Edito #124 : Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

Il faut réveiller les catholiques !

Les réveiller dans l’optique de l’action politique. L’action politique dans le monde catholique pâtit d’une très mauvaise réputation. Les catholiques se méfient de la politique qu’ils ne comprennent pas. Pour eux la politique est un milieu sale et corrompu. La mentalité « chevalier blanc » du catholique les empêchent d’adhérer à un engagement militant. D’autant que le militantisme, chez les catholiques, est lui-même entachée d’une vision marxiste dégradée.

Il y a donc deux écueils pour réveiller les catholiques

Redorer le blason de la politique
Dédramatiser l’action militante
Redorer le blason de la politique

Il faut que les catholiques comprennent que la politique n’est pas accessoire. La politique est fondamentale au bien commun. Ne pas s’engager en politique n’est ni plus ni moins que de la non-assistance à personne en danger.

Les catholiques doivent voir la politique comme un service de la charité, comme nous y invitent tous les souverains pontifes. Les catholiques doivent penser la politique comme une œuvre de charité. C’est pourquoi, personne ne peut déserter la politique

La désertion du monde politique par les catholiques a conduit notre siècle dans l’état de déshérence actuel. La désertion des catholiques est une des causes principales du mal actuel. Il est temps que nous en prenions conscience et que nous l’assumions au lieu de fuir une réalité que nous ne voulons pas voir.

Les catholiques doivent prendre conscience de leur responsabilité comme complices passifs, comme déserteurs du monde politique. Les catholiques doivent cesser de pleurer sur ce monde de méchants donc ils sont en partie responsables. Les catholiques doivent assumer cette responsabilité complice par désertion du monde politique. Ce serait la plus salutaire des repentances.

Tous des pourris ? C’est ce que l’on dit pour écarter d’un revers de main assez facilement tout engagement politique. Le mythe du chevalier blanc catholique en politique est un leurre. Et sur ce point, il convient de reconsidérer l’engagement catholique à la lumière du mieux possible et enfin sortir de l’impasse du moindre mal. Mais pour être dans le mieux possible il faut une vision, un objectif plus grand que ne pas perdre plus de terrain que la veille. Tel est le drame du moindre mal.

Dédramatiser l’action militante

Le militantisme est vu avec mépris par l’immense majorité du monde catholique. Cependant les manifs de 2013 ont légèrement entamé un revirement de situation. Les jeunes catholiques sont, davantage que leurs aînés, prêts à s’engager. Mais le militantisme est vu par beaucoup de catholiques par le prisme du marxisme, du rapport de forces, de l’endoctrinement et du mensonge C’est pourquoi beaucoup de catholiques refusent l’idée militante. Pourtant le militantisme en politique serait une tribune pour la vérité pour les catholiques.

Plus nous déserterons l’arène politique, plus nous laisserons la part belle au mensonge, à la corruption, au « tous pourris ». Plus nous déserterons le monde politique, plus les rares catholiques investis seront des agneaux écrasés au milieu des loups. La force de nos ennemis réside principalement dans notre désertion, dans notre lâcheté. La force de nos ennemis c’est notre faiblesse.

L’engagement politique, le militantisme, comme tout engagement demande du temps, de l’investissement. Deux choses que les familles catholiques, familles nombreuses le plus souvent, n’ont pas. S’occuper d’une famille, en plus de son travail prend du temps. Ici les célibataires devraient vivre comme une mission particulière de soutien au famille l’engagement politique.

Pourtant, le choix fait par de nombreux pères de famille et mères de famille, de se retirer du monde politique, de la société sous prétexte de donner la priorité à leur famille, s’est révélé un boomerang désastreux. Aujourd’hui les familles sont assiégées de toutes parts, infiltrées par le mal, par le mensonge, par la déliquescence de la société ambiante, parce que rien, depuis des dizaines d’années, ne faisait plus obstacle à la progression du mal, tandis que le bien et la sécurité des familles se réduisaient comme peau de chagrin.

Enfermés dans notre tour d’ivoire nous avons cru que dresser des barricades, creuser des douves, imposer des cordons sanitaires suffirait à protéger la famille. Les lois sur l’avortement, le mariage pour tous, l’adoption et bientôt l’euthanasie montrent combien le pari de la forteresse familiale a été perdu.

Il devient de la responsabilité éminente des pères et mères de famille de s’engager en politique à tous les niveaux, chacun selon son charisme, sa disponibilité, sa compétence, ses talents. Il en va de l’avenir même de nos enfants ; il en va du salut de leur âme. Il n’y a pas plus pressant danger aujourd’hui.

Les catholiques doivent donc réinvestir le champ politique de toute urgence. Beaucoup l’ont déjà fait depuis les manifs de 2013. Un certain nombre se sont retirés, d’autres se sont épuisés, le petit reste s’est parfois brûlé les ailes. Beaucoup aussi n’ont pas su où, comment, derrière qui s’engager.

Ajoutons qu’un irénisme ecclésial s’est révélé castrateur pour l’engagement politique des catholiques. Une spiritualisation extrême et désincarnée a permis aux troupes du mal de balayer d’un simple revers de main les fondamentaux de toute nos vies. « Qui veut faire l’ange fait la bête » : désincarnés dans une spiritualité évanescente, nous avons nous-mêmes sapés les fondements de notre foi, bradés les piliers de notre civilisation.

Alors oui les catholiques doivent s’investir en politique. Tous les catholiques doivent se sentir concernés, homme, femme, adolescent, prêtre, religieux, religieuse… La chose publique n’est pas une tache de professionnels, elle est le devoir de tout catholique.

Voter, faire voter, impulser, influencer, convaincre, gouverner, éduquer, parler, énoncer la vérité, mettre en œuvre la charité, la vraie, tout cela ouvre une palette quasiment infinie de possibilités d’engagements politiques.

Pour autant, la politique repose sur deux piliers fondamentaux : le gouvernement et la vision. Si gouverner revient à quelques-uns en particulier, porter, défendre, promouvoir la vision est une exigence de tout catholique à chaque instant, partout, tout le temps.

Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

Enguerrand de Montf

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Edito #124 : Personne ne peut, sans péché grave, se soustraire à l’obligation de la charité politique.

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