Emmanuel Macron veut, avant toute décision, engager un débat avec toutes les instances intéressées à ce sujet particulièrement grave. Il désire qu’on ne se précipite pas, espérant sans doute obtenir pour toute révision législative un consensus minimum. Rien ne serait pire justement qu’un passage en force, qui blesserait gravement une partie de l’opinion.

Mais un nombre important de députés de sa majorité est d’avis contraire. Le député Jean-Louis Touraine, leur porte-parole, craint que l’on n’attende trop et peut-être même la fin du quinquennat, au risque d’un ajournement sine die. Les signataires se targuent d’avoir l’appui massif d’une opinion qu’ils décrivent « comme plus en phase avec le progrès que certains responsables qui apparaissent plus conservateurs ou frileux ». On comprend que la légitimité qu’ils se confèrent se rapporte à leurs prétentions à incarner le progrès. Mais quelle que soit l’aura qui se dégage du brevet de progressisme, il ne suffit pas à justifier des transgressions morales extrêmement graves. Ce n’est pas pour rien que jusqu’ici le législateur en France s’est refusé par deux fois, à la suite d’une réflexion menée par Jean Leonetti, à franchir le pas de la légitimation de l’euthanasie.

C’est aussi au nom des convictions personnelles, que les pétitionnaires se justifient. Toutes seraient également respectables, et la liberté des uns ne devrait pas entraver celles des autres. C’est donc, si l’on comprend bien, l’individualisme qui accompagne le progressisme. Cependant, dans toutes les traditions de l’humanité, les individus se référaient à une loi supérieure, celle d’une conscience qui surpasse les inclinations individuelles. Cette conscience avait une dimension universelle, elle énonçait un principe cardinal : tu ne tueras pas ! Qu’on le veuille ou pas, l’acte de donner la mort, se voulût-il secourable, demeure d’une extrême violence morale.

Gérard Leclerc, source France Catholique

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