Edito #73 – Migrants ou réfugiés ? La charité expatriée

Chaque fois que l’actualité fait sa Une d’une question migratoire, le débat entre catholiques est relancé, preuve que les choses sont loin d’être claires dans les esprits. A quoi, au fond, se résume l’opposition ? D’un côté nous trouverions les identitaires et de l’autre les « immigrationistes ». Cette distinction, d’ordre idéologique et politique, est pourtant bien celle que l’on tente de plaquer sur le débat interne aux catholiques, avec les mêmes anathèmes réciproques et les mêmes méthodes d’intimidations médiatiques. Lé débat est faussé par les pressions idéologiques autant que par une affectivité qui, passionnées, en oublient le crible de la raison. Ainsi, nous voici rejetés dos à dos entre cathos dits de gauche et catho dits au mieux de droite, au « moins mieux » d’extrême droite, laquelle extrême droite se voit qualifiée d’épithètes selon les angles d’attaques, identitaires, racistes, fascistes, conservateurs quand on n’en vient pas à l’émotionnel, égoïste, sans cœur, fermé, intolérant. Les quolibets qui habillent l’aile gauche ne sont pas en reste et le communiste côtoie l’irresponsable autant que le traitre. Une fois ces embrassades fraternelles dépassées que reste-t-il vraiment ? Identité culturelle et charité fraternelle se crispent de part et d’autre de la crise migratoire, comme si l’un devait céder le pas sur l’autre ou l’autre exclure l’un. C’est, me semble-t-il, une fort mauvaise conception des deux. La charité ne peut exclure l’identité dans la mesure où l’identité culturelle est un vecteur de civilisation et que toute civilisation ne conduit pas à Dieu, loin s’en faut. Réciproquement, l’identité culturelle, pour être « catho-compatible » doit inclure de façon non négociable la charité et la capacité d’une culture à conduire vers Dieu. Soulager les souffrances du moment ne peut compromettre le bonheur de la vie éternelle. Cette exigence de notre nature, entre terre et ciel, tendue vers les réalités d’en haut, est souvent oubliée de nos jours au profit d’un bien-être matériel et psychologique qui, lui, exclut de plus en plus Dieu de l’équation dont il est pourtant la meilleure résolution.

Ainsi, opposer identité culturelle et charité chrétienne sur la question migratoire supposerait que l’une des deux, ou les deux, ne conduisent pas à Dieu. Clairement, si l’immigration menace une identité culturelle, chemin vers Dieu, pour lui substituer une culture qui détourne de Dieu, alors la charité consiste, aussi, à sauver ce chemin vers Dieu. Si l’identité culturelle ne permet pas la charité, alors se pose la question réelle de cette culture et le bien-fondé de la défendre mérite d’être interrogé. La véritable question est donc, pour les catholiques, de savoir si l’immigration, dans sa forme actuelle, menace la capacité d’une civilisation à favoriser le cheminement des hommes vers Dieu, d’une part et si les populations qui migrent sont effectivement en danger, d’autre part. En deux mots, s’agit-il de migrants ou de réfugiés ? Les migrants sont-ils effectivement en danger ? Et si oui, la meilleure façon de les aider est-ce de les accueillir ou de les aider à régler le problème sur place, comme y invite le pape François, du reste ?

Il est fort possible que si nous « desidéologisions » le débat, nous pourrions traiter la question pour ce qu’elle est et replacer le problème, qui, lui, a été déplacé sur notre sol, sur le sol d’origine des migrants. Eteindre les guerres où elles pullulent, sécuriser les zones de non-droit et de persécutions, favoriser le développement économique, combattre l’exploitation de ces pays par des intérêts économiques et stratégiques extérieurs, n’est-ce pas là une charité plus authentique ?

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Edito #73 – Migrants ou réfugiés ? La charité expatriée

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