Droit à émigrer mais aussi à demeurer dans son propre pays

« La migration constitue un phénomène qui fait partie de l’histoire humaine. Les estimations des Nations unies font état de 244 millions de migrants internationaux et de 65,3 millions de personnes en situation de migration forcée. Au-delà des chiffres, nous parlons de vies, de projets et de rêves de personnes qui trouvent souvent dans la migration la seule alternative pour survivre ou chercher une espérance pour l’avenir ».

C’est ce qu’a déclaré Sœur Neusa de Fatima Mariano, Supérieure générale des Missionnaires de Saint Charles Borromée/Scalabriniennes, dans son discours à la Chambre des Députés italienne, dans le cadre du séminaire qui a précédé le Forum international sur Migrations et Paix, organisé par le Dicastère pour le Développement humain intégral du Saint-Siège, le Scalabrini International Migration Network (SIMN) et la Fondation Konrad Adenauer aujourd’hui et demain à Rome.

« La participation des mineurs aux flux migratoires, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a augmenté au cours de ces dernières années à un rythme accéléré et représente plus de la moitié des réfugiés de par le monde, a rappelé la religieuse. Conformément au Message du Pape François pour la Journée du Migrant et du Réfugié 2017, rappelons que les enfants et les adolescents en mouvement dans le cadre des flux de population sont les premiers à souffrir dans des situations dégradantes telles que le trafic d’êtres humains, l’exploitation, l’abus et la privation des droits comme celui de disposer d’un environnement sain et sûr en famille, d’une instruction adéquate, de jouer et de vivre et grandir dans un contexte de paix. Les femmes migrantes, elles aussi, ont besoin de notre attention en ce qu’elles deviennent souvent plus vulnérables dans le cadre des flux migratoires et d’asile. De nombreuses fois, elles sont exposées au risque de souffrir d’exploitation sexuelle ou au niveau du travail ».

Sœur Neusa de Fatima Mariano a souligné par ailleurs qu’il « faut dépasser l’idée selon laquelle la migration constitue un problème à résoudre ou une contingence à contrôler. La migration est, en soi, un phénomène historique et social qui se vérifie de manière positive quand elle est volontaire.

En d’autres termes, nous attirons l’attention sur l’importance du fait que les personnes ont à la foi le droit d’émigrer mais aussi le droit de ne pas le faire. Chaque pays doit donc assurer à ses ressortissants des conditions de vie telles que ceux-ci n’aient pas besoin de voyager, s’ils ne le veulent pas. Dans ce contexte, le droit à émigrer serait corrélatif au droit à rester ».

Lu sur Agence Fides

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