Divine Box vous fait découvrir des abbayes gastronomes : Notre-Dame de Tournay

L’abbaye Notre-Dame de Tournay dans les Hautes-Pyrénées est bien connue pour ses incroyables pâtes de fruits, dont vous avez eu un aperçu dans la Divine Box d’avril. Allez, installez-vous dans un bon fauteuil, l’équipe vous raconte toute leur histoire…

L’ABBAYE NOTRE-DAME DE TOURNAY : UNE HISTOIRE RÉCENTE

Tout démarre au XIe siècle. L’abbaye de Tournay n’existe pas encore, mais son ancêtre est bel et bien là : un monastère est érigé à Madiran (au nord des Hautes-Pyrénées) par les moines de l’abbaye de Marcilhac. Malheureusement au XVIIe siècle, le monastère est laissé à l’abandon…

Au début des années 1930, presque trois cents ans après l’abandon du monastère de Madiran, l’abbaye d’En-Calcat, dans le Tarn, décide de racheter les bâtiments en ruine. De l’ancien prieuré, il ne reste que l’église romane, ainsi qu’un bâtiment délabré, rapidement restauré pour accueillir la nouvelle communauté. Dès 1934, les premiers moines d’En-Calcat arrivent alors par petits groupes pour y restaurer les bâtiments et y instaurer une vie monastique stable. En 1939, le prieuré de Madiran devient autonome par rapport à En-Calcat, mais à cause de la Seconde Guerre mondiale, la communauté est dispersée.

En 1941, les moines reviennent et arrivent à retrouver à Madiran la vie monastique qu’ils avaient auparavant. L’ouverture d’un Noviciat apporte un grand rayonnement au prieuré : les novices affluent rapidement et les bâtiments deviennent vite trop petits pour accueillir toute la communauté. Par ailleurs, Madiran est dans une région trop reculée et trop aride, parfois privée d’eau à l’époque et isolée des moyens de communications. Le transfert dans une autre abbaye est donc décidé. Et c’est là que l’abbaye de Tournay entre véritablement en jeu !

Après de longues recherches pour trouver un nouveau lieu où s’installer, les moines de Madiran dénichent finalement un terrain de cinq hectares, situé au creux de la rivière de l’Arros, à une trentaine de kilomètre de Lourdes. A Tournay (mais ça vous l’aviez deviné !). La première pierre est posée en juillet 1951 et à peine un an plus tard, en août 1952, la première messe y est célébrée. Viendront ensuite l’hôtellerie en 1955, et l’aile du monastère en 1964. Dès le début des années 1970, la communauté peut aussi envoyer une fondation au Brésil, à Goiàs, à 250km à l’ouest de Brasilia.

A noter : la conception de l’abbaye Notre-Dame de Tournay a été voulue de telle sorte que pour entrer dans l’enceinte de l’abbaye, les visiteurs doivent franchir un petit pont de bois pour passer l’Arros (la rivière). Cela délimite ainsi la “rupture” avec le reste du monde pour les moines, qui ont choisi de consacrer leur vie à Dieu.

En 1971, l’abbaye de Tournay se lance dans la confection de pâtes de fruits, leur spécialité depuis maintenant 47 ans ! Au départ, la production était assurée avec les moyens du bord mais vu leur succès, les moines se sont petit à petit équipés pour pouvoir produire ces pâtes de fruits toujours artisanalement mais avec des volumes plus intéressants. On vous dit tout dans quelques lignes !

ET AUJOURD’HUI ?

La communauté se porte bien et regroupe aujourd’hui 18 moines bénédictins, dont certains viennent notamment du Brésil. Les moines gardent en effet un lien très fort avec leur fondation brésilienne !

Les ateliers de pâtes de fruits représentent pour l’abbaye un double intérêt. En plus de participer à l’équilibre de la vie des moines (la règle de saint Benoît dit “ora et labora” : prie et travaille !), cela contribue à assurer financièrement la vie quotidienne des moines et la préservation des bâtiments de l’abbaye Notre-Dame de Tournay. Et ça Divine Box adore ! Environ 10 tonnes de pâtes de fruits sont produites chaque année, et dans 17 parfums différents : aux fruits (cassis, ananas, poire …), aux fruits et épices (pomme/cannelle, kiwi/gingembre) et aux fleurs (violette, rose, jasmin !). Rien que ça ! Au départ préparées à base de purée de pomme (comme la majorité des pâtes de fruits), les moines ont finalement monté d’un cran en qualité dans les dernières années pour ne produire que des pâtes de fruits “pur fruit”, uniquement composées de la pulpe des fruits en question. Plus aucun colorant alimentaire, que du 100 % naturel ! Et ça c’est beau. Un de leurs produits phares : les pâtes de fruits enrobées de chocolat. Certains abonnés ont déjà pu se régaler car celles à la poire enrobées de chocolat étaient glissées dans la box des monastères d’avril ! Un régal …

Produire des pâtes de fruit “pur fruit” demande une attention et une rigueur très poussées. Les pâtes de fruits aux agrumes présentent notamment de nombreux défis, notamment en cuisson : si la température n’est pas contrôlée scrupuleusement, la pâte peut rapidement se transformer en caramel. Pour les pâtes de fruits au citron, une fois cuites, il faut sécher la pâte avant de la sucrer (alors que c’est l’inverse habituellement) car l’acidité du citron risquerait de faire fondre le sucre d’enrobage. Imaginez autant de variantes pour chacun des 17 parfums ! Car la couleur importe aussi beaucoup, et cette dernière est très sensible à la température de cuisson. Cela se joue parfois au degré près ! Quand on vous dit que les produis monastiques sont le top de la qualité, on ne plaisante pas …

Toute la communauté de l’abbaye de Tournay participe à cet artisanat monastique de pâtes de fruits : épluchage des fruits, cuisson, découpage des pâtes, emballage, expédition etc… La production est assurée plutôt par les plus jeunes, et les emballages plutôt par les plus “anciens” ! Un seul laïc leur donne un (vrai) coup de main pour les expéditions et les relations avec les clients. Comme ça, les moines peuvent se concentrer sur ce qu’ils font de mieux : les pâtes de fruits !

L’équipe de Divine Box remercie les frères pour leur accueil, pour la visite des ateliers de pâtes de fruits, et pour les échanges qu’ils ont pu avoir avec eux. Que de belles histoires !

N’hésitez pas à aller faire un petit tour sur leur site internet http://www.abbaye-tournay.com/ ou à venir directement chez eux !

Comments are closed.