Edito #13 : La vie n’est pas un débat

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C’est décidément le thème du moment ! La vie ! De la signature très médiatisée de Trump remettant en vigueur la Mexico City Policy, au délit d’entrave numérique voté en France, en passant par la présence du Vice-président des Etats-Unis à la marche pour la vie, le nombre croissant des marcheurs en France, la question de la vie revient sur le devant de la scène médiatique. Il est surprenant que ce retour fasse dire à Madame Rossignol dans un communiqué satisfecit sur le délit d’entrave numérique  « Partout dans le monde, il souffle un vent mauvais sur les droits et les libertés des femmes. La menace d’un retour en arrière n’a jamais été aussi forte, pour toutes et sur tous les continents. » Le même ministre de la santé pour qui avorter n’est pas interrompre une vie.

Au même moment, le ministre de la santé des Pays-Bas s’inquiète du « trop grand » nombre d’avortements dans son pays. Un danger pour le taux de fécondité. Lequel taux est au plus bas en France, où, toujours Madame Rossignol, siffle ne pas souhaiter que le nombre d’avortement baisse. Comme si la progression du nombre d’enfants victimes d’un avortement était un indicateur de bonne santé de la libération de la femme. Un marqueur qui inquiète grandement le héraut d’un féminisme bien éloigné de la dignité de la femme, au point de conclure son intervention à l’Assemblée nationale par la peur de voir son successeur donner un contenu « pro-vie » au site IVG du gouvernement. Mais sans doute a-t-elle raison de trembler quand on sait que malgré la plus forte propagande pro avortement, le taux d’avortements a été au plus bas dans la dernière année de l’administration Obama.

L’amalgame est complet. L’enfant, la famille, la fécondité, même le Gender sont pulvérisés par l’ouragan qui n’épargne pas même la femme sensément défendue. Et l’argument d’autorité stérilise toute discussion : Nous ne voulons pas de votre vision de la femme et de la vie. Pas d’autres explications. Mais l’autorité, si elle n’est pas fondée dans la justice, a besoin du recours à l’autoritaire. Faute d’arguments justes et convaincants, le parti au pouvoir qui trompe ses propres électeurs en truquant sa propre primaire, a besoin d’une place nette pour diffuser sa désinformation qui ne fait pas le poids face à la vérité. Ils étaient une poignée pour faire basculer la démocratie dans le totalitarisme marxiste, alors que la plus puissante démocratie au monde venait de taper du poing sur la table et dire stop à la culture de mort. On comprend que le chant du rossignol se soit égosillé. La France fait figure de moucheron dans le monde alors que l’Amérique reprend la vie en main et que l’Europe, par la CEDH, revient à la raison sur la GPA et vient d’élire à la tête du Parlement un catholique qui a largement manifesté son soutien à la vie. Fichtre nous sommes cernés !

Et la vie revient en débat en France à l’occasion des présidentielles. Monsieur Fillon est loin d’être clair sur la question, d’ailleurs il n’était pas présent pour les votes sur le délit d’entrave. Marine Le Pen ne cesse ses voltefaces qui l’éloignent de plus en plus des principes non négociables, au point de prendre ses distances avec sa nièce résolument pro-vie. Quant à la gauche et au centre, ils ont fait de la culture de mort un marqueur du progrès. Et pourtant, comme pour leur donner tort, la vie revient au premier plan de la scène médiatico-politique. Effet Trump, autant que panique du monde pro-choix qui voulait faire du combat pro-vie un épouvantail, lui ont donné la tribune que la strangulation du politiquement correct lui avait interdit depuis des décennies. Nous pouvons nous réjouir de ce que cette question fondamentale de la vie, quoique encore tabou, redevienne « un enjeu politique » au moment où les forces dites de progrès pensaient lui porter le coup ultime, ou plus exactement, paniquées par sa survie toujours aussi tonique, tentent le tout pour le tout.

Pourtant, il demeure un danger, même dans le retour de cette thématique sur le devant de la scène. Si Rivarol pouvait d’un bon mot dire à Louis XVI, « Sire le roi n’est pas un sujet », nous devons garder à l’esprit que la vie n’est pas un débat. Or la conclusion autoritaire de Madame Rossignol en fait un enjeu relatif du rapport de forces. C’est ce glissement insidieux qui accrédite dans l’esprit des gens que l’avortement est possible, que l’euthanasie est un point même de la dignité humaine, que l’eugénisme est l’avenir, que le transhumanisme est la réponse à cette relativité.

Parce que la vie est un don de Dieu et que respecter ce don nous replace comme créature face au Créateur ; parce que le combat même du démon est de briser cette relation de création ou de la déformer en l’appelant soumission alors qu’elle est filiale et amoureuse ; parce que la vie avant d’être un principe non négociable est une réalité vivante et constitutive de l’homme, InfoCatho relaie dans ses colonnes cette présentation de la vie, non comme un choix parmi d’autres, mais comme une réalité prophétique dont il incombe aux catholiques particulièrement de démontrer au monde la splendeur et l’éclat par trop terni par des décennies de relativisme et d’orgueil d’un athéisme désespéré et narcissique.

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Edito #13 : « La vie n’est pas un débat »

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