Edito #28 : Remettre toute chose dans le bon ordre, à commencer la politique

Les élections ont (et continuent de) diviser les Français et parmi eux, les catholiques. Pourtant, tout, y compris la politique, n’a qu’une seule finalité : l’intime union amoureuse avec Dieu ! Comprendre cela ordonnerait toute chose ! Mais que de renoncements humains et personnels cela suppose ! Politique, acte éminent de la charité disent sans cesse les papes. Mais la charité n’est pas commisération. Elle est celle qui nous met en Dieu non pour notre propre jouissance mais par bonheur de l’aimer.

Vérité et charité s’embrassent dit le psaume sans quoi il n’y a ni l’une ni l’autre. Caritas in veritate est la clef de lecture de Laudato si’ ! Le catholique qui ne tient pas les deux lâche l’un ou l’autre et, laissant la proie pour l’ombre, perd le chemin de sa propre vocation : aimer Dieu et être aimé de Dieu.
Tout découle de là, y converge et y revient comme le Christ sort du Père pour venir nous chercher et y retourne pour nous y conduire. Exitus reditus : Incarnation, Résurrection, Ascension.

Une politique n’est pas compatible avec ça si elle n’est pas un maillon de ce reditus, un échelon de la croix du Christ, échelle vers le ciel, pour reprendre le saint curé d’Ars.

Oublier que nous sommes entre ciel et terre c’est nous réduire à nous-mêmes et, finalement, nous servir nous-mêmes. Tel est le drame de l’humanisme athée que dénonçait le cardinal de Lubac. Telle est, souvent, la réalité de ce que, bien que catholiques pratiquants et fervents, nous vivons. Oubliant de tenir vérité et charité tendues ensemble vers le Royaume, nous maquillons de chrétienté un bel humanisme sans Dieu. Dieu est la fin de toute action humaine parce qu’il en est le véritable bonheur.

Là est la clef de tout et en même temps la pierre d’achoppement de beaucoup.

Puisse ce nouveau temps électoral qui s’ouvre rappeler aux catholiques et au monde entier que le véritable bien commun dont tout découle est Dieu lui-même et qu’il vaut mieux entrer borne au Royaume des Cieux que finir avec ses deux yeux dans la géhenne de feu. Cela ne signifie pas être misérabiliste et résigné. Mais cela nous rappelle que parfois le ciel est au prix de privations humaines. Là encore, hiérarchiser les biens en vue de Dieu suppose de tout ordonner au bien suprême qu’est Dieu. Encore faut-il, même pour nous catholiques, être persuadés que Dieu est notre bien suprême.

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Edito #28 : « Remettre toute chose dans le bon ordre, à commencer la politique »

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