Edito #97 – A l’heure de la tempête, la barque de Pierre ne doit pas chavirer !

Nous n’avons pas beaucoup parlé de la lettre du cardinal Ouellet, qui clôt magistralement la polémique lancée par le nonce apostolique Vigano à l’encontre du Pape François. Le cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, va même jusqu’à qualifier le « sarcasme » de Vigano au sujet de la foi du Saint Père de « blasphématoire ».

Il dément surtout les accusations mensongères à l’encontre du Pape François, rappelant les faits :

« Il est faux de présenter les mesures prises à son égard comme des « sanctions » décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François.

Après révision des archives, je constate qu’il n’y a pas de documents à ce sujet signés par l’un ou l’autre pape, ni de note d’audience de mon prédécesseur le Cardinal Jean-Baptiste Re, qui donnerait le mandat d’obliger l’Archevêque émérite McCarrick au silence et à la vie privée avec la rigueur de peines canoniques. La raison en est qu’on ne disposait pas alors, à la différence d’aujourd’hui, de preuves suffisantes de sa culpabilité présumée. D’où la position de la Congrégation, inspirée à la prudence, et les lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église. »

Cyrano de Bergerac n’aurait pas fait mieux, ou alors en alexandrins ! Le Pape s’en trouve blanchi, et même si Ouellet admet qu’il y eu des « des failles dans le processus de sélection qui a été mené dans son cas. Mais sans fournir ici de détails, on doit comprendre que les décisions qui sont prises par le Souverain Pontife reposent sur les informations dont on dispose au moment précis, et qui font l’objet d’un jugement prudentiel qui n’est pas infaillible. Il me semble injuste de conclure à la corruption des personnes en charge du discernement préalable même si, dans le cas concret, certains indices fournis par des témoignages auraient dû être davantage examinés. Le prélat en cause a su se défendre très habilement des doutes soulevés à son endroit. »

Mais il est malheureusement trop tard : un grand mal a été fait à l’Eglise, dont elle peinera à se relever. Il est déjà difficile d’être catholique dans un monde de plus en plus en porte à faux avec le message du Christ, alors si des divisions qui s’apparentent à une cabale antipapiste à la Luther viennent fragiliser l’Eglise et le Pape, comment pourrons-nous témoigner de l’amour et de la charité auprès des âmes les plus éloignées de l’Eglise ?

A cet égard, relisons le Sermon du Curé d’Ars sur la médisance, et notamment ces extraits :

« Vous avez parlé mal des ministres de l’Église, et peut-être même de votre pasteur ; vous avez affaibli la foi en ceux qui vous écoutaient, ils ont abandonné les sacrements, ils vivent sans religion ; et qui en est la cause ? votre mauvaise langue. Vous êtes cause que ce marchand et cet ouvrier n’ont plus les mêmes pratiques, parce que vous les avez décriés. »

Et si le saint Curé d’ars parle de « couvrir les fautes du manteau de la charité », il n’en demeure pas moins qu’ « Il faut cependant comprendre que tout n’est pas médisance, lorsqu’on fait connaître les défauts d’un enfant à ses parents, d’un domestique à son maître, pourvu que ce soit dans la pensée qu’ils s’en corrigeront, qu’on n’en parle qu’à ceux qui peuvent y remédier et toujours guidé par les liens de la charité. »

Quoi de pire que de livrer des pécheurs à la violence de la foule ? René Girard, dans ses ouvrages, nous montre bien à quel point le sacrifice du Christ est là pour révéler, non seulement son amour infini, mais aussi notre tendance à l’emballement mimétique, qui ne conduit qu’à la violence et à la mise à mort ; et si elle n’est pas toujours physique, elle peut être sociale et spirituelle.

En ce mois du Rosaire, demandons tout spécialement l’intercession de la Sainte Vierge pour la réparation et le pardon des fautes commises, aussi bien à cause des actes pédophiles, mais aussi à cause de la fureur vengeresse et d’une soif de pureté et de justice, légitime mais qui doit être ordonnée par la charité.

La Barque de Saint Pierre a besoin de Marie comme phare portant haut le Christ Roi, du Pape François comme timonier, et du Rosaire comme gouvernail !

Illustration : La Vierge des Lys, par Alphonse Mucha, 1905

 

Retrouver notre lettre d’actualité complète à partir de ce lien :
Edito #97 – A l’heure de la tempête, la barque de Pierre ne doit pas chavirer !

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