Edito #94 – Merci Messeigneurs les évêques !

En ces temps troublés pour l’Eglise, saluons l’unanimité des évêques de France concernant la PMA, qui, à travers une déclaration publiée jeudi soir : La dignité de la procréation, se sont unis sans exception pour réaffirmer que la procréation ne peut être une « fabrication » ni une « marchandisation ».

Si l’on peut reprocher parfois aux catholiques de se focaliser uniquement sur les questions éthiques, ce combat contre la PMA et a fortiori contre la GPA rejoint par extension le champ social, par la dénonciation de l’omniprésence du Marché libéral, servi par un étatisme aussi bien à l’échelle nationale qu’européenne.

L’Eglise apparaît aujourd’hui comme une des dernières défenses de la personne et du bien commun face au règne de la marchandisation intégrale et donc face à la massification des peuples, mais demeure trop souvent reléguée au statut de groupe d’influence plus ou moins isolé, alors qu’Elle constitue historiquement et surtout en France un corps inséré organiquement dans le corps social, par la présence des chrétiens dans la société. Dans bien des cas, l’Eglise est synonyme de hiérarchie, alors qu’il ne faut pas oublier qu’elle est constituée du clergé ET des fidèles, dont la mission ne doit pas se résumer à un service philanthropique. La mission des catholiques est une mission de rayonnement surnaturel de foi et d’amour, de soutien, de vivification du corps social. Le philosophe Maurice Blondel parlait d’intussusception (accroissement d’un organisme par incorporation d’éléments nutritifs extérieur) pour décrire la relation de Dieu à l’être humain et à l’Eglise. Analogiquement, les chrétiens sont appelés à enrichir la société par leur présence et tout ce qu’il portent en eux en vue du bien commun.

Nous ne sommes pas des fidèles d’une religion du Livre, mais de l’Incarnation, qui s’accomplit dans le Sacrifice du Christ, réactualisé lors de la messe par la transubstantiation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ, qui vient se donner par amour ; aussi souvenons-nous que notre lien ecclésial et le lien que nous devons tisser avec le monde ne relève pas d’un contrat social, mais un cœur à cœur familial. Faisons-nous aimer par chaque personne que nous croisons, en l’aimant sans a priori. Le pardon et l’amour doivent l’emporter sur la judiciarisation, la financiarisation et la moralisation !

Cette démarche trouve son couronnement au cœur de la foi, à travers l’Eucharistie, qui doit être la plus soignée, la plus accueillante et la plus transfigurante possible ! L’Eglise entretient ainsi sa flamme d’amour, unie au Christ qui vient se donner sur l’autel, tout à tous ! Soyons  des Christ vivants, des brûlots de charité, à la fois aimants et libres par rapport aux a priori et aux jugements : plus que jamais n’ayons pas peur, comme le disait si bien Saint Jean Paul II !

Illustration : Les Sept oeuvres de Miséricorde, par  Jean-Louis Bézard.

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Edito #94 – Merci Messeigneurs les évêques !

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